L'après-guerre est marqué par des chiffres alarmants, avec 6,5 millions d'invalides et plus de 8 millions d'orphelins. Ces pertes civiles résultent en partie du génocide arménien de 1915 et de la pandémie de grippe espagnole de 1918-1919.
On assiste à une résurgence de l'"esprit des tranchées," avec des perturbations dans la vie quotidienne. Un sentiment d'entraide et de camaraderie se développe, mais la mixité sociale observée dans les tranchées ne perdure pas. Les associations d'anciens combattants deviennent le visage de cette camaraderie.
Les mouvements de grèves gagnent du terrain, influencés par les événements de 1917 en Russie et par la difficulté de la reconversion économique. Ces grèves prennent différentes formes selon les pays, allant des tentatives de révolution aux occupations d'usines et aux enlèvements de patrons.
Des réformes sociales sont mises en place, telles que la réduction de la journée de travail en France en 1919 et la confirmation du droit de grève en Allemagne. Les mouvements de grève aboutissent à des réformes sociales réussies, tandis que les faisceaux de combat en Italie mobilisent le camp conservateur. Cependant, la croissance économique des années 1920 a un impact variable sur les droits des travailleurs, avec des concessions et des reculs observés dans différents pays.
Modèle Soviétique
Après la Révolution d'Octobre 1917, la Russie bascule dans la dictature du prolétariat, avec l'abolition des propriétés foncières, le contrôle ouvrier des usines, et la légalisation du divorce. La Russie adopte un communisme économique pour soutenir la guerre civile, suivi de la Nouvelle Politique Économique (NEP), une période de libéralisme économique limité.
L'urbanisation s'intensifie pour rattraper l'Europe, mais en 1928, Staline met fin à la NEP et lance le Plan quinquennal, favorisant l'industrialisation massive et l'urbanisation.
Le contrôle du monde rural est instauré par ce plan, avec la volonté de mettre à bas la résistance des élites rurales.
L'état met en place deux types de structures avec
- Kolkhozes (structure coopérative entre paysans , qui doivent répondre à des quotas de productions)
- Sovkhozes (fermes gérés par l'état sur le modèle ouvriers urbains)
Les élites paysannes (koulaks) sont déportées aux Goulags. La propagande promeut le Stakhanovisme, malgré des conditions de travail difficiles et la mort de millions de personnes dans les Goulags.
Modèle Fasciste
Le fascisme italien trouve ses racines dans un réseau urbain visant à contrer les grèves. Mussolini rassemble les faisceaux de combat pour harmoniser la société, plaçant l'État au centre de cette harmonie. Le corporatisme fasciste promeut l'harmonisation entre patrons et travailleurs, visant à créer un "homme nouveau" au service de l'État.
L'Église catholique apporte un soutien initial, mais des tensions surviennent, malgré des intérêts mutuels dans la lutte contre le bolchevisme. Des politiques natalistes et démographiques visent à revitaliser la race italienne, avec des mesures d'aide économique aux familles et des incitations à freiner l'émigration.
L'Italie se ruralise, tentant de fixer les populations et atteindre l'autarcie. Des lois sur le travail et des réformes sociales sont mises en place, bien que certaines libertés individuelles soient restreintes.
Remplacement de la chambre des députés par la chambre des faisceaux et des corporations en 1929.
Cette politique va se matérialiser par le sacrifice de la main d'œuvre, ou le chômage baisse malgré des conditions de travail qui empirent.
Dans la société italienne, les loisirs vont être contrôlés par l'Etat avec le Dopolavoro en 1925 qui vont remplacer les différentes associations sportives, ludiques,...
- 1928, exemption de certains impôts pour les familles nombreuses
- 1935, généralisation des allocation familiales
- 1938, le congé maternité devient obligatoire
- 1925, "bataille du blé", limitation des importations agricoles afin d'atteindre une forme d'autarcie
- Accord de Latran, 11 février 1929 → la ville de Rome est la capitale de l'Italie, et le Vatican obtient sa souveraineté
Modèle Nazi
L'Allemagne nazie obtient l'adhésion du peuple grâce à une situation de quasi plein emploi et à une tradition industrielle solide. Le front allemand du travail remplace les syndicats, et une Charte du Travail est établie en 1934. Le Führerprinzip (principe du leader) prévaut, éliminant les intérêts individuels au profit de l'intérêt national.
L'État contrôle les loisirs, tandis que l'autodafé exprime l'anti-intellectualisme.
De cette manière, le régime crée une organisation des loisirs allemands (Force par la Joie) en 1933.
Le renouvellement des élites allemandes s'effectuent afin de régénérer " la race allemande", provoquant un anti6intellectualisme qui se manifeste à travers des autodafés.
Volonté égalitariste entre les nouvelles élites et les anciennes prôné par le régime
Le régime cherche à créer un homme nouveau, et des réformes sociales visent à renouveler les élites et résister à la crise des années 1930. L'Allemagne bénéficie d'une industrialisation de masse, admirée par l'extérieur, mais avec des conditions de travail difficiles et le sacrifice de la main-d'œuvre.
France
La France fait face à une crise financière importante après la guerre, avec une dette massive. Cependant, le retour de Poincaré stabilise la situation grâce à des dévaluations du franc. La France connaît une période de prospérité avec une croissance économique de 9,7% dans les années 1920.
Des réformes sociales sont introduites, notamment en matière de protection sociale, avec la création de l'assurance maladie et vieillesse, ainsi que des allocations familiales. Le Front Populaire de 1936 instaure des réformes telles que l'augmentation des salaires, la semaine de travail de 40 heures et les congés payés, entraînés par des grèves générales. La France est considérée comme "l'homme malade de l'Europe" à la fin de l'entre-deux-guerres en raison de la prudence économique et de la faiblesse des entreprises et des syndicats.
- 30 Avril 1930, généralisations des assurances à l'ensemble des ouvriers