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phénomène démographique

CM 1

Définitions et fondements de la démographie

  • Le terme « démographie » apparaît en 1855, sous la plume d’Achille Gilliard dans « Élément de statistique humaine ou démographie comparée ».
  • Définition étroite : connaissance mathématique des populations, de leurs mouvements et de leurs états. Cette définition limite la démographie à certains éléments sans en embrasser toute la complexité.
  • Définition large : histoire naturelle et sociale de l’espèce humaine. Cette définition est trop englobante, pouvant s’appliquer à la plupart des sciences humaines.
  • Madeleine Grawitz, dans « Méthode des sciences sociales », précise que la démographie étudie l’état et les mouvements des populations humaines.


Définition de la population

  • Le terme « population » s’applique à tout ensemble d’êtres vivants partageant des caractéristiques communes (animaux, végétaux, humains).
  • Pour les populations humaines :
  • Un groupe d’individus partageant un habitat commun, à différentes échelles (ville, bâtiment, monde).
  • Peut aussi être défini par d’autres caractéristiques : genre (ex : femmes travaillant dans le tertiaire), profession, statut d’étudiant, etc.
  • La démographie s’intéresse à la vie des individus de la naissance à la mort, en se focalisant sur les événements démographiques.


État d'une population

  • L’état d’une population correspond à :
  • Son nombre d’habitants (importance numérique).
  • Sa structure : composition selon l’âge, le sexe, la profession, le milieu d’habitat, etc.
  • L’objectif est de décrire la population de la manière la plus fine possible.


Évolution et renouvellement de la population

  • Mouvements de la population :
  • Mouvements physiques :
  • Migratoires : déplacements de population (d’une ville à une autre, d’un pays à un autre).
  • Quotidiens : déplacements domicile-travail, par exemple.
  • Flux d’entrées : immigration, naissances.
  • Flux de sorties : émigration, décès.
  • Deux grands types de mouvements :
  • Migrations (entrées/sorties).
  • Mouvements naturels (naissances/décès).
  • On parle de dynamique de la population, qui varie constamment sous l’effet de ces flux.

Définition officielle (Nations Unies)


La démographie est une science ayant pour objet l’étude des populations humaines et traitant de leur dimension, de leur structure, de leur évolution et de leurs caractères généraux.


Objets d’étude de la démographie

  • Mortalité
  • Natalité
  • Nuptialité
  • Mouvements migratoires

La population est perçue comme instable et en perpétuelle évolution, sous l’effet des flux d’entrées (naissances, immigration) et de sorties (décès, émigration). La démographie est à la fois descriptive (décrire les phénomènes) et analytique (analyser les causes et conséquences).

Exemples historiques et contextuels

  • Baby boom : augmentation de la natalité juste après la Seconde Guerre mondiale, centrée sur la fécondité des femmes.
  • Jusqu’en 2012 en France, inertie démographique due à la génération du baby boom, avec de nombreuses naissances.
  • Baisse actuelle de la natalité en France, car les femmes ont en moyenne moins d’enfants.
  • La démographie intéresse particulièrement les dirigeants pour la gestion de la population.
  • Spécificité française : baisse précoce de la fécondité (dès le XVIIIe siècle) et de la mortalité (XIXe siècle), ce qui explique une faible évolution démographique comparée à d’autres pays européens.


Outils et institutions de la démographie

  • Outils historiques :
  • Premières tentatives de recensement au XIVe siècle.
  • Premier vrai recensement sous Napoléon (début XIXe siècle).
  • État civil dans les communes (avant : registres paroissiaux).
  • Administration organisée pour tenir à jour les statistiques.
  • Institutions françaises :
  • INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques)
  • INED (Institut national d’études démographiques)
  • INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale)
  • Institutions internationales :
  • FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population)
  • OMS (Organisation mondiale de la santé)
  • UNICEF


Articulation entre démographie et société

  • Héritage de Durkheim : les phénomènes démographiques sont « l’infrastructure de la vie sociale ». Il n’existe pas de phénomène purement démographique, ni de phénomène sociologique sans dimension démographique.
  • Les faits démographiques dépendent de facteurs socio-économiques, culturels, politiques, etc.
  • Exemple : la mortalité varie selon le sexe, la classe sociale, la localisation.
  • Contrôle de la mortalité (épidémies, famines, guerres) maîtrisé à partir du XVIIIe siècle.
  • Contrôle de la fécondité : régulation des naissances à partir du XVIIIe siècle, puis par la légalisation de la contraception et de l’IVG (loi Simone Veil, 1979).
  • Environ 4 % des naissances en France issues de la PMA.


Sociologues majeurs et concepts

  • Maurice Halbwachs (« La morphologie sociale », 1938) : les faits sociaux sont étroitement liés à l’état démographique d’une société, voire conditionnés par lui.
  • Exemple : la pratique religieuse chez les Esquimaux varie selon la saison et l’activité.
  • La morphologie sociale dépend des faits démographiques (ex : volume de la population active et impact économique).
  • Vieillissement de la population : impact sur l’organisation sociale, économique, culturelle.
  • Jean Stoetzel (« Sociologie et démographie ») : tout sociologue devrait aussi être démographe.
  • Pionnier de la sociologie empirique et quantitative en France.
  • Créateur de l’IFOP et de la Revue française de sociologie.
  • Importateur des techniques de sondage des États-Unis.
  • Les faits démographiques ont une signification sociale.


Résumé des points clés

  • La démographie étudie la structure, l’évolution et les mouvements des populations humaines.
  • Elle s’appuie sur des outils statistiques, des recensements, l’état civil et des institutions spécialisées.
  • Les phénomènes démographiques sont indissociables des facteurs sociaux, économiques, culturels et politiques.
  • Les faits démographiques influencent profondément la vie sociale et l’organisation des sociétés, et sont au cœur des préoccupations politiques et économiques, notamment en France.


CM 2/3

I. Définition et objectifs du recensement

  • Le recensement est une opération de collecte de données visant à connaître la population d’un pays, ses caractéristiques démographiques et ses besoins (transports, écoles, hôpitaux, etc.).
  • Il s’agit d’un instrument essentiel de gestion pour les collectivités (villes, régions, État), permettant de planifier les équipements et services publics nécessaires.
  • Le recensement sert aussi de base pour d’autres enquêtes plus ciblées.

