Les lois sont essentielles pour l'existence et la stabilité d'une société. Sans une loi commune, il ne peut y avoir de société viable. Selon Thomas Hobbes, dans l'état de nature, la vie humaine est caractérisée par une "guerre de tous contre tous" où une liberté totale entraîne une insécurité totale. Dans un tel état, chacun aurait droit à tout, ce qui en réalité aboutirait à l’absence de toute propriété assurée, générant ainsi une contradiction. Ce principe est illustré par l'exemple littéraire de Sa Majesté des mouches où l'absence de règles mène au chaos, à la violence et à la domination des plus forts. La fonction première des lois est donc de pacifier les relations humaines, de fixer un cadre commun qui protège chacun contre chacun et empêche la vengeance personnelle.
I. Le rôle fondamental des lois et de l’État
L'État est également vu comme le garant indispensable de la sécurité et de la liberté. Pour Max Weber, l'État détient le monopole de la violence légitime, ce qui permet d'éviter la justice personnelle et les représailles infinies. Hegel soutient que la liberté réelle ne peut exister que par l'intermédiaire de l'État. Ainsi, la loi n'est pas une restriction, mais bien une condition de la liberté.
La loi doit aussi servir l'intérêt général. Pour Platon, la loi domine les désirs individuels pour faire primer le bien collectif. Un bon exemple de cela est la fiscalité : sans contrainte, personne ne paierait volontairement un impôt et chacun suivrait son intérêt propre, conduisant à des antagonismes destructeurs pour le collectif.
II. Mais la loi peut être injuste ou liberticide
Il est crucial de distinguer entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Le droit positif peut être immorale, voire injuste. Des exemples historiques marquants incluent les lois raciales de l’Apartheid, les lois discriminatoires du régime de Vichy, qui étaient légales mais moralement illégitimes. Nelson Mandela, bien que reconnu illégal par l'État, est perçu comme légitime car il montre la tension persistante entre la légalité et la justice.
L'État peut également révéler des dérives vers l'autoritarisme et le totalitarisme. Raymond Aron identifie le totalitarisme par un parti unique, une idéologie officielle, un monopole de la persuasion et de la force, le contrôle de la vie privée, et la terreur. La période nazie en Allemagne incarne ces dérives, prouvant que même une démocratie peut basculer, comme en témoigne le maccarthysme aux États-Unis avec sa chasse aux sorcières et l'imposition d'une idéologie par l'intimidation.
Quand la loi ne protège plus mais opprime, elle devient l'outil d'un pouvoir arbitraire, surveillant, contrôlant et humiliant, et ne visant plus l'intérêt général mais le maintien du pouvoir. Cela résulte en une contrainte liberticide, une privation abusive des libertés. Un exemple contemporain est la prolongation des lois d'exception qui réduisent massivement les libertés individuelles.
III. Comment garantir des lois justes ?
Pour garantir des lois justes, la séparation des pouvoirs, comme préconisée par Montesquieu, est essentielle. Cela vise à empêcher la concentration arbitraire du pouvoir et à garantir l'équilibre entre les branches législative, exécutive et judiciaire, obstacle décisif contre la tyrannie.
L'État de droit est également fondamental. C'est un État soumis au droit qui maintient des lois stables, connues et contrôlées, assurant l'égalité devant la loi. Le droit naturel, qui représente des principes supérieurs comme la dignité, l'égalité et la liberté, sert de norme pour juger les lois humaines, illustré par les droits de l'Homme.
La désobéissance civile devient un devoir moral lorsque le droit positif viole le droit naturel. Des figures comme Nelson Mandela et Martin Luther King ont résisté à des lois injustes, prouvant la nécessité de ce type d’action. Enfin, l’équité selon Aristote demande une justice distributive, traitant différemment ce qui est différent, et une justice égalitaire, traitant tout le monde pareil, avec des dispositifs, par exemple, favorisant les élèves défavorisés.
A retenir :
- Les lois rendent possible la société en pacifiant les relations humaines et en que chacun est protégé de tous.
- L'État, garant du monopole de la violence légitime, offre sécurité et liberté réelle.
- Distinction entre légal et légitime: un droit positif peut être moralement illégitime.
- Les dérives de l'État peuvent conduire au totalitarisme et à des lois oppressives.
- Pour garantir des lois justes, la séparation des pouvoirs, l'État de droit, et l'engagement pour le droit naturel sont cruciaux.
