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NPLAB

⚖️ I. Fondement juridique

L’expert-comptable est un acteur assujetti au dispositif LAB/FT.

Il doit prévenir et déclarer tout soupçon de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme.

📘 Textes de référence :

  • CMF : art. L.561-1 à L.561-45 et R.561-1 à R.561-38
  • Code pénal : art. 324-1 à 324-9 (blanchiment)
  • Norme Professionnelle LAB/FT – CSOEC 2023
  • Directive (UE) 2018/843 (5e directive)
  • Instruction TRACFIN 7 février 2020
  • L.574-1 CMF (sanctions pénales)
  • RIO de l’Ordre, art. 152 à 157

🎯 II. Objectifs et champ d’application

L’expert-comptable doit :

1️⃣ Identifier le client et le bénéficiaire effectif ;

2️⃣ Évaluer le risque LAB/FT ;

3️⃣ Adapter la vigilance au niveau de risque ;

4️⃣ Surveiller la relation d’affaires ;

5️⃣ Déclarer les soupçons à TRACFIN.

📘 S’applique à toutes les missions : tenue, révision, juridique, social, conseil, accompagnement création, restructuration, etc.


🧭 III. Typologie des vigilances et des risques

🔹 Deux niveaux de vigilance

  • Vigilance standard → régime normal applicable à tout client.
  • Vigilance renforcée → déclenchée si le risque est élevé (art. L.561-10-2 CMF).
  • → Nécessite des informations complémentaires (origine des fonds, justification économique, organigramme complet).

🔹 Trois niveaux de risque

Chaque client est classé selon : faible / moyen / élevé.

L’évaluation est formalisée dans une note de risque mise à jour tous les 3 ans minimum.

📘 Références : L.561-5 à L.561-10 CMF ; NP LAB/FT § 45 à 75.


🧮 IV. Les quatre critères d’évaluation du risque

1️⃣ Risque lié à la nature de l’activité du client

Certaines activités sont plus exposées au blanchiment.

Exemples de risques élevés au DEC :

  • Activités à forte manipulation de liquidités : restauration, commerce d’or, véhicules, BTP, débit de tabac.
  • Activités avec forte circulation de fonds internationaux : import-export, transport maritime, change, crypto-actifs.
  • Associations caritatives ou ONG recevant des dons étrangers.
  • Cabinets de conseil ou holdings sans activité économique réelle.

2️⃣ Risque lié au profil du client

L’identité, la structure juridique et les bénéficiaires peuvent accroître le risque.

Exemples de risques élevés :

  • Client domicilié à l’étranger, ou dont les bénéficiaires effectifs sont difficiles à identifier.
  • Société interposée, actionnariat complexe ou à étages multiples.
  • Client insistant pour des opérations rapides sans justificatifs.
  • Client refusant de fournir les pièces d’identité ou le RBE.

3️⃣ Risque géographique (pays / zone)

Les États non coopératifs ou à surveillance renforcée sont listés par le GAFI.

Exemples de risques élevés :

  • Client domicilié dans un pays non coopératif fiscalement (Panama, Vanuatu, îles Caïmans…).
  • Relations financières avec un pays sanctionné ou à risque élevé (Iran, Syrie, Russie, etc.).
  • Filiale étrangère non soumise à une réglementation LAB/FT équivalente.

📘 Référence : Liste GAFI / art. R.561-2 CMF.


4️⃣ Risque lié à la mission confiée

Certaines missions comportent par nature des risques accrus de blanchiment.

Exemples de risques élevés :

  • Création de sociétés avec capital en numéraire important.
  • Opération de cession de titres avec schéma juridique opaque.
  • Opération de restructuration ou fusion entre sociétés sans justification économique.
  • Accompagnement dans des flux transfrontaliers (ex : domiciliation, transfert de fonds).
  • Mise en place de fiducies ou conventions complexes.

🧾 V. Démarche LAB/FT de l’expert-comptable

1️⃣ Identification du client : vérifier identité et bénéficiaire effectif (> 25 % du capital).

2️⃣ Évaluation du risque : classer faible / moyen / élevé, documenter.

3️⃣ Vigilance adaptée : standard ou renforcée.

4️⃣ Suivi continu : surveillance de la relation et mise à jour triennale.

5️⃣ Déclaration TRACFIN : dès qu’un soupçon existe (L.561-15 CMF).

📘 Déclaration via le portail ERMES TRACFIN, confidentielle et couverte par immunité légale (L.561-22 CMF).