Objectifs principaux :

  • Compter la population à tous les niveaux administratifs.
  • Connaître la structure de la population (âge, sexe, situation professionnelle, niveau d’études, etc.).
  • Fournir une base pour l’application de plus de 350 dispositions législatives et réglementaires (dotation financière de l’État aux communes, nombre d’élus municipaux, nombre de pharmacies, etc.).
  • Prendre des décisions adaptées pour la collectivité (politiques publiques, aménagement du territoire, etc.).
  • Outil pour les entreprises et associations pour connaître leur marché et la main-d’œuvre potentielle.


II. Les formes de recensement

A. Recensement classique (jusqu’en 1999)

  • Exhaustif et simultané : toute la population est recensée sur une courte période (environ un mois).
  • Opération lourde, complexe et coûteuse, mobilisant de nombreux agents recenseurs.
  • Comparable à une photographie de la population à un instant donné.


B. Recensement rénové ou tournant (depuis 2004)

  • Méthode unique en Europe : recensement annuel par échantillonnage tournant.
  • Dans les communes de moins de 10 000 habitants, recensement tous les 5 ans (toute la population concernée).
  • Dans les communes de 10 000 habitants ou plus, recensement annuel d’un échantillon d’environ 8 % des logements, permettant une actualisation annuelle des données.
  • Permet de répondre au besoin croissant d’informations récentes et de réduire la lourdeur de l’opération.


III. Organisation et déroulement du recensement

A. Étapes principales

  1. Avant la collecte
  • Recrutement et formation des agents recenseurs par la mairie.
  • Constitution de la liste des adresses à enquêter.
  • Tournée de reconnaissance pour avertir les habitants.
  1. Pendant la collecte
  • Distribution des notices pour répondre en ligne ou des questionnaires papier.
  • Vérification de la bonne prise en compte de tous les logements.
  1. Après la collecte
  • Certification de la collecte par le maire.
  • Transmission des questionnaires à l’INSEE.
  • Saisie, traitement confidentiel, validation et communication des résultats.


B. Documents utilisés

  • Bulletin individuel : caractéristiques démographiques de chaque individu (âge, sexe, profession, lieu de naissance, etc.).
  • Feuille de logement : description du logement (type, nombre de pièces, équipements, composition du ménage, etc.).


IV. Enjeux du recensement

  • Politiques : délimitation des circonscriptions électorales, nombre d’élus, application des lois.
  • Financiers : montant des dotations de l’État aux communes dépend du nombre d’habitants.
  • Économiques : planification des infrastructures, équipements, transports, etc.
  • Sociaux : connaissance des besoins en matière de santé, d’éducation, d’action sociale.

Exemple : À Bordeaux, pour éviter une sous-estimation de la population lors du recensement, des actions spécifiques ont été menées pour sensibiliser les communautés étrangères et les étudiants, populations difficiles à recenser.


V. Limites et difficultés du recensement

  • Nécessite une forte coopération du public.
  • Difficultés d’accès à certains logements (résidences sécurisées, réticences, etc.).
  • Mobilisation importante d’agents recenseurs.
  • Problèmes de couverture de certaines populations mobiles (étudiants, sans-abri, etc.).
  • Besoin d’informations de plus en plus fréquentes et récentes.
  • Marge d’erreur possible (personnes absentes, logements vacants, etc.).
  • À Mayotte, des méthodes complémentaires sont utilisées (croisement avec consommation d’électricité, nombre de cartes SIM) en raison de l’habitat précaire et du territoire complexe.


VI. Particularités françaises et comparaisons internationales

  • En France, les questions sur l’ethnie sont interdites (sauf exception en Nouvelle-Calédonie, où la question a été controversée puis supprimée).
  • La CNIL autorise les questions sur la nationalité, le lieu de naissance et celui des parents, mais pas sur l’ethnie, pour respecter la Constitution qui garantit l’égalité sans distinction d’origine ou de race.
  • D’autres pays (États-Unis, Royaume-Uni) posent des questions sur la race ou l’ethnie dans leur recensement, ce qui est prohibé en France.


VII. Définitions essentielles

  • Population municipale : personnes ayant leur résidence habituelle dans la commune, y compris détenus, sans-abri, personnes en habitation mobile.
  • Population comptée à part : personnes ayant une résidence principale ailleurs mais conservant un lien avec la commune (étudiants, personnes en maison de retraite, militaires, etc.).
  • Population totale : somme de la population municipale et de la population comptée à part ; c’est la population légale utilisée dans de nombreux textes législatifs et réglementaires.


VIII. Données récentes et chiffres-clés

  • Au 1er janvier 2025, la France compte 68,6 millions d’habitants (66,4 millions en métropole, 2,3 millions dans les DOM).
  • La croissance annuelle de la population est d’environ 0,3 % depuis 2017, principalement due au solde migratoire positif (+183 000 personnes en 2023).
  • Le solde naturel (naissances - décès) est faible (+48 000 en 2023).
  • Indicateur conjoncturel de fécondité : 1,68 enfant par femme en 2023, insuffisant pour assurer le renouvellement des générations.
  • Espérance de vie à la naissance (2023) : 85,7 ans pour les femmes, 80 ans pour les hommes.
  • Structure par âge (2021) : 0-14 ans (17,7 %), 15-64 ans (61,6 %), 65 ans et plus (20,7 %).


IX. Utilité et impact du recensement

  • Permet de connaître la population officielle de chaque commune, indispensable pour l’application des lois et la gestion des collectivités.
  • Sert à planifier les politiques publiques, à dimensionner les services (écoles, hôpitaux, transports), à guider les choix d’aménagement du territoire.
  • Outil de référence pour les entreprises, associations, chercheurs, décideurs publics.


X. Points spécifiques et anecdotes

  • Le recensement est organisé par l’INSEE, en collaboration avec les communes.
  • Les dates du recensement varient selon la taille de la commune : en 2025, du 16 janvier au 15 février pour les communes de moins de 10 000 habitants, et jusqu’au 22 février pour celles de 10 000 habitants ou plus.
  • La participation au recensement est obligatoire pour tous les habitants


CM 4/5

I. Les sources principales de données démographiques

1.Le recensement

  • Recensement classique :
  • Méthode exhaustive et instantanée.
  • Toute la population est recensée à un instant donné.
  • Recensement tournant/rénové :
  • Résultats fournis chaque année.
  • Méthodes différentes selon la taille de la commune :
  • Moins de 10 000 habitants : Recensement exhaustif tous les 5 ans (toute la population recensée sur 5 ans).
  • Plus de 10 000 habitants : Sondage, 40 % de la population recensée en 5 ans.
  • Structures responsables :
  • Communes et INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques).
  • Données collectées :
  • Les bulletins comportent noms et prénoms pour identification, mais traitement anonyme après notification.
  • Obligation de réponse :
  • Oui, c’est une obligation légale.
  • Questions spécifiques :
  • Le revenu n’est pas demandé en France (contrairement aux États-Unis).
  • Les résultats peuvent être payants pour les communes souhaitant des données précises.
  • Les animaux de compagnie ne sont pas recensés.
  • Chiffres clés :
  • 9 millions de personnes concernées chaque année en France.


