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Contemporaine

Les bases chronologiques et géographiques de la question au programme

Sociétés post-coloniales → questionne sur le phénomène de colonisation. Des

sociétés métissées. L’Europe est sans cesse interrogée par son passé colonial. Il y a des pays

qui se projettent en dehors de leurs frontières. Dès le 17ème → des pays qui cherchent à

s’établir sur d’autres continents. Dans le Nouveau Monde, sur les côtes africaines ou dans

les comptoirs en Asie.

Subaltern Studies → une histoire qui s’intéresse aux marges. S’intéresse aux colonisés,

à ceux qui sont dominés par la conquête. On a deux Europe :

- Colonisatrice

- Europe en retrait=

Va se jouer entre les espagnols, les portugais, l’Angleterre, les Provinces Unies, la

France. Selon les époques, c’est l’un ou l’autre qui domine. Britanniques à l’est de l’Afrique,

les français dans l’Afrique occidentale, les allemands et les portugais vers le sud, les belges au

Congo. Long travail d’indépendance qui se met en place et qui va donner naissance au

mouvement de décolonisation.


I - Un premier tour d’horizon


1 - Quand l’Europe dominait le monde


Au 19ème, l’Europe ne cesse d'accroître sa supériorité, qu’elle soit éco, militaire sur le

reste du monde. Deux exceptions :

- Le Japon

- Les États-Unis

Les européens en tirent un sentiment de supériorité culturelle. Mission civilisatrice

que les hommes politiques exacerbent. Les révoltes et contestations arriveront très

tardivement (plutôt entre les deux guerres).

A - L’ère des empires


19ème siècle → le Royaume-Uni poursuit la conquête des Indes pour contrôler les

routes maritimes. La France conquiert l’Algérie. Ces deux puissances édifient des empires

coloniaux aux dimensions du monde. Les Pays-Bas → renforcent leur présence dans les Indes

néerlandaises.


L’impérialisme : forme de mise en dépendance qui peut être politique, économique

ou culturelle. Ne s’accompagne pas nécessairement de la colonisation.

Colonialisme : doctrine qui justifie et prône la colonisation en insistant sur les

avantages que peut tirer la métropole et qui met en avant les bienfaits que les colonisés sont

censés tirer de cette doctrine.

Néo-colonialisme : on essaye de maintenir un pays dépendant quand il n’est plus

colonisé. Invention de la France-Afrique → permet de continuer à asseoir sa domination

économique, culturelle auprès de pays devenus indépendants.

Les jeunes nations européennes vont entrer dans le jeu. Elles ne seront puissantes

que si elles se sont lancées dans la colonisation. Font de la colonisation la condition et

l’expression de la puissance. Voilà comment impérialisme se généralise à partir de 1780. La

puissance d’un État se mesure à sa capacité de s’étendre dans des colonies. La conférence

de Berlin = les européens qui vont se partager l’Afrique.

1914 : a démontré l’importance des colonies pour les métropoles. La France n’aurait

pas pu gagner si elle n’avait pas compté sur la force de ses colonies. 1931 : exposition

coloniale internationale. Entre deux guerres = l’apogée de la célébration des colonies.

B - Les formes de la domination


Colonie = la forme de domination juridique la plus visible et la plus répandue.

S’accompagne d’une politique de peuplement par des colons européens → le cas en Algérie.

Colonie de peuplement dans le pays. Même chose pour les anglais en Afrique du Sud.

La plupart du temps, une colonie = quelques européens (des militaires) et des

expatriés qui viennent passer un peu de temps dans la colonie. Il s’agit de la domination

revendiquée. Se caractérise par le protectorat ou le mandat. C’est ce que fait la France au

Magreb → Tunisie et Maroc sont des protectorats français.

Protectorat : régime juridique qui est fixé par un traité international. Il dit qu’un État

puissant va exercer le contrôle sur un autre État moins puissant en contrepartie de sa

protection. Prend appuie sur 3 piliers : relations extérieures, sécurité intérieure,

administration. Le puissant qui domine le faible.

Mandat : ne vaut qu’au lendemain de la première guerre mondiale. La SDN a inventé

le mandat pour administrer des territoires issus de l’empire allemand ou de l’empire ottoman

au lendemain de la guerre. Institution qui confère aux États mandataires d’administrer et de

protéger les anciennes colonies des territoires centraux qui ont été vaincues.

⇒ Voilà pourquoi le Liban et la Syrie sont francophiles.

On peut exercer sa domination en imposant des traités.


Concession : quartier d’une ville dans lequel vont résider des étrangers qui jouiront

d’une administration et une juridiction autonomes.

⇒ Les formes de dominations sont variables. De la plus revendicative à

commerciales. Ce qu’elles ont en commun = capacité des européens à imposer leurs

présences.

C - Les Européens et les colons


Plusieurs logiques : religieuses, financières, commerciales etc. Convergent dans un

modèle commun → l’Empire colonial. On présente l’expansion de l’Europe comme une

mission civilisatrice. Pour ça, il faut faire de la propagande. On a des minorités qui vont être

très revendicatives car va servir leurs intérêts.

L’Église promeut la colonisation pour fonder des églises et mobiliser l’opinion

publique sur la mission civilisatrice. On a une opinion publique qui va être plutôt passive

par cette colonisation. Tant qu’elle n’est pas impactée, elle laissera faire. En 1880, peu

d’engagements pour la colonisation → un truc de militaires. L’idée qu’on se fait de l’outre-mer

est nourrie par l’imaginaire colonial. Les représentations vont dans le même sens →

exacerber le sentiment de supériorité des européens.

Cette domination, nourrie par la propagande, n’a jamais empêché l’esprit critique en

Europe. Écrivains et artistes qui s’en prennent aux efforts coloniaux. Picasso ou Matis → vont

chercher des inspirations au source des sociétés coloniales et qui ne le mette pas en

avant. Le marxisme critique la colonisation, voyant dans la domination la conséquence du

développement du capitalisme. La colonisation de l’Afrique : stade ultime du capitalisme ?

Le mouvement prospère de 1880 à 1931.


2 – Quand le monde était dominé par l’Europe


Premier réflexe : la résistance.


1 - Les formes de résistance


Résistances armées → européens triomphent plus ou moins vite grâce à leur

supériorité technique et stratégique. Sinon, enrôler des soldats locaux (diviser pour mieux

régner). Des campagnes de pacification sont toujours violentes et accompagnent la

conquête des territoires.

1896 : bataille d’Adoua où les italiens sont défaits. C’est la naissance de l’Empire.


Résistances indirectes → vont limiter leurs collaborations à leurs colonisateurs.

Actions de sabotages, conflits (mouvements sociaux). Ce qui va provoquer le plus de

résistances indirectes est le statut de l'indigénat. Le colonisé est privé des droits

fondamentaux mais en revanche on lui impose des devoirs spécifiques.


B - S'accommoder


Les colonisés se sont accommodés de la présence des européens car ils y ont trouvé,

parfois, leurs comptes. Améliorer les conditions de vie = les gens acceptent mieux leur

présence.

La société coloniale peut proposer de l’ascension sociale. Tout un tas d’emplois dans

l’administration, le commerce, l’industrie qui sont accessibles aux colonisés. Maintient un

indigène dans sa subordination + fait du colonisé un auxiliaire indispensable aux

européens. Les nouvelles catégories sociales vont tirer partie des structures implantées par

la métropole. Certains vont accéder aux études universitaires → Léopold Sédar Senghor.

⇒ Cet accommodement permet aux élites colonisées de se doter des outils de

l’émancipation.

C - L’émancipation

Élites qui sont attirées par la modernité mais attachées aux traditions. Colonisé doit

sans cesse faire un compromis entre la société dont il vient et la société qui émerge. Il faut

inventer des réponses :

- Assimilation → peut être décevant. Quand le colonisé découvre qu’il ne sera pas

traité dans l’égalité par rapport au métropolitain, il doit trouver une issue.

Mécanismes se mettent en place et mèneront au désir de l’indépendance.

Pour beaucoup de colonisés, la religion des ancêtres va jouer un rôle très important.

Le principe de laïcité → suppose la neutralité de l’État = liberté de conscience. Mécanismes

assez fort de revendication identitaire à travers la religion.

Le colonisé peut opérer une prise de conscience de sa situation à travers ce

qu’apporte le colon. On aura un parti communiste algérien, des partis pour l’indépendance →

des fronts de militants qui vont être créés.

Analyser la colonisation reste un débat entre historiens → toujours matière à

controverses.


3 - L’impossible bilan

A - Du point de vue de l’histoire économique


On n’arrive pas à mesurer l’impact économique de la colonisation. Quand les

historiens de l’économie ont cherché à mesurer les coûts, n’ont jamais réussi à se mettre

d’accord → ne savent pas si ça coûte ou si ça rapporte. On sait que le marché coloniale

britannique a eu des débouchés éco + importants.

Les pays européens qui font une belle croissance :

- L’Allemagne

- La Suisse

- La Suède

Bilan économique très compliqué à connaître.

B - Du point de vue des structures


Un magnat de l’industrie, M. Tata = a construit sur les restes de l’Empire britannique

en Inde.

Dispositifs de civilisation embryonnaire → pas productif. On ne peut pas établir un

bilan là-dessus.


C - Du point de vue de l’histoire


Un objet chaud, être prudent. La colonisation n’est pas une parenthèse refermée → les

“postcolonial studies”. On ne peut pas faire un bilan économique + la question culturelle,

comment peut-on traduire en coûts et en bénéfices l’expérience vécue d’une population ?

Très peu de travaux d’histoire éco + travaux dans la littérature où on renonce à toute

comptabilité au profit d’un inventaire de ce que furent les sociétés coloniales = complexités.

Ce moment colonial nous oblige à clarifier la nature des rapports inégaux entre les

colonisés et les colonisateurs. Groupes, société, État → mettre ça dans la chronologie, permet

de faire un plan.

