Séquence 3 : Le rire pour dénoncer : Les fourberies de Scapin.
Question générale : Quelles fourberies Scapin met-il en œuvre pour s’opposer aux plus forts ?
Première partie : Découvrir l’auteur de la pièce : Molière.
Exercice 1 : https://www.youtube.com/watch?v=kDX6B1HCY70
Excommunier : Exclu de la religion catholique.
LEÇON :
I. De Jean-Baptiste Poquelin à Molière.
Il né à Paris en 1622.
Fils du tapissier du roi Louis XIV.
Refuse de faire le travail de son père car il veut devenir comédien même s’il sera excommunié.
1643 : Fonde la compagnie de l’Illustre Théâtre avec Madeleine Béjart.
1646 : Devient officiellement Molière qui devient son pseudonyme au théâtre.
II. Sur les routes de France.
Il parcourt les routes de France pendant 12 ans car il quitte Paris pour devenir comédien ambulant.
III. Le triomphe à Paris.
En 1658 : Il joue une première tragédie devant le frère du roi Philipe d’Orléans et devant le roi mais cela est un échec. Il décide alors de jouer sa première comédie Le docteur amoureux > Véritable triomphe. Le roi ri.
Molière devient « la troupe du roi » en 1665.
IV. Du rire à la censure.
Les pièces de Molière font rire en dénonçant les travers (les défauts) de la société. Il s’agit d’une satire (= critique de la société). Cependant, les pièces sont censurées à cause des thèmes critiqués par le dramaturge (écrivain de pièce de théâtre).
La dernière pièce que joue Molière sur scène est le Malade imaginaire en 1673.
V. Qu’est-ce qu’une comédie selon Molière ?
La comédie est une forme d’écriture au théâtre. La fonction de la comédie se résume avec une phrase latine CASTIGAT RIDENDO MORES « corriger les mœurs (les défauts) par le rire ». C’est pourquoi Molière exagère les comportements de ses personnages pour faire rire le public et mener à bien sa critique de manière masquer.
Exercice : De quoi Molière se moque-t-il dans ses œuvres ? Associez chaque pièce à son thème.
L’école des femmes – Les Précieuses ridicules – Le médecin malgré lui – Le Tartuffe – Le Bourgeois gentilhomme – L’avare.
Nom de l’œuvre
Thème
Nom de l’œuvre
Thème
Le médecin malgré lui.
Les médecins- la médecine.
L’avare.
Le manque de générosité.
Le Tartuffe.
L’hypocrisie religieuse.
Les précieuses ridicules.
Les manières à la cour.
Le Bourgeois gentilhomme.
Les ridicules d’un bourgeois.
L’école des femmes.
L’absence de liberté des femmes.
Deuxième partie : Découvrir les fourberies de Scapin.
A. La constitution de la pièce de théâtre.
Les fourberies de Scapin sont une comédie. C’est une pièce qui traite de sujet de la société du XVIIème siècle de manière humoristique afin de faire rire le public c’est-à-dire les spectateurs. La pièce est constituée en 3 actes. L’acte 1 contient 5 Scènes, l’acte 2 possède 8 scènes et l’acte 3 est constituée de 13 scènes.
B. La présence des personnages dans la pièce de théâtre.
Personnages
Acte 1
Acte 2
Acte 3
1
2
3
4
5
1
2
3
4
5
6
7
8
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
Scapin
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Sylvestre
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Octave
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Argante
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Géronte
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Léandre
X
X
X
X
X
X
Hyacinte
X
X
X
X
X
X
Nérine
X
X
X
X
Zerbinette
X
X
X
X
X
X
X
Carle
X
X
X
Les personnages appartiennent soit à la classe des bourgeois soit à la classe du tiers-état. Les principaux thèmes sont le mariage en lien avec l’amour et les relations familiales.
Le coin des curieux pour comprendre l’histoire de Pinocchio.
Pinocchio lu est adoré dans le monde entier, est né de la plume de Carlo Collodi, un journaliste moraliste qui n’aimait guère les enfants. En 1881, Pinocchio prend vie grâce a Carlo Collodi, un journaliste en fin de carrière et gris et solitaire. Collodi, qui n’a pas d’enfants a toujours été fasciné par cette période de la vie. Il a traduit des contes de Grimm et de Perrault, écrit des livres pédagogiques. Alors, quand le « Giornale per i bambini » lui demande un feuilleton pour les enfants, ils acceptent sans grande conviction de raconter les histoires de Pinocchio.
