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Post-Bac

Littérature comparée

Introduction: désir, audace et ambition

-Le personnage de l’ambitieux appelle à une réflexion philosophique qui consiste à se demander si être ambitieux serait un projet individuel, mais qui serait très proche d’un désir égoïste car la première définition du mot au XIIIe est « désir passionné des honneurs ». Il chercherait à obtenir plus que les autres. 

-Au cours du temps, la notion d’ambition est liée à la gloire. Un ambitieux peut écraser les autres par ambition de gloire.

-Hugo montre dans sa pièce que quand un roi n’a pas d’ambitions, c’est les autres qui en ont

-L’ambition pose des questions vis-à-vis de l’autorité puisqu’elle suscite éventuellement l’admiration.

-Dans notre film (Citizen Kane) nous assistons à l’ascension d’un homme pauvre qui devient un grand chef d’entreprise, puis homme politique. Toutes les personnes qu’il a côtoyés sont admiratives de son ascension sociale. 

-Portée commune : il achète un journal pour au départ porter la voix du peuple.

-L’ambition ne porte que sur soi-même. C’est un désir de réussir pour sois même. Dans une vision positive, avoir de l’ambition c’est être capable d’être meilleur. 

A retenir :

Différence avec le désir : le désir peut ne pas être assouvit. Il n’a pas pour vocation d’être obtenu, alors que l’ambition donne des objectifs clairs à atteindre, et s’ils ne sont pas atteints c’est un échec.

-Exemple: Blas a de l'ambition et du désir (ambition de de devenir ministre et désir envers la reine).

-Le fait d’avoir de l’ambition consiste à se donner des modèles (d’être comme d’autres). Les résultats de l’ambition sont quantifiables, pas ceux du désir.

-Kain a beaucoup de choses quantifiables (les arbres, les caisses de matériels). Il assimile l’ambition à acquérir des choses.

-L’ambitieux cherche la reconnaissance d’autrui en montrant, le désir lui ne se montre pas matériellement. Ils sont vulnérables car en cherchant la reconnaissance ils sont souvent incapables de résister à être vus. C'est lié à leur orgueil (condamné par les religions).

-Ils ne vont pas vers les autres par bienveillance mais pour les rabaisser. Ces personnages ont une face sombre.

-Nos ambitieux ont des désirs de vengeance.

-Ils ont envie d’avoir plus (Kain aime accumuler des choses, Jean adore voler le vin de son maitre et le préfère à la bière à avoir les signes de la richesse). D’autres n’arrivent pas à sortir de leur condition (la deuxième épouse de Kain ou des amis à lui). Ils souffrent de l’ambition écrasante des ambitieux. Même les ambitieux peuvent souffrir, car ils confondent bonheur et ambition. 

-Les 3 œuvres montrent des ascensions incroyables mais également des chutes (Julie a une impression de tomber, la reine dans Ruy Blas se retrouve seule)

I) Désir de distinction:

-L’ambition vise à la distinction (être dans une classe sociale plus haute).

-Ce désir peut aller jusqu’à un désir inquiétant de notoriété. Le fait d’avoir été caché ou rejeté les a marqués (Kain a été séparé jeune de ses parents).

-L’ambition exige de s’exhiber (quand Jean parle de son hôtel, il se voit admiré de ses clients). Il veut être regardé par eux.

-Ils veulent exposer leur ambition pour montrer qu’elle a réussi. Exemple : Salluste, chez Hugo agit dans l’ombre. Il cache ses ambitions mais au début il dit ce qu’il veut, essaie de l’atteindre et veux être reconnu. Il a pour but de triompher publiquement.

-L’ambition peut prendre la forme de revanche, l’impression de ne pas avoir eu justice, ce qu’on méritait (soit pas assez d’argent, soit mauvaise considération des talents…). Cela amène des tensions entre les personnages, entre ambitieux et non ambitieux, entre ceux qui voient positivement l’ambition ou négativement.