⇒ La colonisation a rallié la majorité des pays d’Europe et tout particulièrement la

France et l’Angleterre. Pour une raison simple : l’empire colonial a été présenté comme une

étape nécessaire vers le progrès, tant du pdv des colons que du pdv des colonisés qui se

sont trouvés embarqués dans une marche forcée. Installation d’un système de domination


(la questionner constamment). Les empires colonisés ont résisté (actif et passif) avant de

s'accommoder de la présence des français. Progressivement, ces populations se sont

transformées. 2 attitudes :

- Ne pas subir de façon passive.

- S’émanciper et revendiquer.

Au lendemain de la première guerre mondiale, cette domination européenne s’est

effondrée. Le parti communiste français mène une exposition anti-coloniale. La domination

européenne s’effrite et marque durablement l’histoire des colonisateurs et des colonisés.


II - La question du vocabulaire


1 - Désigner les acteurs

Dans le vocabulaire : définir les acteurs. Indigènes/colons → signale l’existence de

deux groupes : les dominés et les dominants, les occupés et les occupants, colons et

colonisés. Aujourd’hui, quand on emploie le mot indigène, on le met entre guillemet →

nécessite de la contextualisation. “Autochtones” pour remplacer “indigènes” → l’encadrer de

guillemets. Souffre de la même connotation péjorative. On ne peut pas faire + clair que le

mot “colonisés”. N’est pas anachronique.

Le terme de “colon” → recouvre des réalités variables. Faire l’effort de préciser ce que

l’on entend par colon. N’est pas forcément un grand propriétaire terrien enrichi par la

culture. Ça peut être un petit commerçant, un fonctionnaire de l’administration coloniale. La

ligne de démarcation entre le colon et le colonisé est juridique.

Colon : jouit de l’ensemble des droits politiques dont sont privés les colonisés.


2 - Caractériser les liens entre la France et son empire


Colonies : territoire conquis et administré par une puissance étrangère.

Il y a un fossé entre un département tel que l’Algérie, un protectorat. On ajoute une

administration française qui va doubler l’administration existante (pour le protectorat). Qu’il

s’agisse d’un département ou protectorat → a perdu sa souveraineté au profit de la

métropole. Ce qui caractérise l’admi française → on a du mal à bouger. Il a fallu l’expérience

de la guerre d’Indochine et des rébellions en Algérie pour se dire qu’il faudrait mettre fin

aux protectorats.

Les colonies de peuplement sont formées par l’installation durable de colons et de

leur descendance. Une seule française → l’Algérie. 1 M de français d’origine européenne en


1954 = les pieds-noirs. Leur présence + le fait que ce soit une colonie de peuplement explique

la dureté de la guerre d’Algérie. Ce sont les pieds-noirs qui se sont farouchement opposés à

l’indépendance. Va peser très lourd dans la décolonisation.


3 - Expliquer la décolonisation

Décolonisation : remise en cause irréversible de la colonisation qui va aboutir à

l’indépendance. Laisserait penser qu’on a deux périodes :

- Stabilité avec la conquête

- Disparition du calme avec l’indépendance + perte des colonies.

Décolonisation se construit dans la longue durée. Voit se dev la contestation d’une

colonisation qui n’aura jamais si s’imposer. Colonisation est une doctrine qui est un

échec.

Guerre d’Indochine et guerre d’Algérie → donne idée d’une campagne militaire pour

conquérir le territoire. Montre bien l’échec du projet. C’est un aveu d’échec. La

décolonisation va petit à petit donner à ceux qui la promeut la conscience de former une

nation. Colonisation fait émerger chez les colonisés l'impression de faire partie d’une même

communauté. Comme ils prennent conscience d’un partage → revendiquent le droit de se

doter de leur propre État qui mène aux guerres d’indépendances et de libération.


III - La France et l’Afrique, des années 1880 à la Libération

Les relations entre l’Europe et l’Afrique restent marquées par la colonisation.

L’impérialisme occidental en Afrique a pris des formes diverses. La quasi-totalité du

continent africain est sous domination européenne. Ont fait de l’Afrique un continent

administré et fantasmé. Cette Afrique a été représentée, reconstruite. On a convoqué des

imaginaires. Ça va poser 4 questions :

- Qu’est-ce que la spécificité de l’impérialisme français en Afrique ?

- Qu’est-ce que ça fait de vivre dans une société coloniale ?

- Quelle est la part de l’imaginaire dans le regard que portent les français sur l’Afrique

?

- Quelle vision de l’altérité se trouve engagée quand on veut représenter les sociétés

coloniales ?

⇒ Comprendre pourquoi les européens sont allés là-bas → raisons démographiques,

financières et morales.


Après 1870, la population européenne s'accroît. Solution → aller chercher des

ressources ailleurs. Trop de monde dans les campagnes, l’industrie ne payait pas

correctement, le chômage augmentait → on a cherché à conquérir de nouveaux territoires.

Grosse dépression économique → on produit trop. Moralité : les industries stockent et

baissent leur prix. Fait de l’inflation. Le mieux est d’avoir de nouveaux marchés ailleurs

qu’en Europe. Afrique = un puits de ressources en matières premières. Rentable de faire de la

prospection en Afrique.

Question morale et politique. L’auteur du livre de la Jungle → l’européen devrait

considérer la mission colonisatrice comme un devoir. Jules Ferry = un grand colonisateur :

“rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, pour une grande nation, c’est

abdiquer”. La colonisation est un devoir.

La conséquence → un intérêt porté par les européens sur l’Afrique. Partage de

l’Afrique. Commence avec la conférence de Berlin.

1 - De l’exploration au partage


A - La conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885)


Tout commence au Congo → explorateur Stanley qui prouve que le Congo est riche en

caoutchouc et en ivoire. Le roi des Belges fonde un comité d’étude et il veut prospecter. Il

envoie Stanley pour négocier avec les tribus du Congo de manière à ce qu’il y ait des

territoires sous protection du comité belge. Rencontre Pierre Savorgnan de Brazza qui fait la

même chose pour la France. Portugais sont présents aussi. Quand ils comprennent,

revendiquent le fait d’être là les premiers. France et Belgique protestent → voilà pourquoi

Bismarck propose que tout le monde se retrouve à Berlin. Régler un problème = le

commerce dans le bassin du Congo.

Acte final de la conférence de Berlin établit l’obligation de respecter le libre échange

pour toutes les puissances coloniales. N’autorise aucun partage mais l’acte final de la

conférence définit les conditions à remplir pour occuper les côtes. Planter son drapeau

avec notification diplomatique aux autres puissances européennes. On peut s’implanter à

l’intérieur du pays, de fait la présence européenne sur les côtes africaines a enclenché la

course aux clochers.

Conférence qui réunit les principales puissances européennes qui veulent éviter un

conflit entre les États sur l’Afrique. La conférence de Berlin ne signifie pas le partage de

l’Afrique. Elle fixe les modalités d’un partage à venir → processus de colonisation

commence. Ne tiennent pas compte des aspirations des peuples africains, ni de la


géographie, ni des réalités sociales et politiques locales. Les frontières reflètent les intérêts

des principales puissances européennes.

⇒ Conférence de Berlin marque une accélération de la colonisation mais ne se fait

pas sans contestations.

Évoquer 4 notions :

- La colonisation

- La notion de frontières

- La notion de puissance

- Nationalisme

Quelles sont les conséquences de la conférence de Berlin ? L'idée est d’éviter des

conflits territoriaux. L’article 34 de l’acte de Berlin, signé par la totalité des participants,

prévoit que toute nation européenne qui prendrait possession d’un territoire sur les côtes

africaines ou qui assumeraient un protectorat, devaient en informer les autres pays

signataires. Article 34 = le processus diplomatique. Aboutit à une doctrine → “doctrine des

sphères d’influences”. On a lié à cette doctrine le concept d’hinterland.


B - La résistance de Samori Touré


Une du Petit Journal → une fake news, là pour valoriser épisode d’exploration et de

conquête.

Quand on travaille sur les sociétés coloniales, on dit qu’il y a trois moments :

- La conquête

- La domination

- La décolonisation

Les colonisés et colonisateurs ont présenté ces trois étapes comme des mouvements

unilatéraux. Sauf que ce n’est pas comme ça que ça se passe. Depuis la parution d’un article

important de George Balandier, “La situation coloniale : approche théorique”. Paru dans les

cahiers internationaux de sociologie en 1951 → auteur a dev le concept de “situation

coloniale”. Déconstruit ce triptyque → ce n’est pas du tout des mouvements unilatéraux. Ce

n’est pas une période univoque. Il y a plein d’ambivalences. À la fois dans les régimes

politiques + les rapports entre les gens. Guerres et résistances coloniales → ne correspondent

pas au troisième temps de la décolonisation. Dans cette situation coloniale, la violence est

omniprésente. On parle parfois de “guerres continuelles” → on n’atteint jamais la situation de

paix. Pacification → nécessaires pour ramener la paix donc veut dire qu’il y a des guerres.

Notion d’agentivité → les historiens mettent en avant l’importance de l’agentivité =

rôle que joue l’individu sur la société et sur le monde. C’est la personne qui, avec les choix


qu’elle fait, influe sur la situation coloniale. Après 1950, on s’est penché sur l’agentivité du

côté colonisé et propose une analyse du fait colonial qui met l’accent sur des situation d’entre

deux où le colon n’a pas complètement réussi à coloniser → négociation qui s'installe entre le

colon et les colonisés. Figure de Samori Touré.

Résiste à la conquête française → les européens sont obligés de discuter avec lui. Il y a

des négociations. De son vivant, il a été surnommé “le Napoléon africain”. Il a résisté aux

européens et a été difficile à neutraliser. Les gens ont fini par se prendre de passion pour lui.

Opinion publique en métropole a fini par mythifier cet homme. Une du Petit Journal →

mettre en scène la capture de cet homme. Il faut travailler sur la fabrique d’une mémoire

et d’un héros chez les colonisés. Il y a toute une fabrique des représentations. Question au

CAPES → histoire théorique et histoire culturelle.

