📘 INTRODUCTION
Le 🔵droit commercial, au sens strict, est une branche du droit privé qui détermine :
- le 🔵statut des commerçants (individuels ou en groupements),
- le 🔵régime juridique applicable aux opérations réalisées par ces commerçants dans le cadre de leur activité professionnelle.
Cependant, cette conception est dépassée. Certains auteurs préfèrent évoquer plus largement le 🔵droit des affaires, défini comme le droit applicable aux 🔵entreprises en général, dès lors qu’elles contribuent à l’activité économique, même si cette activité n’est pas strictement commerciale.
⚖️ Exemples :
- Le professionnel qui achète et revend des voitures est un 🔵commerçant.
- Un médecin libéral, qui s’installe à son compte, n’est pas un commerçant mais dirige une 🔵entreprise.
➡️ Le cours de droit commercial est donc à comprendre au sens large, comme une introduction au droit des affaires.
🧠 Notions importantes
- De nombreuses notions du 🔵droit des affaires proviennent du droit commercial :
- Exemple : la notion de 🔵fonds de commerce a inspiré celles de 🔵fonds libéral, 🔵artisanal ou 🔵rural.
- Certaines règles historiquement propres au droit commercial ont été étendues :
- Le 🔵droit des entreprises en difficulté (anciennement le droit de la faillite) s’appliquait auparavant uniquement aux 🔵commerçants.
- Aujourd’hui, il s’applique également aux :
- 🔵sociétés civiles,
- 🔵artisans,
- 🔵professions libérales.
➡️ Le 🔵droit commercial constitue ainsi une clé d’entrée idéale dans le droit des affaires.
📚 Bibliographie recommandée
- Descamps – Histoire du droit des affaires
- Blaise – Introduction au droit des affaires
- Lucas – Droit commercial (PUF)
- Dalloz / Kenfack – Droit commercial
- Viandier – Droit commercial
📑 Informations sur l'examen
- Format : questions de cours + petits cas pratiques.
- Objectif : comprendre, bien mémoriser, et restituer clairement les notions.
🏛️ I – L’HISTOIRE DU DROIT COMMERCIAL
A – Avant le Code de commerce de 🟠1807
1. L’🟠Antiquité
Le 🔵commerce existe dès les sociétés antiques. Il repose sur la 🔵circulation des richesses, ce qui nécessite un encadrement juridique, souvent de nature coutumière.
- En Grèce antique (🟠VIe siècle av. J.-C.), les marins grecs établissent des comptoirs autour de la Méditerranée.
- Existence de 🔵groupements, prêts, investissements.
- À Babylone, on trouve des formes primitives de banque : dépôt d’argent dans les temples → prêt par les prêtres.
- Le 🔵Code d’Hammurabi contient des règles sur le 🔵prêt, les sociétés, les contrats d’intermédiaires.
Exemples marquants :
- La 🔵loi rhodienne du jet à la mer → origine de la théorie des avaries communes.
- Le 🔵nautikon daneion (ou prêt à la grosse aventure) : prêt risqué remboursé uniquement si le voyage est réussi.
À Rome, coexistent :
- Le 🔵droit civil romain, rigide,
- Le 🔵jus gentium, souple, adapté au commerce et aux étrangers.
Le 🔵prêteur détient l’imperium et développe un 🔵droit prétorien plus flexible.
Notions importantes :
- 🔵Solidarité passive présumée
- 🔵Réflexions sur les contrats, le prêt et la faillite
2. Le 🟠Moyen Âge
- Reprise du commerce avec les croisades (Est-Ouest), puis du Nord au Sud (Italie → Flandres).
- Apparition des 🔵foires (🟠XIe siècle) : lieux de rencontre marchands réguliers.
- 🔵Résistance de l’Église au prêt à intérêt, contournée par des montages juridiques.
- Création des 🔵corporations de marchands, qui structurent la profession.
Évolutions majeures :
- Naissance des 🔵juridictions commerciales, adaptées aux besoins marchands.
- Redécouverte du 🔵Digeste romain et développement du 🔵droit des obligations commerciales.
- Influence des 🔵glossateurs (Italie, France – 🟠XIe-XIIe siècle), et des 🔵bartolistes (🟠XIVe siècle).
Création de :
- 🔵Ouvrages savants en droit commercial (ex : Dumoulin au 🟠XVIe siècle).
- 🔵Banque moderne à travers les changeurs et banquiers (étym. "banquéli").
