Partielo | Créer ta fiche de révision en ligne rapidement

Droit commercial - Introduction

📘 INTRODUCTION

Le 🔵droit commercial, au sens strict, est une branche du droit privé qui détermine :

  • le 🔵statut des commerçants (individuels ou en groupements),
  • le 🔵régime juridique applicable aux opérations réalisées par ces commerçants dans le cadre de leur activité professionnelle.

Cependant, cette conception est dépassée. Certains auteurs préfèrent évoquer plus largement le 🔵droit des affaires, défini comme le droit applicable aux 🔵entreprises en général, dès lors qu’elles contribuent à l’activité économique, même si cette activité n’est pas strictement commerciale.

⚖️ Exemples :

  • Le professionnel qui achète et revend des voitures est un 🔵commerçant.
  • Un médecin libéral, qui s’installe à son compte, n’est pas un commerçant mais dirige une 🔵entreprise.

➡️ Le cours de droit commercial est donc à comprendre au sens large, comme une introduction au droit des affaires.


🧠 Notions importantes

  • De nombreuses notions du 🔵droit des affaires proviennent du droit commercial :
  • Exemple : la notion de 🔵fonds de commerce a inspiré celles de 🔵fonds libéral, 🔵artisanal ou 🔵rural.

  • Certaines règles historiquement propres au droit commercial ont été étendues :
  • Le 🔵droit des entreprises en difficulté (anciennement le droit de la faillite) s’appliquait auparavant uniquement aux 🔵commerçants.
  • Aujourd’hui, il s’applique également aux :
  • 🔵sociétés civiles,
  • 🔵artisans,
  • 🔵professions libérales.

➡️ Le 🔵droit commercial constitue ainsi une clé d’entrée idéale dans le droit des affaires.


📚 Bibliographie recommandée

  • Descamps – Histoire du droit des affaires
  • Blaise – Introduction au droit des affaires
  • Lucas – Droit commercial (PUF)
  • Dalloz / Kenfack – Droit commercial
  • Viandier – Droit commercial


📑 Informations sur l'examen

  • Format : questions de cours + petits cas pratiques.
  • Objectif : comprendre, bien mémoriser, et restituer clairement les notions.

🏛️ I – L’HISTOIRE DU DROIT COMMERCIAL

A – Avant le Code de commerce de 🟠1807

1. L’🟠Antiquité

Le 🔵commerce existe dès les sociétés antiques. Il repose sur la 🔵circulation des richesses, ce qui nécessite un encadrement juridique, souvent de nature coutumière.

  • En Grèce antique (🟠VIe siècle av. J.-C.), les marins grecs établissent des comptoirs autour de la Méditerranée.
  • Existence de 🔵groupements, prêts, investissements.
  • À Babylone, on trouve des formes primitives de banque : dépôt d’argent dans les temples → prêt par les prêtres.
  • Le 🔵Code d’Hammurabi contient des règles sur le 🔵prêt, les sociétés, les contrats d’intermédiaires.

Exemples marquants :

  • La 🔵loi rhodienne du jet à la mer → origine de la théorie des avaries communes.
  • Le 🔵nautikon daneion (ou prêt à la grosse aventure) : prêt risqué remboursé uniquement si le voyage est réussi.

À Rome, coexistent :

  • Le 🔵droit civil romain, rigide,
  • Le 🔵jus gentium, souple, adapté au commerce et aux étrangers.

Le 🔵prêteur détient l’imperium et développe un 🔵droit prétorien plus flexible.

Notions importantes :

  • 🔵Solidarité passive présumée
  • 🔵Réflexions sur les contrats, le prêt et la faillite


2. Le 🟠Moyen Âge

  • Reprise du commerce avec les croisades (Est-Ouest), puis du Nord au Sud (Italie → Flandres).
  • Apparition des 🔵foires (🟠XIe siècle) : lieux de rencontre marchands réguliers.
  • 🔵Résistance de l’Église au prêt à intérêt, contournée par des montages juridiques.
  • Création des 🔵corporations de marchands, qui structurent la profession.

Évolutions majeures :

  • Naissance des 🔵juridictions commerciales, adaptées aux besoins marchands.
  • Redécouverte du 🔵Digeste romain et développement du 🔵droit des obligations commerciales.
  • Influence des 🔵glossateurs (Italie, France – 🟠XIe-XIIe siècle), et des 🔵bartolistes (🟠XIVe siècle).

Création de :

  • 🔵Ouvrages savants en droit commercial (ex : Dumoulin au 🟠XVIe siècle).
  • 🔵Banque moderne à travers les changeurs et banquiers (étym. "banquéli").
  • 🔵Lettre de change : multiple fonctions (paiement, crédit), codifiée par 🟠l’ordonnance de Colbert de 1673 → début d’un droit commercial cohérent.

Colbert s’appuie sur :

  • Jacques Savary, jurisconsulte, auteur du 🔵Parfait Négociant.
  • L’ordonnance devient connue comme le 🔵Code Savary.


3. La 🟠Révolution française

➡️ Apport fondamental : principe de liberté.

  • 🌸 Loi du 🟠2 mars 1791 : 🌸Décret d’Allarde → supprime les privilèges professionnels et proclame la 🌸liberté du commerce et de l’industrie.
  • 🌸 Loi du 🟠juin 1791 : 🌸Loi Le Chapelier → supprime les corporations et interdit les regroupements de professionnels.

➡️ Consécration des 🔵fondements du libéralisme économique, préfigurant le Code de commerce de 🟠1807.


B – À partir du Code de commerce de 🟠1807

1. Jusqu’à la 🟠Première Guerre mondiale

  • 🟠1806 : Napoléon relance la codification → Code achevé en 🟠1807.
  • Jugé incomplet, sévère (faillites), mal adapté à l’ère industrielle.
  • Multiples évolutions depuis → "🔵décodification continue" (XIXe-XXe).

