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Intro général au droit

Définition des formes de droit

Définition

Droit
Le droit n’est pas ce qui est ‘’bon’’ ou ‘’juste’’ mais c’est une norme dans une société. Le droit est une norme sociale, c’est-à-dire une règle produite par la société pour organiser la vie collective. Ensemble des règles de conduite qui gouvernent les rapports des hommes dans la société et dont le respect est assuré par l’autorité publique (Synonyme de droit objectif)
Droit substantiel
Ensemble de règles juridiques qui définissent les droits et obligations dans un système juridique donné. Règles juridiques concrètes qu’un plaideur entend faire appliquer.
Droit formel
Système juridique qui se limite aux règles définies. Il se définit par sa forme juridique (lois, règlements, décisions) et non par sa moralité.
Droit naturel
Ensemble des droits que chaque individu possède du fait de son appartenance à l'humanité et non du fait de la socété dans laquelle il vit. C'est un principe d’un droit naturel universel et immuable. Droit naturel s'oppose au droit positif Droit naturel écrit par les Jusnaturalites (jusnaturalisme = idéalisme qui correspond à la doctrine du droit naturel. C’est le droit supérieur qui s’oppose aux législateur (droit du plus fort). Le jusnaturalisme a inspiré la DDHC de 1789 et le 1er article du Code Civil). Les limites du droit naturel : il n'est pas assez précis et est sujet à des interprétations
Droit positif
Le droit positif peut se définir comme l'ensemble des lois écrites rassemblées dans des codes s’appliquant de façon effective dans une société donnée au moment où l'on parle. Le droit positif peut être également appelé le positivisme est une doctrine juridique fondé sur la légitimité des textes.

A retenir :

Le droit n'existerait pas sans un sujet de droit. Le sujet de droit est une personne morale ou physique reconnue par le système juridique comme ayant des droits et des obligations (il peut agir en justice et posséder des biens)

La pensée juridique

Définition

Pensée juridique
discipline qui étudie l’ensemble des théories et des concepts liés au droit. Elle vise à comprendre et à analyser le fonctionnement du système juridique

Il existe plusieurs écoles de pensée :

  • L’école positiviste qui considère que le droit est une règle établit par le législateur/ Le droit est vu comme un ensemble de normes sociales qui régissent le comportement des individus.

=> Positivisme juridique : le droit est un produit de la volonté humaine. Les règles doivent être respectées en dehors du contenu morale ou éthique.

  • L’école naturaliste affirme que le droit est basé sur des valeurs et principes universels accessible à la raison humaine. (Jusnaturalisme)

=> Théorie du droit naturel : principe de justice universels supérieur au droit positif

  • L’école réaliste pense que le droit provient des facteurs politiques, économique et sociologique qui peuvent influencer la création et l’application du droit. Le droit est considéré comme un instrument de régulation social.


Les finalités du droit

Définition

Finalité du droit
La règle de droit a une finalité sociale. Elle a pour but de permettre et d'organiser la vie en société, en encadrant les relations entre les individus

Utilité = maximisation du plaisir du plus grand nombre de personne possible pour éviter la souffrance. (le droit utile est surtout utilisé lors du droit napoléonien)

  • Doctrine utilitarisme qui a comme objectif de trouver le bonheur du plus grand nombre.

Juste = C'est le juste qui détermine la proposition la plus juste des intérêts. (le droit juste a un retour en force lors du droit contemporain). Il existe deux justices

  • Justice distributive = rendre à chacun ce qui lui revient. Avoir la meilleure répartition des droits et des biens entre chacuns
  • Justice communicative = équilibre entre les prétention des uns et des devoirs des autres

=> Le droit juste est difficile à atteindre en collectivité



A retenir :

Le droit utile est surtout utilisé lors du droit napoléonien

Le droit juste revient en force avec le droit contemporain. L'essort de nouveaux domaines sociaux demandent une nouvelle justice sociale avec notamment le droit du travail, droit des contracts, droit de consommation. Avec l'arrivée de l'automobile le droit de responsabilité civile devient plus juste.

Individualisme = La doctrine individualiste invite alors, naturellement, à voir dans l'individu le fondement et le but du système juridique. Le droit se trouve donc construit à partir des individus, et doit en conséquence avoir pour fonction de satisfaire prioritairement leurs intérêts.

Collectivisme = Mode d'organisation d'une société dans laquelle les moyens de production sont propriété de la collectivité

A retenir :

Le droit collectivisme peut s'opposer au droit individualisme. Par exemple, le droit de propriété est individualiste mais peut être sous l'apparence collectiviste en effet l'apparence urbaine peut être sous le droit collectiviste. On ne peut pas construire tout est n'importe quoi dans notre propriété privé sans l'autorisation collective.

La hiérarchie des normes

Sur certaines pyramide nous pouvons trouver une 5ème hiérarchie des normes en dessous du bloc réglementaire qui est celle de la jurisprudence. La jurisprudence est l'ensemble des décisions de justice rendues par les tribunaux par rapport à un problème juridique donné et qui permettent d'en déduire des principes de droit.

La pyramide de Kelsen détermine l'ordre de priorité entre les règles juridiques. La norme inférieure doit respecter la norme supérieure. La Constitution est la norme suprême en France et les lois doivent nécessairement être en conformité avec elle.

Le Conseil Constitutionnel

Définition

Conseil Constitutionnel
Créé en 1958 après l’adoption de la Constitution de la Ve République, le Conseil constitutionnel est l’institution garante du respect de la Constitution, qui est la norme suprême en droit français. Il assure trois principales missions :
- La première consiste à contrôler la constitutionnalité des lois, c’est-à-dire leur conformité avec le « bloc constitutionnel »
- La deuxième mission comprend de juger de la régularité des élections nationales et d’en proclamer les résultats. Il vérifie que les élections se sont déroulées sans fraude.
-la troisième implique d’émettre des avis dans des situations spécifiques. Par exemple en cas de décès, de démission ou d’empêchement du président de la République, ou en cas d’application de l’article 16 de la Constitution qui lui donne droit d’exercer seul les pouvoirs exécutifs et législatifs sur une durée limitée.