- 🔵Lettre de change : multiple fonctions (paiement, crédit), codifiée par 🟠l’ordonnance de Colbert de 1673 → début d’un droit commercial cohérent.
Colbert s’appuie sur :
- Jacques Savary, jurisconsulte, auteur du 🔵Parfait Négociant.
- L’ordonnance devient connue comme le 🔵Code Savary.
3. La 🟠Révolution française
➡️ Apport fondamental : principe de liberté.
- 🌸 Loi du 🟠2 mars 1791 : 🌸Décret d’Allarde → supprime les privilèges professionnels et proclame la 🌸liberté du commerce et de l’industrie.
- 🌸 Loi du 🟠juin 1791 : 🌸Loi Le Chapelier → supprime les corporations et interdit les regroupements de professionnels.
➡️ Consécration des 🔵fondements du libéralisme économique, préfigurant le Code de commerce de 🟠1807.
B – À partir du Code de commerce de 🟠1807
1. Jusqu’à la 🟠Première Guerre mondiale
- 🟠1806 : Napoléon relance la codification → Code achevé en 🟠1807.
- Jugé incomplet, sévère (faillites), mal adapté à l’ère industrielle.
- Multiples évolutions depuis → "🔵décodification continue" (XIXe-XXe).
Exemples :
- 🌸 Loi de 🟠1844 sur les brevets
- 🌸 Loi de 🟠1865 sur les chèques
- 🌸 Loi de 🟠24 juillet 1867 : liberté de constituer une société anonyme (sans autorisation)
➡️ Période marquée par un 🔵libéralisme économique, mais encadré :
- 🌸 Loi de 🟠1905 : répression de la fraude
- 🌸 Loi de 🟠1907 : protection de l’épargne
2. La 🟠Crise de 1929
➡️ Instaure une économie dirigée :
- Encadrement des prix
- Contrôle des changes
- Réglementation du crédit
3. Après la 🟠Seconde Guerre mondiale
➡️ Avènement d’une 🔵économie mixte :
- Coexistence de textes interventionnistes et libéraux.
- Apparition du 🔵lobbying (acteurs privés dans la norme).
- Mise en place d’autorités de régulation (ex : Autorité de la concurrence).
➡️ Influence croissante de la construction européenne :
- 🟢 Objectif : ouverture à la concurrence.
- 🔵Paradoxe : parfois accompagnée d’une intensification réglementaire.
📚 II – LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL
A – Les sources nationales
1. Les textes
La principale source est 🌸le Code de commerce, refondu en 🟠2000 (législation) et 🟠2007 (codification complète).
Le projet de codification a été lancé en 🟠1989. Il s’agit d’une 🔵codification à droit constant : rassembler les textes sans modifier leur contenu, uniquement pour 🔵les rendre plus accessibles.
- Le Code de commerce de 🟠2000 a remplacé l’ancien 🌸Code Napoléonien.
- C’est une 🔵codification compilation, pas une codification création.
💬 Il contient des fondamentaux du droit commercial :
- 🌸Définition du commerçant
- 🌸Statut juridique des sociétés commerciales
- 🌸Régime des lettres de change
Avantages notables :
- Permis de détecter l’abrogation involontaire d’un article essentiel sur la compétence des tribunaux de commerce en 🟠1991.
🌸Réformes récentes :
- 🌸Ordonnance du 🟠16 septembre 2020 : distingue les sociétés cotées dans le Livre II.
- 🌸Trois ordonnances du 🟠15 septembre 2021 :
- Création du 🔵registre national des entreprises
- Transposition européenne sur les entreprises en difficulté (Livre VI)
- Réforme du 🔵droit des sûretés (modifie le 🌸Code civil et le 🌸Code de commerce)
- 🌸Loi du 🟠20 novembre 2023 : expérimentation d’un 🔵tribunal des activités économiques
➡️ En complément :
- 🌸Article 34 de la Constitution : la loi fixe les 🔵garanties fondamentales pour les libertés publiques.
2. La jurisprudence
Source majeure, surtout du 🔵pouvoir judiciaire via la 🟣Cour de cassation.
Elle crée de nombreuses règles, ou les précise :
- Exemple : la 🟣concurrence déloyale repose sur 🌸l’article 1240 du Code civil.
- 🟣Abus de majorité, abus de minorité ou de droit de vote : jurisprudence dominante.
➡️ 🟣Conseil constitutionnel : contrôle la conformité des lois à la Constitution, y compris en matière de droit commercial (ex : via QPC).
➡️ 🟣Conseil d’État : contrôle la légalité des actes administratifs affectant le monde des affaires.
