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Post-Bac
1

Ethique - 4

Éthique

A retenir :

Il n’y a aucune distinction « officielle » pour les expressions « éthique médicale » et « bioéthique »

L’éthique médicale : Les questions d’éthique qui se posent entre le professionnel de santé et le patients (communication, respect des choix du patient etc.)


Bioéthique : Les questions liées à la manipulation du vivant, (clonage thérapeutique ou la procréation médicalement assistée etc.)

Définition

En 2011 :
Adoption de la Charte européenne d’éthique médicale. Permet d’établir un Code de déontologie pour les médecins européens.

I- Les limites éthiques des théories éthiques

I.1 – L’utilitarisme à l’épreuve du champ médical

L'utilitarisme peut justifier des actes controversés en se basant sur la maximisation du bien-être social, ce qui pourrait conduire à des décisions moralement douteuses dans le contexte médical.


Exemple : choisir de soigner une personne plutôt qu’une autre en fonction de son utilité sociale plutôt que de prendre en compte leurs besoins médicaux.

I.2 – Le déontologisme à l’épreuve de la bioéthique

Les progrès médicaux et technologiques soulèvent des questions éthiques, comme le clonage, l'eugénisme et la fécondation in vitro. La perspective déontologique peut avoir du mal à établir des principes clairs face à ces nouvelles questions.


Exemple : Décider s'il faut autoriser le clonage reproductif ne peut pas toujours être résolu en termes de devoirs éthiques sans prendre en compte les conséquences.


Le déontologisme se concentre sur le respect des règles morales établies mais ne fournit pas toujours une orientation claire pour définir ces règles. Les questions de la bioéthique vont au-delà des devoirs individuels et remettent en question la définition de l'humanité et de la société qui la façonne.

Définition

Eugénisme
Le eugénisme est un mouvement scientifique et social qui vise à améliorer la qualité génétique de la population en encourageant la sélection des individus les plus aptes à se reproduire.

II – Penser l’éthique autrement : « l’éthique du care »

II.1 – Petit détour par la théorie du développement moral de Kohlberg

Définition

Lawrence Kohlberg
Lawrence Kohlberg est un psychologue américain connu pour ses travaux sur le développement moral de l’individu par stades.

Il a testé des enfants de différents âges en leur soumettant des dilemmes moraux pour évaluer leur développement moral.

Son échelle de développement moral indique le niveau éthique atteint à chaque stade.


Exemple : Dilemme de Heinz : « La femme de Heinz est très malade. Elle peut mourir d’un instant à l’autre si elle ne prend pas un médicament X. Celui-ci est hors de prix et Heinz ne peut le payer. Il se rend néanmoins chez un pharmacien et lui demande le médicament, ne serait-ce qu’à crédit. Le pharmacien refuse. »


Que devrait faire Heinz ? Laisser mourir sa femme ou voler le médicament ?

II.2 – La critique de Carol Gilligan

Carol Gilligan remet en question la théorie de Kohlberg en se basant sur un exemple où deux enfants, Jake et Amy, réagissent différemment au dilemme de Heinz.

Gilligan fait remarquer que la vision du monde de Jake est logique et abstraite, tandis qu'Amy se concentre sur les relations et les aspects concrets du dilemme.

Kohlberg a tendance à conclure que les femmes sont moins moralement matures que les hommes, mais Gilligan souligne que cela repose sur des différences de perspective morale plutôt que de maturité.

Elle remet en cause l'idée d'une théorie morale universelle et objective.

II.3 – L'éthique du care

L'éthique du care découle de la perspective de Gilligan.

Elle se concentre sur le besoin, la dépendance et le maintien des relations.

Cette éthique reconnaît que les individus dépendent les uns des autres, et que répondre aux besoins des autres est une responsabilité morale.

A retenir :

Le mal moral est vu comme la souffrance non soulagée des autres, et l'abandon moral est de ne pas répondre à cette souffrance.

L'éthique du care est axée sur le maintien des relations et l'attention aux besoins des autres.

Joan C. Tronto détaille les 4 étapes du bon care :


  • caring about (s'inquiéter de)
  • taking care of (prendre soin de)
  • care giving (fournir des soins)
  • care receiving (recevoir des soins)


L'éthique du care commence par l'écoute, l'identification des besoins des autres et l'évaluation de la meilleure façon d'y répondre.

