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ETHNO A

A retenir :

Définition de l’ethnologie par C. LÉVI-STRAUSS lien de la citation sur diapo… : « l’ambition de l’ethnologie est d’acquérir des connaissances sur les relations sociales, les pratiques, les croyances d’un gp de pop en mettant au jour la manière dont le groupe lui-même conceptualise celles-ci. L’ethnologie cherche tout autant à comprendre la manière dont le groupe s’adapte à son milieu naturel, organise son économie ou son gouvernement que la manière dont il perçoit son rapport au monde et aux éventuels Dieux et croyances dont il se dote. Toute société est aux yeux de l’ethnologie digne d’intérêt en particulier celle qui éveille sa surprise ou sa curiosité » 

  • Interrogation sur la notion d’altérité. 

 

  1. L’ETHNOLOGUE ET SON TERRAIN : définitions et méthodes ; tradition et modernité. 

Terrain : lieu de vie/d’étude/travail-recherche donc la question de recherche. 

La naissance de l’anthropologie passe par le fait de passer des « études en cabinet » aux « enquêtes sur le terrain ». 

  1. Qu’est-ce que le terrain ? 
  2. Définition

Terrain : (field lieu – fieldwork processus de recherche) c’est à la fois le lieu/population qui y vit, le moment de l’enquête et la question que l’on pose à cette population à un moment donné. 


  1. Des auteurs classiques et leurs terrains 

L. MORGAN historiquement le premier à faire du terrain, 1850 : Iroquois USA, parenté

M. MEAD, 1920’s : Chambouli, Mundugomor, Arapesh, Samoa et îles de l’Amirauté, éducation, culture.

E. PRITCHARDS, 1930’s : Nuer, Soudan, système politique et écologie


  1. Principes et constantes du terrain : l’immersion et l’observation participante

L’observation participante (OP) – immersion : B. MALINOWSKI, 1884-1942 : à la suite de son séjour aux îles TROBRIANDS en Mélanésie entre 1915-1918, il décrit « la kula » système d’échange de biens symboliques entres certaines îles dans « Les argonautes du pacifique occidental ». Il théorise l’idée de terrain comme élément fort de la sociologie, caractérisé par le séjour de longue durée auprès de la population pour ne pas s’en remettre seulement au questionnaires (ajout de l’observation). 

  • Complexité de la tâche : adaptabilité, attention, écoute, immersion, réflexivité, … 

Au-delà des pères fondateurs, les terrains des anthropologues contemporains sont aussi contemporains (pas forcements les îles loin, peut aussi être plus proche) ce qui reste c’est OP et la longue durée. De plus dans un monde connecté, la pratique de terrain et d’immersion s’est elle aussi adaptée. 


  1. Le terrain pour quoi faire ? la monographie

Classiquement on considère qu’un terrain d’anthropologie va avoir pour objectif de réaliser une monographie de terrain (= étude d’un terrain sur une société unique avec une ambition d’exhaustivité : économique, politique, juridique, … sous TOUTES les coutures). 

« Manuel d’ethnographie » — M. MAUSS, 1926 + « Méthode ethnographique » — M. GRINULE, 1954 :

  • Maximum d’objectivité et attention particulière aux récits (rituels, comptes, traditions, faire des dictionnaires/lexiques) – consignés avec clarté, sobriété, précision.  
  • On privilégie les plans, dessins, statistiques, arbres généalogiques, … EN plus de l’écrit (mnt : vidéos, photos, … évolution nette) GARDER DES TRACES = travail d’ethnographie de recueil de données
  • Intérêt pour la morphologie sociale = constitution du groupe (ratio sexe, répartition, …). 
  • Décrire la physiologie du groupes (techniques que le groupe est capable d’utiliser : chasse, pêche, cultures, économie, droits, religion, …) 🡪 aujourd’hui on les appelle les propriétés socioéconomiques des individus du groupe. 
  • On collecte toutes ces informations dans un journal/carnet de terrain. 


  1. Le terrain : comment faire ? 

Avantages fonctionnalités de l’observation : 

  • Assister et enregistrer des phénomènes dont un informateur pourrait omettre de parler
  • Contrôler les déclarations (il ne s’agit pas de fonder son analyse sur un seul témoignage ou sur des témoignages seulement oraux par exemple). 
  • PRINCIPALEMENT de mesurer la distance entre l’idéal d’une société, ce qu’en disent les interlocuteurs, « ça doit se faire comme ça » et la réalité : « c’est fait comme ça ».  


Le carnet de terrain : 

  • Consigne ce qu’on a observé, recueilli, entendu – « ethnographier » = décrire la situation/interaction(s)
  • On y livre les premières conclusions
  • Consignes des remarques plus intimes (ressentis : doutes, angoisses, difficultés, questionnements, …)  
  • Outils de compilation qui participe à la mise à distance des sentiments sur le terrain au profil d’une analyse plus objective de données (=> Réflexivité : capacité à comprendre ce qu’il se passe quand on perturbe). 


  1. L’informateur 

L’informateur est souvent la personne clé qui va aider l’ethnologue à découvrir la société (le plus souvent un homme âgé).

OGOTOMELLI : informateur de M. GRIAULE chez les DOGON au Mali. A présenté la notion de « dieu d’eau ». 


Quelles sont les limites de s’informer auprès d’une personne : 

  • Manque d’objectivité. 
  • Être sensible au marchandage qui va s’implémenter pour se retrouver dans une position d’égal à égal. 
  • Faire attention au discours officiel que les gens peuvent apporter : A. DOQUET : raconte dans un de ses articles qu’il lui a fallu beaucoup ruser pour apprendre d’autres histoires que celles qui étaient 
  • L. De HEUSCH : il peut aussi y avoir des rites de passages à faire avant d’accéder à une information : que faut-il pour que les gens viennent nous parler (avoir un prénom zoulou pour les études de terrain, rite de passage, maitrise de la langue, …) => instauration de la confiance. 


On va chercher à diversifier les informateurs. Maintenant on préfère dire qu’on a un interlocuteur plutôt qu’un informateur (on enlève le supposé colonialiste). 

  1. La maitrise de la langue 

« le traducteur est un traitre » proverbe en italien trouver l’original- fait état de la mesure avec laquelle la langue est traitée par la personne qui traduit. 

  • Fait-il une sélection ?  
  • Traduit-il tout ?
  • Nuance-t-il certaines choses pour atténuer certains propos ? 


G. CRESSWELL

Exemple : le fait de construire un lexique vient dessiner, tracer, décrire l’état de la société, lien, … : KHAL : oncle maternelle |COMM : oncle paternel


OBUNTU : très complexe à traduire parce que ça n’a pas de trad littérale (c’est l’humanité que l’on à travers des autres hommes) 🡪 ne correspond pas très bien à la philosophie européenne. 

  • Utilisé au moment de l’apartheid dans un but de réconciliation. 

Apartheid : 1948-1994 ; Afrique du Sud.


  1. Le journal de terrain 
  2. Les matériaux collectés 

On passe de la ethno-graphie à l’ethno-logos (anthropologie) : travail de questionnement, de mise en ordre, tentation de généralisation, de relecture et d’écriture.


Arlette FARGE : « les archives ne parlent qui si on les interroge ».

  1. Le terrain et après ? 
  • Quand un matériau ethnographique devient-il un matériau ethnologique puis un résultat anthropologique ? 

Inductive ≠ déductive : sociologie ≠ anthropologie. 


  1. Interroger

Que faire de sa subjectivité dans l’enquête de terrain ? : 

  1. Observer le groupe de l’intérieur
  2. Constituer un regard distancé par rapport à cette expérience existentielle. 

Comment atteindre l’objectivité en ethnologie ? : en analysant et en délivrant les conditions de recueil de ses données (J. FAVRET-SAADA, théorisation du mouvement de va et viens : empathie/distance). 

Place importante de la subjectivité : sur le terrain, les données que l’ethnologue recueille sont le fruit des relations qu’il a pu nouer avec les gens qu’il étudie, des amitiés qui se tissent et dépendent de son sexe, de son âge, etc. 

= ce qui impose de rendre compte des conditions de recueil des informations. 


Les 3 étapes : 

Ethnographie : 

  • Il s’agit de l’étape de recueil des données sur le terrain à travers l’observation directe et participante d’un groupe social. Son résultat est un ensemble de notes, schémas, écrits diverses qu’il faudra ensuite analyser (de ethnos : le groupe, le peuple en grec et graphein : écrire). 

Ethnologie : provient du terme ethno logos : désigne le savoir sur les groupes 

  • L’ethnologie recouvre l’analyse des données recueillies sir le terrain (notes d’observation, entretiens, les propos recueil ; mise en situation, les documents divers et variés) afin de dégager une compréhension générale de la société étudiée. 
  • Chaque société est étudiée en soi, dans sa logique. 

Anthropologie : 

  • Terme qui provient du grec anthropos, l’Homme/logos : le discours la science. C’est donc l’étude de l’Homme. 
  • L’anthropologue travaille à partir des travaux des ethnologues qu’il compare. Il cherche à dégager des lois générales sur el fonctionnement des sociétés humaines sur un thème donnée : l’économie, la politique, la religion, la parentalité, etc. 
  • Il s’agit d’une réflexion théorique qui cherche à mieux connaitre les principes qui régissent els société humaines, par-delà leur diversité. 

 

  1. AU ORIGINES DE L’ETHNOLOGIE, LA QUESTION DE L’EXOTISME ET DE L’ALTÉRITÉ
  2. DECRIRE ET CLASSER L’ALTERITE : UNE DEMARCHE PROPRE A L’HOMME

Partout et depuis fort longtemps, les êtres humains se sont attachés à décrire et à classer l’altérité. 

Aux origines du savoir sur les autres sociétés, notre tradition place l’historien et voyageur Grec Hérodote qui vécut au Ve siècle avant JC. Hérodote a voyagé chez les peuples que les Grecs appelaient Barbares (tous des peuples qui ne parlaient pas le grec) et à enquêté sur leurs tradition


La tendance générale de tous les précurseurs de l’ethnologie est de mettre l’accent sur la différence, voir l’exotisme ou la bizarrerie des coutumes.  

  • Ex Hérodote : « les Égyptiens, qui vivent sous un climat singulier ont adoptés des mœurs et des coutumes à l’inverse des autres hommes. Chez eux, ce sont les femmes qui vont au marché et font le commerce en détail ; les hommes restent au logis et tissent. En tissant, dans les autres pays, on pousse vers le bas. Les hommes y portent les fardeaux sur la tête, les femmes sur les épaules. » (Histoire, livre 22). 

C’est la manière de décrire l’autre comme étant foncièrement différent sur des choses qui ne sont pas particulièrement extraordinaires. 

  • L’historien romain tacite (1er siècle après JC) valorise dans ses écrit les cultures étrangères et donne des détails riches sur l’organisation sociale et politique, la religion ou encore le rôle et statut des femmes. Pas de l’ethnologie… 🡪 problèmes de fiabilité. 
  • Le géographe Grec STRABON (1er siècle après JC). 
  • Jean de PLANCARPIN, 1245 – L’histoire des Mongols appelés par nous Tartares, description des coutumes, de la géographie, de l’histoire et des figures marquantes du peuple mongol dans l’Empire Mongol. Démarche ethnologique. 

La question de l’altérité est à l’origine des écrits ethnologiques (récits/carnets de voyages). 

Cette curiosité pour l’autre ce n’est pas seulement européenne. Les chroniqueurs Chinois, Persans, Hindous ou encore Arabes relatent leurs voyages dans le monde médiéval par exemple. 

  • IBN BATTUTA, 14ème siècle. =la curiosité pour l’autre est UNIVERSELLE. 