💡 Mouvement de 🔵fondamentalisation du droit privé : place croissante des 🔵droits fondamentaux dans le droit des affaires.
🟣Exemples :
- 🟣Liberté d’entreprendre : consacrée en 🟠1982 (via 🌸article 4 DDHC), confirmée par une QPC en 🟠2012.
- 🟣QPC de 🟠2021 : sanction administrative déclarée inconstitutionnelle (atteinte au principe de nécessité des peines).
- 🟣QPC de 🟠2022 (Affaire Wish) : la publicité commerciale est une expression protégée, pouvant être limitée si nécessaire et proportionnée.
3. Les usages et la coutume
Les 🔵usages : pratiques habituelles d’un milieu professionnel ou géographique, qui peuvent avoir force obligatoire.
- Sont opposables à des non-professionnels si connus (🟣Civ. 4 oct. 2023).
- Peuvent être prouvés par tout moyen, notamment par un 🔵parère (attestation d’une autorité compétente).
🔵François Gény : les 🔵usages = élément matériel de la 🔵coutume, qui comprend aussi un élément psychologique :
l’opinio juris seu necessitatis (conviction que la règle est obligatoire)
➡️ Certains usages sont contra legem :
- Exemple : la 🔵solidarité passive en droit commercial, présumée, contrairement à 🌸l’article 1310 du Code civil.
4. La doctrine
La 🔵doctrine commente, critique et influence l’interprétation du droit.
Grands noms à Montpellier :
- Jean-Jacques Mousseron
- Didier Ferrier (créateur du droit de la distribution)
- Michel Cabrillac
B – Les sources supranationales
1. Les sources européennes
Basées sur :
- Le 🔵droit primaire : 🌸Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)
- 🌸La Charte des droits fondamentaux de l’UE (article 16 : 🔵liberté d’entreprendre)
🌍 Objectif : construction d’un 🔵marché intérieur sans frontières, avec :
- 🔵Liberté d’établissement
- 🔵Libre prestation de services
Instruments utilisés :
- 🌸Directives (transposables)
- 🌸Règlements (applicables directement)
🌸Exemples :
- 🌸Directive de 🟠1986 : coordination du statut des agents commerciaux
- 🌸Directive de 🟠2007 : sur les droits des actionnaires de sociétés cotées
- 🌸Règlement de 🟠2015 : procédure d’insolvabilité transfrontalière (juge compétent, loi applicable)
➡️ Une disposition "nationale" peut être en réalité d’origine européenne, via transposition.
🟣Jurisprudence CJUE :
- 🟣Arrêt INGMAR (🟠2000) : interprétation protectrice de la directive de 🟠1986 → prime au statut de l’agent commercial.
2. Les autres sources supranationales
Le 🔵commerce international a explosé depuis la fin du 🟠XXe siècle.
📜 Deux types d’accords :
- Coordination des systèmes → détermine la loi applicable (ex. conventions de La Haye)
- Uniformisation du fond → remplace les droits nationaux :
- 🌸Convention de Vienne (🟠11 avril 1980) : vente internationale de marchandises
- 🌸Conventions de Genève (🟠1930 et 🟠1931) : uniformisent le droit des lettres de change et des chèques
Les 🔵usages et coutumes jouent aussi un rôle essentiel en droit commercial international.
🟣CEDH :
- 🌸Convention européenne des droits de l’homme (🟠1950), en vigueur depuis 🟠1953
- 🟣Jurisprudence influente sur les 🔵libertés économiques
- Peut être saisie individuellement → les États peuvent être condamnés
➡️ Cela contribue à la 🔵fondamentalisation du droit des affaires au niveau international.
🧩 III – LE DOMAINE DU DROIT COMMERCIAL
Conceptions de la commercialité
Deux visions principales s’affrontent :
- 🔵Subjective : ce qui compte, c’est la qualité de commerçant → toute opération d’un commerçant est commerciale.
- 🔵Objective : seuls certains actes spécifiques sont des 🔵actes de commerce, peu importe l’auteur.
➡️ En France, le Code de commerce adopte une 🔵conception mixte :
- 🌸 Livre I, Titre I : les actes de commerce
- 🌸 Livre I, Titre II : les commerçants
🌸 Article L121-1 C. com. : est commerçant celui qui exerce des actes de commerce à titre de profession habituelle.
💡 Conséquence : certains non-commerçants peuvent accomplir des actes de commerce isolés, mais cela ne suffit pastoujours à appliquer les règles du droit commercial.
