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Post-Bac
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Introduction à l'ergonomie - partie 1

ergonomie

I.1/ Définition: ERGONOMIE

Du grec:

"ergon" = travail

"nomos" = lois


Evoqué pour la première fois en 1857 par Wojciech JASTRZEBOWSKI (ingénieur et naturaliste)


D'après IEA (International Ergonomics Association), en 2000:

L'ergonomie est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les humains et les autres composantes d'un système, et la profession qui applique des principes théoriques, données et méthodes en vue d'optimiser le bien-être des personnes et la performance globales du système.


"L'ergonomie est une discipline scientifique qui développe des connaissances spécifiques sur l'activité humaine en situation naturelle.


Les ergonomes: planification, la conception et l'évaluation des tâches, des emplois, des produits, des organisations, des environnement, et des systèmes en vue de les rendre compatibles avec les besoins, capacités et limites des personnes.

I-2/ Objet d'étude: les domaines d'application et champs de spécialisation

Elle cherche à décrire:

  • une activité humaine: ce qu'un individu fait
  • en situation naturelle (ou écologique): observation de son activité sur le terrain

(intérêt: prise en compte de la singularité, la complexité et la richesse des situations et activités observées)


Champ d'intervention large:


  • au travail, en entreprise, en formation (participe à définir: les objectifs, les critères d'évaluation, l'adaptation des contenus, l'identification des compétences à transmettre, identification des supports)


  • Activités de la vie quotidienne:

. conception de produit de consommation (téléphone, réfrigérateur, appareils photos numérique...)

. conception d'outils éducatifs et amélioration de l'accessibilité

. conception de "maison intelligentes"


Trois champs de spécialisation:

  • l'ergonomie physique ( s'intéresse au lien entre caractéristiques anatomiques)
  • l'ergonomie cognitive (s'intéresse aux processus mentaux, cognitifs influant l'interaction)
  • l'ergonomie organisationnelle (s'intéresse à l'optimisation des systèmes sociotechniques)

I-3/ Les objectifs: comprendre pour agir

Double objectif:

  • comprendre (l'activité humaine)


objectif, dit épistémique, est de produire des connaissances dans un corpus comme les théories. Pour se faire, il faut se documenter, analyser l'activité sur le terrain, enrichir le corpus de connaissance


  • agir (améliorer les conditions de réalisation)


-Le 1er Objectif, dit épistémique, est de produire et construire des connaissances.

-Le 2nd Objectif, dit pragmatique, est d'appliquer les théories afin d'améliorer les conditions de réalisation de l'activité selon deux grandes catégories de critères:


°Des critères centrés sur les sujets: santé, sécurité, bien-être, confort...

°Des critères centrés sur les organisations et leur performance: efficacités, productivités, fiabilité, qualité ...


NB: Agir sur les conditions de réalisation de l'activité humaine signifie:

  • pour le travail: agir sur les conditions de travail, sur l'organisation du travail, sur les moyens et outils mis à disposition
  • pour la formation: agir sur le modalités et contenus des dispositifs de formation
  • pour la vie quotidienne: agir sur les conditions d'utilisation et d'usage de l'ensemble des objets


L'ergonomie de correction: modification d'un élément d'un poste de travail

L'ergonomie de conception: utilisation des connaissance sur la création d'un poste de travail.

I-4/ Les voisinages disciplinaires de l'ergonomie (PDF extrait)

Dans les début, la physiologie était le voisin proche en Grande-Bretagne, la psychologie expérimentale aux USA, les sciences cognitives dans les dernières années


Le premier point de vue:

l'ergonomie se défini comme une exploitation des sciences voisines et se réclame d'une nécessaire interdisciplinarité.

  • Les avantages de ce premier point de vue:

Elargissement de l'ergonomie à la prise en compte d'un environnement


Le second point de vue:

l'ergonomie vise à exploiter et à organiser les connaissances disciplinaires par rapport aux objectifs de transformation/ conception de travail.

  • Les avantages de ce second point de vue:

aspect "ingénierie" ou "technologie" plus convaincante

  • les inconvénients:


Biologie humaine

  • L'ergonomie fait appel à l'anatomie, la physiologie et d'autres sous-disciplines pour analyser l’activité humaine et son impact sur la santé.
  • Exemples d'applications :
  • Postures de travail : études anthropométriques pour adapter les postes de travail.
  • Activité musculaire : prévention des troubles musculo-squelettiques.
  • Environnements de travail : études sur le confort postural, environnement sonore, lumineux, thermique.
  • Réhabilitation et aides au travail : interventions pour la rééducation (prothèses, ergonomie de la robotique).


Médecine du travail

  • La médecine du travail intervient pour garantir la santé des travailleurs, en lien avec l'ergonomie, notamment pour :
  • Prévention des troubles : étude de l'impact des conditions de travail sur la santé physique et mentale.
  • Évaluation des contraintes énergétiques : mesures de l’effort via variables physiologiques (ex. rythme cardiaque).
  • Évaluation des nuisances : effets des agents toxiques, contraintes thermiques, lumineuses, sonores, etc.
  • Études épidémiologiques : maladies professionnelles et effets du travail à long terme


Sciences Cognitives

es sciences cognitives sont divisées en cinq grands domaines :

  1. Psychologie cognitive
  2. Intelligence artificielle (IA)
  3. Linguistique cognitive
  4. Neurosciences cognitives
  5. Philosophie de l’esprit


Relations entre Ergonomie et Sciences Cognitives

L'ergonomie interagit avec les sciences cognitives de deux façons :

  • L’ergonomie utilise les connaissances des sciences cognitives pour améliorer la conception des systèmes humains et machines.
  • Les sciences cognitives sollicitent l’ergonomie pour des applications pratiques, notamment dans la création de systèmes intelligents et leur adaptation à l’humain.

2.1 Ergonomie et Psychologie Cognitive

  • Ergonomie Cognitive : Branche de l’ergonomie inspirée de la psychologie cognitive, elle étudie l’interaction entre l’humain et la machine en prenant en compte le contexte.
  • Méthodes et Modèles : L’ergonomie cognitive applique des modèles psychologiques pour optimiser les interfaces hommes-machines et la conception des logiciels.
  • Cognitivisme vs Constructivisme : L’ergonomie passe progressivement d'une vision cognitiviste (l'homme comme système de traitement de l'information) à des conceptions plus constructivistes, considérant le contexte dans lequel l’activité se déroule.

2.2 Ergonomie et Intelligence Artificielle (IA)

  • Interaction avec la Psychologie Cognitive : L’IA, via la psychologie cognitive, aborde des problématiques liées à la mémorisation, l'organisation et le traitement de l’information.
  • Systèmes Experts : L’ergonomie intervient lors de la conception de ces systèmes pour s’assurer que l’assistance apportée à l’opérateur soit optimale.
  • Robotique : L'ergonomie intervient lors de la conception des robots, en définissant leurs fonctions et leurs interactions avec les opérateurs humains.

2.3 Ergonomie, Linguistique et Sémiotique

  • Linguistique et Communication : Le langage joue un rôle central dans les systèmes de communication, et l’ergonomie s’appuie sur la linguistique pour l’analyse des dialogues humains et la conception des systèmes de transmission d'information.
  • Sémiotique : Étudie les systèmes de signes (symboles, signaux) dans l’environnement technique et leur rôle dans la signalisation et les interfaces utilisateurs.

