Partielo | Créer ta fiche de révision en ligne rapidement

RÉGIME MÈRE-FILLE & INTÉGRATION FISCALE

Sources légales et doctrinales :

  • Code Général des Impôts (CGI) : art. 145, 216, 223 A à 223 U
  • Annexe II CGI : art. 46 quater-0 ZZ bis
  • BOFiP-IS-BASE-10-10-10 (régime mère-fille)
  • BOFiP-IS-GPE-10-10 à 10-20-30-40 (intégration fiscale)
  • Directive européenne 2011/96/UE du 30 novembre 2011 relative au régime mère-fille
  • Loi de finances 2024 n° 2023-1322 du 29 décembre 2023
  • Jurisprudence : CE 8 mars 2023, n° 464148 ; CE 14 nov. 2018, n° 409429 ; CJUE, 2 avr. 2020, aff. C-458/18.

PARTIE I – LE RÉGIME MÈRE-FILLE

(articles 145 et 216 du CGI)


1️⃣ Objectif et principe

Ce régime vise à éviter la double imposition économique des bénéfices distribués à l’intérieur d’un même groupe de sociétés.

🔹 Principe :

Les dividendes reçus par une société mère de ses filiales ne sont pas imposés à l’impôt sur les sociétés (IS), sauf une quote-part de frais et charges (QPFC).

Ce mécanisme permet de neutraliser la chaîne d’imposition :

  • bénéfices imposés une seule fois (chez la filiale),
  • exonérés au niveau de la mère.

2️⃣ Conditions d’application (art. 145 CGI)

Pour bénéficier du régime, la société mère doit respecter 5 conditions cumulatives :

  1. Forme juridique :
  • La société mère et la filiale doivent être soumise à l’IS ou à un impôt équivalent (français ou UE/EEE).
  • Formes éligibles : SA, SAS, SARL, SCA, SE, sociétés d’un autre État membre soumises à un impôt équivalent.
  1. Détention minimale :
  • Participation d’au moins 5 % du capital de la filiale (directement).
  • Les titres doivent être nominatifs et conservés au moins 2 ans (art. 145, 1 b).
  1. Soumission effective à l’IS de la filiale.
  • Les sociétés exonérées (ex. régime ZFU, JEI, etc.) ne peuvent pas transmettre l’exonération.
  1. Nature des titres :
  • Titres de participation ou assimilés (art. 219 I-a sexies CGI).
  • Non détenus par une société transparente.
  1. Distribution éligible :
  • Dividendes ou produits de participations (art. 145, 6 CGI).

3️⃣ Effet fiscal (art. 216 CGI)

  • Les dividendes reçus sont exonérés à hauteur de 95 %.
  • Une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % est réintégrée au résultat imposable.

📌 Exemple :

Dividendes perçus : 1 000 000 €

→ Exonération de 950 000 €

→ Réintégration QPFC : 50 000 € (imposable à l’IS).

Cas particuliers :

  • Si la mère détient 95 % ou plus de la filiale et qu’un régime d’intégration fiscale est appliqué, la QPFC peut être neutralisée (art. 223 B).

4️⃣ Exclusions et précisions

  • Exclusion des Sociétés à prépondérance immobilière (SPI) (art. 145, 6°).
  • Exclusion des dividendes provenant de titres de portefeuille.
  • Non application si distributions intra-groupes intégrées (elles sont neutralisées).

5️⃣ Avantages et intérêt pratique

✅ Évite la double imposition des dividendes.

✅ Allège la fiscalité des groupes non intégrés fiscalement.

✅ Compatible avec l’intégration fiscale (souvent combiné).

✅ Étape préalable à la mise en place d’une holding animatrice.

⚠️ Attention :

  • la détention indirecte via plusieurs filiales ne suffit pas, sauf cascade de mères-filles éligibles,
  • le non-respect du délai de 2 ans entraîne la remise en cause rétroactive.

PARTIE II – L’INTÉGRATION FISCALE

(articles 223 A à 223 U du CGI)


1️⃣ Objectif et principe

L’intégration fiscale est un régime optionnel permettant à une société mère et à ses filiales détenues à 95 % au moins de former un groupe fiscal unique.