« Je t’envoie cette gaminerie fais-en ce que bon te semble mais si tu la publies paie-moi comme il faut pour me donner envie de continuer »
Il imagine alors Pinocchio, petit pantin, inspiré par la commedia dell Arte. Casse-cou est insolent qui prend vie et surtout au tumulte de l’enfance. Au travers de Pinocchio, il va défendre les valeurs de l’Italie rural du XIXe siècle. La laïcité, l’école, la famille, le travail. Ce qui fait vraiment un succès de l’œuvre, c’est ce mélange entre des éléments qui relève de la tradition du conte avec des animaux qui parlent, avec des éléments magiques. Collodi place Pinocchio dans une comédie très noir satirique. Geppetto créer le pantin pour l’amener dans les foires et récolter de l’argent et non pas pour avoir un fils comme dans le film Disney. Son acolyte le cricket est à l’origine tuer par Pinocchio car énervé LE pantin lui lance un marteau sur la tête. Au chapitre 15 du feuilleton, Collodi, fait mourir Pinocchio à la demande du journal le personnage ressuscite. Collodi continue les aventures de Pinocchio pendant deux ans en transformant ça tragédie en compte moralisateur plus classique. Collodi continue tout de même a mal mené le jeune Pantin, il est englouti par un monstre marin se fait brûler le les pieds et menacé d’être découpé
La machine Disney aussi par-là édulcorant, les aventures de Pinocchio. En effet, l’image du nez qui s’allonge quand il ment est présente dans l’histoire de Collodi mais Disney en fait son élément central réduisant les défauts de Pinocchio au seul mensonge transformant ainsi le Pinocchio de Collodi a un pantin plus léger.
RAPPEL définition du conte :
Récit bref (court)
Univers merveilleux accepté par le lecteur.
Sert à divertir et instruire le lecteur.
Récit imaginaire.
Le conte était transmis oralement.
1. Quel est le personnage central des planches 1 et 2 ? A partir de quel matériau a-t-il été fabriqué ? Comment le dessin le rend-il vivant ? (Étudiez notamment son expression, son mouvement et son vêtement). (Planche 1 et 2 : Saisir la singularité du héros)
Le personnage principal est un pantin de bois aux articulations rudimentaires. La démarche semble curieuse, déterminée et mécanique. Ses mouvements sont brusques. La position des membres n’est pas naturelle sur la planche 2. Sur la planche 1, il est nu, sur la planche 2, il porte des vêtements amples de Pierrot qui peut évoquer le Pinocchio de Collodi. Le personnage a le regard fermé et dur qui exprime un profond mécontentement.
2. Quelle transformation du personnage vous parait la plus extraordinaire ? Où se re retrouve-il dans la planche 5 ? En quoi ce cadre est-il surprenant ?
Les planches 3 et 4 abordent le registre merveilleux. Deux transformations évoquent ce registre : l’allongement spectaculaire du nez et la métamorphose complète en âne. Le personnage de la fée confirme que l’aventure se déroule dans un univers merveilleux, tout comme la présence du héros à l’intérieur du monstre marin.
3. Interpréter la fin de l’histoire. Quelle évolution indiquent l’apparence et la mise en scène du héros dans la dernière planche ?
Le héros est singulier : par sa nature (un pantin de bois) par la multiplicité des aventures qui jalonnent son parcours et le mettent en danger et par sa transformation au fil des péripéties subies. Ces métamorphoses aboutissent à une transformation réussie : Pinocchio devient un petit garçon.
4. Analyser un dessin expressif. Observez les différentes expressions du visage de Pinocchio (planches 1 à 5). Quelles remarques pouvez-vous faire sur la progression de ses émotions ?
Les aventures du personnage paraissent peu enviables. Dans la planche 1, le visage de Pinocchio exprime l’exaspération, la colère. Dans la planche 2, il indique la curiosité toujours en colère. Dans la planche 3, Pinocchio semble toujours furieux. Dans la planche 4, l’épouvante domine. Enfin, dans la planche 5, Pinocchio parait perplexe. Le lecteur pourrait éprouver de l’antipathie en découvrant les épreuves du personnage.
https://www.youtube.com/watch?v=p4RJgnE8Rgo
Exercice 1 : Autour du mot théâtre. Attribuez les différents sens du mot « théâtre » à la bonne phrase. : un lieu où se déroule une action, une pratique de jeu, un bâtiment, un ensemble d’œuvre littéraire.
1. La mairie se trouve en face du théâtre.
Un bâtiment.
