6. Produire des données qualitatives
6.A Production des données qualitatives et implication du chercheur
6A1. Contrôle de l’implication et rigueur : quelques pistes de réflexion
➩ Quelques formes de l’implication du chercheur et leurs conséquences
- l’implication et l’engagement institutionnel
- dispositif de la recherche processus de distanciation / construction d’une problématique / balise le terrain
- négociation avec les autres acteurs / contextualisation de la démarche
ex: comportement 1 élève ou enseignant au collège ou au lycée ⇎ lorsqu’ils se retrouvent entre eux
- La tenue du journal de terrain (rappel)
= “la mémoire” du terrain de recherche en train de se faire
permet d’analyser les influences qui agissent sur sa démarche ⇒ réactiver des pistes de reflexions
- le travail d’équipe permet de confronter les points de vue
6A2. Recherche impliquée, recherche distanciée
Deux types de démarches qualitative sont couramment distinguées:
la recherche “distanciée” vise production de connaissances et théorisation nouvelle / tend à l'objectivité de ses résultats / distingue le moment de la construction de la démarche, le moment du terrain et le moment de l'analyse
et la recherche impliquée : “ recherche-action”, ou de “recherche participative” deux moments distincts de la démarche / modele de reference en sciences sociales
La recherche “ distanciée” (démarche classique):
⇒ C’est la démarche la plus couramment utilisée, elle constitue un modèle de référence.
La recherche “impliquée”, la “recherche-action”
La recherche impliquée accompagne la formation des pratiques dans des domaines divers: enseignement, formation, action sanitaire, travail social, etc.
La recherche-action se caractérise par la participation active, des acteurs de terrain au processus de recherche et à ses bénéfices
⇒ Et vise à “accompagner” le changement et à promouvoir les innovations
exemple: amener les enseignants à travailler en groupe / modalités d’intervention des organisations qui visent à évaluer ces actions
6A3. Implication et engagement du chercheur dans la diffusion des résultats de la recherche
⇒ le chercheur passe “contrat avec ses interlocuteurs et il s’engage à l’anonymat des résultats et à une certaine réciprocité (// théorie du don et du contre don, M,Mauss)
Pour aller plus loin : BEZILLE, H., VINCENTE, M. (2000). La recherche en train de se faire, entre rigueur et compromis, in FELDMAN, J. et al., Éthique et épistémologie dans les sciences sociales, Paris, L’harmattan.
une enquête d'échantillon sous forme d’entretien: synthèse courte / temps de parole peuvent être preuve de contre don
pas d'intérêt pour la personne interrogée
6B. Construction de la démarche
Une recherche qualitative de type classique “distanciée” comprend trois temps:
- la construction de la démarche, problématique + méthodologie d’intervention sur le terrain; problématique peut évoluer au long de la recherche / peut être aboutissement d’une recherche/ def problématique*: structurer son cadre, matrice de la recherche, dégage des hypothèses de la stratégie adoptée dans le cadre de recherche
- le terrain;
- l’analyse et la mise en forme des résultats.
À noter à propos de la problématique
Va-et-vient entre question de départ, cadre théorique et hypothèses.
Expliciter un état des lieux du thème de la recherche, faire des constats : formuler une question de départ et entamer une démarche de recherche.
problématique: démarche pas linéaire / démarches de pensée ordinaire tout à fait banal
etat des lieux a faire en début de recherche/ ce qu’on fait d’autres chercheurs avant
Construire une question de départ à partir des constats
La question de départ est le “fil conducteur” de la démarche de recherche. question claire, précise, énoncée simplement et surtout être réalisable/ va orienter la recherche
Construire des hypothèses à partir de la question de départ hypothèse* : réponses possibles, provisoires. elle s’appuie sur 3 points: exploration de terrain (observation…), exploration des champs théoriques ou exploration de terrain et conjointement une exploration théorique.
Les hypothèses sont des réponses provisoires qui seront “testées” à partir d’une stratégie d’exploration de terrain adaptée.
Les concepts
Les hypothèses sont construites en référence à un champ conceptuel.
concept armature des hypothèses et renvoie à un champ conceptuel.
plusieurs disciplines peuvent utiliser un concept identique mais pas le même sens dans les différents courants sociologique
6B. Construction de la démarche
6B2.Construire le dispositif de terrain
Exploration d’un thème ou approfondissement
Deux cas de figure sont à envisager:
1/dans le cas d’une recherche exploratoire, les hypothèses sont issues non pas d’un cadre théorique préexistant mais d’une démarche empirique, de terrain.