🔹 Principe :

L’IS est calculé sur un résultat d’ensemble consolidé, correspondant à la somme algébrique des résultats individuels (bénéfices et déficits) des sociétés membres.

Avantage : neutralisation de la fiscalité intra-groupe et optimisation du résultat imposable global.


2️⃣ Conditions (art. 223 A CGI)

  1. Société mère :
  • Doit être soumise à l’IS en France et ne pas être détenue à 95 % ou plus par une autre société française soumise à l’IS (sauf intégration verticale).
  1. Filiales :
  • Participation directe ou indirecte à 95 % minimum du capital.
  • Doivent être soumis à l’IS, résidentes fiscales françaises (ou établissements stables).
  • Exercices concomitants et d’une même durée.
  1. Option formelle :
  • Notification de l’option à l’administration avant la fin du délai de dépôt de la déclaration de résultats du premier exercice d’intégration.
  • Durée d’option : 5 exercices (tacite reconduction possible).

3️⃣ Effets du régime (art. 223 B et suivants)

A. Détermination du résultat d’ensemble

Le résultat d’ensemble = somme algébrique des résultats individuels avant neutralisations :

  • Résultat d’ensemble = (Bénéfices – Déficits) de toutes les sociétés intégrées.

Les dividendes intragroupe relevant du régime mère-fille sont neutralisés à 100 %, sans QPFC (art. 223 B).

B. Déficits fiscaux

  • Les déficits d’une filiale sont imputables sur le résultat du groupe, mais non transférables en cas de sortie.
  • Le report en avant s’applique sur le résultat d’ensemble du groupe (plafonné à 1 M€ + 50 % du surplus).

C. Neutralisation des opérations intragroupe

Sont neutralisées :

  • Dividendes (cf. supra).
  • Provisions intra-groupe.
  • Plus-values internes (art. 223 F).
  • → Ces neutralisations sont réintégrées à la sortie de la filiale.

D. Sortie d’une filiale

  • Les neutralisations doivent être reprises (art. 223 R).
  • Les déficits propres de la filiale ne sont pas transférables.
  • La sortie peut entraîner la reconstitution rétroactive des résultats individuels.

4️⃣ Avantages du régime

✅ Optimisation fiscale du groupe : compensation des bénéfices et déficits.

✅ Neutralisation des dividendes intragroupe.

✅ Rationalisation de la gestion de l’IS.

✅ Compatible avec les régimes de faveur (mère-fille, intégration verticale UE).

5️⃣ Inconvénients et risques

⚠️ Complexité de gestion (liasses spécifiques 2058-AG à 2058-EG).

⚠️ Perte d’autonomie fiscale des filiales.

⚠️ Risques en cas de restructuration (cession, absorption).

⚠️ Neutralisations à réintégrer lors des sorties.

⚠️ Dépendance des options (5 ans).

6️⃣ Intégration fiscale et régime mère-fille

Les deux régimes peuvent se cumuler :

  • Le régime mère-fille évite la double imposition sur dividendes hors intégration.
  • L’intégration fiscale neutralise totalement les dividendes intragroupe (QPFC = 0).

💡 En pratique :

Les groupes de sociétés choisissent l’intégration fiscale lorsque la détention atteint 95 %, sinon ils appliquent le régime mère-fille à 5 %.

7️⃣ Évolutions récentes (LF 2024 et BOFiP 2025)

  • Neutralisation limitée des abandons de créances intra-groupe (art. 223 B modifié).
  • Extension de l’intégration horizontale possible entre filiales françaises détenues par une même mère européenne (directive ATAD 2019/2121).
  • Suppression de la quote-part de 1 % sur les plus-values de cession de titres intragroupe (LF 2024).

🧠 À retenir pour l’épreuve DEC

Le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) permet d’éviter la double imposition des dividendes via une exonération à 95 %.
Le régime d’intégration fiscale (art. 223 A s. CGI) constitue un outil d’optimisation globale permettant la compensation des résultats et la neutralisation des flux internes.
L’expert-comptable doit maîtriser les conditions d’éligibilité, les formalités d’option, les neutralisations et leurs reprises pour sécuriser les liasses fiscales et prévenir les risques de remise en cause.



