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La crise des Sciences de l'homme et l'anthropologie phénoménologique

INTRODUCTION

Définition

Phénoménologie
La phénoménologie est une méthode philosophique qui étudie les phénomènes tels qu’ils apparaissent à la conscience, sans les réduire à des explications scientifiques ou objectives. Initiée par Edmund Husserl, elle cherche à décrire fidèlement l’expérience vécue (la perception, l’émotion, le souvenir…) pour en comprendre le sens. Elle accorde une grande importance à la subjectivité, c’est-à-dire à la manière dont le monde se donne à un sujet conscient. Exemple : voir une fleur n’est pas seulement capter une image avec les yeux, c’est vivre une expérience sensible et significative.
Anthropologie
Anthropologie (philosophique) L’anthropologie philosophique est la réflexion sur la nature et la condition humaine. Elle cherche à répondre à la question : qu’est-ce que l’homme ? en étudiant les caractéristiques fondamentales de l’être humain (raison, langage, culture, liberté, techniques, sociabilité, etc.). Elle se distingue de l’anthropologie scientifique (comme l’ethnologie) en s’intéressant moins aux différences culturelles qu’aux structures universelles de l’existence humaine. Exemple : réfléchir à la place de l’homme dans la nature, à sa capacité de créer du sens, ou à sa conscience de la mort.

A retenir :

Auguste Comte a créé une science de l'homme : " La physique sociale" au19ème = La sociologie aujourd'hui

pour lui les comportements humaines ne sont pas complétement libre et obéissent a des règles. On peut définir ses règles grâces à l'observation et des données statistiques.

Définition

Les sciences humaines
Les sciences humaines sont un ensemble de disciplines académiques qui étudient les aspects de la condition humaine, en utilisant principalement des méthodes analytiques, critiques ou spéculatives, plutôt que des approches empiriques. Elles incluent des domaines tels que la philosophie, l'histoire, la littérature, la linguistique, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, et les études culturelles. Ces disciplines cherchent à comprendre et interpréter les expériences, les comportements, les interactions. Bien qu'utilisant les même méthodes que les sciences ( observer, mesurer, chercher des lois, les sciences humaines sont qualifié parfois de sciences molle en opposition au sciences dure comme la physique ou la chimie car elles ne parviennent pas à formuler des lois valables en tout lieu, à toute époque, avec la même précision. Néanmoins les méthode utilisé ont comme objectif de rendre ses sciences plus fiables et plus objectives.

PROBLEMATIQUE

si tout ce que nous faisons et pensons peut s'expliquer par des causes ( éducation, culture, inconscient, biologie) que reste-t-il de notre liberté? Est-ce que nos choix et nos pensées viennent de nous?


ON NE CHOISIT PAS: sa famille, où l'on né, dans quel corps,...

MAIS : on pensait être capable de penser par nous même, de juger ce qui est bien ou mal, et d'agir selon nos idées et convictions.


La société considère que l'homme est un être autonome, maitre de ses pensées et de ces actes. C'est sur cette idée que repose notre morale et notre droit. Sans liberté, il n'y aurait ni responsabilité ni justice.


MAIS les sciences sociales remettent ca en cause: nous sommes influencé par des causes extérieures et donc pas aussi libre qu'on le pensait.

L'homme devient un être conditionné, influencé, parfois même prévisible..

L'homme devient alors un objet comme un autre , que l'on peut étudier, comprendre et manipuler.


Sommes nous libre? ou les jouets de force qui nous dépassent?

peut-on encore croire à cette liberté qui fonde notre humanité (l'homme est libre et responsable) tout en acceptant ce que les sciences nous revèlent?

A retenir :

Emile DURKHEIM , fondateur de la sociologie française pense qu'o ne doit pas juste écoute ce que les gens disent et pensent d'eux même, MAIS qu'il faut regarder les faits et les comportements communs dans une société, et chercher les causes exterieurs: education, tradition culture = Faits Sociaux

Définition

Les faits sociaux
habitudes manière d'agir ou de penser que tout le monde suit sans réflechir, juste parce qu'on vit en société. ex: pleurer a un enterrement : ce n'est pas un simple choix personnels c'est un comportement appris presque imposé par la société

A retenir :

John WATSON, début du 20eme, crée le courant du Behaviorisme.

Il pense qu'on peut comprendre l'homme sans s'intéresser à ses pensées ou à ses émotions, mais simplement en observant ses réactions.

Selon lui l'environnement peut entièrement façonner une personne, peu importe son envie ou son caractère.

L'homme est comme une machine, il réagit a ce qui l'entoure. Un évènement déclenche une réponse.

Comme DURKHEIM il pense que nos choix viennent principalement de causes extérieur ( société, environnement) et non de notre volonté et personnalité.

LES LIMITES


en sociologie, ou en psychologie les résultats varient selon les individus, les cultures, les contextes. Les phénomènes humains sont changeant, instable et difficile a mesurer. Contrairement à la physique ( Ex: loi de newton fonctionne partout, de la terre à la lune)

Ce manque de fiabilité peut entrainer de grave erreur : ex: affaire Outreau en 2000: les psychologues n'ont pas su détecter que des enfants mentaient et des gens ont été incarcéré à tord.. Leur méthode était-elle mauvaise, ou bien est-ce la prétention a vouloir juger scientifiquement la vérité d'un témoignage humain qui en est la cause?


En sociologie même constat. ainsi deux théorie s'oppose.

Pierre BOURDIEU: déterminisme sociale

Raymond BOUDON : les inégalités ne viennent pas juste du milieu social mais aussi des décisions rationnelle prise par les individus et leur famille.


La société détermine t-elle nos trajectoires ou sommes nous capable de faire des choix qui comptent



A retenir :

Wilhelm Dilthey (philosophe allemand, XIXe siècle)

« Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique. »
.— Introduction aux sciences de l’esprit, 1883

👉 C’est la formule fondatrice de la distinction entre sciences de la nature (explication causale) et sciences humaines (compréhension du sens vécu).


Sciences de la nature: qui cherchent a expliquer les phénomènes à partie de causes extérieures , objectives

Sciences de l'esprit ou de l'homme qui doivent chercher à comprendre des phénomènes à partir de motivation intérieures, subjectives.

Un orage s'explique, une action humaine se comprend


Selon lui, les sciences humaines doivent prêter attention aux intentions aux raisons. Elles passent non pas par des statistiques ou des courbes mais pas un travail d'écoute et d'interprétation

A retenir :

📘 Max Weber (sociologue et économiste allemand, 1864–1920)

« La sociologie est une science qui se propose d’interpréter la compréhension du sens que les individus donnent à leurs actions. »
Économie et société, 1922

👉 Cette citation définit la sociologie comme une science compréhensive (Verstehende Soziologie) : elle ne se contente pas de constater les faits, elle cherche à comprendre le sens subjectif que les individus attribuent à leurs actes.


« Ce n’est pas le “vrai” ou le “faux” qui importe en science, mais la rigueur de la méthode. »

👉 Weber insiste sur la neutralité axiologique : les sciences humaines doivent suspendre les jugements de valeur pour analyser les faits de façon rigoureuse et objective, même quand il s'agit de phénomènes moraux ou religieux.


Il parle de Sciences compréhensive. En sociologie comprendre une action humaine c'est chercher le sens que l'individu lui donne. Pourquoi tel élève travaille dur? peur de l'échec, gout du savoir, désir de reconnaissance? ces motivations sont invisible de l'extérieur et nécessite d'explorer les raisons intimes et subjective.

A retenir :

📘 Sigmund Freud (médecin et fondateur de la psychanalyse, 1856–1939)

« Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »
Introduction à la psychanalyse, 1917

👉 Cette citation célèbre exprime que l’être humain n’est pas totalement conscient de lui-même. Les sciences humaines, comme la psychanalyse, doivent donc explorer l’inconscient, cette partie cachée de la vie psychique, pour comprendre les motivations profondes des comportements.


Freud développe une psychologie opposé au Behaviorisme. Il pense que nos actes sont l'expression de pensées cachées, de désir inconscient voir refoulé. freud pese qu'iul faut fouiller l'esprit interroger les rêves, les lapsus, les souvenirs d'enfance... autant d'élement qui échappent à une méthode scientifique objective et quantitative.

Définition

📘 Béhaviorisme (ou comportementalisme)
Le béhaviorisme est une théorie psychologique née au début du XXe siècle qui considère que l’on ne peut étudier scientifiquement que ce qui est observable, c’est-à-dire les comportements. Il rejette l’étude de la conscience ou de l’inconscient, jugés trop subjectifs. En résumé : l’être humain est étudié comme un ensemble de réactions à des stimuli extérieurs.

2 METHODES OPPOSEES

expliquer ou comprendre

mesurer ou interpréter


peut-on étudier l'homme comme un objet physique? peut-on établir des lois aussi précises pour les comportements humains que pour les mouvements planétaires?


A la différences des objets inertes, l'homme est libre, il pense, choisit peut toujours faire autrement. C'est ce que souligne les penseurs comme Heidegger ou Sartre. L'homme n'est pas une machine, il est un être de projet, de conscience, de responsabilité. Il n'est pas entièrement déterminé.: il peut rompre ses habitudes, contredire ses conditionnements, surprendre les attentes.


Peut-on faire de l'homme l'objet d'une science exacte? si oui avec quel méthode?

Peut-o prévoir les décisions des individus, ses émotions son avenir?

peut-on prévoir si une société se révoltera?


Ces questions restent ouvertes. Les sciences humaines ne peuvent pas promettre des lois absolues mais seulement proposer des compréhensions discutables, perfectibles à la mesure de la complexité et de la liberté de l'homme.

A retenir :

📘 Martin Heidegger (1889–1976, philosophe allemand, existentialisme et phénoménologie)

« L’essence de l’homme, c’est l’existence. »

👉 Pour Heidegger, on ne peut pas définir l’homme comme une chose : l’homme existe avant d’être une essence figée, car il est un être qui se construit par ses possibilités, son vécu, sa temporalité.

A retenir :

📘 Jean-Paul Sartre (1905–1980, philosophe français, existentialisme athée)

« L’existence précède l’essence. »
L’existentialisme est un humanisme, 1945

👉 Cette citation célèbre signifie que l’homme n’a pas de nature prédéfinie : il se définit par ses actes. Il est libre de choisir ce qu’il devient, mais aussi responsable de ce qu’il fait de lui-même.

« L’homme est condamné à être libre. »

👉 Loin d’être un simple privilège, la liberté est pour Sartre une charge existentielle : nous sommes responsables, même de notre refus d’agir. Cela fait de l’homme un être fondamentalement moral, engagé, inquiet.

I- L'institution des sciences humaines

1) la sociologie positiviste : la sociologie comme science exacte - L'école française d'Emile DURKHEIM

Auguste COMTE ( 1798-1857) est le premier à envisager la possibilité d'une science de la société. Il introduit la notion de sociologie.