On parle alors d’approche “inductive”. OBSERVATION DIRECTE
Le terrain sert alors à structurer ces hypothèses.
Limite de l’approche inductive: le risque que le chercheur se laisse guider par des hypothèses implicites.
2/ En phase d’approfondissement, inversement, on s’appuie sur les travaux et théories existantes.
Dans ce type d’approche, le terrain ne sert pas à construire les hypothèses comme dans le cas de figure précédent. METTRE À L'ÉPREUVE? A AFFINER à préciser voir a modifier les hypotheses préexistantes au TERRAIN
CE DEBAT EVOLUE ET LA COMPLÉMENTARITÉ DE 2 APPROCHES SEMBLENT S’IMPOSER.
Enquête sur échantillon ou monographie ?
L’enquête sur échantillon
Les critères de choix des personnes interviewées DIFFÉRENTES VARIABLES SELON RECHERCHE
Les critères de construction de l’échantillon peuvent varier dans une enquête exploratoire ou d'approfondissement.
- Dans une enquête exploratoire ⇒ personnes supposées être les sources d’information les plus significatives, les plus productives d’hypothèses
- En phase d’approfondissement l’échantillon est construit en fonction des hypothèses
La monographie
Dans l’approche monographique le chercheur s’intéresse à un groupe réel, dans son contexte social de vie, d’activité, de relations .
« C’est l’étude d’une collectivité dans son contexte social, un groupe dans son cadre habituel » (Madeleine Grawitz). ⇒ distinctions de là où les gens vont vivre et là où les gens vont passer
L’ethnologie a ouvert la voie à ce type d’approche.
Les travaux de Malinowski à propos des trobriandais en Mélanésie (1926) constituent une référence. ⇒ description des activités éco, organisations sociales, des mythes…
Les chercheurs en éducation se sont inspirés de ce type d’approche pour étudier le monde de l’enseignement, de l’éducation et de la formation. Cf. Peter Woods.
Exemple de l’étude de l’intérieur des gangs aux Etats-Unis: formation des gangs, la carrière…
Pour aller plus loin :
ALTHAGE Gérard, 1990, « Ethnologie du contemporain et enquête de terrain », Terrain, 14, pp.126-131.
BEAUD Stéphane ; WEBER Florence, 2004 [1997], Guide de l’enquête de terrain, Paris, La découverte.
- Choix des techniques et contraintes de terrain
La logique est évidemment définie en fonction des critères scientifiques, mais aussi en fonction de diverses contraintes telles que le temps disponible pour le chercheur, l'accessibilité des personnes qui souhaitent interviewer ou observer l'accès aux personnes. Il peut notamment se heurter à différents types d'obstacles qu'il convient d'anticiper, les horaires où vous allez pouvoir les trouver, les vacances ou alors le type de travail. Si c'est du travail de nuit, évidemment ce ne sera pas la même organisation. Et puis il faut aussi qu'il y ait une adéquation des techniques à l'univers psychologique et culturel des personnes observées ou interviewées.
Un autre élément aussi dont il faut avoir à l'esprit lorsqu' on est chercheur, c'est la distance sociale et également culturelle qu'il peut y avoir entre d'une part le chercheur et la population qu'il désire étudier, notamment lorsque l'un et l'autre appartiennent à des univers différents. Par exemple, si le chercheur est un citadin pur et dur et qu'il va observer le milieu rural ou les hauts de la Réunion, eh bien elle est ce qu'il ne faut pas y réfléchir. Est-ce que vous allez vraiment vous comprendre et parler le même langage ? Et puis ça peut être également le cas entre un un chercheur ou un étudiant chercheur de milieu social différent ou de milieux culturels différents de la population qui est pas observer ces éléments là, il faut en avoir conscience parce que ça peut constituer un obstacle. Notamment parce que le groupe social que vous allez décider d'étudier peut tout à fait être méfiant vis-à-vis de l'étranger, celui qui n'est pas le milieu rural, celui qui n'est pas du haut, et cetera, et cetera.
Donc cette question là, effectivement, il faut que vous en ayez conscience au moment où vous allez aller sur le terrain.
Alors comment ?
Il est possible de surmonter ces obstacles.
Premièrement, il est tout à fait possible pour le chercheur de s'appuyer sur des médiateurs qu'on appelle ça des intermédiaires ou encore des personnes ressources.