-L’ambition peut venir de la personne, ou être une projection de celle de quelqu’un (les parents).

-Dans nos œuvres, l’ambition parait singulière et égoïste. Les ambitieux oublient les autres et ont un comportement déshumanisé (Julie reproche à Jean d’être froid, il voit l’ambition comme un moyen d’avoir une légitimité d’être violent envers les autres. Salluste estime qu’il n’est pas méchant, qu’il a été laissé par la reine et qu’il a le droit de lui prouver qu’il ne mérite pas le traitement qu’il a subi)

-L’ambition n’a pas de réticence morale, ce qui importe c’est ce qu’un individu se fait de lui-même. 

II) Ambition et égocentrisme:

-L'ambition c'est être contre les autres.

-A l’époque de Strindberg, le culte du « moi » commence chez des nationalistes. Ils pensent qu’il faudrait constamment s’améliorer. Ceux qui ne s’améliorent pas seraient des barbares. Pour eux les groupes qui n’évoluent pas sont responsables de leur sort et stagnent car ils n’ont aucune ambition

-L’ambition a tendance à considérer que sa vision du monde devrait être la seule.

-Kain arrive à devenir un homme riche de presse mais est ébloui par sa propre richesse. Il perd progressivement des humains au fur et à mesure qu’il accumule des biens. 

-L’ambition atteinte n’est qu’un léger passage dans la pièce, c’est passager.

III) Les perspectives historiques:

-Les 3 œuvres sont toutes situées entre 1838 et 1941-1942: siècle où la situation socio-politique se pose en perspective postrévolutionnaire.

-La révolution de 1789 a aboli les privilèges.

-Ce que proclame la Révolution française c’est la capacité d’un individu à prétendre à ce qu’il veut. Contredit la notion qui prévalait de l’héritage et ce qu’on appelle le privilège (ce que revendique Salluste).

-Nos 3 œuvres se situant dans un contexte où l’ambition peut exister, on peut prétendre à quelque chose que l’on n’a pas.

-L’ambition individuelle est vue comme une valeur positive à encourager et une réussite des aspirations révolutionnaires.

-Chez chacun de nos auteurs on a l’idée que des évolutions existent, mais est-ce souhaitable ? 

-Chez Hugo l’ambition ne peut être récompensée qu’avec le soutien des puissances. Dans le film c’est un peu pareil, Kain réussi grâce à son héritage inespéré. C’est peut-être pour ça que c’est un échec dans l’œuvre de Strindberg, l’environnement des personnages n’est pas favorable à la réussite.

-La pièce d’Hugo a été perçue comme une sorte d’interdiction de l’ambition (les privilèges revenaient). Dans l’environnement de Strindberg, même principe, en l’absence du comte personne n’ose avoir l’ambition de prendre sa place. 


A retenir :

Cette quête de la réussite individuelle est un héritage de la révolution. 

IV) La réception moraliste de l'ambition:

-On voit dans les pièces que certains ne veulent pas être ambitieux (César dans Ruy Blas par exemple). Ils veulent être en dehors de tout ça, ils ne veulent pas être connus.

-L’ambitieux est soupçonné d’égoïsme, mais surtout de ne pas pouvoir obtenir son bonheur par l’ambition

-De nombreux moralistes chrétiens condamnent l’ambition. Pour Lafontaine, l'ambition est humaine, mais dangereuse. Pour Bossuet, qui a écrit un serment sur l’ambition, il estime que c’est une mauvaise chose et qu’il faut accepter ses faiblesses. Dans les religions c’est vu comme une insatisfaction envers Dieu qui ne leur aurait pas donné assez.

-L’ambitieux est soupçonné de prendre trop alors que d’autres n’ont pas assez

-L’ambition dépasse l’ambitieux, il n’arrive plus à la maitriser

-L’ambitieux veut mais ne sais plus ce qu’il veut (exemple avec Kain qui veut accumuler mais pas un objet précis. Il ne s’intéresse pas aux objets qu’il a. Il ne différencie par ce qui lui plairait et qu’il aurait besoin)

-Ceux qui ne sont pas ambitieux sont victimes de ces derniers, et l’ambitieux se perd car il est dépassé.