2.L'état civil

  • Événements recensés :
  • Naissances, mariages, décès.
  • Ces événements modifient les droits et obligations des personnes.
  • Fonction juridique :
  • Déclaration de naissance = personnalité juridique (aptitude à avoir des droits).
  • Obligation légale de déclarer naissances et décès.
  • Historique :
  • Avant l’état civil : registres paroissiaux (paroisses, dès le XIVe siècle).
  • Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539, François Ier) : registres de baptême, usage du français imposé.
  • Ordonnance de Blois (1580) : obligation d’enregistrer les décès.
  • Ordonnance de Saint-Germain (1667) : obligation d’enregistrer les mariages.
  • Naissance de l’état civil laïc : 1er septembre 1792 (Révolution française).
  • Qualité des données :
  • Très fiable (quasi pas d’erreur), contrairement au recensement (1 à 2 % d’erreur).
  • Évolutions récentes :
  • PACS (1999) : reconnaissance officielle des unions homosexuelles.
  • Loi Taubira (2013) : mariage pour tous, modification des bulletins de mariage.
  • Catégories d’enfants à l’état civil :
  • Enfant né vivant : inscrit avec nom et prénom, personnalité juridique.
  • Enfant décédé né vivant et viable : acte de naissance et de décès, inscrit avec nom et prénom, personnalité juridique.
  • Enfant sans vie : mort-né ou né vivant mais non viable (avant 5 mois de gestation ou malformation), inscrit seulement avec prénom, pas de personnalité juridique (reconnaissance depuis 2002).
  • Jurisprudence :
  • Exemple Pierre Palmade : la justice française considère que le fœtus fait corps avec la mère, donc perte du fœtus = coups et blessures sur la mère, pas homicide involontaire.
  • Conditions de fiabilité :
  • Dépend d’un service d’enregistrement performant et d’une bonne collaboration avec l’institut de statistique.


3.Les enquêtes démographiques

  • Développement :
  • Multiplication à partir du XIXe siècle (révolution industrielle).
  • Objectif : évaluer risques sanitaires, sociaux, adapter les politiques publiques.
  • Types d’enquêtes :
  • Rétrospectives : s’intéressent à la biographie, histoire résidentielle, migratoire, génésique (grossesses). Limite : repose sur la mémoire des enquêtés.
  • Prospectives : observation d’un échantillon sur le long terme (ex. : échantillon démographique permanent suivi depuis 1968).
  • Exemples d’enquêtes :
  • Enquête emploi du temps (inégalités hommes/femmes dans les charges domestiques).
  • Demographic and Health Surveys (enquêtes démographie et santé) : développées dans les pays du Sud, donnent des infos sur natalité, fécondité, santé mère-enfant, utiles là où l’état civil est peu fiable.


Synthèse et points clés à retenir

  • Trois grandes sources de données démographiques : recensement, état civil, enquêtes.
  • Méthodes de recensement varient selon la taille des communes.
  • L’état civil est la source la plus fiable pour les événements naturels (naissances, mariages, décès).
  • Les enquêtes complètent les données, notamment pour les aspects sociaux et sanitaires.
  • Évolution historique importante : passage des registres paroissiaux à l’état civil laïc.
  • Récente reconnaissance des unions homosexuelles et évolution du droit sur la filiation et la mort périnatale.
  • Importance de la distinction entre enfant né vivant, décédé viable, et sans vie pour les droits et la personnalité juridique.
  • Les données démographiques servent à la planification des politiques publiques, l’analyse sociale, et la compréhension des dynamiques de population.


CM 6

I. Le peuplement du monde et les grandes questions démographiques

  • Population mondiale actuelle : Depuis novembre 2022, la planète compte 8 milliards d’habitants.
  • Enjeux majeurs :
  • Ressources : Comment nourrir 8 milliards de personnes ?
  • Mouvements migratoires : Impact sur la répartition démographique.
  • Baisse de la natalité : Préoccupation dans certains pays (ex : Japon).
  • Vieillissement de la population : Conséquence directe de la baisse de la natalité.


II. Évolution historique de la population mondiale

  • Origines : Présence humaine depuis 3 millions d’années, mais croissance très lente et soumise aux aléas climatiques.
  • Phases majeures :
  • Paléolithique : Découverte du feu, innovations techniques (arc, harpon) → 500 000 à 5 millions d’habitants.
  • Néolithique : Révolution agricole et domestication des animaux → passage à 260 millions d’habitants.
  • Sédentarisation : Développement du commerce, baisse de la mortalité, hausse de la fécondité.
  • Croissance exponentielle à partir du XIXe siècle :
  • 1er milliard atteint en 1804, 2e en 1927, puis accélération (8e milliard en 2022).
  • Pic de croissance dans les années 1960 (2,1 % par an), puis ralentissement progressif.


III. L’équation fondamentale de la démographie

  • Formule :

Pn = Po + (N-D) + (I-E)

Pn= Population à l'instant n

Po= population à l'instant o

N= naissance

D=décès

I= immigration

E=2,718 émigration


  • Indicateurs clés :
  • Taux brut de natalité (TBN) : Nombre de naissances/an pour 1 000 habitants.
  • Taux brut de mortalité (TBM) : Nombre de décès/an pour 1 000 habitants.
  • Taux d’accroissement naturel (TAN) : TAN = TBN - TBM (souvent exprimé en %).
  • Taux de migration net (TMN) : (I - E) / population moyenne × 100.


  • Exemple France 2006 :
  • TBN = 13 ‰, TBM = 8,5 ‰, TAN = 4,5 ‰ (0,45 %), TMN = 0,15 %, accroissement total = 0,6 %.
  • Part TAN : 75 %, part TMN : 25 %.


IV. Croissance et fluctuations démographiques

  • Avant 1750 : Croissance < 0,5 %/an, taux de natalité et de mortalité élevés mais proches.
  • Après 1800 : Baisse de la mortalité, natalité reste élevée → accélération de la croissance.
  • Depuis 1970 : Baisse de la natalité et de la mortalité, écart réduit, croissance ralentie.
  • Disparités régionales : Afrique subsaharienne a les taux d’accroissement les plus élevés.