Par exemple, il peut, s'il travaille sur les jeunes de cité, décider de passer par le biais des travailleurs sociaux pour pouvoir accéder plus facilement à ces jeunes de cité. Évidemment, à condition que les uns et les autres entretiennent une relation de confiance. La confiance, c'est vraiment la base. Il peut également passer, par le biais d'une relation commune, une relation amicale entre 2 personnes pour rencontrer donc la personne qui sera susceptible de répondre à l'enquête sur échantillon que le chercheur se pose.
Il y a également d'autres stratégies qui peuvent être celle de considérer comment porte on le moment de présentation de la recherche et ses objectifs, la démarche d'usage, les résultats, l'anonymat ?
Donc c'est à dire qu'il faut vraiment, au moment où vous allez avoir accès à ces personnes, justifier l'usage que vous allez faire de votre enquête. Les objectifs, la démarche pour pouvoir le rassurer pour les choses dans une démarche de confiance et donc là la question de l'anonymat des primordiales notamment lorsque vous allez être amené à interviewer
Je vous invite vraiment à mettre votre téléphone en mode silence, vous pouvez dire à la personne, une fois que l'enregistrement aura été transcrit, d'une part vous pourrez lui en remettre une copie, mais d'autre part vous effacerez l'interview.
Alors certes, c'est un engagement moral, personne ne peut vérifier si vous faites, mais c'est important de s'engager moralement avec la personne qui va vous donner du temps et qui va vous faire confiance.
- Les outils : entretien et observation
Donc les approches empiriques, un empirique, c'est le terrain. Les approches empiriques ont pour objectif la production de connaissances à partir des informations fournies directement par le terrain et les acteurs. Les techniques d'enquête sur le terrain, c'est vraiment la boîte à outils de l'étudiant ou du chercheur.
des objectifs poursuivis, des contraintes de faire du face à face et l'état de l'avancement de la recherche.
Il y a donc 2 techniques qui sont mobilisées:
- Premièrement, écouter: c'est-à-dire qu' on recueille le point de vue des acteurs dans des entretiens individuels, ou alors dans des entretiens de groupe, par le biais de discussions ou de récits de vie, ou encore par le biais d'échanges informels. Alors l'enquête sur échantillon privilégie vraiment ce type de technique.
- Deuxièmement, observer: des relations maître-élèves, patrons-employés, maître de conférence-étudiant.Ce terme peut être utilisé pour certains auteurs pour désigner l'ensemble des approches empiriques de terrain. Mais pour plus de clarté, nous parlerons ici d'enregistrement, de discours et d'observation directe des pratiques.
En ce qui concerne l'entretien, il peut y avoir des entretiens non directifs ou semi directif. Des observations informelles ou alors des observations armées, c'est-à-dire réaliser à l'aide de grilles d'observation.
Vous avez des grilles d'entretien, vous allez poser des questions pour les entretiens et puis des grilles d'observation pour les observations formelles où on appelle ça des observations armées.
Alors l'approche monographique peut intégrer l'observation, mais aussi les entretiens.
Ces 2 techniques peuvent être subsumées dans le cadre d'une monographie par exemple. Alors l'entretien, c'est une situation de communication qui engage des interactions verbales entre 2 ou plusieurs personnes en contact direct. L'entretien de recherche est orienté vraiment vers un objectif. C'est celui de recueillir des informations à propos du thème de la recherche et ces informations qu'on va recueillir, elles visent évidemment à produire des connaissances. L'entretien de recherche, il est enregistré au dictaphone ou sur smartphone à chaque fois que les conditions le permettent. Évidemment, il faut que la personne interviewée accepte l'enregistrement, notamment parce que l'anonymat des propos tenus sera garanti. Alors l'entretien s'est également une situation dans laquelle les rôles sont définis. Ça paraît évident, mais c'est important de le rappeler. La conduite de l'entretien, elle va être structurée par ce que cherche à savoir l'enquêteur et d'enquêter. Donc l'interviewé, il va lui donner ces informations là. J'ajouterais également qu'il y a une structuration faible dans le cas d'un entretien exploratoire non directif, c'est-à-dire que la structuration de l'entretien ne sera pas forcément armée avec autant de questions dans un entretien exploratoire que dans enfin d'entretien qui vise à stabiliser les hypothèses, on demande en quelque sorte à l'interviewer, presque de conduire lui-même l'entretien à partir d'une consigne du départ qui lui posait. Dans ce cas, l'interviewé, le chercheur s'efforce d'adopter une attitude assez neutre, de ne pas émettre de jugement, de ne pas induire de thèmes qui n'est pas évoqué spontanément par l'interviewé. L'interviewer s'adapte finalement à l'interviewer qui va structurer lui-même l'entretien, ceci dans le cas d'un entretien exploratoire non directif.