Exemples :

  • 🌸 Loi de 🟠1844 sur les brevets
  • 🌸 Loi de 🟠1865 sur les chèques
  • 🌸 Loi de 🟠24 juillet 1867 : liberté de constituer une société anonyme (sans autorisation)

➡️ Période marquée par un 🔵libéralisme économique, mais encadré :

  • 🌸 Loi de 🟠1905 : répression de la fraude
  • 🌸 Loi de 🟠1907 : protection de l’épargne


2. La 🟠Crise de 1929

➡️ Instaure une économie dirigée :

  • Encadrement des prix
  • Contrôle des changes
  • Réglementation du crédit


3. Après la 🟠Seconde Guerre mondiale

➡️ Avènement d’une 🔵économie mixte :

  • Coexistence de textes interventionnistes et libéraux.
  • Apparition du 🔵lobbying (acteurs privés dans la norme).
  • Mise en place d’autorités de régulation (ex : Autorité de la concurrence).

➡️ Influence croissante de la construction européenne :

  • 🟢 Objectif : ouverture à la concurrence.
  • 🔵Paradoxe : parfois accompagnée d’une intensification réglementaire.


📚 II – LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL


A – Les sources nationales

1. Les textes

La principale source est 🌸le Code de commerce, refondu en 🟠2000 (législation) et 🟠2007 (codification complète).

Le projet de codification a été lancé en 🟠1989. Il s’agit d’une 🔵codification à droit constant : rassembler les textes sans modifier leur contenu, uniquement pour 🔵les rendre plus accessibles.

  • Le Code de commerce de 🟠2000 a remplacé l’ancien 🌸Code Napoléonien.
  • C’est une 🔵codification compilation, pas une codification création.

💬 Il contient des fondamentaux du droit commercial :

  • 🌸Définition du commerçant
  • 🌸Statut juridique des sociétés commerciales
  • 🌸Régime des lettres de change

Avantages notables :

  • Permis de détecter l’abrogation involontaire d’un article essentiel sur la compétence des tribunaux de commerce en 🟠1991.

🌸Réformes récentes :

  • 🌸Ordonnance du 🟠16 septembre 2020 : distingue les sociétés cotées dans le Livre II.
  • 🌸Trois ordonnances du 🟠15 septembre 2021 :
  1. Création du 🔵registre national des entreprises
  2. Transposition européenne sur les entreprises en difficulté (Livre VI)
  3. Réforme du 🔵droit des sûretés (modifie le 🌸Code civil et le 🌸Code de commerce)
  • 🌸Loi du 🟠20 novembre 2023 : expérimentation d’un 🔵tribunal des activités économiques

➡️ En complément :

  • 🌸Article 34 de la Constitution : la loi fixe les 🔵garanties fondamentales pour les libertés publiques.


2. La jurisprudence

Source majeure, surtout du 🔵pouvoir judiciaire via la 🟣Cour de cassation.

Elle crée de nombreuses règles, ou les précise :

  • Exemple : la 🟣concurrence déloyale repose sur 🌸l’article 1240 du Code civil.
  • 🟣Abus de majorité, abus de minorité ou de droit de vote : jurisprudence dominante.

➡️ 🟣Conseil constitutionnel : contrôle la conformité des lois à la Constitution, y compris en matière de droit commercial (ex : via QPC).

➡️ 🟣Conseil d’État : contrôle la légalité des actes administratifs affectant le monde des affaires.

💡 Mouvement de 🔵fondamentalisation du droit privé : place croissante des 🔵droits fondamentaux dans le droit des affaires.

🟣Exemples :

  • 🟣Liberté d’entreprendre : consacrée en 🟠1982 (via 🌸article 4 DDHC), confirmée par une QPC en 🟠2012.
  • 🟣QPC de 🟠2021 : sanction administrative déclarée inconstitutionnelle (atteinte au principe de nécessité des peines).
  • 🟣QPC de 🟠2022 (Affaire Wish) : la publicité commerciale est une expression protégée, pouvant être limitée si nécessaire et proportionnée.


3. Les usages et la coutume

Les 🔵usages : pratiques habituelles d’un milieu professionnel ou géographique, qui peuvent avoir force obligatoire.

  • Sont opposables à des non-professionnels si connus (🟣Civ. 4 oct. 2023).
  • Peuvent être prouvés par tout moyen, notamment par un 🔵parère (attestation d’une autorité compétente).

🔵François Gény : les 🔵usages = élément matériel de la 🔵coutume, qui comprend aussi un élément psychologique :

l’opinio juris seu necessitatis (conviction que la règle est obligatoire)

➡️ Certains usages sont contra legem :

  • Exemple : la 🔵solidarité passive en droit commercial, présumée, contrairement à 🌸l’article 1310 du Code civil.


4. La doctrine

La 🔵doctrine commente, critique et influence l’interprétation du droit.

Grands noms à Montpellier :

  • Jean-Jacques Mousseron
  • Didier Ferrier (créateur du droit de la distribution)
  • Michel Cabrillac


B – Les sources supranationales

1. Les sources européennes

Basées sur :

  • Le 🔵droit primaire : 🌸Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)
  • 🌸La Charte des droits fondamentaux de l’UE (article 16 : 🔵liberté d’entreprendre)

🌍 Objectif : construction d’un 🔵marché intérieur sans frontières, avec :

  • 🔵Liberté d’établissement
  • 🔵Libre prestation de services

Instruments utilisés :

  • 🌸Directives (transposables)
  • 🌸Règlements (applicables directement)

🌸Exemples :

  • 🌸Directive de 🟠1986 : coordination du statut des agents commerciaux
  • 🌸Directive de 🟠2007 : sur les droits des actionnaires de sociétés cotées
  • 🌸Règlement de 🟠2015 : procédure d’insolvabilité transfrontalière (juge compétent, loi applicable)

➡️ Une disposition "nationale" peut être en réalité d’origine européenne, via transposition.

