La laïcité est un des principes définissant la République qui est "indivisible, laïque, démocratique et sociale" (art. 1 de la Constitution). Inscrite dans la Constitution de 1946 et reprise par la Constitution de 1958, la laïcité figure parmi les droits et libertés fondamentaux garantis par celle-ci, au même titre que l’égalité ou la liberté.
Selon le Conseil constitutionnel (décision du 21 février 2013), résultent du principe de laïcité :
- le respect de toutes les croyances et l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion
- la garantie du libre exercice des cultes
- la neutralité de l’État
- l’absence de culte officiel et de salariat du clergé.
La loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État est la clé de voûte de la laïcité en France : elle proclame la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Déjà au XIXe siècle Ferdinand Buisson, premier théoricien de la laïcité, soulignait qu’elle résultait d’un "lent travail des siècles" (Dictionnaire de pédagogie, 1883-1887). Depuis, la laïcité continue d'évoluer. Ce n'est pas un concept figé. Il se nourrit au contraire des transformations de la société et donne lieu à des interprétations diverses.
Des représentations divergentes sont portées par les acteurs sociaux. Pour certains, la laïcité combat les religions ou se situe dans la filiation du gallicanisme, où l’État exerce un certain contrôle. D’autres mettent en avant le principe de séparation, appliqué de façon stricte ou plus inclusive. Les autorités religieuses défendent une "laïcité ouverte", où existent des collaborations entre l’État et les religions. Une conception identitaire valorise les "racines chrétiennes" de la France, face à l’islam.
La laïcité est un moyen politique pour réaliser deux principes supérieurs : l'égalité et la liberté. Elle garantit la liberté de conscience en n'excluant aucun citoyen en raison de ses opinions : tout élève à sa place dans l'école laïque; tout enseignant a le droit d'exercer dans une école laïque, quelles que soient ses opinions religieuses ou politiques. La laïcité permet de ne pas privilégier une croyance à une autre. Elle garantit ainsi l'égalité puisque tous les citoyens ont les mêmes droits; aucune discrimination religieuse ou politique ne peut exclure quelqu'un pour ses opinions. A condition que ces opinions restent dans le domaine privé, et ne fassent pas l'objet de propagande ou de prosélytisme dans l'espace de l'école publique.
Définition
Liberté de conscience
"La liberté de conscience est fondée sur l'autonomie de jugement grâce à l'école de la République, la seule école vraiment libre, car elle s'ouvre gratuitement à tous les enfants du peuple, et n'a d'autre souci que de libérer les consciences humaines grâce à une culture universelle."
Henri Pena-Ruiz - septembre 2003
La liberté de conscience est le droit d'un individu d'avoir le libre choix de son système de valeurs et des principes qui guident son existence et de pouvoir y adhérer publiquement et d'y conformer ses actes. Elle inclut la liberté de croyance, de religion ou de ne pas avoir de religion.
Prosélytisme
Le mot prosélytisme désigne au départ l’attitude d’une personne qui cherche à faire adopter sa religion à d’autres. Cette attitude fervente s’appliquait par exemple dans le contexte des contacts entre peuples, lorsque les Européens ont évangélisé des peuples. Le mot prosélytisme prend une extension plus large : il s’applique aussi aux idées et aux opinions, notamment sur le plan politique. Faire du prosélytisme, c’est tenter de convaincre quelqu’un, de le rallier à son opinion, de lui faire adopter des croyances ou une doctrine.