La mer est une source de puissance. Elle peut permettre à certains états de posséder des ressources naturelles, de faire du commerce et d'imposer sa souveraineté. C'est un territoire à partir duquel une force armée peut exercer une influence directe. La nécessité de contrôler les mers est liée à la puissance d'un État.
Cela suscite des convoitises, tensions, luttes d'influence, les mers deviennent des lieux d’affrontement. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer organise la répartition de ces droits. Les délimitations maritimes mises en place (ZEE, eaux territoriales, grande mer) ne résolvent pourtant pas tous ces conflits.
Problématique
Comment les espaces maritimes peuvent-ils être sources de puissance pour les États possédant en propre des mers et/ou des océans ? Quels sont les enjeux géostratégiques et les rivalités de puissance qui s’opèrent sur les mers et océans du monde ?
Les principales puissances maritimes économiques et militaires
Les mers et les océans renforcent la puissance des pôles économiques de la mondialisation. Les grandes compagnies pétrolières multinationales sont américaines ou européennes, elles contrôlent une grande partie de l’exploration et de l’exploitation des gisements offshore. Les mers et les océans contribuent également à la hiérarchisation des puissances militaires. Les États-Unis sont ainsi la première puissance militaire maritime mondiale. Outre la gestion des tensions dans le monde moyen-oriental, les Etats-Unis ont engager une lutte d’influence en Asie du Sud-Est avec la Chine, dont la marine est en pleine croissance, occupant désormais le rang de
seconde puissance maritime mondiale. Dans ce contexte, les pays européens apparaissent en recul, si ce n’est dans le domaine de la construction navale militaire.
Les détroit, des espaces maritimes sous tensions
Ces détroits sont des points de passages obligés sur le trajet des routes maritimes qui permettent l'essentiel du commerce mondial de marchandises. La diversité et la multiplicité des trafics y multiplient les risques d'accident et de pollution; les tensions géopolitiques qui peuvent opposer les pays qui en possèdent les rivages y trouvent un espace d'exacerbation de ces rivalités
Des tensions liées à la questions de la délimitation des ZEE
Une zone économique exclusive est un espace maritime qui longe les côtes d'un États. Elle intègre les eaux territoriales et la zone contiguë. Ces ZEE sont donc sources de conflits et d'enjeux importants pour les États qui les contrôlent. Ils y possède l'exclusivité de l'exploration et de l'exploitation des ressources maritimes, des fonds-marins et de leur sous-sol ou de la mise en œuvre de recherche scientifique. ils ont aussi la responsabilité de la préservation des écosystèmes. la limite de certains de ces espaces n'est toujours pas entérinée. Des pays riverains n’ont pas trouvé d’accord fixant la limite séparant leurs deux zones, en raison de la volonté de chacun d’agrandir leur territoire maritime.
Les tensions autour de l'Arctique
L'océan glacial est une mer intérieur, ouverte sur les océans par le détroit de Béring et la mer de Norvège. Il devient, comme la Méditerranée, source de tensions autour des voies de circulation.
La militarisation est un moyen pour les États d'assurer leur puissance dans les conflits géopolitiques, une réponse au besoin de lutter contre les pollueurs et la pêche illégale et de sécuriser les routes maritimes face au danger de la piraterie. Celle-ci est parfois liée à une faiblesse de l'État qui ne parvient pas à contrôler ses côtes et eaux, parfois au le fait que des groupes criminels sont en liens avec les gouvernements locaux. Une présence navale et donc rendue nécessaire.
En 2019 la piraterie est toujours aussi importante dans la Corne de l'Afrique et dans l'Asie du Sud. Les E.U et L'U.E s'allient dans le cadre de l'opération Atalante dans les eaux somaliennes en 2008, qui entraîne une lutte dans le domaine judiciaire.
Le risque cyclonique dans le monde
On compte en moyenne cinquante ouragans par ans, la plupart dans l'hémisphère Nord, avec des vents violents pouvant aller de 170 à 300 km/h. Ils s'accompagnent de fortes précipitations, une surélévation du niveau de la mer, une création de vagues de plusieurs mètres. Les enjeux sont humains, économiques et environnementaux. Des mesures sont prises dans les régions à risques :
- surveillance météorologique
- respect des normes de construction
- délimitation de zones non constructibles
- alerte de la population
- mise en place de mesures de confinement.
Les marées noires se forment à la suite du déversement massif de produits pétroliers en mer et forment une grande nappe d'hydrocarbures qui peut s'étendre jusqu'à une centaine de kilomètres. Chaque marée noire constitue une catastrophe écologique.
La fragilisation des océans par les activités humaines
La pollution des mers et des océans est fortement liée aux activités humaines et est aggravée par les catastrophes technologiques mais elle est tout d'abord causée par l'activité quotidienne des navires qui sillonnent les océans et aux activités terrestres.
L'Organisation Maritime Internationale a multiplié les conventions et les mesures pour préserver les milieux marins et assurer la sécurité en mer.
- En 1992, première journée mondiale des océans pour sensibiliser la population au rôle des océans dans l'équilibre de notre écosystème ainsi qu'aux moyens de les protéger
- En 2015, Agenda 2030 pour la promotion du développement durable dans le monde
- Gestion des stocks de poissons, qui est encore l'objet de négociations au sein de diverses organisations régionales.
- Création et gestion des Aires Marines Protégées, qui, malgré leur caractère essentiel ne couvrent que 6% de la surface des océans
Malgré l'existence d'organisations internationales, ce sont souvent les États qui régulent les relations dans les espaces maritimes selon leur puissance et leurs motivations. Les tensions existantes portent sur les limites des tracés des frontières associées au contrôle des routes maritimes mais aussi des ressources disponibles dans les fonds marins.
La création de ZEE entraîne une limitation de la liberté de circulation mais ces limites ne sont pas toutes fixées, ce qui crée des désaccords entre les États qui visent le contrôle des routes maritimes et de l'exploitation des ressources. Les ambitions économiques des États mènent à la militarisation des mers et des océans. Lorsque des côtes ou des eaux territoriales ne sont pas bien contrôlées militairement, la piraterie s'y développe et fait obstacle au commerce maritime ou à l'exploitation des ressources halieutiques. Les mers et les océans sont également des espaces qu'il faut protéger des risques naturels et de la pollution générée par l'exploitation des ressources et le trafic sur les voies maritimes.