🟣Jurisprudence CJUE :

  • 🟣Arrêt INGMAR (🟠2000) : interprétation protectrice de la directive de 🟠1986 → prime au statut de l’agent commercial.


2. Les autres sources supranationales

Le 🔵commerce international a explosé depuis la fin du 🟠XXe siècle.

📜 Deux types d’accords :

  1. Coordination des systèmes → détermine la loi applicable (ex. conventions de La Haye)
  2. Uniformisation du fond → remplace les droits nationaux :
  • 🌸Convention de Vienne (🟠11 avril 1980) : vente internationale de marchandises
  • 🌸Conventions de Genève (🟠1930 et 🟠1931) : uniformisent le droit des lettres de change et des chèques

Les 🔵usages et coutumes jouent aussi un rôle essentiel en droit commercial international.

🟣CEDH :

  • 🌸Convention européenne des droits de l’homme (🟠1950), en vigueur depuis 🟠1953
  • 🟣Jurisprudence influente sur les 🔵libertés économiques
  • Peut être saisie individuellement → les États peuvent être condamnés

➡️ Cela contribue à la 🔵fondamentalisation du droit des affaires au niveau international.

🧩 III – LE DOMAINE DU DROIT COMMERCIAL


Conceptions de la commercialité

Deux visions principales s’affrontent :

  1. 🔵Subjective : ce qui compte, c’est la qualité de commerçant → toute opération d’un commerçant est commerciale.
  2. 🔵Objective : seuls certains actes spécifiques sont des 🔵actes de commerce, peu importe l’auteur.

➡️ En France, le Code de commerce adopte une 🔵conception mixte :

  • 🌸 Livre I, Titre I : les actes de commerce
  • 🌸 Livre I, Titre II : les commerçants

🌸 Article L121-1 C. com. : est commerçant celui qui exerce des actes de commerce à titre de profession habituelle.

💡 Conséquence : certains non-commerçants peuvent accomplir des actes de commerce isolés, mais cela ne suffit pastoujours à appliquer les règles du droit commercial.


📦 Paragraphe 1 – Les actes de commerce

A – L’identification des actes de commerce

Le Code de commerce n’en donne pas de définition générale, mais une énumération (🌸art. L110-1 et L110-2).

🔵 Doctrine : classification selon 3 critères :

  • Économique (Thaller) : acte de circulation des richesses
  • Psychologique (Lyon-Caen & Renault) : intention spéculative
  • Juridique (Escarra) : répétition professionnelle d’actes dans une entreprise organisée

1. Les actes de commerce par nature

🌸 Art. L110-1 : actes commerciaux quelle que soit la qualité de la personne.

Trois catégories principales :


a. Les actes de commerce par la forme

🌸 Art. L110-1, 10° :

  • 🔵Lettre de change : toujours un acte de commerce
  • ⚠️ Différent du chèque, non visé dans cet article
  • 🌸 Art. L314-21 C. conso. : lettres interdites dans les crédits à la consommation
  • 🔵Sociétés commerciales par la forme (🌸art. L210-1 C. com.) :
  • SNC, SARL, SA, SAS…
  • Le contrat de société devient acte de commerce → la société acquiert la qualité de commerçant par la forme


b. Les actes de commerce par l’objet

🌸 Art. L110-1 : nombreux actes visés.

Exemples :

  • 🔵Achat pour revendre : essence même de la spéculation → deux actes de commerce :
  • Achat
  • Revente

⚠️ Sont exclus :

  • Ventes sans achat préalable (extraction minière, vente d’un brevet)
  • Revente occasionnelle d’un bien personnel → acte civil
  • 🔵Opérations d’entremise :
  • 🌸Courtage (7° L110-1)
  • 🔵Commission : doit être exercée en entreprise (voir ci-dessous)
  • 🔵Opérations bancaires, financières, assurance :
  • 🌸 L110-1 vise : change, banque, monnaie électronique, paiement
  • ❌ Opérations boursières et assurance non citées
  • ⚠️ Jurisprudence 🟣Cass. 1912 : les opérations de bourse sont civiles, sauf entre professionnels


c. Les actes de commerce réalisés en entreprise

Le Code lie la commercialité à l’exercice professionnel de l’activité.

🌸 Exemples énumérés dans L110-1 :

  • 🔵Entreprise de location de meubles
  • 🔵Entreprise de manufacture (production)
  • 🔵Entreprise de commission (🌸art. L132-1 : agit en son nom propre pour le compte d’un tiers)
  • 🔵Entreprise de transport (ajouter le transport aérien)
  • 🔵Entreprise de fourniture (livraisons récurrentes)
  • 🔵Établissements de vente à l’encans (exceptions selon le statut du vendeur)

🔵Différence :

  • Mandataire = acte civil
  • Commissionnaire = acte de commerce (s’engage personnellement)
  • Courtier = n’intervient pas juridiquement dans l’opération

🎯 Idée clé : la 🔵répétition professionnelle + organisation préalable fait l’entreprise.


2. Les actes de commerce par accessoire

🌸 Art. L110-1, 9° : les obligations entre commerçants sont commerciales.

Deux cas :

  • 🔵Accessoire subjectif : un acte civil devient commercial car il est fait par un commerçant pour les besoins de son commerce.
  • 🟣Ex. : 🟣Cass. 15 nov. 2005 — prêt contracté par un non-commerçant pour aider son conjoint commerçant → acte de commerce.
  • 🔵Accessoire objectif : un acte devient commercial car rattaché à un acte de commerce.