V) Des fictions de l'échec:

-Dans les œuvres ils y a la fois des ascensions et des chutes violentes.

-Dans Ruy Blas, il obtient ce qu’il veut, voir plus (plan affectif et politique) mais il meurt juste après. On reconnait ses qualités mais il dérange et doit mourir. 

-Pour continuer à susciter le respect, Blas et Julie doivent mourir. On peut lier les morts de ces deux personnages à leur envie (ils veulent et rêvent d’être dans un haut rang et mourir à la fin d’une pièce c’est pour les aristocrates). Il y a une part de réussite. 

-Nos œuvres peuvent être vues comme des réussites temporaires, mais avec des échecs moralisateurs. Cette contradiction est liée au fait que l’ambition est encouragée, et l’égalité aussi, choses peu compatibles.

-Dans nos 3 œuvres, les personnages sont partagés entre rester fidèles à eux-mêmes ou en devenant quelqu’un d’autre. 

-Se pose donc la question de l’authenticité. Jean et Kain mentent beaucoup. Mentir pour être authentiques à soi-même est une question importante des 3 œuvres.

-Ils sont animés par une justice de vengeance pour eux-mêmes. En étant quelqu’un d’autre ils auront l’impression d’être eux-mêmes. 

-L’ambition est une illusion du bonheur qu’on paie cher et qui parait incompréhensible pour autrui. L’ambitieux veut quelque chose de plus que les autres à risque et il le sait.

-Cette ambition a tout du rêve dans nos 3 œuvres. Mais cette ambition se heurte au réel

Cours sur Ruy Blas de Hugo:

Cours sur Mademoiselle Julie de Strindberg:

-Le roman de l’ambition a du succès à l’époque. On admire des gens partis de peu qui tentent de monter socialement.

-Strindberg est auteur de la fin du XIXe siècle

-Il s’intéresse à un renouveau de la tragédie. Notre œuvre est pour lui une tragédie naturaliste.

-Sa pièce est sombre et cynique, il ne croit pas à la possibilité d’une émancipation heureuse. L’ambition peut créer des tensions dans la société. Il est pessimiste sur une méritocratie.

-Présence de la religion dans l’œuvre. Exemple: Kristin critique Julie sur les interdits religieux. 

-Julie est une fille qui veut s’émanciper.

-Jean prétend avoir voyagé. Il connait beaucoup de moyens de transports (atypique pour un serviteur, normalement il ne sort pas du village). Il sait avoir l’air de quelqu’un de riche: prémices de l’ambition. Jean imite et joue la comédie.

-Une des questions de la pièce : savoir quand Jean ment ou pas.

-Jean pense, par revanche sociale mériter plus.

A retenir :

Point sur la saint Jean :

La saint Jean célèbre la nuit où il y a le plus de luminosité, insupportable pour les gens.


-On peut se demander si la tragédie est en Julie elle-même, elle ne peut pas trouver un mari dans le village car elle est entre 2 classes sociales, elle ne peut pas épouser un serviteur pour autant. 

-Ce sont les classes sociales en dessous qui ne veulent pas que ça change (Kristin).

A retenir :

Strindberg: auteur psychologique (les problèmes des personnages), symboliste (la fête de la saint Jean, la religion) et naturaliste (le réalisme).

I) Lien entre Julie et l'hystérie:

-Strindberg pensait que la femme était inférieure à l’homme. Pour lui la raison est biologique. Les femmes sont plus fragiles. Pourtant il est pour l'émancipation de la femme: paradoxal.

-Julie est entravée par ses désirs, ses phantasmes, par l’image qu’on a d’elle

-Julie a une double condition sociale. Il la considère comme demi femme. Elle n’arriverais pas à rester dans sa condition attribuée. Elle aurait des attitudes d’homme car elle aurait été élevée ainsi (elle parle de façon crue, elle parle sans se contrôler).

