- Une sous‐discipline de la psychologie
- Une science des interactions sociales
- Etudie l’effet du contexte sur l’individu
→ les formes de pensée et de comportements déterminées par les relations sociales
Définition : « La psychologie sociale consiste à essayer de comprendre et d’expliquer comment les pensées, sentiments et comportements des individus, sont influencés parla présence imaginaire, implicite ou explicite des autres ». (Allport,1954)
Spécificités de la psychologie sociale :
Relation à un "objet" médiatisée par la présence d'autrui ou par le contexte social dans lequel nous nous trouvons à un moment précis.
Alter : L'objet social, l'autre
Ego : Le sujet individuel, soi
Objet : L'objet d'étude en lui-même
Types de relation entre l’ego et l’alter : la reconnaissance sociale, la facilitation sociale, l’influence sociale, la comparaison sociale, la fonction normative que représente la position d’un alter pour un ego, la reconnaissance sociale que réclame un groupe ou un ego face à l’alter ou alors de l’opposition de l’un à l’autre.
Exemples :
- L’Ego (vous) va forcément interpréter, se représenter et réagir en fonction de l’Alter (comportement de l’enseignant).
Alter : Enseignant qui mange un citron en cours (fou, mal de gorge...)
Ego : ressenti (grimace, rire, interrogation)
Objet : Citron (acide, vitaminés)
Autres exemples : Refus soin patient, collègue qu’on apprécie qui adopte un comportement revendicateur...
Objets d'étude :
- Les relations interpersonnelles, intra‐ et intergroupes
- Valeurs, normes, attitudes, représentations sociales, perception d’autrui, stéréotypes...
- Communication, obéissance, influence sociale, persuasion, engagement
Objectif 1 : Repères théoriques pour :
- Appréhender la complexité des interactions humaines
- Lire, interpréter et analyser des situations (de soins)
- S'inscrire dans une démarche dynamique de réflexion sur sa pratique, les institutions, l'environnement social...
Objectif 2 : mieux appréhender les relations :
- Dans la vie quotidienne
- Pour votre (future) vie professionnelle
→ Entre élèves, élèves formateurs
→ Au sein de l'équipe de travail (collègues, supérieurs, médecins, aide-soignant)
→ Patients et l'entourage
Appréhender :
- L’impact du contexte social de la communication
- Le rôle des significations que l’on mobilise à propos de soi, des autres et des objets
Repérer des processus à l’œuvre dans ces interactions :
- L’effet des attitudes, représentations à propos de soi, des autres, des situations, des normes sociales (processus d’influence sociale), les rapports hiérarchiques, les processus de persuasion, l’engagement public
Que pensez-vous de moi ?
L’approche psychosociale de la communication : enjeux pour la relation soignant/soigné
Diversité des situations de communication :
- Dialogue entre plusieurs personnes
- Échanges par téléphone, mails, vocaux, réseaux sociaux...
- Un cours
- Mais aussi : campagnes d'information, publicité, politique, prévention...
Modèle technique de la communication : câbles téléphoniques (Téléphonistes)
Points forts et limites :
Intérêt :
- Description des éléments physiques de la situation
- Boucle de rétroaction (feedback)
Limites :
- Conception mécanique de la communication Communication vue comme non ambiguë problème de communication : uniquement technique quid du récepteur et de l’émetteur ?
Approche psychosociale :
« Dans la communication, entrent en contact, non pas une «boîte noire» émettrice et une «boîte noire» réceptrice mais un « locuteur » et un « allocuté », plus généralement deux ou plusieurs personnalités, engagées dans une situation commune et qui se débattent avec des significations ». (Anzieu & Martin, 1968)
- La personne
- La situation sociale ou situation commune
- Les significations construites au cours de la communication
Ce qui est en jeu :
=» Facteurs de personnes
=»Situation sociale ou contexte
- Le statu social
- Les rôles
- Les enjeux et le contrat de communication
=»Les significations
- Les représentations d'autrui
- Les stéréotypes
- Les attitudes
- Les motivations et caractéristiques personnelles
- L’état émotionnel et affectif
- Le niveau intellectuel et culturel
- Le système de valeurs
- L’histoire personnelle...