  1. AUX ORIGINES DE L’ETHNOLOGIE : LES RECITS DE VOYAGE ET LE GOUT POUR L’EXOTISME XVIE/XVIIIE SIECLE

C’est avec la découverte et la colonisation de l’Amérique que l’intérêt pour les cultures et les peuples lointains s’accroît. Aux origines de l’ethnologie, il y a les récits de voyage et la recherche de l’exotisme, c’est-à-dire une curiosité pour ce qui n’appartient pas à nos sociétés occidentales. Donne naissance à l’anthropologie (mythe du bon et du mauvais sauvage). 

Les explorateurs et les colonisateurs du 16ème siècle décrivent et comparent les sociétés qu’ils découvrent. Leur volonté de connaîtrez s’inscrit dans un projet politique : conquérir et dominer. Ils se cantonnent le plus souvent aux aspects spectaculaires des sociétés qu’ils décrivent

Dans leurs textes ou gravures, l’accent est mis sur la nudité de l’autre (qui évoque la pauvreté), ou encore la pilosité ou une coutume impressionnante et inhabituelle comme le cannibalisme (qui évoque la sauvagerie). 


  1. LES PREJUGES ATTACHES AUX SOCIETES « TRADITIONNELLES » ET A LA FIGURE DU « PRIMITIF » 

Le mot cannibale est une déformation d’un terme haïtien « KARIB KANNIBA » – dans l’anthropophagie (: se nourrir de la chair humaine). 


L’expérience de l’altérité n’implique pas nécessairement la reconnaissance de l’autre dans sa différence. L’altérité est même tellement dérangeante qu’on tente toujours de la réduire.

  • « L’humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu’un grand nombre de populations dites primitives se désignent d’un nom qui signifie « les hommes » (ou parfois dirons-nous avec plus de discrétion « les bons », les « excellents » , « les complets ») impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus – ou même de la nature – humaines, mais sont tout au plus composées de « mauvais », de « méchants », de « singes de terre » ou « d’œufs de poux ». (…)

 

On va souvent jusqu’à priver l’étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant « un fantôme » ou « une apparition ». Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique. Dans les Grandes Antilles quelques années après la découverte de l’Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d’enquête pour recherche si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des Blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était ou non sujet à la putréfaction » (LEVI-STRAUSS, Race et Histoire)

                       

L’ethnocentrisme est une attitude consistant à répudier les formes culturelles les plus éloignées des nôtres, qu’elles soient orales, religieuses, sociales ou esthétiques en se référant exclusivement à nos propres principes, valeurs, habitudes, pratiques comme s’ils étaient les seuls valides, légitimes et logique.       

Chaque groupe social fait preuve d’ethnocentrisme et le premier indice concerne la manière dont un groupe se définit lui, se nomme ou définit l’autre en la nommant. Ainsi, on s’est rendu compte que les personnes d’une même société s’appelaient volontiers entre elles « les hommes », « les bels gens » ou encore « les vrais », sous- entendus les vrais hommes, les bons hommes.

  • Les Aché qui sont les Indiens d’Amazonie étudiés par P. CLASTRES se désignent par ce terme qui signifie les « Les hommes ». Ils affirment donc : « l’humanité est la nôtre ! ».
  • La société paraguayenne, qui les méprise tout en étant fascinée par eux, les appelle Guayaki, ce qui signifie « rats féroces ».


Les descriptions des premiers explorateurs sont teintées d’un fort ethnocentrisme. Ce type de jugement est universel. On le retrouve en effet dans toutes les sociétés, passées et présentes. Les explorateurs ont aussi en tête la domination et la conquête. Les philosophes qui commentent leurs écrits le soulignent et le critiquent souvent.       

Commentaires de C. COLOMB sur les Indiens : 

  • « Doux intelligents d’une belle taille » ; « très bien fais, beaux de corps, très avenants de visage » … Puis après des déboires : « farouches », « ennemis », « des gens très rustres », « résolus de nous brûler et de nous tuer ».                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

MONTAIGNE ou la conscience de l’ethnocentrisme : « je trouve (…) qu’il n’y a rien de barbare et sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » Extraits de essais, livre 1 chapitre 31 Des cannibales (1580). 

BOUGAINVILLE ou le mythe du bon sauvage à Tahiti : Dans un voyage autour du monde (1771) décrit leur « beauté », « leur simplicité », leur absence « de pudeur » (vécu comme une démonstration d’innocence et d’absence de corruption), ils soulignent qu’ils ne connaissent pas la propriété privée, et se réjouit de se voir offrir de belles jeunes femmes

DIDEROT dénonce l’hypocrisie de Bougainville : « Tu as dit ‘ce pays est à nous’. Ce pays est à toi ! Et pourquoi ? Parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait de nos jours sur vos côtes et qu’il gravât sur une de vos pierres ou sur l’écorce d’un de vos arbres : « ce pays appartient aux habitants de Tahiti », qu’en penserais tu ? (Supplément au Voyage de Bougainville, conte philosophique 1772)


ROUSSEAU « L’homme naît bon c’est la société qui le corrompt » ; Si, hypothèse et non vérification historique, « la société se retrouvait à l’état purement naturel alors on aurait « un libre dont le cœur est en paix et le corps en santé qui n’a besoin de personne et ne souhaite de mal à personne ». Pour Rousseau c’est la propriété privée et la société qui rendent méchant, rivaux, etc. Il plébiscite donc ces exemples venus d’ailleurs qui incarnent le mythe du bon sauvage.



De toutes ces conjectures nait une interrogation fondamentale et anthropologique : 

  • Qu’est-ce que l’Homme ? Comment vit-il ? Est-il le même partout ? sa vie est-elle stable ? Ou bien y a-t-il une pluralité de sociétés et de la diversité culturelle ?  


Comment les indigènes reçoivent ces voyageurs conquérants ? 

Capitaine COOK, navigateur, explorateur et cartographe britannique 

  • Son histoire et mort montrent combien chaque société interprète la rencontre avec l’autre en utilisant ses propres catégories culturelles. 
  • Marshall SAHLINS « Des îles dans l’histoire » (1085) : essaye de reconstruire / expliquer ce qu’il s’est passé… 


XVII/XVIIIe siècle = multiplication des récits de voyages de missionnaires chez les Indiens d’Amérique ou encore de navigateurs en Océanie (Cook et Bougainville). Teintés de romanesque et de fantastique, ces récits seront cependant synthétisés par les philosophes des Lumières et les encyclopédistes (Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot, Condorcet). 

  • C’est grâce à ces philosophes des Lumières que va se constituer un projet anthropologique explicite, c’est-à-dire un savoir qui prend l’homme comme objet de connaissance.


Deux visions de l’autre au XVIIIème siècle :

Le sauvage

Le mythe du « bon » sauvage

Par opposition à la civilisation qui désigne la culture, le progrès. Il est proche de l’état de nature primitif et vit dans l’inertie de ses déterminations. 

L’autre est proche de l’état de nature, caractéristique présentée comme positive. 

Les philosophes comme MONTESQUIEU (Les lettres persanes, 1721) DIDEROT (Supplément au voyage de Bougainville, 1772), VOLTAIRE (Essai sur les mœurs, 1756) et surtout ROUSSEAU (Discours sur l’origine des inégalités, 1755) ont tous réhabilité le « bon » sauvage l’opposant au « mauvais » civilisé. 



Le 18ème siècle est aussi une période où on tente d’expliquer la diversité culturelle, ce qui va donner naissance à une véritable réflexion anthropologique. 


  1. L’EMERGENCE DE L’ETHNOLOGIE COMME DISCIPLINE SCIENTIFIQUE AU MILIEU DU XIXE SIECLE. 


Fondation de la Société des observateurs de l’homme (1799-1805). Produit un guide d’enquête qui doit orienter les recherches ethnographiques de plusieurs expéditions : Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages (1799) de Joseph Marie DE GERANDO


« La science de l’homme est aussi une science naturelle, une science de l’observation… on n’observe bien qu’en analysant ». Il faut selon GERANDO « s’attacher aux besoins, aux idées, aux habitudes ». « Dans les iles inconnues un voyage dans le passé à chaque pas, c’est un siècle qu’on franchit » (…) « quoi de plus touchant que de retrouver la famille commune pour tendre la main vers un état plus heureux ». Invitation aux observateurs « à faire oublier que de farouches aventuriers n’avaient en tête que de les asservir ».


GERANDO critique les observations précédentes : Qui « ont voulu découvrir les pays et pas les étudier » : un voyage n’est pas toujours une étude. L’esprit de conquête a fait que l’ « On s’est attaché aux substances au animaux, aux richesses » … « et pas aux hommes ». : une étude incomplète. « On est resté aux coutumes et aux rites et on a oublié de décrire les besoins, les idées, les passions, les lois, les connaissances des hommes » : insistance sur l’Humanité et ce qui la caractérise en propre, loin du fantasme du bon ou du mauvais sauvage.


Critique du goût pour le bizarre : On s’est attaché aux anecdotes au lieu d’observer « les rapports domestiques, les règles de propriétés ». « Il faut raisonner à la manière du sauvage au lieu de l’accuser de cruauté de vol de libertinage, d’athéisme. Il eut été plus sage de recueillir des faits et de les expliquer » : appel à un travail documenté de première main et inductif. 


Attention aux incompréhensions langagières : importance d’un lexique pour comprendre la religion, la politique, la morale. 

Venir à bout des préjugés sur les sociétés traditionnelles : lecture de Race er Histoire, c’est l’ambition de cette conférence de LEVI-STRAUSS pour l’UNESCO (L’organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture). 


« Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie » (Chapitre 3 ethnocentrisme, p. 22). 

  • Le simplisme : techniques peu développées = peuples « enfant ou simples » ou « sans histoire ». Il n’y a pas de peuple sans histoire, seulement des peuples dont l’histoire n’est pas écrite. 

C. LEVI-STRAUSS : chaque culture a contribué à sa façon à l’enrichissement de la civilisation universelle et il n’y a pas de « peuple enfant » ou simple. ATTENTION aux ‘faux évolutionnisme ». 

  • Conformisme : Le poids du groupe (famille et société) y serait plus important et expliquerait que les individus partagent des valeurs communes très fortes. Contre-exemple. 

F Boas = étudie la cérémonie du Potlatch des Indiens Kwakiutl (côte Nord-Ouest des Etats-Unis) et dévoile l’importance des enjeux de prestige et de pouvoir au sein de ces sociétés qui sont bien plus différenciées qu’on ne le prétend. 

  • L’absence d’écriture : ce seraient des peuples sans écritures et donc sans histoire : Aucune société n’est hors du temps ou figée (rien ne s’y serait produit depuis des millénaires). Les recherches ont montré au contraire le caractère malléable et dynamique des traditions. Ces sociétés évoluent, s’adaptent bien sûr (tensions, rencontres, mutations, diffusions, etc.). 


L’idée de progrès : Le progrès n’est ni nécessaire, ni continu, il procède par sauts, par bonds par mutations. L’histoire est rarement cumulative.



  1. L'ESSOR DE LA DISCIPLINE : LES COURANTS DE PENSEE

Comment on est passé d’une vision des sociétés dites primitives à une vision hors ethnocentrisme au travers des écoles de pensées ? 

Comment on s’est détachée de l’ethnocentrisme pour arriver à une prise en considération de l’autre pour lui-même de son propre POV? 


  1. L'EVOLUTIONNISME
  2. Définition

Au sens le plus large, ce terme désigne, en anthropologie (pas en biologie) une perspective théorique qui présuppose l'existence d'un ordre immanent de l'humanité et vise à dégager des lois dans l'ordre de succession des phénomènes sociaux et culturels, sans prise en compte des singularités culturelles car elles sont jugées symptomatiques d'écart historique.