-Pour lui: si l’identité n’est pas claire, on a des problèmes psychologiques et on va sombrer.

-Julie idéalise les pauvres, elle voudrait qu’ils soient vertueux en étant pauvre. Jean l’humilie, Kristin est malveillante, les paysans se moquent d’elle quand elle va danser avec elle. Sa vision romantique du monde est contrée.

-Il condamne la mésalliance : mariages entre classes différentes. Naturellement pour lui c’est inconcevable. Hugo voit une idéalisation de la mésalliance par l’amour, et Strindberg lui est fermé à cette idée.

II) Le tempérament et l'hérédité:

-Les personnages sont entravés par leur hérédité. La tragédie est là : ils sont déterminés par ce qu’ils héritent de leurs parents.

-On a un héritage, un tempérament et pour Strinberg on peut changer mais c’est une illusion. Jean peut devenir comte par l’argent mais intérieurement il ne peut pas changer.

-Julie reste une personne fragile, elle a une prédisposition liée à son éducation.

-Au début Julie est une jeune fille énervée, fragilité sociale ensuite car elle fait rentrer des paysans dans sa maison (elle s’interdit de dominer l’espace), puis on a l’image du désordre de la cuisine qui montre son propre désordre intérieur. 

-Au début elle se moque de Jean et de la cuisinière, puis c’est elle qui est raillée.

-Jean manipule Julie, dans un premier temps il essaie de la flatter en disant qu’ils sont proches (elle veut être proche de ses domestiques)

-Le moment de fête est une illusion de pouvoir pour Jean et Julie. Ils n’ont qu’un mini pouvoir.

-Les deux sont vus comme des menteurs. Julie ne parait pas naturelle, n’est pas crédible comme héroïne spontanée qui partirait la nuit en Italie avec un amant, rôle de la femme émancipée. Jean avoue qu’il mentait.

III) L'ambition:

-Julie dit ne pas en avoir. Elle voudrait l’abolir, comme la lutte des classes (au vu de son statut bancal). Pourtant elle est bien contente d’avoir Kristin.

-Jean lui estime que tout est tension, lutte. Il est ambitieux et instrument de la cruauté sociale.

-On peut se dire qu’il n’a peut-être jamais voyagé, qu’il a appris en lisant, au théâtre ou en participant à la vie du comte.

-Dès que le comte rentre, Jean revient à l’obéissance.

-Jean est à la fois le comédien qui joue le comte et cet homme qui craint le comte. Il a de l’ambition mais qui ne le fera pas sortir de ce qu’il est.

-Ruy Blas veut que tout le monde puisse arriver avec ses talents, et Jean veut réussir et que les autres s’inclinent.

-Jean se venge du comte en maltraitant Julie. 

Cours sur Citizen Kane:

-Sort en 1941 aux Etats-Unis. 

-Prise de risque financier, projet couteux et acteurs peu connus.

-Ce film est un projet personnel qui vient à raconter des parts de la vie du cinéaste

-Il a beaucoup voyagé et a une inspiration très européenne, du théâtre classique de Shakespeare, des romans français.

-Le cinéaste joue le rôle de Kane.

-Il contourne toutes les habitudes cinématiques.

-Il présente un film sur sa propre notoriété et sur les images mentales que nous nous en faisons.


Conclusion:

-Les pièces tirent une réflexion moraliste sur l’ambition. Ils parlent d’ambition mais plus on avance dans le temps et plus la vision idéaliste de l’ambition se brise.

-Le film est celui d’un ambitieux qui en joue un et cela correspond au rêve américain de l’ambition financière. Wells montre que l’ambition est possible mais n’est peut être pas souhaitable (il finit seul et est nostalgique de son enfance).

-Victor Hugo pense que l’ambitieux peut emmener avec lui tout un pays, faire réussir et être altruiste.

-Blas est la figure d’un jeune homme idéaliste qui ne s’accommode pas à la réalité.