→ Leurs cadres de référence (au moment de la communication)
Effets des caractéristiques personnelles sur la réceptivité à une communication (vaccin) :
Conditions favorables :
- Une étudiante en SVT
- Informée des risques inhérents au Covid
- Motivée pour se
- Vacciner
- Souvenirs positifs à l’égard des personnels soignants qu’elle a croisés
Conditions défavorables :
- Un jeune adulte
- Qui minimise les risques
- A des soucis de couple
- Particulièrement hostile à la médecine traditionnelle
- Adhère aux théories complotistes
→ Des pratiques différentes
Contexte « physique » : le lieu et le moment
Ex : Urgence sous effectif vs. Urgence effectif au complet
Contexte social : positions sociales des interlocuteurs et enjeux de l’échange
Ex : Un médecin et une infirmière versus un interne et une infirmière ou encore deux infirmières ou un infirmier et une infirmière
2.1. Le statut social
« Toute position ou caractéristique sociale permettant de préciser la condition ou le rang d'un individu parmi d'autres possibles dans une société donnée » (Maisonneuve, 1973).
Catégories sociales permettant :
‐ de décrire et classifier les individus
‐ de les hiérarchiser en fonction de leur rang dans une échelle sociale de prestige et de pouvoir
Ex : homme /femme ; adulte / ado...; Professions : médecins, infirmier(e)s, aides-soignants(e)..
- Des statuts assignés (par la naissance) ou acquis
- Aspect institutionnel/légal : droits, devoirs et obligations
- Aspect prescriptif/fonctionnel : comportement attendu
→ Le rôle
2.2. Les rôles
- Modèles organisés de conduite relatif à une certaine position dans un ensemble interactionnel
- Schéma mental relatif à ce qui doit être fait ...
- Complémentarité des rôles :
Ex : Rôle : infirmier(e) Contre‐rôle : patient
- Attentes de rôles : la norme quant à ce qui doit être fait
- Conflits de rôles
→ Intra‐personnels entre plusieurs rôles que l’on occupe (ex : mère et salariée)
→ Interpersonnels selon l’adéquation des attentes mutuelles
Trois niveaux ou dimensions des rôles
Prescrit : description sociale : ce qui doit être fait
Subjectif : niveau personnel : ce que je pense devoir faire
En acte : niveau concret : ce que je fais réellement en contexte
→ Possible décalage entre les trois niveaux = sources de conflits intra et interpersonnels
2.3. Les enjeux et le contrat de Communication
Dans toutes situations, mise en balance des risques et des bénéfices liés à l’interaction :
- Reconnaissance sociale : faire bonne figure /perdre la face
- Valorisation sociale : construire des affinités /être rejeté par autrui
- Influence réciproque : subir /exercer une influence
- Compréhension mutuelle : construction d’une vision commune / monologues croisés
Le contrat de communication (Ghiglione).
Permet de préciser le cadre de l’échange et ses enjeux
- Quatre composantes de la situation
1. Les partenaires : « qui s’adresse à qui ? »
2. La finalité des échanges : « dans quel but ? ».
3. Quel est le propos : « de quoi va‐t‐on parler ? »
4. Le dispositif : « dans quel cadre se fait l’échange ? »
Petite conclusion :
- La communication est un processus complexe
- Nécessité de prendre en compte :
→ ce que sont les individus
→ de quelle place ils parlent
→ Les enjeux qui caractérisent la situation...
- Elle mobilise avant tout des significations ou représentations
- Chacun des interlocuteurs interprète la situation, les objets, les acteurs de la situation et leurs conduites
- Deux processus à l’œuvre :
→ d'association ou « effet de halo » en fonction des expériences antérieures et résonance affective
→ de sélection ou « un filtrage »
=» Conséquences dans le traitement des informations
Expérience de Hastorf et Cantrill (1954)
Contexte :
- Match de foot américain Princeton vs Darthmouth
- Princeton perd et leur star se blesse
Evaluation par les supporters de chacune des équipes :
- Nombre de fautes,
- Type de faute : flagrante vs normale
Résultats :
- Supporters de Princeton : 2 fois plus de fautes recensées
- Perception de fautes flagrantes
→ évite de considérer que Dartmouth était meilleure
Des représentations de niveaux différents :
Des représentations à propos de soi, de l’autre et de la situation
Pêcheux (1969) : 3 types de représentations (ou formations imaginaires)
- R° réciproques : image que chacun se fait de lui‐même et de l’autre
- R° de l’objet de la communication : image que chacun se fait de ce dont on parle (situation)
- R° anticipées : image que chacun se fait des représentations de l’autre
3.1 Les représentations d’autrui : 2 processus fondamentaux
- La formation d’impression
→ Processus de formation de la 1ère impression sur quelqu’un
→ Recours à des théories implicites de la personnalité : schémas mentaux tout prêts
- La catégorisation sociale et les stéréotypes
→ Attribution à un individu des caractéristiques supposées d’une catégorie à laquelle on l’assimile
Trait de personnalité
- est une caractéristique stable dans le temps censée « résumer » plusieurs comportements de l’individu.