V. La théorie de la transition démographique

  • Schéma classique (Adolphe Landry, 1934) :
  • Régime primitif : TBN ≈ 45 ‰, TBM ≈ 40 ‰, TAN ≈ 0,5 %.
  • Régime intermédiaire : Baisse de la mortalité (progrès médicaux, hygiène), natalité reste élevée puis baisse à son tour.
  • Régime contemporain : TBN et TBM faibles, accès à la contraception, priorité à la qualité sur la quantité d’enfants.
  • Phases :
  • Phase 1 : Baisse de la mortalité, natalité élevée → forte croissance.
  • Phase 2 : Baisse de la natalité, mortalité continue de baisser → ralentissement de la croissance.
  • Phase 3 : TBN et TBM faibles, croissance quasi nulle ou négative.


VI. Explications et facteurs de la transition

  • Facteurs de baisse de la mortalité : Amélioration des conditions de vie, médecine, prévention, disparition des famines et épidémies.
  • Facteurs de baisse de la natalité : Éducation, coût de l’enfant, travail féminin, contraception, hausse de l’âge au mariage.
  • Spécificités nationales :
  • France : Transition précoce (dès 1750), baisse simultanée de la natalité et de la mortalité, croissance faible, politique nataliste précoce.
  • Roumanie : Natalité doublée en 1966 suite à l’interdiction de l’avortement par Ceaușescu → exemple d’impact des politiques sur la démographie.


VII. Diversité des transitions démographiques

  • Pays du Nord : Transitions longues (150-200 ans), taux d’accroissement naturel bas (~1 %).
  • Pays du Sud : Transitions courtes (50 ans), taux d’accroissement naturel élevé (jusqu’à 3-4 %).
  • Exemples :
  • Suède : Transition longue, TAN ≈ 1 %.
  • Costa Rica : Transition courte, TAN jusqu’à 4 %.
  • Facteurs d’accélération dans le Sud : Diffusion rapide des antibiotiques, campagnes de vaccination, prévention du paludisme.


VIII. Cas particuliers et évolutions récentes

  • Russie : Hausse de la mortalité depuis 1960, croisement natalité/mortalité après la chute de l’URSS, impact des politiques publiques (alcool, santé).
  • Seconde transition démographique : Apparition de taux de natalité inférieurs à la mortalité (baby bust), croissance naturelle négative dans certains pays.


IX. Points à retenir pour le partiel

  • Savoir expliquer et calculer TBN, TBM, TAN, TMN.
  • Comprendre la théorie de la transition démographique et ses phases.
  • Connaître les grandes tendances historiques et les disparités régionales.
  • Savoir illustrer avec des exemples précis (France, Roumanie, Russie, Suède, Costa Rica, pays du Sud).
  • Maîtriser les facteurs explicatifs des évolutions démographiques : progrès sanitaires, politiques publiques, changements sociaux et économiques.


CM 7

I. Introduction à la lecture des pyramides d’âge

La pyramide des âges est un outil graphique représentant la structure par âge et par sexe d’une population à un instant donné. Elle permet d’analyser le passé, le présent et d’anticiper l’avenir démographique d’une société.


II. Méthodes de lecture d’une pyramide des âges

  • Lecture verticale (structure verticale) :

-Analyse de l’allure générale de la pyramide. On observe si la forme est régulière, pyramidale, en urne, en as de pique, élargie vers le bas, le milieu ou le haut.

  • Exemple : Une base large indique une population jeune et une forte natalité.
  • Lecture horizontale (déséquilibre des sexes) :

-Les effectifs masculins sont à gauche, les effectifs féminins à droite. Cette lecture permet de comparer les effectifs des deux sexes et d’étudier les rapports de masculinité.

  • Ordres biologiques et désordres socio-politiques :
  • Les « accidents » de la pyramide (creux, bosses) révèlent des événements démographiques ou historiques majeurs (guerres, famines, migrations, etc.).


III. Analyse détaillée des irrégularités de la pyramide

  • Classes creuses (déficit d’une classe d’âge) :
  • Causes :
  • Baisse de natalité (moins de naissances sur une période donnée)
  • Plus d’émigration (départs massifs)
  • Mortalité élevée (épidémies, guerres, catastrophes)
  • Classes pleines (surplus d’une classe d’âge) :
  • Causes :
  • Plus de naissances (baby-boom)
  • Plus d’immigration (arrivées massives)
  • Moins de mortalité (progrès médicaux, paix).

I

V. Les grands profils types de pyramides d’âge

Accent circonflexe: Base très large, sommet étroit, forte natalité et mortalité, population jeune, exemple : Afrique 1985/1995

Meule de paille: Gonflement aux âges adultes, natalité et mortalité en baisse, exemple: Amérique Latine 1985

As de pique: Base rétrécie puis élargie, natalité soutenue après une période de baisse, exemple: France 1951

Urne: Base étroite, sommet élargi, vieillissement de la population, natalité très faible, exemple: Chine contemporaine

  • Chaque forme révèle l’histoire démographique et les transitions de la population (transition démographique, baby-boom, vieillissement, etc.).


V. Effets des mouvements démographiques et événements exceptionnels

  • Mouvements lents :

-Transformation progressive des conditions de natalité et mortalité, modifiant lentement l’allure générale de la pyramide (transition démographique).

  • Événements brutaux :

-Guerres, famines, épidémies, crises économiques, qui provoquent des bosses (surplus) ou des creux (déficits) dans certaines classes d’âge.


VI. Exemples historiques concrets sur la pyramide française

  • Guerre franco-prussienne (1871) :
  • Déficit de naissances 40 ans plus tôt, surmortalité infantile.
  • Canicule de 1911 :
  • Hausse des décès chez les nouveau-nés.
  • Première Guerre mondiale (1914-1918) :
  • Perte massive d’hommes jeunes (20-40 ans), déficit de naissances et de survivants masculins (effet direct), déséquilibre des sexes marqué.
  • Seconde Guerre mondiale (1939-1945) :
  • Déficit de naissances, pertes civiles importantes.
  • Baby-boom (1946-1972) :
  • Forte augmentation des naissances après la guerre.
  • Depuis 2012 :
  • Baisse des naissances due à la fin de la vie reproductive des générations du baby-boom, puis à la baisse de la fécondité moyenne par femme.



phénomène démographique

CM 1

Définitions et fondements de la démographie

  • Le terme « démographie » apparaît en 1855, sous la plume d’Achille Gilliard dans « Élément de statistique humaine ou démographie comparée ».
  • Définition étroite : connaissance mathématique des populations, de leurs mouvements et de leurs états. Cette définition limite la démographie à certains éléments sans en embrasser toute la complexité.
  • Définition large : histoire naturelle et sociale de l’espèce humaine. Cette définition est trop englobante, pouvant s’appliquer à la plupart des sciences humaines.
  • Madeleine Grawitz, dans « Méthode des sciences sociales », précise que la démographie étudie l’état et les mouvements des populations humaines.