2. Malgré sa timidité, Laura a décidé de suivre des cours de théâtre.
Pratique de jeu.
3. Valentin a lu tout le théâtre de Molière.
Un ensemble d’œuvre littéraire.
4. La cour de récréation a été le théâtre d’une bagarre entre élèves.
Un lieu où se déroule une action.
Exercice 2 : Pour chaque adjectif donnez un synonyme (mot de même sens) et un antonyme (mot de sens contraire).
Adjectif.
Synonyme.
Antonyme.
Colérique.
Énervé.
Content.
Malicieux.
Rusé, fourbe.
Naïf, candide.
Peureux.
Effrayé
Courageux.
Prudent.
Précautionneux
Imprudent.
Exercice 3 : Barrez l’intrus dans chaque liste. Dites à quel champ lexical appartient chaque série de mots. Champ lexical : Groupe de mots autour d’un thème commun.
1. Humiliation, avanie, gêne, espoir, embarras.
Ces mots appartiennent au champ lexical de : la honte, de l’embarras.
2. Querelle, réprimande, conflit, affrontement, amusement.
Ces mots appartiennent au champ lexical de la dispute, du désaccord.
3. Joie, disgrâce, infortune, défaveur, malchance.
Ces mots appartiennent au champ lexical du malheur.
Exercice 4 : Parmi les mots suivants, surlignez en vert ceux de la même famille que le terme « vengeance ». Puis surlignez en bleu les synonymes du mot « vengeance ».
Vindicatif – Venger – Riposte – Vantardise – Vindicte – Vengeur – Revêche – Vendage – Vengeresse – Représailles – Obligeance – Revanche.
Exercice 5 : Associez chaque mot avec sa définition.
Une scène. 1
Auteur de pièces de théâtre. 2
Un dramaturge. 2
Propos prononcés par des personnages. 5
Une tirade. 3
Paroles prononcées par un personnage sans être entendu par les autres qui autres personnages qui sont sur scène. 7
Une didascalie. 4
Morceau d’un acte. Elle est déterminée par l’entrée et
la sortie du personnage. 1
Une réplique. 5
Longue réplique prononcée par un personnage qui est seul
sur scène. 3
Un acte. 6
Indication scénique laissée par le dramaturge pour le comédien. 4
Un aparté. 7
Réplique prononcée par un personnage qui est seul sur scène. 8
Un monologue. 8
Partie d’une pièce de théâtre qui forme une unité et qui est
composée de scènes. 6
Exercice 6 : Réalisez une carte mentale sur les différents métiers de la mise en scène.
Le dramaturge : Celui qui écrit la pièce de théâtre.
Le metteur en scène : Imagine la mise en scène de la pièce (jeu des acteurs, déplacement…)
Les comédiens : Ils jouent la pièce de théâtre.
Costumier(ère) : Ils créaient les costumes pour les comédiens.
Ingénieur son et lumière : Une personne qui s’occupe des sons et des lumières sur la scène.
Un scénographe : Une personne qui s’occupe de la décoration des scènes.
Les décorateurs – l’accessoiriste – le souffleur – les figurants – les maquilleuses.
Exercice 7 : Complétez le texte à trou suivant : https://www.youtube.com/watch?v=im0kHIXUhrI
Le METTEUR EN SCÈNE prend toutes les décisions artistiques et dirige le jeu des acteurs, qui sont chargés de jouer la pièce selon leur RÔLE Il peut- faire appel à des FIGURANTS pour jouer des petits rôles.
Le DÉCORATEUR définit les éléments du décor et c’est L’ACCESSOIRISTE qui est chargé de placer les objets sur la scène. L’INGENIEUR SON ET LUMIÈRE organise les jeux de lumière du spectacle.
Les MACHINISTES mettent en place les décors.
Les COSTUMIER(ÈRE) fabriquent les costumes d’après les maquettes du SCENOGRAPHE. Les HABILLEUSES aident les comédiens à se changer.
Les inquiétudes d’Octave :
« Cruelles conjonctures » L23 :
« Fâcheuses nouvelles » « dures extrémités » L1
« Impétueuses réprimandes » L30
« Remède recourir » L38
« Ce maudit retour » L27
= Champ lexical du malheur. Rappel déf : Un champ lexical est un groupe de mots autour du même thème. Ex : Cage-ballon-terrain-arbitre-filet-ligne = Champ lexical du foot.
= Hyperbole. Rappel déf : Une hyperbole est une exagération dans la phrase.