Emile DURKHEIM ( 1858-1917) reprend son projet et le précise. Il en défini

  • l'objet: Les fait sociaux
  • sa méthode: observation et analyse rigoureuse

" Il faut traiter les faits sociaux comme des choses" c'est à dire qu'il faut étudier les fait sociaux avec la même rigueur la même objectivité en utilisant une méthode expérimentale:

  • recueillir des données objectives a partir de fait observable et mesurable ( statistique, comportement régulier) et non se contenter de témoignage et d'intuition individuelle.
  • expliquer les phénomène sociaux par des causes vérifiable ( chercher des facteurs extérieurs à la conscience individuelle) et non sur des interprétation


MAIS cela revient a mettre en parenthèse la liberté de l'homme, sa subjectivité, ses intentions.


Définition

Le determinisme
C'est le principe selon lequel tout événement a une cause et obéit à des lois nécessaires. Cela signifie qu’en connaissant toutes les causes d’un phénomène, on pourrait en prévoir les effets. 🔬 Déterminisme dans la nature Dans les sciences de la nature (comme la physique), le déterminisme repose sur l’idée que le monde fonctionne selon des lois fixes et universelles. Exemple : si on connaît la vitesse, la masse et la direction d’un objet, on peut prévoir son mouvement (lois de Newton). 👉 La nature est donc perçue comme un système prédictible et causalement fermé : rien n’arrive par hasard. 🧠 Déterminisme appliqué à l’homme Quand on applique le déterminisme à l’être humain, on considère que les pensées, les choix et les comportements sont eux aussi déterminés par des causes : biologiques, sociales, psychiques, culturelles... Exemple : pour Freud, nos actions sont souvent guidées par l’inconscient, ce qui limite notre liberté. 👉 Cela pose un problème philosophique majeur : Si l’homme est entièrement déterminé, est-il encore libre et responsable de ses actes ?

MAIS l'être humain ne se réduit pas à un corps. Il pense, il choisit, il agit en fonction des raisons qui lui sont propres.

Si quelqu'un saute d'une fenêtre, ce n'est pas juste la gravité qui le fait tomber, mais son choix, son intention.

Cependant, si l'homme agissait uniquement de façon libre il ne pourrait être étudié scientifiquement. La science recherche les régularités, des causes objectives et on les volontés individuelles.

La sociologie remet en question nos choix et notre liberté. Nous sommes influencés orienté voir déterminé par des causes sociétales souvent invisible.


la sociologie repose sur le postulat que si l'on veut comprendre les comportements humains il faut chercher leur causes non dans la conscience individuelle mais dans les structures sociales.


Derrière nos choix se cachent souvent des mécanismes collectifs invisibles et puissant.


Définition

Les faits sociaux
pour qu'un comportement soit considéré comme un fait social il faut qu'il est une origine sociale, qu'il soit déterminé par la société et non par des gouts personnels et des choix individuels. Un fait social ne se produit pas dans un cadre précis, il est produit PAR le cadre. ils sont objectivé par des statistiques. Il faut prouver que ce fait obéit à des causes collectives

exemple: l'amour peut sembler être u choix purement individuel ( sentiment, attirance, hasard des rencontres) mais 78% des couples se forment dans le même milieu sociale. C'est l'HOMOGAMIE

Ainsi même l'amour est déterminé par notre position sociale

📘 Émile Durkheim – Le Suicide (1897)

Thèse principale :

Oui, le suicide est un fait social.

Durkheim montre que le suicide, bien qu’il soit un acte individuel, peut être expliqué par des causes sociales. Il n’est donc pas seulement le résultat d’une souffrance personnelle ou psychologique, mais d’un lien plus ou moins fort entre l’individu et la société. Plus un individu est intégré dans la société moins il est enclin au suicide.


📌 Définition de "fait social" (selon Durkheim)

Un fait social est une manière d’agir, de penser ou de sentir externe à l’individu et qui exerce une contrainte sur lui (ex. : la langue, les lois, les règles morales...).

👉 Le suicide peut être étudié statistiquement et varie selon les groupes sociaux, donc il répond bien à cette définition.

📊 Méthode de Durkheim :

  • Il compare les taux de suicide selon les pays, religions, états civils, périodes économiques, etc.
  • Il remarque que certaines catégories sociales sont plus exposées au suicide que d’autres.

🔍 Les 4 types de suicide selon Durkheim :

  1. Suicide égoïste
  2. 👉 Causé par un manque d’intégration sociale (ex. : individus isolés, faibles liens familiaux ou religieux).
  3. Suicide altruiste
  4. 👉 Causé par un excès d’intégration sociale (ex. : kamikazes, soldats qui se sacrifient).
  5. Suicide anomique
  6. 👉 Causé par l’absence de régulation sociale (ex. : crise économique, changement brutal des repères sociaux).
  7. Suicide fataliste (moins développé)
  8. 👉 Causé par un excès de contraintes sociales (ex. : esclaves, prisonniers).

🎯 Conclusion :

Durkheim révolutionne la sociologie :

Même les actes les plus personnels, comme le suicide, peuvent avoir des causes sociales objectives.
Cela montre que les sciences humaines peuvent étudier les comportements humains avec rigueur.


la société moderne, en valorisant la liberté individuelle affaiblis les liens sociaux. L'autorité de la famille, de la religion, de l'état pèse mois sur l'individu qu'autrefois. Cela peut sembler libérateur mais cela créer aussi plus de solitude moins de repère, moins de solidarité. Chacun doit désormais faire ses propres choix et porter seule la responsabilité de ses succès ou de ses échecs ce qui est sources de fatigue, de culpabilité voir de desespoir. La modernité crée aussi une société de plus en plus prospère, créant des désirs sans fin souvent frustrés. l'individu isolé est ainsi plus vulnérable.


Selo DURKHEIM c'est la société qui rend malade. Le suicide n'est pas juste un drame personnel c'est le signe d'un manque de cohésion social.

ex: suicides en entreprise ( Orange- france télécom)

Définition

Approche Holiste
Ce n'est pas l'individu qui explique la société mais la société qui explique l'individu. Le sociologue adopte un point de vue global, "d'en haut".

2) Objection : La sociologie compréhensive de Max Weber

📘 La sociologie compréhensive selon Weber (en opposition à Durkheim)

🔹 1. La démarche de Weber : comprendre le sens de l’action

  • Pour Weber, la sociologie est une science compréhensive :
Elle cherche à comprendre le sens que les individus donnent à leurs actions.
  • Il ne s’agit pas seulement de constater des faits, mais de reconstituer les motivations internes (valeurs, croyances, intentions).
  • L’explication passe par l’interprétation du sens subjectif.

👉 Exemple : un don d’argent peut avoir des motivations très différentes (charité, réputation, pression sociale). La sociologie doit les comprendre.


🔹 2. Typologie de l’action sociale

Weber distingue 4 types d’actions sociales :

  1. Action rationnelle par rapport à un but (instrumentale)
  2. Action rationnelle par rapport à une valeur (morale, religieuse…)
  3. Action affective (guidée par les émotions)
  4. Action traditionnelle (par habitude)
Ces catégories permettent de comprendre les comportements humains dans leur diversité, au lieu de les réduire à des faits bruts.



🎯 Conclusion

  • Weber donne une place centrale à la subjectivité humaine dans l’analyse sociologique.
  • Il critique toute sociologie qui ignore les significations vécues par les individus.
  • Sa méthode vise à être scientifique, mais respectueuse de la complexité humaine.


📘 Max Weber – L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1905)

🎯 Problématique de Weber :

Pourquoi le capitalisme moderne s’est-il développé d’abord en Europe occidentale, et non ailleurs ?

Weber ne se contente pas d’une explication économique. Il montre que des facteurs culturels et religieux ont joué un rôle déterminant.


🔹 1. Le capitalisme moderne selon Weber

  • Le capitalisme moderne n’est pas simplement la recherche de profit (qui existe depuis toujours), mais un système rationnel d'organisation du travail et de l'économie :
  • Calcul, planification, investissement, travail discipliné.
  • Ex : un entrepreneur qui réinvestit ses gains plutôt que de les dépenser.

👉 Weber parle d’un « esprit du capitalisme » : une mentalité spécifique, tournée vers le travail, l’épargne et l’efficacité.


🔹 2. Le rôle de l’éthique protestante

  • Weber montre que certains courants du protestantisme, surtout le calvinisme, ont encouragé un comportement favorable au capitalisme :
  • La valeur du travail comme signe de grâce divine.
  • L’ascétisme (vie sobre, refus du luxe) → favorise l’épargne.
  • L’idée de vocation (Beruf) : le travail est une mission religieuse.
Le fidèle calviniste, angoissé par l’idée de prédestination, cherche à prouver par sa réussite matérielle qu’il est élu → cela favorise une éthique de travail rigoureuse.

🔹 3. Rationalisation et désenchantement

  • Le capitalisme moderne s’inscrit dans un processus plus large : la rationalisation du monde.
  • Calcul, prévisibilité, efficacité remplacent les traditions et les croyances.
  • Ce processus est aussi un désenchantement du monde : on ne croit plus à la magie, mais à la technique.
👉 Le capitalisme est donc un système rationnel, mais aussi vidé de sens spirituel : l’éthique religieuse a créé un monde dominé par les lois de l’économie.

📌 Conclusion

  • Pour Weber, le capitalisme moderne est le produit d’une évolution culturelle, pas seulement économique.
  • Sa méthode est compréhensive : il analyse les valeurs, les motivations, les croyances à l’origine d’un système économique.
  • Il souligne la complexité du lien entre culture et économie, et l’ambivalence du progrès : plus de richesse, mais aussi plus de rationalisation et de désenchantement.


II- Une Science de l'homme : La Psychologie

La psychologie positive : L'école Behavioriste

A retenir :

📘 John B. Watson (1878–1958)

Psychologue américain, il est le fondateur du béhaviorisme (ou comportementalisme), un courant majeur de la psychologie au XXe siècle.

Nos réactions sont le fruit de notre conditionnement, pas de notre volonté.


🔍 Ses idées principales :

🧪 1. Rejet de l’introspection

Watson rejette la psychologie traditionnelle fondée sur l’étude de la conscience et des états mentaux internes, qu’il juge trop subjectifs et non vérifiables.

👉 Il affirme que la psychologie doit devenir une science objective, comme la physique, en se fondant uniquement sur l’observation des comportements.

🔄 2. Le comportement comme réponse à un stimulus

Selon Watson, tout comportement est une réponse (R) à un stimulus (S). Il s'inspire des expériences de Pavlov sur le réflexe conditionné.

👉 Le mental n’est pas nié, mais considéré comme inutile à l’explication scientifique : seul le comportement visible compte.

👶 3. L’environnement détermine l’individu

Watson pense que tout est acquis par l’apprentissage, y compris les émotions. Il va jusqu’à dire :

« Donnez-moi une douzaine d’enfants en bonne santé [...] je m’engage à en faire ce que je veux : médecin, avocat, artiste, mendiant ou voleur. »
Behaviorism, 1930

👉 Cette citation résume bien sa vision déterministe : l’environnement façonne entièrement l’individu, indépendamment de son hérédité ou de sa volonté.