Définition de la population

  • Le terme « population » s’applique à tout ensemble d’êtres vivants partageant des caractéristiques communes (animaux, végétaux, humains).
  • Pour les populations humaines :
  • Un groupe d’individus partageant un habitat commun, à différentes échelles (ville, bâtiment, monde).
  • Peut aussi être défini par d’autres caractéristiques : genre (ex : femmes travaillant dans le tertiaire), profession, statut d’étudiant, etc.
  • La démographie s’intéresse à la vie des individus de la naissance à la mort, en se focalisant sur les événements démographiques.


État d'une population

  • L’état d’une population correspond à :
  • Son nombre d’habitants (importance numérique).
  • Sa structure : composition selon l’âge, le sexe, la profession, le milieu d’habitat, etc.
  • L’objectif est de décrire la population de la manière la plus fine possible.


Évolution et renouvellement de la population

  • Mouvements de la population :
  • Mouvements physiques :
  • Migratoires : déplacements de population (d’une ville à une autre, d’un pays à un autre).
  • Quotidiens : déplacements domicile-travail, par exemple.
  • Flux d’entrées : immigration, naissances.
  • Flux de sorties : émigration, décès.
  • Deux grands types de mouvements :
  • Migrations (entrées/sorties).
  • Mouvements naturels (naissances/décès).
  • On parle de dynamique de la population, qui varie constamment sous l’effet de ces flux.

Définition officielle (Nations Unies)


La démographie est une science ayant pour objet l’étude des populations humaines et traitant de leur dimension, de leur structure, de leur évolution et de leurs caractères généraux.


Objets d’étude de la démographie

  • Mortalité
  • Natalité
  • Nuptialité
  • Mouvements migratoires

La population est perçue comme instable et en perpétuelle évolution, sous l’effet des flux d’entrées (naissances, immigration) et de sorties (décès, émigration). La démographie est à la fois descriptive (décrire les phénomènes) et analytique (analyser les causes et conséquences).

Exemples historiques et contextuels

  • Baby boom : augmentation de la natalité juste après la Seconde Guerre mondiale, centrée sur la fécondité des femmes.
  • Jusqu’en 2012 en France, inertie démographique due à la génération du baby boom, avec de nombreuses naissances.
  • Baisse actuelle de la natalité en France, car les femmes ont en moyenne moins d’enfants.
  • La démographie intéresse particulièrement les dirigeants pour la gestion de la population.
  • Spécificité française : baisse précoce de la fécondité (dès le XVIIIe siècle) et de la mortalité (XIXe siècle), ce qui explique une faible évolution démographique comparée à d’autres pays européens.


Outils et institutions de la démographie

  • Outils historiques :
  • Premières tentatives de recensement au XIVe siècle.
  • Premier vrai recensement sous Napoléon (début XIXe siècle).
  • État civil dans les communes (avant : registres paroissiaux).
  • Administration organisée pour tenir à jour les statistiques.
  • Institutions françaises :
  • INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques)
  • INED (Institut national d’études démographiques)
  • INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale)
  • Institutions internationales :
  • FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population)
  • OMS (Organisation mondiale de la santé)
  • UNICEF


Articulation entre démographie et société

  • Héritage de Durkheim : les phénomènes démographiques sont « l’infrastructure de la vie sociale ». Il n’existe pas de phénomène purement démographique, ni de phénomène sociologique sans dimension démographique.
  • Les faits démographiques dépendent de facteurs socio-économiques, culturels, politiques, etc.
  • Exemple : la mortalité varie selon le sexe, la classe sociale, la localisation.
  • Contrôle de la mortalité (épidémies, famines, guerres) maîtrisé à partir du XVIIIe siècle.
  • Contrôle de la fécondité : régulation des naissances à partir du XVIIIe siècle, puis par la légalisation de la contraception et de l’IVG (loi Simone Veil, 1979).
  • Environ 4 % des naissances en France issues de la PMA.


Sociologues majeurs et concepts

  • Maurice Halbwachs (« La morphologie sociale », 1938) : les faits sociaux sont étroitement liés à l’état démographique d’une société, voire conditionnés par lui.
  • Exemple : la pratique religieuse chez les Esquimaux varie selon la saison et l’activité.
  • La morphologie sociale dépend des faits démographiques (ex : volume de la population active et impact économique).
  • Vieillissement de la population : impact sur l’organisation sociale, économique, culturelle.
  • Jean Stoetzel (« Sociologie et démographie ») : tout sociologue devrait aussi être démographe.
  • Pionnier de la sociologie empirique et quantitative en France.
  • Créateur de l’IFOP et de la Revue française de sociologie.
  • Importateur des techniques de sondage des États-Unis.
  • Les faits démographiques ont une signification sociale.


Résumé des points clés

  • La démographie étudie la structure, l’évolution et les mouvements des populations humaines.
  • Elle s’appuie sur des outils statistiques, des recensements, l’état civil et des institutions spécialisées.
  • Les phénomènes démographiques sont indissociables des facteurs sociaux, économiques, culturels et politiques.
  • Les faits démographiques influencent profondément la vie sociale et l’organisation des sociétés, et sont au cœur des préoccupations politiques et économiques, notamment en France.


CM 2/3

I. Définition et objectifs du recensement

  • Le recensement est une opération de collecte de données visant à connaître la population d’un pays, ses caractéristiques démographiques et ses besoins (transports, écoles, hôpitaux, etc.).
  • Il s’agit d’un instrument essentiel de gestion pour les collectivités (villes, régions, État), permettant de planifier les équipements et services publics nécessaires.
  • Le recensement sert aussi de base pour d’autres enquêtes plus ciblées.

