La théorie de la souveraineté nationale, née en France lors de la Révolution, est exprimée dans l'article 3 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, affirmant que "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation". Contrairement à d'autres pays où la souveraineté est attribuée à l'État (Allemagne), au Parlement (Royaume-Uni) ou au peuple (Suisse), la France développe une conception où la nation, entité abstraite unissant les vivants, les morts et les générations futures, détient la souveraineté.
La Constitution de 1791, acceptée par Louis XVI, stipule que la souveraineté est indivisible et appartient à la nation. Toutefois, la nation ne peut pas exercer cette souveraineté directement et doit investir des représentants. Ainsi, le suffrage n'est pas un droit mais une fonction, et les électeurs désignent des représentants de la nation, qui ne leur doivent pas de comptes. Cela entraîne plusieurs conséquences :
1. L’électorat est une fonction, non un droit.
2. Le suffrage peut être restreint par la naissance, la fortune ou la capacité.
3. La démocratie directe est impossible, rendant nécessaire un régime représentatif, où les représentants ne sont pas sous un mandat impératif mais représentent la nation dans son ensemble.
Depuis 1789, ces conceptions se sont opposées, et Carré de Malberg a cherché à les concilier dans une vision actuelle de la souveraineté en France.