RÉGIME MÈRE-FILLE & INTÉGRATION FISCALE

Sources légales et doctrinales :

  • Code Général des Impôts (CGI) : art. 145, 216, 223 A à 223 U
  • Annexe II CGI : art. 46 quater-0 ZZ bis
  • BOFiP-IS-BASE-10-10-10 (régime mère-fille)
  • BOFiP-IS-GPE-10-10 à 10-20-30-40 (intégration fiscale)
  • Directive européenne 2011/96/UE du 30 novembre 2011 relative au régime mère-fille
  • Loi de finances 2024 n° 2023-1322 du 29 décembre 2023
  • Jurisprudence : CE 8 mars 2023, n° 464148 ; CE 14 nov. 2018, n° 409429 ; CJUE, 2 avr. 2020, aff. C-458/18.

PARTIE I – LE RÉGIME MÈRE-FILLE

(articles 145 et 216 du CGI)


1️⃣ Objectif et principe

Ce régime vise à éviter la double imposition économique des bénéfices distribués à l’intérieur d’un même groupe de sociétés.

🔹 Principe :

Les dividendes reçus par une société mère de ses filiales ne sont pas imposés à l’impôt sur les sociétés (IS), sauf une quote-part de frais et charges (QPFC).

Ce mécanisme permet de neutraliser la chaîne d’imposition :

  • bénéfices imposés une seule fois (chez la filiale),
  • exonérés au niveau de la mère.

2️⃣ Conditions d’application (art. 145 CGI)

Pour bénéficier du régime, la société mère doit respecter 5 conditions cumulatives :

  1. Forme juridique :
  • La société mère et la filiale doivent être soumise à l’IS ou à un impôt équivalent (français ou UE/EEE).
  • Formes éligibles : SA, SAS, SARL, SCA, SE, sociétés d’un autre État membre soumises à un impôt équivalent.
  1. Détention minimale :
  • Participation d’au moins 5 % du capital de la filiale (directement).
  • Les titres doivent être nominatifs et conservés au moins 2 ans (art. 145, 1 b).
  1. Soumission effective à l’IS de la filiale.
  • Les sociétés exonérées (ex. régime ZFU, JEI, etc.) ne peuvent pas transmettre l’exonération.
  1. Nature des titres :
  • Titres de participation ou assimilés (art. 219 I-a sexies CGI).
  • Non détenus par une société transparente.
  1. Distribution éligible :
  • Dividendes ou produits de participations (art. 145, 6 CGI).

3️⃣ Effet fiscal (art. 216 CGI)

  • Les dividendes reçus sont exonérés à hauteur de 95 %.
  • Une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % est réintégrée au résultat imposable.

📌 Exemple :

Dividendes perçus : 1 000 000 €

→ Exonération de 950 000 €

→ Réintégration QPFC : 50 000 € (imposable à l’IS).

Cas particuliers :

  • Si la mère détient 95 % ou plus de la filiale et qu’un régime d’intégration fiscale est appliqué, la QPFC peut être neutralisée (art. 223 B).

4️⃣ Exclusions et précisions

  • Exclusion des Sociétés à prépondérance immobilière (SPI) (art. 145, 6°).
  • Exclusion des dividendes provenant de titres de portefeuille.
  • Non application si distributions intra-groupes intégrées (elles sont neutralisées).

5️⃣ Avantages et intérêt pratique

✅ Évite la double imposition des dividendes.

✅ Allège la fiscalité des groupes non intégrés fiscalement.

✅ Compatible avec l’intégration fiscale (souvent combiné).

✅ Étape préalable à la mise en place d’une holding animatrice.

⚠️ Attention :

  • la détention indirecte via plusieurs filiales ne suffit pas, sauf cascade de mères-filles éligibles,
  • le non-respect du délai de 2 ans entraîne la remise en cause rétroactive.

PARTIE II – L’INTÉGRATION FISCALE

(articles 223 A à 223 U du CGI)


1️⃣ Objectif et principe

L’intégration fiscale est un régime optionnel permettant à une société mère et à ses filiales détenues à 95 % au moins de former un groupe fiscal unique.