Objectifs principaux :

  • Compter la population à tous les niveaux administratifs.
  • Connaître la structure de la population (âge, sexe, situation professionnelle, niveau d’études, etc.).
  • Fournir une base pour l’application de plus de 350 dispositions législatives et réglementaires (dotation financière de l’État aux communes, nombre d’élus municipaux, nombre de pharmacies, etc.).
  • Prendre des décisions adaptées pour la collectivité (politiques publiques, aménagement du territoire, etc.).
  • Outil pour les entreprises et associations pour connaître leur marché et la main-d’œuvre potentielle.


II. Les formes de recensement

A. Recensement classique (jusqu’en 1999)

  • Exhaustif et simultané : toute la population est recensée sur une courte période (environ un mois).
  • Opération lourde, complexe et coûteuse, mobilisant de nombreux agents recenseurs.
  • Comparable à une photographie de la population à un instant donné.


B. Recensement rénové ou tournant (depuis 2004)

  • Méthode unique en Europe : recensement annuel par échantillonnage tournant.
  • Dans les communes de moins de 10 000 habitants, recensement tous les 5 ans (toute la population concernée).
  • Dans les communes de 10 000 habitants ou plus, recensement annuel d’un échantillon d’environ 8 % des logements, permettant une actualisation annuelle des données.
  • Permet de répondre au besoin croissant d’informations récentes et de réduire la lourdeur de l’opération.


III. Organisation et déroulement du recensement

A. Étapes principales

  1. Avant la collecte
  • Recrutement et formation des agents recenseurs par la mairie.
  • Constitution de la liste des adresses à enquêter.
  • Tournée de reconnaissance pour avertir les habitants.
  1. Pendant la collecte
  • Distribution des notices pour répondre en ligne ou des questionnaires papier.
  • Vérification de la bonne prise en compte de tous les logements.
  1. Après la collecte
  • Certification de la collecte par le maire.
  • Transmission des questionnaires à l’INSEE.
  • Saisie, traitement confidentiel, validation et communication des résultats.


B. Documents utilisés

  • Bulletin individuel : caractéristiques démographiques de chaque individu (âge, sexe, profession, lieu de naissance, etc.).
  • Feuille de logement : description du logement (type, nombre de pièces, équipements, composition du ménage, etc.).


IV. Enjeux du recensement

  • Politiques : délimitation des circonscriptions électorales, nombre d’élus, application des lois.
  • Financiers : montant des dotations de l’État aux communes dépend du nombre d’habitants.
  • Économiques : planification des infrastructures, équipements, transports, etc.
  • Sociaux : connaissance des besoins en matière de santé, d’éducation, d’action sociale.

Exemple : À Bordeaux, pour éviter une sous-estimation de la population lors du recensement, des actions spécifiques ont été menées pour sensibiliser les communautés étrangères et les étudiants, populations difficiles à recenser.


V. Limites et difficultés du recensement

  • Nécessite une forte coopération du public.
  • Difficultés d’accès à certains logements (résidences sécurisées, réticences, etc.).
  • Mobilisation importante d’agents recenseurs.
  • Problèmes de couverture de certaines populations mobiles (étudiants, sans-abri, etc.).
  • Besoin d’informations de plus en plus fréquentes et récentes.
  • Marge d’erreur possible (personnes absentes, logements vacants, etc.).
  • À Mayotte, des méthodes complémentaires sont utilisées (croisement avec consommation d’électricité, nombre de cartes SIM) en raison de l’habitat précaire et du territoire complexe.


VI. Particularités françaises et comparaisons internationales

  • En France, les questions sur l’ethnie sont interdites (sauf exception en Nouvelle-Calédonie, où la question a été controversée puis supprimée).
  • La CNIL autorise les questions sur la nationalité, le lieu de naissance et celui des parents, mais pas sur l’ethnie, pour respecter la Constitution qui garantit l’égalité sans distinction d’origine ou de race.
  • D’autres pays (États-Unis, Royaume-Uni) posent des questions sur la race ou l’ethnie dans leur recensement, ce qui est prohibé en France.


VII. Définitions essentielles

  • Population municipale : personnes ayant leur résidence habituelle dans la commune, y compris détenus, sans-abri, personnes en habitation mobile.
  • Population comptée à part : personnes ayant une résidence principale ailleurs mais conservant un lien avec la commune (étudiants, personnes en maison de retraite, militaires, etc.).
  • Population totale : somme de la population municipale et de la population comptée à part ; c’est la population légale utilisée dans de nombreux textes législatifs et réglementaires.


VIII. Données récentes et chiffres-clés

  • Au 1er janvier 2025, la France compte 68,6 millions d’habitants (66,4 millions en métropole, 2,3 millions dans les DOM).
  • La croissance annuelle de la population est d’environ 0,3 % depuis 2017, principalement due au solde migratoire positif (+183 000 personnes en 2023).
  • Le solde naturel (naissances - décès) est faible (+48 000 en 2023).
  • Indicateur conjoncturel de fécondité : 1,68 enfant par femme en 2023, insuffisant pour assurer le renouvellement des générations.
  • Espérance de vie à la naissance (2023) : 85,7 ans pour les femmes, 80 ans pour les hommes.
  • Structure par âge (2021) : 0-14 ans (17,7 %), 15-64 ans (61,6 %), 65 ans et plus (20,7 %).


IX. Utilité et impact du recensement

  • Permet de connaître la population officielle de chaque commune, indispensable pour l’application des lois et la gestion des collectivités.
  • Sert à planifier les politiques publiques, à dimensionner les services (écoles, hôpitaux, transports), à guider les choix d’aménagement du territoire.
  • Outil de référence pour les entreprises, associations, chercheurs, décideurs publics.


X. Points spécifiques et anecdotes

  • Le recensement est organisé par l’INSEE, en collaboration avec les communes.
  • Les dates du recensement varient selon la taille de la commune : en 2025, du 16 janvier au 15 février pour les communes de moins de 10 000 habitants, et jusqu’au 22 février pour celles de 10 000 habitants ou plus.
  • La participation au recensement est obligatoire pour tous les habitants


CM 4/5

I. Les sources principales de données démographiques

1.Le recensement

  • Recensement classique :
  • Méthode exhaustive et instantanée.
  • Toute la population est recensée à un instant donné.
  • Recensement tournant/rénové :
  • Résultats fournis chaque année.
  • Méthodes différentes selon la taille de la commune :
  • Moins de 10 000 habitants : Recensement exhaustif tous les 5 ans (toute la population recensée sur 5 ans).
  • Plus de 10 000 habitants : Sondage, 40 % de la population recensée en 5 ans.
  • Structures responsables :
  • Communes et INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques).
  • Données collectées :
  • Les bulletins comportent noms et prénoms pour identification, mais traitement anonyme après notification.
  • Obligation de réponse :
  • Oui, c’est une obligation légale.
  • Questions spécifiques :
  • Le revenu n’est pas demandé en France (contrairement aux États-Unis).
  • Les résultats peuvent être payants pour les communes souhaitant des données précises.
  • Les animaux de compagnie ne sont pas recensés.
  • Chiffres clés :
  • 9 millions de personnes concernées chaque année en France.