Définition : Scène d’exposition :
La première scène d’une pièce de théâtre donne des informations nécessaires pour comprendre l’intrigue. La scène d’exposition a pour fonction de :
Présenter les personnages.
Présenter l’intrigue.
Présenter le cadre spatio-temporel.
Séduire le lecteur.
Il est important d’identifier les grands thèmes lors de la lecture d’un texte et de justifier ces grands thèmes qui sont forcément relier entre eux.
Ex : Acte 1 scène 1 est une scène d’exposition (premier thème) – présente l’intrigue : le mariage (deuxième thème) – est une scène de comédie (troisième thème).
I. Une scène d’exposition
La répétition des phrases interrogatives (12) permet de présenter l’intrigue au lecteur. Octave pose de nombreuses questions à son valet Sylvestre sur la situation : Son père revient de voyage « tu viens d’apprendre au port que mon père revient ? ». Ces phrases interrogatives montrent l’inquiétude d’Octave car il n’arrête pas de poser des questions. Cependant, Sylvestre n’y répond pas vraiment car il reprend mot pour mot les questions d’Octave. En réalité, les répliques de Sylvestre sont surtout destinées aux lecteurs qui découvrent la situation.
= La présentation de l’intrigue permet d’affirmer qu’il s’agit bien d’une scène d’exposition.
`
Les personnages sont également présentés dans cette scène. Le lecteur-spectateur rencontre :
Octave : Très inquiété du retour de son père.
Sylvestre : Son valet.
L’oncle d’Octave. « De votre oncle »
Le seigneur Géronte. « Du seigneur Géronte ».
La fille du seigneur Géronte.
= Le seul personnage qui n’est pas présenté est Scapin. Cela provoque la hâte du lecteur-spectateur de rencontrer le personnage principal de la pièce de théâtre : Scapin.
*Argante : Père d’Octave « à qui mon père » « mon père ».
II. Le mariage.
L’un des thèmes annoncés dès la scène d’exposition est le mariage et l’amour. Dès la première réplique Octave fait part de son état « un cœur amoureux ».
Par ailleurs, nous pouvons relever le champ lexical
Idées élèves :
Ligne 1 « fâcheuses nouvelles » adjectif péjoratif qui inspire de l’inquiétude pour le thème principal de cette histoire le mariage.
« Qu’il revient dans la résolution de me marier ? » : On remarque l’inquiétude et la peur d’Octave à l’idée de son père que reviennent avec l’intention de me marier. Cependant, S quant à lui montre un grand calme. Il dit je cite « les réprimandes ne sont rien (…) à ce prix ». ligne 31
La répartition des répliques sont interrogatives (3) Octave pose de nombreuses questions à Sylvestre pour savoir plus d’information sur ce mariage « qu’il revient dans la résolution de me marier » « avec une fille du seigneur Géronte » « cette fille est mandée de Tarente ici pour cela » cela prouve qu’Octave est stressé de se marier avec une fille inconnue.
Correction :
Le lecteur-spectateur comprend rapidement dans la scène 1 de l’acte 1 que les thèmes de cette pièce de théâtre seront le mariage et les relations familiales. En effet, dès la scène 1 nous percevons l’inquiétude extrême d’Octave d’apprendre que son père veut le marier. Nous pouvons relever de nombreuses hyperboles « fâcheuses nouvelles » « je vais voir fondre sur moi un orage soudain d’impétueuses réprimandes ».
Par ailleurs, parmi les nombreuses phrases interrogatives d’Octave envers Sylvestre, deux sont très importantes « dans la résolution de me marier » et « une fille du seigneur Géronte ». Nous comprenons que ce retour pose un grand souci à Octave et qu’un quiproquo se met en place car la fille du seigneur Géronte est déjà la fille qu’Octave a épousé en secret !
Quiproquo = Malentendu.
III. Une comédie.
Dans les comédies, nous retrouvons plusieurs types de comiques. La manière dont est écrit le texte, dont les répliques sont prononcées ou interprétées contribuent à la mise en place du comique dans la pièce (c’est-à-dire pour faire rire le lecteur).
Le comique de situation.
Le comique de répétition.
Le comique de gestes.
Le comique de caractère.
Dans la scène 1 de l’acte 1 nous retrouvons le comique de situation et de répétition.
Comique de situation : Octave pose de nombreuses questions et Sylvestre reprend simplement les mots sans y répondre.
Comique de répétition : Les nombreuses questions et Sylvestre qui y répond.