Samori Touré a construit en 1868 et 1880, l’empire Wassoulou. Royaume vaste qui

s’étend sur la Sierra Leone et la Guinée, la Côte d’Ivoire, Burkina-Faso et Mali. Il va voir les

villages indépendants de la région et les fédère pour la lutte contre le colonisateur. Il va

utiliser le djihad comme un élément de rassemblement des populations → rempart contre la

colonisation. Constitue un réseau d’alliés dans cette région. Une base → contrôler le fleuve

Niger pour asseoir sa domination. Armée coloniale française utilise deux techniques :

- Technique des soudanés : prendre une colonne puissante, l’armer et leur dire de

foncer tout droit. Des militaires qui foncent dans la brousse et qui cassent tout.

- Technique galliniste : principe de la tâche d’huile. On se pose à un endroit et on

s’étend petit à petit. On a besoin de s’appuyer sur les populations locales. On utilise

des tirailleurs → soldats coloniaux qui vont contribuer à l’expansion = deviennent des

agents de la colonisation.

1882 : les premiers affrontements vont éclater entre la France et l’empire. Au début,

des négociations diplomatiques. Très rapidement, Samori Touré met l’accent sur une

résistance armée. Cette affaire dure. Supériorité des français reconnue en 1886.

Dès l’instant où les français ont affirmé leur domination, on arrive en situation

coloniale et on peut monter une colonie de peuplement. La négociation continue → un statut

de protectorat qui est proclamé dans la région. Il y a des structures préexistantes qui ont

résisté.

À l’inverse d’une admi directe, protectorat = domination indirecte. Besoin de prendre

appui sur les pouvoirs locaux. Garde une capacité de négociation.

C’est au moment d’organiser ce protectorat que l’actuelle frontière entre la Guinée et

la Côte d’Ivoire s’est formée → poste militaire de Beyla. Protectorat → permet d’apporter un

degré de nuance dans la colonisation.


À partir des années 1890, les affrontements gagnent en intensité. Samori Touré

dispose d’une armée qui est bonne. Composé de deux corps → infanterie et cavalerie. Que des

professionnels de la guerre, ce sont des gens qui savent se battre et qui sont outillés. Va

adapter cette armée aux standards européens → vend de l’ivoire et de l’or, peut acheter des

fusils et des cartouches pour se battre à armes égales avec les européens. Les forces

françaises se retrouvent en difficulté. Que dans les années 1890 où elles vont pouvoir se

concentrer sur Samori Touré. Ces combats perdurent d’autant mieux qu’il parvient à jouer

des oppositions des français et des anglais en Afrique → les affrontements militaires se

multiplient.

⇒ Figure de Samori Touré = les commus africaines ne sont pas des sociétés

soumises. Elles sont complexes et organisées dans lesquelles ont peut tisser des réseaux

d’alliances. Empires existaient avant l’arrivée des européens. Sociétés africaines sont entrées

dans l’histoire avant l’arrivée des colonisateurs. Cette figure permet de déconstruire les

préjugés.

Discours lié à la domination européenne = la puissance de l’image dans le récit de la

guerre. Des tirailleurs qui ont capturé Samori Touré, pas des lieutenants de cavalerie de

l’armée française.

C - La crise de Fachoda


Les français travaillent sur une ligne horizontale → veulent rejoindre l’est et l'ouest

(Dakar à Djibouti) et les anglais du nord au sud. Il y a un incident qui éclate à Fachoda.

En février 1896, deux ans avant l’incident de Fachoda, le gouvernement français a

donné son accord pour un projet d’expédition → Congo-Nil. Le commandant Marchand

demande au gouvernement des crédits. But : empêcher les britanniques de faire la jonction

entre l’est et l’ouest + les empêcher de faire la liaison nord-sud. Auraient réussi à contrôler

la liaison entre le Golfe de Guinée et la mer rouge en Éthiopie. Pour les empêcher, il faut

prendre le contrôle du Soudan + accès à la vallée du Nil. Il faut négocier pour y arriver. L’idée

est de rediscuter de la façon dont les anglais occupent l’Égypte depuis 1882.

Au mois de juillet, la mission du commandant Marchand est dans l’estuaire du Congo

→ 8 officiers, 7 sous-officiers et 150 tirailleurs qui partent sur le fleuve. Font les 7500km qui

séparent l’estuaire du Congo jusqu’à Fachoda en 2 ans. En dit long sur les difficultés

rencontrées par ce corps expéditionnaire. Le 17 septembre, les français se confrontent à

l’armée anglo-égyptienne. Kitchener va discuter avec Marchand → vont laisser faire les

diplomates. L’affaire est entre les mains du gouvernement français et deux camps

s’opposent. On décide de reculer. Reculer = favoriser une entente cordiale entre la France et


l’Angleterre qui pourrait être utile si l’Allemagne faisait des siennes. Le 4 novembre, le

commandant Marchand reçoit la nouvelle, veut en découdre mais finit par se soumettre.

Accueilli comme un héros en France.

⇒ Marque le rapprochement entre la France et le Royaume-Uni → première pierre de

l’entente cordiale entre les deux pays.

On est passé d’une présence européenne réduite au début du XIXe s avec intérêts

commerciaux limités à une présence européenne relativement forte à la fin du siècle. La

France constitue un vaste empire qui va de la méditerranée jusqu’à l’Afrique équatoriale →

occupe Sénégal, Soudan, Niger, la Haute-Volta (Burkina Faso), Tchad, Guinée, Côte d’Ivoire,

Dahomey, Gabon, Congo Brazzaville, République de Centrafrique, Djibouti, Madagascar,

Togo, Cameroun après 1ère guerre mondiale. Les frontières sont fixées par les puissances

européennes → ne tiennent pas compte des données ethniques et des royaumes présents.

2 - L’organisation de la domination :


A - Un cas : Madagascar au XIXe siècle

Pourquoi sont-ils allés là-bas ? Contrôler Madagascar = route vers l’Indochine. Un

intérêt purement stratégique et militaire. Permet de faire front par rapport aux britanniques.

Tenir cette île = résister aux anglais. Se fait en deux temps :

- 1883 : on impose le protectorat

- 1896 : l’île est annexée à l’empire colonial.

Pourtant pas gagné. 1868, la France a reconnu la reine de Hovas comme reine de

Madagascar. Reine Ranavalona → protestante mariée de façon religieuse avec le premier

ministre de l’île. A réussi à convaincre son mari d’imposer le presbytérianisme à Madagascar.

Influence anglaise n'est pas loin. Impose la destruction des idoles → catho français en

minorité.

Français vont revendiquer la région. Pour mettre fin à l’état de guerre, premier

ministre malgache signe un traité = un protectorat. La France reconnait la souveraineté de la

reine sur l’ensemble de l’île MAIS obtient l’installation d’un résident général (représentant

du gouvernement français). Peut intervenir sur toutes les opérations de politique extérieure

malgache. Les français qui viennent ont le droit d’avoir des baux → annexent les propriétés

foncières. La France discute avec l’Angleterre pour qu’elle abandonne ses droits.

Contrepartie : Zanzibar le Bas Niger pour eux. La reine de Madagascar résiste. Réussit à

convaincre le gouvernement de déclarer une guerre sainte contre les français → corps


expéditionnaire envoyé (15 000 soldats). Partent du Nord-ouest de l’île. Galère pour les

français → pas de routes dans le pays + climat insupportable. 19 morts au combat, 5 700 morts

de maladies = 1 homme / 3 n’est pas revenu.

1895 → armée malgache est dissoute, premier ministre envoyé en exil en Algérie.

Malgaches se révoltent, massacrent les missionnaires catho → suppression du protectorat.

Entraîne loi d’annexion le 6 août 1896. Général Gallieni envoyé là-bas.

1883 : Protectorat.

1896 : colonie.


B - L’Afrique noire, des années 1900 à la veille de la Seconde Guerre mondiale


Quelle est l’organisation politique adoptée par la France en Afrique noire jusqu’en

1940 ?

3 blocs :

- AOF = Afrique Occidentale française

- AEF = Afrique Equatoriale française

- Madagascar

AOF → 15M d’hab, presque 5M de km2, 8 colonies. La Mauritanie, la Guinée, la Côte

d’Ivoire, le Dahomey, Soudan français, Haute Volta et Niger. A été créé en 1891. Placée sous

l’autorité d’un gouverneur général → réside à Dakar au Sénégal. Nommé par le

gouvernement français. C’est un haut fonctionnaire. Il peut légiférer mais pas besoin

d’organiser une consultation, fonctionne par arrêté. Chaque gouverneur a des

administrateurs coloniaux → chaîne de commandement qui vient gérer le fonctionnement

administratif et politique.

Nous dit beaucoup du projet colonial mené par la métropole → corps de métier qui a

vocation d’organiser durablement la présence française en Afrique. S’est structuré très tôt.

AEF → 1910, 4 colonies : Gabon, Moyen Congo, l’Oubangui-Chari, Tchad. 3 400 000

africains, 5000 européens. Expression : “Cendrillon du domaine français” = le manque de

moyens, très peu d’investissements. Beaucoup de scandales dénoncés par la littérature →

André Gide, Le voyage au Congo, Le retour du Tchad pour dénoncer les méfaits de ces

colonisations européennes qui imposent le travail forcé et qui ne valorisent pas les espaces.

Tous les gouverneurs généraux se sont plaint de la même chose → on leur envoie les moins

bons des fonctionnaires.

La SDN va confier le Cameroun et le Togo (anciennes colonies allemandes). Pas sous

l’autorité du gouverneur général. Commissaires de la République qui sont à leur tête →

doivent faire un bilan de leur gestion à la SDN chaque année.


Madagascar → 4M d’habitants = quasiment autant que dans l’AEF (forte densité).

Djibouti → nous permet d’exister dans la mer rouge. Essentiel d’avoir une présence

pour faire face aux anglais. Cette structuration devient tellement opérante qu’on vient à

créer un ministère des colonies en 1894. Doté d’une admi puissante + d’une école coloniale.

Va former de nombreux cadres. On va prendre une précaution. Au lendemain de l’exposition

en 1931, le mot colonie va disparaître de l’admi pour être remplacé par “outre mer”. Un seul

député pour tout cet espace. Un député sénagalais, élu par des citoyens de seulement quatre

communes.

