Le roman du XVIIIe siècle marque une transition vers une analyse plus approfondie des mœurs et des psychologies humaines. Plusieurs sous-genres se développent. Le roman picaresque, représenté par Gil Blas de Santillane de Lesage, met en scène les aventures d'un picaro, symbole de ruse et d'amibition. Le roman psychologique, avec des œuvres comme La Vie de Marianne de Marivaux, explore les complexités des émotions. Le roman sentimental, par exemple dans Manon Lescaut de l'abbé Prévost, se concentre sur les passions dévastatrices. Enfin, le roman libertin, illustré par Les Liaisons dangereuses de Laclos et les œuvres de Sade, critique cyniquement la morale et met en scène des relations de pouvoir et de séduction.
Définitions essentielles
Définition
Le roman du XVIIIe siècle
Le roman du XIXe siècle
Le XIXe siècle est marqué par trois grandes tendances dans le roman : le romantisme, le réalisme et le naturalisme. Le roman romantique, incarné par Hugo avec Les Misérables, présente souvent un héros en marge de la société. Le réalisme, avec Balzac, Stendhal et Flaubert, s'attache à décrire la réalité sociale de l'époque, en s'intéressant particulièrement à la bourgeoisie et aux relations socio-politiques. Le naturalisme, mené par Zola, propose une vision scientifique du roman, où les personnages, tels des cobayes, sont étudiés pour montrer les influences de l'hérédité et du milieu. Le roman d'apprentissage se développe également, illustrant l'évolution des personnages face à la société de leur temps.
Le roman du XXe siècle à nos jours
Le XXe siècle voit une transformation radicale de la forme romanesque. Avec Proust, le narrateur et l'analyse introspective prennent le devant de la scène littéraire. Les guerres mondiales influencent les romans, qui souvent révèlent des personnages impuissants face à des événements colossaux. Le Nouveau Roman, dans les années 1950-1970, se concentre sur le langage et déconstruit les personnages en refusant les conventions narratives traditionnelles. Aujourd'hui, le roman tend à réintégrer des éléments de réalisme et d'étude psychologique, avec une influence marquée de l'autofiction, où fiction et réalité se mêlent pour une introspection plus profonde.
Le personnage de roman
Le personnage de roman est "un être de papier", une construction auteurale approximant l'humain dans toute sa complexité. Le réseau relationnel, les tensions dramatiques et les innovations stylistiques construisent l'identité du personnage. Le héros évolue d'une figure traditionnellement noble vers des formes anti-héroïques. Son identité est façonnée par divers éléments : discours (direct, indirect, indirect libre), regards (focalisation externe, interne, zéro), et surtout le récit qui lui confère sens. Contrairement à une lecture simpliste, le personnage n'est pas toujours l'alter ego de l'écrivain mais un vecteur de thématiques multiples qui construit sa propre cohérence au sein du récit.