Le Conseil Constitutionnel vérifie la conformité de la loi de la Constitution. Pour cela plusieurs contrôles sont effectués :

  • 1er contrôle : Contrôle apriori, c'est à dire, avant la promulgation de la loi qui est renseigné à l'article 61 de la Constitution. Par le Conseil Constitutionnel qui est composé de 60 sénateurs/députés, Président de la République, le 1er Ministre et les Présidents des 2 chambres (basse et haute) Ensemble ils prennent des décisions d'essai.
  • 2ème contrôle : Contrôle a posteriori, c'est à dire après la promulgation de la loi, renseigné à l'article 61 tiret 1 de la Constitution. (Question Prioritaire de Constitutionalité introduite le 23 juillet 2008 et entrée en vigueur en 2010 et soulevé deavnt la Cour de Cassation)

Les différentes lois

Définition

Loi ordinaire
Loi de droit commun prévu par l'article 34 de la Constitution adopté par la procédure parlementaire classique. Processus de la navette parlemenataire qui fixe les règles applicables aux citoyens.
Loi organique
Prévu à l'article 46 de la Constitution qui complète et précise certaines disposition constitutionnelle. Qui doit être validé par le Conseil Constitutionnel. La modification est plus stricte que les lois ordinaires car elles sont supérieures.
Loi constitutionnelle
Loi de révision de la Constitution qui en modifie, abroge ou complète des dispositions.
Loi référendaire
Adoptée par référendum, par le peuple. Article 11 de la Constitution, elle a la même valeur qu'une loi adoptée par le Parlement.
Loi d'orientation
Elle n'est pas prévu par la Constitution, elle fixe des principes et des pratiques sans édictée des règles précises.
Loi de programme au caractère économique et sociale
Prévu à l'article 34 de la Constitution qui est soumise au conseil économique, environnementale, social et au Conseil d'Etat prévu à l'article 70 de la Constitution. Elle n'a pas de règles directement opposable mais à un engagement politique et social.

La loi est édictée par le pouvoir législatif représenté par le Parlement. Le Parlement est composée du Sénat et de l'Assemblée Nationale. Entre ces deux institutions est utilisée la navette parlementaire, c'est à dire que c'est un processus d'allers et retours entres les deux entités. Dans lequel sont discutés les articles n'ayant pas été adoptés dans les mêmes termes par les 2 assemblées.

Définition

La normativité de la loi
La loi doit être claire et non contraignante. En théorie elle n'est pas censée faire objet de réinterprétation. La loi est l'expression de la "volonté générale". La normativité de la loi est prévu à l'article 6 de la DDHC et 34 de la Constitution.

Les définitions des méthodes

Définition

Argument d'autorité
On peut le retrouver notamment dans la plaidoirie, cet argument consiste à utiliser les actes ou les jugements d'une personne ou d'un groupe de personne comme moyen de preuve en faveur d'une thèse. Il sous-entend que les autorités invoquées sont infaillibles, que l'argument s'appuie sur le consentement universel ou sur celui du plus grand nombre. Parfois l'autorité est impersonnel (il est établit en droit) ce peut être un principe généralement reconnu (l'autorité de la chose jugée) ou le droit lui-même, le common law.
Raisonnement a pari
Vient du latin qui signifie raisonnement par analogie. Ce raisonnement consiste à dire que la loi ou la règle appliquée au premier doit l'être pour le second. On part du principe que si une loi a statuée pour une situation donnée, elle est applicable pour une situation similaire. La réfutation se fait en montrant que les deux cas sont différents. => Ce raisonnement est utilisé par les juges pour interpréter le droit lorsque l'on se trouve face à un cas non prévu par une loi ou si celle-ci n'est pas claire.
Raisonnement a fortiori
En vertu d'une raison plus forte. Le raisonnement a fortiori, ou raisonnement, à plus forte raison, est un raisonnement qui dégage une vérité d'une autre d'une vérité, déjà admise, avec encore plus de force, avec des arguments semblable et plus solide. Certains raisonnements a fortiori sont des déductions rigoureuse qui peuvent être formulée comme des syllogisme. Exemple : la météo ne peut pas prévoir la météo dans une semaine a fortiori dans un mois => le raisonnement a fortiori est utilisé lorsque l'on se trouve à un cas non explicitement prévu par la loi. On fait alors appel à une situation voisine ou une loi donne une solution afin de réaliser une interprétation de cette règle endroit le juge pour interpréter la loi en restant à l'esprit que lui a donné le législateur.
Raisonnement a contrario
Partir d'un raisonnement initial à affirmer par un raisonnement identique dans la forme d'une hypothèse opposée a abouti à des compétences opposées. Le raisonnement a contrario n'est pas un raisonnement valide, il peut conduire à des raisonnements erroné car deux hypothèses contraires peuvent avoir toutes les deux les mêmes conséquences. Exemple : les chiens doivent être tenus en laisse sur la plage, les tigres qui ne sont pas des chiens n'ont pas à être tenu en laisse sur la plage => ce raisonnement est utilisé par les avocats pour montrer qu'un article de loi ne s'appuie pas leurs clients. Il part du principe que si le sens de la règle est claire et qu'elle ne précise pas physiquement tous les cas d'espèce alors si cette règle est subordonné à des conditions particulières, la règle n'est pas applicable si ces conditions ne sont pas remplies.
approche téologique
Cette approche théologique repose sur la cause finale. Elle consiste à interpréter la loi en fonction de son but. Dans un premier temps, l'interprète doit identifier l'objet ou la finalité de la loi. Dans un deuxième temps, il lui faut interpréter la loi de façon à permettre la pleine réalisation de cet objet. L'approche théologique est une manière de lire les lois en fonction de leur finalité, plutôt qu'un recours obligatoire à des sources externes de la loi. Elle fournit un argument reposant sur la finalité des textes. Cet argument plaide pour que la loi soit interprété de manière accomplir le but pour lequel elle a été édité, pour cette raison, cette argument est souvent associé à ceux de la volonté du législateur.
Raisonnement apagogique
Ce raisonnement apagogique permet de démontrer qu'une affirmation est vrai en montrant que son contraire est faux. Consiste à démontrer la vérité d'une proposition en promouvant l'absurdité de la proposition contraire. C'est un raisonnement par l'absurde.
Méthode systématique
Elle repose sur l'idée de cohérence de la loi, laquelle implique d'interpréter toute loi en tenant compte de l'ensemble de ses parties.
Argument de cohérence
L’argument de cohérence sert à justifier une décision juridique en montrant qu’elle s’accorde avec d’autres normes ou décisions existantes dans l’ordre juridique.
Logique formelle
C'est l'étude des concepts, jugement et raisonnement, considéré abstraite et sans considération des objets qui désigne. La logique formelle s'attache à un raisonnement nécessaire. Donc toujours vrai. Sans logique formelle, on ne peut pas faire du droit.