- est abstrait et non observable directement
- a un pouvoir explicatif
- a un pouvoir prédictif
C : Comportement
Exemple sur 2 photos
Première explication :
- On fait plus attention aux premiers traits qu’aux derniers
- Temps passé sur la lecture de chacun des traits
Expérience
- Imaginez qu’une personne est bienveillante
- Cette personne est également calme
Questions
- Dressez un portrait de la personne
- Comment comprenez vous le terme de calme ?
Expérience
- Imaginez qu’une personne est cruelle
- Cette personne est également calme
Questions
- Dressez un portrait de la personne
- Comment comprenez vous le terme de calme ?
Interprétation de calme :
- Condition 1 : Calme = gentil et serein
- Condition 2 : Calme = froid et calculateur
Deuxième explication :
- Hypothèse du changement de signification : une fois que les gens se sont formés une impression, toute information est interprétée en fonction de l'impression déjà formée.
- Un même trait va être interprété différemment selon l'impression qui est déjà formée.
Quelle explication globale ?
- Comment les gens font‐ils pour inférer des traits ?
- Pourquoi un consensus dans les réponses (bonnes comme mauvaises)?
→ Théories implicites de la personnalité
Théories implicites de la personnalité (TIP) Bruner et Tagiuri, 1954
- Théories naïves sur la personnalité (= inconscientes)
- Nous avons des croyances à propos des traits et des relations que ce traits entretiennent entre eux.
Certains traits vont bien ensemble :
→ Gentil « va bien » avec honnête
→ Froid « va bien » avec hostile
Conséquence des TIP
Personnalité : Mauvaise personne
Traits : Menteur, méchant...
Comportements : Vole, triche..
Un ensemble cohérent qui permet d’expliquer et de prévoir les conduites sociales
Nos impressions peuvent être faussées par le contexte. (Dillman Carpentier, 2014)
- Sexe des participants
- Type de musique écouté
→ Musique contenant des paroles neutres
→ Musique contenant des paroles à caractère sexuel
- Evaluation d’une personne :
→ De sexe masculin
→ De sexe féminin
Procédure :
- Etape 1 : on leur fait écouter une chanson sous prétexte de ‘‘leur vider’’ la tête pendant 3 minutes
→ Katy Perry : ‘‘Teenage Dream’’ (2010) “put your hands on me in my skin‐ tight jeans’’
→ Katy Perry Firework
→ Evaluation de 3 CV d’étudiants (pour un job d’étudiant)
→ Evaluation du caractère sexuel (e.g. aguicheur) des candidats
Résultats :
- La musique a un effet sur l’évaluation du caractère sexuel
- Le caractère sexuel joue sur le jugement des candidats
- Même résultats pour les candidats hommes que pour les candidats femmes
- Les participants hommes sont plus sensibles à la présence du caractère sexuel
Auto perception (Bem) :
- L’individu se comporte comme un observateur extérieur de ses propres comportements
- Un peu comme un juré qui essaierait de comprendre le geste d’un accusé...