Post-Bac

Littérature comparée

Introduction: désir, audace et ambition

-Le personnage de l’ambitieux appelle à une réflexion philosophique qui consiste à se demander si être ambitieux serait un projet individuel, mais qui serait très proche d’un désir égoïste car la première définition du mot au XIIIe est « désir passionné des honneurs ». Il chercherait à obtenir plus que les autres. 

-Au cours du temps, la notion d’ambition est liée à la gloire. Un ambitieux peut écraser les autres par ambition de gloire.

-Hugo montre dans sa pièce que quand un roi n’a pas d’ambitions, c’est les autres qui en ont

-L’ambition pose des questions vis-à-vis de l’autorité puisqu’elle suscite éventuellement l’admiration.

-Dans notre film (Citizen Kane) nous assistons à l’ascension d’un homme pauvre qui devient un grand chef d’entreprise, puis homme politique. Toutes les personnes qu’il a côtoyés sont admiratives de son ascension sociale. 

-Portée commune : il achète un journal pour au départ porter la voix du peuple.

-L’ambition ne porte que sur soi-même. C’est un désir de réussir pour sois même. Dans une vision positive, avoir de l’ambition c’est être capable d’être meilleur. 

A retenir :

Différence avec le désir : le désir peut ne pas être assouvit. Il n’a pas pour vocation d’être obtenu, alors que l’ambition donne des objectifs clairs à atteindre, et s’ils ne sont pas atteints c’est un échec.

-Exemple: Blas a de l'ambition et du désir (ambition de de devenir ministre et désir envers la reine).

-Le fait d’avoir de l’ambition consiste à se donner des modèles (d’être comme d’autres). Les résultats de l’ambition sont quantifiables, pas ceux du désir.

-Kain a beaucoup de choses quantifiables (les arbres, les caisses de matériels). Il assimile l’ambition à acquérir des choses.

-L’ambitieux cherche la reconnaissance d’autrui en montrant, le désir lui ne se montre pas matériellement. Ils sont vulnérables car en cherchant la reconnaissance ils sont souvent incapables de résister à être vus. C'est lié à leur orgueil (condamné par les religions).

-Ils ne vont pas vers les autres par bienveillance mais pour les rabaisser. Ces personnages ont une face sombre.

-Nos ambitieux ont des désirs de vengeance.

-Ils ont envie d’avoir plus (Kain aime accumuler des choses, Jean adore voler le vin de son maitre et le préfère à la bière à avoir les signes de la richesse). D’autres n’arrivent pas à sortir de leur condition (la deuxième épouse de Kain ou des amis à lui). Ils souffrent de l’ambition écrasante des ambitieux. Même les ambitieux peuvent souffrir, car ils confondent bonheur et ambition. 

-Les 3 œuvres montrent des ascensions incroyables mais également des chutes (Julie a une impression de tomber, la reine dans Ruy Blas se retrouve seule)

I) Désir de distinction:

-L’ambition vise à la distinction (être dans une classe sociale plus haute).

-Ce désir peut aller jusqu’à un désir inquiétant de notoriété. Le fait d’avoir été caché ou rejeté les a marqués (Kain a été séparé jeune de ses parents).

-L’ambition exige de s’exhiber (quand Jean parle de son hôtel, il se voit admiré de ses clients). Il veut être regardé par eux.

-Ils veulent exposer leur ambition pour montrer qu’elle a réussi. Exemple : Salluste, chez Hugo agit dans l’ombre. Il cache ses ambitions mais au début il dit ce qu’il veut, essaie de l’atteindre et veux être reconnu. Il a pour but de triompher publiquement.

-L’ambition peut prendre la forme de revanche, l’impression de ne pas avoir eu justice, ce qu’on méritait (soit pas assez d’argent, soit mauvaise considération des talents…). Cela amène des tensions entre les personnages, entre ambitieux et non ambitieux, entre ceux qui voient positivement l’ambition ou négativement.