Les différents contrôles

Contrôle de conventionnalité : Le contrôle de conventionnalité est un contrôle ayant pour objet d'apprécier la conformité d'une loi par rapport à une norme internationale et, en cas de contrariété, de faire prévaloir la norme la plus élevée dans la hiérarchie des normes à savoir la norme internationale.


EXEMPLE : Le Conseil constitutionnel a refusé d’exercer le contrôle de conventionnalité dans une décision importante du 15 janvier 1975 (Décision 74-54 DC - 15 janvier 1975 - Loi relative à l'IVG).


La Cour de cassation va admettre pour la première fois que le juge judiciaire français a le pouvoir de contrôler la compatibilité d’une loi par rapport à un traité international dans l’arrêt Jacques Vabre. Elle accepte ainsi de procéder à un contrôle de conventionnalité en écartant les dispositions prévues par une loi interne (l’article 265 du Code des douanes) sur le fondement des dispositions d’un traité international (l’article 95 du Traité du 25 mars 1957 « Traité de Rome »).


Contrôle de proportionnalité : Le contrôle de proportionnalité peut être défini comme le contrôle exercé par une juridiction et consistant à vérifier concrètement que l’application d’une règle de droit interne ne conduit pas à porter une atteinte disproportionnée à un droit fondamental garanti par une convention internationale ou par une norme nationale au regard du but légitime poursuivi par cette règle. Les juges français peuvent désormais effectué un contrôle de proportinnalité.


Les critiques du contrôle de proportionnalité :

  • Le droit français prévoit pourtant que les juges doivent se fonder sur le droit pour rendre leurs décisions (le juge civil français est soumis à l’article 12 du code civil : « le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui sont applicables »). Or, ce contrôle en équité via le contrôle de proportionnalité permettrait au juge de déroger à l’application de la loi.
  • Le risque d'insécurité juridique. Le contrôle de proportionnalité risquerait de rendre la jurisprudence imprévisible d’une part et peu uniforme, d’autre part, ce qui entre en contradiction avec la mission de la Cour de cassation. En effet, la Cour de cassation a pour mission de donner aux tribunaux et cours d'appel la bonne interprétation des textes de loi, afin d'unifier celle-ci sur l'ensemble du territoire. Par les décisions qu'elle rend, « la Cour de cassation offre aux citoyens la garantie de voir les règles de droit appliquées à tous de la même façon, que leurs litiges soient tranchés à Lille, Nantes, Marseille ou Fort-de-France ».


Contrôle de la loi :

  • a posteriori : Le contrôle a posteriori d’une loi est un mécanisme de vérification de la constitutionnalité d’une loi après son adoption et sa mise en vigueur. Autrement dit, on examine après coup si une loi déjà appliquée respecte la Constitution. Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, le contrôle a posteriori existe grâce à la QPC (entrée en vigueur le 1er mars 2010).
  • Le contrôle a priori d’une loi est le contrôle de constitutionnalité effectué avant la promulgation de la loi, c’est-à-dire avant qu’elle entre en vigueur. Autrement dit, on vérifie avant son application si la loi votée par le Parlement est conforme à la Constitution.

A retenir :

Quand on juge qu'une loi n'est pas conforme on ne l'annule pas, on l'abroge. Le fait d'abroger une loi, fait qu'elle ne sera plus en vigueur. Cependant, un juge ne peut pas abroger une loi mais il peut l'écarter. Seul le Conseil Constitutionnel est compétent pour abroger ou non une loi.

Qu'est ce que la QPC ?


Définition :

  • La QPC, ou Question Prioritaire de Constitutionnalité, est un mécanisme juridique français qui permet à tout justiciable (c’est-à-dire toute personne engagée dans un procès) de contester la conformité d’une loi à la Constitution.
  • La QPC a été introduite par la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 et est entrée en vigueur le 1er mars 2010.
  • Elle est prévue à l’article 61-1 de la Constitution.


Le fonctionnement de la QPC :

  1. Le justiciable (citoyen, entreprise, etc.) soulève une QPC devant une juridiction (tribunal, cour d’appel, etc.).
  2. Le juge vérifie trois conditions :
  • La loi contestée est applicable au litige.
  • Elle n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution.
  • La question est nouvelle ou présente un caractère sérieux.

3. Si ces conditions sont réunies :

  • La QPC est transmise à la Cour de cassation (pour l’ordre judiciaire) ou au Conseil d’État (pour l’ordre administratif).

Ces juridictions décident, si la question est recevable, de la transmettre au Conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel tranche : il peut confirmer la constitutionnalité de la loi ou l’abroger (en tout

ou partie).


 Conséquences

  • Si le Conseil constitutionnel abroge la disposition, elle cesse de s’appliquer (immédiatement ou à une date fixée).
  • Cela renforce le contrôle de constitutionnalité a posteriori, c’est-à-dire après l’adoption de la loi, contrairement au contrôle classique (a priori) exercé avant sa promulgation.


Les différentes abrogrations d'une loi :


Définition

Une abrogation
C'est le fait qu'une loi peut cesser d'exister. Certaines prévoient une durée

Abrogation expresse : Une abrogation expresse est une suppression explicite d’une loi ou d’une disposition législative par une nouvelle loi. On parle d’abrogation expresse quand le législateur dit clairement, dans un texte nouveau, qu’une ancienne loi (ou un article précis) n’est plus en vigueur.