3. Ingénierie Cognitive et Travail Collectif

  • Cognition Distribuée : La notion de cognition distribuée souligne l’importance de la coopération dans des systèmes complexes où plusieurs acteurs humains et machines interagissent. Cette approche a vu le jour avec l’essor des systèmes informatiques.
  • Systèmes Cognitifs Conjoints : Concept de systèmes dans lesquels les tâches sont réparties entre humains et machines, nécessitant une coopération fluide pour optimiser les performances.
  • Travail Assisté par Ordinateur : Étudie comment les outils informatiques peuvent améliorer la coopération entre opérateurs, par exemple dans le cas du télétravail.

4. Psychologie du Travail

La psychologie du travail englobe plusieurs sous-domaines :

  • Psychologie Industrielle : Se concentre sur l’identification des aptitudes pour la sélection et l’orientation des travailleurs, souvent en laboratoire avec des tests. Elle permet de concevoir des postes de travail adaptés aux caractéristiques humaines.
  • Psychologie des Organisations : Étudie les motivations, les satisfactions et les comportements des travailleurs, en lien avec leur identité professionnelle et leur environnement de travail. Les méthodes incluent les enquêtes, les entretiens et l'analyse des dynamiques de groupe.
  • Psychologie Différentielle des Populations : Se concentre sur les différences entre groupes de travailleurs (âge, origine sociale, etc.) et leurs impacts sur les comportements et la santé au travail.

5. Applications Ergonomiques Pratiques

  • Conception de Systèmes : Les ergonomes conçoivent des systèmes en prenant en compte les spécificités cognitives des utilisateurs. Par exemple, lors de la conception de logiciels ou de systèmes robotisés, il est crucial de garantir une interaction fluide entre l’humain et la machine, tout en prenant en compte les limitations humaines.
  • Aides à la Décision : L’ergonomie et les sciences cognitives interviennent dans l’élaboration de systèmes d’aide à la décision, pour soutenir les opérateurs dans des environnements complexes.

la sociologie du travail et sa diversité

  • La sociologie du travail fait partie de l'immense domaine de la sociologie, qui couvre divers aspects des sociétés humaines. En France, elle a une publication scientifique propre, ce qui montre son importance.
  • L’ergonomie, qui s'intéresse à l'adaptation des outils et des environnements de travail aux besoins humains, collabore de plus en plus avec les sociologues du travail. Cette collaboration est notamment essentielle dans les secteurs dits « à risque » (ex. nucléaire, aviation).
  • L’ergonomie, en se concentrant sur l’activité humaine, doit comprendre le contexte du travail, y compris l'environnement physique et social.

2. Les trois approches de la sociologie du travail

La sociologie du travail peut être abordée selon trois niveaux : micro, meso, et macro.

  • Approche « micro » : Analyse des situations de travail très spécifiques (ex. communication entre soignants dans un hôpital). Elle peut se confondre avec la psychologie sociale. L’ergonome utilise ces études pour mieux comprendre les interactions et améliorer les conditions de travail.
  • Approche « meso » : Études sur les relations de pouvoir, les négociations (ex. autour des 35 heures) ou la culture d'entreprise. Ces études sont utiles pour l’ergonome, qui peut mieux appréhender les dynamiques sociales et organiser son intervention en conséquence.
  • Approche « macro » : Analyse des phénomènes sociaux à grande échelle (emplois, rémunérations, législation). L’ergonome doit en être conscient même si l’impact direct sur le travail quotidien est plus rare. Ces connaissances sont importantes lors des interventions.

3. Les interactions entre l’ergonomie et la sociologie du travail

Bien que les ergonomes et les sociologues du travail échangent fréquemment, des différences subsistent :

  • Méthodes d’analyse : Les sociologues privilégient les enquêtes descriptives et les typologies, ce qui ne permet pas toujours de saisir les « espaces de liberté » des individus. L’ergonomie, quant à elle, utilise des modèles plus pratiques et orientés vers l’action.
  • Objectifs : Les sociologues du travail ne proposent pas souvent de prescriptions concrètes. L’ergonomie, à l’inverse, est plus impliquée dans des recommandations pratiques pour améliorer les conditions de travail.

4. Organisation du travail et sciences de la gestion

Deux disciplines se distinguent dans l'organisation du travail :

  • Organisation du travail : L’ergonomie s'intéresse à l’organisation horizontale des tâches, en se concentrant sur les tâches spécifiques des travailleurs (ex. chaîne de montage, contrôle en salle). Elle cherche à améliorer les conditions de travail à un niveau plus local.
  • Sciences de la gestion : Elles traitent de l’organisation verticale des entreprises, c’est-à-dire de l’organisation générale, des relations hiérarchiques, et des processus administratifs. Ces approches peuvent influencer indirectement le travail quotidien des employés, mais n’ont pas un impact aussi direct que l’ergonomie.

5. Le rôle de l’ergonomie dans l’organisation du travail

L’ergonome joue un rôle clé dans l'analyse et la résolution des problèmes d’organisation du travail. En s’inspirant de la tradition de Taylor (Organisation scientifique du travail) et de ses critiques, l’ergonome cherche à adapter les méthodes de travail pour améliorer les conditions des employés.

6. Les sciences de la gestion : Approche scientifique vs approche entrepreneuriale

  • Approche scientifique : Elle vise à appliquer des méthodes de recherche rigoureuses, souvent proches de celles utilisées par les sociologues. Les sciences de la gestion analysent les pratiques organisationnelles et cherchent à les améliorer.
  • Approche entrepreneuriale : Souvent développée par des consultants ou des entreprises pour répondre à des besoins du marché (ex. le toyotisme). Ces pratiques sont plus idéologiques et moins basées sur des recherches scientifiques rigoureuses. L’ergonome doit être conscient de ces pratiques mais ne doit pas les considérer comme une discipline scientifique.

7. Conclusion : Les défis et perspectives pour l’ergonomie

Les disciplines évoquées (sociologie, ergonomie, gestion) ne sont pas exhaustives et devraient inclure des liens avec d'autres domaines comme les sciences de l’éducation ou la psychodynamique du travail.

  • Formation des ergonomes : Un débat persiste sur la spécialisation des ergonomes. Sont-ils censés connaître un peu de tout ou se concentrer sur une discipline principale? Les compétences des ergonomes doivent être discutées pour adapter leur formation aux situations spécifiques de travail.

En résumé, l’ergonomie doit naviguer entre différentes disciplines et comprendre les contextes sociaux, organisationnels et techniques pour intervenir efficacement dans l’amélioration des conditions de travail.

I-4/ L'ergonomie dans le monde: "des ergonomies"

2 orientations:


  • une ergonomie mondialement majoritaire centrée sur le "composant humain" (Human Factors) des Systèmes Homme-Machine (SHM) (données anthropométrique, physiologique et cognitive)

L'individu sera décrit dans ses rapports avec son environnement de travail. ex: taille des sièges de bureau, taille des bureaux...

L'ergonomie "human factors" permet de concevoir des dispositifs techniques adaptés aux êtres humains


  • une ergonomie centrée sur l'activité humaine

Sont étudiées ici les situations dans leur ensemble, selon une approche systémique, holistique (dans sa situation globale)

l'ergonomie centrée sur l'activité s'intéresse à l'activité humaine sur le terrain


2/ REPERES HISTORIQUES:

2.1/ Dès l'antiquité

Epoque de l'antiquité:

Effet du travail sur la santé (perspective "hygiéniste")

Etude du corps et de ses limites pour concevoir des outils (perspective "productiviste")

2.1.1/ Un courant hygiéniste visant santé et bien-être

Le courant hygiéniste vise à décrire les effets négatifs du travail sur la santé des travailleurs, des moyens de préventions


  • De VILLENEURE (1240- 1311): savant, s'intéresse à l'étude des conditions de travail, notamment l'effet des facteurs environnementaux (chaleur, humidité, poussière, toxiques...)