L’observation [redite]
Son usage dans les sciences sociales est lié au développement de la microsociologie, en particulier du courant de l’ethnométhodologie.
Une attention particulière est donnée aux pratiques des acteurs dans leur contexte.
On peut définir l’observation des pratiques comme l’étude des comportements en situation.
(cf. Massonat in, A. Blanchet, R. Giglione, J. Massonat, A. Trognon, (1992), Les techniques d’enquête en sciences sociales, Dunod.)
L'observation, donc, qui est une autre technique de recueil de données dans une enquête qualitative, Eh bien, elle est utilisée dans différents domaines, notamment en ethnologie, dans l'étude des sociétés autres, pour comprendre le fonctionnement de ces sociétés.Par exemple leurs usages, la nourriture, la chasse par exemple, tout comme éventuellement les systèmes symboliques. Donc voilà pour l'ethnologie en psychologie expérimentale, également l'observation du jeu des enfants, de leur développement psychomoteur en éthologie.Essentiellement dans l'étude des sociétés animales, alors son usage dans les sciences sociales est plutôt récent, il est contemporain du développement de la psychologie sociale et de ce qu'on appelle la microsociologie en particulier.du courant de l'ethnométhodologie et ces démarches portent essentiellement une attention particulière aux pratiques des acteurs dans leur contexte. Alors on peut définir l'observation des pratiques comme l'étude des comportements en situation. L'observation comme l'entretien est bien participe plein et l'autre à une démarche.D'élaboration des savoirs. Alors on va rentrer dans les différents types d'observations qu'il existe, au même titre que nous avons énoncé les différents types d'entretiens qu'il était possible d'utiliser.
⇨ Les 5 types d’observation
1/ selon le degré de structuration de l’observation. L’observation comme l’entretien peut être plus ou moins structurée.
2/ selon le degré de construction de la situation observée
Observation qu'on va référencer, elle varie en fonction du degré de structuration de l'observation à proprement dite et donc pour faire un parallèle, l'observation comme l'entretien peut être plus ou moins structurée.
Il existe également des observations de type différentes.
Premièrement, l'observation informelle, qui peut correspondre à une approche exploratoire non guidée par des hypothèses, c'est la démarche inductive. Par exemple, l'observateur se familiarise alors avec son sujet d'étude par l'observation. Dans ce cas là, son outil c'est le journal de bord où il va noter les éléments qu'il observe ou éventuellement une vidéo qui qui va lui servir de support.
Il y a également l'observation semi structurée qui est donc semi structuré par le biais d'un guide d'observation construit en fonction des hypothèses et des stratégies privilégiées.Comme dans l'entretien semi-directif, le guide d'observation permet aux chercheurs de sélectionner les situations à observer et, dans un 2e temps, de comparer les situations évidemment comparables.
Il existe aussi l'observation structurée par une grille permettant une quantification. Ce type de démarche permet de vérifier les hypothèses. Alors cette approche est à l'observation ce que le questionnaire est à l'entretien. Le choix pour l'une ou pour l'autre de ces démarches dépend bien entendu, comme pour l'entretien, du degré d'avancement de la recherche, mais aussi de choix épistémologiques, plus les hypothèses sont précises, plus la grille d'observation peut être précise et structurée en relation avec les hypothèses que vous allez tester. Alors les approches qualitatives s'intéressent aux 2 premiers types d'observation informel et semi-structurées. Ça, c'était pour le premier type d'observation, selon le degré de structuration que vous alliez réaliser. Deuxièmement, selon le degré de construction de la situation observée, l'observateur. On peut porter l'observation sur une situation “naturelle”.
Par exemple, l'observation du jeu de crèche sans intervenant extérieur, l'observation sur une aire de jeu, l'observation du jeu de billes.
Par exemple, l'observation du jeu de crèches avec un intervenant extérieur qui accompagne le jeu cela va entraîner une autre lecture de l'observation, vu qu'il y a une personne qui va chapeauter tout ceci, ça peut être également une situation expérimentale construite en laboratoire ou en situation naturelle quand un opérateur induit un changement toujours dans l'exemple du jeu par exemple pour affiner les effets. L'effet d'une variable indépendante, par exemple sur une variable dépendante. Évidemment, tout ceci, ça dépend véritablement de votre objet d'étude.