Au final,
- Nous activons des TIP qui s’avèrent non fondées
- La formation d’impression peut être également biaisée par le contexte
→ Perception erronée d’indices contextuels
(Il va falloir en plus ajouter la dimension des stéréotypes)
3.2. Les stéréotypes
« Les stéréotypes désignent les « catégories descriptives simplifiées par lesquelles nous cherchons à situer autrui ou des groupes d’individus ». Lippman (1922)
« Croyances partagées au sujet des caractéristiques personnelles, généralement des traits de personnalité, mais souvent aussi des comportements d’un groupe de personnes » Leyens, Yzerbyt et Schadron, (1996)
Le stéréotype peut renvoyer à
Des croyances négatives :
- Les arabes sont des voleurs
- Les blondes sont idiotes
- Les fonctionnaires sont des fainéants
- Les cyclistes sont tous dopés
- Les psychologues sont fous
Des croyances positives :
- Les noirs sont bons en course à pieds
- Les infirmières sont gentilles
Du vrai et du faux :
- Du vrai : le stéréotype peut contenir des éléments de vérité
- Du faux : la généralisation à tous les représentants de la catégorie Ex : les noirs et la course à pieds
- Problématique quand ils résistent malgré des informations contraires
Quelques principes :
Uniformité : le stéréotype est uniforme dans un groupe déterminé
Simplicité : Les images véhiculées sont pauvres
Prégnance : On relève des degrés d’adhésion différents d’un individu à l’autre au sein d’un même groupe.
Prégnance affective : un stéréotype n’est jamais neutre : faveur ou défaveur
Durabilité : il tend à se perpétuer et à se transmettre dans un groupe donné.
Contenu : à propos d’une personne ou d’un groupe de personnes : forme de traits relatifs au domaine physique (laid, beau, fort) et/ou moral (intelligent, joyeux, triste).
Formation des stéréotypes :
- 2 processus cognitifs :
- La généralisation consiste à attribuer les caractéristiques d'un individu à tous les membres de sa catégorie.
- La catégorisation sociale est un processus qui nous permet de classer les individus en groupes.
→ Tendance d’un groupe à surestimer les ressemblances entre les membres de l’exogroupe
Fonctions des stéréotypes :
Fonction socio‐cognitive : simplifier la perception du monde et nous y orienter plus aisément.
→ Rendre notre environnement complexe plus compréhensible et prévisible.
Fonction socio‐affective et identitaire : Assurer et maintenir la cohésion de son propre groupe (endogroupe) et différencier les groupes de non‐appartenance (exogroupe).
Préjugé :
- « Prédisposition à réagir défavorablement, ou éventuellement favorablement, à une personne simplement parce qu’elle appartient à une classe ou à une catégorie d’individus donnée. » Gergen, Gergen et Jutras, (1992)
Les psychologues dont des fous et ils ne servent à rien (stéréotype) et je ne les aime pas (préjugés)
Discrimination :
- « Comportement négatif non justifiable émis à l’encontre des membres d’un groupe social donné »
- Le comportement peut être positif
- Peut être :
→ Consciente
→ Inconsciente (= automatique)
Les stéréotypes de genre (Le HCDH) :
- Un stéréotype lié au genre est une opinion généralisée ou un préjugé quant aux attributs ou caractéristiques que les femmes et les hommes possèdent ou doivent posséder et aux rôles qu’ils jouent ou doivent jouer.
- Un stéréotype lié au genre devient néfaste dès lors qu’il limite la capacité des femmes et des hommes de développer leurs compétences personnelles, d’exercer un métier et de prendre des décisions concernant leur vie.
Exemples de stéréotypes :
- Un homme, ça ne pleure pas
- Une fille est coquette et fragile
- Les filles sont plus calmes
- Les hommes ne pensent qu'au sexe
Résultats :
- Plus d’une personne sur deux rejette les stéréotypes de genre
- Une personne sur quatre sont dans une position ambivalente
- Une personne sur quatre adhère aux stéréotypes de genre
→ Baromètre d’opinion de la DREES (2020-2022).
Méthode :
5 opinions pour lesquelles chaque participant doit se positionner de “tout à fait d’accord” à pas d’accord du tout”
- Les filles ont autant l’esprit scientifique que les garçons.
- Les femmes font de meilleures infirmières que les hommes.
- Les mères savent mieux répondre aux besoins et attentes des enfants que les pères.
- Dans l’idéal, les femmes devraient rester à la maison pour élever leurs enfants.
- Les hommes sont de meilleurs managers d’équipe au sein d’une entreprise que les femmes.