Maghreb → Maroc et Tunisie = protectorat, Algérie = colonie de peuplement.

3 - Les sociétés coloniales de l’empire français d’une guerre à l’autre : le cas de

l’Afrique


A - Un groupe : les tirailleurs


Soldats des troupes “indigènes” utilisés au sein de l’armée régulière. Vont être

rejoints par des tunisiens puis sénégalais. Méthode galliéniste → on les utilise pour la

colonisation. Entre 1914 et 1918 → 600 000 combattants coloniaux ont été mobilisés pour

combler l’écart entre les forces françaises et les allemands. On les a enrôlé avec violence. 70

000 meurent sur le champ de bataille.

Après 1945, ces tirailleurs sont utilisés en Indochine. 170 000 qui viennent de AOF, 48

000 d’Indochine, 20 000 des Antilles et de la Guyane, 18 000 d’AEF.

B - Félix Éboué et la France libre


Félix Eboué, compagnon de la libération. Il permet de réfléchir sur les parcours

singulier d’hommes entrés en résistance au sein des colonies alors qu’ils étaient en Afrique.

Félix Eboué est un personnage sur lequel on peut travailler en 4e. Son parcours est

intéressant, on voit passer l’école coloniale les corps de fonctionnaire pour administrer les

différentes colonies de l’empire français. On voit aussi la façon dont les valeurs ont

convaincu certains. Il y a un autre individu dont on parle peu, C’est dominique Kossey, c’est

aussi un compagnon de la libération. Visionner le film.


C - Un moment : la conférence de Brazzaville


On a encore une vision déformée. Cette conférence réunit début 44 pour concevoir

une serie de réformes qui devait pérenniser l’empire colonial. Le gaullisme de 50 qui ne

veut pas perdre la face, et les années 60 les débuts de la décolonisation, cette conférence en

serait un point.

Les origines sont complexes, il y a un moment où le commentateur dit que ce n’est

pas des problèmes économiques, car c’est une des conférences de l’époque qui parlait surtout

d’économie. Elle s’inscrit dans cette continuité, mais elle est plus que cela → le point

d'aboutissement des cadres coloniaux. En 41, mois d’Avril, le Général prononce un discours

à la Royal society et dit qu’il y a des changements à faire. Les cadres coloniaux l’entendent et

disent qu’il faut réfléchir. Eboué, compagnon de la libération, résistant, gouverneur général

de l'Afrique française libre, tout comme Henri Laurency, commence à secouer

l’immobilisme et porte un vent de réforme. Felix veut responsabiliser les élites africaines, il

ne rêve plus d’assimilation, il se prononce à demi-mot pour cela. Il voudrait qu’on s’inscrive

dans la continuité de Lyautey → il ne s’agit pas de faire la France en Afrique. Dès lors,

Éboué plaide pour que la France guide les « évolués » → les aider pour qu’ils prennent leur

destin en main sans renoncer à leur identité. Éboué n'exclut pas de toujours utiliser les

structures de la république pour une Afrique plus moderne. Mais le système de protectorat

et l’assimilation, sont plutôt un système d’association. Sauf que ses conceptions ne sont pas

partagées par l’administration coloniale qui n’est pas intéressée de mettre en place ce

programme. Heureusement des pressions se font jour. Les américain promeuvent une

libération. La France a pu compter sur l’Afrique pour libérer la métropole au nom de la lutte

pour le nazisme, en toute logique le prochain pas est la décolonisation, d’autant plus qu’au

maghreb on y pense, Verat abbas, avait rédigé le manifeste du peuple algérien en 1943, remis

son texte à Eisenhower.

Contexte international, 09/43 au Caire se retrouvent Churchill, Roosevelt, et d’autres.

La France ne peut plus compter sur ses alliés pour maintenir sa puissance dans les

colonies. De Gaulle est conscient du fait qu’il doit prendre une décision. Le général de

Gaulle entend transformer les structures pour développer l'Afrique sans renoncer à la

présence en Afrique d’où une conférence. De Gaulle accepte le principe, et annonce

officiellement sur radio alger le 10 10 43, qu’une conférence se tiendra à Brazzaville

prochainement car c’est la capitale de l'afrique libre. C’est un symbole. C’est ici qu’il a

fondé le conseil de défense de l’empire, qu’il a signé un manifeste qui rappelle les origines

républicaines dans lesquelles s’inscrivait la France libre.

Définition de l’Afrique compliquée. On décide que cette conférence sera ouverte à

l’Afrique noire et Madagascar, car on considère que le Mag- relève d’une autre logique, et

l’indochine n’est pas sous autorité de la libération nationale (comité). Cette conférence est


juste consultative → on consent à ce que cette conférence aborde aussi des sujets

politiques. Du 30/01/44 jusqu’au 9/02/44 se réunissent les gouverneurs concernés, mais aussi

les hauts fonctionnaires du commissariat aux colonies, les délégués de l’assemblée

consultative provisoire, les observateurs dont les résident generaux du protectorat, maroc

tunisie, mais aussi le gouverneur général de Tunisie, et aussi l’évêque de brazzaville, on

demande à faire la publicité sur cet évènement. On fait du battage autour de l’événement

on fait savoir que l’on va se réunir à Brazzaville.

Depuis octobre 43 on débat au sein même du comité de libération, et ces deux

approches opposées et différentes vont susciter un débat durable, la discussion entre les

deux perdurent jusqu’en 48-58 ? Première option: la fédération. Faire évoluer les colonies

vers une structure du type fédéral. On créerait donc des parlements locaux, et un parlement

fédéral, dans lequel la république française et les territoires coloniaux seraient représentés à

part égale. Remise en cause du jacobin → les gouverneurs à part Félix Éboué, ne peuvent pas

l’entendre. On apprend par cœur des choses, on assimile les valeurs républicaines, etc... Les

gouverneurs sont pétris de cette formation et de la centralité de l'État, ils pensent que l’on ne

peut pas renoncer à cela, et opposer cette logique fédérale. La solution jacobine est défendue

par les cadres coloniaux, et aussi par le parti communiste → tout le monde s’entend pour

dire que l’on ne peut pas disloquer l’empire. D’autant qu’on célèbre une victoire contre les

nazis, il n’est pas question de le détricoter. De Gaulle entend la nécessité d’une réforme mais

refuse l'éclatement politique, il refuse l’intégration des colonies et veut réussir l’assimilation.

Brazzaville → Indécision sur le plan politique. La conférence est tout sauf le premier

act de décolonisation en Afrique. La conférence met en avant des individus qui portent un

projet africain, la conférence rend avec l’immobilisme colonial, mais ne marque pas le début

de la décolonisation.

Très vite cette conférence est devenue la référence obligée. En réalité elle n’a pas

tranché l’alternative entre les deux possibilités. Et on a fabriqué ce compromis, le 13 oct 46,

c’est le titre 8 de la constitution, ce compromis qui porte le nom d’union française et qui

comporte les décisions.

Concrètement → on a supprimé le statut de l'indigénat, et on a fait des habitants de

l’empire des citoyens français. Mais la citoyenneté des africains est ambiguë ils élisent sur

leur territoire, mais comme ils désignent des députés, c’est aussi des citoyens dépendant de

la métropole, ou encore des citoyens de l’union française. Trois citoyennetés en tout.

D’autant que cette citoyenneté en porte le nom mais est tronquée, sous la 4e république, il

nous faut 80 000 en gironde mais 500 000 au tchad. La loi gaston deffe qui accorde plus


d’autonomie et glisse vers le fédéralisme fait référence à la conférence de Brazzaville. Ce

n’est pas l’act premier de la décolonisation.


IV - La décolonisation de l’Afrique


1 Vie et mort de l’Union française


A - “Le rêve d’une France unie ?”


Seul le Liberia est indépendant → seconde guerre mondiale amorce le processus de

décolonisation qui disparaît plus tard avec la disparition de l’ap-eid en afrique du sud. En

même temps que l’europe s’affaiblit les États Unis et l’union des républiques socialiste et

soviétique qui au sortir de la guerre pour des raisons différentes, martèlent un discours

anticolonialiste. Ajouter a cela → participation des troupes africaines à la guerre, l’agitation

nationaliste des pays arabes, l’emancipation des pays asiatique comme le vietnam, et tout les

ingredients sont réunis pour mettre en place de vastes mouvements de décolonisation,

concernant l’Afrique dans son intégralité. La constitution française de 1946, avait créé

l’Union française qui succédait à ce que l’on appelait l’empire. En 1947, grâce à une loi les

africains deviennent citoyens français ce qui leur permet d’envoyer des députés au parlement

= certains devenant même ministre dans le gouvernement de la république.

En 1956, le gouvernement socialiste fait voter une loi, celle Defferre → permet aux

territoires d’outre mer de se doter d’une assemblée élus et d’un conseil de gouvernement

présidé par le gouverneur. En 1958, lorsqu'il revient au pouvoir organise un référendum

pour la république et une mise en place d’une communauté franco africaine leur permettant

d'accéder à l’indépendance. Il se passe à peu près la même chose dans les autres empires,

comme l’Inde et l’Angleterre, en afrique en 1951, au Ghana, les belges au congo en 1960, les

portugais très tard, en 1975, après la révolution des œillets. Les italiens en 1935 l’on perdu

avec la seconde guerre mondiale et finalement la ou ca à perduré c’est l’app-eid, qui

perdurent jusque dans les années 80-90. Il n’y a plus d’AOF ou d’AEF. On aurait pu se dire

que la tentative de fédération changerait, mais le seul pays qui a pu le mettre en place est le

Nigéria en 1960. Ils ont réussi à inventer l’UOA ? Mais cela ne marque pas la fin des

problèmes mais l’apparition d’autres problèmes → conflits de nature tribales ont éclaté,

mais aussi idéologique, à l’image de ce qu’était le monde après guerre. Africains voulant

une économie libérale de marché, et d’autres humanistes, voire même certains qui veulent le

marxisme comme au Mozambique, ce qui complique la fédération, et débute la tâche la plus

délicate, celle que n’ont pas accompli les puissances européennes = le développement.