3/ selon le degré d’implication de l’observateur
Question qui est liée au degré d'implication de l'observateur, est-ce qu'on est sur une observation distanciée, c'est-à-dire sur le modèle des sciences exactes qui présuppose qu'il est possible de ne pas altérer la situation par une présence discrète, neutre, effacée ? Par exemple, l'observateur dans le fond d'une classe qui observe un enseignant et ses élèves va-t-il avoir une influence ou pas ?
Cette question, elle se pose dans le cadre d'une observation distanciée et elle est également sujet à critiquer et limiter. Alors ça peut être également l'observation dissimulée, c'est-à-dire que l'observateur, le chercheur va se cacher par exemple derrière une vitre sans teinte pour observer une classe par exemple, ou alors une observation à l'insu des personnes observées. Par exemple, dans un lieu public où vous êtes sur une aire de jeux, vous êtes dans un parc.
Les gens ne se rendent pas compte que vous les observez. On appellera la technique de l'observation dissimulée.
Il existe également l'observation participante dans laquelle l'observateur, le chercheur, participe aux activités du groupe qui l'observe. Dans une relation négociée avec le groupe, par exemple, il se peut tout à fait qu' un chercheur en sciences sociales souhaite également un enseignant. Eh bien, dans ces cas-là, il observera sa classe en ayant une double casquette et en sachant qu'il a une place prédéterminée.
Donc l'implication de l'observateur, elle implique 3 modèles, l'observation distanciée, l'observation dissimulée, l'observation participante.
4/ selon la durée
Technique d'observation qui est liée selon la durée. Est-ce que c'est une durée courte dans le cas d'une observation s'inscrivant dans le cadre d'une enquête sur échantillon, par exemple, observer 50 classes choisies en fonction d'un échantillon préalable et consacré à 01h00 d'observation à chaque classe .Donc, c'est une durée courte, et puis ça peut être également une durée plus longue dans le cas d'une monographie, par exemple, avec des séjours répétés au sein même d'une classe à l'occasion d'une observation participante d'une durée de 6 mois au sein d'un établissement par exemple.
5/ selon la taille du groupe observé et la complexité des interactions
Alors 5e cas de figure, l'observation. Elle va être différente selon la taille du groupe que vous allez observer et la complexité des interactions de l'observation d'une personne, par exemple le jeu d'un enfant à l'observation d'un petit groupe, d'enfants jouant dans une cour de récréation à un grand groupe, le groupe classe. Alors ceci peut être décliné évidemment dans d'autres domaines.
⇨ Dans quels cas choisir l’observation ?
Toujours être justifié vu que vous êtes dans une démarche scientifique. Alors qu'est ce qui permet de justifier le fait qu'on choisit l'observation ?
1/ quand le groupe étudié n’est pas accessible par entretien
Premièrement, quand le groupe que le chercheur étudie n'est pas accessible par entretien. Par exemple les animaux, les enfants ou alors les groupes réfractaires à l'entretien.
C'est le premier cas dans lequel on peut choisir l'observation.
2/ pour l’étude des activités dans leur contexte
Deuxièmement, pour l'étude des activités dans leur contexte. Par exemple, l'observation permet de situer les logiques d'action des acteurs dans leur contexte. Certaines situations ont de longues dates nourries les observations. Par exemple, les activités ludiques des enfants et modes de sociabilité, les démarches de choix de produits de consommation, les pratiques pédagogiques, ou alors les pratiques de recrutement. Si on est dans un autre registre, les pratiques d'orientation, de communication par exemple au sein d'un groupe de foot ou d'une équipe de basket.
Tous ces éléments permettent de justifier que l'étude des activités dans leur contexte peut être objectivée par le biais d'une observation.
Alors il y a également les études des savoirs pratiques qui sont par exemple difficiles à expliquer. Je pense par exemple au comportement à un poste de travail ou à la confrontation des discours et des pratiques. Par exemple comparer ce que les gens disent par rapport à ce qu'ils font. On est sur le registre des représentations.
D'accord, vous êtes dans le cadre d'un entretien, vous avez réalisé des entretiens qui vous vous dites on va très bien, on m'a dit qu'il fait ça. Mais concrètement, dans la situation, qu'est-ce qu'ils font concrètement ? Voilà donc une confrontation entre d'un côté des discours et de l'autre les pratiques réelles.