Résultats :
- Consensus assez large : les filles ont autant l’esprit scientifique que les garçons
- Mais, une majorité considère que les mères savent mieux s’occuper des enfants que les pères
Caractéristiques des personnes adhérant le plus aux stéréotypes de genre :
- Homme
- 65 ans et plus
- Immigré
- Peu ou pas diplômé
- Ayant une pratique religieuse
- Niveau social élevé
Caractéristiques des personnes rejetant les stéréotypes de genre :
- Femmes
- Diplômées supérieur
- 25 à 34 ans
- Cadres, professions
- libérales et professions
- intermédiaires
Les inégalités hommes femmes préoccupent plus les personnes rejetant les stéréotypes de genre
Impacts des stéréotypes de genre sur la santé des femmes et des hommes
Les maladies "masculines" :
- 1ère cause mortalité chez les femmes
- Plus vulnérables que les hommes (56% de décès contre 46% chez les hommes)
- Pathologie sous diagnostiquée chez les femmes :
→ symptôme d’oppression dans la poitrine : anxiolytiques pour les femmes, cardiologue pour les hommes
→ Symptômes atypiques : nausées, fatigue, douleurs mâchoires (connus mais rarement pris en compte)
- Troubles du spectre autistique : 4 fois plus diagnostiqués chez les garçons que les filles
- Retrait de soi et défaut d’interactions sociales :
→ considérés comme timidité chez les filles
→ considérés comme trouble communication chez garçons (les garçons sont plus expansifs et dynamiques que les filles)
Les maladies "féminines" :
- La dépression majeure deux fois plus diagnostiquée chez les femmes que chez les hommes
- Symptômes influencés par les codes sociaux :
→ Femmes : tristesse, pleurs, anxiété, perte d’énergie, troubles du sommeil, fatigue, irritabilité, stress
→ Hommes : colère, agressivité, consommation d’alcool et de drogues, comportements à risque, hyperactivité
- Faiblesse émotionnelle pas socialement admise
- Pourcentage équivalent lorsque ces symptômes sont inclus
- L’ostéoporose est largement sous-diagnostiqué chez les hommes
- Fracture hanche chez hommes :
→ risque multiplié par trois
refaire une fracture (contre deux chez les femmes)
→ décès un homme sur trois dans l’année (contre une femmes sur cinq)
→ un homme sur dix : ostéodensitométrie (une femme sur deux)
La douleur :
- Expression de la douleur : Femmes s'autorisent d'avantage à exprimer douleur ("plus vulnérables")
- Ressenti douleur lui aussi influencé par stéréotypes : en fonction du genre du patient, mais aussi de l'expérimentateur !
→ Expérimentatrice séduisante : seuil tolérance douleur plus élevé chez l'homme
→ Expérimentation séduisant : seuil tolérance douleur plus bas chez les femmes
Discrimination des handicapés :
Stéréotypes Handicapés :
- Incompétents
- Chaleureux, courageux
Discrimination :
- Comportements d’évitement et de mise à distance
- Comportements d’infantilisation sans le considérer comme discriminatoire et pourtant le jugent négativement lorsqu’ils en sont les destinataires
Pour résumer :
- Stéréotype : croyance à propos d’un groupe.
- Préjugé : attitude (généralement négative mais pas toujours) envers un groupe.
- Discrimination (négative) : comportement négatif adopté à l’égard d’un groupe
- (Discrimination positive)
Effets des représentations d’autrui dans la communication
- Un effet de facilitation si les indices retenus sont adéquats et bien interprétés → identification immédiate
→ Identifier rapidement le responsable des secours sur la plage
→ Identifier le médecin / l’infirmière parmi le personnel de l’hôpital
- Un effet de biais ou d’obstacle si erreurs sur qui est l’interlocuteur, son rôle, ses attentes ...
→ Ne pas identifier la médecin ou l’infirmier
Rôle de l'enquêteur dans les sondages :
"êtes‐vous pour ou contre l’instauration du système paritaire dans la constitution des listes électorales
Les enquêtés répondent aussi en fonction de leur perception des attentes et des opinions de l'enquêteur.
Effet Pygmalion (Rosenthal & Jacobson , 1971) :
- Une école primaire des USA dans une ville proche du Mexique
- Elèves mexicains et majorité de milieux défavorisés.
- Prétexte : test de QI pour repérer les élèves "démarrant" + facilement que les autres durant l'année, qui s’épanouiraient + rapidement.
- Choix au hasard d’enfants soi‐disant « démarreurs » (en réalité, pas de ≠ entre les groupes).