Contemporaine

Les bases chronologiques et géographiques de la question au programme

Sociétés post-coloniales → questionne sur le phénomène de colonisation. Des

sociétés métissées. L’Europe est sans cesse interrogée par son passé colonial. Il y a des pays

qui se projettent en dehors de leurs frontières. Dès le 17ème → des pays qui cherchent à

s’établir sur d’autres continents. Dans le Nouveau Monde, sur les côtes africaines ou dans

les comptoirs en Asie.

Subaltern Studies → une histoire qui s’intéresse aux marges. S’intéresse aux colonisés,

à ceux qui sont dominés par la conquête. On a deux Europe :

- Colonisatrice

- Europe en retrait=

Va se jouer entre les espagnols, les portugais, l’Angleterre, les Provinces Unies, la

France. Selon les époques, c’est l’un ou l’autre qui domine. Britanniques à l’est de l’Afrique,

les français dans l’Afrique occidentale, les allemands et les portugais vers le sud, les belges au

Congo. Long travail d’indépendance qui se met en place et qui va donner naissance au

mouvement de décolonisation.


I - Un premier tour d’horizon


1 - Quand l’Europe dominait le monde


Au 19ème, l’Europe ne cesse d'accroître sa supériorité, qu’elle soit éco, militaire sur le

reste du monde. Deux exceptions :

- Le Japon

- Les États-Unis

Les européens en tirent un sentiment de supériorité culturelle. Mission civilisatrice

que les hommes politiques exacerbent. Les révoltes et contestations arriveront très

tardivement (plutôt entre les deux guerres).

A - L’ère des empires


19ème siècle → le Royaume-Uni poursuit la conquête des Indes pour contrôler les

routes maritimes. La France conquiert l’Algérie. Ces deux puissances édifient des empires

coloniaux aux dimensions du monde. Les Pays-Bas → renforcent leur présence dans les Indes

néerlandaises.


L’impérialisme : forme de mise en dépendance qui peut être politique, économique

ou culturelle. Ne s’accompagne pas nécessairement de la colonisation.

Colonialisme : doctrine qui justifie et prône la colonisation en insistant sur les

avantages que peut tirer la métropole et qui met en avant les bienfaits que les colonisés sont

censés tirer de cette doctrine.

Néo-colonialisme : on essaye de maintenir un pays dépendant quand il n’est plus

colonisé. Invention de la France-Afrique → permet de continuer à asseoir sa domination

économique, culturelle auprès de pays devenus indépendants.

Les jeunes nations européennes vont entrer dans le jeu. Elles ne seront puissantes

que si elles se sont lancées dans la colonisation. Font de la colonisation la condition et

l’expression de la puissance. Voilà comment impérialisme se généralise à partir de 1780. La

puissance d’un État se mesure à sa capacité de s’étendre dans des colonies. La conférence

de Berlin = les européens qui vont se partager l’Afrique.

1914 : a démontré l’importance des colonies pour les métropoles. La France n’aurait

pas pu gagner si elle n’avait pas compté sur la force de ses colonies. 1931 : exposition

coloniale internationale. Entre deux guerres = l’apogée de la célébration des colonies.

B - Les formes de la domination


Colonie = la forme de domination juridique la plus visible et la plus répandue.

S’accompagne d’une politique de peuplement par des colons européens → le cas en Algérie.

Colonie de peuplement dans le pays. Même chose pour les anglais en Afrique du Sud.

La plupart du temps, une colonie = quelques européens (des militaires) et des

expatriés qui viennent passer un peu de temps dans la colonie. Il s’agit de la domination

revendiquée. Se caractérise par le protectorat ou le mandat. C’est ce que fait la France au

Magreb → Tunisie et Maroc sont des protectorats français.

Protectorat : régime juridique qui est fixé par un traité international. Il dit qu’un État

puissant va exercer le contrôle sur un autre État moins puissant en contrepartie de sa

protection. Prend appuie sur 3 piliers : relations extérieures, sécurité intérieure,

administration. Le puissant qui domine le faible.

Mandat : ne vaut qu’au lendemain de la première guerre mondiale. La SDN a inventé

le mandat pour administrer des territoires issus de l’empire allemand ou de l’empire ottoman

au lendemain de la guerre. Institution qui confère aux États mandataires d’administrer et de

protéger les anciennes colonies des territoires centraux qui ont été vaincues.

⇒ Voilà pourquoi le Liban et la Syrie sont francophiles.

On peut exercer sa domination en imposant des traités.


Concession : quartier d’une ville dans lequel vont résider des étrangers qui jouiront

d’une administration et une juridiction autonomes.

⇒ Les formes de dominations sont variables. De la plus revendicative à

commerciales. Ce qu’elles ont en commun = capacité des européens à imposer leurs

présences.

C - Les Européens et les colons


Plusieurs logiques : religieuses, financières, commerciales etc. Convergent dans un

modèle commun → l’Empire colonial. On présente l’expansion de l’Europe comme une

mission civilisatrice. Pour ça, il faut faire de la propagande. On a des minorités qui vont être

très revendicatives car va servir leurs intérêts.

L’Église promeut la colonisation pour fonder des églises et mobiliser l’opinion

publique sur la mission civilisatrice. On a une opinion publique qui va être plutôt passive

par cette colonisation. Tant qu’elle n’est pas impactée, elle laissera faire. En 1880, peu

d’engagements pour la colonisation → un truc de militaires. L’idée qu’on se fait de l’outre-mer

est nourrie par l’imaginaire colonial. Les représentations vont dans le même sens →

exacerber le sentiment de supériorité des européens.

Cette domination, nourrie par la propagande, n’a jamais empêché l’esprit critique en

Europe. Écrivains et artistes qui s’en prennent aux efforts coloniaux. Picasso ou Matis → vont

chercher des inspirations au source des sociétés coloniales et qui ne le mette pas en

avant. Le marxisme critique la colonisation, voyant dans la domination la conséquence du

développement du capitalisme. La colonisation de l’Afrique : stade ultime du capitalisme ?

Le mouvement prospère de 1880 à 1931.


2 – Quand le monde était dominé par l’Europe


Premier réflexe : la résistance.


1 - Les formes de résistance


Résistances armées → européens triomphent plus ou moins vite grâce à leur

supériorité technique et stratégique. Sinon, enrôler des soldats locaux (diviser pour mieux

régner). Des campagnes de pacification sont toujours violentes et accompagnent la

conquête des territoires.

1896 : bataille d’Adoua où les italiens sont défaits. C’est la naissance de l’Empire.


Résistances indirectes → vont limiter leurs collaborations à leurs colonisateurs.

Actions de sabotages, conflits (mouvements sociaux). Ce qui va provoquer le plus de

résistances indirectes est le statut de l'indigénat. Le colonisé est privé des droits

fondamentaux mais en revanche on lui impose des devoirs spécifiques.


B - S'accommoder


Les colonisés se sont accommodés de la présence des européens car ils y ont trouvé,

parfois, leurs comptes. Améliorer les conditions de vie = les gens acceptent mieux leur

présence.

La société coloniale peut proposer de l’ascension sociale. Tout un tas d’emplois dans

l’administration, le commerce, l’industrie qui sont accessibles aux colonisés. Maintient un

indigène dans sa subordination + fait du colonisé un auxiliaire indispensable aux

européens. Les nouvelles catégories sociales vont tirer partie des structures implantées par

la métropole. Certains vont accéder aux études universitaires → Léopold Sédar Senghor.

⇒ Cet accommodement permet aux élites colonisées de se doter des outils de

l’émancipation.

C - L’émancipation

Élites qui sont attirées par la modernité mais attachées aux traditions. Colonisé doit

sans cesse faire un compromis entre la société dont il vient et la société qui émerge. Il faut

inventer des réponses :

- Assimilation → peut être décevant. Quand le colonisé découvre qu’il ne sera pas

traité dans l’égalité par rapport au métropolitain, il doit trouver une issue.

Mécanismes se mettent en place et mèneront au désir de l’indépendance.

Pour beaucoup de colonisés, la religion des ancêtres va jouer un rôle très important.

Le principe de laïcité → suppose la neutralité de l’État = liberté de conscience. Mécanismes

assez fort de revendication identitaire à travers la religion.

Le colonisé peut opérer une prise de conscience de sa situation à travers ce

qu’apporte le colon. On aura un parti communiste algérien, des partis pour l’indépendance →

des fronts de militants qui vont être créés.

Analyser la colonisation reste un débat entre historiens → toujours matière à

controverses.


3 - L’impossible bilan

A - Du point de vue de l’histoire économique


On n’arrive pas à mesurer l’impact économique de la colonisation. Quand les

historiens de l’économie ont cherché à mesurer les coûts, n’ont jamais réussi à se mettre

d’accord → ne savent pas si ça coûte ou si ça rapporte. On sait que le marché coloniale

britannique a eu des débouchés éco + importants.

Les pays européens qui font une belle croissance :

- L’Allemagne

- La Suisse

- La Suède

Bilan économique très compliqué à connaître.

B - Du point de vue des structures


Un magnat de l’industrie, M. Tata = a construit sur les restes de l’Empire britannique

en Inde.

Dispositifs de civilisation embryonnaire → pas productif. On ne peut pas établir un

bilan là-dessus.


C - Du point de vue de l’histoire


Un objet chaud, être prudent. La colonisation n’est pas une parenthèse refermée → les

“postcolonial studies”. On ne peut pas faire un bilan économique + la question culturelle,

comment peut-on traduire en coûts et en bénéfices l’expérience vécue d’une population ?

Très peu de travaux d’histoire éco + travaux dans la littérature où on renonce à toute

comptabilité au profit d’un inventaire de ce que furent les sociétés coloniales = complexités.

Ce moment colonial nous oblige à clarifier la nature des rapports inégaux entre les

colonisés et les colonisateurs. Groupes, société, État → mettre ça dans la chronologie, permet

de faire un plan.