📦 Paragraphe 1 – Les actes de commerce
A – L’identification des actes de commerce
Le Code de commerce n’en donne pas de définition générale, mais une énumération (🌸art. L110-1 et L110-2).
🔵 Doctrine : classification selon 3 critères :
- Économique (Thaller) : acte de circulation des richesses
- Psychologique (Lyon-Caen & Renault) : intention spéculative
- Juridique (Escarra) : répétition professionnelle d’actes dans une entreprise organisée
1. Les actes de commerce par nature
🌸 Art. L110-1 : actes commerciaux quelle que soit la qualité de la personne.
Trois catégories principales :
a. Les actes de commerce par la forme
🌸 Art. L110-1, 10° :
- 🔵Lettre de change : toujours un acte de commerce
- ⚠️ Différent du chèque, non visé dans cet article
- 🌸 Art. L314-21 C. conso. : lettres interdites dans les crédits à la consommation
- 🔵Sociétés commerciales par la forme (🌸art. L210-1 C. com.) :
- SNC, SARL, SA, SAS…
- Le contrat de société devient acte de commerce → la société acquiert la qualité de commerçant par la forme
b. Les actes de commerce par l’objet
🌸 Art. L110-1 : nombreux actes visés.
Exemples :
- 🔵Achat pour revendre : essence même de la spéculation → deux actes de commerce :
- Achat
- Revente
⚠️ Sont exclus :
- Ventes sans achat préalable (extraction minière, vente d’un brevet)
- Revente occasionnelle d’un bien personnel → acte civil
- 🔵Opérations d’entremise :
- 🌸Courtage (7° L110-1)
- 🔵Commission : doit être exercée en entreprise (voir ci-dessous)
- 🔵Opérations bancaires, financières, assurance :
- 🌸 L110-1 vise : change, banque, monnaie électronique, paiement
- ❌ Opérations boursières et assurance non citées
- ⚠️ Jurisprudence 🟣Cass. 1912 : les opérations de bourse sont civiles, sauf entre professionnels
c. Les actes de commerce réalisés en entreprise
Le Code lie la commercialité à l’exercice professionnel de l’activité.
🌸 Exemples énumérés dans L110-1 :
- 🔵Entreprise de location de meubles
- 🔵Entreprise de manufacture (production)
- 🔵Entreprise de commission (🌸art. L132-1 : agit en son nom propre pour le compte d’un tiers)
- 🔵Entreprise de transport (ajouter le transport aérien)
- 🔵Entreprise de fourniture (livraisons récurrentes)
- 🔵Établissements de vente à l’encans (exceptions selon le statut du vendeur)
🔵Différence :
- Mandataire = acte civil
- Commissionnaire = acte de commerce (s’engage personnellement)
- Courtier = n’intervient pas juridiquement dans l’opération
🎯 Idée clé : la 🔵répétition professionnelle + organisation préalable fait l’entreprise.
2. Les actes de commerce par accessoire
🌸 Art. L110-1, 9° : les obligations entre commerçants sont commerciales.
Deux cas :
- 🔵Accessoire subjectif : un acte civil devient commercial car il est fait par un commerçant pour les besoins de son commerce.
- 🟣Ex. : 🟣Cass. 15 nov. 2005 — prêt contracté par un non-commerçant pour aider son conjoint commerçant → acte de commerce.
- 🔵Accessoire objectif : un acte devient commercial car rattaché à un acte de commerce.
🌸 Ordonnance du 15 sept. 2021 : ajout de 🌸l’article L110-1, 11° → le cautionnement devient commercial par accessoire, même si la caution est non-commerçante.
B – Le régime juridique des actes de commerce
Les actes de commerce obéissent à des règles spécifiques différentes du droit civil.
1. Les règles particulières applicables aux actes de commerce
a. Les actes de commerce possiblement passés par des non-commerçants
Il existe certaines règles dérogatoires au droit civil, applicables même aux non-commerçants dès lors que l’acte est commercial.
🔶 α – La solidarité commerciale
🌸 Article L110-1 : inclut l’obligation entre commerçants.
🔵En droit commercial, la solidarité est présumée entre coobligés, sauf preuve du contraire.
⚠️ Cela contredit 🌸l’article 1310 du Code civil, qui exige une stipulation expresse de solidarité.
🔶 β – La prescription
🌸 Article L110-4 du Code de commerce : le délai de prescription est de 5 ans pour les obligations nées à l’occasion de leur commerce.
➡️ Délai plus court qu’en droit civil (🌸5 ans aussi aujourd’hui, mais avant 🟠2008, c’était 30 ans !).