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  1. Le Parallélisme Avec La Biologie 

On ne peut pas raisonner pour des sociétés comme pour l'évolution animale.

La démonstration de Darwin (pose l’idée de sélection naturelle qui évoluerait selon leur milieu naturel) dans L'origine des espèces 1859 que "L'homme est le produit de l'évolution du singe" (postérieure aux thèses de l'évolutionnisme social d'ailleurs) n'est pas applicable aux sociétés humaines.

Si on pense qu’on peut calquer l’évolution naturelle sur l’évolution des sociétés humaines alors on pense qu’il y a un ordre légitime, ordonnée, invariable des progrès techniques et culturels.


  1. Morgan Et Tylor Et La Perceptive Evolutionniste 

Ils s’inspirent de l’évolution biologique. 

Ces premiers anthropologues sont des juristes de formation comme Lewis Morgan (La société archaïque 1877) ou encore Edward Burnet, Tylor (Primitive Culture/La civilisation primitive 1871)

Utilisent les récits des voyageurs, les écrits historiques sur le monde antique ou encore oriental.

Ils jouent un rôle important dans l'histoire de l'ethnologie → ils ont initié les recherches sous des angles qui continuent encore aujourd'hui d'être explorés ex : la parenté.


Chez MORGAN plusieurs stade : sauvagerie (société de chasseurs cueilleurs)


EX : Les 3 stades du développement humain selon Lewis Morgan 1877 dans La société archaïque : 

  • Sauvagerie : économies de chasse et de cueillette. Exemples de ce stade : sociétés australiennes et océaniennes.
  • Barbarie, marquée par l'invention de l'agriculture. Exemples : la société iroquoise ou les Incas.
  • Civilisation, marquée par l'industrie, les cités, le commerce, l'apparition de l'état.

Dernier stade, le plus achevé des sociétés, qui débute donc avec les Grecs et les Romains. (Chaque stade est lui-même décomposé en inférieur, moyen, supérieur.)

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Inférieursauvagerie // Moyenbarbarie // Supérieur →  civilisation


MORGAN : C’est la culture matérielle et technique pour considérer l’évolution de la société 

TAYLOR : l’inverse (marxisme)

Occasion d’ouvrir les grands champs d’exploration ethnologiques : parenté hiérarchie, organisation politique (HEGEL et MARX —> réf aux travaux de MORGAN) avec les stades de développement 

École de pensée : vision téléologiste (texus : destin)

Edward BURNET TYLOR, Primitive Culture 1871 : évolution culturelle qui influence les moyens de production —> ce devenir par étape propre à chaque société, effet dialectique 

  • Objectif —> subjectif =MORGAN, MARX, ENGEL
  • Subjectif —> objectif : HEGEL et TAYLOR : idées 


Intérêt de l’évolutionnisme : première ambition de comparer les sociétés (moteur de la discipline) pour comparer ils se sont bcp servi de littérature et aussi MORGAN a fait du terrain sur les questions de parentés chez les iroquois, deuxième élément d’intérêt de cette école de pensée, elle ouvre des gens thématiques en s’interrogeant sur l’évolution des sociétés, ils vinrent s’intéresser à la technique, aux organisations aux idées, la parenté, la culture.

On doit souligner les critiques/ les limites de cette approche 

  • Fait preuve d'ethnocentrisme (donc limitation, inexacte de comparer les groupes « primitifs » à nos sociétés contemporaines). 
  • Il n'y a pas de cheminement unilinéaire des sociétés dans le temps (on ne peut pas appliquer le schéma biologique de Darwin à la société, parallélisme compliqué, pas de traces de certaines sociétés).
  • Il n'existe pas de cultures ou de groupes plus avancés les uns que les autres, ni à proprement parler meilleurs ou plus performants. Il existe différentes cultures qui sont toutes contemporaines et appartiennent au présent, mais qui s'organisent de manière différente et surtout s'adaptent aux conditions naturelles et à leur écosystème.

Soutenir la théorie évolutionniste c’est critiquer les choix de certaines sociétés avec des. « Races et de peuples supérieurs »

Si on est d’accord avec cette théorie évolutionniste cela fige ces sociétés dans un temps immuable/ pas de transformation/ pzs d’histoire 


Le parallélisme avec l'évolutionnisme biologique est inefficace. Les critères permettant de passer d'un stade à l'autre sont arbitraires.

Une telle théorie concourt à construire une idéologie de la supériorité de certains groupes/sociétés sur d'autres au lieu de reconnaître l'homme, sa variété et son inventivité dans sa diversité.

Les sociétés ne sont pas statiques et figées dans un temps immuable :

  • Levi Strauss Race et Histoire "Dans toutes les sociétés les hommes se sont aimés, haïs, déchirés (...)" y compris celles qui ne conservent pas l'histoire écrite de leur passé.
  • Enfin, les sociétés se fréquentent et s'influencent les unes les autres... ce qui va inspirer le courant suivant.


Réintroduire les frictions entre les sociétés/éléments de conquête/d’autarcie/ les éléments historiques 

  • Concourt à construire une idéologie de la supériorité de certains groupes sociétés et d'autres au lieu de reconnaître l'homme sa variété et inventivité dans la diversité.
  • Ça fige des sociétés "primitives" : sans progrès, sans histoire : "dans toutes les sociétés les hommes se sont aimés, halls, déchirés, y compris celles ne conservent pas l'histoire écrite de leur passé
  • Il faut réintroduire les événements historiques, de guerre, d'isolement etc.


Sarkozy : "le problème de l’'Afrique c’est qu’elle n'est pas entrée dans l'histoire" conception évolutionniste à des Sénégalais en 2005 dans un amphi


  1. LE DIFFUSIONNISME
  2. Ambition / définition

Né dans la première du 20ème - FRANZ BOAS 

École qui va se démarquer de l’évolutionnisme ambition d’inscrire les sociétés dans une historicité, il va aussi rapatrier le poids de la géographie sur les populations et un territoire donné.


Expliquer pourquoi on retrouve des traits techniques et des institutions sociales et politiques ou des traits culturels communs dans diverses sociétés parfois très éloignées géographiquement les unes des autres ?

Fondateurs : Frédéric RATZEL et L. FROEBENIUS (allemands), grand représentant : Franz BOAS

Exemple : grands voyages arrivés de la pomme de terre après la « découverte » de l’Amérique idem pour le café 


Diffusion d’un trait technique : 

  • Soit-ils ont été inventés séparément dans deux lieux distincts 
  • Soit il faut documenter l’arrivée et la diffusion de ces traits techniques 


ACCULTURATION : « Les processus complexes de contacts culturels entre les sociétés au travers desquels des sociétés ou des groupes sociaux assimilent ou se voient imposer des traits ou des ensembles de traits provenant d'autres sociétés ».

Les diffusionnistes vont chercher à travailler en cohérence

  • Est-ce que de manière documentée 

Les choses ne sont pas directes mais plus complexes ?

  • On cherche les chemins de la diffusion ?
  • On étudie l’espace/ les écrits 
  • Comment une société emprunte à une autre ?


HAUDRICOURT (1911-1949)

LEROI-GOURHAN (anthropologie de la technique)


Apport de cette école de pensée, on rétablit de la dynamique, de la temporalité, de la preuve empirique (avec l’environnement). Rétablir la notion de dynamique temporelle sans figer les sociétés dans des stades donnés. 


Critiques : 

  • Trop de transmission en laissant de côté les inventions 
  • Attention à l'hyper diffusionnisme : tout viendrait de la même origine.
  • Elliot Smith (1871 1937)
  • Égypte siège de toute l'humanité.


FRANZ BOAS 

Races langues et histoires 

Leçons méthodologiques par rapport à la comparaison des évolutionnistes —> il faut comparer ce qui est comparable, se garder de vouloir tout comparer.

Ne pas plaquer une explication faite dans un endroit dans un autre et en tirer la même conclusion SURTOUT PAS 

On peut faire des hypothèses et comparer des choses qui peuvent se ressembler mais il ne faut pas tirer les mêmes conclusions 


Franz Boas attire l'attention des chercheurs sur le rôle de la comparaison et sa portée :

Il faut "Comparer ce qui est comparable"

Le diffusionnisme va donner naissance à la notion d'aire culturelle.

Il faut regarder une coutume ou un objet en relation avec l'ensemble de la culture étudiée, fonction de la géographie du groupe et de ses contacts avec les groupes voisins.


Définition d’une aire culturelle :  En anthropologie et en géographie, une région culturelle, une sphère culturelle, un espace culturel ou une aire culturelle désigne une géographie avec une activité humaine ou un complexe d'activités (culture) relativement homogène. Elles sont souvent associées à un groupe ethnolinguistique et au territoire qu'il habite.

Les cultures spécifiques ne limitent souvent pas leur couverture géographique aux frontières d'un État-nation ou à de plus petites subdivisions d'un État.


  • Pas de jugement normatif 
  • Recherche de processus culturellement et historiquement construit (traçables) 
  • Regarde la société 
  • Pas de pertinence : invention singulière 

(Façon de faire le feu en Polynésie deux bâtons et pas deux cylex car pas de division de cette technique probablement dû à un éloignement géographique de la Polynésie) 


  1. LE CULTURALISME

Les auteurs et idées du culturalisme (école qui a influencé la psychologie). Culture (attention aux sens du mots culture) catégorie très répandue dans les Sciences Sociales. Elle se développe autour de 1930 aux Etats-Unis.


Culture et personnalité : la personnalité des individus est donc le produit de la culture dans laquelle ils sont nés.

Ruth Bénédict : Patterns of culture traduit sous le titre Échantillons de culture.

la personnalité des Indiens Pueblo est fondée sur la mesure et la sobriété.

→ la personnalité des Kwakiutl est fondée sur la rivalité permanente des individus et des groupes entre eux, l'individualisme etc.


Éleves de FRANZ BOAS  : Margaret MEAD, Ruth BENEDICT, SAPIR, KROEBER

 

  • Quels sont les traits caractéristiques d’une société qui contribue à forger la personnalité individuelle de ses membres ?


M. MEAD - Moeurs et sexualités en Océanie 1935

  • Arapesh (solidaire)/ Mundugumor (belliqueux)/ Chambuli (hédoniste)
  • Les travaux des culturalistes ont permis de mettre en lumière les effets de la structuration culturelle sur la personnalité des individus et notamment des femmes et des hommes.
  • Garçon avenant et « coquet » chez les CHAMBULI chez les Arapesh les filles sont éduqués à servir leur mari et belle-famille


Va servir à la cause féministe (être une femme construction sociale différente selon l’éducation dominante et la culture


Critiques : le caractère stéréotypé de leurs descriptions des personnalités culturelles. Nourrit la psychologie (étapes de la petite enfance/adolescence et âge adulte)


Limites de cette école 

  • Culture assez vaste qu’est-ce qu’on définit de culturel ?
  • Concept de civilisation plus adéquat ?
  • Qu’est-ce qu’on fait des pratiques techniques et matérielles ?
  • Est-ce qu’on peut tout expliquer par la culture ?
  • Déterminisme : stéréotype culturel ? Quelle place pour l’individu ?
  • 4/le fonctionnalisme
  • Intéresser plus aux structures des sociétés 
  • Pratique de terrain et une modélisation 
  • Comment on enquête et comment on réfléchit ?


