Thomas d’Aquin, Somme « Le vrai et le bien s’impliquent mutuellement. Car le vrai est un bien, sans quoi il ne serait pas désirable ; et le bien est un vrai, autrement il ne serait pas intelligible.
De même donc que l’objet de l’appétit peut être un vrai, considéré comme bien, – par exemple, lorsqu’on désire connaître la vérité, – de même l’objet de l’intellect pratique est le bien qui peut être ordonné à l’action, considéré comme vrai.
L’intellect pratique en effet connaît la vérité, comme l’intellect spéculatif mais il ordonne à l’action cette vérité connue. »
3 questions concernant la syndérèse ( Thomas d’Aquin ) :
1.La syndérèse est-elle une puissance ou un habitus ?
- connaissance de la vérité dans le domaine pratique qui se fait sans recherche
- naturellement présente en l’homme comme semence de toute connaissance qui va en découler
- d’habitus pour que l’homme l’ait sous la main, quand il en a besoin.
2. La syndérèse peut-elle se tromper ?
- principe permanent qui résiste à tout mal et consent à tout bien
- Elle ne peut donc pas se tromper
- Dans l’application des principes donnés (d3 actions particulières) par elle, notre conscience peut se tromper
- C’est le défaut d’attention de notre conscience à ce que murmure la syndérèse, qui fait que notre conscience peut se tromper
3 La syndérèse peut-elle s’éteindre dans une personne ?
Le verbe éteindre peut avoir 2 sens :
- La lumière que représente la syndérèse peut disparaître
- Cette lumière n’arrive pas à éclairer l’action
REPONSE : la lumière de la syndérèse ne peut pas disparaître
- Elle appartient à la nature même de l’âme humaine
- C’est par elle que l’âme humaine est dite intelligente (plus encore querationnelle ou raisonnable )
En revanche, elle peut ne plus éclairer l’acte
Elle n’arrive plus à suivre cette lumière :
- perte libre arbitre ( ex : cause : la folie )
- perte usage de la raison ( ex : cause : lésion du cerveau )
Le sujet met en veilleuse sa syndérèse quand :
- accaparé par une passion trop forte
- a laissé grandir en lui un habitus mauvais ( c’est- à-dire un vice )
Pour que l’action soit réellement prudente, il faut qu’elle suive 3 étapes successives, 3 actes :
- Le conseil qui commence la délibération
- Le jugement pratique qui la termine
- L’Imperium ou le commandement, qui préside à l’exécution de la chose décidée.
Proverbe traduit : La justice est la ferme et perpétuelle volonté de donner à chacun ce qui lui est Dû
On trouve aussi cette formulation : La justice est l’habitus en vertu duquel, avec une volonté ferme et constante, on reconnaît à chacun son droit
« C’est d’abord par la Création que l’être créé commence à avoir quelque chose qui lui est sien. »
Le droit, au sens de Droit Naturel, précède donc la vertu de Justice.
En rappelant que : « Si quelque chose contredit, par soi-même le droit naturel, il ne peut être rendu juste par volonté humaine » !
citation :
« L’homme a des droits imprescriptibles, parce qu’il est créé en tant que per- sonne par disposition divine, c’est-à-dire par une disposition échappant à toute discussion humaine. En ultime raison, quelque chose revient à l’homme de façon inaliénable, parce qu’il est creatura. Et en tant que creatura, l’homme a l’obligation absolue de donner à l’autre ce qui lui revient. Kant a exprimé ainsi cette réalité : “Nous avons un saint gouverneur, et ce qu’il a donné à l’homme comme saint, est le droit des hommes”. »