  • RAMAZZINI (1633- 1714): médecin, père de la médecine du travail, premier ouvrage sur les pathologies professionnelles


  • PATISSIER (1791- 1863): étude et découverte de pathologies professionnelles, propose des préconisations collectives (protection sur les machines) et propose des machines adaptées


  • VILLERME (1782- 1863): médecin et sociologue Fr, père de la Médecine du travail (MDT) en France, a contribué à la réglementations et lois sur les conditions de travail (lois sur l'âge minimum, accident de travail, indemnisation, la création de l'inspection du travail...)


Courant hygiéniste: liens manifeste avec l'ergonomie

  • Un fondement éthique partagé ( la préservation de la santé des travailleurs)
  • un objectif pragmatique, d'action, via des recommandations

2.1.2/ Un courant productiviste visant rendement et efficacité

Le courant "productiviste" cherche à adapter les dispositifs techniques et les divers outils de travail aux capacités humaines.


  • VAUBAN (1633- 1707): ingénieur , étudie les travaux de terrassement définissant les niveaux de charges supportables.


  • COULOMB (1736- 1806): physicien, expérimente l'emploi de la force avec la fatigue.


  • De LAVOISIER (1734- 1794): Chimiste, expérience sur l'homme au travail et au repos.


  • JACQUARD (1752- 1834): Inventeur, crée des métiers à tisser semi-automatiques


Ce courant "productiviste" a des objectifs pragmatiques proche de l'ergonomie mais différente de l'orientation déontologique (l'ergonomise se soucis de la productivité mais surtout du compromis entre la santé et la sécurité des travailleurs)

2.2/ Le 20ème siècle

2.2.1/ Industrialisation et organisation du travail

Le TAYLORISME


Frédéric TAYLOR(1856- 1915), le taylorisme, appelé également "Organisation Scientifique du Travail" (OST), se développe vers 1880,

production de masse = organisation et discipline

Distingue:

  • les tâches de conception du travail et de formation
  • les tâches d'exécution


Critique:

  • augmentation de l'absentéisme
  • tâches répétitive et monotones
  • absence d'initiative et d'autonomie
  • diminution de la motivation
  • problème de santé
  • malfaçons de la production

En opposition


Elton MAYO, psychologue et sociologue


  • Effet d'Hawthorne: la participation à une expérience modifie l'investissement des travailleurs, favorise la motivation et contribue à augmenter l'estime de soi


  • Impliquer les ouvriers à l'expérience renforce la solidarité du groupe


  • importance des déterminants non économique

2.2.2/ Une psychologie (du travail) guidée par des objectifs de sélection et de rendement

psychologie du travail: Objectif d'adaptation de l'homme au travail


  • TOULOUSE (1865- 1947): Psychiatre, crée l'école française de psychotechnique fondée sur la théorie des aptitudes.


  • LAHY (1872- 1943): physiologiste et spécialiste de la psychologie expérimentale, Analyse plusieurs métiers.
  • Avec LAUGIER, crée en 1933 la revue "le travail humain"


  • PACAUD (1902- 1988): Etudiant en philosophie et psychologie de LAHY

2.2.3/ La naissance de l'ergonomie

1950, création de société scientifique, de laboratoire de recherche et d'enseignement spécialisés.


Selon LAVILLE (2004), l'ergonomie francophone se divise en trois périodes:


  • de 1945- 1963: la conception

1949, Création de la société anglophone de l'ergonomie par Murrell

1963, Création de la SELF (Société d'Ergonomie de Langue Française)

1980, création de CHSCT (Comités Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail)


Développement de plusieurs centre de recherche:

CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers)

CEAT (Centre d'Etudes Appliquées au Travail)


  • de 1963 à 1970: l'Enfance

1963, Création de la SELF


  • de 1970 à 1990: le développement

début 1970, développement de l'ergonomie à la suite de grèves ouvrières + actions syndicales

1973, création ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail, tutelle du ministère du travail

1970, CNAM propose doctorat d'ergonomie

formation aussi par le CHSCT

Troisième période importante dans l'étude sur le terrain


Conclusion:


L'ergonomie est une discipline singulaire qui s'appuie:

  • adapter le travail à l'homme
  • comprendre pour transformer
  • une démarche systémique
  • une méthode unanime de terrain

3/ LES CONCEPTS CLES DE LA DISCIPLINE

3.1/ En préambule, le terme d' "opérateur"


opérateur = travailleur


opérateur relativement à ses opérations singulière

C'est celui qui exécute des tâches

3.2/ Tâche et activité

3.2.1/ Concept de "tâches"

opposé à "activité"

"tâche" se définit par: un but donné dans des conditions déterminées.

La "tâche" répond à la perspective du "quoi"


distinction de deux groupes de tâches:


  • Celle proposées par les prescripteur: tâches prescrites (ce qui est demandé) et tâches attendues (ce qui est attendu sans pour autant tout dire)

ex:

tâches prescrites: écrire une rédaction,

tâches attendues: rédaction lisible, sans faute d'orthographe


  • celle élaborées par l'individu: tâche prescrite pour l'agent, tâche redéfinie, tâche effective

ex:

tâches prescrite pour l'agent: représentation par l'agent de la tâche prescrite: écrire une rédaction sans faute d'orthographe, structurée et lisible

tâche redéfinie: tâche que l'agent se propose d'exécuter en prenant en compte tous les buts (sécurité, rendement, volonté...)

tâche effective: but et condition pris en compte par le sujet en fonction des exigences.

3.2.2/ Concept d'activité

l'activité: c'est l'unité analytique de base

Elle répond à la perspective du "comment"


l'activité est l'ensemble des phénomènes (physio, psycho, psychique...) qui caractérisent l'homme accomplissant des actes pour atteindre ses objectifs.


Ex:

Selon le but prescrit (tâche prescrite), on adopte tel ou tel geste (activité)

Selon les conditions concrètes de réalisation (tâche effective), on adoptera telle ou telle posture (activité)


dans le mêm principe, on parle aussi

  • d'activité prescrite (procédure, consignes...)
  • d'activité attendue
  • redéfinie par l'opérateur
  • d'activité effective (modification de l'ordre des opérations prescrites par exemple)

L'analyse de la tâche se fait en référence au processus de production et à ce qui arrive aux chose:

  • états
  • changement d'état
  • transformation
  • quantité
  • qualité des résultats obtenus


> en faire l'analyse permet de rendre compte des contraintes, des lacunes, des sources de variabilité


L'analyse de l'activité est centrée sur ce que fait l'individu en situation, elle permet de comprendre:

  • fonctionnement de l'opérateur
  • sa manière de gérer
  • son mode d'organisation
  • les conséquences de l'activité sur l'opérateur

3.3/ Prescrit et réel

le travail réel: ce que le sujet réalise dans son travail


le prescrit correspond à tout ce qui est donné aux opérateur pour définir, organiser et réaliser leur activité:

  • la tâche prescrite: les buts à atteindre (ex: un nombre de pièce à atteindre, l'effectif au sein d'une équipe de travail, les outils à disposition...)
  • l'activité prescrite: mode opératoire à respecter (ex: des gestes spécifiques, un ordre précis...)


le réel correspondra à ce qui est mis en oeuvre, on retrouve:

  • les tâches réelles: les buts réellement pris en compte par le sujet et les conditions de réalisation effectives (ex: outils défectueux, manque de sujet dans l'équipe...)
  • l'activité réelle: les actions réellement mises en oeuvre (ex: le sujet peut changer l'ordre des gestes à effectuer, passer plus ou moins de temps...)