🔶 γ – La compétence juridictionnelle
En principe, compétence des tribunaux de commerce pour les litiges commerciaux.
Mais en cas de litige mixte (commercial / civil), des aménagements sont nécessaires (cf. infra).
b. Les actes de commerce nécessairement passés par des commerçants
Ces actes impliquent l’application de règles encore plus spécifiques.
🔶 α – Le principe de liberté de la preuve
🌸 Article L110-3 C. com. : "à l’égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens".
🔵Contrairement au droit civil qui impose des règles strictes (ex : écrit au-delà de 1500€), ici la preuve est libre.
🧾 Le domaine – précisions
📌 Les conséquences
🔶 β – Les clauses dérogeant à la compétence territoriale de juridiction
🌸 En matière commerciale, les clauses attributives de juridiction (territoriale) sont valables entre commerçants.
⚠️ En droit civil, ces clauses sont plus strictement encadrées.
2. Les aménagements nécessaires en cas d’acte mixte
Un acte mixte est un acte commercial pour une partie, civil pour l’autre.
💡 Cas classique : vente entre un commerçant et un consommateur.
a. Le principe : approche distributive
Chaque partie est jugée selon son propre statut :
- Le commerçant est jugé selon le droit commercial.
- Le non-commerçant bénéficie du droit civil.
📚 Ex : si le non-commerçant est défendeur → il peut refuser la compétence du tribunal de commerce.
b. L’exception : approche unitaire
Dans certains cas, le juge peut appliquer les mêmes règles aux deux parties, notamment :
- Si le non-commerçant accepte la compétence commerciale.
- Ou s’il agit à des fins professionnelles.
👤 Paragraphe 2 – Le commerçant
A – L’identification du commerçant
🌸 Article L121-1 du Code de commerce :
« Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. »
🔵 Trois critères cumulatifs :
- Réalisation d’actes de commerce
- À titre de profession habituelle
- De manière indépendante
1. L’approche positive
Deux manières d’être reconnu commerçant :
a. Le commerçant qualifié par son activité
➡️ Il exerce effectivement une activité commerciale, quelle que soit sa forme juridique.
📌 Activités concernées :
- 🔵Achat pour revendre
- 🔵Activité industrielle ou de production
- 🔵Prestations de services commerciales
🔵Indépendance requise : ne pas être subordonné juridiquement à un tiers.
b. Le commerçant qualifié par sa forme
➡️ Certaines structures juridiques sont commerçantes par leur forme, même si leur activité est civile.
🌸 Article L210-1 : sociétés commerciales par la forme :
- SNC, SARL, SA, SAS…
🧠 Le contrat de société donne naissance à une personne morale commerçante, même si elle exerce une activité civile.
2. L’approche négative
➡️ Certains professionnels ne sont pas commerçants, malgré une activité proche ou des actes commerciaux.
a. Les professionnels auteurs d’actes de commerce à titre non-indépendant
👔 Exemples :
- Salariés
- Agents commerciaux (sous certaines conditions)
- Gérants non associés
🔵Ils accomplissent des actes de commerce au nom et pour le compte d’un employeur, pas pour eux-mêmes.
b. Les professionnels indépendants réalisant des actes autres que commerciaux
➡️ Ils exercent des professions civiles, malgré leur indépendance.
Trois catégories :
🔹 🔵Les agriculteurs
➡️ Activité de production végétale/animale → acte civil, même si spéculatif.
🔹 🔵Les artisans
➡️ Travail manuel ou intellectuel → ne spéculent pas sur la main-d'œuvre d'autrui.
🔹 🔵Les professions libérales
➡️ Activité à forte technicité intellectuelle (médecins, avocats...)
➡️ 🧾 Paiement à l’honoraire, et non au prix → acte civil
B – Les obligations communes à tous les commerçants
1. 🌸 L’obligation d’immatriculation
📍 Obligation de s’inscrire au 🔵Registre du commerce et des sociétés (RCS)
➡️ Donne date de début d’activité commerciale officielle
2. 🌸 L’obligation de tenir une comptabilité
🌸 Articles L123-12 à L123-28 C. com.
📚 Contenu :
- 🔹Journal comptable
- 🔹Grand livre
- 🔹Comptes annuels
💡 Objectif : garantir la transparence financière
3. 🌸 Les obligations fiscales
💶 Soumission à différents régimes :
- TVA
- Impôt sur les sociétés ou sur le revenu
- Taxe professionnelle (remplacée par la CFE)