Abrogation implicite ou tacite : On parle d’abrogation implicite quand une nouvelle loi contredit une ancienne, sur le même sujet, de telle manière que les deux ne peuvent pas s’appliquer en même temps.

Dans ce cas, la loi la plus récente s’applique, et l’ancienne est considérée comme abrogée — même si le législateur ne l’a pas dit explicitement.


Abrogation par désuètue : une loi tomberait en désuétude, c’est-à-dire qu’elle cesse d’être appliquée et respectée depuis longtemps, au point de ne plus avoir de valeur réelle. Correspond à la perte de force d’une loi simplement parce qu’elle n’est plus utilisée ni mise en œuvre, sans avoir été abrogée officiellement. En droit français, la désuétude n’a pas de valeur juridique :

⚠️ Une loi ne peut pas être abrogée par le seul fait qu’elle n’est plus appliquée.

Tant qu’elle n’a pas été abrogée expressément ou implicitement, elle reste en vigueur (même si elle n’est plus utilisée dans la pratique).


Définition

La sécurité juridique
La sécurité juridique garantit que le droit soit prévisible, accessible et stable, afin que chacun puisse organiser sa conduite en toute confiance vis-à-vis des règles en vigueur. << Nul ne doit ignorer la loi >>

Pour protéger cette sécurité juridique des lois relatives aux prescriptions sont mises en place.


Définition

Loi relative à la prescription
Une loi relative à la prescription est une loi qui fixe ou modifie les délais de prescription, c’est-à-dire les délais au-delà desquels on ne peut plus agir en justice

Il existe 2 modèles de loi relative à la prescription :

  • prescription extinctive : Une loi à prescription extinctive est une loi qui fixe le délai au-delà duquel un droit ou une action en justice s’éteint, c’est-à-dire que plus personne ne peut le faire valoir devant un juge. Autrement dit, après l’écoulement de ce délai, le titulaire du droit perd la possibilité de l’exercer. C'est un mode d'extinction d'un droit, prévu à l'art 2219 et 2224 du Code Civil.
  • prescription acquisitive : La prescription acquisitive permet de faire naître un droit ou d’acquérir la propriété sur un bien lorsqu’on le possède de manière continue, paisible et publique pendant un délai fixé par la loi. Prévu à l'art 2258 du Code Civil

Les changements de délai d'une loi

Allongement de délai : prolongation d’une période ou d’un délai légal ou contractuel accordé pour accomplir une action, exercer un droit ou respecter une obligation. Autrement dit, c’est le fait de donner plus de temps que prévu initialement. Augmente la durée prévue par une loi.

EXEMPLE : En droit civil :

  • Une personne dispose d’un délai de 5 ans pour réclamer une dette. Le juge peut parfois accorder un allongement de ce délai en cas de circonstances exceptionnelles.


Réduction de délai : Une réduction de délai désigne la diminution d’une période ou d’un délai légal, contractuel ou judiciaire accordé pour accomplir une action, exercer un droit ou respecter une obligation. Mais elle ne doit jamais dépasser le délai prévu par la loi ancienne.

EXEMPLE : En droit civil

  • L'ancienne loi prévoyait 10 ans, depuis 7 ans se sont déjà écoulé. La nouvelle loi la réduit à 5ans. Sauf que 7 ans se sont déjà écoulé, on ne peut pas rajouter 5 ans aux 7 ans car cela ferait 13 ans et non 10 comme le stipulait la loi ancienne. Ainsi la nouvelle loi ne peut pas la réduire au delà de 3 ans.

A retenir :

La différence entre le pénal et le civil

  • Pénal : Puni des actions répréhensibles ou délits comme de crimes, contraventions et infractions. Le pénal peut avoir des risques d’emprisonnements pour incriminer les comportements qui sont contre la loi                      
  • Civil : Conflit de famille, de contrats, de succession. Il a pour but la réparation d’un préjudice subi par la victime par des dommages et des intérêts

En pénal

La non rétroactivité de la loi en matière pénal : Le principe de non-rétroactivité de la loi en matière pénale est un principe fondamental du droit qui garantit que nul ne peut être puni pour un acte qui n’était pas punisable au moment où il a été commis. Autrement dit, la loi pénale ne s’applique pas aux faits passés. Une personne ne peut être condamnée que selon la loi en vigueur au moment où l’infraction a été commise.

  • Article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789) : nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi promulguée et connue.
  • Article 112-1 du Code pénal français : « Nul ne peut être puni d’une peine qui n’était pas prévue par la loi au moment des faits. »
  • Convention européenne des droits de l’homme, art. 7 : protection contre la rétroactivité pénale.


Exception rétroactivité in victus : Si la loi nouvelle est plus douce que l’ancienne, alors elle peut s’appliquer rétroactivement pour les faits passés.

EXEMPLE: si une peine de prison passe de 10 ans à 5 ans, les condamnés sous l’ancienne loi bénéficient de la nouvelle peine réduite.


En droit pénal français, lorsqu’on parle des conditions cumulatives à valeur constitutionnelle, il s’agit généralement des conditions que doit remplir une infraction ou une peine pour être conforme à la Constitution, notamment au regard des principes fondamentaux du droit pénal.

Ces trois conditions cumulatives à valeur constitutionnelle sont :

  • Légalité des délits et des peines : Une personne ne peut être poursuivie ou condamnée que pour un acte prévu comme infraction par la loi au moment où elle l’a commis, et la peine doit également être prévue par la loi.
  • Non rétroactivité des lois pénales qui ne sont pas ''douces'' :  On ne peut pas être puni pour un acte qui n’était pas interdit à l’époque où il a été commis, ni subir une peine plus lourde que celle prévue à ce moment.
  • Proportionnalité des peines : la peine doit être proportionnée à la gravité de l’infraction

En civil

  • Loi rétroactive : peut créer de nouveaux effets pour le passé (modifie le droit applicable).
  • Loi de validation : régularise le passé en supprimant un vice ou une irrégularité sans changer le droit fondamental applicable.
  • Loi interprétative : est une loi qui a pour but de préciser ou clarifier le sens d’une loi déjà existante. Elle n’invente pas de nouvelles règles, elle est donc rétroactive.