ARGANTE.— A-t-on jamais ouï parler d'une action pareille à celle-là ? Tous leurs discours seront inutiles.
SCAPIN.— Ne jurons de rien. (...)
ARGANTE.— Ah ! Ah ! Bravo ! Sage gouverneur de famille, beau directeur de jeunes gens ! (Il attrape vigoureusement Silvestre par le col et s'apprête à le bastonner.)
SILVESTRE. — Aïe! Ouïe!
SCAPIN.— (Entre en scène pour attirer l'attention sur lui.) Monsieur, je suis ravi de vous voir de retour. Votre voyage a-t-il été bon?
ARGANTE.— (Il lâche Silvestre en voyant arriver Scapin.) Mon Dieu ! Fort bon. Laisse-moi un peu quereller en repos. Un fils qui se marie sans le consentement de son père ? Quelle hardiesse !
SCAPIN.— Mais je serais d'avis que vous ne fissiez point de bruit.
ARGANTE.— Je ne suis pas de cet avis, moi, et je veux faire du bruit tout mon soûl.
SILVESTRE.— L'habile fourbe que voilà !
SCAPIN.— Eussiez-vous voulu qu'il se fût laissé tuer ? Il vaut mieux encore être marié qu'être mort.
ARGANTE.— On ne m'a pas dit que l'affaire se soit ainsi passée.
SCAPIN.— Demandez-lui plutôt. Il ne vous dira pas le contraire. (...)
ARGANTE.— Cela m'aurait donné plus de facilité à rompre ce mariage.
SCAPIN.— Rompre ce mariage ! Vous ne le romprez point.
ARGANTE. — Je ne le romprai point ?!
SCAPIN. — Bagatelles !
ARGANTE. — Il ne faut point dire : Bagatelles. (...) Finissons ce discours qui m'échauffe la bile. (En s'adressant à Sylvestre.) Va-t'en, pendard, va-t'en me chercher mon fripon, tandis que j'irai rejoindre le seigneur Géronte pour lui conter ma disgrâce. (À part.) Ah ! Pourquoi faut-il qu'il soit fils unique ! Et que n'ai-je à cette heure la fille que le Ciel m'a ôtée, pour la faire mon héritière !
Exercice 1 : Trouvez les signes de ponctuation de fin de phrases.
Exercice 2 : Quelles différences observez-vous dans les phrases suivantes :
1. J’ai besoin de ton aide Scapin.
2. Pourrais-tu m’aider Scapin ?
3. Aide-moi Scapin !
4. Scapin… je crois que j’ai besoin de ton aide …
5. Je n’ai pas besoin de ton aide Scapin !
6. Ne veux-tu pas m’aider Scapin ?
Astuces : Regarder « la forme » de la phrase et ce qu’elle exprime.
Différences :
Les phrases 5 et 6 sont des phrases négatives les autres sont affirmatives.
Les phrases 2 et 6 sont des phrases interrogatives tandis que d’autres sont soit déclaratives soit impératives / injonctives.
Certaines phrases sont exclamatives.
Deuxième partie : Leçon « les types et formes de phrases »
I. Les types de phrases.
Les types de phrases permettent de connaitre l’intention du locuteur c’est-à-dire ce qu’il cherche à exprimer. (Le locuteur = celui qui parle).
Il en existe trois :
1er type de phrase : la phrase déclarative : Elle sert à donner une information, à raconter ou à décrire. Elle se termine généralement par un point et peuvent se terminer parfois par un point d’exclamation. Elles peuvent aussi se terminer par des points de suspension. Ex : J’ai besoin de ton aide Scapin.
2ème type de phrase : La phrase interrogative : Le locuteur cherche à poser une question. Elle se termine par un point d’interrogation.
3ème type de phrase : La phrase impérative / injonctive : Elle sert à donner un ordre, un conseil ou interdit. Elles peuvent se terminer par un point, un point d’exclamation ou des points de suspension. Le temps des verbes est l’impératif. Ex : Aide-moi Scapin.
RAPPEL : Impératif : Il s’agit d’un mode. Le pronom n’apparait pas.
Impératif présent : Il ne se conjugue qu’avec trois pronoms « nous » « vous » « tu ».
Verbe du 1er groupe (ER) : Tu « e » / nous « ons » / vous « ez ». Ex : « Aide-moi ».
Les autres groupes : Tu « s » / nous « ons » / vous « ez ». Ex : « Finissez vos devoirs ».
II. Les formes de phrases.
La forme dépend de la construction de la phrase. Elles peuvent fonctionner par couple pour les retenir.
