Intelligence économique
Le quoi :
- L'intelligence économique (IE) vise à maîtriser l'information stratégique, distinguant l'enjeu réel d'un simple effet de mode lié à la digitalisation .
- L'IE est une réponse organisationnelle et managériale à l'avènement de la société du savoir, cherchant à maîtriser et à rendre pertinentes les données massives .
- L'IE est multidisciplinaire, touchant à l'information, la communication, la gestion, le droit et l'économie, et elle considère l'information comme un actif stratégique pour l'entreprise .
Le concept :
- L'IE implique la collecte, le traitement, la diffusion et le stockage de l'information, créant un contexte favorable à sa circulation et à son partage .
- L'individu devient un acteur du savoir, participant activement au processus d'IE au sein de l'entreprise .
- Le processus d'IE comprend la veille et la collecte, la protection et le partage, et la diffusion de l'information via des influenceurs .
Ce que l'IE n'est pas :
- L'IE n'est pas illégale, elle est anticipatrice plutôt que réactionnaire, et elle est globale plutôt que nationale.
- Elle ne se limite pas à la guerre économique.
Globalisation économique :
- Depuis 1990, l'économie est devenue globalisée, dématérialisée et hypercompétitive .
- Trois mutations majeures sont à noter : la globalisation, la dématérialisation et la dérégulation de l'économie .
L’IE comme remède contextuel :
- L'IE permet de maîtriser et d'exploiter l'information stratégique pour créer de la valeur grâce à l'anticipation, la protection et l'influence .
- Elle offre un cadre d'analyse pour exploiter les opportunités et se prémunir contre les risques liés à l'évolution de l'environnement économique .
Les grands dispositifs d’IE en France :
- En 2004, un Haut responsable à l'intelligence économique (HRIE) a été nommé auprès du Premier ministre, pour sensibiliser les organisations publiques et privées .
- En 2009, le poste a évolué vers un délégué interministériel à l'IE, dépendant du ministère de l'économie, avec une mission d'alerte, d'impulsion et d'accompagnement .
- En 2016, le Service de Coordination à l'IE (SCIE) a été créé au sein de la DGE, participant à la politique publique de protection et de promotion des intérêts économiques de la Nation .
S'informer :
- Le cycle de l'information est basé sur le principe de "savoir pour agir" .
- La méthodologie de veille est au cœur de tout processus d'IE .
La détection des besoins :
- Il est important de comprendre l'environnement et la stratégie de l'organisation, y compris les trajectoires des principaux acteurs et les grandes tendances .
Les outils :
- PESTEL est utilisé pour analyser les forces macro-environnementales .
- PORTER (5 forces) est utilisé pour identifier les acteurs à surveiller .
- SWOT est utilisé pour positionner l'organisation dans son environnement global de façon dynamique .
Interviewer les futurs destinataires de la veille :
- Il faut recenser les besoins en information des clients internes et récupérer des informations pertinentes en interne .
- Il est important de demander des arbitrages et d'obtenir une synthèse des besoins informationnels .
Du plan de veille au plan de recherche :
- Le plan de veille découle de la synthèse des besoins informationnels.
- Le plan de recherche est la transformation du plan de veille en plan d'action .
Le plan de recherche :
- Le plan de recherche doit répondre aux questions où trouver les infos, qui dans l'équipe, comment surveiller les sources, quand (fréquence), et quoi (format) .
La collecte de l’information :
- La surveillance des sources est mise en place via un dispositif technique pour alerter l'équipe de veille.
Les outils de surveillance du Web :
- La surveillance d'une page Web et de ses changements peut être effectuée via des newsletters, des flux RSS, ou des outils de monitoring .
- Les plateformes de veille intégrées permettent la surveillance de pages et de flux RSS avec filtre par mots-clés et diffusion ciblée personnalisée .
Veille ciblée et veille radar :
- La veille ciblée se concentre sur des pages spécifiques .
- La veille radar utilise des mots clés via des programmes "crawlers" pour rechercher à travers la toile .
Stockage :
- Collecter l'information implique également de la stocker pour une réutilisation ultérieure .
- Le stockage vise à capitaliser l'information pour assurer sa "disponibilité" .