En situation, le réel n'est jamais exactement conforme à ce qui est prescrit. Les écarts peuvent concerner:

  • le buts que se fixe le sujet
  • les moynes disponibles
  • les modes opératoires mis en oeuvre
  • les résultats obtenus
  • Etc...


Le travail de l'ergonome vise donc à mettre en évidence les écarts entre prescrit et réel, et à les réduire:

  • prescription trop lacunaire, obscure ou implicite
  • des procédures inadaptés
  • la diversité et variabilité des situations auxquelles les opérateurs peuvent être confrontés
  • les compétences et connaissances des opérateurs sur le travail
  • Etc...

3.4/ Diversité et variabilité

3.4.1/ La diversité

la diversité renvoie au différences entre les éléments constitutifs d'un situation, ou entre les individus.


ELLE SE DEFINIT DE FACON SYNCHRONIQUE (s'agit d'appréhender/ de comparer les différences entre plusieurs sujets, situations, à un moment T)


  • du coté des personnes: différences inter-individuelles (ex: age, sexe, morphologie, niveau de formation, expérience, compétences
  • du coté des situations: différences entre les dispositifs techniques utilisés (ordi, logiciel, outil...), différence en terme d'organisation de travail( horaire de travail, composition des équipes...), différence dans l'environnement de travail (configuration des postes de travail, nuisances sonores...)

3.4.2/ La variabilité

La variabilité renvoie au fait qu'il n'existe pas d'état constant.


ELLE SE DEFINIT DE FACON DIACHRONIQUE (il s'agit d'apprécier et comparer des différences qui surviennent sur un empan temporel donnée (ex: un journée, une semaine, un mois...) chez un même individu, ou au sein d'une même situation.


  • du coté des personnes: variabilité intra-induviduelle (par exemple la fatigue en début de matinée et fin de journée, les connaissances lors d'étudie en début de parcours et fin de parcours...)
  • du coté des situations: variabilité renvoie a deux grandes catégories: une variabilité normal, liée au type de travail réalisé (le nombre de visiteur d'un musée) une variabilité incidentelle (un outils ou une machine qui casse)

3.5/ régulation

selon FALZON (2004), la régulation se définit comme "un mécanisme de contrôle qui compare les sorties d'un processus à une production désirée et qui règle ce processus en fonctions de l'écart constaté"


la régulation s'utilise de deux façon différentes:

  • régulation de l'activité humaine: l'opérateur régule sa propre activité afin d'éviter les répercussions négatives sur lui-même tout en atteignant ses objectifs (ex: dormir 2h lors du travail de nuit pour être perforant durant son poste)
  • régulation sur le système: l'opérateur vérifie régulièrement l'état de la machine pour éviter la panne

4/ UN MODELE GUIDE D'ANALYSE DE L'ACTIVITE EN ERGONOMIE

4.1/ Présentation du modèle d'analyse de l'activité de Leplat et Cuny (1977)

Pour comprendre toute activité humaine, on va chercher à identifier les déterminants qui conditionnent et influencent cette activité, et les effets de cette dernière sur l'individu et le système qui l'entoure.

Figure1: Modèle guide d'analyse de l'activité (Leplat et Cuny, 1977)

LES DETERMINANTS


les déterminants de toute activité sont des éléments de réponse à la question "pourquoi l'acteur agit-il de cette façon?".

  • déterminants internes: propre à l'individu (ex: son sexe, âge, sa fatigue, sa formation ...)
  • déterminants externes: concerne la situation, les objectifs à atteindre ( de production, de qualité, de sécurité...) les moyens techniques, humain, organisation de travail...


L'activité d'un individu, à un instant donné, sera donc le résultat d'un compromis des différents déterminants


LES EFFETS


Les effets produits par l'activité du sujet observé, qu'ils soient positifs ou non, recherchés ou non, sont également de deux types:

  • effets sur le sujet: à court, moyens et long terme (altération physique, psychique sociale...)
  • effets sur le système: (efficacité, productivité, usure des outils, dégradation de la qualité...)


Il faut toujours bien veiller à PRECISER LE SUJET DE L'ACTIVITE QUI EST OBSERVE

exemple

4.2/ de multiples interactions

les boucles de rétroaction: les effets produits par l'activité viennent en retour, réinterroger et modifier les déterminant


ex: une insatisfaction du patient (effet sur le système), ou des douleurs lombaires chez la soignante (effet sur le sujet) peuvent conduire à requestionner l'organisation du travail notamment l'effectif de travail (déterminants externes)


La démarche ergonomique, à partir d'observation et d'entretien, mène à établir des liens entre les déterminant pour formuler des hypothèses


ex: il semble que (tel déterminant) (interne et/ou externe) conduisent le sujet à agir de telle façon, ce qui peut expliquer(tel effet) (sur le sujet et/ou le système)

5/ LA PROFESSION D'ERGONOME

5.1/ Objectifs du métier

contribuer et améliorer la conception des situations de travail.

rendre compte de l'activité réelle à partir d'une approche systémique des situations

5.2/ Les domaines d'intervention

  • fiabilité et performance des système
  • conditions de travail
  • accompagnement de projet
  • la santé, prévention et évaluation des risques prof
  • l'insertien et le maintien à l'emploi
  • la formation
  • l'éducation
  • le développement durable

5.3/ Où s'exerce le métier?

Public et privé

5.4/ La démarche de l'ergonome

Etudes menées sur le terrain, en situation


La démarche ergonome:


  • étape 1: Identification, prise en compte d'une demande initiale
  • étape 2: instruction de la demande (analyse globale du problème posé en rencontrant tous les acteurs)
  • étape 3: Proposition d'intervention: un contrat sera rédigé précisant la problématique, l'objet d'intervention et les moyens et délais nécessaires
  • étape 4: Observation globales/ ouvertes de l'activités: observation de la situation étudiée sur le terrain
  • étape 5: Hypothèses/ pré-diagnostic
  • étape 6: Analyse fine de l'activité: vérification des hypothèses (affirme ou infirme)
  • étape 7: Diagnostic: mise en cohérence et synthèse de l'ensemble des données recueillies sur le terrain
  • étape 8: Recommandation: production de solution
  • étape 9: Accompagnement/ Suivi: évaluer l'efficacité de l'intervention, proposer des adaptations...

5.5/ Compétence, qualités pour être ergonome

l'ergonome doit avoir le sens du contact, être à l'écoute et faire preuve de curiosité.


il doit:

  • maîtriser la démarche ergonomique et ses différents outils de recueil et d'analyse
  • avoir des connaissances pluridisciplinaires
  • savoir gérer son positionnement et animer des réunions ou groupe de travail
  • innover et créatif
  • organiser et gérer son temps
  • être disponible
  • respecter la confidentialité

5.6/ Comment se former?

En master, à la suite d'une licence en psychologie, ingénierie, architecture...