1. La forme affirmative – négative : Soit la phrase affirme un propos soit elle nie quelque chose. Ex : J’aime les maths – Je n’aime pas les maths.
2. La forme active-passive : Soit le sujet fait l’action soit l’objet subis l’action. Ex : Le chat mange la souris. (Le sujet fait l’action). La souris est mangée par le chat.
3. La forme exclamative : Elle exprime une émotion. Elle est marquée par la présence du point d’exclamation. Ex : Je suis si heureux-se d’aller au ski !
Vous devez identifier le type et la forme des phrases pour comprendre ce que cherche à exprimer le locuteur.
Exercice 1 : Indiquez le type et la forme de chaque phrase.
1. Pourquoi refuses-tu de mettre en place cette fourberie ?
Le type : Interrogative. La forme : Affirmative.
2. Géronte n’acceptera jamais ce mariage.
Le type : Déclarative. La forme : Négative.
3. Quel combat époustouflant !
Le type : Déclarative. La forme : Exclamative.
4. Entre vite dans ce sac !
Le type : Injonctive. La forme : Exclamative.
5. Tu as pu te marier comme tu le souhaitais !
Le type : Déclarative. La forme : Exclamative.
Exercice 2 : Transformez chaque phrase selon la consigne.
1. Scapin s’avance sur la scène. > Forme déclarative négative.
Scapin ne s’avance pas sur la scène.
2. Au théâtre tu dois respecter les règles. > Forme interrogative affirmative.
Dois-tu respecter les règles au théâtre ?
3. Ils écoutent attentivement ce monologue. > Phrase injonctive (vous) exclamative.
Écoutez attentivement ce monologue !
4. Scapin met Géronte dans le sac. > Phrase déclarative passive.
Géronte est mis dans le sac par Scapin.
Exercice 3 : Rédigez une phrase sur le thème des fourberies de Scapin en respectant la consigne donnée.
1. Phrase déclarative-négative.
2. Phrase interrogative affirmative.
3. Phrase injonctive exclamative.
4. Phrase injonctive négative.
Consigne : Vous allez mettre en scène (par groupe de deux) un extrait des Fourberies de Scapin. Au choix :
Extrait 1 : (I,1), OCTAVE, SYLVESTRE, du début de la scène jusqu’à « Je ne le suis pas moins).
Extrait 2 : (II,3), SCAPIN, LÉANDRE « je vous ai fait quelque chose monsieur ? » jusqu’à la fin.
Extrait 3 : (II,7), SCAPIN, GÉRONTE, de « Attends Scapin… » jusqu’à « À tous les diables ! ».
Pour t’aider à réaliser l’exercice, tu peux suivre les conseils suivants :
Consigne : Lisez le texte et répondez aux questions suivantes.
Astuces :
Un texte peut se lire jusqu’à trois fois maximum. La première lecture doit être « neutre ». Vous ne devez pas lire les questions de compréhension avant d’avoir lu le texte.
Lorsque vous répondez aux questions de compréhension, vous pouvez identifier le mot clé de la question pour trouver l’enjeu de la question.
Pour répondre à la question, vous devez reprendre les mots de la question et y répondre. Une fois votre réponse formulée, pensez à justifier votre réponse en utilisant des connecteurs logiques.
Questions de compréhension :
1. Que se passe-t-il dans cette scène ?
2. Qui sont les personnages l’un par rapport à l’autre ?
3. Cette situation est-elle normale ? Qui a demandé à Scapin d’agir ainsi ?
4. Quelle réplique de Géronte est particulièrement mise en valeur dans cette scène ? A votre avis, pourquoi cette réplique est-elle mise en valeur ? (Astuce : Pensez aux différents types de comique).
5. Avez-vous une idée de l’origine du prénom de Géronte ? (Indice : Pensez à « Gérontologue »).
6. Géronte réagit-il comme on s’y attend ?
7. Quelles sont ses réactions successives ?
8. Quel est le type de phrase le plus utilisé par Géronte ? A votre avis pourquoi ?
9. Quels sont les principaux défauts de Géronte ? Quel défaut est particulièrement critiqué par Molière ?
10. Quelles sont les qualités de Scapin ? Quelle est la qualité particulièrement mise en avant par Molière ?
Kidnapper.
Rançon.
Reformulation de la question : Quelles sont les différentes réactions de Géronte lorsqu’il découvre la situation ? Ses réactions évoluent au fil de la scène, il faut les identifier.