-L’ambition peut venir de la personne, ou être une projection de celle de quelqu’un (les parents).

-Dans nos œuvres, l’ambition parait singulière et égoïste. Les ambitieux oublient les autres et ont un comportement déshumanisé (Julie reproche à Jean d’être froid, il voit l’ambition comme un moyen d’avoir une légitimité d’être violent envers les autres. Salluste estime qu’il n’est pas méchant, qu’il a été laissé par la reine et qu’il a le droit de lui prouver qu’il ne mérite pas le traitement qu’il a subi)

-L’ambition n’a pas de réticence morale, ce qui importe c’est ce qu’un individu se fait de lui-même. 

II) Ambition et égocentrisme:

-L'ambition c'est être contre les autres.

-A l’époque de Strindberg, le culte du « moi » commence chez des nationalistes. Ils pensent qu’il faudrait constamment s’améliorer. Ceux qui ne s’améliorent pas seraient des barbares. Pour eux les groupes qui n’évoluent pas sont responsables de leur sort et stagnent car ils n’ont aucune ambition

-L’ambition a tendance à considérer que sa vision du monde devrait être la seule.

-Kain arrive à devenir un homme riche de presse mais est ébloui par sa propre richesse. Il perd progressivement des humains au fur et à mesure qu’il accumule des biens. 

-L’ambition atteinte n’est qu’un léger passage dans la pièce, c’est passager.

III) Les perspectives historiques:

-Les 3 œuvres sont toutes situées entre 1838 et 1941-1942: siècle où la situation socio-politique se pose en perspective postrévolutionnaire.

-La révolution de 1789 a aboli les privilèges.

-Ce que proclame la Révolution française c’est la capacité d’un individu à prétendre à ce qu’il veut. Contredit la notion qui prévalait de l’héritage et ce qu’on appelle le privilège (ce que revendique Salluste).

-Nos 3 œuvres se situant dans un contexte où l’ambition peut exister, on peut prétendre à quelque chose que l’on n’a pas.

-L’ambition individuelle est vue comme une valeur positive à encourager et une réussite des aspirations révolutionnaires.

-Chez chacun de nos auteurs on a l’idée que des évolutions existent, mais est-ce souhaitable ? 

-Chez Hugo l’ambition ne peut être récompensée qu’avec le soutien des puissances. Dans le film c’est un peu pareil, Kain réussi grâce à son héritage inespéré. C’est peut-être pour ça que c’est un échec dans l’œuvre de Strindberg, l’environnement des personnages n’est pas favorable à la réussite.

-La pièce d’Hugo a été perçue comme une sorte d’interdiction de l’ambition (les privilèges revenaient). Dans l’environnement de Strindberg, même principe, en l’absence du comte personne n’ose avoir l’ambition de prendre sa place. 


A retenir :

Cette quête de la réussite individuelle est un héritage de la révolution. 

IV) La réception moraliste de l'ambition:

-On voit dans les pièces que certains ne veulent pas être ambitieux (César dans Ruy Blas par exemple). Ils veulent être en dehors de tout ça, ils ne veulent pas être connus.

-L’ambitieux est soupçonné d’égoïsme, mais surtout de ne pas pouvoir obtenir son bonheur par l’ambition

-De nombreux moralistes chrétiens condamnent l’ambition. Pour Lafontaine, l'ambition est humaine, mais dangereuse. Pour Bossuet, qui a écrit un serment sur l’ambition, il estime que c’est une mauvaise chose et qu’il faut accepter ses faiblesses. Dans les religions c’est vu comme une insatisfaction envers Dieu qui ne leur aurait pas donné assez.

-L’ambitieux est soupçonné de prendre trop alors que d’autres n’ont pas assez

-L’ambition dépasse l’ambitieux, il n’arrive plus à la maitriser

-L’ambitieux veut mais ne sais plus ce qu’il veut (exemple avec Kain qui veut accumuler mais pas un objet précis. Il ne s’intéresse pas aux objets qu’il a. Il ne différencie par ce qui lui plairait et qu’il aurait besoin)

-Ceux qui ne sont pas ambitieux sont victimes de ces derniers, et l’ambitieux se perd car il est dépassé.