🧱 VI. Organisation interne obligatoire du cabinet

  • Référent LAB/FT désigné.
  • Manuel LAB/FT interne (procédures, formulaires, typologies).
  • Formation annuelle du personnel.
  • Contrôle interne (revue des dossiers à risque).
  • Archivage 5 ans après fin de mission (L.561-12 CMF).

⚖️ VII. Responsabilités et sanctions

💼 Responsabilité de l’expert-comptable

  • Civile : manquement à la vigilance = faute pro.
  • Disciplinaire : blâme, suspension, radiation.
  • Pénale (L.574-1 CMF) :
  • 5 ans prison + 375 000 € d’amende (personne physique),
  • 1 875 000 € (personne morale),
  • interdiction d’exercer possible.

🚨 Responsabilité du cabinet

  • Contrôle qualité = vérification du dispositif LAB/FT.
  • Absence de procédure documentée = manquement grave.

🔒 VIII. Secret professionnel et immunité

  • Secret professionnel levé pour les déclarations TRACFIN (L.561-15).
  • Immunité civile et pénale en cas de déclaration de bonne foi (L.561-22).
  • Interdiction d’informer le client (“non tipping-off”).

⚠️ IX. Pièges DEC fréquents

⚠️ Parler de “vigilance allégée” → ❌ plus applicable en pratique.

⚠️ Oublier que la vigilance dépend du niveau de risque.

⚠️ Négliger l’obligation de mise à jour du dossier tous les 3 ans.

⚠️ Penser que TRACFIN viole le secret pro.

⚠️ Ne pas documenter les critères de risque dans la note LAB.

🧠 X. À retenir pour l’épreuve

🔹 Textes clés : L.561-1 à L.561-45 CMF + NP LAB/FT 2023
🔹 Vigilances : standard / renforcée
🔹 Risque : faible / moyen / élevé
🔹 Critères : activité / client / zone géographique / mission
🔹 TRACFIN obligatoire en cas de soupçon (L.561-15)
🔹 Conservation : 5 ans (L.561-12)
🔹 Immunité légale : L.561-22 CMF
🔹 Sanctions : jusqu’à 5 ans prison + 375 000 € (L.574-1)
🧩 Réflexe DEC :
Identifier le risque, qualifier le niveau, adapter la vigilance, documenter la démarche, et conclure :
“L’expert-comptable doit exercer une vigilance proportionnée au risque, formaliser chaque étape et déclarer sans délai à TRACFIN tout soupçon fondé.”



NPLAB

⚖️ I. Fondement juridique

L’expert-comptable est un acteur assujetti au dispositif LAB/FT.

Il doit prévenir et déclarer tout soupçon de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme.

📘 Textes de référence :

  • CMF : art. L.561-1 à L.561-45 et R.561-1 à R.561-38
  • Code pénal : art. 324-1 à 324-9 (blanchiment)
  • Norme Professionnelle LAB/FT – CSOEC 2023
  • Directive (UE) 2018/843 (5e directive)
  • Instruction TRACFIN 7 février 2020
  • L.574-1 CMF (sanctions pénales)
  • RIO de l’Ordre, art. 152 à 157

🎯 II. Objectifs et champ d’application

L’expert-comptable doit :

1️⃣ Identifier le client et le bénéficiaire effectif ;

2️⃣ Évaluer le risque LAB/FT ;

3️⃣ Adapter la vigilance au niveau de risque ;

4️⃣ Surveiller la relation d’affaires ;

5️⃣ Déclarer les soupçons à TRACFIN.

📘 S’applique à toutes les missions : tenue, révision, juridique, social, conseil, accompagnement création, restructuration, etc.


🧭 III. Typologie des vigilances et des risques

🔹 Deux niveaux de vigilance

  • Vigilance standard → régime normal applicable à tout client.
  • Vigilance renforcée → déclenchée si le risque est élevé (art. L.561-10-2 CMF).
  • → Nécessite des informations complémentaires (origine des fonds, justification économique, organigramme complet).

🔹 Trois niveaux de risque

Chaque client est classé selon : faible / moyen / élevé.

L’évaluation est formalisée dans une note de risque mise à jour tous les 3 ans minimum.

📘 Références : L.561-5 à L.561-10 CMF ; NP LAB/FT § 45 à 75.


🧮 IV. Les quatre critères d’évaluation du risque

1️⃣ Risque lié à la nature de l’activité du client

Certaines activités sont plus exposées au blanchiment.

Exemples de risques élevés au DEC :

  • Activités à forte manipulation de liquidités : restauration, commerce d’or, véhicules, BTP, débit de tabac.
  • Activités avec forte circulation de fonds internationaux : import-export, transport maritime, change, crypto-actifs.
  • Associations caritatives ou ONG recevant des dons étrangers.
  • Cabinets de conseil ou holdings sans activité économique réelle.