III – Bilan du chapitre Ethique médicale et Bioéthique

Point commun entre Ethique de la vertu et Ethique du contexte : Ce sont des éthiques du contexte, de la pratique et de l'amélioration constante.

Différence entre Ethique de la vertu et Ethique du contexte : L'éthique du care se concentre sur la vulnérabilité de l'autre, tandis que l'éthique de la vertu se concentre sur le développement de qualités vertueuses et l'accomplissement de soi.

Pas d’opposition structurelle entre l'éthique du care et l'utilitarisme ou le déontologisme.


  • L'utilitarisme peut estimer qu'une attitude de soin est morale dans certaines situations, tout comme il peut estimer le contraire.
  • Il peut interroger la pertinence d'adopter une règle qui fait du soin une priorité dans une société donnée.
  • Le déontologisme peut également intégrer des attitudes et des intentions liées au soin comme des lois universelles.
  • Le déontologisme et l'éthique du care ont des approches différentes.
  • Le déontologisme parle de lois et de droits,
  • L'éthique du care parle d'affection et de sollicitude.

Au niveau individuel : l'éthique du care offre une nouvelle façon d'aborder les situations morales.

Au plan politique : elle met en avant des considérations qui diffèrent des éthiques axées sur la justice, telles que l'utilitarisme et le déontologisme.


L'éthique du care souligne la responsabilité collective envers les personnes fragiles ou dépendantes, notamment les enfants, les personnes âgées et les handicapés.

Elle encourage la réflexion sur les politiques publiques visant à intégrer les valeurs du care dans la démocratie.

L'objectif n'est pas uniquement la lutte contre les inégalités et l'oppression, mais aussi contre la souffrance et la solitude.

En tant que politique, l'éthique du care peut impliquer une meilleure répartition des tâches de soin, une plus grande reconnaissance publique de ces activités et une meilleure intégration des personnes dépendantes dans la société.

A retenir :

En résumé, il n'est pas nécessaire de choisir entre une éthique et une autre, car les frontières entre elles sont flexibles, et il est possible de combiner différentes perspectives éthiques en fonction des besoins et des contextes spécifiques.

Post-Bac
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Ethique - 4

Éthique

A retenir :

Il n’y a aucune distinction « officielle » pour les expressions « éthique médicale » et « bioéthique »

L’éthique médicale : Les questions d’éthique qui se posent entre le professionnel de santé et le patients (communication, respect des choix du patient etc.)


Bioéthique : Les questions liées à la manipulation du vivant, (clonage thérapeutique ou la procréation médicalement assistée etc.)

Définition

En 2011 :
Adoption de la Charte européenne d’éthique médicale. Permet d’établir un Code de déontologie pour les médecins européens.

I- Les limites éthiques des théories éthiques

I.1 – L’utilitarisme à l’épreuve du champ médical

L'utilitarisme peut justifier des actes controversés en se basant sur la maximisation du bien-être social, ce qui pourrait conduire à des décisions moralement douteuses dans le contexte médical.


Exemple : choisir de soigner une personne plutôt qu’une autre en fonction de son utilité sociale plutôt que de prendre en compte leurs besoins médicaux.

I.2 – Le déontologisme à l’épreuve de la bioéthique

Les progrès médicaux et technologiques soulèvent des questions éthiques, comme le clonage, l'eugénisme et la fécondation in vitro. La perspective déontologique peut avoir du mal à établir des principes clairs face à ces nouvelles questions.


Exemple : Décider s'il faut autoriser le clonage reproductif ne peut pas toujours être résolu en termes de devoirs éthiques sans prendre en compte les conséquences.


Le déontologisme se concentre sur le respect des règles morales établies mais ne fournit pas toujours une orientation claire pour définir ces règles. Les questions de la bioéthique vont au-delà des devoirs individuels et remettent en question la définition de l'humanité et de la société qui la façonne.

Définition

Eugénisme
Le eugénisme est un mouvement scientifique et social qui vise à améliorer la qualité génétique de la population en encourageant la sélection des individus les plus aptes à se reproduire.

II – Penser l’éthique autrement : « l’éthique du care »

II.1 – Petit détour par la théorie du développement moral de Kohlberg

Définition

Lawrence Kohlberg
Lawrence Kohlberg est un psychologue américain connu pour ses travaux sur le développement moral de l’individu par stades.