🔹 Principe :

L’IS est calculé sur un résultat d’ensemble consolidé, correspondant à la somme algébrique des résultats individuels (bénéfices et déficits) des sociétés membres.

Avantage : neutralisation de la fiscalité intra-groupe et optimisation du résultat imposable global.


2️⃣ Conditions (art. 223 A CGI)

  1. Société mère :
  • Doit être soumise à l’IS en France et ne pas être détenue à 95 % ou plus par une autre société française soumise à l’IS (sauf intégration verticale).
  1. Filiales :
  • Participation directe ou indirecte à 95 % minimum du capital.
  • Doivent être soumis à l’IS, résidentes fiscales françaises (ou établissements stables).
  • Exercices concomitants et d’une même durée.
  1. Option formelle :
  • Notification de l’option à l’administration avant la fin du délai de dépôt de la déclaration de résultats du premier exercice d’intégration.
  • Durée d’option : 5 exercices (tacite reconduction possible).

3️⃣ Effets du régime (art. 223 B et suivants)

A. Détermination du résultat d’ensemble

Le résultat d’ensemble = somme algébrique des résultats individuels avant neutralisations :

  • Résultat d’ensemble = (Bénéfices – Déficits) de toutes les sociétés intégrées.

Les dividendes intragroupe relevant du régime mère-fille sont neutralisés à 100 %, sans QPFC (art. 223 B).

B. Déficits fiscaux

  • Les déficits d’une filiale sont imputables sur le résultat du groupe, mais non transférables en cas de sortie.
  • Le report en avant s’applique sur le résultat d’ensemble du groupe (plafonné à 1 M€ + 50 % du surplus).

C. Neutralisation des opérations intragroupe

Sont neutralisées :

  • Dividendes (cf. supra).
  • Provisions intra-groupe.
  • Plus-values internes (art. 223 F).
  • → Ces neutralisations sont réintégrées à la sortie de la filiale.

D. Sortie d’une filiale

  • Les neutralisations doivent être reprises (art. 223 R).
  • Les déficits propres de la filiale ne sont pas transférables.
  • La sortie peut entraîner la reconstitution rétroactive des résultats individuels.

4️⃣ Avantages du régime

✅ Optimisation fiscale du groupe : compensation des bénéfices et déficits.

✅ Neutralisation des dividendes intragroupe.

✅ Rationalisation de la gestion de l’IS.

✅ Compatible avec les régimes de faveur (mère-fille, intégration verticale UE).

5️⃣ Inconvénients et risques

⚠️ Complexité de gestion (liasses spécifiques 2058-AG à 2058-EG).

⚠️ Perte d’autonomie fiscale des filiales.

⚠️ Risques en cas de restructuration (cession, absorption).

⚠️ Neutralisations à réintégrer lors des sorties.

⚠️ Dépendance des options (5 ans).

6️⃣ Intégration fiscale et régime mère-fille

Les deux régimes peuvent se cumuler :

  • Le régime mère-fille évite la double imposition sur dividendes hors intégration.
  • L’intégration fiscale neutralise totalement les dividendes intragroupe (QPFC = 0).

💡 En pratique :

Les groupes de sociétés choisissent l’intégration fiscale lorsque la détention atteint 95 %, sinon ils appliquent le régime mère-fille à 5 %.

7️⃣ Évolutions récentes (LF 2024 et BOFiP 2025)

  • Neutralisation limitée des abandons de créances intra-groupe (art. 223 B modifié).
  • Extension de l’intégration horizontale possible entre filiales françaises détenues par une même mère européenne (directive ATAD 2019/2121).
  • Suppression de la quote-part de 1 % sur les plus-values de cession de titres intragroupe (LF 2024).

🧠 À retenir pour l’épreuve DEC

Le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) permet d’éviter la double imposition des dividendes via une exonération à 95 %.
Le régime d’intégration fiscale (art. 223 A s. CGI) constitue un outil d’optimisation globale permettant la compensation des résultats et la neutralisation des flux internes.
L’expert-comptable doit maîtriser les conditions d’éligibilité, les formalités d’option, les neutralisations et leurs reprises pour sécuriser les liasses fiscales et prévenir les risques de remise en cause.