Intro général au droit

Définition des formes de droit

Définition

Droit
Le droit n’est pas ce qui est ‘’bon’’ ou ‘’juste’’ mais c’est une norme dans une société. Le droit est une norme sociale, c’est-à-dire une règle produite par la société pour organiser la vie collective. Ensemble des règles de conduite qui gouvernent les rapports des hommes dans la société et dont le respect est assuré par l’autorité publique (Synonyme de droit objectif)
Droit substantiel
Ensemble de règles juridiques qui définissent les droits et obligations dans un système juridique donné. Règles juridiques concrètes qu’un plaideur entend faire appliquer.
Droit formel
Système juridique qui se limite aux règles définies. Il se définit par sa forme juridique (lois, règlements, décisions) et non par sa moralité.
Droit naturel
Ensemble des droits que chaque individu possède du fait de son appartenance à l'humanité et non du fait de la socété dans laquelle il vit. C'est un principe d’un droit naturel universel et immuable. Droit naturel s'oppose au droit positif Droit naturel écrit par les Jusnaturalites (jusnaturalisme = idéalisme qui correspond à la doctrine du droit naturel. C’est le droit supérieur qui s’oppose aux législateur (droit du plus fort). Le jusnaturalisme a inspiré la DDHC de 1789 et le 1er article du Code Civil). Les limites du droit naturel : il n'est pas assez précis et est sujet à des interprétations
Droit positif
Le droit positif peut se définir comme l'ensemble des lois écrites rassemblées dans des codes s’appliquant de façon effective dans une société donnée au moment où l'on parle. Le droit positif peut être également appelé le positivisme est une doctrine juridique fondé sur la légitimité des textes.

A retenir :

Le droit n'existerait pas sans un sujet de droit. Le sujet de droit est une personne morale ou physique reconnue par le système juridique comme ayant des droits et des obligations (il peut agir en justice et posséder des biens)

La pensée juridique

Définition

Pensée juridique
discipline qui étudie l’ensemble des théories et des concepts liés au droit. Elle vise à comprendre et à analyser le fonctionnement du système juridique

Il existe plusieurs écoles de pensée :

  • L’école positiviste qui considère que le droit est une règle établit par le législateur/ Le droit est vu comme un ensemble de normes sociales qui régissent le comportement des individus.

=> Positivisme juridique : le droit est un produit de la volonté humaine. Les règles doivent être respectées en dehors du contenu morale ou éthique.

  • L’école naturaliste affirme que le droit est basé sur des valeurs et principes universels accessible à la raison humaine. (Jusnaturalisme)

=> Théorie du droit naturel : principe de justice universels supérieur au droit positif

  • L’école réaliste pense que le droit provient des facteurs politiques, économique et sociologique qui peuvent influencer la création et l’application du droit. Le droit est considéré comme un instrument de régulation social.


Les finalités du droit

Définition

Finalité du droit
La règle de droit a une finalité sociale. Elle a pour but de permettre et d'organiser la vie en société, en encadrant les relations entre les individus

Utilité = maximisation du plaisir du plus grand nombre de personne possible pour éviter la souffrance. (le droit utile est surtout utilisé lors du droit napoléonien)

  • Doctrine utilitarisme qui a comme objectif de trouver le bonheur du plus grand nombre.

Juste = C'est le juste qui détermine la proposition la plus juste des intérêts. (le droit juste a un retour en force lors du droit contemporain). Il existe deux justices

  • Justice distributive = rendre à chacun ce qui lui revient. Avoir la meilleure répartition des droits et des biens entre chacuns
  • Justice communicative = équilibre entre les prétention des uns et des devoirs des autres

=> Le droit juste est difficile à atteindre en collectivité



A retenir :

Le droit utile est surtout utilisé lors du droit napoléonien

Le droit juste revient en force avec le droit contemporain. L'essort de nouveaux domaines sociaux demandent une nouvelle justice sociale avec notamment le droit du travail, droit des contracts, droit de consommation. Avec l'arrivée de l'automobile le droit de responsabilité civile devient plus juste.

Individualisme = La doctrine individualiste invite alors, naturellement, à voir dans l'individu le fondement et le but du système juridique. Le droit se trouve donc construit à partir des individus, et doit en conséquence avoir pour fonction de satisfaire prioritairement leurs intérêts.

Collectivisme = Mode d'organisation d'une société dans laquelle les moyens de production sont propriété de la collectivité

A retenir :

Le droit collectivisme peut s'opposer au droit individualisme. Par exemple, le droit de propriété est individualiste mais peut être sous l'apparence collectiviste en effet l'apparence urbaine peut être sous le droit collectiviste. On ne peut pas construire tout est n'importe quoi dans notre propriété privé sans l'autorisation collective.

La hiérarchie des normes

Sur certaines pyramide nous pouvons trouver une 5ème hiérarchie des normes en dessous du bloc réglementaire qui est celle de la jurisprudence. La jurisprudence est l'ensemble des décisions de justice rendues par les tribunaux par rapport à un problème juridique donné et qui permettent d'en déduire des principes de droit.

La pyramide de Kelsen détermine l'ordre de priorité entre les règles juridiques. La norme inférieure doit respecter la norme supérieure. La Constitution est la norme suprême en France et les lois doivent nécessairement être en conformité avec elle.

Le Conseil Constitutionnel

Définition

Conseil Constitutionnel
Créé en 1958 après l’adoption de la Constitution de la Ve République, le Conseil constitutionnel est l’institution garante du respect de la Constitution, qui est la norme suprême en droit français. Il assure trois principales missions :
- La première consiste à contrôler la constitutionnalité des lois, c’est-à-dire leur conformité avec le « bloc constitutionnel »
- La deuxième mission comprend de juger de la régularité des élections nationales et d’en proclamer les résultats. Il vérifie que les élections se sont déroulées sans fraude.
-la troisième implique d’émettre des avis dans des situations spécifiques. Par exemple en cas de décès, de démission ou d’empêchement du président de la République, ou en cas d’application de l’article 16 de la Constitution qui lui donne droit d’exercer seul les pouvoirs exécutifs et législatifs sur une durée limitée.