Un doctorat est disponible en ergonomie

Post-Bac
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Introduction à l'ergonomie - partie 1

ergonomie

I.1/ Définition: ERGONOMIE

Du grec:

"ergon" = travail

"nomos" = lois


Evoqué pour la première fois en 1857 par Wojciech JASTRZEBOWSKI (ingénieur et naturaliste)


D'après IEA (International Ergonomics Association), en 2000:

L'ergonomie est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les humains et les autres composantes d'un système, et la profession qui applique des principes théoriques, données et méthodes en vue d'optimiser le bien-être des personnes et la performance globales du système.


"L'ergonomie est une discipline scientifique qui développe des connaissances spécifiques sur l'activité humaine en situation naturelle.


Les ergonomes: planification, la conception et l'évaluation des tâches, des emplois, des produits, des organisations, des environnement, et des systèmes en vue de les rendre compatibles avec les besoins, capacités et limites des personnes.

I-2/ Objet d'étude: les domaines d'application et champs de spécialisation

Elle cherche à décrire:

  • une activité humaine: ce qu'un individu fait
  • en situation naturelle (ou écologique): observation de son activité sur le terrain

(intérêt: prise en compte de la singularité, la complexité et la richesse des situations et activités observées)


Champ d'intervention large:


  • au travail, en entreprise, en formation (participe à définir: les objectifs, les critères d'évaluation, l'adaptation des contenus, l'identification des compétences à transmettre, identification des supports)


  • Activités de la vie quotidienne:

. conception de produit de consommation (téléphone, réfrigérateur, appareils photos numérique...)

. conception d'outils éducatifs et amélioration de l'accessibilité

. conception de "maison intelligentes"


Trois champs de spécialisation:

  • l'ergonomie physique ( s'intéresse au lien entre caractéristiques anatomiques)
  • l'ergonomie cognitive (s'intéresse aux processus mentaux, cognitifs influant l'interaction)
  • l'ergonomie organisationnelle (s'intéresse à l'optimisation des systèmes sociotechniques)

I-3/ Les objectifs: comprendre pour agir

Double objectif:

  • comprendre (l'activité humaine)


objectif, dit épistémique, est de produire des connaissances dans un corpus comme les théories. Pour se faire, il faut se documenter, analyser l'activité sur le terrain, enrichir le corpus de connaissance


  • agir (améliorer les conditions de réalisation)


-Le 1er Objectif, dit épistémique, est de produire et construire des connaissances.

-Le 2nd Objectif, dit pragmatique, est d'appliquer les théories afin d'améliorer les conditions de réalisation de l'activité selon deux grandes catégories de critères:


°Des critères centrés sur les sujets: santé, sécurité, bien-être, confort...

°Des critères centrés sur les organisations et leur performance: efficacités, productivités, fiabilité, qualité ...


NB: Agir sur les conditions de réalisation de l'activité humaine signifie:

  • pour le travail: agir sur les conditions de travail, sur l'organisation du travail, sur les moyens et outils mis à disposition
  • pour la formation: agir sur le modalités et contenus des dispositifs de formation
  • pour la vie quotidienne: agir sur les conditions d'utilisation et d'usage de l'ensemble des objets


L'ergonomie de correction: modification d'un élément d'un poste de travail

L'ergonomie de conception: utilisation des connaissance sur la création d'un poste de travail.

I-4/ Les voisinages disciplinaires de l'ergonomie (PDF extrait)

Dans les début, la physiologie était le voisin proche en Grande-Bretagne, la psychologie expérimentale aux USA, les sciences cognitives dans les dernières années


Le premier point de vue:

l'ergonomie se défini comme une exploitation des sciences voisines et se réclame d'une nécessaire interdisciplinarité.

  • Les avantages de ce premier point de vue:

Elargissement de l'ergonomie à la prise en compte d'un environnement


Le second point de vue:

l'ergonomie vise à exploiter et à organiser les connaissances disciplinaires par rapport aux objectifs de transformation/ conception de travail.

  • Les avantages de ce second point de vue:

aspect "ingénierie" ou "technologie" plus convaincante

  • les inconvénients:


Biologie humaine

  • L'ergonomie fait appel à l'anatomie, la physiologie et d'autres sous-disciplines pour analyser l’activité humaine et son impact sur la santé.
  • Exemples d'applications :
  • Postures de travail : études anthropométriques pour adapter les postes de travail.
  • Activité musculaire : prévention des troubles musculo-squelettiques.
  • Environnements de travail : études sur le confort postural, environnement sonore, lumineux, thermique.
  • Réhabilitation et aides au travail : interventions pour la rééducation (prothèses, ergonomie de la robotique).


Médecine du travail

  • La médecine du travail intervient pour garantir la santé des travailleurs, en lien avec l'ergonomie, notamment pour :
  • Prévention des troubles : étude de l'impact des conditions de travail sur la santé physique et mentale.
  • Évaluation des contraintes énergétiques : mesures de l’effort via variables physiologiques (ex. rythme cardiaque).
  • Évaluation des nuisances : effets des agents toxiques, contraintes thermiques, lumineuses, sonores, etc.
  • Études épidémiologiques : maladies professionnelles et effets du travail à long terme


Sciences Cognitives

es sciences cognitives sont divisées en cinq grands domaines :

  1. Psychologie cognitive
  2. Intelligence artificielle (IA)
  3. Linguistique cognitive
  4. Neurosciences cognitives
  5. Philosophie de l’esprit


Relations entre Ergonomie et Sciences Cognitives

L'ergonomie interagit avec les sciences cognitives de deux façons :

  • L’ergonomie utilise les connaissances des sciences cognitives pour améliorer la conception des systèmes humains et machines.
  • Les sciences cognitives sollicitent l’ergonomie pour des applications pratiques, notamment dans la création de systèmes intelligents et leur adaptation à l’humain.

2.1 Ergonomie et Psychologie Cognitive

  • Ergonomie Cognitive : Branche de l’ergonomie inspirée de la psychologie cognitive, elle étudie l’interaction entre l’humain et la machine en prenant en compte le contexte.
  • Méthodes et Modèles : L’ergonomie cognitive applique des modèles psychologiques pour optimiser les interfaces hommes-machines et la conception des logiciels.
  • Cognitivisme vs Constructivisme : L’ergonomie passe progressivement d'une vision cognitiviste (l'homme comme système de traitement de l'information) à des conceptions plus constructivistes, considérant le contexte dans lequel l’activité se déroule.

2.2 Ergonomie et Intelligence Artificielle (IA)

  • Interaction avec la Psychologie Cognitive : L’IA, via la psychologie cognitive, aborde des problématiques liées à la mémorisation, l'organisation et le traitement de l’information.
  • Systèmes Experts : L’ergonomie intervient lors de la conception de ces systèmes pour s’assurer que l’assistance apportée à l’opérateur soit optimale.
  • Robotique : L'ergonomie intervient lors de la conception des robots, en définissant leurs fonctions et leurs interactions avec les opérateurs humains.

2.3 Ergonomie, Linguistique et Sémiotique

  • Linguistique et Communication : Le langage joue un rôle central dans les systèmes de communication, et l’ergonomie s’appuie sur la linguistique pour l’analyse des dialogues humains et la conception des systèmes de transmission d'information.
  • Sémiotique : Étudie les systèmes de signes (symboles, signaux) dans l’environnement technique et leur rôle dans la signalisation et les interfaces utilisateurs.