🧠 Exemple célèbre : le petit Albert

Watson a conditionné un bébé (Albert) à avoir peur d’un rat blanc en l’associant à un bruit effrayant → preuve expérimentale selon lui que les émotions peuvent être apprises.


🎯 Conclusion :

Watson a profondément influencé la psychologie, l’éducation et les sciences humaines en introduisant une méthode scientifique et expérimentale pour étudier le comportement humain.

Mais son approche a été critiquée pour réduire l’humain à une machine à réagir, oubliant la subjectivité, la liberté ou la pensée.

A retenir :

📘 Ivan Pavlov (1849–1936)

Physiologiste russe, il est célèbre pour ses travaux sur le réflexe conditionné, qui ont jeté les bases du béhaviorisme.

🔍 Ses idées principales :

🔔 Conditionnement classique (ou répondant)

Pavlov a découvert qu’un animal peut associer un stimulus neutre (ex. : une cloche) à un stimulus naturel (ex. : de la nourriture) jusqu’à ce que le premier déclenche à lui seul la même réaction (ex. : salivation).

👉 Ce processus est appelé réflexe conditionné.

🧠 Expérience célèbre : le chien de Pavlov

  • Nourriture → salivation (réflexe naturel)
  • Cloche + nourriture → salivation
  • Cloche seule → salivation (réflexe conditionné)

🎯 Conclusion :

Pavlov montre que le comportement peut être modifié par l’apprentissage d’associations, sans faire appel à la conscience. Cela inspire Watson et tout le courant béhavioriste.


📘 B.F. Skinner (1904–1990)

Psychologue américain, Skinner est le principal représentant du béhaviorisme radical.

🔍 Ses idées principales :

🎲 Conditionnement opérant

Il considère que se ne sont pas les évènements passées qui compte mais ce qui se passe après. Contrairement à Pavlov, Skinner étudie les conséquences du comportement : un comportement est renforcé s’il est suivi d’une récompense, ou affaibli s’il est suivi d’une punition.

👉 L’être humain agit pour obtenir une récompense ou éviter une punition.

🧪 Expérience célèbre : la boîte de Skinner

Un rat dans une boîte apprend à appuyer sur un levier pour recevoir de la nourriture. S’il est récompensé à chaque fois, il appuie plus souvent.

🧠 Concepts clés :

  • Renforcement positif : on donne une récompense → le comportement augmente.
  • Renforcement négatif : on enlève une contrainte → le comportement augmente.
  • Punition : on ajoute une souffrance ou retire une récompense → le comportement diminue.

🎯 Conclusion :

Skinner voit le comportement comme un résultat de l’environnement et des conséquences passées. Il défend une psychologie scientifique et prédictive, mais critiquée pour négliger la pensée, les émotions et la liberté.

OBJECTION


Peut-on comprendre le comportement humain comme un simple enchainement de causes et d'effet comme un phénomène mécanique. Peut-on étudier l'être humain sans prendre en compte ce qu'il pense et ressent? En essayant d'expliquer l'homme de manière trop scientifique ne risque t-on pas de le réduire a un objet? est-ce qu'on cherche a le comprendre pour mieux le contrôler, comme le redouter Heidegger avec l'idée de la technique.


En opposition a ce déterminisme , revoir l'encart sur DILTHEY

Il critique l'idée de vouloir étudier l'être humain comme la nature car cela exclu ce qui ne peut pas être prouvé: pensée, sentiment, intentions.

Il ne suffit pas de comprendre comment u comportement se produit mais il faut aussi comprendre pourquoi.

pour comprendre quelqu'un il faut tenir compte de ses émotions.


Un comportement humain n'est pas un simple évènement naturel. Il dépend de motivation intérieures mais aussi sociales historiques et culturelles. C'est ce que les sciences humaines cherchent a comprendre.


Exemple de la révolution française: c'est seulement quand les gens ont vu leur souffrance comme une injustice et non comme un destin qu'il se sont révoltés.


A retenir :

Les sciences humaines cherchent une vérité différentes de celles des sciences naturelles. Elle ne se contente pas de preuve mesurable: elles veulent comprendre le sens que les gens donnent à ce qu'ils vivent. Pour cela ils ont besoin d'interpréter, de se mettre a la place de l'autre et de chercher à comprendre l'humain dans toute sa complexité.

Une psychologie " compréhensive" Freud et l'invention de la psychanalise.

🧠 Freud et Charcot : aux origines de la psychanalyse

Jeune médecin, Sigmund Freud travaille à Paris en 1885 avec Jean-Martin Charcot, un neurologue renommé. Il y découvre que des troubles physiques (paralysies, crises) peuvent avoir une origine psychique, notamment chez des patientes hystériques.

Charcot utilise l’hypnose pour faire disparaître ou réactiver ces symptômes, ce qui impressionne Freud :

il comprend que le corps peut exprimer un conflit mental inconscient.

Ce constat fondamental l’amène à développer sa propre méthode : la psychanalyse, qui cherche à comprendre les causes cachées des troubles en analysant les paroles, les rêves, les souvenirs.

A retenir :

Sigmund Freud (1856-1939) est un médecin autrichien, fondateur de la psychanalyse. Il a étudié l'inconscient et les mécanismes profonds de l’esprit humain, comme le rêve, les pulsions, et le conflit entre différentes parties de la personnalité (Ça, Moi, Surmoi). Son travail a profondément influencé la psychologie, la philosophie, et la culture.

A retenir :

📘 Une psychologie « compréhensive » : Freud et l’invention de la psychanalyse

🔹 1. Contexte : une autre approche de la psychologie

À la fin du XIXe siècle, la psychologie scientifique s’oriente vers des méthodes objectives (comme le béhaviorisme). Freud, au contraire, propose une approche qui cherche à comprendre le psychisme humain de l’intérieur, notamment à travers le langage, les rêves, les symptômes, etc.

👉 Il invente une méthode d’interprétation : la psychanalyse, qui explore l’inconscient.


🔹 2. L’hypothèse de l’inconscient

« Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »
Introduction à la psychanalyse
  • Freud affirme que beaucoup de nos pensées, désirs et actes sont influencés par des forces inconscientes.
  • Les troubles psychiques (phobies, angoisses, lapsus...) ne sont pas des accidents, mais l’expression indirecte de conflits inconscients.

👉 Le symptôme est un message codé : la psychanalyse vise à le décrypter.


🔹 3. Une méthode compréhensive : l’interprétation

  • Freud utilise des méthodes d’écoute et d’analyse du langage (rêves, souvenirs, associations libres).
  • Il ne cherche pas à expliquer le comportement par des causes biologiques ou sociales, mais à comprendre le sens caché derrière les apparences.

👉 La psychanalyse est donc une science du sens, qui vise une compréhension de la vie psychique, non une explication mécaniste.


🔹 4. Structure du psychisme : ça, moi, surmoi

  • Le Ça : réservoir des pulsions, obéit au plaisir.
  • Le Moi : instance rationnelle, gère les conflits entre les désirs et la réalité.
  • Le Surmoi : intériorisation des interdits et de la morale.

👉 Le conflit entre ces instances produit des tensions psychiques que la psychanalyse cherche à mettre en lumière.


📌 Conclusion

  • Freud renouvelle totalement l’approche du psychisme : il propose une psychologie compréhensive, herméneutique, fondée sur l’analyse du sens.
  • Il montre que l’homme n’est pas entièrement conscient ni maître de lui-même, ce qui remet en question les idées de liberté, de responsabilité, et même de rationalité de l’être humain.


Définition

🧠 Méthode cathartique – Définition (philosophie / psychologie)
Technique thérapeutique développée à la fin du XIXe siècle par Josef Breuer (et poursuivie par Freud) qui consiste à faire revivre par la parole un souvenir traumatique refoulé pour en libérer la charge émotionnelle. But : soulager un symptôme en faisant remonter à la conscience un événement oublié mais encore actif dans l’inconscient. 🔍 Origine : Le mot vient du grec katharsis : purification. Freud l’utilise notamment dans les débuts de la psychanalyse, à travers le cas d’Anna O., traité avec Breuer. 📌 En résumé : La méthode cathartique repose sur l’idée que parler libère : mettre en mots un traumatisme refoulé permet au patient de s’en délivrer symboliquement.
🧠 Méthode des associations libres – Définition (psychanalyse / Freud)
Technique centrale de la psychanalyse, mise au point par Sigmund Freud, qui consiste à laisser le patient parler librement, sans filtre ni censure, de tout ce qui lui vient à l’esprit (idées, souvenirs, images, mots…). 🎯 Objectif : Faire émerger des contenus inconscients refoulés à travers des enchaînements apparemment incohérents, mais porteurs de sens caché. 👉 Cette méthode permet de comprendre les origines profondes des troubles psychiques en explorant le fonctionnement de l’inconscient. 🗣️ Exemple : Un patient commence à parler d’un rêve, puis évoque spontanément un souvenir d’enfance, puis une peur actuelle… Ces liens permettent à l’analyste de reconstruire la logique inconsciente. 📌 En résumé : L’association libre est une méthode de compréhension du psychisme, fondée sur la parole spontanée, qui vise à déjouer les mécanismes de censure et à accéder à l’inconscient.

La psychanalyse est une méthode d'interprétation.

Elle ne s'arrête pas à comprendre les causes extérieures, elle cherche a comprendre ce qui se passe à l'intérieur de la personne en tenant compte de sa vie psychique, de ses désirs, de son histoire intime. La psychanalise va interpréter ses éléments pour y donner du sens.

Elle cherche le sens caché des symptômes

Alors que d’autres approches (comme le béhaviorisme ou les neurosciences) expliquent les comportements par des causes objectives (stimulus, circuits cérébraux…), la psychanalyse cherche à comprendre le sens subjectif des troubles (rêves, angoisses, actes manqués…).

👉 C’est une approche compréhensive et interprétative, et non causale ou expérimentale.

Définition

🧠 Définition de l’inconscient (selon Freud,
L’inconscient est, selon Freud, une partie cachée de notre esprit, qui contient des pensées, des désirs, des souvenirs refoulés, souvent inacceptables pour la conscience, mais qui continuent d’agir sur notre comportement sans que nous en soyons conscients. 🔍 Caractéristiques de l’inconscient : Il est dynamique : ce qui y est refoulé cherche à revenir sous forme de symptômes, de rêves, de lapsus, etc. Il échappe au contrôle du sujet, mais influence ses actes, ses émotions, ses choix. Il obéit à une logique propre (associations, symboles, déplacements, condensations…). 👉 Freud affirme : « Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. » 📌 En résumé : L’inconscient est une réalité psychique active, invisible mais agissante, que la psychanalyse cherche à explorer et à interpréter pour mieux comprendre le sujet et ses troubles.