🌸 Ordonnance du 15 sept. 2021 : ajout de 🌸l’article L110-1, 11° → le cautionnement devient commercial par accessoire, même si la caution est non-commerçante.

B – Le régime juridique des actes de commerce

Les actes de commerce obéissent à des règles spécifiques différentes du droit civil.


1. Les règles particulières applicables aux actes de commerce


a. Les actes de commerce possiblement passés par des non-commerçants

Il existe certaines règles dérogatoires au droit civil, applicables même aux non-commerçants dès lors que l’acte est commercial.


🔶 α – La solidarité commerciale

🌸 Article L110-1 : inclut l’obligation entre commerçants.

🔵En droit commercial, la solidarité est présumée entre coobligés, sauf preuve du contraire.

⚠️ Cela contredit 🌸l’article 1310 du Code civil, qui exige une stipulation expresse de solidarité.


🔶 β – La prescription

🌸 Article L110-4 du Code de commerce : le délai de prescription est de 5 ans pour les obligations nées à l’occasion de leur commerce.

➡️ Délai plus court qu’en droit civil (🌸5 ans aussi aujourd’hui, mais avant 🟠2008, c’était 30 ans !).


🔶 γ – La compétence juridictionnelle

En principe, compétence des tribunaux de commerce pour les litiges commerciaux.

Mais en cas de litige mixte (commercial / civil), des aménagements sont nécessaires (cf. infra).


b. Les actes de commerce nécessairement passés par des commerçants

Ces actes impliquent l’application de règles encore plus spécifiques.


🔶 α – Le principe de liberté de la preuve

🌸 Article L110-3 C. com. : "à l’égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens".

🔵Contrairement au droit civil qui impose des règles strictes (ex : écrit au-delà de 1500€), ici la preuve est libre.


🧾 Le domaine – précisions


📌 Les conséquences


🔶 β – Les clauses dérogeant à la compétence territoriale de juridiction

🌸 En matière commerciale, les clauses attributives de juridiction (territoriale) sont valables entre commerçants.

⚠️ En droit civil, ces clauses sont plus strictement encadrées.


2. Les aménagements nécessaires en cas d’acte mixte

Un acte mixte est un acte commercial pour une partie, civil pour l’autre.

💡 Cas classique : vente entre un commerçant et un consommateur.


a. Le principe : approche distributive

Chaque partie est jugée selon son propre statut :

  • Le commerçant est jugé selon le droit commercial.
  • Le non-commerçant bénéficie du droit civil.

📚 Ex : si le non-commerçant est défendeur → il peut refuser la compétence du tribunal de commerce.


b. L’exception : approche unitaire

Dans certains cas, le juge peut appliquer les mêmes règles aux deux parties, notamment :

  • Si le non-commerçant accepte la compétence commerciale.
  • Ou s’il agit à des fins professionnelles.

👤 Paragraphe 2 – Le commerçant


A – L’identification du commerçant

🌸 Article L121-1 du Code de commerce :

« Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. »

🔵 Trois critères cumulatifs :

  1. Réalisation d’actes de commerce
  2. À titre de profession habituelle
  3. De manière indépendante


1. L’approche positive

Deux manières d’être reconnu commerçant :


a. Le commerçant qualifié par son activité

➡️ Il exerce effectivement une activité commerciale, quelle que soit sa forme juridique.

📌 Activités concernées :

  • 🔵Achat pour revendre
  • 🔵Activité industrielle ou de production
  • 🔵Prestations de services commerciales

🔵Indépendance requise : ne pas être subordonné juridiquement à un tiers.


b. Le commerçant qualifié par sa forme

➡️ Certaines structures juridiques sont commerçantes par leur forme, même si leur activité est civile.

🌸 Article L210-1 : sociétés commerciales par la forme :

  • SNC, SARL, SA, SAS…

🧠 Le contrat de société donne naissance à une personne morale commerçante, même si elle exerce une activité civile.


2. L’approche négative

➡️ Certains professionnels ne sont pas commerçants, malgré une activité proche ou des actes commerciaux.


a. Les professionnels auteurs d’actes de commerce à titre non-indépendant

👔 Exemples :

  • Salariés
  • Agents commerciaux (sous certaines conditions)
  • Gérants non associés

🔵Ils accomplissent des actes de commerce au nom et pour le compte d’un employeur, pas pour eux-mêmes.


b. Les professionnels indépendants réalisant des actes autres que commerciaux

➡️ Ils exercent des professions civiles, malgré leur indépendance.


Trois catégories :

🔹 🔵Les agriculteurs

➡️ Activité de production végétale/animale → acte civil, même si spéculatif.

🔹 🔵Les artisans

➡️ Travail manuel ou intellectuel → ne spéculent pas sur la main-d'œuvre d'autrui.

🔹 🔵Les professions libérales

➡️ Activité à forte technicité intellectuelle (médecins, avocats...)

➡️ 🧾 Paiement à l’honoraire, et non au prix → acte civil


B – Les obligations communes à tous les commerçants


1. 🌸 L’obligation d’immatriculation

📍 Obligation de s’inscrire au 🔵Registre du commerce et des sociétés (RCS)

➡️ Donne date de début d’activité commerciale officielle


2. 🌸 L’obligation de tenir une comptabilité

🌸 Articles L123-12 à L123-28 C. com.