MALINOWSKI est l'un des premiers à proposer cette lecture de la société sur la base de ses terrains océaniens. Dans les années 1920. Suivront dans les années 1950-60, ses élèves : A. RADCLIFFE BROWN, E. PRITCHARDS qui développeront et amèneront cette perspective


Grande question des fonctionnalistes : À quoi ça sert ? Comment ça fonctionne ? Quelle est sa fonction ? Son utilité dans la société ? 


Le fonctionnalisme s'interroge sur la fonction des choses, objets, cérémonies, actes et analyse les actions des individus en termes de besoin et d'utilité, de valeurs et de normes. Malinowski : Observation minutieuse et exhaustive (tout recenser tout décrire et ne pas juger, sortir de son ethnocentrisme)

Pour cela, il faut replacer l'élément examiné dans son contexte d'ensemble et "ériger l'utilité en ressort ultime de la société et la culture"


Le principe du fonctionnalisme c’est Considérer un phénomène social donnée aux travers des exigences dans la totalité dont ils relèvent : les individus ne font pas les choses au hasard, faut replacer tout ça dans son contexte 


Critiques 

Attention à ne pas retomber dans les explications biologiques et ne pas oublier le normatif (idées et valeurs transmises)

  • Ce système n'est pas l'équivalent d'un système biologique et naturel (Radcliffe Brown)
  • Il ne permet pas de comprendre d'où viennent les idées et valeurs transmises (Evans PRITCHARDS, E. Leach proposeront alors de réfléchir au structuro-fonctionnalisme qui inclut les dimensions morales et symboliques)
  • Il est trop statique (M. GLUCKMAN réintroduira l'idée d'une dynamique= être attentive aux éléments perturbateurs des sociétés et l’intégrer)



  1. LE STRUCTURALISME : Changement de paradigme  
  2. Le Fondateur

Fondateur Levi Strauss (né en 1908 d’abord agrégé de philo et se rend au Brésil sur le terrain pour des expéditions ethnologique va s'intéresser aux NAMBIKWARA, BORORO, TUPI-KAWAHIB) courant année 60-70. Il est surtout connu pour avoir travaillé sur des textes comparaisons avec les mythes et textes qu’il a recueillis.

- Structures élémentaires de la parenté 1949, Triste Tropiques, 

Les mythologiques, une série d’ouvrages qui nous montre une certaine opposition Le miel et les cendres Le cru et le Cuit

(1949) directeurde musée de l’HOMME

École pratique des hautes études 

Professeur au collège de France dans une chair et c’est là qu’il va créer le laboratoire d'anthropologie sociales sa pensée devient importante et se diffuse dans les années 40-50  : il passe du terrain à l'enseignement 


  1. Influence dans la création du structuralisme 

Les origines du structuralisme ? 

Les travaux de 2 linguistes qui ont inspiré Lévi Strauss c’est linguiste il les rencontre aux États -Unis (F. SAUSSURE et R. JAKOBSON) ce qui l’intéresse dans leur pensée = travaux définissent la langue comme une forme/ système organisé de relations → noter les couples d’opposition ou de rapprochement qui structurent la langue = mère/père, clair/sombre, riche/pauvre alors qu’en général les linguistes étudiaient l’origine et l'évolution des langues, ÉLÉMENT CONVENTIONNEL DU LANGAGE, on peut en déduire des règles, si le mot commence à signifier qlq chose, alors on en ressort une règle (opposition/complémentarité)


On peut être surpris par le fait que Lévi Strauss s'intéresse autant au langage mais Cf. M. MAUSS “rechercher Les structures mentales inconscientes par lesquelles on pouvait atteindre en étudiant les institutions et le langage”. 


Pour MAUSS, “par l’étude des institutions et du langage on peut comprendre les structures mentales inconscientes des sociétésSociologie et Anthropologie. 


  1. Objectif du structuralisme

Changement de point de vue/de paradigme


Exemple de l’histoire de Cendrillon, on trouve des enjeux (rivalité entre sœur) partout dans le monde avec bien sûr des nuances : 

  • Comment faire un bon/beau mariage ? Comment bien marier sa fille ? 

Il faut s’intéresser aux structures des mythes (belle-mère qui maltraite sa belle-fille et favoriser ses filles = opposition), aux relations d’opposition.

LEVI STRAUSS va étudier les structurations inconscientes qui structurent la société = valeur de position = valeur qui unissent et opposent puis les règles qui en découlent.

  • Quelles sont les règles inconscientes qui structurent la société étudiée ? Comment dégager les éléments qui structurent ces sociétés ? Quelles sont les règles d'opposition et de rapprochement fondamentales des éléments structurants ?
  • Quels sont les grands invariants structuraux ?
  • Quelles sont les règles qui les organisent ? (Prohibition de l'inceste, échange des femmes, alliance)

« Étudier non plus les phénomènes conscients mais leur infrastructure inconsciente ; reconnaître aux éléments d'un système non pas un sens d'entité indépendantes mais une valeur de position, c'est-à-dire dépendant des relations qui les unissent, les opposent, et prendre celles-ci (oppositions/unités) comme base de l'analyse ; reconnaître de même que ces relations ne valent qu'au sein d'un système de corrélation dont il s'agit de dégager les règles ». (Dictionnaire d'ethnologie et d'anthropologie, article de F. Pouillon).


Le culturel c'est quand les sociétés commencent à se doter de règles.


Invariant structurel/Loi de la prohibition de l’inceste : un variant structural 

MACRON qui est marié avec une femme plus vieille que lui idée d’inceste mais dans les faits non car ce n’est pas sa mère donc pas de lien de sang = pas d’inceste 

Première critique le structuralisme : risque de figer les sociétés dans un ordre idéel et mental et qui ne permettrait pas de les saisir dans leurs pratiques quotidiennes 

Autre critique adressée à Lévi Strauss : Anthropologie désincarnée, vidée de toute subjectivité, de toutes les représentations individuelles.


  1. APPLICATION DE L'ANALYSE STRUCTURALE AUX GUAYAKI : L'ARC ET LE PANIER – 1974.  

Étudié par l’anthropologue français, P. CLASTRES

Dans L’arc et le panier (exemple type du structuralisme) il décrit les Guayaki comme un peuple de chasseur cueilleur. 

  • Comment l’arc et le panier incarne la société Guayaki ?
  • Quel est l’espace féminin ? masculin ? Comment se structurent-t-ils ?

Camp espace des femmes / forêt espace des hommes 

Femmes pour cueillir ont un panier et les hommes pour chasser ont un arc interdit aux femmes de toucher l’arc des hommes car sinon ils seraient touchés par le pané (perd sa capacité à chasser) et interdit pour les hommes de toucher le panier des femmes = il perd sa masculinité. Relation d’opposition qui illustre bien la société. 

Exception : deux hommes ont un panier et pas d'arc, mais un porte le panier sur le torse (pas sur le front pour garder une démarcation avec la femme) et l'autre se comporte comme une femme, fait tout comme les femmes.

Chant du chef tous les soirs, vantant ses mérites, ses exploits à la chasse. Cela diffuse, à la manière du conte de Cendrillon, les représentations propres à la société.


CCL : paradigme pour répondre à des questions 

Au fur et à mesure des écoles de pensée on est passés de quelques choses de statistiques à quelques choses de dynamique (réinsertion de l’histoire) vision plus ancrée au cœur des sociétés. Cherche à rendre intelligibles les sociétés (comprendre les autres sociétés). Ne pas tomber dans une vision évolutionniste, chaque société à sa logique et il ne faut pas hiérarchiser les sociétés. Mise à distance du paradigme évolutionniste.

On a vu apparaître l’idée que les ethnologues s'intéressent plus aux questions contemporaines et moins aux écrits anciens moins aux mythes, etc. Caractère d’inventaire comparatif, importance de la comparaison des sociétés interprétation et compréhension des sociétés.  Avec ces démarches/ces questionnements on sort du jugement normatif à une volonté de comprendre de l’intérieur des sociétés et comprendre pourquoi ils agissent comme cela.


  1. LA PARENTÉE, UN DOMAINE CLASSIQUE ET ESSENTIEL POUR L’ETHNOLOGIE. 

On appelle parenté descriptive les noms/termes de parenté qui décrivent les liens réellement existant entre personnes au sein du groupe, les liens de consanguinité, qu’ils soient réels ou fictifs. 


On appelle parenté classificatoire, les termes de parenté qui décrivent le statut symbolique et statutaire de deux individus l’un par rapport à l’autre au sein d’une famille, sans qu’il y ait nécessairement le lien « réel », « co-sanguin » entre eux c’est la règle du « comme si »

Exemple : quand le fils de ma meilleure amie m’appelle « tata » tout se passe comme si, femme de la même génération que sa mère, j’étais considérée par lui comme la sœur de sa mère. Il attend d’ailleurs de moi que je joue ce rôle de « tata », quand bien même je ne suis pas réellement la sœur de sa mère.

La notion de famille n’est pas strictement naturelle ou biologique elle est avant tout sociale. Elle détermine des droits des statuts, elle régit la transmission des biens et assure la socialisation des individus. Enfin, elle contribue à la reproduction de l’ordre social. Une image contenant texte, Police, ligne, typographie

Description générée automatiquement


  • Famille nucléaire : groupe domestique (vivent au même endroit donc ménage et sont une famille) 
  • Famille parentèle : la famille élargie qui ne vit pas sous le même toit (oncle, tante, cousin, cousines, grand-parent, …)


FORMES D’ALLIANCES : 

Alliance ou mariage : moyen pour deux individus d’avoir des enfants légitimement reconnus (action concertée d’un couple pour avoir des enfants). Il y a plusieurs types de mariage et en conséquence plusieurs types de familles (modèle de référence dans les sociétés occidentales : famille nucléaire – mariage monogame). 

Monogamie ≠ polygamie : 

  • Polygamie : une personne est mariée à plusieurs personnes à la fois. 
  • Polygynie : le fait qu’un homme ait plusieurs femmes/épouses (« gyné » : la femme comme dans gynécologue). 
  • Polyandrie : le fait qu’une femme ait plusieurs maris (« andros » : l’homme/époux « anthropos » : l’homme/humain).

Lévirat : forme de mariage particulière qui consiste à épouser la femme de frère défunt. C’est un devoir de solidarité vis-à-vis des neveux et nièces, une manière de garder les enfants.  Cf : photo. 

Sororat : si un homme épouse une sœur, qu’elle décède, on lui donne alors la sœur de cette dernière ⬄ règle de circulation des femmes dans la famille


Selon l’INSEE, le ménage est constitué de l’ensemble des personnes qui vivent dans le même foyer, même si elles n’ont aucune relation de parenté. Il peut s’agir de deux colocataires, de deux frères, d’une personne seule = « personne isolée ». Une famille monoparentale peut constituer également un ménage. Un ménage n’est donc pas toujours une famille. Le fait de vivre ensemble au même endroit ne suffit pas à définir une famille. 


LES FORMES DE RÉSIDENCES : 

  • Résidence virilocale ou patrilocale : le couple s’établit dans la résidence de l’homme
  • Résidence uxorulicale ou matrilocale : le couple s’établit dans la résidence de la femme 
  • Résidence néolocale : le couple s’établit dans une nouvelle résidence. 

On dira que la résidence est virilocale quand le coupe s’installe dans le village ou avec la famille du jeune homme (vir : l’époux en latin, référence à virile), on parle aussi de résidence patrilocale en référence au père de famille. 

On dira que la résidence est uxorilocale ou matrilocale lorsque l’on s’installe dans la famille ou dans le village de l’épouse. 

Si le mariage signifie, pour les deux épousés, un nouveau lieu de vie, on parle de néolocalité, la famille s’installe dans un nouveau lieu qui n’est ni le village des parents de la mariée, ni celui des parents du marié. 