3. Ingénierie Cognitive et Travail Collectif

  • Cognition Distribuée : La notion de cognition distribuée souligne l’importance de la coopération dans des systèmes complexes où plusieurs acteurs humains et machines interagissent. Cette approche a vu le jour avec l’essor des systèmes informatiques.
  • Systèmes Cognitifs Conjoints : Concept de systèmes dans lesquels les tâches sont réparties entre humains et machines, nécessitant une coopération fluide pour optimiser les performances.
  • Travail Assisté par Ordinateur : Étudie comment les outils informatiques peuvent améliorer la coopération entre opérateurs, par exemple dans le cas du télétravail.

4. Psychologie du Travail

La psychologie du travail englobe plusieurs sous-domaines :

  • Psychologie Industrielle : Se concentre sur l’identification des aptitudes pour la sélection et l’orientation des travailleurs, souvent en laboratoire avec des tests. Elle permet de concevoir des postes de travail adaptés aux caractéristiques humaines.
  • Psychologie des Organisations : Étudie les motivations, les satisfactions et les comportements des travailleurs, en lien avec leur identité professionnelle et leur environnement de travail. Les méthodes incluent les enquêtes, les entretiens et l'analyse des dynamiques de groupe.
  • Psychologie Différentielle des Populations : Se concentre sur les différences entre groupes de travailleurs (âge, origine sociale, etc.) et leurs impacts sur les comportements et la santé au travail.

5. Applications Ergonomiques Pratiques

  • Conception de Systèmes : Les ergonomes conçoivent des systèmes en prenant en compte les spécificités cognitives des utilisateurs. Par exemple, lors de la conception de logiciels ou de systèmes robotisés, il est crucial de garantir une interaction fluide entre l’humain et la machine, tout en prenant en compte les limitations humaines.
  • Aides à la Décision : L’ergonomie et les sciences cognitives interviennent dans l’élaboration de systèmes d’aide à la décision, pour soutenir les opérateurs dans des environnements complexes.

la sociologie du travail et sa diversité

  • La sociologie du travail fait partie de l'immense domaine de la sociologie, qui couvre divers aspects des sociétés humaines. En France, elle a une publication scientifique propre, ce qui montre son importance.
  • L’ergonomie, qui s'intéresse à l'adaptation des outils et des environnements de travail aux besoins humains, collabore de plus en plus avec les sociologues du travail. Cette collaboration est notamment essentielle dans les secteurs dits « à risque » (ex. nucléaire, aviation).
  • L’ergonomie, en se concentrant sur l’activité humaine, doit comprendre le contexte du travail, y compris l'environnement physique et social.

2. Les trois approches de la sociologie du travail

La sociologie du travail peut être abordée selon trois niveaux : micro, meso, et macro.

  • Approche « micro » : Analyse des situations de travail très spécifiques (ex. communication entre soignants dans un hôpital). Elle peut se confondre avec la psychologie sociale. L’ergonome utilise ces études pour mieux comprendre les interactions et améliorer les conditions de travail.
  • Approche « meso » : Études sur les relations de pouvoir, les négociations (ex. autour des 35 heures) ou la culture d'entreprise. Ces études sont utiles pour l’ergonome, qui peut mieux appréhender les dynamiques sociales et organiser son intervention en conséquence.
  • Approche « macro » : Analyse des phénomènes sociaux à grande échelle (emplois, rémunérations, législation). L’ergonome doit en être conscient même si l’impact direct sur le travail quotidien est plus rare. Ces connaissances sont importantes lors des interventions.

3. Les interactions entre l’ergonomie et la sociologie du travail

Bien que les ergonomes et les sociologues du travail échangent fréquemment, des différences subsistent :

  • Méthodes d’analyse : Les sociologues privilégient les enquêtes descriptives et les typologies, ce qui ne permet pas toujours de saisir les « espaces de liberté » des individus. L’ergonomie, quant à elle, utilise des modèles plus pratiques et orientés vers l’action.
  • Objectifs : Les sociologues du travail ne proposent pas souvent de prescriptions concrètes. L’ergonomie, à l’inverse, est plus impliquée dans des recommandations pratiques pour améliorer les conditions de travail.

4. Organisation du travail et sciences de la gestion

Deux disciplines se distinguent dans l'organisation du travail :

  • Organisation du travail : L’ergonomie s'intéresse à l’organisation horizontale des tâches, en se concentrant sur les tâches spécifiques des travailleurs (ex. chaîne de montage, contrôle en salle). Elle cherche à améliorer les conditions de travail à un niveau plus local.
  • Sciences de la gestion : Elles traitent de l’organisation verticale des entreprises, c’est-à-dire de l’organisation générale, des relations hiérarchiques, et des processus administratifs. Ces approches peuvent influencer indirectement le travail quotidien des employés, mais n’ont pas un impact aussi direct que l’ergonomie.

5. Le rôle de l’ergonomie dans l’organisation du travail

L’ergonome joue un rôle clé dans l'analyse et la résolution des problèmes d’organisation du travail. En s’inspirant de la tradition de Taylor (Organisation scientifique du travail) et de ses critiques, l’ergonome cherche à adapter les méthodes de travail pour améliorer les conditions des employés.

6. Les sciences de la gestion : Approche scientifique vs approche entrepreneuriale

  • Approche scientifique : Elle vise à appliquer des méthodes de recherche rigoureuses, souvent proches de celles utilisées par les sociologues. Les sciences de la gestion analysent les pratiques organisationnelles et cherchent à les améliorer.
  • Approche entrepreneuriale : Souvent développée par des consultants ou des entreprises pour répondre à des besoins du marché (ex. le toyotisme). Ces pratiques sont plus idéologiques et moins basées sur des recherches scientifiques rigoureuses. L’ergonome doit être conscient de ces pratiques mais ne doit pas les considérer comme une discipline scientifique.

7. Conclusion : Les défis et perspectives pour l’ergonomie

Les disciplines évoquées (sociologie, ergonomie, gestion) ne sont pas exhaustives et devraient inclure des liens avec d'autres domaines comme les sciences de l’éducation ou la psychodynamique du travail.

  • Formation des ergonomes : Un débat persiste sur la spécialisation des ergonomes. Sont-ils censés connaître un peu de tout ou se concentrer sur une discipline principale? Les compétences des ergonomes doivent être discutées pour adapter leur formation aux situations spécifiques de travail.

En résumé, l’ergonomie doit naviguer entre différentes disciplines et comprendre les contextes sociaux, organisationnels et techniques pour intervenir efficacement dans l’amélioration des conditions de travail.

I-4/ L'ergonomie dans le monde: "des ergonomies"

2 orientations:


  • une ergonomie mondialement majoritaire centrée sur le "composant humain" (Human Factors) des Systèmes Homme-Machine (SHM) (données anthropométrique, physiologique et cognitive)

L'individu sera décrit dans ses rapports avec son environnement de travail. ex: taille des sièges de bureau, taille des bureaux...

L'ergonomie "human factors" permet de concevoir des dispositifs techniques adaptés aux êtres humains


  • une ergonomie centrée sur l'activité humaine

Sont étudiées ici les situations dans leur ensemble, selon une approche systémique, holistique (dans sa situation globale)

l'ergonomie centrée sur l'activité s'intéresse à l'activité humaine sur le terrain


2/ REPERES HISTORIQUES:

2.1/ Dès l'antiquité

Epoque de l'antiquité:

Effet du travail sur la santé (perspective "hygiéniste")

Etude du corps et de ses limites pour concevoir des outils (perspective "productiviste")

2.1.1/ Un courant hygiéniste visant santé et bien-être

Le courant hygiéniste vise à décrire les effets négatifs du travail sur la santé des travailleurs, des moyens de préventions


  • De VILLENEURE (1240- 1311): savant, s'intéresse à l'étude des conditions de travail, notamment l'effet des facteurs environnementaux (chaleur, humidité, poussière, toxiques...)