1. Dans cette scène Scapin, qui veut se venger de son maitre Géronte, lui fait croire que son fils a été enlevé par des Turcs qui demandent une rançon. En effet, nous relevons l’insulte « pendard de Turc » ou encore la répétition « dire à ce Turc ».
2. Les personnages présents sur scène sont Scapin et Géronte. Nous pouvons identifier la supériorité de Géronte sur Scapin dans le texte avec l’utilisation de l’impératif « va-t’en » « que tu ailles dire à ce Turc ». Par ailleurs, Géronte le nomme « serviteur fidèle ». Cependant, Scapin, simple valet, semble aussi supérieur à Géronte dans cette scène. Par sa fourberie, il piège Géronte et le manipule aisément pour lui dérober de l’argent. Toutefois, nous pouvons quand même relever le vouvoiement utilisé par Scapin marque de respect envers Géronte.
3. Cette situation n’est pas normale. Molière met en place un comique de situation. Scapin connu pour ses fourberies, piège Géronte pour lui voler son argent. Toutefois, une valeur ne devrait pas tromper son maitre mais c’est Léandre qui le lui a demandé car il a besoin d’argent pour sauver Zerbinette détenue par les Égyptiens.
4. La réplique de Géronte qui est particulièrement mise en valeur est la phrase interrogative « Que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Il s’agit ici d’un comique de répétition avec un jeu de mot sur « galère ».
Explications : Les deux sens à connaitre sur « la galère ».
Au sens propre, une galère est un bateau ancien, où l’on faisait ramer des prisonniers.
Au sens figuré, une galère signifie une situation très compliquée ou pénible.
= Géronte parle du bateau, mais le public comprend aussi qu’il se moque de son fils, qui s’est mis dans une situation impossible. C’est ce double sens qui rend la réplique drôle et célèbre.
5. Géronte vient du grec GERÔNTOS qui signifie « vieillard ». Un gérontologue est un médecin spécialiste de gérontologie, de l'étude des phénomènes de vieillissement et des problèmes particuliers aux personnes âgées. Géronte incarne donc une personne âgée. On imagine donc une personne fragile dont il faut prendre soin.
6. Géronte ne réagit pas comme on s’y attendrait. On attendrait d’un père qu’il fasse tout pour sauver son fils mais Géronte cherche à éviter de payer la rançon. Il veut saisir la justice « je vais envoyer la justice après lui ». Cependant, Géronte a la somme nécessaire pour payer la rançon.
7. Les réactions successives de Géronte sont :
L’appel à la justice « la justice après lui ».
Envisage d’échanger Scapin contre son fils « Tu te mets à sa place ».
Il propose de vendre ses vieux habits pour payer la rançon « tu iras prendre toutes les hardes (…) les vendras aux fripiers ».
Il fait semblant de remettre la bourse dans sa poche par inadvertance « remet la bourse dans sa poche ».
8. Le type de phrase le plus utilisé par Géronte est le type interrogatif. Géronte se faisant piéger par Scapin ne comprend pas la situation et pose de nombreuses questions à Scapin. La phrase interrogative revenant le plus est « que diable allait-il faire dans cette galère ».
9. Les principaux défauts de Géronte sont l’avarice, l’égoïsme et la naïveté. En effet, Géronte est prêt à sacrifier Scapin. Le défaut le plus critiqué par Molière est l’avarice.
10. Les principales qualités de Scapin sont la ruse, le courage et l’audace. En effet, Scapin aide Léandre et piège son maitre Géronte. Sa plus grande qualité est son intelligence pour mettre en place sa fourberie et duper Géronte.
Scapin est un valet rusé qui joue un tour à Géronte, son maitre, parce que Léandre le lui a demandé. Il profite de la faiblesse de son maitre et se moque de son avarice. Ces défauts du maitre font rire le spectateur. On appelle cela le « comique de caractère ». Molière utilise également « le comique de répétition » pour faire rire le spectateur de la situation.
I. Mise en scène de Pierre Fox : Comment Scapin orchestre-t-il sa fourberie ?
Décors : Sur les quais d’un port. La présence des escaliers. Des voûtes dessinent le corps du port. Peut-être des égouts ? Des renforcements ?
Accessoires : Charriot sur lequel va être posé le sac. Le bâton. L’accordéon.
Comment Scapin joue-t-il les différents personnages ?