⇒ La colonisation a rallié la majorité des pays d’Europe et tout particulièrement la

France et l’Angleterre. Pour une raison simple : l’empire colonial a été présenté comme une

étape nécessaire vers le progrès, tant du pdv des colons que du pdv des colonisés qui se

sont trouvés embarqués dans une marche forcée. Installation d’un système de domination


(la questionner constamment). Les empires colonisés ont résisté (actif et passif) avant de

s'accommoder de la présence des français. Progressivement, ces populations se sont

transformées. 2 attitudes :

- Ne pas subir de façon passive.

- S’émanciper et revendiquer.

Au lendemain de la première guerre mondiale, cette domination européenne s’est

effondrée. Le parti communiste français mène une exposition anti-coloniale. La domination

européenne s’effrite et marque durablement l’histoire des colonisateurs et des colonisés.


II - La question du vocabulaire


1 - Désigner les acteurs

Dans le vocabulaire : définir les acteurs. Indigènes/colons → signale l’existence de

deux groupes : les dominés et les dominants, les occupés et les occupants, colons et

colonisés. Aujourd’hui, quand on emploie le mot indigène, on le met entre guillemet →

nécessite de la contextualisation. “Autochtones” pour remplacer “indigènes” → l’encadrer de

guillemets. Souffre de la même connotation péjorative. On ne peut pas faire + clair que le

mot “colonisés”. N’est pas anachronique.

Le terme de “colon” → recouvre des réalités variables. Faire l’effort de préciser ce que

l’on entend par colon. N’est pas forcément un grand propriétaire terrien enrichi par la

culture. Ça peut être un petit commerçant, un fonctionnaire de l’administration coloniale. La

ligne de démarcation entre le colon et le colonisé est juridique.

Colon : jouit de l’ensemble des droits politiques dont sont privés les colonisés.


2 - Caractériser les liens entre la France et son empire


Colonies : territoire conquis et administré par une puissance étrangère.

Il y a un fossé entre un département tel que l’Algérie, un protectorat. On ajoute une

administration française qui va doubler l’administration existante (pour le protectorat). Qu’il

s’agisse d’un département ou protectorat → a perdu sa souveraineté au profit de la

métropole. Ce qui caractérise l’admi française → on a du mal à bouger. Il a fallu l’expérience

de la guerre d’Indochine et des rébellions en Algérie pour se dire qu’il faudrait mettre fin

aux protectorats.

Les colonies de peuplement sont formées par l’installation durable de colons et de

leur descendance. Une seule française → l’Algérie. 1 M de français d’origine européenne en


1954 = les pieds-noirs. Leur présence + le fait que ce soit une colonie de peuplement explique

la dureté de la guerre d’Algérie. Ce sont les pieds-noirs qui se sont farouchement opposés à

l’indépendance. Va peser très lourd dans la décolonisation.


3 - Expliquer la décolonisation

Décolonisation : remise en cause irréversible de la colonisation qui va aboutir à

l’indépendance. Laisserait penser qu’on a deux périodes :

- Stabilité avec la conquête

- Disparition du calme avec l’indépendance + perte des colonies.

Décolonisation se construit dans la longue durée. Voit se dev la contestation d’une

colonisation qui n’aura jamais si s’imposer. Colonisation est une doctrine qui est un

échec.

Guerre d’Indochine et guerre d’Algérie → donne idée d’une campagne militaire pour

conquérir le territoire. Montre bien l’échec du projet. C’est un aveu d’échec. La

décolonisation va petit à petit donner à ceux qui la promeut la conscience de former une

nation. Colonisation fait émerger chez les colonisés l'impression de faire partie d’une même

communauté. Comme ils prennent conscience d’un partage → revendiquent le droit de se

doter de leur propre État qui mène aux guerres d’indépendances et de libération.


III - La France et l’Afrique, des années 1880 à la Libération

Les relations entre l’Europe et l’Afrique restent marquées par la colonisation.

L’impérialisme occidental en Afrique a pris des formes diverses. La quasi-totalité du

continent africain est sous domination européenne. Ont fait de l’Afrique un continent

administré et fantasmé. Cette Afrique a été représentée, reconstruite. On a convoqué des

imaginaires. Ça va poser 4 questions :

- Qu’est-ce que la spécificité de l’impérialisme français en Afrique ?

- Qu’est-ce que ça fait de vivre dans une société coloniale ?

- Quelle est la part de l’imaginaire dans le regard que portent les français sur l’Afrique

?

- Quelle vision de l’altérité se trouve engagée quand on veut représenter les sociétés

coloniales ?

⇒ Comprendre pourquoi les européens sont allés là-bas → raisons démographiques,

financières et morales.


Après 1870, la population européenne s'accroît. Solution → aller chercher des

ressources ailleurs. Trop de monde dans les campagnes, l’industrie ne payait pas

correctement, le chômage augmentait → on a cherché à conquérir de nouveaux territoires.

Grosse dépression économique → on produit trop. Moralité : les industries stockent et

baissent leur prix. Fait de l’inflation. Le mieux est d’avoir de nouveaux marchés ailleurs

qu’en Europe. Afrique = un puits de ressources en matières premières. Rentable de faire de la

prospection en Afrique.

Question morale et politique. L’auteur du livre de la Jungle → l’européen devrait

considérer la mission colonisatrice comme un devoir. Jules Ferry = un grand colonisateur :

“rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, pour une grande nation, c’est

abdiquer”. La colonisation est un devoir.

La conséquence → un intérêt porté par les européens sur l’Afrique. Partage de

l’Afrique. Commence avec la conférence de Berlin.

1 - De l’exploration au partage


A - La conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885)


Tout commence au Congo → explorateur Stanley qui prouve que le Congo est riche en

caoutchouc et en ivoire. Le roi des Belges fonde un comité d’étude et il veut prospecter. Il

envoie Stanley pour négocier avec les tribus du Congo de manière à ce qu’il y ait des

territoires sous protection du comité belge. Rencontre Pierre Savorgnan de Brazza qui fait la

même chose pour la France. Portugais sont présents aussi. Quand ils comprennent,

revendiquent le fait d’être là les premiers. France et Belgique protestent → voilà pourquoi

Bismarck propose que tout le monde se retrouve à Berlin. Régler un problème = le

commerce dans le bassin du Congo.

Acte final de la conférence de Berlin établit l’obligation de respecter le libre échange

pour toutes les puissances coloniales. N’autorise aucun partage mais l’acte final de la

conférence définit les conditions à remplir pour occuper les côtes. Planter son drapeau

avec notification diplomatique aux autres puissances européennes. On peut s’implanter à

l’intérieur du pays, de fait la présence européenne sur les côtes africaines a enclenché la

course aux clochers.

Conférence qui réunit les principales puissances européennes qui veulent éviter un

conflit entre les États sur l’Afrique. La conférence de Berlin ne signifie pas le partage de

l’Afrique. Elle fixe les modalités d’un partage à venir → processus de colonisation

commence. Ne tiennent pas compte des aspirations des peuples africains, ni de la


géographie, ni des réalités sociales et politiques locales. Les frontières reflètent les intérêts

des principales puissances européennes.

⇒ Conférence de Berlin marque une accélération de la colonisation mais ne se fait

pas sans contestations.

Évoquer 4 notions :

- La colonisation

- La notion de frontières

- La notion de puissance

- Nationalisme

Quelles sont les conséquences de la conférence de Berlin ? L'idée est d’éviter des

conflits territoriaux. L’article 34 de l’acte de Berlin, signé par la totalité des participants,

prévoit que toute nation européenne qui prendrait possession d’un territoire sur les côtes

africaines ou qui assumeraient un protectorat, devaient en informer les autres pays

signataires. Article 34 = le processus diplomatique. Aboutit à une doctrine → “doctrine des

sphères d’influences”. On a lié à cette doctrine le concept d’hinterland.


B - La résistance de Samori Touré


Une du Petit Journal → une fake news, là pour valoriser épisode d’exploration et de

conquête.

Quand on travaille sur les sociétés coloniales, on dit qu’il y a trois moments :

- La conquête

- La domination

- La décolonisation

Les colonisés et colonisateurs ont présenté ces trois étapes comme des mouvements

unilatéraux. Sauf que ce n’est pas comme ça que ça se passe. Depuis la parution d’un article

important de George Balandier, “La situation coloniale : approche théorique”. Paru dans les

cahiers internationaux de sociologie en 1951 → auteur a dev le concept de “situation

coloniale”. Déconstruit ce triptyque → ce n’est pas du tout des mouvements unilatéraux. Ce

n’est pas une période univoque. Il y a plein d’ambivalences. À la fois dans les régimes

politiques + les rapports entre les gens. Guerres et résistances coloniales → ne correspondent

pas au troisième temps de la décolonisation. Dans cette situation coloniale, la violence est

omniprésente. On parle parfois de “guerres continuelles” → on n’atteint jamais la situation de

paix. Pacification → nécessaires pour ramener la paix donc veut dire qu’il y a des guerres.

Notion d’agentivité → les historiens mettent en avant l’importance de l’agentivité =

rôle que joue l’individu sur la société et sur le monde. C’est la personne qui, avec les choix


qu’elle fait, influe sur la situation coloniale. Après 1950, on s’est penché sur l’agentivité du

côté colonisé et propose une analyse du fait colonial qui met l’accent sur des situation d’entre

deux où le colon n’a pas complètement réussi à coloniser → négociation qui s'installe entre le

colon et les colonisés. Figure de Samori Touré.

Résiste à la conquête française → les européens sont obligés de discuter avec lui. Il y a

des négociations. De son vivant, il a été surnommé “le Napoléon africain”. Il a résisté aux

européens et a été difficile à neutraliser. Les gens ont fini par se prendre de passion pour lui.

Opinion publique en métropole a fini par mythifier cet homme. Une du Petit Journal →

mettre en scène la capture de cet homme. Il faut travailler sur la fabrique d’une mémoire

et d’un héros chez les colonisés. Il y a toute une fabrique des représentations. Question au

CAPES → histoire théorique et histoire culturelle.