Le Conseil Constitutionnel vérifie la conformité de la loi de la Constitution. Pour cela plusieurs contrôles sont effectués :

  • 1er contrôle : Contrôle apriori, c'est à dire, avant la promulgation de la loi qui est renseigné à l'article 61 de la Constitution. Par le Conseil Constitutionnel qui est composé de 60 sénateurs/députés, Président de la République, le 1er Ministre et les Présidents des 2 chambres (basse et haute) Ensemble ils prennent des décisions d'essai.
  • 2ème contrôle : Contrôle a posteriori, c'est à dire après la promulgation de la loi, renseigné à l'article 61 tiret 1 de la Constitution. (Question Prioritaire de Constitutionalité introduite le 23 juillet 2008 et entrée en vigueur en 2010 et soulevé deavnt la Cour de Cassation)

Les différentes lois

Définition

Loi ordinaire
Loi de droit commun prévu par l'article 34 de la Constitution adopté par la procédure parlementaire classique. Processus de la navette parlemenataire qui fixe les règles applicables aux citoyens.
Loi organique
Prévu à l'article 46 de la Constitution qui complète et précise certaines disposition constitutionnelle. Qui doit être validé par le Conseil Constitutionnel. La modification est plus stricte que les lois ordinaires car elles sont supérieures.
Loi constitutionnelle
Loi de révision de la Constitution qui en modifie, abroge ou complète des dispositions.
Loi référendaire
Adoptée par référendum, par le peuple. Article 11 de la Constitution, elle a la même valeur qu'une loi adoptée par le Parlement.
Loi d'orientation
Elle n'est pas prévu par la Constitution, elle fixe des principes et des pratiques sans édictée des règles précises.
Loi de programme au caractère économique et sociale
Prévu à l'article 34 de la Constitution qui est soumise au conseil économique, environnementale, social et au Conseil d'Etat prévu à l'article 70 de la Constitution. Elle n'a pas de règles directement opposable mais à un engagement politique et social.

La loi est édictée par le pouvoir législatif représenté par le Parlement. Le Parlement est composée du Sénat et de l'Assemblée Nationale. Entre ces deux institutions est utilisée la navette parlementaire, c'est à dire que c'est un processus d'allers et retours entres les deux entités. Dans lequel sont discutés les articles n'ayant pas été adoptés dans les mêmes termes par les 2 assemblées.

Définition

La normativité de la loi
La loi doit être claire et non contraignante. En théorie elle n'est pas censée faire objet de réinterprétation. La loi est l'expression de la "volonté générale". La normativité de la loi est prévu à l'article 6 de la DDHC et 34 de la Constitution.

Les définitions des méthodes

Définition

Argument d'autorité
On peut le retrouver notamment dans la plaidoirie, cet argument consiste à utiliser les actes ou les jugements d'une personne ou d'un groupe de personne comme moyen de preuve en faveur d'une thèse. Il sous-entend que les autorités invoquées sont infaillibles, que l'argument s'appuie sur le consentement universel ou sur celui du plus grand nombre. Parfois l'autorité est impersonnel (il est établit en droit) ce peut être un principe généralement reconnu (l'autorité de la chose jugée) ou le droit lui-même, le common law.
Raisonnement a pari
Vient du latin qui signifie raisonnement par analogie. Ce raisonnement consiste à dire que la loi ou la règle appliquée au premier doit l'être pour le second. On part du principe que si une loi a statuée pour une situation donnée, elle est applicable pour une situation similaire. La réfutation se fait en montrant que les deux cas sont différents. => Ce raisonnement est utilisé par les juges pour interpréter le droit lorsque l'on se trouve face à un cas non prévu par une loi ou si celle-ci n'est pas claire.
Raisonnement a fortiori
En vertu d'une raison plus forte. Le raisonnement a fortiori, ou raisonnement, à plus forte raison, est un raisonnement qui dégage une vérité d'une autre d'une vérité, déjà admise, avec encore plus de force, avec des arguments semblable et plus solide. Certains raisonnements a fortiori sont des déductions rigoureuse qui peuvent être formulée comme des syllogisme. Exemple : la météo ne peut pas prévoir la météo dans une semaine a fortiori dans un mois => le raisonnement a fortiori est utilisé lorsque l'on se trouve à un cas non explicitement prévu par la loi. On fait alors appel à une situation voisine ou une loi donne une solution afin de réaliser une interprétation de cette règle endroit le juge pour interpréter la loi en restant à l'esprit que lui a donné le législateur.
Raisonnement a contrario
Partir d'un raisonnement initial à affirmer par un raisonnement identique dans la forme d'une hypothèse opposée a abouti à des compétences opposées. Le raisonnement a contrario n'est pas un raisonnement valide, il peut conduire à des raisonnements erroné car deux hypothèses contraires peuvent avoir toutes les deux les mêmes conséquences. Exemple : les chiens doivent être tenus en laisse sur la plage, les tigres qui ne sont pas des chiens n'ont pas à être tenu en laisse sur la plage => ce raisonnement est utilisé par les avocats pour montrer qu'un article de loi ne s'appuie pas leurs clients. Il part du principe que si le sens de la règle est claire et qu'elle ne précise pas physiquement tous les cas d'espèce alors si cette règle est subordonné à des conditions particulières, la règle n'est pas applicable si ces conditions ne sont pas remplies.
approche téologique
Cette approche théologique repose sur la cause finale. Elle consiste à interpréter la loi en fonction de son but. Dans un premier temps, l'interprète doit identifier l'objet ou la finalité de la loi. Dans un deuxième temps, il lui faut interpréter la loi de façon à permettre la pleine réalisation de cet objet. L'approche théologique est une manière de lire les lois en fonction de leur finalité, plutôt qu'un recours obligatoire à des sources externes de la loi. Elle fournit un argument reposant sur la finalité des textes. Cet argument plaide pour que la loi soit interprété de manière accomplir le but pour lequel elle a été édité, pour cette raison, cette argument est souvent associé à ceux de la volonté du législateur.
Raisonnement apagogique
Ce raisonnement apagogique permet de démontrer qu'une affirmation est vrai en montrant que son contraire est faux. Consiste à démontrer la vérité d'une proposition en promouvant l'absurdité de la proposition contraire. C'est un raisonnement par l'absurde.
Méthode systématique
Elle repose sur l'idée de cohérence de la loi, laquelle implique d'interpréter toute loi en tenant compte de l'ensemble de ses parties.
Argument de cohérence
L’argument de cohérence sert à justifier une décision juridique en montrant qu’elle s’accorde avec d’autres normes ou décisions existantes dans l’ordre juridique.
Logique formelle
C'est l'étude des concepts, jugement et raisonnement, considéré abstraite et sans considération des objets qui désigne. La logique formelle s'attache à un raisonnement nécessaire. Donc toujours vrai. Sans logique formelle, on ne peut pas faire du droit.