ETHNO A

A retenir :

Définition de l’ethnologie par C. LÉVI-STRAUSS lien de la citation sur diapo… : « l’ambition de l’ethnologie est d’acquérir des connaissances sur les relations sociales, les pratiques, les croyances d’un gp de pop en mettant au jour la manière dont le groupe lui-même conceptualise celles-ci. L’ethnologie cherche tout autant à comprendre la manière dont le groupe s’adapte à son milieu naturel, organise son économie ou son gouvernement que la manière dont il perçoit son rapport au monde et aux éventuels Dieux et croyances dont il se dote. Toute société est aux yeux de l’ethnologie digne d’intérêt en particulier celle qui éveille sa surprise ou sa curiosité » 

  • Interrogation sur la notion d’altérité. 

 

  1. L’ETHNOLOGUE ET SON TERRAIN : définitions et méthodes ; tradition et modernité. 

Terrain : lieu de vie/d’étude/travail-recherche donc la question de recherche. 

La naissance de l’anthropologie passe par le fait de passer des « études en cabinet » aux « enquêtes sur le terrain ». 

  1. Qu’est-ce que le terrain ? 
  2. Définition

Terrain : (field lieu – fieldwork processus de recherche) c’est à la fois le lieu/population qui y vit, le moment de l’enquête et la question que l’on pose à cette population à un moment donné. 


  1. Des auteurs classiques et leurs terrains 

L. MORGAN historiquement le premier à faire du terrain, 1850 : Iroquois USA, parenté

M. MEAD, 1920’s : Chambouli, Mundugomor, Arapesh, Samoa et îles de l’Amirauté, éducation, culture.

E. PRITCHARDS, 1930’s : Nuer, Soudan, système politique et écologie


  1. Principes et constantes du terrain : l’immersion et l’observation participante

L’observation participante (OP) – immersion : B. MALINOWSKI, 1884-1942 : à la suite de son séjour aux îles TROBRIANDS en Mélanésie entre 1915-1918, il décrit « la kula » système d’échange de biens symboliques entres certaines îles dans « Les argonautes du pacifique occidental ». Il théorise l’idée de terrain comme élément fort de la sociologie, caractérisé par le séjour de longue durée auprès de la population pour ne pas s’en remettre seulement au questionnaires (ajout de l’observation). 

  • Complexité de la tâche : adaptabilité, attention, écoute, immersion, réflexivité, … 

Au-delà des pères fondateurs, les terrains des anthropologues contemporains sont aussi contemporains (pas forcements les îles loin, peut aussi être plus proche) ce qui reste c’est OP et la longue durée. De plus dans un monde connecté, la pratique de terrain et d’immersion s’est elle aussi adaptée. 


  1. Le terrain pour quoi faire ? la monographie

Classiquement on considère qu’un terrain d’anthropologie va avoir pour objectif de réaliser une monographie de terrain (= étude d’un terrain sur une société unique avec une ambition d’exhaustivité : économique, politique, juridique, … sous TOUTES les coutures). 

« Manuel d’ethnographie » — M. MAUSS, 1926 + « Méthode ethnographique » — M. GRINULE, 1954 :

  • Maximum d’objectivité et attention particulière aux récits (rituels, comptes, traditions, faire des dictionnaires/lexiques) – consignés avec clarté, sobriété, précision.  
  • On privilégie les plans, dessins, statistiques, arbres généalogiques, … EN plus de l’écrit (mnt : vidéos, photos, … évolution nette) GARDER DES TRACES = travail d’ethnographie de recueil de données
  • Intérêt pour la morphologie sociale = constitution du groupe (ratio sexe, répartition, …). 
  • Décrire la physiologie du groupes (techniques que le groupe est capable d’utiliser : chasse, pêche, cultures, économie, droits, religion, …) 🡪 aujourd’hui on les appelle les propriétés socioéconomiques des individus du groupe. 
  • On collecte toutes ces informations dans un journal/carnet de terrain. 


  1. Le terrain : comment faire ? 

Avantages fonctionnalités de l’observation : 

  • Assister et enregistrer des phénomènes dont un informateur pourrait omettre de parler
  • Contrôler les déclarations (il ne s’agit pas de fonder son analyse sur un seul témoignage ou sur des témoignages seulement oraux par exemple). 
  • PRINCIPALEMENT de mesurer la distance entre l’idéal d’une société, ce qu’en disent les interlocuteurs, « ça doit se faire comme ça » et la réalité : « c’est fait comme ça ».  


Le carnet de terrain : 

  • Consigne ce qu’on a observé, recueilli, entendu – « ethnographier » = décrire la situation/interaction(s)
  • On y livre les premières conclusions
  • Consignes des remarques plus intimes (ressentis : doutes, angoisses, difficultés, questionnements, …)  
  • Outils de compilation qui participe à la mise à distance des sentiments sur le terrain au profil d’une analyse plus objective de données (=> Réflexivité : capacité à comprendre ce qu’il se passe quand on perturbe). 


  1. L’informateur 

L’informateur est souvent la personne clé qui va aider l’ethnologue à découvrir la société (le plus souvent un homme âgé).

OGOTOMELLI : informateur de M. GRIAULE chez les DOGON au Mali. A présenté la notion de « dieu d’eau ». 


Quelles sont les limites de s’informer auprès d’une personne : 

  • Manque d’objectivité. 
  • Être sensible au marchandage qui va s’implémenter pour se retrouver dans une position d’égal à égal. 
  • Faire attention au discours officiel que les gens peuvent apporter : A. DOQUET : raconte dans un de ses articles qu’il lui a fallu beaucoup ruser pour apprendre d’autres histoires que celles qui étaient 
  • L. De HEUSCH : il peut aussi y avoir des rites de passages à faire avant d’accéder à une information : que faut-il pour que les gens viennent nous parler (avoir un prénom zoulou pour les études de terrain, rite de passage, maitrise de la langue, …) => instauration de la confiance. 


On va chercher à diversifier les informateurs. Maintenant on préfère dire qu’on a un interlocuteur plutôt qu’un informateur (on enlève le supposé colonialiste). 

  1. La maitrise de la langue 

« le traducteur est un traitre » proverbe en italien trouver l’original- fait état de la mesure avec laquelle la langue est traitée par la personne qui traduit. 

  • Fait-il une sélection ?  
  • Traduit-il tout ?
  • Nuance-t-il certaines choses pour atténuer certains propos ? 


G. CRESSWELL

Exemple : le fait de construire un lexique vient dessiner, tracer, décrire l’état de la société, lien, … : KHAL : oncle maternelle |COMM : oncle paternel


OBUNTU : très complexe à traduire parce que ça n’a pas de trad littérale (c’est l’humanité que l’on à travers des autres hommes) 🡪 ne correspond pas très bien à la philosophie européenne. 

  • Utilisé au moment de l’apartheid dans un but de réconciliation. 

Apartheid : 1948-1994 ; Afrique du Sud.


  1. Le journal de terrain 
  2. Les matériaux collectés 

On passe de la ethno-graphie à l’ethno-logos (anthropologie) : travail de questionnement, de mise en ordre, tentation de généralisation, de relecture et d’écriture.


Arlette FARGE : « les archives ne parlent qui si on les interroge ».

  1. Le terrain et après ? 
  • Quand un matériau ethnographique devient-il un matériau ethnologique puis un résultat anthropologique ? 

Inductive ≠ déductive : sociologie ≠ anthropologie. 


  1. Interroger

Que faire de sa subjectivité dans l’enquête de terrain ? : 

  1. Observer le groupe de l’intérieur
  2. Constituer un regard distancé par rapport à cette expérience existentielle. 

Comment atteindre l’objectivité en ethnologie ? : en analysant et en délivrant les conditions de recueil de ses données (J. FAVRET-SAADA, théorisation du mouvement de va et viens : empathie/distance). 

Place importante de la subjectivité : sur le terrain, les données que l’ethnologue recueille sont le fruit des relations qu’il a pu nouer avec les gens qu’il étudie, des amitiés qui se tissent et dépendent de son sexe, de son âge, etc. 

= ce qui impose de rendre compte des conditions de recueil des informations. 


Les 3 étapes : 

Ethnographie : 

  • Il s’agit de l’étape de recueil des données sur le terrain à travers l’observation directe et participante d’un groupe social. Son résultat est un ensemble de notes, schémas, écrits diverses qu’il faudra ensuite analyser (de ethnos : le groupe, le peuple en grec et graphein : écrire). 

Ethnologie : provient du terme ethno logos : désigne le savoir sur les groupes 

  • L’ethnologie recouvre l’analyse des données recueillies sir le terrain (notes d’observation, entretiens, les propos recueil ; mise en situation, les documents divers et variés) afin de dégager une compréhension générale de la société étudiée. 
  • Chaque société est étudiée en soi, dans sa logique. 

Anthropologie : 

  • Terme qui provient du grec anthropos, l’Homme/logos : le discours la science. C’est donc l’étude de l’Homme. 
  • L’anthropologue travaille à partir des travaux des ethnologues qu’il compare. Il cherche à dégager des lois générales sur el fonctionnement des sociétés humaines sur un thème donnée : l’économie, la politique, la religion, la parentalité, etc. 
  • Il s’agit d’une réflexion théorique qui cherche à mieux connaitre les principes qui régissent els société humaines, par-delà leur diversité. 

 

  1. AU ORIGINES DE L’ETHNOLOGIE, LA QUESTION DE L’EXOTISME ET DE L’ALTÉRITÉ
  2. DECRIRE ET CLASSER L’ALTERITE : UNE DEMARCHE PROPRE A L’HOMME

Partout et depuis fort longtemps, les êtres humains se sont attachés à décrire et à classer l’altérité. 

Aux origines du savoir sur les autres sociétés, notre tradition place l’historien et voyageur Grec Hérodote qui vécut au Ve siècle avant JC. Hérodote a voyagé chez les peuples que les Grecs appelaient Barbares (tous des peuples qui ne parlaient pas le grec) et à enquêté sur leurs tradition


La tendance générale de tous les précurseurs de l’ethnologie est de mettre l’accent sur la différence, voir l’exotisme ou la bizarrerie des coutumes.  

  • Ex Hérodote : « les Égyptiens, qui vivent sous un climat singulier ont adoptés des mœurs et des coutumes à l’inverse des autres hommes. Chez eux, ce sont les femmes qui vont au marché et font le commerce en détail ; les hommes restent au logis et tissent. En tissant, dans les autres pays, on pousse vers le bas. Les hommes y portent les fardeaux sur la tête, les femmes sur les épaules. » (Histoire, livre 22). 

C’est la manière de décrire l’autre comme étant foncièrement différent sur des choses qui ne sont pas particulièrement extraordinaires. 

  • L’historien romain tacite (1er siècle après JC) valorise dans ses écrit les cultures étrangères et donne des détails riches sur l’organisation sociale et politique, la religion ou encore le rôle et statut des femmes. Pas de l’ethnologie… 🡪 problèmes de fiabilité. 
  • Le géographe Grec STRABON (1er siècle après JC). 
  • Jean de PLANCARPIN, 1245 – L’histoire des Mongols appelés par nous Tartares, description des coutumes, de la géographie, de l’histoire et des figures marquantes du peuple mongol dans l’Empire Mongol. Démarche ethnologique. 

La question de l’altérité est à l’origine des écrits ethnologiques (récits/carnets de voyages). 

Cette curiosité pour l’autre ce n’est pas seulement européenne. Les chroniqueurs Chinois, Persans, Hindous ou encore Arabes relatent leurs voyages dans le monde médiéval par exemple. 