2.L'état civil

  • Événements recensés :
  • Naissances, mariages, décès.
  • Ces événements modifient les droits et obligations des personnes.
  • Fonction juridique :
  • Déclaration de naissance = personnalité juridique (aptitude à avoir des droits).
  • Obligation légale de déclarer naissances et décès.
  • Historique :
  • Avant l’état civil : registres paroissiaux (paroisses, dès le XIVe siècle).
  • Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539, François Ier) : registres de baptême, usage du français imposé.
  • Ordonnance de Blois (1580) : obligation d’enregistrer les décès.
  • Ordonnance de Saint-Germain (1667) : obligation d’enregistrer les mariages.
  • Naissance de l’état civil laïc : 1er septembre 1792 (Révolution française).
  • Qualité des données :
  • Très fiable (quasi pas d’erreur), contrairement au recensement (1 à 2 % d’erreur).
  • Évolutions récentes :
  • PACS (1999) : reconnaissance officielle des unions homosexuelles.
  • Loi Taubira (2013) : mariage pour tous, modification des bulletins de mariage.
  • Catégories d’enfants à l’état civil :
  • Enfant né vivant : inscrit avec nom et prénom, personnalité juridique.
  • Enfant décédé né vivant et viable : acte de naissance et de décès, inscrit avec nom et prénom, personnalité juridique.
  • Enfant sans vie : mort-né ou né vivant mais non viable (avant 5 mois de gestation ou malformation), inscrit seulement avec prénom, pas de personnalité juridique (reconnaissance depuis 2002).
  • Jurisprudence :
  • Exemple Pierre Palmade : la justice française considère que le fœtus fait corps avec la mère, donc perte du fœtus = coups et blessures sur la mère, pas homicide involontaire.
  • Conditions de fiabilité :
  • Dépend d’un service d’enregistrement performant et d’une bonne collaboration avec l’institut de statistique.


3.Les enquêtes démographiques

  • Développement :
  • Multiplication à partir du XIXe siècle (révolution industrielle).
  • Objectif : évaluer risques sanitaires, sociaux, adapter les politiques publiques.
  • Types d’enquêtes :
  • Rétrospectives : s’intéressent à la biographie, histoire résidentielle, migratoire, génésique (grossesses). Limite : repose sur la mémoire des enquêtés.
  • Prospectives : observation d’un échantillon sur le long terme (ex. : échantillon démographique permanent suivi depuis 1968).
  • Exemples d’enquêtes :
  • Enquête emploi du temps (inégalités hommes/femmes dans les charges domestiques).
  • Demographic and Health Surveys (enquêtes démographie et santé) : développées dans les pays du Sud, donnent des infos sur natalité, fécondité, santé mère-enfant, utiles là où l’état civil est peu fiable.


Synthèse et points clés à retenir

  • Trois grandes sources de données démographiques : recensement, état civil, enquêtes.
  • Méthodes de recensement varient selon la taille des communes.
  • L’état civil est la source la plus fiable pour les événements naturels (naissances, mariages, décès).
  • Les enquêtes complètent les données, notamment pour les aspects sociaux et sanitaires.
  • Évolution historique importante : passage des registres paroissiaux à l’état civil laïc.
  • Récente reconnaissance des unions homosexuelles et évolution du droit sur la filiation et la mort périnatale.
  • Importance de la distinction entre enfant né vivant, décédé viable, et sans vie pour les droits et la personnalité juridique.
  • Les données démographiques servent à la planification des politiques publiques, l’analyse sociale, et la compréhension des dynamiques de population.


CM 6

I. Le peuplement du monde et les grandes questions démographiques

  • Population mondiale actuelle : Depuis novembre 2022, la planète compte 8 milliards d’habitants.
  • Enjeux majeurs :
  • Ressources : Comment nourrir 8 milliards de personnes ?
  • Mouvements migratoires : Impact sur la répartition démographique.
  • Baisse de la natalité : Préoccupation dans certains pays (ex : Japon).
  • Vieillissement de la population : Conséquence directe de la baisse de la natalité.


II. Évolution historique de la population mondiale

  • Origines : Présence humaine depuis 3 millions d’années, mais croissance très lente et soumise aux aléas climatiques.
  • Phases majeures :
  • Paléolithique : Découverte du feu, innovations techniques (arc, harpon) → 500 000 à 5 millions d’habitants.
  • Néolithique : Révolution agricole et domestication des animaux → passage à 260 millions d’habitants.
  • Sédentarisation : Développement du commerce, baisse de la mortalité, hausse de la fécondité.
  • Croissance exponentielle à partir du XIXe siècle :
  • 1er milliard atteint en 1804, 2e en 1927, puis accélération (8e milliard en 2022).
  • Pic de croissance dans les années 1960 (2,1 % par an), puis ralentissement progressif.


III. L’équation fondamentale de la démographie

  • Formule :

Pn = Po + (N-D) + (I-E)

Pn= Population à l'instant n

Po= population à l'instant o

N= naissance

D=décès

I= immigration

E=2,718 émigration


  • Indicateurs clés :
  • Taux brut de natalité (TBN) : Nombre de naissances/an pour 1 000 habitants.
  • Taux brut de mortalité (TBM) : Nombre de décès/an pour 1 000 habitants.
  • Taux d’accroissement naturel (TAN) : TAN = TBN - TBM (souvent exprimé en %).
  • Taux de migration net (TMN) : (I - E) / population moyenne × 100.


  • Exemple France 2006 :
  • TBN = 13 ‰, TBM = 8,5 ‰, TAN = 4,5 ‰ (0,45 %), TMN = 0,15 %, accroissement total = 0,6 %.
  • Part TAN : 75 %, part TMN : 25 %.


IV. Croissance et fluctuations démographiques

  • Avant 1750 : Croissance < 0,5 %/an, taux de natalité et de mortalité élevés mais proches.
  • Après 1800 : Baisse de la mortalité, natalité reste élevée → accélération de la croissance.
  • Depuis 1970 : Baisse de la natalité et de la mortalité, écart réduit, croissance ralentie.
  • Disparités régionales : Afrique subsaharienne a les taux d’accroissement les plus élevés.