Les différents contrôles

Contrôle de conventionnalité : Le contrôle de conventionnalité est un contrôle ayant pour objet d'apprécier la conformité d'une loi par rapport à une norme internationale et, en cas de contrariété, de faire prévaloir la norme la plus élevée dans la hiérarchie des normes à savoir la norme internationale.


EXEMPLE : Le Conseil constitutionnel a refusé d’exercer le contrôle de conventionnalité dans une décision importante du 15 janvier 1975 (Décision 74-54 DC - 15 janvier 1975 - Loi relative à l'IVG).


La Cour de cassation va admettre pour la première fois que le juge judiciaire français a le pouvoir de contrôler la compatibilité d’une loi par rapport à un traité international dans l’arrêt Jacques Vabre. Elle accepte ainsi de procéder à un contrôle de conventionnalité en écartant les dispositions prévues par une loi interne (l’article 265 du Code des douanes) sur le fondement des dispositions d’un traité international (l’article 95 du Traité du 25 mars 1957 « Traité de Rome »).


Contrôle de proportionnalité : Le contrôle de proportionnalité peut être défini comme le contrôle exercé par une juridiction et consistant à vérifier concrètement que l’application d’une règle de droit interne ne conduit pas à porter une atteinte disproportionnée à un droit fondamental garanti par une convention internationale ou par une norme nationale au regard du but légitime poursuivi par cette règle. Les juges français peuvent désormais effectué un contrôle de proportinnalité.


Les critiques du contrôle de proportionnalité :

  • Le droit français prévoit pourtant que les juges doivent se fonder sur le droit pour rendre leurs décisions (le juge civil français est soumis à l’article 12 du code civil : « le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui sont applicables »). Or, ce contrôle en équité via le contrôle de proportionnalité permettrait au juge de déroger à l’application de la loi.
  • Le risque d'insécurité juridique. Le contrôle de proportionnalité risquerait de rendre la jurisprudence imprévisible d’une part et peu uniforme, d’autre part, ce qui entre en contradiction avec la mission de la Cour de cassation. En effet, la Cour de cassation a pour mission de donner aux tribunaux et cours d'appel la bonne interprétation des textes de loi, afin d'unifier celle-ci sur l'ensemble du territoire. Par les décisions qu'elle rend, « la Cour de cassation offre aux citoyens la garantie de voir les règles de droit appliquées à tous de la même façon, que leurs litiges soient tranchés à Lille, Nantes, Marseille ou Fort-de-France ».


Contrôle de la loi :

  • a posteriori : Le contrôle a posteriori d’une loi est un mécanisme de vérification de la constitutionnalité d’une loi après son adoption et sa mise en vigueur. Autrement dit, on examine après coup si une loi déjà appliquée respecte la Constitution. Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, le contrôle a posteriori existe grâce à la QPC (entrée en vigueur le 1er mars 2010).
  • Le contrôle a priori d’une loi est le contrôle de constitutionnalité effectué avant la promulgation de la loi, c’est-à-dire avant qu’elle entre en vigueur. Autrement dit, on vérifie avant son application si la loi votée par le Parlement est conforme à la Constitution.

A retenir :

Quand on juge qu'une loi n'est pas conforme on ne l'annule pas, on l'abroge. Le fait d'abroger une loi, fait qu'elle ne sera plus en vigueur. Cependant, un juge ne peut pas abroger une loi mais il peut l'écarter. Seul le Conseil Constitutionnel est compétent pour abroger ou non une loi.

Qu'est ce que la QPC ?


Définition :

  • La QPC, ou Question Prioritaire de Constitutionnalité, est un mécanisme juridique français qui permet à tout justiciable (c’est-à-dire toute personne engagée dans un procès) de contester la conformité d’une loi à la Constitution.
  • La QPC a été introduite par la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 et est entrée en vigueur le 1er mars 2010.
  • Elle est prévue à l’article 61-1 de la Constitution.


Le fonctionnement de la QPC :

  1. Le justiciable (citoyen, entreprise, etc.) soulève une QPC devant une juridiction (tribunal, cour d’appel, etc.).
  2. Le juge vérifie trois conditions :
  • La loi contestée est applicable au litige.
  • Elle n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution.
  • La question est nouvelle ou présente un caractère sérieux.

3. Si ces conditions sont réunies :

  • La QPC est transmise à la Cour de cassation (pour l’ordre judiciaire) ou au Conseil d’État (pour l’ordre administratif).

Ces juridictions décident, si la question est recevable, de la transmettre au Conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel tranche : il peut confirmer la constitutionnalité de la loi ou l’abroger (en tout

ou partie).


 Conséquences

  • Si le Conseil constitutionnel abroge la disposition, elle cesse de s’appliquer (immédiatement ou à une date fixée).
  • Cela renforce le contrôle de constitutionnalité a posteriori, c’est-à-dire après l’adoption de la loi, contrairement au contrôle classique (a priori) exercé avant sa promulgation.


Les différentes abrogrations d'une loi :


Définition

Une abrogation
C'est le fait qu'une loi peut cesser d'exister. Certaines prévoient une durée

Abrogation expresse : Une abrogation expresse est une suppression explicite d’une loi ou d’une disposition législative par une nouvelle loi. On parle d’abrogation expresse quand le législateur dit clairement, dans un texte nouveau, qu’une ancienne loi (ou un article précis) n’est plus en vigueur.