  • IBN BATTUTA, 14ème siècle. =la curiosité pour l’autre est UNIVERSELLE. 


  1. AUX ORIGINES DE L’ETHNOLOGIE : LES RECITS DE VOYAGE ET LE GOUT POUR L’EXOTISME XVIE/XVIIIE SIECLE

C’est avec la découverte et la colonisation de l’Amérique que l’intérêt pour les cultures et les peuples lointains s’accroît. Aux origines de l’ethnologie, il y a les récits de voyage et la recherche de l’exotisme, c’est-à-dire une curiosité pour ce qui n’appartient pas à nos sociétés occidentales. Donne naissance à l’anthropologie (mythe du bon et du mauvais sauvage). 

Les explorateurs et les colonisateurs du 16ème siècle décrivent et comparent les sociétés qu’ils découvrent. Leur volonté de connaîtrez s’inscrit dans un projet politique : conquérir et dominer. Ils se cantonnent le plus souvent aux aspects spectaculaires des sociétés qu’ils décrivent

Dans leurs textes ou gravures, l’accent est mis sur la nudité de l’autre (qui évoque la pauvreté), ou encore la pilosité ou une coutume impressionnante et inhabituelle comme le cannibalisme (qui évoque la sauvagerie). 


  1. LES PREJUGES ATTACHES AUX SOCIETES « TRADITIONNELLES » ET A LA FIGURE DU « PRIMITIF » 

Le mot cannibale est une déformation d’un terme haïtien « KARIB KANNIBA » – dans l’anthropophagie (: se nourrir de la chair humaine). 


L’expérience de l’altérité n’implique pas nécessairement la reconnaissance de l’autre dans sa différence. L’altérité est même tellement dérangeante qu’on tente toujours de la réduire.

  • « L’humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu’un grand nombre de populations dites primitives se désignent d’un nom qui signifie « les hommes » (ou parfois dirons-nous avec plus de discrétion « les bons », les « excellents » , « les complets ») impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus – ou même de la nature – humaines, mais sont tout au plus composées de « mauvais », de « méchants », de « singes de terre » ou « d’œufs de poux ». (…)

 

On va souvent jusqu’à priver l’étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant « un fantôme » ou « une apparition ». Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique. Dans les Grandes Antilles quelques années après la découverte de l’Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d’enquête pour recherche si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des Blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était ou non sujet à la putréfaction » (LEVI-STRAUSS, Race et Histoire)

                       

L’ethnocentrisme est une attitude consistant à répudier les formes culturelles les plus éloignées des nôtres, qu’elles soient orales, religieuses, sociales ou esthétiques en se référant exclusivement à nos propres principes, valeurs, habitudes, pratiques comme s’ils étaient les seuls valides, légitimes et logique.       

Chaque groupe social fait preuve d’ethnocentrisme et le premier indice concerne la manière dont un groupe se définit lui, se nomme ou définit l’autre en la nommant. Ainsi, on s’est rendu compte que les personnes d’une même société s’appelaient volontiers entre elles « les hommes », « les bels gens » ou encore « les vrais », sous- entendus les vrais hommes, les bons hommes.

  • Les Aché qui sont les Indiens d’Amazonie étudiés par P. CLASTRES se désignent par ce terme qui signifie les « Les hommes ». Ils affirment donc : « l’humanité est la nôtre ! ».
  • La société paraguayenne, qui les méprise tout en étant fascinée par eux, les appelle Guayaki, ce qui signifie « rats féroces ».


Les descriptions des premiers explorateurs sont teintées d’un fort ethnocentrisme. Ce type de jugement est universel. On le retrouve en effet dans toutes les sociétés, passées et présentes. Les explorateurs ont aussi en tête la domination et la conquête. Les philosophes qui commentent leurs écrits le soulignent et le critiquent souvent.       

Commentaires de C. COLOMB sur les Indiens : 

  • « Doux intelligents d’une belle taille » ; « très bien fais, beaux de corps, très avenants de visage » … Puis après des déboires : « farouches », « ennemis », « des gens très rustres », « résolus de nous brûler et de nous tuer ».                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

MONTAIGNE ou la conscience de l’ethnocentrisme : « je trouve (…) qu’il n’y a rien de barbare et sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » Extraits de essais, livre 1 chapitre 31 Des cannibales (1580). 

BOUGAINVILLE ou le mythe du bon sauvage à Tahiti : Dans un voyage autour du monde (1771) décrit leur « beauté », « leur simplicité », leur absence « de pudeur » (vécu comme une démonstration d’innocence et d’absence de corruption), ils soulignent qu’ils ne connaissent pas la propriété privée, et se réjouit de se voir offrir de belles jeunes femmes

DIDEROT dénonce l’hypocrisie de Bougainville : « Tu as dit ‘ce pays est à nous’. Ce pays est à toi ! Et pourquoi ? Parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait de nos jours sur vos côtes et qu’il gravât sur une de vos pierres ou sur l’écorce d’un de vos arbres : « ce pays appartient aux habitants de Tahiti », qu’en penserais tu ? (Supplément au Voyage de Bougainville, conte philosophique 1772)


ROUSSEAU « L’homme naît bon c’est la société qui le corrompt » ; Si, hypothèse et non vérification historique, « la société se retrouvait à l’état purement naturel alors on aurait « un libre dont le cœur est en paix et le corps en santé qui n’a besoin de personne et ne souhaite de mal à personne ». Pour Rousseau c’est la propriété privée et la société qui rendent méchant, rivaux, etc. Il plébiscite donc ces exemples venus d’ailleurs qui incarnent le mythe du bon sauvage.



De toutes ces conjectures nait une interrogation fondamentale et anthropologique : 

  • Qu’est-ce que l’Homme ? Comment vit-il ? Est-il le même partout ? sa vie est-elle stable ? Ou bien y a-t-il une pluralité de sociétés et de la diversité culturelle ?  


Comment les indigènes reçoivent ces voyageurs conquérants ? 

Capitaine COOK, navigateur, explorateur et cartographe britannique 

  • Son histoire et mort montrent combien chaque société interprète la rencontre avec l’autre en utilisant ses propres catégories culturelles. 
  • Marshall SAHLINS « Des îles dans l’histoire » (1085) : essaye de reconstruire / expliquer ce qu’il s’est passé… 


XVII/XVIIIe siècle = multiplication des récits de voyages de missionnaires chez les Indiens d’Amérique ou encore de navigateurs en Océanie (Cook et Bougainville). Teintés de romanesque et de fantastique, ces récits seront cependant synthétisés par les philosophes des Lumières et les encyclopédistes (Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot, Condorcet). 

  • C’est grâce à ces philosophes des Lumières que va se constituer un projet anthropologique explicite, c’est-à-dire un savoir qui prend l’homme comme objet de connaissance.


Deux visions de l’autre au XVIIIème siècle :

Le sauvage

Le mythe du « bon » sauvage

Par opposition à la civilisation qui désigne la culture, le progrès. Il est proche de l’état de nature primitif et vit dans l’inertie de ses déterminations. 

L’autre est proche de l’état de nature, caractéristique présentée comme positive. 

Les philosophes comme MONTESQUIEU (Les lettres persanes, 1721) DIDEROT (Supplément au voyage de Bougainville, 1772), VOLTAIRE (Essai sur les mœurs, 1756) et surtout ROUSSEAU (Discours sur l’origine des inégalités, 1755) ont tous réhabilité le « bon » sauvage l’opposant au « mauvais » civilisé. 



Le 18ème siècle est aussi une période où on tente d’expliquer la diversité culturelle, ce qui va donner naissance à une véritable réflexion anthropologique. 


  1. L’EMERGENCE DE L’ETHNOLOGIE COMME DISCIPLINE SCIENTIFIQUE AU MILIEU DU XIXE SIECLE. 


Fondation de la Société des observateurs de l’homme (1799-1805). Produit un guide d’enquête qui doit orienter les recherches ethnographiques de plusieurs expéditions : Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages (1799) de Joseph Marie DE GERANDO


« La science de l’homme est aussi une science naturelle, une science de l’observation… on n’observe bien qu’en analysant ». Il faut selon GERANDO « s’attacher aux besoins, aux idées, aux habitudes ». « Dans les iles inconnues un voyage dans le passé à chaque pas, c’est un siècle qu’on franchit » (…) « quoi de plus touchant que de retrouver la famille commune pour tendre la main vers un état plus heureux ». Invitation aux observateurs « à faire oublier que de farouches aventuriers n’avaient en tête que de les asservir ».


GERANDO critique les observations précédentes : Qui « ont voulu découvrir les pays et pas les étudier » : un voyage n’est pas toujours une étude. L’esprit de conquête a fait que l’ « On s’est attaché aux substances au animaux, aux richesses » … « et pas aux hommes ». : une étude incomplète. « On est resté aux coutumes et aux rites et on a oublié de décrire les besoins, les idées, les passions, les lois, les connaissances des hommes » : insistance sur l’Humanité et ce qui la caractérise en propre, loin du fantasme du bon ou du mauvais sauvage.


Critique du goût pour le bizarre : On s’est attaché aux anecdotes au lieu d’observer « les rapports domestiques, les règles de propriétés ». « Il faut raisonner à la manière du sauvage au lieu de l’accuser de cruauté de vol de libertinage, d’athéisme. Il eut été plus sage de recueillir des faits et de les expliquer » : appel à un travail documenté de première main et inductif. 


Attention aux incompréhensions langagières : importance d’un lexique pour comprendre la religion, la politique, la morale. 

Venir à bout des préjugés sur les sociétés traditionnelles : lecture de Race er Histoire, c’est l’ambition de cette conférence de LEVI-STRAUSS pour l’UNESCO (L’organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture). 


« Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie » (Chapitre 3 ethnocentrisme, p. 22). 

  • Le simplisme : techniques peu développées = peuples « enfant ou simples » ou « sans histoire ». Il n’y a pas de peuple sans histoire, seulement des peuples dont l’histoire n’est pas écrite. 

C. LEVI-STRAUSS : chaque culture a contribué à sa façon à l’enrichissement de la civilisation universelle et il n’y a pas de « peuple enfant » ou simple. ATTENTION aux ‘faux évolutionnisme ». 

  • Conformisme : Le poids du groupe (famille et société) y serait plus important et expliquerait que les individus partagent des valeurs communes très fortes. Contre-exemple. 

F Boas = étudie la cérémonie du Potlatch des Indiens Kwakiutl (côte Nord-Ouest des Etats-Unis) et dévoile l’importance des enjeux de prestige et de pouvoir au sein de ces sociétés qui sont bien plus différenciées qu’on ne le prétend. 

  • L’absence d’écriture : ce seraient des peuples sans écritures et donc sans histoire : Aucune société n’est hors du temps ou figée (rien ne s’y serait produit depuis des millénaires). Les recherches ont montré au contraire le caractère malléable et dynamique des traditions. Ces sociétés évoluent, s’adaptent bien sûr (tensions, rencontres, mutations, diffusions, etc.). 


L’idée de progrès : Le progrès n’est ni nécessaire, ni continu, il procède par sauts, par bonds par mutations. L’histoire est rarement cumulative.



  1. L'ESSOR DE LA DISCIPLINE : LES COURANTS DE PENSEE

Comment on est passé d’une vision des sociétés dites primitives à une vision hors ethnocentrisme au travers des écoles de pensées ? 

Comment on s’est détachée de l’ethnocentrisme pour arriver à une prise en considération de l’autre pour lui-même de son propre POV? 


  1. L'EVOLUTIONNISME
  2. Définition

Au sens le plus large, ce terme désigne, en anthropologie (pas en biologie) une perspective théorique qui présuppose l'existence d'un ordre immanent de l'humanité et vise à dégager des lois dans l'ordre de succession des phénomènes sociaux et culturels, sans prise en compte des singularités culturelles car elles sont jugées symptomatiques d'écart historique.