- Des solutions de GED (Gestion Electronique de Document) sont utilisées .
Le traitement de l’information :
- La validation par recoupement est nécessaire pour vérifier les informations collectées en les comparant avec des données existantes .
- La phase de synthèse permet de structurer l'information, et l'appréciation permet de la situer en fonction de ce qui est déjà connu .
- L'interprétation permet de "faire parler" les données et de poser de nouvelles hypothèses .
Le management des connaissances :
- Le management des connaissances implique la mise en place de processus pour faciliter les interactions, la capitalisation et la modélisation des connaissances .
- L'objectif de départ est de "donner du sens" à la démarche et de partager ce sens avec les contributeurs .
- Le challenge est de faciliter l'accès à l'information au bon moment et à la bonne personne .
Le management des connaissances : Habitudes de communication
- Il faut instaurer des habitudes de communication entre services avec des groupes de travail transversaux .
- Il est important d'encourager le développement du partage et de la curiosité .
- Le management des connaissances est un levier pour l'innovation .
Le management des connaissances : Outils techniques
- Des outils techniques peuvent être utilisés, tels qu'un répertoire de qui fait quoi, avec quelle connaissance ou quelle expérience .
- Une cartographie des connaissances existantes est utile pour les coordonner .
Le management des connaissances : Culture
- Il faut développer une culture tournée vers le partage et la participation, acceptant les erreurs comme source d'apprentissage et reconnaissant les efforts individuels et collectifs .
Le management des connaissances : Style de leadership
- Un style de leadership "horizontal" encourage et guide, donnant une vision et aidant les individus à se dépasser .
- Cela a un impact positif sur le climat social et la performance, renforçant la satisfaction professionnelle et le sentiment de trouver sa place dans l'organisation .
Le management des connaissances : Liens IE et KM
- Il existe des liens étroits entre l'IE et le KM (Knowledge Management) .
- L'IE inclut le KM au sein du processus de collecte, traitement et diffusion de l'information .
- L'information se transforme en connaissance dès lors qu'elle est rendue pertinente et actionnable par les individus .
La relation à l’information :
- Détenir un renseignement est moins important que de lui donner du sens et de le mettre en forme .
- L'idée de processus prime sur celle de stockage .
- L'information est partout, il est donc important de savoir lui donner du sens .
La relation à l’information :
- Des outils de traitement de l’information peuvent répondre à la question de la circulation massive des informations .
- Il est possible d'automatiser la diffusion de l'information, de rationaliser le traitement de l'information et de produire une information interprétable par tous .
- Il faut accompagner les utilisateurs face à l’utilisation d’Internet et des emails .
La relation à l’information :
- L’IE redéfinit le rapport à l’information pour sa circulation et son adaptation aux besoins de chacun .
- La « Culture de l’information » est un élément fondamental du management en vue de l’aide à la prise de décision .
- L’IE, c’est aussi détecter les besoins informationnels de chaque collaborateur, personnaliser les réponses à ses besoins et remettre l’humain au centre du traitement de l’information .
Se protéger :
- Une menace est un acte malveillant visant à mettre en danger l'organisation ou à s'approprier ses biens ou ses droits de propriété .
Des menaces polymorphes pour les entreprises :
- Les atteintes à la réputation, la fuite d'informations et la cybercriminalité sont des menaces polymorphes pour les entreprises , , .
- La réputation est un actif essentiel mais fragile, vulnérable aux agressions informationnelles et à la généralisation des nouveaux médias .
- La fuite d'informations peut être due à l'espionnage économique, industriel, commercial ou numérique, ainsi qu'aux fuites internes .
La protection des entreprises :
- L'audit de sécurité économique évalue l'organisation, son management, ses processus métier et la sécurité de son patrimoine matériel et informationnel .
- Le plan de protection s'appuie sur une analyse des risques et sur l'audit de sécurité économique .
- Les objectifs du plan de protection sont de dissuader, détecter, retarder et neutraliser les menaces .
La sensibilisation :
- La sensibilisation vise à rendre les salariés plus vigilants et à les impliquer pour en faire des "sentinelles" .
