Dans un État régional, l'unicité de l'État est préservée, comme l'indiquent les articles 5 de la Constitution italienne et 2 de la Constitution espagnole, affirmant l'indivisibilité de l'État régional. Contrairement à un État fédéral, il n'y a pas de superposition de niveaux étatiques, ni de double pouvoir constituant ou de double source de volonté générale. De plus, l'État exerce un contrôle sur les régions, ce qui souligne l'absence de double pouvoir juridictionnel. Ces caractéristiques distinguent clairement l'État régional d'un État fédéral.
Section 2 : La préservation de l'unicité de l'État
1 - L'absence de double pouvoir constituant
Les Etats fédérés disposent d’un pouvoir constituant, la seule limite que rencontre le pouvoir constituant c’est le respect de la C° fédérale. Il n’y a rien de tel dans l’Etat régional, il n’y a qu’une seule C°. Les statuts d'autonomie dont bénéficient les régions ne peuvent pas être assimilés à des C°, ce ne sont que des lois de l’Etat même si les régions sont associées à leur élaboration. Le Parlement national ne peut en aucun cas se voir imposer un statut d'autonomie de la part d’unerégion. Il peut le rejeter en bloc ou l'amender. Aucune autonomie constituante.
2 - L'absence de double source de la volonté générale
Un des critères de l'État fédéral est la double source de la volonté générale, où la loi fédérale doit refléter à la fois la volonté des citoyens et celle des États fédérés. Dans un système bicaméral, une chambre représente les citoyens et l'autre les États. Cependant, dans le cas de l'Espagne, bien que le Sénat soit composé de 254 membres, seuls 46 représentent les communautés autonomes, ce qui constitue une représentation minoritaire. De plus, en cas de conflit entre le Congrès et le Sénat, le Congrès a toujours le dernier mot, rendant le bicamérisme inégalitaire.
En Italie, le Sénat est également incapable de représenter efficacement les régions, malgré un système bicaméral égalitaire. La Constitution italienne prévoit des mécanismes pour la participation des régions, comme l'initiative législative, mais ceux-ci sont rarement utilisés.
3 - L'absence de double pouvoir juridictionnel
Les Etats fédérés disposent de leur propre pouvoir juridictionnel. Aux EU,
il existe une CS fédérale, chacun des Etats fédérés américains a sa propre CS. En Allemagne, il existe une CC fédérale mais chaque Land a également une CC. Dans l’Etat régional, en Espagne et en Italie, il y a unicité du pouvoir juridictionnel : un seul juge constitutionnel. Il n’y a qu’un seul juge ordinaire, toutes les juridictions sont donc des organes composant le pouvoir juridictionnel. La justice est la même partout, toujours rendue au nom du peuple, le pouvoir juridictionnel n’est pas partagé.
4 - L'existence d'un contrôle de l'État
Dans un État fédéral, le contrôle est limité au juge constitutionnel fédéral, tandis que dans un État régional, le contrôle est plus approfondi. En Espagne, ce contrôle est exercé principalement par le Tribunal Constitutionnel. En Italie, en plus du contrôle de constitutionnalité des lois régionales, l'État a un contrôle non juridictionnel, allégé depuis la réforme de 2001, qui lui permettait auparavant d'interférer dans la législation régionale. Le gouvernement italien peut déférer une loi régionale au contrôle de la Cour constitutionnelle dans les 60 jours suivant sa promulgation. De plus, le président de la République peut dissoudre un conseil régional en cas de menaces à l'ordre constitutionnel ou de dysfonctionnement.
L'autonomie des régions en Espagne et en Italie est comparable à celle de certains États fédérés. Toutefois, la possibilité d'une fédéralisation de ces pays reste peu probable, bien qu'elle puisse suivre un modèle similaire à celui de la Belgique en 1993. Il reste donc incertain si l'État régional n'est qu'une étape transitoire vers un État fédéral.