Résultats :
- Test de QI au bout d'un semestre
Augmentation du QI de + de 20 points :
Démarreurs : 47%
Autres : 19%
Interprétation :
- Communication des attentes des enseignants envers les enfants par le biais de leurs expressions, ton, voix, postures.
- Renforcements (récompenses, félicitations) produisant une influence positive sur leur développement cognitif.
- Représentation que les enseignants se font de leurs élèves : fonction des préjugés et surtout des stéréotypes
- Les élèves finissent par intérioriser une "image de soi" conforme à la nature des attentes et des stéréotypes à leur égard
Etapes de la construction de la représentation d’autrui :
- Incertitude psychologique et mise en alerte
→ Qui est‐ce ? Comment me comporter ? Comment se comportera‐t‐ elle?
- Réduction de l'incertitude par identification d’indices
→ Tenue vestimentaire (uniforme, couleur de blouse, style ...), ton de la voix (autoritaire, avenante ...), posture (froide ou chaleureuse)
- Processus d'attribution de traits et stéréotypes
→ Utilisation de schémas (TIP) connus permettant de catégoriser les individus
→ Choisir les comportements qui paraissent adaptés
- Feed‐back sur les comportements choisis. Réajustement éventuel de la perception et des comportements
Conclusion :
- Nous organisons notre perception d'autrui en simplifiant les informations à notre disposition
- Nous reconstruisons la réalité sociale par schématisation
- Nous plaçons les autres dans des catégories sommaires (des stéréotypes) pour en avoir une idée simple et cohérente
- Cela permet d'anticiper, de prévoir leurs réactions et de contrôler en partie la situation
- Ce fonctionnement peut engendrer des erreurs
3.3 Les attitudes
‘‘Une attitude est un état mental et nerveux organisée à partir de l’expérience du sujet qui exerce une influence dynamique sur l’individu le disposant et le préparant à réagir d’une certaine manière aux objets et aux situations auxquelles il est confronté.’’ (Allport, 1935)
Décodage :
- Position d’un individu à l’égard d’un objet : personnes, institutions, objets sociaux...
Ex : êtes‐vous favorable à la réforme des retraites ?
→ Non directement observable
→ Représentation en mémoire de cognitions associées à des affects positifs ou négatifs envers un objet donné
- Organisée à partir de l’expérience du sujet :
→ Spécifique à chaque individu en fonction de ses rencontres directes et / ou indirectes avec l’objet
→ Prédit le comportement
Plus simplement,
- Se construit sur le passé et détermine l’avenir
- A une direction, un sens (j’aime ou je n’aime pas ; pour ou contre...)
- A une intensité
Le modèle de Rosenberg et Hovland (1960)
Modèle ABC
Définition de ABC :
Affect :
appréciation
affective de l’objet
- une direction : pour ou contre
- une intensité : de « tout à fait » à « pas du tout » Pour ou contre le vaccin contre le Covid
Behavior :
Comportements et expériences liés à l'objet. Les pratiques de vaccination antérieures/futures.
Cognition :
- Connaissances avérées et
- Croyances plus ou moins fondées à propos de l'objet
Ce que l'on sait ou croit savoir de ce vaccin
Logiquement...
Exemple : Alcool
- Boire désinhibe, j’aime l’alcool et je n’en consomme pas...
→ Allergie
→ D’autres éléments contextuels vont expliquer que je ne consomme pas (ex : sportif)
→ Contexte dans lequel il est mal vu de consommer de l’alcool
Exemple : Le port du préservatif
- Tout le monde sait qu’il faut se protéger mais...
→ Contexte particulier (feu de l’action)
→ Éléments qui peuvent faire basculer le
comportement
Exemple : Tabac
- Fumer nuit gravement à la santé, évaluation négative de la cigarette et pourtant je fume :
→ Dépendance
→ Les autres font pression pour que je fume
- Une certaine inconsistance entre l’attitude et le comportement
Lapiere (1934) : inconsistance comportement et intention :
- Se rend dans 251 restaurants aux
→ Etats-Unis avec un couple de chinois Un seul refuse de leur servir le café (0,04 %)
- Six mois plus tard : « Seriez vous prêts à recevoir un couple de chinois chez vous »?