La présence d’un référent sûreté :
- Le responsable de l'IE est également gestionnaire de la malveillance et est responsable du plan de sécurité, de la rédaction des politiques et procédures de sécurité, et du recrutement du personnel dédié .
La compétition : entre protection et partage de l’information
- La coopétition consiste à collaborer avec ses concurrents dans le cadre d'alliances pour répondre à la globalisation et à la technologie .
- Elle présente un risque de pillage de compétences et de technologies .
La compétition : Synergie
- La synergie implique d'accepter de partager en raison d'une complémentarité entre les coopétiteurs, créant une nouvelle combinaison d'expertises et de ressources .
- Des exemples de synergie incluent Sanofi-BMS, GM/Toyota et Sony/Samsung
Apprentissage :
- La coopétition permet d'accéder à des compétences externes qu'il sera ensuite possible d'internaliser et de réutiliser dans d'autres projets .
- Elle permet également de comprendre la vision de l'environnement par le partenaire .
Trop de partage :
- La coopétition peut aboutir à doter son concurrent de ses propres armes, affaiblissant ainsi la position concurrentielle de l'organisation .
- Un exemple est l'AO TGV, où Siemens a transféré sa technologie à un partenaire chinois, qui est ensuite devenu un concurrent .
Pas assez de partage :
- Ne pas assez partager l'information peut entraîner le risque de ne pas atteindre l'objectif commun .
- L'exemple de Thales et Astrium montre que le manque de partage d'informations sensibles peut entraver la construction d'un satellite .
Influencer :
- L'intelligence économique ne consiste pas seulement à savoir et à protéger, mais aussi à orienter l'environnement en fonction de ses intérêts .
Principes de l’influence :
- Une stratégie d'influence vise à orienter les attitudes et les comportements en agissant sur la perception .
- Les objectifs peuvent être divers, comme améliorer l'image d'un produit ou rallier l'opinion sur une question spécifique .
Agir sur l’attitude et le comportement du public :
- Les "relations publics" visent à court-circuiter le sens critique du public en transitant directement via son subconscient .
- L'objectif est d'incliner le public à des normes sociales particulières .
Agir sur le dispositif réglementaire :
- Les groupes de pression (lobbies) interviennent pour orienter l'arbitrage des institutions publiques en fonction d'intérêts particuliers .
- Un groupe de pression a pour objet de faciliter ou d'empêcher un changement politique favorable ou défavorable à ses intérêts, c'est le lobbying .
- Un exemple aux US est le lobby des prisons privées pour éviter la dépénalisation du cannabis .
L’e-réputation :
- L'e-réputation est l'évaluation qu'un individu ou un groupe d'individus porte sur une entité, en s'appuyant sur la réaction émotionnelle, la représentation de l'entité et les informations disponibles .
- La réputation est l'opinion que l'on se forge sur l'opinion des autres .
- L'organisation doit interroger les échanges d'information dans chaque groupe social auquel appartient son public .
Gestion de l’e-réputation :
- La gestion de l'e-réputation se fait à travers un axe documentaire (marqueurs documentaires), un axe algorithmique (traitement des marqueurs), un axe affectif (effets produits par les scores) et un axe managérial (utilisation de méthodes comme le référencement) , , , .
L’ IE au service de l’e-réputation :
- Les stratégies d'e-réputation peuvent s'appuyer sur la veille, la gestion des réseaux des acteurs, la gestion des connaissances, la sécurité économique et l'influence .
- Pour définir son e-réputation, une organisation doit collecter les informations échangées à son propos par ses publics grâce à la veille stratégique .
- L'IE permet d'analyser les réseaux d'acteurs, les liens qu'ils tissent entre eux et de manager ses réseaux pour influer sur certaines prises de décision .
L’ IE au service de l’e-réputation :
- Pour une organisation, construire son e-réputation suppose de s'interroger sur la manière dont ses publics forment des réseaux et de les cartographier pour repérer les acteurs centraux faisant autorité (Community Management) .
- Les discours des internautes deviennent un ensemble de savoirs sur l'organisation, ses produits et ses concurrents .
- L'IE permet la gestion des connaissances et permet d'identifier les expertises et les savoirs utiles