📚 Contenu :

  • 🔹Journal comptable
  • 🔹Grand livre
  • 🔹Comptes annuels

💡 Objectif : garantir la transparence financière


3. 🌸 Les obligations fiscales

💶 Soumission à différents régimes :

  • TVA
  • Impôt sur les sociétés ou sur le revenu
  • Taxe professionnelle (remplacée par la CFE)



Droit commercial - Introduction

📘 INTRODUCTION

Le 🔵droit commercial, au sens strict, est une branche du droit privé qui détermine :

  • le 🔵statut des commerçants (individuels ou en groupements),
  • le 🔵régime juridique applicable aux opérations réalisées par ces commerçants dans le cadre de leur activité professionnelle.

Cependant, cette conception est dépassée. Certains auteurs préfèrent évoquer plus largement le 🔵droit des affaires, défini comme le droit applicable aux 🔵entreprises en général, dès lors qu’elles contribuent à l’activité économique, même si cette activité n’est pas strictement commerciale.

⚖️ Exemples :

  • Le professionnel qui achète et revend des voitures est un 🔵commerçant.
  • Un médecin libéral, qui s’installe à son compte, n’est pas un commerçant mais dirige une 🔵entreprise.

➡️ Le cours de droit commercial est donc à comprendre au sens large, comme une introduction au droit des affaires.


🧠 Notions importantes

  • De nombreuses notions du 🔵droit des affaires proviennent du droit commercial :
  • Exemple : la notion de 🔵fonds de commerce a inspiré celles de 🔵fonds libéral, 🔵artisanal ou 🔵rural.

  • Certaines règles historiquement propres au droit commercial ont été étendues :
  • Le 🔵droit des entreprises en difficulté (anciennement le droit de la faillite) s’appliquait auparavant uniquement aux 🔵commerçants.
  • Aujourd’hui, il s’applique également aux :
  • 🔵sociétés civiles,
  • 🔵artisans,
  • 🔵professions libérales.

➡️ Le 🔵droit commercial constitue ainsi une clé d’entrée idéale dans le droit des affaires.


📚 Bibliographie recommandée

  • Descamps – Histoire du droit des affaires
  • Blaise – Introduction au droit des affaires
  • Lucas – Droit commercial (PUF)
  • Dalloz / Kenfack – Droit commercial
  • Viandier – Droit commercial


📑 Informations sur l'examen

  • Format : questions de cours + petits cas pratiques.
  • Objectif : comprendre, bien mémoriser, et restituer clairement les notions.

🏛️ I – L’HISTOIRE DU DROIT COMMERCIAL

A – Avant le Code de commerce de 🟠1807

1. L’🟠Antiquité

Le 🔵commerce existe dès les sociétés antiques. Il repose sur la 🔵circulation des richesses, ce qui nécessite un encadrement juridique, souvent de nature coutumière.

  • En Grèce antique (🟠VIe siècle av. J.-C.), les marins grecs établissent des comptoirs autour de la Méditerranée.
  • Existence de 🔵groupements, prêts, investissements.
  • À Babylone, on trouve des formes primitives de banque : dépôt d’argent dans les temples → prêt par les prêtres.
  • Le 🔵Code d’Hammurabi contient des règles sur le 🔵prêt, les sociétés, les contrats d’intermédiaires.

Exemples marquants :

  • La 🔵loi rhodienne du jet à la mer → origine de la théorie des avaries communes.
  • Le 🔵nautikon daneion (ou prêt à la grosse aventure) : prêt risqué remboursé uniquement si le voyage est réussi.

À Rome, coexistent :

  • Le 🔵droit civil romain, rigide,
  • Le 🔵jus gentium, souple, adapté au commerce et aux étrangers.

Le 🔵prêteur détient l’imperium et développe un 🔵droit prétorien plus flexible.

Notions importantes :

  • 🔵Solidarité passive présumée
  • 🔵Réflexions sur les contrats, le prêt et la faillite


2. Le 🟠Moyen Âge

  • Reprise du commerce avec les croisades (Est-Ouest), puis du Nord au Sud (Italie → Flandres).
  • Apparition des 🔵foires (🟠XIe siècle) : lieux de rencontre marchands réguliers.
  • 🔵Résistance de l’Église au prêt à intérêt, contournée par des montages juridiques.
  • Création des 🔵corporations de marchands, qui structurent la profession.

Évolutions majeures :

  • Naissance des 🔵juridictions commerciales, adaptées aux besoins marchands.
  • Redécouverte du 🔵Digeste romain et développement du 🔵droit des obligations commerciales.
  • Influence des 🔵glossateurs (Italie, France – 🟠XIe-XIIe siècle), et des 🔵bartolistes (🟠XIVe siècle).

Création de :

  • 🔵Ouvrages savants en droit commercial (ex : Dumoulin au 🟠XVIe siècle).
  • 🔵Banque moderne à travers les changeurs et banquiers (étym. "banquéli").
  • 🔵Lettre de change : multiple fonctions (paiement, crédit), codifiée par 🟠l’ordonnance de Colbert de 1673 → début d’un droit commercial cohérent.

Colbert s’appuie sur :

  • Jacques Savary, jurisconsulte, auteur du 🔵Parfait Négociant.
  • L’ordonnance devient connue comme le 🔵Code Savary.


3. La 🟠Révolution française

➡️ Apport fondamental : principe de liberté.

  • 🌸 Loi du 🟠2 mars 1791 : 🌸Décret d’Allarde → supprime les privilèges professionnels et proclame la 🌸liberté du commerce et de l’industrie.
  • 🌸 Loi du 🟠juin 1791 : 🌸Loi Le Chapelier → supprime les corporations et interdit les regroupements de professionnels.

➡️ Consécration des 🔵fondements du libéralisme économique, préfigurant le Code de commerce de 🟠1807.


B – À partir du Code de commerce de 🟠1807

1. Jusqu’à la 🟠Première Guerre mondiale

  • 🟠1806 : Napoléon relance la codification → Code achevé en 🟠1807.
  • Jugé incomplet, sévère (faillites), mal adapté à l’ère industrielle.
  • Multiples évolutions depuis → "🔵décodification continue" (XIXe-XXe).