Samori Touré a construit en 1868 et 1880, l’empire Wassoulou. Royaume vaste qui

s’étend sur la Sierra Leone et la Guinée, la Côte d’Ivoire, Burkina-Faso et Mali. Il va voir les

villages indépendants de la région et les fédère pour la lutte contre le colonisateur. Il va

utiliser le djihad comme un élément de rassemblement des populations → rempart contre la

colonisation. Constitue un réseau d’alliés dans cette région. Une base → contrôler le fleuve

Niger pour asseoir sa domination. Armée coloniale française utilise deux techniques :

- Technique des soudanés : prendre une colonne puissante, l’armer et leur dire de

foncer tout droit. Des militaires qui foncent dans la brousse et qui cassent tout.

- Technique galliniste : principe de la tâche d’huile. On se pose à un endroit et on

s’étend petit à petit. On a besoin de s’appuyer sur les populations locales. On utilise

des tirailleurs → soldats coloniaux qui vont contribuer à l’expansion = deviennent des

agents de la colonisation.

1882 : les premiers affrontements vont éclater entre la France et l’empire. Au début,

des négociations diplomatiques. Très rapidement, Samori Touré met l’accent sur une

résistance armée. Cette affaire dure. Supériorité des français reconnue en 1886.

Dès l’instant où les français ont affirmé leur domination, on arrive en situation

coloniale et on peut monter une colonie de peuplement. La négociation continue → un statut

de protectorat qui est proclamé dans la région. Il y a des structures préexistantes qui ont

résisté.

À l’inverse d’une admi directe, protectorat = domination indirecte. Besoin de prendre

appui sur les pouvoirs locaux. Garde une capacité de négociation.

C’est au moment d’organiser ce protectorat que l’actuelle frontière entre la Guinée et

la Côte d’Ivoire s’est formée → poste militaire de Beyla. Protectorat → permet d’apporter un

degré de nuance dans la colonisation.


À partir des années 1890, les affrontements gagnent en intensité. Samori Touré

dispose d’une armée qui est bonne. Composé de deux corps → infanterie et cavalerie. Que des

professionnels de la guerre, ce sont des gens qui savent se battre et qui sont outillés. Va

adapter cette armée aux standards européens → vend de l’ivoire et de l’or, peut acheter des

fusils et des cartouches pour se battre à armes égales avec les européens. Les forces

françaises se retrouvent en difficulté. Que dans les années 1890 où elles vont pouvoir se

concentrer sur Samori Touré. Ces combats perdurent d’autant mieux qu’il parvient à jouer

des oppositions des français et des anglais en Afrique → les affrontements militaires se

multiplient.

⇒ Figure de Samori Touré = les commus africaines ne sont pas des sociétés

soumises. Elles sont complexes et organisées dans lesquelles ont peut tisser des réseaux

d’alliances. Empires existaient avant l’arrivée des européens. Sociétés africaines sont entrées

dans l’histoire avant l’arrivée des colonisateurs. Cette figure permet de déconstruire les

préjugés.

Discours lié à la domination européenne = la puissance de l’image dans le récit de la

guerre. Des tirailleurs qui ont capturé Samori Touré, pas des lieutenants de cavalerie de

l’armée française.

C - La crise de Fachoda


Les français travaillent sur une ligne horizontale → veulent rejoindre l’est et l'ouest

(Dakar à Djibouti) et les anglais du nord au sud. Il y a un incident qui éclate à Fachoda.

En février 1896, deux ans avant l’incident de Fachoda, le gouvernement français a

donné son accord pour un projet d’expédition → Congo-Nil. Le commandant Marchand

demande au gouvernement des crédits. But : empêcher les britanniques de faire la jonction

entre l’est et l’ouest + les empêcher de faire la liaison nord-sud. Auraient réussi à contrôler

la liaison entre le Golfe de Guinée et la mer rouge en Éthiopie. Pour les empêcher, il faut

prendre le contrôle du Soudan + accès à la vallée du Nil. Il faut négocier pour y arriver. L’idée

est de rediscuter de la façon dont les anglais occupent l’Égypte depuis 1882.

Au mois de juillet, la mission du commandant Marchand est dans l’estuaire du Congo

→ 8 officiers, 7 sous-officiers et 150 tirailleurs qui partent sur le fleuve. Font les 7500km qui

séparent l’estuaire du Congo jusqu’à Fachoda en 2 ans. En dit long sur les difficultés

rencontrées par ce corps expéditionnaire. Le 17 septembre, les français se confrontent à

l’armée anglo-égyptienne. Kitchener va discuter avec Marchand → vont laisser faire les

diplomates. L’affaire est entre les mains du gouvernement français et deux camps

s’opposent. On décide de reculer. Reculer = favoriser une entente cordiale entre la France et


l’Angleterre qui pourrait être utile si l’Allemagne faisait des siennes. Le 4 novembre, le

commandant Marchand reçoit la nouvelle, veut en découdre mais finit par se soumettre.

Accueilli comme un héros en France.

⇒ Marque le rapprochement entre la France et le Royaume-Uni → première pierre de

l’entente cordiale entre les deux pays.

On est passé d’une présence européenne réduite au début du XIXe s avec intérêts

commerciaux limités à une présence européenne relativement forte à la fin du siècle. La

France constitue un vaste empire qui va de la méditerranée jusqu’à l’Afrique équatoriale →

occupe Sénégal, Soudan, Niger, la Haute-Volta (Burkina Faso), Tchad, Guinée, Côte d’Ivoire,

Dahomey, Gabon, Congo Brazzaville, République de Centrafrique, Djibouti, Madagascar,

Togo, Cameroun après 1ère guerre mondiale. Les frontières sont fixées par les puissances

européennes → ne tiennent pas compte des données ethniques et des royaumes présents.

2 - L’organisation de la domination :


A - Un cas : Madagascar au XIXe siècle

Pourquoi sont-ils allés là-bas ? Contrôler Madagascar = route vers l’Indochine. Un

intérêt purement stratégique et militaire. Permet de faire front par rapport aux britanniques.

Tenir cette île = résister aux anglais. Se fait en deux temps :

- 1883 : on impose le protectorat

- 1896 : l’île est annexée à l’empire colonial.

Pourtant pas gagné. 1868, la France a reconnu la reine de Hovas comme reine de

Madagascar. Reine Ranavalona → protestante mariée de façon religieuse avec le premier

ministre de l’île. A réussi à convaincre son mari d’imposer le presbytérianisme à Madagascar.

Influence anglaise n'est pas loin. Impose la destruction des idoles → catho français en

minorité.

Français vont revendiquer la région. Pour mettre fin à l’état de guerre, premier

ministre malgache signe un traité = un protectorat. La France reconnait la souveraineté de la

reine sur l’ensemble de l’île MAIS obtient l’installation d’un résident général (représentant

du gouvernement français). Peut intervenir sur toutes les opérations de politique extérieure

malgache. Les français qui viennent ont le droit d’avoir des baux → annexent les propriétés

foncières. La France discute avec l’Angleterre pour qu’elle abandonne ses droits.

Contrepartie : Zanzibar le Bas Niger pour eux. La reine de Madagascar résiste. Réussit à

convaincre le gouvernement de déclarer une guerre sainte contre les français → corps


expéditionnaire envoyé (15 000 soldats). Partent du Nord-ouest de l’île. Galère pour les

français → pas de routes dans le pays + climat insupportable. 19 morts au combat, 5 700 morts

de maladies = 1 homme / 3 n’est pas revenu.

1895 → armée malgache est dissoute, premier ministre envoyé en exil en Algérie.

Malgaches se révoltent, massacrent les missionnaires catho → suppression du protectorat.

Entraîne loi d’annexion le 6 août 1896. Général Gallieni envoyé là-bas.

1883 : Protectorat.

1896 : colonie.


B - L’Afrique noire, des années 1900 à la veille de la Seconde Guerre mondiale


Quelle est l’organisation politique adoptée par la France en Afrique noire jusqu’en

1940 ?

3 blocs :

- AOF = Afrique Occidentale française

- AEF = Afrique Equatoriale française

- Madagascar

AOF → 15M d’hab, presque 5M de km2, 8 colonies. La Mauritanie, la Guinée, la Côte

d’Ivoire, le Dahomey, Soudan français, Haute Volta et Niger. A été créé en 1891. Placée sous

l’autorité d’un gouverneur général → réside à Dakar au Sénégal. Nommé par le

gouvernement français. C’est un haut fonctionnaire. Il peut légiférer mais pas besoin

d’organiser une consultation, fonctionne par arrêté. Chaque gouverneur a des

administrateurs coloniaux → chaîne de commandement qui vient gérer le fonctionnement

administratif et politique.

Nous dit beaucoup du projet colonial mené par la métropole → corps de métier qui a

vocation d’organiser durablement la présence française en Afrique. S’est structuré très tôt.

AEF → 1910, 4 colonies : Gabon, Moyen Congo, l’Oubangui-Chari, Tchad. 3 400 000

africains, 5000 européens. Expression : “Cendrillon du domaine français” = le manque de

moyens, très peu d’investissements. Beaucoup de scandales dénoncés par la littérature →

André Gide, Le voyage au Congo, Le retour du Tchad pour dénoncer les méfaits de ces

colonisations européennes qui imposent le travail forcé et qui ne valorisent pas les espaces.

Tous les gouverneurs généraux se sont plaint de la même chose → on leur envoie les moins

bons des fonctionnaires.

La SDN va confier le Cameroun et le Togo (anciennes colonies allemandes). Pas sous

l’autorité du gouverneur général. Commissaires de la République qui sont à leur tête →

doivent faire un bilan de leur gestion à la SDN chaque année.


Madagascar → 4M d’habitants = quasiment autant que dans l’AEF (forte densité).

Djibouti → nous permet d’exister dans la mer rouge. Essentiel d’avoir une présence

pour faire face aux anglais. Cette structuration devient tellement opérante qu’on vient à

créer un ministère des colonies en 1894. Doté d’une admi puissante + d’une école coloniale.

Va former de nombreux cadres. On va prendre une précaution. Au lendemain de l’exposition

en 1931, le mot colonie va disparaître de l’admi pour être remplacé par “outre mer”. Un seul

député pour tout cet espace. Un député sénagalais, élu par des citoyens de seulement quatre

communes.