2️⃣ Risque lié au profil du client

L’identité, la structure juridique et les bénéficiaires peuvent accroître le risque.

Exemples de risques élevés :

  • Client domicilié à l’étranger, ou dont les bénéficiaires effectifs sont difficiles à identifier.
  • Société interposée, actionnariat complexe ou à étages multiples.
  • Client insistant pour des opérations rapides sans justificatifs.
  • Client refusant de fournir les pièces d’identité ou le RBE.

3️⃣ Risque géographique (pays / zone)

Les États non coopératifs ou à surveillance renforcée sont listés par le GAFI.

Exemples de risques élevés :

  • Client domicilié dans un pays non coopératif fiscalement (Panama, Vanuatu, îles Caïmans…).
  • Relations financières avec un pays sanctionné ou à risque élevé (Iran, Syrie, Russie, etc.).
  • Filiale étrangère non soumise à une réglementation LAB/FT équivalente.

📘 Référence : Liste GAFI / art. R.561-2 CMF.


4️⃣ Risque lié à la mission confiée

Certaines missions comportent par nature des risques accrus de blanchiment.

Exemples de risques élevés :

  • Création de sociétés avec capital en numéraire important.
  • Opération de cession de titres avec schéma juridique opaque.
  • Opération de restructuration ou fusion entre sociétés sans justification économique.
  • Accompagnement dans des flux transfrontaliers (ex : domiciliation, transfert de fonds).
  • Mise en place de fiducies ou conventions complexes.

🧾 V. Démarche LAB/FT de l’expert-comptable

1️⃣ Identification du client : vérifier identité et bénéficiaire effectif (> 25 % du capital).

2️⃣ Évaluation du risque : classer faible / moyen / élevé, documenter.

3️⃣ Vigilance adaptée : standard ou renforcée.

4️⃣ Suivi continu : surveillance de la relation et mise à jour triennale.

5️⃣ Déclaration TRACFIN : dès qu’un soupçon existe (L.561-15 CMF).

📘 Déclaration via le portail ERMES TRACFIN, confidentielle et couverte par immunité légale (L.561-22 CMF).


🧱 VI. Organisation interne obligatoire du cabinet

  • Référent LAB/FT désigné.
  • Manuel LAB/FT interne (procédures, formulaires, typologies).
  • Formation annuelle du personnel.
  • Contrôle interne (revue des dossiers à risque).
  • Archivage 5 ans après fin de mission (L.561-12 CMF).

⚖️ VII. Responsabilités et sanctions

💼 Responsabilité de l’expert-comptable

  • Civile : manquement à la vigilance = faute pro.
  • Disciplinaire : blâme, suspension, radiation.
  • Pénale (L.574-1 CMF) :
  • 5 ans prison + 375 000 € d’amende (personne physique),
  • 1 875 000 € (personne morale),
  • interdiction d’exercer possible.

🚨 Responsabilité du cabinet

  • Contrôle qualité = vérification du dispositif LAB/FT.
  • Absence de procédure documentée = manquement grave.

🔒 VIII. Secret professionnel et immunité

  • Secret professionnel levé pour les déclarations TRACFIN (L.561-15).
  • Immunité civile et pénale en cas de déclaration de bonne foi (L.561-22).
  • Interdiction d’informer le client (“non tipping-off”).

⚠️ IX. Pièges DEC fréquents

⚠️ Parler de “vigilance allégée” → ❌ plus applicable en pratique.

⚠️ Oublier que la vigilance dépend du niveau de risque.

⚠️ Négliger l’obligation de mise à jour du dossier tous les 3 ans.

⚠️ Penser que TRACFIN viole le secret pro.

⚠️ Ne pas documenter les critères de risque dans la note LAB.

🧠 X. À retenir pour l’épreuve

🔹 Textes clés : L.561-1 à L.561-45 CMF + NP LAB/FT 2023
🔹 Vigilances : standard / renforcée
🔹 Risque : faible / moyen / élevé
🔹 Critères : activité / client / zone géographique / mission
🔹 TRACFIN obligatoire en cas de soupçon (L.561-15)
🔹 Conservation : 5 ans (L.561-12)
🔹 Immunité légale : L.561-22 CMF
🔹 Sanctions : jusqu’à 5 ans prison + 375 000 € (L.574-1)
🧩 Réflexe DEC :
Identifier le risque, qualifier le niveau, adapter la vigilance, documenter la démarche, et conclure :
“L’expert-comptable doit exercer une vigilance proportionnée au risque, formaliser chaque étape et déclarer sans délai à TRACFIN tout soupçon fondé.”