Exemples :

  • 🌸 Loi de 🟠1844 sur les brevets
  • 🌸 Loi de 🟠1865 sur les chèques
  • 🌸 Loi de 🟠24 juillet 1867 : liberté de constituer une société anonyme (sans autorisation)

➡️ Période marquée par un 🔵libéralisme économique, mais encadré :

  • 🌸 Loi de 🟠1905 : répression de la fraude
  • 🌸 Loi de 🟠1907 : protection de l’épargne


2. La 🟠Crise de 1929

➡️ Instaure une économie dirigée :

  • Encadrement des prix
  • Contrôle des changes
  • Réglementation du crédit


3. Après la 🟠Seconde Guerre mondiale

➡️ Avènement d’une 🔵économie mixte :

  • Coexistence de textes interventionnistes et libéraux.
  • Apparition du 🔵lobbying (acteurs privés dans la norme).
  • Mise en place d’autorités de régulation (ex : Autorité de la concurrence).

➡️ Influence croissante de la construction européenne :

  • 🟢 Objectif : ouverture à la concurrence.
  • 🔵Paradoxe : parfois accompagnée d’une intensification réglementaire.


📚 II – LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL


A – Les sources nationales

1. Les textes

La principale source est 🌸le Code de commerce, refondu en 🟠2000 (législation) et 🟠2007 (codification complète).

Le projet de codification a été lancé en 🟠1989. Il s’agit d’une 🔵codification à droit constant : rassembler les textes sans modifier leur contenu, uniquement pour 🔵les rendre plus accessibles.

  • Le Code de commerce de 🟠2000 a remplacé l’ancien 🌸Code Napoléonien.
  • C’est une 🔵codification compilation, pas une codification création.

💬 Il contient des fondamentaux du droit commercial :

  • 🌸Définition du commerçant
  • 🌸Statut juridique des sociétés commerciales
  • 🌸Régime des lettres de change

Avantages notables :

  • Permis de détecter l’abrogation involontaire d’un article essentiel sur la compétence des tribunaux de commerce en 🟠1991.

🌸Réformes récentes :

  • 🌸Ordonnance du 🟠16 septembre 2020 : distingue les sociétés cotées dans le Livre II.
  • 🌸Trois ordonnances du 🟠15 septembre 2021 :
  1. Création du 🔵registre national des entreprises
  2. Transposition européenne sur les entreprises en difficulté (Livre VI)
  3. Réforme du 🔵droit des sûretés (modifie le 🌸Code civil et le 🌸Code de commerce)
  • 🌸Loi du 🟠20 novembre 2023 : expérimentation d’un 🔵tribunal des activités économiques

➡️ En complément :

  • 🌸Article 34 de la Constitution : la loi fixe les 🔵garanties fondamentales pour les libertés publiques.


2. La jurisprudence

Source majeure, surtout du 🔵pouvoir judiciaire via la 🟣Cour de cassation.

Elle crée de nombreuses règles, ou les précise :

  • Exemple : la 🟣concurrence déloyale repose sur 🌸l’article 1240 du Code civil.
  • 🟣Abus de majorité, abus de minorité ou de droit de vote : jurisprudence dominante.

➡️ 🟣Conseil constitutionnel : contrôle la conformité des lois à la Constitution, y compris en matière de droit commercial (ex : via QPC).

➡️ 🟣Conseil d’État : contrôle la légalité des actes administratifs affectant le monde des affaires.

💡 Mouvement de 🔵fondamentalisation du droit privé : place croissante des 🔵droits fondamentaux dans le droit des affaires.

🟣Exemples :

  • 🟣Liberté d’entreprendre : consacrée en 🟠1982 (via 🌸article 4 DDHC), confirmée par une QPC en 🟠2012.
  • 🟣QPC de 🟠2021 : sanction administrative déclarée inconstitutionnelle (atteinte au principe de nécessité des peines).
  • 🟣QPC de 🟠2022 (Affaire Wish) : la publicité commerciale est une expression protégée, pouvant être limitée si nécessaire et proportionnée.


3. Les usages et la coutume

Les 🔵usages : pratiques habituelles d’un milieu professionnel ou géographique, qui peuvent avoir force obligatoire.

  • Sont opposables à des non-professionnels si connus (🟣Civ. 4 oct. 2023).
  • Peuvent être prouvés par tout moyen, notamment par un 🔵parère (attestation d’une autorité compétente).

🔵François Gény : les 🔵usages = élément matériel de la 🔵coutume, qui comprend aussi un élément psychologique :

l’opinio juris seu necessitatis (conviction que la règle est obligatoire)

➡️ Certains usages sont contra legem :

  • Exemple : la 🔵solidarité passive en droit commercial, présumée, contrairement à 🌸l’article 1310 du Code civil.


4. La doctrine

La 🔵doctrine commente, critique et influence l’interprétation du droit.

Grands noms à Montpellier :

  • Jean-Jacques Mousseron
  • Didier Ferrier (créateur du droit de la distribution)
  • Michel Cabrillac


B – Les sources supranationales

1. Les sources européennes

Basées sur :

  • Le 🔵droit primaire : 🌸Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)
  • 🌸La Charte des droits fondamentaux de l’UE (article 16 : 🔵liberté d’entreprendre)

🌍 Objectif : construction d’un 🔵marché intérieur sans frontières, avec :

  • 🔵Liberté d’établissement
  • 🔵Libre prestation de services

Instruments utilisés :

  • 🌸Directives (transposables)
  • 🌸Règlements (applicables directement)

🌸Exemples :

  • 🌸Directive de 🟠1986 : coordination du statut des agents commerciaux
  • 🌸Directive de 🟠2007 : sur les droits des actionnaires de sociétés cotées
  • 🌸Règlement de 🟠2015 : procédure d’insolvabilité transfrontalière (juge compétent, loi applicable)

➡️ Une disposition "nationale" peut être en réalité d’origine européenne, via transposition.