1er Topique vers 1900

2ème Topique vers 1920

A retenir :

Freud comprend que l'esprit humain est traversé par des conflits invisible. NOus croyons être conscient de ce que nous faisons mais nos désirs cachés, nos peurs, nos souvenirs refoulés influences nos comportements. La psychanalise a pour but de redre visible ce qui est caché et faire remonté à la conscience ce qui est refoulé pour permettre a la personne de mieux se connaitre et de soulager ses souffrances intérieures.

Comparatif de deux méthode de psychologie : béhaviorisme et psychanalise

Définition

La conscience selon Descartes :
Pour Descartes, la conscience est avant tout la pensée. Seule la pensée prouve l’existence : « Je pense, donc je suis » (Cogito, ergo sum). La conscience est cette capacité à penser, douter, comprendre, vouloir, et c’est à travers elle que l’on prend conscience de soi-même. Elle est immédiate, certaine, et indépendante du corps.

III- Les limites des sciences de l'homme : l'objection existentialiste

Définition

L'existentialisme
Courant philosophique du XXe siècle qui met l’accent sur la liberté individuelle, la responsabilité et le sens de l’existence. Selon l’existentialisme, l’être humain n’a pas d’essence prédéfinie ; il se construit par ses choix et ses actions, souvent confronté à l’absurdité ou au manque de sens du monde.

Søren Kierkegaard (1813-1855) : Souvent considéré comme le « père » de l’existentialisme, il insiste sur la subjectivité, la foi, et l’angoisse liée à la liberté.


Les trois stades de l’existence chez Kierkegaard

  1. Le stade esthétique
  • Vie centrée sur le plaisir, la beauté, les émotions et l’évitement de l’engagement.
  • Recherche du bonheur immédiat, souvent superficiel et insatisfaisant.
  • Risque de l’ennui et du désespoir.
  1. Le stade éthique
  • Vie fondée sur le devoir, la responsabilité, les choix réfléchis et l’engagement moral.
  • La personne prend conscience de ses obligations et cherche à vivre authentiquement.
  • C’est un stade plus profond, mais encore limité.
  1. Le stade religieux
  • Stade le plus élevé, caractérisé par la foi individuelle et la relation personnelle avec Dieu.
  • Reconnaissance de la finitude et de l’absurde, dépassement par un saut dans la foi.
  • C’est une existence authentique et paradoxale.


A retenir :

l'existentialisme selon Jean-Paul Sartre (1905-1980) :

Pour Sartre, l’existentialisme affirme que « l’existence précède l’essence » :

  • L’être humain existe d’abord, c’est-à-dire qu’il est là, sans nature définie ni but donné à l’avance.
  • Ensuite, il se construit par ses choix et ses actions.
  • L’homme est donc libre et entièrement responsable de ce qu’il devient.
  • Cette liberté totale est une source d’angoisse, car il n’y a pas de guide extérieur (Dieu, nature) pour déterminer ce que l’on doit faire.
  • L’existentialisme invite à assumer cette liberté et à agir de façon authentique.


Liberté

Chez Sartre, l’homme est fondamentalement libre. Il n’a pas d’essence ou de nature prédéfinie, il choisit constamment ce qu’il est à travers ses actions. Cette liberté est totale et inévitable.

Angoisse

Cette liberté absolue provoque une angoisse profonde, car l’homme réalise qu’il est entièrement responsable de ses choix, sans aucun appui extérieur (Dieu, règles immuables). L’angoisse est la prise de conscience du poids de cette liberté.

Mauvaise foi

La mauvaise foi est un mécanisme d’auto-illusion par lequel l’individu refuse ou fuit sa liberté et sa responsabilité. Il se ment à lui-même pour éviter l’angoisse, en se déniant comme libre ou en prétendant être déterminé par des facteurs extérieurs (rôle social, nature, etc.).

Délaissement

Le délaissement (ou abandon) désigne la condition humaine sans Dieu ni valeurs transcendantes : il n’y a personne pour dire à l’homme ce qu’il doit faire. L’homme est donc seul face à sa liberté, sans « guide » moral extérieur.

Déterminisme contre libre arbitre

1) les contextes fondamentaux de l'existentialisme

L’existentialisme décrit une condition humaine où l’on est d’abord jeté dans un monde sans sens donné (existence). Il n’y a pas de Dieu (athéisme), donc pas de guide extérieur. Cette liberté totale provoque l’angoisse et le délaissement. Malgré cela, on ne peut pas échapper à cette liberté (argument de la contrainte). Refuser cette liberté, c’est tomber dans la mauvaise foi, soit en se déniant libre (le lâche), soit en niant la liberté d’autrui (le salaud).

1. « L'existence précède l'essence »

« L'existence précède l'essence » (Sartre, L’existentialisme est un humanisme)

Explication :

Cela signifie que l’être humain existe d’abord, il est là, sans but ni nature prédéfinie. Contrairement à un objet fabriqué (exemple : un couteau a une essence, une fonction avant d’exister), l’homme doit se construire lui-même par ses choix et ses actes. Il n’y a pas de plan ou d’essence donnée par Dieu ou la nature, c’est l’individu qui crée son identité.

2. « L’angoisse n’est pas simplement la peur d’un danger déterminé, mais le vertige devant la liberté infinie. » (Sartre)

« L’angoisse révèle à l’homme qu’il est libre et seul responsable de son être. » (Heidegger)

Explication :

L’angoisse n’est pas une peur face à un danger extérieur concret, mais une sensation plus profonde liée à la prise de conscience de sa liberté totale. Cette liberté est un « vertige » car il n’y a pas de guide pour orienter nos choix. Heidegger souligne que cette angoisse révèle notre solitude existentielle : nous sommes seuls à devoir décider ce que nous sommes.

3. « Dieu est mort. L’homme se trouve délaissé. » (Sartre)

Explication :

Cette phrase signifie que, dans la vision existentialiste athée, il n’y a plus de Dieu ni de valeurs transcendantes pour donner un sens à la vie ou orienter les choix humains. L’homme est abandonné (« délaissé ») à lui-même, sans guide ni fondement moral extérieur. Il doit créer son propre sens.

4. « Nous sommes condamnés à être libres. » (Sartre)

Explication :

L’expression paradoxale veut dire que, même si la liberté peut être lourde à porter, on ne peut pas y échapper. Ne pas choisir est déjà un choix. Cette liberté est une condamnation parce qu’elle implique une responsabilité totale, sans excuse possible. C’est ce que Sartre appelle « l’argument de la contrainte » : la liberté est inévitable.

5. « La mauvaise foi consiste à se mentir à soi-même, à fuir la vérité de sa liberté. » (Sartre)

« Le lâche est celui qui refuse sa liberté, le salaud celui qui nie celle des autres. »

Explication :

La mauvaise foi est une forme d’auto-illusion, où l’on refuse d’assumer sa liberté et sa responsabilité. Par exemple, en se disant « je n’ai pas le choix », on se dénie comme libre. Le « lâche » est celui qui fait cela par peur de l’angoisse. Le « salaud », lui, nie la liberté des autres, par exemple en les exploitant ou en les réduisant à des objets, pour justifier ses actes.

Veux-tu que je t’aide à illustrer ces concepts avec des exemples concrets ?

Une alternative philosophique:

Alors que la psychologie cherche à expliquer le comportement par des causes mentales ou biologiques, et que la sociologie analyse les faits sociaux à travers des régularités, la philosophie propose :

  • Une approche plus réflexive, qui interroge le sens plutôt que de chercher la cause ;
  • Une perspective éthique ou existentielle, centrée sur la liberté, la conscience, la subjectivité, ou la justice.


2) la critique de la psychologie freudienne

🔹 1. Critique de la scientificité

Par Karl Popper

Freud propose une théorie qui, selon Popper, n’est pas falsifiable : tout peut être interprété pour confirmer la psychanalyse (rêves, lapsus, symptômes).
  • Or, une théorie scientifique doit pouvoir être mise à l’épreuve et réfutée.
  • Donc, pour Popper, la psychanalyse relève plus du mythe que de la science.

🔹 2. Critique philosophique : réduction de l’homme à ses pulsions

Par les existentialistes (Sartre, par exemple)

Freud réduit l’homme à son inconscient, à ses pulsions sexuelles et agressives, ce qui nie sa liberté.
  • Sartre affirme au contraire que l’homme est libre et responsable, même face à ses traumatismes passés.
« Il n’y a pas d’inconscient : il n’y a que des actes de mauvaise foi. » (interprétation libre de Sartre)
  • La psychanalyse expliquerait trop en déresponsabilisant le sujet.

🔹 3. Critique féministe

Par Simone de Beauvoir, et plus tard par des autrices comme Julia Kristeva ou Luce Irigaray

Freud fonde sa théorie sur des modèles masculins (ex. : complexe d’Œdipe), et considère la femme comme un "homme manqué" (pénis-envie).
  • Cette vision est critiquée comme sexiste et fondée sur des normes patriarcales.

🔹 4. Critique de l’universalité des concepts psychanalytiques

  • Des anthropologues (comme Malinowski) ont montré que le complexe d’Œdipe ne se retrouvait pas dans toutes les cultures.
  • Cela remet en question la prétention de la psychanalyse à être valable universellement.

🔹 5. Critique des résultats thérapeutiques

  • Certains psychologues modernes reprochent à la psychanalyse d’être trop longue, trop vague, et peu efficace comparée à d’autres thérapies (comme les TCC – thérapies cognitivo-comportementales).
  • Elle serait donc plus une exploration existentielle qu’un traitement rapide des troubles mentaux.

🧩 Conclusion

La psychanalyse freudienne a profondément influencé notre manière de penser le psychisme, mais elle est :

  • Critiquée comme non scientifique (Popper),
  • Comme niant la liberté du sujet (Sartre),
  • Comme sexiste et culturellement biaisée,
  • Et parfois jugée inefficace sur le plan thérapeutique.


A retenir :

🧩 Conclusion : Comprendre l’homme à travers les sciences humaines

Les sciences humaines comme la psychologie et la sociologie cherchent à comprendre l’être humain dans toute sa complexité :

  • La psychologie explore les mécanismes mentaux, les comportements, les émotions et l’inconscient.
  • La sociologie étudie l’individu en société, les normes, les institutions, les rapports de pouvoir et les comportements collectifs.

Ces disciplines nous montrent que l’homme n’est ni entièrement libre ni entièrement déterminé : il est à la fois influencé par son psychisme, son histoire, sa culture, et les structures sociales.

Elles offrent des outils complémentaires à la philosophie :

  • Là où la philosophie questionne la liberté, la vérité ou la morale,
  • Les sciences humaines analysent comment ces notions prennent forme dans les faits, les comportements, les institutions.

Mais ces sciences posent aussi des limites et des débats :

  • Peut-on vraiment expliquer l’humain comme un objet scientifique ?
  • Comment garder une place pour la liberté, le sens, la subjectivité ?

En définitive, les sciences humaines ne donnent pas des réponses définitives, mais elles nous invitent à penser l’homme de façon critique, nuancée et ouverte.


