L'État unitaire décentralisé doit être distingué de l'État unitaire centralisé. Dans sa forme pure, l'État centralisé dispose d'un unique centre de décision, émettant tous les pouvoirs sans organe concurrent au niveau local. Cette centralisation est efficace uniquement dans les petits États ; au-delà, elle peut provoquer des blocages, ce qui pousse souvent les États à se déconcentrer.
La déconcentration, qui n'est pas l'opposée de la centralisation mais une modalité de celle-ci, consiste en la répartition du pouvoir décisionnel à des agents comme les préfets ou les recteurs, qui restent sous le contrôle hiérarchique de l'État central. Ces agents servent d'intermédiaires entre le gouvernement et les citoyens.
En revanche, la décentralisation implique une répartition des pouvoirs décisionnels à des entités juridiques locales distinctes, telles que les collectivités territoriales. Cela permet une pluralité de personnes juridiques et confère une certaine autonomie normative à ces collectivités. En France, cependant, l'autonomie est limitée à l'administration, sans pouvoir législatif.
Il existe plusieurs catégories de collectivités territoriales en France :
- Communes : 34 945 communes au 1er janvier 2023, avec une législation encourageant leur fusion depuis 2010.
- Départements : 101 départements, dont 96 en métropole et 5 en outre-mer.
- Régions : 14 régions, dont 12 en métropole et 2 en outre-mer.
- Collectivités d'outre-mer : 5 collectivités régies par l'article 74 de la Constitution.
- Nouvelle-Calédonie : considérée comme une collectivité d'outre-mer spécifique selon le titre XIII de la Constitution.
- Collectivités métropolitaines à statut particulier : Paris, Lyon et la Corse (article 72).
- Collectivités d'outre-mer à statut particulier : Guyane, Guadeloupe, Martinique et Mayotte.
La Constitution de 1958, notamment dans ses titres XII et XIII, établit un statut constitutionnel pour ces collectivités, leur reconnaissant une autonomie administrative limitée par le principe de la libre administration (article 72). Toutefois, cette autonomie ne remet pas en cause l'unité de l'État, garantie par le principe d'indivisibilité de la République (article 1).