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  1. Le Parallélisme Avec La Biologie 

On ne peut pas raisonner pour des sociétés comme pour l'évolution animale.

La démonstration de Darwin (pose l’idée de sélection naturelle qui évoluerait selon leur milieu naturel) dans L'origine des espèces 1859 que "L'homme est le produit de l'évolution du singe" (postérieure aux thèses de l'évolutionnisme social d'ailleurs) n'est pas applicable aux sociétés humaines.

Si on pense qu’on peut calquer l’évolution naturelle sur l’évolution des sociétés humaines alors on pense qu’il y a un ordre légitime, ordonnée, invariable des progrès techniques et culturels.


  1. Morgan Et Tylor Et La Perceptive Evolutionniste 

Ils s’inspirent de l’évolution biologique. 

Ces premiers anthropologues sont des juristes de formation comme Lewis Morgan (La société archaïque 1877) ou encore Edward Burnet, Tylor (Primitive Culture/La civilisation primitive 1871)

Utilisent les récits des voyageurs, les écrits historiques sur le monde antique ou encore oriental.

Ils jouent un rôle important dans l'histoire de l'ethnologie → ils ont initié les recherches sous des angles qui continuent encore aujourd'hui d'être explorés ex : la parenté.


Chez MORGAN plusieurs stade : sauvagerie (société de chasseurs cueilleurs)


EX : Les 3 stades du développement humain selon Lewis Morgan 1877 dans La société archaïque : 

  • Sauvagerie : économies de chasse et de cueillette. Exemples de ce stade : sociétés australiennes et océaniennes.
  • Barbarie, marquée par l'invention de l'agriculture. Exemples : la société iroquoise ou les Incas.
  • Civilisation, marquée par l'industrie, les cités, le commerce, l'apparition de l'état.

Dernier stade, le plus achevé des sociétés, qui débute donc avec les Grecs et les Romains. (Chaque stade est lui-même décomposé en inférieur, moyen, supérieur.)

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Inférieursauvagerie // Moyenbarbarie // Supérieur →  civilisation


MORGAN : C’est la culture matérielle et technique pour considérer l’évolution de la société 

TAYLOR : l’inverse (marxisme)

Occasion d’ouvrir les grands champs d’exploration ethnologiques : parenté hiérarchie, organisation politique (HEGEL et MARX —> réf aux travaux de MORGAN) avec les stades de développement 

École de pensée : vision téléologiste (texus : destin)

Edward BURNET TYLOR, Primitive Culture 1871 : évolution culturelle qui influence les moyens de production —> ce devenir par étape propre à chaque société, effet dialectique 

  • Objectif —> subjectif =MORGAN, MARX, ENGEL
  • Subjectif —> objectif : HEGEL et TAYLOR : idées 


Intérêt de l’évolutionnisme : première ambition de comparer les sociétés (moteur de la discipline) pour comparer ils se sont bcp servi de littérature et aussi MORGAN a fait du terrain sur les questions de parentés chez les iroquois, deuxième élément d’intérêt de cette école de pensée, elle ouvre des gens thématiques en s’interrogeant sur l’évolution des sociétés, ils vinrent s’intéresser à la technique, aux organisations aux idées, la parenté, la culture.

On doit souligner les critiques/ les limites de cette approche 

  • Fait preuve d'ethnocentrisme (donc limitation, inexacte de comparer les groupes « primitifs » à nos sociétés contemporaines). 
  • Il n'y a pas de cheminement unilinéaire des sociétés dans le temps (on ne peut pas appliquer le schéma biologique de Darwin à la société, parallélisme compliqué, pas de traces de certaines sociétés).
  • Il n'existe pas de cultures ou de groupes plus avancés les uns que les autres, ni à proprement parler meilleurs ou plus performants. Il existe différentes cultures qui sont toutes contemporaines et appartiennent au présent, mais qui s'organisent de manière différente et surtout s'adaptent aux conditions naturelles et à leur écosystème.

Soutenir la théorie évolutionniste c’est critiquer les choix de certaines sociétés avec des. « Races et de peuples supérieurs »

Si on est d’accord avec cette théorie évolutionniste cela fige ces sociétés dans un temps immuable/ pas de transformation/ pzs d’histoire 


Le parallélisme avec l'évolutionnisme biologique est inefficace. Les critères permettant de passer d'un stade à l'autre sont arbitraires.

Une telle théorie concourt à construire une idéologie de la supériorité de certains groupes/sociétés sur d'autres au lieu de reconnaître l'homme, sa variété et son inventivité dans sa diversité.

Les sociétés ne sont pas statiques et figées dans un temps immuable :

  • Levi Strauss Race et Histoire "Dans toutes les sociétés les hommes se sont aimés, haïs, déchirés (...)" y compris celles qui ne conservent pas l'histoire écrite de leur passé.
  • Enfin, les sociétés se fréquentent et s'influencent les unes les autres... ce qui va inspirer le courant suivant.


Réintroduire les frictions entre les sociétés/éléments de conquête/d’autarcie/ les éléments historiques 

  • Concourt à construire une idéologie de la supériorité de certains groupes sociétés et d'autres au lieu de reconnaître l'homme sa variété et inventivité dans la diversité.
  • Ça fige des sociétés "primitives" : sans progrès, sans histoire : "dans toutes les sociétés les hommes se sont aimés, halls, déchirés, y compris celles ne conservent pas l'histoire écrite de leur passé
  • Il faut réintroduire les événements historiques, de guerre, d'isolement etc.


Sarkozy : "le problème de l’'Afrique c’est qu’elle n'est pas entrée dans l'histoire" conception évolutionniste à des Sénégalais en 2005 dans un amphi


  1. LE DIFFUSIONNISME
  2. Ambition / définition

Né dans la première du 20ème - FRANZ BOAS 

École qui va se démarquer de l’évolutionnisme ambition d’inscrire les sociétés dans une historicité, il va aussi rapatrier le poids de la géographie sur les populations et un territoire donné.


Expliquer pourquoi on retrouve des traits techniques et des institutions sociales et politiques ou des traits culturels communs dans diverses sociétés parfois très éloignées géographiquement les unes des autres ?

Fondateurs : Frédéric RATZEL et L. FROEBENIUS (allemands), grand représentant : Franz BOAS

Exemple : grands voyages arrivés de la pomme de terre après la « découverte » de l’Amérique idem pour le café 


Diffusion d’un trait technique : 

  • Soit-ils ont été inventés séparément dans deux lieux distincts 
  • Soit il faut documenter l’arrivée et la diffusion de ces traits techniques 


ACCULTURATION : « Les processus complexes de contacts culturels entre les sociétés au travers desquels des sociétés ou des groupes sociaux assimilent ou se voient imposer des traits ou des ensembles de traits provenant d'autres sociétés ».

Les diffusionnistes vont chercher à travailler en cohérence

  • Est-ce que de manière documentée 

Les choses ne sont pas directes mais plus complexes ?

  • On cherche les chemins de la diffusion ?
  • On étudie l’espace/ les écrits 
  • Comment une société emprunte à une autre ?


HAUDRICOURT (1911-1949)

LEROI-GOURHAN (anthropologie de la technique)


Apport de cette école de pensée, on rétablit de la dynamique, de la temporalité, de la preuve empirique (avec l’environnement). Rétablir la notion de dynamique temporelle sans figer les sociétés dans des stades donnés. 


Critiques : 

  • Trop de transmission en laissant de côté les inventions 
  • Attention à l'hyper diffusionnisme : tout viendrait de la même origine.
  • Elliot Smith (1871 1937)
  • Égypte siège de toute l'humanité.


FRANZ BOAS 

Races langues et histoires 

Leçons méthodologiques par rapport à la comparaison des évolutionnistes —> il faut comparer ce qui est comparable, se garder de vouloir tout comparer.

Ne pas plaquer une explication faite dans un endroit dans un autre et en tirer la même conclusion SURTOUT PAS 

On peut faire des hypothèses et comparer des choses qui peuvent se ressembler mais il ne faut pas tirer les mêmes conclusions 


Franz Boas attire l'attention des chercheurs sur le rôle de la comparaison et sa portée :

Il faut "Comparer ce qui est comparable"

Le diffusionnisme va donner naissance à la notion d'aire culturelle.

Il faut regarder une coutume ou un objet en relation avec l'ensemble de la culture étudiée, fonction de la géographie du groupe et de ses contacts avec les groupes voisins.


Définition d’une aire culturelle :  En anthropologie et en géographie, une région culturelle, une sphère culturelle, un espace culturel ou une aire culturelle désigne une géographie avec une activité humaine ou un complexe d'activités (culture) relativement homogène. Elles sont souvent associées à un groupe ethnolinguistique et au territoire qu'il habite.

Les cultures spécifiques ne limitent souvent pas leur couverture géographique aux frontières d'un État-nation ou à de plus petites subdivisions d'un État.


  • Pas de jugement normatif 
  • Recherche de processus culturellement et historiquement construit (traçables) 
  • Regarde la société 
  • Pas de pertinence : invention singulière 

(Façon de faire le feu en Polynésie deux bâtons et pas deux cylex car pas de division de cette technique probablement dû à un éloignement géographique de la Polynésie) 


  1. LE CULTURALISME

Les auteurs et idées du culturalisme (école qui a influencé la psychologie). Culture (attention aux sens du mots culture) catégorie très répandue dans les Sciences Sociales. Elle se développe autour de 1930 aux Etats-Unis.


Culture et personnalité : la personnalité des individus est donc le produit de la culture dans laquelle ils sont nés.

Ruth Bénédict : Patterns of culture traduit sous le titre Échantillons de culture.

la personnalité des Indiens Pueblo est fondée sur la mesure et la sobriété.

→ la personnalité des Kwakiutl est fondée sur la rivalité permanente des individus et des groupes entre eux, l'individualisme etc.


Éleves de FRANZ BOAS  : Margaret MEAD, Ruth BENEDICT, SAPIR, KROEBER

 

  • Quels sont les traits caractéristiques d’une société qui contribue à forger la personnalité individuelle de ses membres ?


M. MEAD - Moeurs et sexualités en Océanie 1935

  • Arapesh (solidaire)/ Mundugumor (belliqueux)/ Chambuli (hédoniste)
  • Les travaux des culturalistes ont permis de mettre en lumière les effets de la structuration culturelle sur la personnalité des individus et notamment des femmes et des hommes.
  • Garçon avenant et « coquet » chez les CHAMBULI chez les Arapesh les filles sont éduqués à servir leur mari et belle-famille


Va servir à la cause féministe (être une femme construction sociale différente selon l’éducation dominante et la culture


Critiques : le caractère stéréotypé de leurs descriptions des personnalités culturelles. Nourrit la psychologie (étapes de la petite enfance/adolescence et âge adulte)


Limites de cette école 

  • Culture assez vaste qu’est-ce qu’on définit de culturel ?
  • Concept de civilisation plus adéquat ?
  • Qu’est-ce qu’on fait des pratiques techniques et matérielles ?
  • Est-ce qu’on peut tout expliquer par la culture ?
  • Déterminisme : stéréotype culturel ? Quelle place pour l’individu ?
  • 4/le fonctionnalisme
  • Intéresser plus aux structures des sociétés 
  • Pratique de terrain et une modélisation 
  • Comment on enquête et comment on réfléchit ?