V) Des fictions de l'échec:

-Dans les œuvres ils y a la fois des ascensions et des chutes violentes.

-Dans Ruy Blas, il obtient ce qu’il veut, voir plus (plan affectif et politique) mais il meurt juste après. On reconnait ses qualités mais il dérange et doit mourir. 

-Pour continuer à susciter le respect, Blas et Julie doivent mourir. On peut lier les morts de ces deux personnages à leur envie (ils veulent et rêvent d’être dans un haut rang et mourir à la fin d’une pièce c’est pour les aristocrates). Il y a une part de réussite. 

-Nos œuvres peuvent être vues comme des réussites temporaires, mais avec des échecs moralisateurs. Cette contradiction est liée au fait que l’ambition est encouragée, et l’égalité aussi, choses peu compatibles.

-Dans nos 3 œuvres, les personnages sont partagés entre rester fidèles à eux-mêmes ou en devenant quelqu’un d’autre. 

-Se pose donc la question de l’authenticité. Jean et Kain mentent beaucoup. Mentir pour être authentiques à soi-même est une question importante des 3 œuvres.

-Ils sont animés par une justice de vengeance pour eux-mêmes. En étant quelqu’un d’autre ils auront l’impression d’être eux-mêmes. 

-L’ambition est une illusion du bonheur qu’on paie cher et qui parait incompréhensible pour autrui. L’ambitieux veut quelque chose de plus que les autres à risque et il le sait.

-Cette ambition a tout du rêve dans nos 3 œuvres. Mais cette ambition se heurte au réel

Cours sur Ruy Blas de Hugo:

Cours sur Mademoiselle Julie de Strindberg:

-Le roman de l’ambition a du succès à l’époque. On admire des gens partis de peu qui tentent de monter socialement.

-Strindberg est auteur de la fin du XIXe siècle

-Il s’intéresse à un renouveau de la tragédie. Notre œuvre est pour lui une tragédie naturaliste.

-Sa pièce est sombre et cynique, il ne croit pas à la possibilité d’une émancipation heureuse. L’ambition peut créer des tensions dans la société. Il est pessimiste sur une méritocratie.

-Présence de la religion dans l’œuvre. Exemple: Kristin critique Julie sur les interdits religieux. 

-Julie est une fille qui veut s’émanciper.

-Jean prétend avoir voyagé. Il connait beaucoup de moyens de transports (atypique pour un serviteur, normalement il ne sort pas du village). Il sait avoir l’air de quelqu’un de riche: prémices de l’ambition. Jean imite et joue la comédie.

-Une des questions de la pièce : savoir quand Jean ment ou pas.

-Jean pense, par revanche sociale mériter plus.

A retenir :

Point sur la saint Jean :

La saint Jean célèbre la nuit où il y a le plus de luminosité, insupportable pour les gens.


-On peut se demander si la tragédie est en Julie elle-même, elle ne peut pas trouver un mari dans le village car elle est entre 2 classes sociales, elle ne peut pas épouser un serviteur pour autant. 

-Ce sont les classes sociales en dessous qui ne veulent pas que ça change (Kristin).

A retenir :

Strindberg: auteur psychologique (les problèmes des personnages), symboliste (la fête de la saint Jean, la religion) et naturaliste (le réalisme).

I) Lien entre Julie et l'hystérie:

-Strindberg pensait que la femme était inférieure à l’homme. Pour lui la raison est biologique. Les femmes sont plus fragiles. Pourtant il est pour l'émancipation de la femme: paradoxal.

-Julie est entravée par ses désirs, ses phantasmes, par l’image qu’on a d’elle

-Julie a une double condition sociale. Il la considère comme demi femme. Elle n’arriverais pas à rester dans sa condition attribuée. Elle aurait des attitudes d’homme car elle aurait été élevée ainsi (elle parle de façon crue, elle parle sans se contrôler).