Autre élément, vous pouvez étudier des rituels qui permettent d'appréhender l'activité et les relations au sein d'un groupe dans leur dimension symbolique.
3/ en début de recherche : familiarisation avec le champ de recherche, approche exploratoire
Vous pouvez également choisir l'observation en début de recherche. Ça vous permet d'une part de vous familiariser avec le champ de recherche que vous allez investiguer, c'est une prise de connaissance des acteurs, de leurs pratiques et du contexte dans lequel ils se situent. Elle est valorisée dans le cadre d'une approche exploratoire qui peut être préalable à la mise en place du dispositif de recherche .
⇨ Les problèmes de l’observation ?
Ensuite, évidemment, comme à chaque fois que vous utilisez un outil en sciences sociales, il peut avoir des limites et poser problème. Donc là, dans le cadre de l'observation, la présence de l'observateur du chercheur peut affecter la situation observée, c'est-à-dire la transformer. Comme dans la situation d'entretien, l'observateur va s'efforcer de neutraliser ses effets, se faire oublier, se faire accepter comme individu, non pas s'immiscer dans le jeu d'alliance au sein d'un groupe par exemple.
Une observation de longue durée peut favoriser justement la création d'affinités, le chercheur et les membres du groupe. Et finalement augmenter les risques d'identification du chercheur aux valeurs et aux fonctionnement du groupe.
Autre problème de l'observation, c'est l'accès au terrain de l'observation. Cet accès est plus facile quand il s'agit d'observer des pratiques habituellement protégées d'un regard d'un tiers. Par exemple la vie des gens, la vie privée des gens. La place du chercheur est quand même complexe à gérer. Le professeur dans sa classe également ou dans un conseil de classe. Ou encore des pratiques illicites: les pratiques de gangs ou alors de prostitution.
Tout ça, c'est des observations qui ont été menées.
Voilà comment dire ça questionne également la place du chercheur, tant ce protocole de recherche et de l'outil qui est donc l'observation.
Problème qu'implique la technique de l'observation. Donc d'une part, c'est sélectionner l'observation, il n'est pas possible de tout observer, donc effectivement, il va falloir à un moment donné se contraindre à une sélection. Il est par exemple extrêmement difficile d'observer le comportement de tous les groupes. Si je reste toujours sur l'exemple de la cour de récréation, voilà ce que vous allez pouvoir observer tous les groupes d'élèves.Il s'agit alors d'identifier au préalable les situations particulièrement significatives au regard de la problématique de la recherche. Donc effectivement, cette observation, elle sera préalable c'est-à-dire que cette observation, elle va consister à observer certains élèves et pas tous pour que cela réponde à la problématique de votre objet d'étude. Alors également, d'autres problèmes sont liés au nombre d'observateurs. Plus le risque d'implication est important, plus il peut s'avérer judicieux de confronter plusieurs points de vue sur une même situation. Donc être plusieurs observateurs d'une situation similaire. De même, quand on veut observer un groupe de taille importante, par exemple, si vous faites l'observation des pratiques des familles le dimanche au parc du colosse ou au parc de la Trinité, il va de soi qu' il vaut mieux être à plusieurs observateurs.
Par exemple pour voir la pratique du pique-nique chez les familles créoles. Donc voilà, vous ne pouvez pas tout observer dans dans dans dans ce type d'espace là.
Ensuite, il y a toujours une question éthique. L'observation met la personne observée en situation de vulnérabilité dès lors qu'elle est conduite à montrer et à dévoiler des comportements dont elle maîtrise rarement consciemment la logique. De ce fait, l'observateur, le chercheur est en quelque sorte en situation de pouvoir sur les personnes observées. C'est pourquoi parfois les personnes résistent à l'observation quand elles n'ont pas l'assurance que l'observateur a des intentions bienveillantes, et tout ça re-questionne la technique de l'observation dissimulé-participative.
C'est des éléments qu'il faut que vous questionniez dans votre démarche méthodologique.
Pour aller plus loin :
PERETZ H., (1988), Les méthodes en sociologie : l’observation, Paris, La découverte.
KOHN R., (1998), Les enjeux de l’observation, Paris, Anthropos.
POSTICM., KETELE., J.M., (1988), Observer les situations éducatives, Paris, PUF.
LAPLANTINE F., (1996), La description ethnographique, Paris, U 128 Nathan.