  • RAMAZZINI (1633- 1714): médecin, père de la médecine du travail, premier ouvrage sur les pathologies professionnelles


  • PATISSIER (1791- 1863): étude et découverte de pathologies professionnelles, propose des préconisations collectives (protection sur les machines) et propose des machines adaptées


  • VILLERME (1782- 1863): médecin et sociologue Fr, père de la Médecine du travail (MDT) en France, a contribué à la réglementations et lois sur les conditions de travail (lois sur l'âge minimum, accident de travail, indemnisation, la création de l'inspection du travail...)


Courant hygiéniste: liens manifeste avec l'ergonomie

  • Un fondement éthique partagé ( la préservation de la santé des travailleurs)
  • un objectif pragmatique, d'action, via des recommandations

2.1.2/ Un courant productiviste visant rendement et efficacité

Le courant "productiviste" cherche à adapter les dispositifs techniques et les divers outils de travail aux capacités humaines.


  • VAUBAN (1633- 1707): ingénieur , étudie les travaux de terrassement définissant les niveaux de charges supportables.


  • COULOMB (1736- 1806): physicien, expérimente l'emploi de la force avec la fatigue.


  • De LAVOISIER (1734- 1794): Chimiste, expérience sur l'homme au travail et au repos.


  • JACQUARD (1752- 1834): Inventeur, crée des métiers à tisser semi-automatiques


Ce courant "productiviste" a des objectifs pragmatiques proche de l'ergonomie mais différente de l'orientation déontologique (l'ergonomise se soucis de la productivité mais surtout du compromis entre la santé et la sécurité des travailleurs)

2.2/ Le 20ème siècle

2.2.1/ Industrialisation et organisation du travail

Le TAYLORISME


Frédéric TAYLOR(1856- 1915), le taylorisme, appelé également "Organisation Scientifique du Travail" (OST), se développe vers 1880,

production de masse = organisation et discipline

Distingue:

  • les tâches de conception du travail et de formation
  • les tâches d'exécution


Critique:

  • augmentation de l'absentéisme
  • tâches répétitive et monotones
  • absence d'initiative et d'autonomie
  • diminution de la motivation
  • problème de santé
  • malfaçons de la production

En opposition


Elton MAYO, psychologue et sociologue


  • Effet d'Hawthorne: la participation à une expérience modifie l'investissement des travailleurs, favorise la motivation et contribue à augmenter l'estime de soi


  • Impliquer les ouvriers à l'expérience renforce la solidarité du groupe


  • importance des déterminants non économique

2.2.2/ Une psychologie (du travail) guidée par des objectifs de sélection et de rendement

psychologie du travail: Objectif d'adaptation de l'homme au travail


  • TOULOUSE (1865- 1947): Psychiatre, crée l'école française de psychotechnique fondée sur la théorie des aptitudes.


  • LAHY (1872- 1943): physiologiste et spécialiste de la psychologie expérimentale, Analyse plusieurs métiers.
  • Avec LAUGIER, crée en 1933 la revue "le travail humain"


  • PACAUD (1902- 1988): Etudiant en philosophie et psychologie de LAHY

2.2.3/ La naissance de l'ergonomie

1950, création de société scientifique, de laboratoire de recherche et d'enseignement spécialisés.


Selon LAVILLE (2004), l'ergonomie francophone se divise en trois périodes:


  • de 1945- 1963: la conception

1949, Création de la société anglophone de l'ergonomie par Murrell

1963, Création de la SELF (Société d'Ergonomie de Langue Française)

1980, création de CHSCT (Comités Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail)


Développement de plusieurs centre de recherche:

CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers)

CEAT (Centre d'Etudes Appliquées au Travail)


  • de 1963 à 1970: l'Enfance

1963, Création de la SELF


  • de 1970 à 1990: le développement

début 1970, développement de l'ergonomie à la suite de grèves ouvrières + actions syndicales

1973, création ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail, tutelle du ministère du travail

1970, CNAM propose doctorat d'ergonomie

formation aussi par le CHSCT

Troisième période importante dans l'étude sur le terrain


Conclusion:


L'ergonomie est une discipline singulaire qui s'appuie:

  • adapter le travail à l'homme
  • comprendre pour transformer
  • une démarche systémique
  • une méthode unanime de terrain

3/ LES CONCEPTS CLES DE LA DISCIPLINE

3.1/ En préambule, le terme d' "opérateur"


opérateur = travailleur


opérateur relativement à ses opérations singulière

C'est celui qui exécute des tâches

3.2/ Tâche et activité

3.2.1/ Concept de "tâches"

opposé à "activité"

"tâche" se définit par: un but donné dans des conditions déterminées.

La "tâche" répond à la perspective du "quoi"


distinction de deux groupes de tâches:


  • Celle proposées par les prescripteur: tâches prescrites (ce qui est demandé) et tâches attendues (ce qui est attendu sans pour autant tout dire)

ex:

tâches prescrites: écrire une rédaction,

tâches attendues: rédaction lisible, sans faute d'orthographe


  • celle élaborées par l'individu: tâche prescrite pour l'agent, tâche redéfinie, tâche effective

ex:

tâches prescrite pour l'agent: représentation par l'agent de la tâche prescrite: écrire une rédaction sans faute d'orthographe, structurée et lisible

tâche redéfinie: tâche que l'agent se propose d'exécuter en prenant en compte tous les buts (sécurité, rendement, volonté...)

tâche effective: but et condition pris en compte par le sujet en fonction des exigences.

3.2.2/ Concept d'activité

l'activité: c'est l'unité analytique de base

Elle répond à la perspective du "comment"


l'activité est l'ensemble des phénomènes (physio, psycho, psychique...) qui caractérisent l'homme accomplissant des actes pour atteindre ses objectifs.


Ex:

Selon le but prescrit (tâche prescrite), on adopte tel ou tel geste (activité)

Selon les conditions concrètes de réalisation (tâche effective), on adoptera telle ou telle posture (activité)


dans le mêm principe, on parle aussi

  • d'activité prescrite (procédure, consignes...)
  • d'activité attendue
  • redéfinie par l'opérateur
  • d'activité effective (modification de l'ordre des opérations prescrites par exemple)

L'analyse de la tâche se fait en référence au processus de production et à ce qui arrive aux chose:

  • états
  • changement d'état
  • transformation
  • quantité
  • qualité des résultats obtenus


> en faire l'analyse permet de rendre compte des contraintes, des lacunes, des sources de variabilité


L'analyse de l'activité est centrée sur ce que fait l'individu en situation, elle permet de comprendre:

  • fonctionnement de l'opérateur
  • sa manière de gérer
  • son mode d'organisation
  • les conséquences de l'activité sur l'opérateur

3.3/ Prescrit et réel

le travail réel: ce que le sujet réalise dans son travail


le prescrit correspond à tout ce qui est donné aux opérateur pour définir, organiser et réaliser leur activité:

  • la tâche prescrite: les buts à atteindre (ex: un nombre de pièce à atteindre, l'effectif au sein d'une équipe de travail, les outils à disposition...)
  • l'activité prescrite: mode opératoire à respecter (ex: des gestes spécifiques, un ordre précis...)


le réel correspondra à ce qui est mis en oeuvre, on retrouve:

  • les tâches réelles: les buts réellement pris en compte par le sujet et les conditions de réalisation effectives (ex: outils défectueux, manque de sujet dans l'équipe...)
  • l'activité réelle: les actions réellement mises en oeuvre (ex: le sujet peut changer l'ordre des gestes à effectuer, passer plus ou moins de temps...)