Maghreb → Maroc et Tunisie = protectorat, Algérie = colonie de peuplement.

3 - Les sociétés coloniales de l’empire français d’une guerre à l’autre : le cas de

l’Afrique


A - Un groupe : les tirailleurs


Soldats des troupes “indigènes” utilisés au sein de l’armée régulière. Vont être

rejoints par des tunisiens puis sénégalais. Méthode galliéniste → on les utilise pour la

colonisation. Entre 1914 et 1918 → 600 000 combattants coloniaux ont été mobilisés pour

combler l’écart entre les forces françaises et les allemands. On les a enrôlé avec violence. 70

000 meurent sur le champ de bataille.

Après 1945, ces tirailleurs sont utilisés en Indochine. 170 000 qui viennent de AOF, 48

000 d’Indochine, 20 000 des Antilles et de la Guyane, 18 000 d’AEF.

B - Félix Éboué et la France libre


Félix Eboué, compagnon de la libération. Il permet de réfléchir sur les parcours

singulier d’hommes entrés en résistance au sein des colonies alors qu’ils étaient en Afrique.

Félix Eboué est un personnage sur lequel on peut travailler en 4e. Son parcours est

intéressant, on voit passer l’école coloniale les corps de fonctionnaire pour administrer les

différentes colonies de l’empire français. On voit aussi la façon dont les valeurs ont

convaincu certains. Il y a un autre individu dont on parle peu, C’est dominique Kossey, c’est

aussi un compagnon de la libération. Visionner le film.


C - Un moment : la conférence de Brazzaville


On a encore une vision déformée. Cette conférence réunit début 44 pour concevoir

une serie de réformes qui devait pérenniser l’empire colonial. Le gaullisme de 50 qui ne

veut pas perdre la face, et les années 60 les débuts de la décolonisation, cette conférence en

serait un point.

Les origines sont complexes, il y a un moment où le commentateur dit que ce n’est

pas des problèmes économiques, car c’est une des conférences de l’époque qui parlait surtout

d’économie. Elle s’inscrit dans cette continuité, mais elle est plus que cela → le point

d'aboutissement des cadres coloniaux. En 41, mois d’Avril, le Général prononce un discours

à la Royal society et dit qu’il y a des changements à faire. Les cadres coloniaux l’entendent et

disent qu’il faut réfléchir. Eboué, compagnon de la libération, résistant, gouverneur général

de l'Afrique française libre, tout comme Henri Laurency, commence à secouer

l’immobilisme et porte un vent de réforme. Felix veut responsabiliser les élites africaines, il

ne rêve plus d’assimilation, il se prononce à demi-mot pour cela. Il voudrait qu’on s’inscrive

dans la continuité de Lyautey → il ne s’agit pas de faire la France en Afrique. Dès lors,

Éboué plaide pour que la France guide les « évolués » → les aider pour qu’ils prennent leur

destin en main sans renoncer à leur identité. Éboué n'exclut pas de toujours utiliser les

structures de la république pour une Afrique plus moderne. Mais le système de protectorat

et l’assimilation, sont plutôt un système d’association. Sauf que ses conceptions ne sont pas

partagées par l’administration coloniale qui n’est pas intéressée de mettre en place ce

programme. Heureusement des pressions se font jour. Les américain promeuvent une

libération. La France a pu compter sur l’Afrique pour libérer la métropole au nom de la lutte

pour le nazisme, en toute logique le prochain pas est la décolonisation, d’autant plus qu’au

maghreb on y pense, Verat abbas, avait rédigé le manifeste du peuple algérien en 1943, remis

son texte à Eisenhower.

Contexte international, 09/43 au Caire se retrouvent Churchill, Roosevelt, et d’autres.

La France ne peut plus compter sur ses alliés pour maintenir sa puissance dans les

colonies. De Gaulle est conscient du fait qu’il doit prendre une décision. Le général de

Gaulle entend transformer les structures pour développer l'Afrique sans renoncer à la

présence en Afrique d’où une conférence. De Gaulle accepte le principe, et annonce

officiellement sur radio alger le 10 10 43, qu’une conférence se tiendra à Brazzaville

prochainement car c’est la capitale de l'afrique libre. C’est un symbole. C’est ici qu’il a

fondé le conseil de défense de l’empire, qu’il a signé un manifeste qui rappelle les origines

républicaines dans lesquelles s’inscrivait la France libre.

Définition de l’Afrique compliquée. On décide que cette conférence sera ouverte à

l’Afrique noire et Madagascar, car on considère que le Mag- relève d’une autre logique, et

l’indochine n’est pas sous autorité de la libération nationale (comité). Cette conférence est


juste consultative → on consent à ce que cette conférence aborde aussi des sujets

politiques. Du 30/01/44 jusqu’au 9/02/44 se réunissent les gouverneurs concernés, mais aussi

les hauts fonctionnaires du commissariat aux colonies, les délégués de l’assemblée

consultative provisoire, les observateurs dont les résident generaux du protectorat, maroc

tunisie, mais aussi le gouverneur général de Tunisie, et aussi l’évêque de brazzaville, on

demande à faire la publicité sur cet évènement. On fait du battage autour de l’événement

on fait savoir que l’on va se réunir à Brazzaville.

Depuis octobre 43 on débat au sein même du comité de libération, et ces deux

approches opposées et différentes vont susciter un débat durable, la discussion entre les

deux perdurent jusqu’en 48-58 ? Première option: la fédération. Faire évoluer les colonies

vers une structure du type fédéral. On créerait donc des parlements locaux, et un parlement

fédéral, dans lequel la république française et les territoires coloniaux seraient représentés à

part égale. Remise en cause du jacobin → les gouverneurs à part Félix Éboué, ne peuvent pas

l’entendre. On apprend par cœur des choses, on assimile les valeurs républicaines, etc... Les

gouverneurs sont pétris de cette formation et de la centralité de l'État, ils pensent que l’on ne

peut pas renoncer à cela, et opposer cette logique fédérale. La solution jacobine est défendue

par les cadres coloniaux, et aussi par le parti communiste → tout le monde s’entend pour

dire que l’on ne peut pas disloquer l’empire. D’autant qu’on célèbre une victoire contre les

nazis, il n’est pas question de le détricoter. De Gaulle entend la nécessité d’une réforme mais

refuse l'éclatement politique, il refuse l’intégration des colonies et veut réussir l’assimilation.

Brazzaville → Indécision sur le plan politique. La conférence est tout sauf le premier

act de décolonisation en Afrique. La conférence met en avant des individus qui portent un

projet africain, la conférence rend avec l’immobilisme colonial, mais ne marque pas le début

de la décolonisation.

Très vite cette conférence est devenue la référence obligée. En réalité elle n’a pas

tranché l’alternative entre les deux possibilités. Et on a fabriqué ce compromis, le 13 oct 46,

c’est le titre 8 de la constitution, ce compromis qui porte le nom d’union française et qui

comporte les décisions.

Concrètement → on a supprimé le statut de l'indigénat, et on a fait des habitants de

l’empire des citoyens français. Mais la citoyenneté des africains est ambiguë ils élisent sur

leur territoire, mais comme ils désignent des députés, c’est aussi des citoyens dépendant de

la métropole, ou encore des citoyens de l’union française. Trois citoyennetés en tout.

D’autant que cette citoyenneté en porte le nom mais est tronquée, sous la 4e république, il

nous faut 80 000 en gironde mais 500 000 au tchad. La loi gaston deffe qui accorde plus


d’autonomie et glisse vers le fédéralisme fait référence à la conférence de Brazzaville. Ce

n’est pas l’act premier de la décolonisation.


IV - La décolonisation de l’Afrique


1 Vie et mort de l’Union française


A - “Le rêve d’une France unie ?”


Seul le Liberia est indépendant → seconde guerre mondiale amorce le processus de

décolonisation qui disparaît plus tard avec la disparition de l’ap-eid en afrique du sud. En

même temps que l’europe s’affaiblit les États Unis et l’union des républiques socialiste et

soviétique qui au sortir de la guerre pour des raisons différentes, martèlent un discours

anticolonialiste. Ajouter a cela → participation des troupes africaines à la guerre, l’agitation

nationaliste des pays arabes, l’emancipation des pays asiatique comme le vietnam, et tout les

ingredients sont réunis pour mettre en place de vastes mouvements de décolonisation,

concernant l’Afrique dans son intégralité. La constitution française de 1946, avait créé

l’Union française qui succédait à ce que l’on appelait l’empire. En 1947, grâce à une loi les

africains deviennent citoyens français ce qui leur permet d’envoyer des députés au parlement

= certains devenant même ministre dans le gouvernement de la république.

En 1956, le gouvernement socialiste fait voter une loi, celle Defferre → permet aux

territoires d’outre mer de se doter d’une assemblée élus et d’un conseil de gouvernement

présidé par le gouverneur. En 1958, lorsqu'il revient au pouvoir organise un référendum

pour la république et une mise en place d’une communauté franco africaine leur permettant

d'accéder à l’indépendance. Il se passe à peu près la même chose dans les autres empires,

comme l’Inde et l’Angleterre, en afrique en 1951, au Ghana, les belges au congo en 1960, les

portugais très tard, en 1975, après la révolution des œillets. Les italiens en 1935 l’on perdu

avec la seconde guerre mondiale et finalement la ou ca à perduré c’est l’app-eid, qui

perdurent jusque dans les années 80-90. Il n’y a plus d’AOF ou d’AEF. On aurait pu se dire

que la tentative de fédération changerait, mais le seul pays qui a pu le mettre en place est le

Nigéria en 1960. Ils ont réussi à inventer l’UOA ? Mais cela ne marque pas la fin des

problèmes mais l’apparition d’autres problèmes → conflits de nature tribales ont éclaté,

mais aussi idéologique, à l’image de ce qu’était le monde après guerre. Africains voulant

une économie libérale de marché, et d’autres humanistes, voire même certains qui veulent le

marxisme comme au Mozambique, ce qui complique la fédération, et débute la tâche la plus

délicate, celle que n’ont pas accompli les puissances européennes = le développement.