V. La théorie de la transition démographique

  • Schéma classique (Adolphe Landry, 1934) :
  • Régime primitif : TBN ≈ 45 ‰, TBM ≈ 40 ‰, TAN ≈ 0,5 %.
  • Régime intermédiaire : Baisse de la mortalité (progrès médicaux, hygiène), natalité reste élevée puis baisse à son tour.
  • Régime contemporain : TBN et TBM faibles, accès à la contraception, priorité à la qualité sur la quantité d’enfants.
  • Phases :
  • Phase 1 : Baisse de la mortalité, natalité élevée → forte croissance.
  • Phase 2 : Baisse de la natalité, mortalité continue de baisser → ralentissement de la croissance.
  • Phase 3 : TBN et TBM faibles, croissance quasi nulle ou négative.


VI. Explications et facteurs de la transition

  • Facteurs de baisse de la mortalité : Amélioration des conditions de vie, médecine, prévention, disparition des famines et épidémies.
  • Facteurs de baisse de la natalité : Éducation, coût de l’enfant, travail féminin, contraception, hausse de l’âge au mariage.
  • Spécificités nationales :
  • France : Transition précoce (dès 1750), baisse simultanée de la natalité et de la mortalité, croissance faible, politique nataliste précoce.
  • Roumanie : Natalité doublée en 1966 suite à l’interdiction de l’avortement par Ceaușescu → exemple d’impact des politiques sur la démographie.


VII. Diversité des transitions démographiques

  • Pays du Nord : Transitions longues (150-200 ans), taux d’accroissement naturel bas (~1 %).
  • Pays du Sud : Transitions courtes (50 ans), taux d’accroissement naturel élevé (jusqu’à 3-4 %).
  • Exemples :
  • Suède : Transition longue, TAN ≈ 1 %.
  • Costa Rica : Transition courte, TAN jusqu’à 4 %.
  • Facteurs d’accélération dans le Sud : Diffusion rapide des antibiotiques, campagnes de vaccination, prévention du paludisme.


VIII. Cas particuliers et évolutions récentes

  • Russie : Hausse de la mortalité depuis 1960, croisement natalité/mortalité après la chute de l’URSS, impact des politiques publiques (alcool, santé).
  • Seconde transition démographique : Apparition de taux de natalité inférieurs à la mortalité (baby bust), croissance naturelle négative dans certains pays.


IX. Points à retenir pour le partiel

  • Savoir expliquer et calculer TBN, TBM, TAN, TMN.
  • Comprendre la théorie de la transition démographique et ses phases.
  • Connaître les grandes tendances historiques et les disparités régionales.
  • Savoir illustrer avec des exemples précis (France, Roumanie, Russie, Suède, Costa Rica, pays du Sud).
  • Maîtriser les facteurs explicatifs des évolutions démographiques : progrès sanitaires, politiques publiques, changements sociaux et économiques.


CM 7

I. Introduction à la lecture des pyramides d’âge

La pyramide des âges est un outil graphique représentant la structure par âge et par sexe d’une population à un instant donné. Elle permet d’analyser le passé, le présent et d’anticiper l’avenir démographique d’une société.


II. Méthodes de lecture d’une pyramide des âges

  • Lecture verticale (structure verticale) :

-Analyse de l’allure générale de la pyramide. On observe si la forme est régulière, pyramidale, en urne, en as de pique, élargie vers le bas, le milieu ou le haut.

  • Exemple : Une base large indique une population jeune et une forte natalité.
  • Lecture horizontale (déséquilibre des sexes) :

-Les effectifs masculins sont à gauche, les effectifs féminins à droite. Cette lecture permet de comparer les effectifs des deux sexes et d’étudier les rapports de masculinité.

  • Ordres biologiques et désordres socio-politiques :
  • Les « accidents » de la pyramide (creux, bosses) révèlent des événements démographiques ou historiques majeurs (guerres, famines, migrations, etc.).


III. Analyse détaillée des irrégularités de la pyramide

  • Classes creuses (déficit d’une classe d’âge) :
  • Causes :
  • Baisse de natalité (moins de naissances sur une période donnée)
  • Plus d’émigration (départs massifs)
  • Mortalité élevée (épidémies, guerres, catastrophes)
  • Classes pleines (surplus d’une classe d’âge) :
  • Causes :
  • Plus de naissances (baby-boom)
  • Plus d’immigration (arrivées massives)
  • Moins de mortalité (progrès médicaux, paix).

I

V. Les grands profils types de pyramides d’âge

Accent circonflexe: Base très large, sommet étroit, forte natalité et mortalité, population jeune, exemple : Afrique 1985/1995

Meule de paille: Gonflement aux âges adultes, natalité et mortalité en baisse, exemple: Amérique Latine 1985

As de pique: Base rétrécie puis élargie, natalité soutenue après une période de baisse, exemple: France 1951

Urne: Base étroite, sommet élargi, vieillissement de la population, natalité très faible, exemple: Chine contemporaine

  • Chaque forme révèle l’histoire démographique et les transitions de la population (transition démographique, baby-boom, vieillissement, etc.).


V. Effets des mouvements démographiques et événements exceptionnels

  • Mouvements lents :

-Transformation progressive des conditions de natalité et mortalité, modifiant lentement l’allure générale de la pyramide (transition démographique).

  • Événements brutaux :

-Guerres, famines, épidémies, crises économiques, qui provoquent des bosses (surplus) ou des creux (déficits) dans certaines classes d’âge.


VI. Exemples historiques concrets sur la pyramide française

  • Guerre franco-prussienne (1871) :
  • Déficit de naissances 40 ans plus tôt, surmortalité infantile.
  • Canicule de 1911 :
  • Hausse des décès chez les nouveau-nés.
  • Première Guerre mondiale (1914-1918) :
  • Perte massive d’hommes jeunes (20-40 ans), déficit de naissances et de survivants masculins (effet direct), déséquilibre des sexes marqué.
  • Seconde Guerre mondiale (1939-1945) :
  • Déficit de naissances, pertes civiles importantes.
  • Baby-boom (1946-1972) :
  • Forte augmentation des naissances après la guerre.
  • Depuis 2012 :
  • Baisse des naissances due à la fin de la vie reproductive des générations du baby-boom, puis à la baisse de la fécondité moyenne par femme.


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