→ 92% convaincus qu’ils ne les laisseraient
pas entrer
Explication : autres processus interviennent
D’autres processus en jeu :
- La norme subjective
- La motivation L’intention d’agir qui précède l’action
Théorie du comportement planifié (Ajzen, 1985)
En résumé :
- Détermination complexe du Cpt : pas la seule rationalité
- Important d’être conscient :
→ de la multitude des significations à l’œuvre chez un locuteur
→ des possibles écarts de signification entre les interlocuteurs
→ des incohérences possibles entre attitudes et comportements
But : mieux pour comprendre les comportements des soignés et donner du sens aux pratiques
Comment faire changer le comportement d’autrui ?
Comment faire changer les gens ?
- Comment modifier leurs attitudes et / ou comportements?
→ Pourquoi s’autoriser cette intrusion ?
Pour faire adopter des comportements sains (arrêter de fumer, se vacciner...)
- Pour sauver des vies (la leur ou d’autres personnes)
Solution 1 : L'obéissance
Définition : ‘‘L’obéissance a lieu lorsqu’un individu modifie son comportement afin de se soumettre à l’ordre direct d’une autorité légitime’’ (Levine et Pavelchak, 1984)
Hofling, Brotzman, Dalrymphe, Grave et Pierce (1966) :
- Le Dr Smith demande à une infirmière d’administrer 20 mg d’un médicament
→ Prescription par téléphone
→ Médicament non autorisé, pas en stock dans le service
→ Dose prescrite (20 mg) est trop importante, médicament dangereux au‐delà de 10 mg
→ Pas de Dr Smith
- Résultat : 21 des 22 infirmières acceptent
2.Les expériences de Milgram
“Les chambres à gaz furent construites, les camps de la mort furent gardés, les quotas journaliers de corps furent respectés avec la même efficacité qu’une fabrique d’outillages. De telles politiques inhumaines ont pu émerger de l’esprit d’une seule et même personne, mais elles n’auraient jamais pu être appliquées sur une telle échelle s’il ne s’était trouvé autant de gens pour les exécuter sans discuter” (Milgram, 1963, p. 371).
Cadre :
- Laboratoire de l’université de Yale
- Enseignant portant une blouse grise
- Cover‐story : effet de la punition sur l’apprentissage
Procédure :
Tâche d’association de mots avec punition
- 30 manettes allant de 15 à 450 Volts
- Toutes les 4 manettes une inscription
→ Choc léger
→ Choc modéré
→ Choc très fort
→ Choc intense
→ Choc extrêmement intense
→ Attention choc dangereux
→ Pour les deux dernières manettes : XXXXX
→ Un choc témoin de 45 V
Déroulement (1) :
- Aucun désagrément jusqu’à 75 Volts.
- De 75 à 105 Volts : léger gémissement.
- A 120 Volts : il criait que les chocs devenaient douloureux.
- A 135 Volts, il hurlait.
- A 150 Volts, il criait : ‘‘Monsieur, laissez moi partir ! Je ne veux plus participer à l’expérience ! Je refuse de continuer !’’. A partir de là, il suppliait qu’on arrête l’expérience.
- A 270 Volts : véritable cri d’agonie.
Déroulement (2) :
- A partir de 300 Volts, voix désespérée : ne fournira plus aucune réponse.
- Absence de réponse = mauvaise réponse demande au moniteur d’administrer un choc supplémentaire.
- 315 Volts : rugissement de douleur, l’élève insiste encore sur sa volonté de ne plus continuer l’expérience.
- Après 330 Volts, silence : perte de connaissance ?
4 incitations verbales :
1.‘‘Continuez s’il vous plaît’’ ou ‘‘je vous prie de continuer’’.
2.‘‘L’expérience exige que vous continuiez’’.
3.‘‘Il est indispensable que vous continuiez’’.
4.‘‘Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer’’.
Résultats :
62.5% des participants sont allés jusqu’à 450 v.
“ L’obéissance telle que la conçoit Milgram n’est pas appréhendée dans son sens le plus commun – comme une action exécutée contre sa volonté accomplie de façon automatique et sous la contrainte – mais de manière beaucoup plus subtile et, à certains égards, paradoxale : comme le fait d’être amené à vouloir faire ce que l’on nous demande. Il s’agit là davantage d’une forme de soumission consentie plutôt que de coercition pure.” S. Richardot, 2016