En situation, le réel n'est jamais exactement conforme à ce qui est prescrit. Les écarts peuvent concerner:

  • le buts que se fixe le sujet
  • les moynes disponibles
  • les modes opératoires mis en oeuvre
  • les résultats obtenus
  • Etc...


Le travail de l'ergonome vise donc à mettre en évidence les écarts entre prescrit et réel, et à les réduire:

  • prescription trop lacunaire, obscure ou implicite
  • des procédures inadaptés
  • la diversité et variabilité des situations auxquelles les opérateurs peuvent être confrontés
  • les compétences et connaissances des opérateurs sur le travail
  • Etc...

3.4/ Diversité et variabilité

3.4.1/ La diversité

la diversité renvoie au différences entre les éléments constitutifs d'un situation, ou entre les individus.


ELLE SE DEFINIT DE FACON SYNCHRONIQUE (s'agit d'appréhender/ de comparer les différences entre plusieurs sujets, situations, à un moment T)


  • du coté des personnes: différences inter-individuelles (ex: age, sexe, morphologie, niveau de formation, expérience, compétences
  • du coté des situations: différences entre les dispositifs techniques utilisés (ordi, logiciel, outil...), différence en terme d'organisation de travail( horaire de travail, composition des équipes...), différence dans l'environnement de travail (configuration des postes de travail, nuisances sonores...)

3.4.2/ La variabilité

La variabilité renvoie au fait qu'il n'existe pas d'état constant.


ELLE SE DEFINIT DE FACON DIACHRONIQUE (il s'agit d'apprécier et comparer des différences qui surviennent sur un empan temporel donnée (ex: un journée, une semaine, un mois...) chez un même individu, ou au sein d'une même situation.


  • du coté des personnes: variabilité intra-induviduelle (par exemple la fatigue en début de matinée et fin de journée, les connaissances lors d'étudie en début de parcours et fin de parcours...)
  • du coté des situations: variabilité renvoie a deux grandes catégories: une variabilité normal, liée au type de travail réalisé (le nombre de visiteur d'un musée) une variabilité incidentelle (un outils ou une machine qui casse)

3.5/ régulation

selon FALZON (2004), la régulation se définit comme "un mécanisme de contrôle qui compare les sorties d'un processus à une production désirée et qui règle ce processus en fonctions de l'écart constaté"


la régulation s'utilise de deux façon différentes:

  • régulation de l'activité humaine: l'opérateur régule sa propre activité afin d'éviter les répercussions négatives sur lui-même tout en atteignant ses objectifs (ex: dormir 2h lors du travail de nuit pour être perforant durant son poste)
  • régulation sur le système: l'opérateur vérifie régulièrement l'état de la machine pour éviter la panne

4/ UN MODELE GUIDE D'ANALYSE DE L'ACTIVITE EN ERGONOMIE

4.1/ Présentation du modèle d'analyse de l'activité de Leplat et Cuny (1977)

Pour comprendre toute activité humaine, on va chercher à identifier les déterminants qui conditionnent et influencent cette activité, et les effets de cette dernière sur l'individu et le système qui l'entoure.

Figure1: Modèle guide d'analyse de l'activité (Leplat et Cuny, 1977)

LES DETERMINANTS


les déterminants de toute activité sont des éléments de réponse à la question "pourquoi l'acteur agit-il de cette façon?".

  • déterminants internes: propre à l'individu (ex: son sexe, âge, sa fatigue, sa formation ...)
  • déterminants externes: concerne la situation, les objectifs à atteindre ( de production, de qualité, de sécurité...) les moyens techniques, humain, organisation de travail...


L'activité d'un individu, à un instant donné, sera donc le résultat d'un compromis des différents déterminants


LES EFFETS


Les effets produits par l'activité du sujet observé, qu'ils soient positifs ou non, recherchés ou non, sont également de deux types:

  • effets sur le sujet: à court, moyens et long terme (altération physique, psychique sociale...)
  • effets sur le système: (efficacité, productivité, usure des outils, dégradation de la qualité...)


Il faut toujours bien veiller à PRECISER LE SUJET DE L'ACTIVITE QUI EST OBSERVE

exemple

4.2/ de multiples interactions

les boucles de rétroaction: les effets produits par l'activité viennent en retour, réinterroger et modifier les déterminant


ex: une insatisfaction du patient (effet sur le système), ou des douleurs lombaires chez la soignante (effet sur le sujet) peuvent conduire à requestionner l'organisation du travail notamment l'effectif de travail (déterminants externes)


La démarche ergonomique, à partir d'observation et d'entretien, mène à établir des liens entre les déterminant pour formuler des hypothèses


ex: il semble que (tel déterminant) (interne et/ou externe) conduisent le sujet à agir de telle façon, ce qui peut expliquer(tel effet) (sur le sujet et/ou le système)

5/ LA PROFESSION D'ERGONOME

5.1/ Objectifs du métier

contribuer et améliorer la conception des situations de travail.

rendre compte de l'activité réelle à partir d'une approche systémique des situations

5.2/ Les domaines d'intervention

  • fiabilité et performance des système
  • conditions de travail
  • accompagnement de projet
  • la santé, prévention et évaluation des risques prof
  • l'insertien et le maintien à l'emploi
  • la formation
  • l'éducation
  • le développement durable

5.3/ Où s'exerce le métier?

Public et privé

5.4/ La démarche de l'ergonome

Etudes menées sur le terrain, en situation


La démarche ergonome:


  • étape 1: Identification, prise en compte d'une demande initiale
  • étape 2: instruction de la demande (analyse globale du problème posé en rencontrant tous les acteurs)
  • étape 3: Proposition d'intervention: un contrat sera rédigé précisant la problématique, l'objet d'intervention et les moyens et délais nécessaires
  • étape 4: Observation globales/ ouvertes de l'activités: observation de la situation étudiée sur le terrain
  • étape 5: Hypothèses/ pré-diagnostic
  • étape 6: Analyse fine de l'activité: vérification des hypothèses (affirme ou infirme)
  • étape 7: Diagnostic: mise en cohérence et synthèse de l'ensemble des données recueillies sur le terrain
  • étape 8: Recommandation: production de solution
  • étape 9: Accompagnement/ Suivi: évaluer l'efficacité de l'intervention, proposer des adaptations...

5.5/ Compétence, qualités pour être ergonome

l'ergonome doit avoir le sens du contact, être à l'écoute et faire preuve de curiosité.


il doit:

  • maîtriser la démarche ergonomique et ses différents outils de recueil et d'analyse
  • avoir des connaissances pluridisciplinaires
  • savoir gérer son positionnement et animer des réunions ou groupe de travail
  • innover et créatif
  • organiser et gérer son temps
  • être disponible
  • respecter la confidentialité

5.6/ Comment se former?

En master, à la suite d'une licence en psychologie, ingénierie, architecture...

Un doctorat est disponible en ergonomie