-Pour lui: si l’identité n’est pas claire, on a des problèmes psychologiques et on va sombrer.

-Julie idéalise les pauvres, elle voudrait qu’ils soient vertueux en étant pauvre. Jean l’humilie, Kristin est malveillante, les paysans se moquent d’elle quand elle va danser avec elle. Sa vision romantique du monde est contrée.

-Il condamne la mésalliance : mariages entre classes différentes. Naturellement pour lui c’est inconcevable. Hugo voit une idéalisation de la mésalliance par l’amour, et Strindberg lui est fermé à cette idée.

II) Le tempérament et l'hérédité:

-Les personnages sont entravés par leur hérédité. La tragédie est là : ils sont déterminés par ce qu’ils héritent de leurs parents.

-On a un héritage, un tempérament et pour Strinberg on peut changer mais c’est une illusion. Jean peut devenir comte par l’argent mais intérieurement il ne peut pas changer.

-Julie reste une personne fragile, elle a une prédisposition liée à son éducation.

-Au début Julie est une jeune fille énervée, fragilité sociale ensuite car elle fait rentrer des paysans dans sa maison (elle s’interdit de dominer l’espace), puis on a l’image du désordre de la cuisine qui montre son propre désordre intérieur. 

-Au début elle se moque de Jean et de la cuisinière, puis c’est elle qui est raillée.

-Jean manipule Julie, dans un premier temps il essaie de la flatter en disant qu’ils sont proches (elle veut être proche de ses domestiques)

-Le moment de fête est une illusion de pouvoir pour Jean et Julie. Ils n’ont qu’un mini pouvoir.

-Les deux sont vus comme des menteurs. Julie ne parait pas naturelle, n’est pas crédible comme héroïne spontanée qui partirait la nuit en Italie avec un amant, rôle de la femme émancipée. Jean avoue qu’il mentait.

III) L'ambition:

-Julie dit ne pas en avoir. Elle voudrait l’abolir, comme la lutte des classes (au vu de son statut bancal). Pourtant elle est bien contente d’avoir Kristin.

-Jean lui estime que tout est tension, lutte. Il est ambitieux et instrument de la cruauté sociale.

-On peut se dire qu’il n’a peut-être jamais voyagé, qu’il a appris en lisant, au théâtre ou en participant à la vie du comte.

-Dès que le comte rentre, Jean revient à l’obéissance.

-Jean est à la fois le comédien qui joue le comte et cet homme qui craint le comte. Il a de l’ambition mais qui ne le fera pas sortir de ce qu’il est.

-Ruy Blas veut que tout le monde puisse arriver avec ses talents, et Jean veut réussir et que les autres s’inclinent.

-Jean se venge du comte en maltraitant Julie. 

Cours sur Citizen Kane:

-Sort en 1941 aux Etats-Unis. 

-Prise de risque financier, projet couteux et acteurs peu connus.

-Ce film est un projet personnel qui vient à raconter des parts de la vie du cinéaste

-Il a beaucoup voyagé et a une inspiration très européenne, du théâtre classique de Shakespeare, des romans français.

-Le cinéaste joue le rôle de Kane.

-Il contourne toutes les habitudes cinématiques.

-Il présente un film sur sa propre notoriété et sur les images mentales que nous nous en faisons.


Conclusion:

-Les pièces tirent une réflexion moraliste sur l’ambition. Ils parlent d’ambition mais plus on avance dans le temps et plus la vision idéaliste de l’ambition se brise.

-Le film est celui d’un ambitieux qui en joue un et cela correspond au rêve américain de l’ambition financière. Wells montre que l’ambition est possible mais n’est peut être pas souhaitable (il finit seul et est nostalgique de son enfance).

-Victor Hugo pense que l’ambitieux peut emmener avec lui tout un pays, faire réussir et être altruiste.

-Blas est la figure d’un jeune homme idéaliste qui ne s’accommode pas à la réalité.