Première mondialisation (1870-1913) :
- Contexte : Flux de capitaux des pays développés (ex. Grande-Bretagne, France) vers les pays émergents de l’époque (ex. Argentine, Inde).
- Objectifs des investissements :
- Financer la production de matières premières (minerai, coton).
- Soutenir les infrastructures de transport (ex. canaux de Suez et Panama).
- Données clés :
- Les flux de capitaux ont été multipliés par trois entre 1870 et 1913 (Berger, Feldstein et Horioka).
- L'Angleterre joue un rôle central, émettant la monnaie internationale dominante à l'époque.
Entre-deux-guerres (1913-1935) : Cassure dans la mondialisation financière :
- La crise de 1929 provoque un assèchement des flux internationaux :
- Réduction des déficits courants mondiaux (de 0,9% du PIB en 1913 à 0,2% en 1935).
- Contraction de la demande intérieure et des importations => recul des flux commerciaux.
- Mise en place de contrôles des capitaux dans les régimes autoritaires en Europe centrale et orientale.
Bretton Woods (1944-1971) : Contrôle des capitaux et création des eurodollars :
- Objectif : Stabiliser les balances courantes via la limitation des transferts d’épargne entre économies.
- Les banques européennes proposent des comptes en $ pour les entreprises commerçant avec les États-Unis.
- Eurodollars : Premiers dépôts en $ échappant à la réglementation américaine (ex. Q Regulation).
- Exemple : Les Soviétiques déposent leurs dollars en Angleterre en raison de la guerre froide avec les États-Unis.
Évolutions structurelles (Berger et Pisani) :
- Suppression des contrôles de change et décloisonnement des systèmes financiers.
- Les flux bruts de capitaux augmentent plus rapidement que la croissance mondiale :
- 1% du PIB mondial (1980), 7,5% (2000), entre 5 et 10% (2010).
- Transformation des marchés en intermédiation bancaire internationale multidevises.
Réformes en France :
- 1984 (Jacques Delors) : Loi bancaire supprimant l’encadrement du crédit.
- 1986 (Pierre Bérégovoy) : Déréglementation bancaire et création des marchés de produits dérivés (MATIF, MONEP).
- Suppression des monopoles des agents de change et privatisations des établissements bancaires.
Innovations financières et acteurs clés :
- Banques commerciales : Élargissent leurs activités, titrisent leurs actifs.
- Investisseurs institutionnels : Fonds de pension, sociétés d'assurance et OPCVM.
- Fonds souverains : Investissent sur le long terme pour diversifier leurs portefeuilles (ex. financés par les ressources pétrolières).
- Shadow banking : Activités non bancaires liées au crédit (hedge funds, titrisation).
Crises systémiques et interconnexion des marchés :
- Crises financières propagées par effet domino (ex. crise de 2008 : subprimes, crise de la dette grecque).
- Établissements systémiques ("too big to fail"), nécessitant l'intervention publique.
Flux de capitaux instables :
- Entrée massive : Crée des bulles spéculatives et un endettement excessif (Bernanke, Eichengreen).
- Sortie massive ("sudden stop") : Déstabilise les PED par anticipation de dévaluation ou perte de confiance (ex. crise asiatique 1997, crise grecque 2009).
Optimisation fiscale et paradis fiscaux :
- Zucman (2015) souligne une évasion fiscale accrue, réduisant les recettes publiques et accentuant les inégalités.
Régulation nécessaire :
- Supervision prudentielle (micro et macro) pour encadrer les flux de capitaux.
- Stress tests pour évaluer la résilience des systèmes financiers.
- Gouvernance mondiale renforcée (Rogoff, Rajan).
Débat sur la libre circulation des capitaux :
- Dani Rodrik critique la libéralisation excessive des capitaux, considérée comme "catastrophique" dans certains cas (Consensus de Washington).
- Nécessité de renforcer les institutions locales dans les PED pour absorber efficacement les capitaux étrangers.