Pour faire croire à l’arrivée des personnes qui attaquent Géronte, Scapin se place en haut de l’escalier et imite une marche militaire. Ensuite, Scapin imite l’accent allemand. La mise en scène date de 2004. Le metteur en scène Pierre Fox choisit l’accent allemand en référence à la seconde guerre mondiale. C’est un raccourci pour faire croire que ceux qui attaquent sont des Allemands.
Quels sont les comiques mis en avant dans cette mise en scène ?
Le comique de situation : Géronte est tourné en ridicule. Scapin le fait tourner en bourrique. L’objectif de la scène est de le ridiculiser.
Comique de geste/répétition : Le valet se fait passer pour un agresseur, il mime l’attaque envers son maitre pour pouvoir frapper dans le sac. Cette scène se déroule trois fois. Géronte est remis à 3 reprises dans le sac. La troisième fois, Géronte se rend compte du subterfuge.
Costumes : Géronte il a un chapeau haut de forme signe de richesse + un costume trois pièce.
Scapin : Habillé simplement
II. Mise en scène de la Comédie-Française : Quels sont les partis pris de la mise en scène ?
Géronte : Habillé de manière bourgeoise. Teint plus clair.
Scapin : Chemise blanche toute simple. Pantalon « basique ».
Décor et accessoires : Élément principal : Le sac est placé au centre de la scène. Le bâton pour frapper dans le sac. La poulie pour accrocher le sac.
Quels sont les comiques présents dans cette scène ?
Comique de mots : Les accents utilisés par Scapin pour faire croire à plusieurs attaques. Les bruitages des animaux : Le chien, la poule, le cheval, le loup. Scapin fait énormément de bruitages dans cette mise en scène comme les roulements de tambour ou les coups de fusil > En imitant tout cela, Scapin donne l’impression d’une armée qui rentre en scène pour faire face à un combat.
Comique de situation : La répétition des coups de bâton par Scapin.
Première partie : Observation : Entourez les GN dans les phrases suivantes. (Rappel : GN = Déterminant + nom)
1. Nous avons lu en classe les fourberies de Scapin.
2. Scapin qui est un valet rusé aide Léandre à se marier.
3. Le valet dont nous avons parlé en classe s’appelle Scapin.
4. La jolie demande en mariage fait pleurer les spectateurs.
5. Les spectateurs ont découvert avec plaisir la nouvelle pièce de Joel Pommerat.
GN / Information supplémentaire
Deuxième partie : Leçon.
Une expansion du nom est un mot ou un groupe de mots qui complète un nom en lui apportant des informations supplémentaires. Il existe trois manières de rendre son nom plus grand. Pour compléter un nom on peut utiliser :
Un adjectif qualificatif qui aura comme fonction épithète c’est-à-dire qu’il est placé à côté du nom (à droite ou à gauche du nom). Ex : Une petite maison ou Une maison bleue.
Un groupe prépositionnel. Il s’agit d’un groupe de mots introduit par une préposition. Liste des prépositions : à dans par pour en vers entre derrière chez de contre. Les prépositions les plus utilisées sont « à » et « de ». La fonction du GP est un complément du nom. Ex : La machine à café ou La salle de classe.
Une proposition subordonnée relative. Il s’agit d’un groupe de mots introduit par un pronom relatif. Liste des pronoms relatifs : Qui, que, quoi, dont, où. Sa fonction est complément de l’antécédent Ex : La maison que mes parents ont louée ou L’élève qui me parle est agité.
Troisième partie : Exercices.
Exercice 1 :
a. Relevez les expansions des noms en gras.
b. Indiquez la nature et la fonction pour chaque expansion.
1. Les habitants ont découvert avec plaisir la nouvelle boulangerie du village.
2. Tous avaient senti l’odeur appétissante des viennoiseries que le boulanger avait préparées.
3. Les clients matinaux, qui attendaient déjà sur le trottoir, étaient impatients de goûter ce pain.
4. La jeune épouse du boulanger ne s’attendait pas à un tel succès.
5. Elle appréciait ce village accueillant dont on leur avait dit tant de bien.
Exercice 2 : Remplacez l’expansion en gras par une expansion d’une autre classe grammaticale en conservant le sens de l’expression.
1. Ce professeur rigole avec des élèves sympathiques.
2. Mon frère se comporte souvent d’une manière qui prête à rire.
3. Jenna à une écriture lisible.
4. Mon père est une personne qui rigole souvent.
5. Ils confièrent cette mission à des amis auxquels ils pouvaient se fier.
6. Nous avons passé une soirée que nous ne pourrons pas oublier ;
7. Nous nous trouvions face à un problème insoluble.