🟣Jurisprudence CJUE :

  • 🟣Arrêt INGMAR (🟠2000) : interprétation protectrice de la directive de 🟠1986 → prime au statut de l’agent commercial.


2. Les autres sources supranationales

Le 🔵commerce international a explosé depuis la fin du 🟠XXe siècle.

📜 Deux types d’accords :

  1. Coordination des systèmes → détermine la loi applicable (ex. conventions de La Haye)
  2. Uniformisation du fond → remplace les droits nationaux :
  • 🌸Convention de Vienne (🟠11 avril 1980) : vente internationale de marchandises
  • 🌸Conventions de Genève (🟠1930 et 🟠1931) : uniformisent le droit des lettres de change et des chèques

Les 🔵usages et coutumes jouent aussi un rôle essentiel en droit commercial international.

🟣CEDH :

  • 🌸Convention européenne des droits de l’homme (🟠1950), en vigueur depuis 🟠1953
  • 🟣Jurisprudence influente sur les 🔵libertés économiques
  • Peut être saisie individuellement → les États peuvent être condamnés

➡️ Cela contribue à la 🔵fondamentalisation du droit des affaires au niveau international.

🧩 III – LE DOMAINE DU DROIT COMMERCIAL


Conceptions de la commercialité

Deux visions principales s’affrontent :

  1. 🔵Subjective : ce qui compte, c’est la qualité de commerçant → toute opération d’un commerçant est commerciale.
  2. 🔵Objective : seuls certains actes spécifiques sont des 🔵actes de commerce, peu importe l’auteur.

➡️ En France, le Code de commerce adopte une 🔵conception mixte :

  • 🌸 Livre I, Titre I : les actes de commerce
  • 🌸 Livre I, Titre II : les commerçants

🌸 Article L121-1 C. com. : est commerçant celui qui exerce des actes de commerce à titre de profession habituelle.

💡 Conséquence : certains non-commerçants peuvent accomplir des actes de commerce isolés, mais cela ne suffit pastoujours à appliquer les règles du droit commercial.


📦 Paragraphe 1 – Les actes de commerce

A – L’identification des actes de commerce

Le Code de commerce n’en donne pas de définition générale, mais une énumération (🌸art. L110-1 et L110-2).

🔵 Doctrine : classification selon 3 critères :

  • Économique (Thaller) : acte de circulation des richesses
  • Psychologique (Lyon-Caen & Renault) : intention spéculative
  • Juridique (Escarra) : répétition professionnelle d’actes dans une entreprise organisée

1. Les actes de commerce par nature

🌸 Art. L110-1 : actes commerciaux quelle que soit la qualité de la personne.

Trois catégories principales :


a. Les actes de commerce par la forme

🌸 Art. L110-1, 10° :

  • 🔵Lettre de change : toujours un acte de commerce
  • ⚠️ Différent du chèque, non visé dans cet article
  • 🌸 Art. L314-21 C. conso. : lettres interdites dans les crédits à la consommation
  • 🔵Sociétés commerciales par la forme (🌸art. L210-1 C. com.) :
  • SNC, SARL, SA, SAS…
  • Le contrat de société devient acte de commerce → la société acquiert la qualité de commerçant par la forme


b. Les actes de commerce par l’objet

🌸 Art. L110-1 : nombreux actes visés.

Exemples :

  • 🔵Achat pour revendre : essence même de la spéculation → deux actes de commerce :
  • Achat
  • Revente

⚠️ Sont exclus :

  • Ventes sans achat préalable (extraction minière, vente d’un brevet)
  • Revente occasionnelle d’un bien personnel → acte civil
  • 🔵Opérations d’entremise :
  • 🌸Courtage (7° L110-1)
  • 🔵Commission : doit être exercée en entreprise (voir ci-dessous)
  • 🔵Opérations bancaires, financières, assurance :
  • 🌸 L110-1 vise : change, banque, monnaie électronique, paiement
  • ❌ Opérations boursières et assurance non citées
  • ⚠️ Jurisprudence 🟣Cass. 1912 : les opérations de bourse sont civiles, sauf entre professionnels


c. Les actes de commerce réalisés en entreprise

Le Code lie la commercialité à l’exercice professionnel de l’activité.

🌸 Exemples énumérés dans L110-1 :

  • 🔵Entreprise de location de meubles
  • 🔵Entreprise de manufacture (production)
  • 🔵Entreprise de commission (🌸art. L132-1 : agit en son nom propre pour le compte d’un tiers)
  • 🔵Entreprise de transport (ajouter le transport aérien)
  • 🔵Entreprise de fourniture (livraisons récurrentes)
  • 🔵Établissements de vente à l’encans (exceptions selon le statut du vendeur)

🔵Différence :

  • Mandataire = acte civil
  • Commissionnaire = acte de commerce (s’engage personnellement)
  • Courtier = n’intervient pas juridiquement dans l’opération

🎯 Idée clé : la 🔵répétition professionnelle + organisation préalable fait l’entreprise.


2. Les actes de commerce par accessoire

🌸 Art. L110-1, 9° : les obligations entre commerçants sont commerciales.

Deux cas :

  • 🔵Accessoire subjectif : un acte civil devient commercial car il est fait par un commerçant pour les besoins de son commerce.
  • 🟣Ex. : 🟣Cass. 15 nov. 2005 — prêt contracté par un non-commerçant pour aider son conjoint commerçant → acte de commerce.
  • 🔵Accessoire objectif : un acte devient commercial car rattaché à un acte de commerce.

