- La représentation-produit résulte à la fois de la réalité de l’objet, de la subjectivité de celui qui la véhicule, et du système social dans lequel s’inscrit la relation sujet-objet. Elle restructure la réalité pour permettre une intégration à la fois des caractéristiques de l’objet, des expériences antérieures du sujet et de son système d’attitudes et de normes (cf. Moscovici, 1986).
- L’étude de la représentation-produit est donc d’abord descriptive, et elle repose sur le repérage des deux dimensions essentielles de la représentation : ses éléments constitutifs et son organisation (sa structure interne).
Les éléments constitutifs de la représentation,
Les informations relatives à l’objet et en possession de l’individu (à modérer).
Les attitudes et opinions de l’individu → elles introduisent dans la représentation une dimension normative, évaluation, à partir de laquelle les informations sont pondérées, évaluées, voire scotomisées par le sujet.
La structure interne de la représentation,
Cet ensemble d’information, d’attitude et d’opinions est par ailleurs organisé et chaque élément de l'ensemble ne prend de signification qu’en fonction de sa place dans la structure, et des éléments qui sont en relation avec lui. L’analyse de la représentation nécessite donc le repérage des éléments centraux de la représentation dans l’approche structurale.
La représentation comme processus
1er phase : de l’objet au modèle figuratif
L’individu n’enregistre qu’une partie des informations que la réalité lui procure. Les informations sélectionnées et décontextualisées sont réorganisées en un modèle figuratif”.
2ème phase : du modèle figuratif à l’instrument de catégorisation.
Le modèle figuratif prend un statut d’évidence, il produit une orientation des perceptions et des jugements visant la conformité au modèle constitué.
3ème phase : de l'instrument de catégorisation au modèle actif
Le modèle figuratif se “replonge” dans la réalité en constituant un cadre de conduite.
La représentation
- un système d’interprétation
- un système de catégorisation
- un langage spécifique ou langage thématique.
La représentation comme processus
Objectivation
Processus par lequel le groupe va “neutraliser” un concept abstrait, c'est-à-dire lui faire subir des transformations pour le rendre concret.
⇩
Ancrage
Permet l’enracinement de la représentation dans le système de pensée préexistant. La construction mentale de l’objet s’opère toujours en référence aux croyances et aux valeurs qui sont prégnantes dans le groupe à un moment donné. Autrement dit, on va afficher quelque chose qui est nouveau à quelque chose qui est ancien, on va rendre familier ce qui est étrange.
Indissociabilité du processus et du produit
- On n’a pas tiré parti de toutes les implications de la différenciations produit/processus.
- On a tendance à négliger que l’aspect processuel se trouve en amont et en aval du produit et seule la prise en compte des contenus permet une étude systématique de ces aspects processuels.
- On ne peut découvrir l'œuvre que dans ses effets.
Dans l’élaboration il y a toujours une déjà la représentatif et ce déjà là, ce sont des contenus, ce déjà la, c’est le social.
Les représentations constituées en produits sociaux travaillent activement sur la pensée constituante autant que sur le réel qu’elles servent à organiser, auquel elle donnent sens, et sur les conduites des relations sociales qu’elle réagissent)
Implication !
Étudier les mécanismes sur la base de leur production (verbale, comportementale, iconique, structurelle, institutionnelles…)
MAIS
Ne pas limiter à la description du contenu/produit .
Articulation processus/contenu
- Incontournable quand on s’intéresse à la façon dont les différentes constructions de la pensée sociale (construits culturels, pré-savoirs, théories implicites) affectent le traitement de l’information et la connaissance des objets sociaux.
- Au niveau théorico-méthodologique, cet enjeu passe par la démonstration que l’étude des processus sociocognitifs implique nécessairement la prise en compte des contenus de représentation.
- Le travail sur les contenus permet de considérer les représentations et autres « théories » préexistantes des sujets (pré-construits « déjà-là ») et d’étudier leur rôle en tant que filtres sociocognitifs, c’est-à-dire en tant que systèmes d’accueil, de décodage et d’interprétation des informations provenant de la réalité sociale.
- Il dévoile l’incidence dynamique du social sur les fonctionnements cognitifs, en tant que système d’inscription et en tant que système de relations (e.g. sociogenèse des contenus et contexte culturel, actualisation des contenus dans des contextes relationnels).
CM3 question de réflexion (enseignement des deux profs)
Approches qualitatives
La méthode des focus groups
Définition = technique de recherche qui collecte des données à travers l'interaction d’un groupe sur un sujet déterminé par le chercheur. –Morgan.
Une société pensante et miniature. –Far
Toute discussion de groupe n’est pas un focus groupe :
Il convient de distinguer le fg, car dans le fg ce qui est important c’est la dynamique entre les membres du focus group. Elle permet de saisir le contenu.
Il faut la distinguer :
- de l'entretien de groupe
- de l’observation de discussion de groupe
- d’un groupe en clinique
- d’une certaine méthode d’intervention en sociologie
- de réunions…
Les focus group, qui interroger ?
- construction de l’échantillon = les hypothèses, problématiques… vont permettre de :
- constitution des groupes :
- hétérogènes ou homogènes ?
- naturels (on est concerné, ce sont des vrais gens) ou artificiels ? (c’est nous qui le créer)
- taille des groupes ?
- nombre de groupes
Lieu et enregistrement,
- un lien n’est jamais neutre (manière de parler, habiller…)
bien penser dans quel lieu je vais le faire.
toujours enregistrer un focus group.
- les fg sont difficiles à planifier.