MALINOWSKI est l'un des premiers à proposer cette lecture de la société sur la base de ses terrains océaniens. Dans les années 1920. Suivront dans les années 1950-60, ses élèves : A. RADCLIFFE BROWN, E. PRITCHARDS qui développeront et amèneront cette perspective


Grande question des fonctionnalistes : À quoi ça sert ? Comment ça fonctionne ? Quelle est sa fonction ? Son utilité dans la société ? 


Le fonctionnalisme s'interroge sur la fonction des choses, objets, cérémonies, actes et analyse les actions des individus en termes de besoin et d'utilité, de valeurs et de normes. Malinowski : Observation minutieuse et exhaustive (tout recenser tout décrire et ne pas juger, sortir de son ethnocentrisme)

Pour cela, il faut replacer l'élément examiné dans son contexte d'ensemble et "ériger l'utilité en ressort ultime de la société et la culture"


Le principe du fonctionnalisme c’est Considérer un phénomène social donnée aux travers des exigences dans la totalité dont ils relèvent : les individus ne font pas les choses au hasard, faut replacer tout ça dans son contexte 


Critiques 

Attention à ne pas retomber dans les explications biologiques et ne pas oublier le normatif (idées et valeurs transmises)

  • Ce système n'est pas l'équivalent d'un système biologique et naturel (Radcliffe Brown)
  • Il ne permet pas de comprendre d'où viennent les idées et valeurs transmises (Evans PRITCHARDS, E. Leach proposeront alors de réfléchir au structuro-fonctionnalisme qui inclut les dimensions morales et symboliques)
  • Il est trop statique (M. GLUCKMAN réintroduira l'idée d'une dynamique= être attentive aux éléments perturbateurs des sociétés et l’intégrer)



  1. LE STRUCTURALISME : Changement de paradigme  
  2. Le Fondateur

Fondateur Levi Strauss (né en 1908 d’abord agrégé de philo et se rend au Brésil sur le terrain pour des expéditions ethnologique va s'intéresser aux NAMBIKWARA, BORORO, TUPI-KAWAHIB) courant année 60-70. Il est surtout connu pour avoir travaillé sur des textes comparaisons avec les mythes et textes qu’il a recueillis.

- Structures élémentaires de la parenté 1949, Triste Tropiques, 

Les mythologiques, une série d’ouvrages qui nous montre une certaine opposition Le miel et les cendres Le cru et le Cuit

(1949) directeurde musée de l’HOMME

École pratique des hautes études 

Professeur au collège de France dans une chair et c’est là qu’il va créer le laboratoire d'anthropologie sociales sa pensée devient importante et se diffuse dans les années 40-50  : il passe du terrain à l'enseignement 


  1. Influence dans la création du structuralisme 

Les origines du structuralisme ? 

Les travaux de 2 linguistes qui ont inspiré Lévi Strauss c’est linguiste il les rencontre aux États -Unis (F. SAUSSURE et R. JAKOBSON) ce qui l’intéresse dans leur pensée = travaux définissent la langue comme une forme/ système organisé de relations → noter les couples d’opposition ou de rapprochement qui structurent la langue = mère/père, clair/sombre, riche/pauvre alors qu’en général les linguistes étudiaient l’origine et l'évolution des langues, ÉLÉMENT CONVENTIONNEL DU LANGAGE, on peut en déduire des règles, si le mot commence à signifier qlq chose, alors on en ressort une règle (opposition/complémentarité)


On peut être surpris par le fait que Lévi Strauss s'intéresse autant au langage mais Cf. M. MAUSS “rechercher Les structures mentales inconscientes par lesquelles on pouvait atteindre en étudiant les institutions et le langage”. 


Pour MAUSS, “par l’étude des institutions et du langage on peut comprendre les structures mentales inconscientes des sociétésSociologie et Anthropologie. 


  1. Objectif du structuralisme

Changement de point de vue/de paradigme


Exemple de l’histoire de Cendrillon, on trouve des enjeux (rivalité entre sœur) partout dans le monde avec bien sûr des nuances : 

  • Comment faire un bon/beau mariage ? Comment bien marier sa fille ? 

Il faut s’intéresser aux structures des mythes (belle-mère qui maltraite sa belle-fille et favoriser ses filles = opposition), aux relations d’opposition.

LEVI STRAUSS va étudier les structurations inconscientes qui structurent la société = valeur de position = valeur qui unissent et opposent puis les règles qui en découlent.

  • Quelles sont les règles inconscientes qui structurent la société étudiée ? Comment dégager les éléments qui structurent ces sociétés ? Quelles sont les règles d'opposition et de rapprochement fondamentales des éléments structurants ?
  • Quels sont les grands invariants structuraux ?
  • Quelles sont les règles qui les organisent ? (Prohibition de l'inceste, échange des femmes, alliance)

« Étudier non plus les phénomènes conscients mais leur infrastructure inconsciente ; reconnaître aux éléments d'un système non pas un sens d'entité indépendantes mais une valeur de position, c'est-à-dire dépendant des relations qui les unissent, les opposent, et prendre celles-ci (oppositions/unités) comme base de l'analyse ; reconnaître de même que ces relations ne valent qu'au sein d'un système de corrélation dont il s'agit de dégager les règles ». (Dictionnaire d'ethnologie et d'anthropologie, article de F. Pouillon).


Le culturel c'est quand les sociétés commencent à se doter de règles.


Invariant structurel/Loi de la prohibition de l’inceste : un variant structural 

MACRON qui est marié avec une femme plus vieille que lui idée d’inceste mais dans les faits non car ce n’est pas sa mère donc pas de lien de sang = pas d’inceste 

Première critique le structuralisme : risque de figer les sociétés dans un ordre idéel et mental et qui ne permettrait pas de les saisir dans leurs pratiques quotidiennes 

Autre critique adressée à Lévi Strauss : Anthropologie désincarnée, vidée de toute subjectivité, de toutes les représentations individuelles.


  1. APPLICATION DE L'ANALYSE STRUCTURALE AUX GUAYAKI : L'ARC ET LE PANIER – 1974.  

Étudié par l’anthropologue français, P. CLASTRES

Dans L’arc et le panier (exemple type du structuralisme) il décrit les Guayaki comme un peuple de chasseur cueilleur. 

  • Comment l’arc et le panier incarne la société Guayaki ?
  • Quel est l’espace féminin ? masculin ? Comment se structurent-t-ils ?

Camp espace des femmes / forêt espace des hommes 

Femmes pour cueillir ont un panier et les hommes pour chasser ont un arc interdit aux femmes de toucher l’arc des hommes car sinon ils seraient touchés par le pané (perd sa capacité à chasser) et interdit pour les hommes de toucher le panier des femmes = il perd sa masculinité. Relation d’opposition qui illustre bien la société. 

Exception : deux hommes ont un panier et pas d'arc, mais un porte le panier sur le torse (pas sur le front pour garder une démarcation avec la femme) et l'autre se comporte comme une femme, fait tout comme les femmes.

Chant du chef tous les soirs, vantant ses mérites, ses exploits à la chasse. Cela diffuse, à la manière du conte de Cendrillon, les représentations propres à la société.


CCL : paradigme pour répondre à des questions 

Au fur et à mesure des écoles de pensée on est passés de quelques choses de statistiques à quelques choses de dynamique (réinsertion de l’histoire) vision plus ancrée au cœur des sociétés. Cherche à rendre intelligibles les sociétés (comprendre les autres sociétés). Ne pas tomber dans une vision évolutionniste, chaque société à sa logique et il ne faut pas hiérarchiser les sociétés. Mise à distance du paradigme évolutionniste.

On a vu apparaître l’idée que les ethnologues s'intéressent plus aux questions contemporaines et moins aux écrits anciens moins aux mythes, etc. Caractère d’inventaire comparatif, importance de la comparaison des sociétés interprétation et compréhension des sociétés.  Avec ces démarches/ces questionnements on sort du jugement normatif à une volonté de comprendre de l’intérieur des sociétés et comprendre pourquoi ils agissent comme cela.


  1. LA PARENTÉE, UN DOMAINE CLASSIQUE ET ESSENTIEL POUR L’ETHNOLOGIE. 

On appelle parenté descriptive les noms/termes de parenté qui décrivent les liens réellement existant entre personnes au sein du groupe, les liens de consanguinité, qu’ils soient réels ou fictifs. 


On appelle parenté classificatoire, les termes de parenté qui décrivent le statut symbolique et statutaire de deux individus l’un par rapport à l’autre au sein d’une famille, sans qu’il y ait nécessairement le lien « réel », « co-sanguin » entre eux c’est la règle du « comme si »

Exemple : quand le fils de ma meilleure amie m’appelle « tata » tout se passe comme si, femme de la même génération que sa mère, j’étais considérée par lui comme la sœur de sa mère. Il attend d’ailleurs de moi que je joue ce rôle de « tata », quand bien même je ne suis pas réellement la sœur de sa mère.

La notion de famille n’est pas strictement naturelle ou biologique elle est avant tout sociale. Elle détermine des droits des statuts, elle régit la transmission des biens et assure la socialisation des individus. Enfin, elle contribue à la reproduction de l’ordre social. Une image contenant texte, Police, ligne, typographie

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  • Famille nucléaire : groupe domestique (vivent au même endroit donc ménage et sont une famille) 
  • Famille parentèle : la famille élargie qui ne vit pas sous le même toit (oncle, tante, cousin, cousines, grand-parent, …)


FORMES D’ALLIANCES : 

Alliance ou mariage : moyen pour deux individus d’avoir des enfants légitimement reconnus (action concertée d’un couple pour avoir des enfants). Il y a plusieurs types de mariage et en conséquence plusieurs types de familles (modèle de référence dans les sociétés occidentales : famille nucléaire – mariage monogame). 

Monogamie ≠ polygamie : 

  • Polygamie : une personne est mariée à plusieurs personnes à la fois. 
  • Polygynie : le fait qu’un homme ait plusieurs femmes/épouses (« gyné » : la femme comme dans gynécologue). 
  • Polyandrie : le fait qu’une femme ait plusieurs maris (« andros » : l’homme/époux « anthropos » : l’homme/humain).

Lévirat : forme de mariage particulière qui consiste à épouser la femme de frère défunt. C’est un devoir de solidarité vis-à-vis des neveux et nièces, une manière de garder les enfants.  Cf : photo. 

Sororat : si un homme épouse une sœur, qu’elle décède, on lui donne alors la sœur de cette dernière ⬄ règle de circulation des femmes dans la famille


Selon l’INSEE, le ménage est constitué de l’ensemble des personnes qui vivent dans le même foyer, même si elles n’ont aucune relation de parenté. Il peut s’agir de deux colocataires, de deux frères, d’une personne seule = « personne isolée ». Une famille monoparentale peut constituer également un ménage. Un ménage n’est donc pas toujours une famille. Le fait de vivre ensemble au même endroit ne suffit pas à définir une famille. 


LES FORMES DE RÉSIDENCES : 

  • Résidence virilocale ou patrilocale : le couple s’établit dans la résidence de l’homme
  • Résidence uxorulicale ou matrilocale : le couple s’établit dans la résidence de la femme 
  • Résidence néolocale : le couple s’établit dans une nouvelle résidence. 

On dira que la résidence est virilocale quand le coupe s’installe dans le village ou avec la famille du jeune homme (vir : l’époux en latin, référence à virile), on parle aussi de résidence patrilocale en référence au père de famille. 

On dira que la résidence est uxorilocale ou matrilocale lorsque l’on s’installe dans la famille ou dans le village de l’épouse. 

Si le mariage signifie, pour les deux épousés, un nouveau lieu de vie, on parle de néolocalité, la famille s’installe dans un nouveau lieu qui n’est ni le village des parents de la mariée, ni celui des parents du marié.