La crise des Sciences de l'homme et l'anthropologie phénoménologique

INTRODUCTION

Définition

Phénoménologie
La phénoménologie est une méthode philosophique qui étudie les phénomènes tels qu’ils apparaissent à la conscience, sans les réduire à des explications scientifiques ou objectives. Initiée par Edmund Husserl, elle cherche à décrire fidèlement l’expérience vécue (la perception, l’émotion, le souvenir…) pour en comprendre le sens. Elle accorde une grande importance à la subjectivité, c’est-à-dire à la manière dont le monde se donne à un sujet conscient. Exemple : voir une fleur n’est pas seulement capter une image avec les yeux, c’est vivre une expérience sensible et significative.
Anthropologie
Anthropologie (philosophique) L’anthropologie philosophique est la réflexion sur la nature et la condition humaine. Elle cherche à répondre à la question : qu’est-ce que l’homme ? en étudiant les caractéristiques fondamentales de l’être humain (raison, langage, culture, liberté, techniques, sociabilité, etc.). Elle se distingue de l’anthropologie scientifique (comme l’ethnologie) en s’intéressant moins aux différences culturelles qu’aux structures universelles de l’existence humaine. Exemple : réfléchir à la place de l’homme dans la nature, à sa capacité de créer du sens, ou à sa conscience de la mort.

A retenir :

Auguste Comte a créé une science de l'homme : " La physique sociale" au19ème = La sociologie aujourd'hui

pour lui les comportements humaines ne sont pas complétement libre et obéissent a des règles. On peut définir ses règles grâces à l'observation et des données statistiques.

Définition

Les sciences humaines
Les sciences humaines sont un ensemble de disciplines académiques qui étudient les aspects de la condition humaine, en utilisant principalement des méthodes analytiques, critiques ou spéculatives, plutôt que des approches empiriques. Elles incluent des domaines tels que la philosophie, l'histoire, la littérature, la linguistique, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, et les études culturelles. Ces disciplines cherchent à comprendre et interpréter les expériences, les comportements, les interactions. Bien qu'utilisant les même méthodes que les sciences ( observer, mesurer, chercher des lois, les sciences humaines sont qualifié parfois de sciences molle en opposition au sciences dure comme la physique ou la chimie car elles ne parviennent pas à formuler des lois valables en tout lieu, à toute époque, avec la même précision. Néanmoins les méthode utilisé ont comme objectif de rendre ses sciences plus fiables et plus objectives.

PROBLEMATIQUE

si tout ce que nous faisons et pensons peut s'expliquer par des causes ( éducation, culture, inconscient, biologie) que reste-t-il de notre liberté? Est-ce que nos choix et nos pensées viennent de nous?


ON NE CHOISIT PAS: sa famille, où l'on né, dans quel corps,...

MAIS : on pensait être capable de penser par nous même, de juger ce qui est bien ou mal, et d'agir selon nos idées et convictions.


La société considère que l'homme est un être autonome, maitre de ses pensées et de ces actes. C'est sur cette idée que repose notre morale et notre droit. Sans liberté, il n'y aurait ni responsabilité ni justice.


MAIS les sciences sociales remettent ca en cause: nous sommes influencé par des causes extérieures et donc pas aussi libre qu'on le pensait.

L'homme devient un être conditionné, influencé, parfois même prévisible..

L'homme devient alors un objet comme un autre , que l'on peut étudier, comprendre et manipuler.


Sommes nous libre? ou les jouets de force qui nous dépassent?

peut-on encore croire à cette liberté qui fonde notre humanité (l'homme est libre et responsable) tout en acceptant ce que les sciences nous revèlent?

A retenir :

Emile DURKHEIM , fondateur de la sociologie française pense qu'o ne doit pas juste écoute ce que les gens disent et pensent d'eux même, MAIS qu'il faut regarder les faits et les comportements communs dans une société, et chercher les causes exterieurs: education, tradition culture = Faits Sociaux

Définition

Les faits sociaux
habitudes manière d'agir ou de penser que tout le monde suit sans réflechir, juste parce qu'on vit en société. ex: pleurer a un enterrement : ce n'est pas un simple choix personnels c'est un comportement appris presque imposé par la société

A retenir :

John WATSON, début du 20eme, crée le courant du Behaviorisme.

Il pense qu'on peut comprendre l'homme sans s'intéresser à ses pensées ou à ses émotions, mais simplement en observant ses réactions.

Selon lui l'environnement peut entièrement façonner une personne, peu importe son envie ou son caractère.

L'homme est comme une machine, il réagit a ce qui l'entoure. Un évènement déclenche une réponse.

Comme DURKHEIM il pense que nos choix viennent principalement de causes extérieur ( société, environnement) et non de notre volonté et personnalité.

LES LIMITES


en sociologie, ou en psychologie les résultats varient selon les individus, les cultures, les contextes. Les phénomènes humains sont changeant, instable et difficile a mesurer. Contrairement à la physique ( Ex: loi de newton fonctionne partout, de la terre à la lune)

Ce manque de fiabilité peut entrainer de grave erreur : ex: affaire Outreau en 2000: les psychologues n'ont pas su détecter que des enfants mentaient et des gens ont été incarcéré à tord.. Leur méthode était-elle mauvaise, ou bien est-ce la prétention a vouloir juger scientifiquement la vérité d'un témoignage humain qui en est la cause?


En sociologie même constat. ainsi deux théorie s'oppose.

Pierre BOURDIEU: déterminisme sociale

Raymond BOUDON : les inégalités ne viennent pas juste du milieu social mais aussi des décisions rationnelle prise par les individus et leur famille.


La société détermine t-elle nos trajectoires ou sommes nous capable de faire des choix qui comptent



A retenir :

Wilhelm Dilthey (philosophe allemand, XIXe siècle)

« Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique. »
.— Introduction aux sciences de l’esprit, 1883

👉 C’est la formule fondatrice de la distinction entre sciences de la nature (explication causale) et sciences humaines (compréhension du sens vécu).


Sciences de la nature: qui cherchent a expliquer les phénomènes à partie de causes extérieures , objectives

Sciences de l'esprit ou de l'homme qui doivent chercher à comprendre des phénomènes à partir de motivation intérieures, subjectives.

Un orage s'explique, une action humaine se comprend


Selon lui, les sciences humaines doivent prêter attention aux intentions aux raisons. Elles passent non pas par des statistiques ou des courbes mais pas un travail d'écoute et d'interprétation

A retenir :

📘 Max Weber (sociologue et économiste allemand, 1864–1920)

« La sociologie est une science qui se propose d’interpréter la compréhension du sens que les individus donnent à leurs actions. »
Économie et société, 1922

👉 Cette citation définit la sociologie comme une science compréhensive (Verstehende Soziologie) : elle ne se contente pas de constater les faits, elle cherche à comprendre le sens subjectif que les individus attribuent à leurs actes.


« Ce n’est pas le “vrai” ou le “faux” qui importe en science, mais la rigueur de la méthode. »

👉 Weber insiste sur la neutralité axiologique : les sciences humaines doivent suspendre les jugements de valeur pour analyser les faits de façon rigoureuse et objective, même quand il s'agit de phénomènes moraux ou religieux.


Il parle de Sciences compréhensive. En sociologie comprendre une action humaine c'est chercher le sens que l'individu lui donne. Pourquoi tel élève travaille dur? peur de l'échec, gout du savoir, désir de reconnaissance? ces motivations sont invisible de l'extérieur et nécessite d'explorer les raisons intimes et subjective.

A retenir :

📘 Sigmund Freud (médecin et fondateur de la psychanalyse, 1856–1939)

« Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »
Introduction à la psychanalyse, 1917

👉 Cette citation célèbre exprime que l’être humain n’est pas totalement conscient de lui-même. Les sciences humaines, comme la psychanalyse, doivent donc explorer l’inconscient, cette partie cachée de la vie psychique, pour comprendre les motivations profondes des comportements.


Freud développe une psychologie opposé au Behaviorisme. Il pense que nos actes sont l'expression de pensées cachées, de désir inconscient voir refoulé. freud pese qu'iul faut fouiller l'esprit interroger les rêves, les lapsus, les souvenirs d'enfance... autant d'élement qui échappent à une méthode scientifique objective et quantitative.

Définition

📘 Béhaviorisme (ou comportementalisme)
Le béhaviorisme est une théorie psychologique née au début du XXe siècle qui considère que l’on ne peut étudier scientifiquement que ce qui est observable, c’est-à-dire les comportements. Il rejette l’étude de la conscience ou de l’inconscient, jugés trop subjectifs. En résumé : l’être humain est étudié comme un ensemble de réactions à des stimuli extérieurs.

2 METHODES OPPOSEES

expliquer ou comprendre

mesurer ou interpréter


peut-on étudier l'homme comme un objet physique? peut-on établir des lois aussi précises pour les comportements humains que pour les mouvements planétaires?


A la différences des objets inertes, l'homme est libre, il pense, choisit peut toujours faire autrement. C'est ce que souligne les penseurs comme Heidegger ou Sartre. L'homme n'est pas une machine, il est un être de projet, de conscience, de responsabilité. Il n'est pas entièrement déterminé.: il peut rompre ses habitudes, contredire ses conditionnements, surprendre les attentes.


Peut-on faire de l'homme l'objet d'une science exacte? si oui avec quel méthode?

Peut-o prévoir les décisions des individus, ses émotions son avenir?

peut-on prévoir si une société se révoltera?


Ces questions restent ouvertes. Les sciences humaines ne peuvent pas promettre des lois absolues mais seulement proposer des compréhensions discutables, perfectibles à la mesure de la complexité et de la liberté de l'homme.

A retenir :

📘 Martin Heidegger (1889–1976, philosophe allemand, existentialisme et phénoménologie)

« L’essence de l’homme, c’est l’existence. »

👉 Pour Heidegger, on ne peut pas définir l’homme comme une chose : l’homme existe avant d’être une essence figée, car il est un être qui se construit par ses possibilités, son vécu, sa temporalité.

A retenir :

📘 Jean-Paul Sartre (1905–1980, philosophe français, existentialisme athée)

« L’existence précède l’essence. »
L’existentialisme est un humanisme, 1945

👉 Cette citation célèbre signifie que l’homme n’a pas de nature prédéfinie : il se définit par ses actes. Il est libre de choisir ce qu’il devient, mais aussi responsable de ce qu’il fait de lui-même.

« L’homme est condamné à être libre. »

👉 Loin d’être un simple privilège, la liberté est pour Sartre une charge existentielle : nous sommes responsables, même de notre refus d’agir. Cela fait de l’homme un être fondamentalement moral, engagé, inquiet.

I- L'institution des sciences humaines

1) la sociologie positiviste : la sociologie comme science exacte - L'école française d'Emile DURKHEIM

Auguste COMTE ( 1798-1857) est le premier à envisager la possibilité d'une science de la société. Il introduit la notion de sociologie.


