I - La Question des "masses"
Le vote confère une légitimité à une élite pour gouverner, tandis que l'opinion publique prend de l'importance, donnant naissance à des partis et associations politiques. Cependant, l'intégration de ces masses se fait de manière inégale, et différentes couches de la société sont touchées par des agitations sociales après la guerre, mettant en péril les démocraties.
L'uniformisation sociale se manifeste, marquant un recul de l'individualisme au profit de l'embrigadement, qui n'est pas seulement politique mais aussi économique, favorisé par le Taylorisme. Cette évolution conduit à de nouveaux modes de consommation et techniques de communication.
L'esprit critique diminue, laissant place à des idées politiques extrêmes et une réceptivité accrue envers les populations. Les comportements politiques des masses commencent à influencer la politique, avec un retour des clivages politiques, exprimant une nostalgie de l'unité pendant la guerre. Cela favorise l'émergence de l'idée populiste et bouleverse les pratiques politiques.
L'uniformisation des masses s'étend également aux dictatures, qui cherchent à modeler les populations selon une idée générale, un processus connu sous le nom de "fascisation". Les jeunes sont particulièrement ciblés, créant des générations dédiées à la nation et à ses idées, un phénomène qui émerge dès les années 1930
II - La Crise Morale et Intellectuelle
La période est marquée par un ébranlement des certitudes, remettant en question la science, en particulier le déterminisme scientifique. Les avancées scientifiques sont blâmées pour le chaos de la guerre. Les principes moraux sont également contestés, provoquant la frustration parmi les militaires, tandis que les années 1920 voient une volonté de décontraction et d'émancipation culturelle.
Le jazz, les mouvements artistiques et la culture des "années folles" se popularisent, mais sont mal perçus par les milieux conservateurs, provoquant une audace tant sur le plan politique que social. L'anti-rationalisme gagne du terrain, remettant en question la toute-puissance de la raison et prônant des sentiments plus humains, une réaction liée au romantisme.
L'Occident est perçu en déclin, entraînant une dépression morale et favorisant des idées extrêmes. Des courants philosophiques comme l'existentialisme et la psychanalyse émergent pour répondre à ces défis.
III - Une Période d'Émulation Artistique
Des mouvements "avant-gardistes" naissent pour réagir contre les arts officiels, donnant naissance à des courants comme le surréalisme français, le futurisme italien et l'expressionnisme allemand. Les avant-gardistes remettent en question l'esthétisme et aspirent à tout détruire pour mieux reconstruire, bien que cela soit souvent l'apanage des élites.
L'art populaire se développe pour populariser les arts, et le cinéma gagne en popularité, servant de témoignage historique. La notion de culture d'État est introduite pour remodeler l'image du "Nouvel Homme", influencée par des préoccupations biologiques, romaines, ou antipathie envers le capitalisme.
L'art est utilisé comme outil de propagande, par exemple en Allemagne pour diffuser le fascisme. Les régimes totalitaires jouent sur les symboles, notamment dans l'architecture, avec une préférence pour le gigantisme et le néo-classicisme, mystifiant les traditions germaniques ou romaines pour unir autour d'une destinée commune.