Il a testé des enfants de différents âges en leur soumettant des dilemmes moraux pour évaluer leur développement moral.

Son échelle de développement moral indique le niveau éthique atteint à chaque stade.


Exemple : Dilemme de Heinz : « La femme de Heinz est très malade. Elle peut mourir d’un instant à l’autre si elle ne prend pas un médicament X. Celui-ci est hors de prix et Heinz ne peut le payer. Il se rend néanmoins chez un pharmacien et lui demande le médicament, ne serait-ce qu’à crédit. Le pharmacien refuse. »


Que devrait faire Heinz ? Laisser mourir sa femme ou voler le médicament ?

II.2 – La critique de Carol Gilligan

Carol Gilligan remet en question la théorie de Kohlberg en se basant sur un exemple où deux enfants, Jake et Amy, réagissent différemment au dilemme de Heinz.

Gilligan fait remarquer que la vision du monde de Jake est logique et abstraite, tandis qu'Amy se concentre sur les relations et les aspects concrets du dilemme.

Kohlberg a tendance à conclure que les femmes sont moins moralement matures que les hommes, mais Gilligan souligne que cela repose sur des différences de perspective morale plutôt que de maturité.

Elle remet en cause l'idée d'une théorie morale universelle et objective.

II.3 – L'éthique du care

L'éthique du care découle de la perspective de Gilligan.

Elle se concentre sur le besoin, la dépendance et le maintien des relations.

Cette éthique reconnaît que les individus dépendent les uns des autres, et que répondre aux besoins des autres est une responsabilité morale.

A retenir :

Le mal moral est vu comme la souffrance non soulagée des autres, et l'abandon moral est de ne pas répondre à cette souffrance.

L'éthique du care est axée sur le maintien des relations et l'attention aux besoins des autres.

Joan C. Tronto détaille les 4 étapes du bon care :


  • caring about (s'inquiéter de)
  • taking care of (prendre soin de)
  • care giving (fournir des soins)
  • care receiving (recevoir des soins)


L'éthique du care commence par l'écoute, l'identification des besoins des autres et l'évaluation de la meilleure façon d'y répondre.

III – Bilan du chapitre Ethique médicale et Bioéthique

Point commun entre Ethique de la vertu et Ethique du contexte : Ce sont des éthiques du contexte, de la pratique et de l'amélioration constante.

Différence entre Ethique de la vertu et Ethique du contexte : L'éthique du care se concentre sur la vulnérabilité de l'autre, tandis que l'éthique de la vertu se concentre sur le développement de qualités vertueuses et l'accomplissement de soi.

Pas d’opposition structurelle entre l'éthique du care et l'utilitarisme ou le déontologisme.


  • L'utilitarisme peut estimer qu'une attitude de soin est morale dans certaines situations, tout comme il peut estimer le contraire.
  • Il peut interroger la pertinence d'adopter une règle qui fait du soin une priorité dans une société donnée.
  • Le déontologisme peut également intégrer des attitudes et des intentions liées au soin comme des lois universelles.
  • Le déontologisme et l'éthique du care ont des approches différentes.
  • Le déontologisme parle de lois et de droits,
  • L'éthique du care parle d'affection et de sollicitude.

Au niveau individuel : l'éthique du care offre une nouvelle façon d'aborder les situations morales.

Au plan politique : elle met en avant des considérations qui diffèrent des éthiques axées sur la justice, telles que l'utilitarisme et le déontologisme.


L'éthique du care souligne la responsabilité collective envers les personnes fragiles ou dépendantes, notamment les enfants, les personnes âgées et les handicapés.

Elle encourage la réflexion sur les politiques publiques visant à intégrer les valeurs du care dans la démocratie.

L'objectif n'est pas uniquement la lutte contre les inégalités et l'oppression, mais aussi contre la souffrance et la solitude.

En tant que politique, l'éthique du care peut impliquer une meilleure répartition des tâches de soin, une plus grande reconnaissance publique de ces activités et une meilleure intégration des personnes dépendantes dans la société.

A retenir :

En résumé, il n'est pas nécessaire de choisir entre une éthique et une autre, car les frontières entre elles sont flexibles, et il est possible de combiner différentes perspectives éthiques en fonction des besoins et des contextes spécifiques.