Abrogation implicite ou tacite : On parle d’abrogation implicite quand une nouvelle loi contredit une ancienne, sur le même sujet, de telle manière que les deux ne peuvent pas s’appliquer en même temps.

Dans ce cas, la loi la plus récente s’applique, et l’ancienne est considérée comme abrogée — même si le législateur ne l’a pas dit explicitement.


Abrogation par désuètue : une loi tomberait en désuétude, c’est-à-dire qu’elle cesse d’être appliquée et respectée depuis longtemps, au point de ne plus avoir de valeur réelle. Correspond à la perte de force d’une loi simplement parce qu’elle n’est plus utilisée ni mise en œuvre, sans avoir été abrogée officiellement. En droit français, la désuétude n’a pas de valeur juridique :

⚠️ Une loi ne peut pas être abrogée par le seul fait qu’elle n’est plus appliquée.

Tant qu’elle n’a pas été abrogée expressément ou implicitement, elle reste en vigueur (même si elle n’est plus utilisée dans la pratique).


Définition

La sécurité juridique
La sécurité juridique garantit que le droit soit prévisible, accessible et stable, afin que chacun puisse organiser sa conduite en toute confiance vis-à-vis des règles en vigueur. << Nul ne doit ignorer la loi >>

Pour protéger cette sécurité juridique des lois relatives aux prescriptions sont mises en place.


Définition

Loi relative à la prescription
Une loi relative à la prescription est une loi qui fixe ou modifie les délais de prescription, c’est-à-dire les délais au-delà desquels on ne peut plus agir en justice

Il existe 2 modèles de loi relative à la prescription :

  • prescription extinctive : Une loi à prescription extinctive est une loi qui fixe le délai au-delà duquel un droit ou une action en justice s’éteint, c’est-à-dire que plus personne ne peut le faire valoir devant un juge. Autrement dit, après l’écoulement de ce délai, le titulaire du droit perd la possibilité de l’exercer. C'est un mode d'extinction d'un droit, prévu à l'art 2219 et 2224 du Code Civil.
  • prescription acquisitive : La prescription acquisitive permet de faire naître un droit ou d’acquérir la propriété sur un bien lorsqu’on le possède de manière continue, paisible et publique pendant un délai fixé par la loi. Prévu à l'art 2258 du Code Civil

Les changements de délai d'une loi

Allongement de délai : prolongation d’une période ou d’un délai légal ou contractuel accordé pour accomplir une action, exercer un droit ou respecter une obligation. Autrement dit, c’est le fait de donner plus de temps que prévu initialement. Augmente la durée prévue par une loi.

EXEMPLE : En droit civil :

  • Une personne dispose d’un délai de 5 ans pour réclamer une dette. Le juge peut parfois accorder un allongement de ce délai en cas de circonstances exceptionnelles.


Réduction de délai : Une réduction de délai désigne la diminution d’une période ou d’un délai légal, contractuel ou judiciaire accordé pour accomplir une action, exercer un droit ou respecter une obligation. Mais elle ne doit jamais dépasser le délai prévu par la loi ancienne.

EXEMPLE : En droit civil

  • L'ancienne loi prévoyait 10 ans, depuis 7 ans se sont déjà écoulé. La nouvelle loi la réduit à 5ans. Sauf que 7 ans se sont déjà écoulé, on ne peut pas rajouter 5 ans aux 7 ans car cela ferait 13 ans et non 10 comme le stipulait la loi ancienne. Ainsi la nouvelle loi ne peut pas la réduire au delà de 3 ans.

A retenir :

La différence entre le pénal et le civil

  • Pénal : Puni des actions répréhensibles ou délits comme de crimes, contraventions et infractions. Le pénal peut avoir des risques d’emprisonnements pour incriminer les comportements qui sont contre la loi                      
  • Civil : Conflit de famille, de contrats, de succession. Il a pour but la réparation d’un préjudice subi par la victime par des dommages et des intérêts

En pénal

La non rétroactivité de la loi en matière pénal : Le principe de non-rétroactivité de la loi en matière pénale est un principe fondamental du droit qui garantit que nul ne peut être puni pour un acte qui n’était pas punisable au moment où il a été commis. Autrement dit, la loi pénale ne s’applique pas aux faits passés. Une personne ne peut être condamnée que selon la loi en vigueur au moment où l’infraction a été commise.

  • Article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789) : nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi promulguée et connue.
  • Article 112-1 du Code pénal français : « Nul ne peut être puni d’une peine qui n’était pas prévue par la loi au moment des faits. »
  • Convention européenne des droits de l’homme, art. 7 : protection contre la rétroactivité pénale.


Exception rétroactivité in victus : Si la loi nouvelle est plus douce que l’ancienne, alors elle peut s’appliquer rétroactivement pour les faits passés.

EXEMPLE: si une peine de prison passe de 10 ans à 5 ans, les condamnés sous l’ancienne loi bénéficient de la nouvelle peine réduite.


En droit pénal français, lorsqu’on parle des conditions cumulatives à valeur constitutionnelle, il s’agit généralement des conditions que doit remplir une infraction ou une peine pour être conforme à la Constitution, notamment au regard des principes fondamentaux du droit pénal.

Ces trois conditions cumulatives à valeur constitutionnelle sont :

  • Légalité des délits et des peines : Une personne ne peut être poursuivie ou condamnée que pour un acte prévu comme infraction par la loi au moment où elle l’a commis, et la peine doit également être prévue par la loi.
  • Non rétroactivité des lois pénales qui ne sont pas ''douces'' :  On ne peut pas être puni pour un acte qui n’était pas interdit à l’époque où il a été commis, ni subir une peine plus lourde que celle prévue à ce moment.
  • Proportionnalité des peines : la peine doit être proportionnée à la gravité de l’infraction

En civil

  • Loi rétroactive : peut créer de nouveaux effets pour le passé (modifie le droit applicable).
  • Loi de validation : régularise le passé en supprimant un vice ou une irrégularité sans changer le droit fondamental applicable.
  • Loi interprétative : est une loi qui a pour but de préciser ou clarifier le sens d’une loi déjà existante. Elle n’invente pas de nouvelles règles, elle est donc rétroactive.


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