Emile DURKHEIM ( 1858-1917) reprend son projet et le précise. Il en défini

  • l'objet: Les fait sociaux
  • sa méthode: observation et analyse rigoureuse

" Il faut traiter les faits sociaux comme des choses" c'est à dire qu'il faut étudier les fait sociaux avec la même rigueur la même objectivité en utilisant une méthode expérimentale:

  • recueillir des données objectives a partir de fait observable et mesurable ( statistique, comportement régulier) et non se contenter de témoignage et d'intuition individuelle.
  • expliquer les phénomène sociaux par des causes vérifiable ( chercher des facteurs extérieurs à la conscience individuelle) et non sur des interprétation


MAIS cela revient a mettre en parenthèse la liberté de l'homme, sa subjectivité, ses intentions.


Définition

Le determinisme
C'est le principe selon lequel tout événement a une cause et obéit à des lois nécessaires. Cela signifie qu’en connaissant toutes les causes d’un phénomène, on pourrait en prévoir les effets. 🔬 Déterminisme dans la nature Dans les sciences de la nature (comme la physique), le déterminisme repose sur l’idée que le monde fonctionne selon des lois fixes et universelles. Exemple : si on connaît la vitesse, la masse et la direction d’un objet, on peut prévoir son mouvement (lois de Newton). 👉 La nature est donc perçue comme un système prédictible et causalement fermé : rien n’arrive par hasard. 🧠 Déterminisme appliqué à l’homme Quand on applique le déterminisme à l’être humain, on considère que les pensées, les choix et les comportements sont eux aussi déterminés par des causes : biologiques, sociales, psychiques, culturelles... Exemple : pour Freud, nos actions sont souvent guidées par l’inconscient, ce qui limite notre liberté. 👉 Cela pose un problème philosophique majeur : Si l’homme est entièrement déterminé, est-il encore libre et responsable de ses actes ?

MAIS l'être humain ne se réduit pas à un corps. Il pense, il choisit, il agit en fonction des raisons qui lui sont propres.

Si quelqu'un saute d'une fenêtre, ce n'est pas juste la gravité qui le fait tomber, mais son choix, son intention.

Cependant, si l'homme agissait uniquement de façon libre il ne pourrait être étudié scientifiquement. La science recherche les régularités, des causes objectives et on les volontés individuelles.

La sociologie remet en question nos choix et notre liberté. Nous sommes influencés orienté voir déterminé par des causes sociétales souvent invisible.


la sociologie repose sur le postulat que si l'on veut comprendre les comportements humains il faut chercher leur causes non dans la conscience individuelle mais dans les structures sociales.


Derrière nos choix se cachent souvent des mécanismes collectifs invisibles et puissant.


Définition

Les faits sociaux
pour qu'un comportement soit considéré comme un fait social il faut qu'il est une origine sociale, qu'il soit déterminé par la société et non par des gouts personnels et des choix individuels. Un fait social ne se produit pas dans un cadre précis, il est produit PAR le cadre. ils sont objectivé par des statistiques. Il faut prouver que ce fait obéit à des causes collectives

exemple: l'amour peut sembler être u choix purement individuel ( sentiment, attirance, hasard des rencontres) mais 78% des couples se forment dans le même milieu sociale. C'est l'HOMOGAMIE

Ainsi même l'amour est déterminé par notre position sociale

📘 Émile Durkheim – Le Suicide (1897)

Thèse principale :

Oui, le suicide est un fait social.

Durkheim montre que le suicide, bien qu’il soit un acte individuel, peut être expliqué par des causes sociales. Il n’est donc pas seulement le résultat d’une souffrance personnelle ou psychologique, mais d’un lien plus ou moins fort entre l’individu et la société. Plus un individu est intégré dans la société moins il est enclin au suicide.


📌 Définition de "fait social" (selon Durkheim)

Un fait social est une manière d’agir, de penser ou de sentir externe à l’individu et qui exerce une contrainte sur lui (ex. : la langue, les lois, les règles morales...).

👉 Le suicide peut être étudié statistiquement et varie selon les groupes sociaux, donc il répond bien à cette définition.

📊 Méthode de Durkheim :

  • Il compare les taux de suicide selon les pays, religions, états civils, périodes économiques, etc.
  • Il remarque que certaines catégories sociales sont plus exposées au suicide que d’autres.

🔍 Les 4 types de suicide selon Durkheim :

  1. Suicide égoïste
  2. 👉 Causé par un manque d’intégration sociale (ex. : individus isolés, faibles liens familiaux ou religieux).
  3. Suicide altruiste
  4. 👉 Causé par un excès d’intégration sociale (ex. : kamikazes, soldats qui se sacrifient).
  5. Suicide anomique
  6. 👉 Causé par l’absence de régulation sociale (ex. : crise économique, changement brutal des repères sociaux).
  7. Suicide fataliste (moins développé)
  8. 👉 Causé par un excès de contraintes sociales (ex. : esclaves, prisonniers).

🎯 Conclusion :

Durkheim révolutionne la sociologie :

Même les actes les plus personnels, comme le suicide, peuvent avoir des causes sociales objectives.
Cela montre que les sciences humaines peuvent étudier les comportements humains avec rigueur.


la société moderne, en valorisant la liberté individuelle affaiblis les liens sociaux. L'autorité de la famille, de la religion, de l'état pèse mois sur l'individu qu'autrefois. Cela peut sembler libérateur mais cela créer aussi plus de solitude moins de repère, moins de solidarité. Chacun doit désormais faire ses propres choix et porter seule la responsabilité de ses succès ou de ses échecs ce qui est sources de fatigue, de culpabilité voir de desespoir. La modernité crée aussi une société de plus en plus prospère, créant des désirs sans fin souvent frustrés. l'individu isolé est ainsi plus vulnérable.


Selo DURKHEIM c'est la société qui rend malade. Le suicide n'est pas juste un drame personnel c'est le signe d'un manque de cohésion social.

ex: suicides en entreprise ( Orange- france télécom)

Définition

Approche Holiste
Ce n'est pas l'individu qui explique la société mais la société qui explique l'individu. Le sociologue adopte un point de vue global, "d'en haut".

2) Objection : La sociologie compréhensive de Max Weber

📘 La sociologie compréhensive selon Weber (en opposition à Durkheim)

🔹 1. La démarche de Weber : comprendre le sens de l’action

  • Pour Weber, la sociologie est une science compréhensive :
Elle cherche à comprendre le sens que les individus donnent à leurs actions.
  • Il ne s’agit pas seulement de constater des faits, mais de reconstituer les motivations internes (valeurs, croyances, intentions).
  • L’explication passe par l’interprétation du sens subjectif.

👉 Exemple : un don d’argent peut avoir des motivations très différentes (charité, réputation, pression sociale). La sociologie doit les comprendre.


🔹 2. Typologie de l’action sociale

Weber distingue 4 types d’actions sociales :

  1. Action rationnelle par rapport à un but (instrumentale)
  2. Action rationnelle par rapport à une valeur (morale, religieuse…)
  3. Action affective (guidée par les émotions)
  4. Action traditionnelle (par habitude)
Ces catégories permettent de comprendre les comportements humains dans leur diversité, au lieu de les réduire à des faits bruts.



🎯 Conclusion

  • Weber donne une place centrale à la subjectivité humaine dans l’analyse sociologique.
  • Il critique toute sociologie qui ignore les significations vécues par les individus.
  • Sa méthode vise à être scientifique, mais respectueuse de la complexité humaine.


📘 Max Weber – L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1905)

🎯 Problématique de Weber :

Pourquoi le capitalisme moderne s’est-il développé d’abord en Europe occidentale, et non ailleurs ?

Weber ne se contente pas d’une explication économique. Il montre que des facteurs culturels et religieux ont joué un rôle déterminant.


🔹 1. Le capitalisme moderne selon Weber

  • Le capitalisme moderne n’est pas simplement la recherche de profit (qui existe depuis toujours), mais un système rationnel d'organisation du travail et de l'économie :
  • Calcul, planification, investissement, travail discipliné.
  • Ex : un entrepreneur qui réinvestit ses gains plutôt que de les dépenser.

👉 Weber parle d’un « esprit du capitalisme » : une mentalité spécifique, tournée vers le travail, l’épargne et l’efficacité.


🔹 2. Le rôle de l’éthique protestante

  • Weber montre que certains courants du protestantisme, surtout le calvinisme, ont encouragé un comportement favorable au capitalisme :
  • La valeur du travail comme signe de grâce divine.
  • L’ascétisme (vie sobre, refus du luxe) → favorise l’épargne.
  • L’idée de vocation (Beruf) : le travail est une mission religieuse.
Le fidèle calviniste, angoissé par l’idée de prédestination, cherche à prouver par sa réussite matérielle qu’il est élu → cela favorise une éthique de travail rigoureuse.

🔹 3. Rationalisation et désenchantement

  • Le capitalisme moderne s’inscrit dans un processus plus large : la rationalisation du monde.
  • Calcul, prévisibilité, efficacité remplacent les traditions et les croyances.
  • Ce processus est aussi un désenchantement du monde : on ne croit plus à la magie, mais à la technique.
👉 Le capitalisme est donc un système rationnel, mais aussi vidé de sens spirituel : l’éthique religieuse a créé un monde dominé par les lois de l’économie.

📌 Conclusion

  • Pour Weber, le capitalisme moderne est le produit d’une évolution culturelle, pas seulement économique.
  • Sa méthode est compréhensive : il analyse les valeurs, les motivations, les croyances à l’origine d’un système économique.
  • Il souligne la complexité du lien entre culture et économie, et l’ambivalence du progrès : plus de richesse, mais aussi plus de rationalisation et de désenchantement.


II- Une Science de l'homme : La Psychologie

La psychologie positive : L'école Behavioriste

A retenir :

📘 John B. Watson (1878–1958)

Psychologue américain, il est le fondateur du béhaviorisme (ou comportementalisme), un courant majeur de la psychologie au XXe siècle.

Nos réactions sont le fruit de notre conditionnement, pas de notre volonté.


🔍 Ses idées principales :

🧪 1. Rejet de l’introspection

Watson rejette la psychologie traditionnelle fondée sur l’étude de la conscience et des états mentaux internes, qu’il juge trop subjectifs et non vérifiables.

👉 Il affirme que la psychologie doit devenir une science objective, comme la physique, en se fondant uniquement sur l’observation des comportements.

🔄 2. Le comportement comme réponse à un stimulus

Selon Watson, tout comportement est une réponse (R) à un stimulus (S). Il s'inspire des expériences de Pavlov sur le réflexe conditionné.

👉 Le mental n’est pas nié, mais considéré comme inutile à l’explication scientifique : seul le comportement visible compte.

👶 3. L’environnement détermine l’individu

Watson pense que tout est acquis par l’apprentissage, y compris les émotions. Il va jusqu’à dire :

« Donnez-moi une douzaine d’enfants en bonne santé [...] je m’engage à en faire ce que je veux : médecin, avocat, artiste, mendiant ou voleur. »
Behaviorism, 1930

👉 Cette citation résume bien sa vision déterministe : l’environnement façonne entièrement l’individu, indépendamment de son hérédité ou de sa volonté.