On s’intéresse à deux éléments qui peuvent être plus ou moins structuré :
- dynamique de la discussion : faiblement structuré
fortement structuré.
- contenu de la discussion : faiblement structuré.
fortement structuré.
Le rôle du modérateur :
- son rôle : créer et maintenir les conditions nécessaires à l'interaction des participants.
il faut aussi gérer les personnes qui parlent peu et bcp.
- passe par : des relances pour inviter à poursuivre un débat, des questions pour les taken for granted…
- ne pas interrompre les anecdotes ou histoires sans lien apparent :
associations spontanées qui ont leur raison.
- Risque de débat ? débat risqué ?
Les supports de discussion :
- nécessité de rédiger le guide d’entretien.
- diversité des supports possibles.
- stimuli doivent permettre le débat, et les discours contre-normatifs.
- appropriation par les participants du matériel est un résultat.
- penser le matériel en fonction des objectifs de la recherche.
Texte : scénario dilemmatique
Les tâches et support de discussion :
- etre parents par recours au don de spermatozoïdes
- 4 focus group avec des parents.
- structure de la discussion.
- tâche d’estimation + confrontation résultats étude européenne.
- Témoignage Assemblée nationale.
- extraits d'entretiens individuels.
- anecdotes à partager à l’entourage.
la consigne de départ :
- présenter la recherche et se présenter.
- présenter ce qui se passe.
- rassurer la confidentialité des données, demander l’autorisation d’enregistrer.
- demander aux personnes de se présenter (noter un plan de table; puis les tours de paroles.)
Et pour la fin…
- remercier les participants
- leur offrir la possibilité
—-- à écrire
exercice : focus group
- insécurité en général.
- position représentationnel
- position ou une personne mobilise des rs par rapport à son vécu
- et l’autre parle de la photo et comment il ca contre discours en dé-légitimant en disant que la photo est mal prise…
- il carricature la position de la femme et de l’homme.
- Il a peur de se menacer d'identité, il ne veut pas délirer.
- il dit que la photo est biaisé
- besoin de dé légitimer cette représentation de la place de la femme dans la société et minimise l’impact de ces potentiels agressions.
Comment il va ancrer cette photo dans l'ordre de la fiction ?
Cette photo est du cinéma selon eux.
fiction/réalité = comment mobiliser l'ordre de la réalité, et l'ordre de la ficiton .
Une fille va dans le sens des garocns à un moment en disant que c’est peut etre la femme qui serait le danger = les dynamiques se mettent en place.
elle renverse la comparaison de la photo, ce qui veut dire qu’il n’y aurait même pas un débat de l’homme dangereux.
processus d’ancrage = comment je vais prendre quelque chose qui fait échos de connus et que je vais venir associer à quelque chose de connu.
il minimise, “c’est à cause de ce contexte qu’ils pensent ça des hommes”.
- hésitation pour nommer les termes “viols, agression”...
La méthode de l’observation.
I.1. Deux méthodes différentes :
focus group : dit ce qu’ils font.
observation : voir ce qu’il font.
I.1.1. L’observation participante
- Observation qualitative sur un temps long.
- Ethnologie : “l’art et la science de décrire un groupe ou une culture” – Fetterman 1998
→ Intéressant lorsqu’il s’agit d’appréhender quelque chose d’une tension entre ce que les gens disent et ce qu’ils font.
- Technique appropriée lorsque la recherche s’intéresse :
- à des sites/ milieux spécifiques
- à des évènements
- à des facteurs démographiques.
Qualité requises de l’observateur/trice :
- compétence linguistique = savoir apprécier le milieu dans lequel vous êtes.
- Capacité à expliquer des détails observés.
- Bonne mémoire.
- Naïveté cultivée.
- Compétences en écriture.
4 Niveaux d’intéraction entre les observateurs et les observés (GOLD 1958) :
- participant (juste observateur)
- participant observateur (à la fois participant & observateur)
- observateur participant
- observateur.
Le terrain,
La présence physique de l’observateur peut poser problème.
Comment faire pour contourner ces difficultés, on peut s’intéresser aux différentes phases d'immersion et des phases d'entraînement pour se faire oublier.
- Quels sites ? Quels terrains ?
*contexte de naturalité.
*La ou la question de recherche peut trouver des réponses.
*Parce qu’ils représentent le problème à investiguer.
*Faisabilité.
*Terrain ouvert ?
*Gatekeepers (portiers) formels ou informels ?
*Phase d’immersion ? Entertainment ?
Mode de collecte des données,
Structurée :
- actions discrètes d’une ou plusieurs personnes/ patterns d’intéraction ?
- Comportement verbal et/ou non verbal ?
- Fréquence ? Timing ? Qualité des évènements ?
- Dimensions manifestes ou fonctionnelles des comportements ?
→ Construction d’une grille d’observation complète mais pas trop complexe d’utilisation.
- Grille d'entretien = listes de codes regroupés en catégorie de comportements destinés à la classification des données.
- Formalisation des comportements/ évènements à observer en fonction des objectifs de la recherche.
- Observation exploratoire + élaboration des catégories (homogènes, exhaustives, exclusives, pertinentes et objectives) + test des catégories
Considérations éthiques
- Potentiel transgressif du droit des personnes à leur vie privée si observation dans des espaces publics.
- Reconnu non éthique d’observer des personnes qui n’en seraient pas informés.
- Débat sur les manières de faire : pour obtenir un consentement éclairé et documenté & sur le degré d’information à fournir aux observateurs.
- Question du passage par les comités éthiques.