🌸 Ordonnance du 15 sept. 2021 : ajout de 🌸l’article L110-1, 11° → le cautionnement devient commercial par accessoire, même si la caution est non-commerçante.

B – Le régime juridique des actes de commerce

Les actes de commerce obéissent à des règles spécifiques différentes du droit civil.


1. Les règles particulières applicables aux actes de commerce


a. Les actes de commerce possiblement passés par des non-commerçants

Il existe certaines règles dérogatoires au droit civil, applicables même aux non-commerçants dès lors que l’acte est commercial.


🔶 α – La solidarité commerciale

🌸 Article L110-1 : inclut l’obligation entre commerçants.

🔵En droit commercial, la solidarité est présumée entre coobligés, sauf preuve du contraire.

⚠️ Cela contredit 🌸l’article 1310 du Code civil, qui exige une stipulation expresse de solidarité.


🔶 β – La prescription

🌸 Article L110-4 du Code de commerce : le délai de prescription est de 5 ans pour les obligations nées à l’occasion de leur commerce.

➡️ Délai plus court qu’en droit civil (🌸5 ans aussi aujourd’hui, mais avant 🟠2008, c’était 30 ans !).


🔶 γ – La compétence juridictionnelle

En principe, compétence des tribunaux de commerce pour les litiges commerciaux.

Mais en cas de litige mixte (commercial / civil), des aménagements sont nécessaires (cf. infra).


b. Les actes de commerce nécessairement passés par des commerçants

Ces actes impliquent l’application de règles encore plus spécifiques.


🔶 α – Le principe de liberté de la preuve

🌸 Article L110-3 C. com. : "à l’égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens".

🔵Contrairement au droit civil qui impose des règles strictes (ex : écrit au-delà de 1500€), ici la preuve est libre.


🧾 Le domaine – précisions


📌 Les conséquences


🔶 β – Les clauses dérogeant à la compétence territoriale de juridiction

🌸 En matière commerciale, les clauses attributives de juridiction (territoriale) sont valables entre commerçants.

⚠️ En droit civil, ces clauses sont plus strictement encadrées.


2. Les aménagements nécessaires en cas d’acte mixte

Un acte mixte est un acte commercial pour une partie, civil pour l’autre.

💡 Cas classique : vente entre un commerçant et un consommateur.


a. Le principe : approche distributive

Chaque partie est jugée selon son propre statut :

  • Le commerçant est jugé selon le droit commercial.
  • Le non-commerçant bénéficie du droit civil.

📚 Ex : si le non-commerçant est défendeur → il peut refuser la compétence du tribunal de commerce.


b. L’exception : approche unitaire

Dans certains cas, le juge peut appliquer les mêmes règles aux deux parties, notamment :

  • Si le non-commerçant accepte la compétence commerciale.
  • Ou s’il agit à des fins professionnelles.

👤 Paragraphe 2 – Le commerçant


A – L’identification du commerçant

🌸 Article L121-1 du Code de commerce :

« Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. »

🔵 Trois critères cumulatifs :

  1. Réalisation d’actes de commerce
  2. À titre de profession habituelle
  3. De manière indépendante


1. L’approche positive

Deux manières d’être reconnu commerçant :


a. Le commerçant qualifié par son activité

➡️ Il exerce effectivement une activité commerciale, quelle que soit sa forme juridique.

📌 Activités concernées :

  • 🔵Achat pour revendre
  • 🔵Activité industrielle ou de production
  • 🔵Prestations de services commerciales

🔵Indépendance requise : ne pas être subordonné juridiquement à un tiers.


b. Le commerçant qualifié par sa forme

➡️ Certaines structures juridiques sont commerçantes par leur forme, même si leur activité est civile.

🌸 Article L210-1 : sociétés commerciales par la forme :

  • SNC, SARL, SA, SAS…

🧠 Le contrat de société donne naissance à une personne morale commerçante, même si elle exerce une activité civile.


2. L’approche négative

➡️ Certains professionnels ne sont pas commerçants, malgré une activité proche ou des actes commerciaux.


a. Les professionnels auteurs d’actes de commerce à titre non-indépendant

👔 Exemples :

  • Salariés
  • Agents commerciaux (sous certaines conditions)
  • Gérants non associés

🔵Ils accomplissent des actes de commerce au nom et pour le compte d’un employeur, pas pour eux-mêmes.


b. Les professionnels indépendants réalisant des actes autres que commerciaux

➡️ Ils exercent des professions civiles, malgré leur indépendance.


Trois catégories :

🔹 🔵Les agriculteurs

➡️ Activité de production végétale/animale → acte civil, même si spéculatif.

🔹 🔵Les artisans

➡️ Travail manuel ou intellectuel → ne spéculent pas sur la main-d'œuvre d'autrui.

🔹 🔵Les professions libérales

➡️ Activité à forte technicité intellectuelle (médecins, avocats...)

➡️ 🧾 Paiement à l’honoraire, et non au prix → acte civil


B – Les obligations communes à tous les commerçants


1. 🌸 L’obligation d’immatriculation

📍 Obligation de s’inscrire au 🔵Registre du commerce et des sociétés (RCS)

➡️ Donne date de début d’activité commerciale officielle


2. 🌸 L’obligation de tenir une comptabilité

🌸 Articles L123-12 à L123-28 C. com.

📚 Contenu :

  • 🔹Journal comptable
  • 🔹Grand livre
  • 🔹Comptes annuels

💡 Objectif : garantir la transparence financière


3. 🌸 Les obligations fiscales

💶 Soumission à différents régimes :

  • TVA
  • Impôt sur les sociétés ou sur le revenu
  • Taxe professionnelle (remplacée par la CFE)