🧠 Exemple célèbre : le petit Albert

Watson a conditionné un bébé (Albert) à avoir peur d’un rat blanc en l’associant à un bruit effrayant → preuve expérimentale selon lui que les émotions peuvent être apprises.


🎯 Conclusion :

Watson a profondément influencé la psychologie, l’éducation et les sciences humaines en introduisant une méthode scientifique et expérimentale pour étudier le comportement humain.

Mais son approche a été critiquée pour réduire l’humain à une machine à réagir, oubliant la subjectivité, la liberté ou la pensée.

A retenir :

📘 Ivan Pavlov (1849–1936)

Physiologiste russe, il est célèbre pour ses travaux sur le réflexe conditionné, qui ont jeté les bases du béhaviorisme.

🔍 Ses idées principales :

🔔 Conditionnement classique (ou répondant)

Pavlov a découvert qu’un animal peut associer un stimulus neutre (ex. : une cloche) à un stimulus naturel (ex. : de la nourriture) jusqu’à ce que le premier déclenche à lui seul la même réaction (ex. : salivation).

👉 Ce processus est appelé réflexe conditionné.

🧠 Expérience célèbre : le chien de Pavlov

  • Nourriture → salivation (réflexe naturel)
  • Cloche + nourriture → salivation
  • Cloche seule → salivation (réflexe conditionné)

🎯 Conclusion :

Pavlov montre que le comportement peut être modifié par l’apprentissage d’associations, sans faire appel à la conscience. Cela inspire Watson et tout le courant béhavioriste.


📘 B.F. Skinner (1904–1990)

Psychologue américain, Skinner est le principal représentant du béhaviorisme radical.

🔍 Ses idées principales :

🎲 Conditionnement opérant

Il considère que se ne sont pas les évènements passées qui compte mais ce qui se passe après. Contrairement à Pavlov, Skinner étudie les conséquences du comportement : un comportement est renforcé s’il est suivi d’une récompense, ou affaibli s’il est suivi d’une punition.

👉 L’être humain agit pour obtenir une récompense ou éviter une punition.

🧪 Expérience célèbre : la boîte de Skinner

Un rat dans une boîte apprend à appuyer sur un levier pour recevoir de la nourriture. S’il est récompensé à chaque fois, il appuie plus souvent.

🧠 Concepts clés :

  • Renforcement positif : on donne une récompense → le comportement augmente.
  • Renforcement négatif : on enlève une contrainte → le comportement augmente.
  • Punition : on ajoute une souffrance ou retire une récompense → le comportement diminue.

🎯 Conclusion :

Skinner voit le comportement comme un résultat de l’environnement et des conséquences passées. Il défend une psychologie scientifique et prédictive, mais critiquée pour négliger la pensée, les émotions et la liberté.

OBJECTION


Peut-on comprendre le comportement humain comme un simple enchainement de causes et d'effet comme un phénomène mécanique. Peut-on étudier l'être humain sans prendre en compte ce qu'il pense et ressent? En essayant d'expliquer l'homme de manière trop scientifique ne risque t-on pas de le réduire a un objet? est-ce qu'on cherche a le comprendre pour mieux le contrôler, comme le redouter Heidegger avec l'idée de la technique.


En opposition a ce déterminisme , revoir l'encart sur DILTHEY

Il critique l'idée de vouloir étudier l'être humain comme la nature car cela exclu ce qui ne peut pas être prouvé: pensée, sentiment, intentions.

Il ne suffit pas de comprendre comment u comportement se produit mais il faut aussi comprendre pourquoi.

pour comprendre quelqu'un il faut tenir compte de ses émotions.


Un comportement humain n'est pas un simple évènement naturel. Il dépend de motivation intérieures mais aussi sociales historiques et culturelles. C'est ce que les sciences humaines cherchent a comprendre.


Exemple de la révolution française: c'est seulement quand les gens ont vu leur souffrance comme une injustice et non comme un destin qu'il se sont révoltés.


A retenir :

Les sciences humaines cherchent une vérité différentes de celles des sciences naturelles. Elle ne se contente pas de preuve mesurable: elles veulent comprendre le sens que les gens donnent à ce qu'ils vivent. Pour cela ils ont besoin d'interpréter, de se mettre a la place de l'autre et de chercher à comprendre l'humain dans toute sa complexité.

Une psychologie " compréhensive" Freud et l'invention de la psychanalise.

🧠 Freud et Charcot : aux origines de la psychanalyse

Jeune médecin, Sigmund Freud travaille à Paris en 1885 avec Jean-Martin Charcot, un neurologue renommé. Il y découvre que des troubles physiques (paralysies, crises) peuvent avoir une origine psychique, notamment chez des patientes hystériques.

Charcot utilise l’hypnose pour faire disparaître ou réactiver ces symptômes, ce qui impressionne Freud :

il comprend que le corps peut exprimer un conflit mental inconscient.

Ce constat fondamental l’amène à développer sa propre méthode : la psychanalyse, qui cherche à comprendre les causes cachées des troubles en analysant les paroles, les rêves, les souvenirs.

A retenir :

Sigmund Freud (1856-1939) est un médecin autrichien, fondateur de la psychanalyse. Il a étudié l'inconscient et les mécanismes profonds de l’esprit humain, comme le rêve, les pulsions, et le conflit entre différentes parties de la personnalité (Ça, Moi, Surmoi). Son travail a profondément influencé la psychologie, la philosophie, et la culture.

A retenir :

📘 Une psychologie « compréhensive » : Freud et l’invention de la psychanalyse

🔹 1. Contexte : une autre approche de la psychologie

À la fin du XIXe siècle, la psychologie scientifique s’oriente vers des méthodes objectives (comme le béhaviorisme). Freud, au contraire, propose une approche qui cherche à comprendre le psychisme humain de l’intérieur, notamment à travers le langage, les rêves, les symptômes, etc.

👉 Il invente une méthode d’interprétation : la psychanalyse, qui explore l’inconscient.


🔹 2. L’hypothèse de l’inconscient

« Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »
Introduction à la psychanalyse
  • Freud affirme que beaucoup de nos pensées, désirs et actes sont influencés par des forces inconscientes.
  • Les troubles psychiques (phobies, angoisses, lapsus...) ne sont pas des accidents, mais l’expression indirecte de conflits inconscients.

👉 Le symptôme est un message codé : la psychanalyse vise à le décrypter.


🔹 3. Une méthode compréhensive : l’interprétation

  • Freud utilise des méthodes d’écoute et d’analyse du langage (rêves, souvenirs, associations libres).
  • Il ne cherche pas à expliquer le comportement par des causes biologiques ou sociales, mais à comprendre le sens caché derrière les apparences.

👉 La psychanalyse est donc une science du sens, qui vise une compréhension de la vie psychique, non une explication mécaniste.


🔹 4. Structure du psychisme : ça, moi, surmoi

  • Le Ça : réservoir des pulsions, obéit au plaisir.
  • Le Moi : instance rationnelle, gère les conflits entre les désirs et la réalité.
  • Le Surmoi : intériorisation des interdits et de la morale.

👉 Le conflit entre ces instances produit des tensions psychiques que la psychanalyse cherche à mettre en lumière.


📌 Conclusion

  • Freud renouvelle totalement l’approche du psychisme : il propose une psychologie compréhensive, herméneutique, fondée sur l’analyse du sens.
  • Il montre que l’homme n’est pas entièrement conscient ni maître de lui-même, ce qui remet en question les idées de liberté, de responsabilité, et même de rationalité de l’être humain.


Définition

🧠 Méthode cathartique – Définition (philosophie / psychologie)
Technique thérapeutique développée à la fin du XIXe siècle par Josef Breuer (et poursuivie par Freud) qui consiste à faire revivre par la parole un souvenir traumatique refoulé pour en libérer la charge émotionnelle. But : soulager un symptôme en faisant remonter à la conscience un événement oublié mais encore actif dans l’inconscient. 🔍 Origine : Le mot vient du grec katharsis : purification. Freud l’utilise notamment dans les débuts de la psychanalyse, à travers le cas d’Anna O., traité avec Breuer. 📌 En résumé : La méthode cathartique repose sur l’idée que parler libère : mettre en mots un traumatisme refoulé permet au patient de s’en délivrer symboliquement.
🧠 Méthode des associations libres – Définition (psychanalyse / Freud)
Technique centrale de la psychanalyse, mise au point par Sigmund Freud, qui consiste à laisser le patient parler librement, sans filtre ni censure, de tout ce qui lui vient à l’esprit (idées, souvenirs, images, mots…). 🎯 Objectif : Faire émerger des contenus inconscients refoulés à travers des enchaînements apparemment incohérents, mais porteurs de sens caché. 👉 Cette méthode permet de comprendre les origines profondes des troubles psychiques en explorant le fonctionnement de l’inconscient. 🗣️ Exemple : Un patient commence à parler d’un rêve, puis évoque spontanément un souvenir d’enfance, puis une peur actuelle… Ces liens permettent à l’analyste de reconstruire la logique inconsciente. 📌 En résumé : L’association libre est une méthode de compréhension du psychisme, fondée sur la parole spontanée, qui vise à déjouer les mécanismes de censure et à accéder à l’inconscient.

La psychanalyse est une méthode d'interprétation.

Elle ne s'arrête pas à comprendre les causes extérieures, elle cherche a comprendre ce qui se passe à l'intérieur de la personne en tenant compte de sa vie psychique, de ses désirs, de son histoire intime. La psychanalise va interpréter ses éléments pour y donner du sens.

Elle cherche le sens caché des symptômes

Alors que d’autres approches (comme le béhaviorisme ou les neurosciences) expliquent les comportements par des causes objectives (stimulus, circuits cérébraux…), la psychanalyse cherche à comprendre le sens subjectif des troubles (rêves, angoisses, actes manqués…).

👉 C’est une approche compréhensive et interprétative, et non causale ou expérimentale.

Définition

🧠 Définition de l’inconscient (selon Freud,
L’inconscient est, selon Freud, une partie cachée de notre esprit, qui contient des pensées, des désirs, des souvenirs refoulés, souvent inacceptables pour la conscience, mais qui continuent d’agir sur notre comportement sans que nous en soyons conscients. 🔍 Caractéristiques de l’inconscient : Il est dynamique : ce qui y est refoulé cherche à revenir sous forme de symptômes, de rêves, de lapsus, etc. Il échappe au contrôle du sujet, mais influence ses actes, ses émotions, ses choix. Il obéit à une logique propre (associations, symboles, déplacements, condensations…). 👉 Freud affirme : « Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. » 📌 En résumé : L’inconscient est une réalité psychique active, invisible mais agissante, que la psychanalyse cherche à explorer et à interpréter pour mieux comprendre le sujet et ses troubles.

1er Topique vers 1900

2ème Topique vers 1920

A retenir :

Freud comprend que l'esprit humain est traversé par des conflits invisible. NOus croyons être conscient de ce que nous faisons mais nos désirs cachés, nos peurs, nos souvenirs refoulés influences nos comportements. La psychanalise a pour but de redre visible ce qui est caché et faire remonté à la conscience ce qui est refoulé pour permettre a la personne de mieux se connaitre et de soulager ses souffrances intérieures.

Comparatif de deux méthode de psychologie : béhaviorisme et psychanalise

Définition

La conscience selon Descartes :
Pour Descartes, la conscience est avant tout la pensée. Seule la pensée prouve l’existence : « Je pense, donc je suis » (Cogito, ergo sum). La conscience est cette capacité à penser, douter, comprendre, vouloir, et c’est à travers elle que l’on prend conscience de soi-même. Elle est immédiate, certaine, et indépendante du corps.

III- Les limites des sciences de l'homme : l'objection existentialiste

Définition

L'existentialisme
Courant philosophique du XXe siècle qui met l’accent sur la liberté individuelle, la responsabilité et le sens de l’existence. Selon l’existentialisme, l’être humain n’a pas d’essence prédéfinie ; il se construit par ses choix et ses actions, souvent confronté à l’absurdité ou au manque de sens du monde.

Søren Kierkegaard (1813-1855) : Souvent considéré comme le « père » de l’existentialisme, il insiste sur la subjectivité, la foi, et l’angoisse liée à la liberté.


Les trois stades de l’existence chez Kierkegaard

  1. Le stade esthétique
  • Vie centrée sur le plaisir, la beauté, les émotions et l’évitement de l’engagement.
  • Recherche du bonheur immédiat, souvent superficiel et insatisfaisant.
  • Risque de l’ennui et du désespoir.
  1. Le stade éthique
  • Vie fondée sur le devoir, la responsabilité, les choix réfléchis et l’engagement moral.
  • La personne prend conscience de ses obligations et cherche à vivre authentiquement.
  • C’est un stade plus profond, mais encore limité.
  1. Le stade religieux
  • Stade le plus élevé, caractérisé par la foi individuelle et la relation personnelle avec Dieu.
  • Reconnaissance de la finitude et de l’absurde, dépassement par un saut dans la foi.
  • C’est une existence authentique et paradoxale.


A retenir :

l'existentialisme selon Jean-Paul Sartre (1905-1980) :

Pour Sartre, l’existentialisme affirme que « l’existence précède l’essence » :

  • L’être humain existe d’abord, c’est-à-dire qu’il est là, sans nature définie ni but donné à l’avance.
  • Ensuite, il se construit par ses choix et ses actions.
  • L’homme est donc libre et entièrement responsable de ce qu’il devient.
  • Cette liberté totale est une source d’angoisse, car il n’y a pas de guide extérieur (Dieu, nature) pour déterminer ce que l’on doit faire.
  • L’existentialisme invite à assumer cette liberté et à agir de façon authentique.


Liberté

Chez Sartre, l’homme est fondamentalement libre. Il n’a pas d’essence ou de nature prédéfinie, il choisit constamment ce qu’il est à travers ses actions. Cette liberté est totale et inévitable.

Angoisse

Cette liberté absolue provoque une angoisse profonde, car l’homme réalise qu’il est entièrement responsable de ses choix, sans aucun appui extérieur (Dieu, règles immuables). L’angoisse est la prise de conscience du poids de cette liberté.

Mauvaise foi

La mauvaise foi est un mécanisme d’auto-illusion par lequel l’individu refuse ou fuit sa liberté et sa responsabilité. Il se ment à lui-même pour éviter l’angoisse, en se déniant comme libre ou en prétendant être déterminé par des facteurs extérieurs (rôle social, nature, etc.).

Délaissement

Le délaissement (ou abandon) désigne la condition humaine sans Dieu ni valeurs transcendantes : il n’y a personne pour dire à l’homme ce qu’il doit faire. L’homme est donc seul face à sa liberté, sans « guide » moral extérieur.

Déterminisme contre libre arbitre

1) les contextes fondamentaux de l'existentialisme

L’existentialisme décrit une condition humaine où l’on est d’abord jeté dans un monde sans sens donné (existence). Il n’y a pas de Dieu (athéisme), donc pas de guide extérieur. Cette liberté totale provoque l’angoisse et le délaissement. Malgré cela, on ne peut pas échapper à cette liberté (argument de la contrainte). Refuser cette liberté, c’est tomber dans la mauvaise foi, soit en se déniant libre (le lâche), soit en niant la liberté d’autrui (le salaud).

1. « L'existence précède l'essence »

« L'existence précède l'essence » (Sartre, L’existentialisme est un humanisme)

Explication :

Cela signifie que l’être humain existe d’abord, il est là, sans but ni nature prédéfinie. Contrairement à un objet fabriqué (exemple : un couteau a une essence, une fonction avant d’exister), l’homme doit se construire lui-même par ses choix et ses actes. Il n’y a pas de plan ou d’essence donnée par Dieu ou la nature, c’est l’individu qui crée son identité.

2. « L’angoisse n’est pas simplement la peur d’un danger déterminé, mais le vertige devant la liberté infinie. » (Sartre)

« L’angoisse révèle à l’homme qu’il est libre et seul responsable de son être. » (Heidegger)

Explication :

L’angoisse n’est pas une peur face à un danger extérieur concret, mais une sensation plus profonde liée à la prise de conscience de sa liberté totale. Cette liberté est un « vertige » car il n’y a pas de guide pour orienter nos choix. Heidegger souligne que cette angoisse révèle notre solitude existentielle : nous sommes seuls à devoir décider ce que nous sommes.

3. « Dieu est mort. L’homme se trouve délaissé. » (Sartre)

Explication :

Cette phrase signifie que, dans la vision existentialiste athée, il n’y a plus de Dieu ni de valeurs transcendantes pour donner un sens à la vie ou orienter les choix humains. L’homme est abandonné (« délaissé ») à lui-même, sans guide ni fondement moral extérieur. Il doit créer son propre sens.

4. « Nous sommes condamnés à être libres. » (Sartre)

Explication :

L’expression paradoxale veut dire que, même si la liberté peut être lourde à porter, on ne peut pas y échapper. Ne pas choisir est déjà un choix. Cette liberté est une condamnation parce qu’elle implique une responsabilité totale, sans excuse possible. C’est ce que Sartre appelle « l’argument de la contrainte » : la liberté est inévitable.

5. « La mauvaise foi consiste à se mentir à soi-même, à fuir la vérité de sa liberté. » (Sartre)

« Le lâche est celui qui refuse sa liberté, le salaud celui qui nie celle des autres. »

Explication :

La mauvaise foi est une forme d’auto-illusion, où l’on refuse d’assumer sa liberté et sa responsabilité. Par exemple, en se disant « je n’ai pas le choix », on se dénie comme libre. Le « lâche » est celui qui fait cela par peur de l’angoisse. Le « salaud », lui, nie la liberté des autres, par exemple en les exploitant ou en les réduisant à des objets, pour justifier ses actes.

Veux-tu que je t’aide à illustrer ces concepts avec des exemples concrets ?

Une alternative philosophique:

Alors que la psychologie cherche à expliquer le comportement par des causes mentales ou biologiques, et que la sociologie analyse les faits sociaux à travers des régularités, la philosophie propose :

  • Une approche plus réflexive, qui interroge le sens plutôt que de chercher la cause ;
  • Une perspective éthique ou existentielle, centrée sur la liberté, la conscience, la subjectivité, ou la justice.


2) la critique de la psychologie freudienne

🔹 1. Critique de la scientificité

Par Karl Popper

Freud propose une théorie qui, selon Popper, n’est pas falsifiable : tout peut être interprété pour confirmer la psychanalyse (rêves, lapsus, symptômes).
  • Or, une théorie scientifique doit pouvoir être mise à l’épreuve et réfutée.
  • Donc, pour Popper, la psychanalyse relève plus du mythe que de la science.

🔹 2. Critique philosophique : réduction de l’homme à ses pulsions

Par les existentialistes (Sartre, par exemple)

Freud réduit l’homme à son inconscient, à ses pulsions sexuelles et agressives, ce qui nie sa liberté.
  • Sartre affirme au contraire que l’homme est libre et responsable, même face à ses traumatismes passés.
« Il n’y a pas d’inconscient : il n’y a que des actes de mauvaise foi. » (interprétation libre de Sartre)
  • La psychanalyse expliquerait trop en déresponsabilisant le sujet.

🔹 3. Critique féministe

Par Simone de Beauvoir, et plus tard par des autrices comme Julia Kristeva ou Luce Irigaray

Freud fonde sa théorie sur des modèles masculins (ex. : complexe d’Œdipe), et considère la femme comme un "homme manqué" (pénis-envie).
  • Cette vision est critiquée comme sexiste et fondée sur des normes patriarcales.

🔹 4. Critique de l’universalité des concepts psychanalytiques

  • Des anthropologues (comme Malinowski) ont montré que le complexe d’Œdipe ne se retrouvait pas dans toutes les cultures.
  • Cela remet en question la prétention de la psychanalyse à être valable universellement.

🔹 5. Critique des résultats thérapeutiques

  • Certains psychologues modernes reprochent à la psychanalyse d’être trop longue, trop vague, et peu efficace comparée à d’autres thérapies (comme les TCC – thérapies cognitivo-comportementales).
  • Elle serait donc plus une exploration existentielle qu’un traitement rapide des troubles mentaux.

🧩 Conclusion

La psychanalyse freudienne a profondément influencé notre manière de penser le psychisme, mais elle est :

  • Critiquée comme non scientifique (Popper),
  • Comme niant la liberté du sujet (Sartre),
  • Comme sexiste et culturellement biaisée,
  • Et parfois jugée inefficace sur le plan thérapeutique.


A retenir :

🧩 Conclusion : Comprendre l’homme à travers les sciences humaines

Les sciences humaines comme la psychologie et la sociologie cherchent à comprendre l’être humain dans toute sa complexité :

  • La psychologie explore les mécanismes mentaux, les comportements, les émotions et l’inconscient.
  • La sociologie étudie l’individu en société, les normes, les institutions, les rapports de pouvoir et les comportements collectifs.

Ces disciplines nous montrent que l’homme n’est ni entièrement libre ni entièrement déterminé : il est à la fois influencé par son psychisme, son histoire, sa culture, et les structures sociales.

Elles offrent des outils complémentaires à la philosophie :

  • Là où la philosophie questionne la liberté, la vérité ou la morale,
  • Les sciences humaines analysent comment ces notions prennent forme dans les faits, les comportements, les institutions.

Mais ces sciences posent aussi des limites et des débats :

  • Peut-on vraiment expliquer l’humain comme un objet scientifique ?
  • Comment garder une place pour la liberté, le sens, la subjectivité ?

En définitive, les sciences humaines ne donnent pas des réponses définitives, mais elles nous invitent à penser l’homme de façon critique, nuancée et ouverte.