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Chapitre 4 : Le système monétaire international (SMI) depuis le 19e siècle

1. Définition et enjeux du SMI

Le SMI désigne les règles, institutions, et pratiques encadrant les échanges monétaires internationaux. Il s'agit d'un outil clé pour stabiliser les économies mondiales.

Trois enjeux fondamentaux (Pisani-Ferry et Benassy-Quéré, 2011) :

  1. Convertibilité des monnaies : Les monnaies doivent permettre les échanges internationaux, les flux de revenus (IDE) et les mouvements de capitaux.
  2. Régimes de change : Quels régimes (fixes, flottants, hybrides) sont à privilégier pour éviter l’instabilité ?
  3. Choix de la monnaie internationale : Une monnaie nationale (comme le dollar) ou supranationale (comme les DTS) peut-elle remplir ce rôle ?

Distinction importante :

  • Système monétaire international : Un système respectant les règles définies par les États, avec une gouvernance efficace.
  • Régime monétaire international : Simple constat de l’état des relations monétaires à un moment donné, qui peut ne pas correspondre aux règles (non-système).

2. Les systèmes monétaires historiques

A. L'étalon-or (1821-1931)

Principe : Chaque monnaie nationale a une valeur définie par un poids fixe en or (ex. : 1 livre sterling = 7,32 g d'or).

  • Période : Débute avec le Royaume-Uni (1821) puis adopté par d'autres pays (France 1875, États-Unis 1879).
  • Avantages : Stabilité des taux de change, favorisant les échanges commerciaux et les flux financiers (Berger).
  • Limites : Dépendance aux réserves d'or et rigidité face aux crises.

Fonctionnement :

  • Les monnaies étaient convertibles en or, garantissant des parités fixes.
  • Ajustements automatiques des balances commerciales par le mécanisme décrit par David Hume (1752) :
  • Un déficit commercial entraîne une sortie d’or → contraction monétaire → baisse des prix et salaires → restauration de la compétitivité.

Hégémonie britannique :

  • Le rôle central de la livre sterling comme monnaie internationale (Eichengreen, Exorbitant Privilege, 2011).
  • Londres, place financière mondiale dominante grâce aux marchés des matières premières (coton à Manchester, blé à Liverpool).

Fin de l’étalon-or :

  • Crise des années 1930 : Politiques non coopératives (dévaluations compétitives, protectionnisme). apres la guerre les stocks d'or on baissé (Fr, R-U) --> baisse des monnaies EU. L'Angleterre voulant garder sa parité --> aug chomage --> tension --> flottement de la monnaie en1931 (Royaume-Uni) et 1936 (France). En ésperant luter contre le chomage et avoir une politique expensioniste.

B. Bretton Woods (1944-1971)

Création :

  • Conférence de juillet 1944 (New Hampshire, USA).
  • Objectifs : Favoriser les échanges commerciaux, stabiliser les prix, promouvoir le plein emploi.
  • Dominance américaine : Le plan de White (USA) l'emporte sur celui de Keynes (Royaume-Uni).

Principes :

  • Le dollar devient la monnaie internationale, convertible en or (35 $/once).
  • Changes fixes entre monnaies (+/-1% autour d’une parité fixe avec le dollar).
  • Institutions créées :
  • FMI : Prêts aux États pour éviter des crises monétaires.
  • Banque mondiale : Financement des pays en reconstruction ou en développement.

Limites :

  • Dilemme de Triffin (National Central Banking and the International Economy, 1960) :
  • Si les USA émettent trop de dollars, ils ne peuvent garantir leur convertibilité en or.
  • Si les USA limitent l’émission, cela restreint les liquidités internationales.
  • En 1971, le président Nixon suspend la convertibilité or du dollar, marquant la fin de Bretton Woods.


C. Les accords de la Jamaïque (1976)

Caractéristiques :

  • Passage à un système de changes flottants ou hybrides (chaque pays choisit son régime).
  • Fin de la référence à l’or.

Dollar, toujours dominant :

  • Aglietta et Coudert (Le Dollar et le Système Monétaire International, 2014) parlent de « semi-dollar standard ».
  • En 2022 :
  • 60% des réserves des banques centrales en dollars.
  • 40% des transactions commerciales libellées en dollars.

Évolutions des régimes de change :

  • Progression des changes flottants : 34% des pays en 2022 (contre 8,7% en 1980).
  • Exemples : Zone euro et USA adoptent le flottant ; Chine maintient un contrôle strict des capitaux.


3. Limites et dysfonctionnements du SMI contemporain

Instabilité des changes (Dornbusch, Overshooting, 1976) :

  • Les marchés financiers réagissent plus vite que les marchés réels, causant des sur-ajustements (effet J inversé).
  • Bulles spéculatives liées à des comportements mimétiques (Orléan, 1989).

Crises de change fréquentes (Boonman, 2017) :

  • 465 crises entre 1973 et 2010, souvent dans des régimes de change fixe.
  • Exemple : Crises jumelles en Asie (1997) et en Turquie (2018).

Libre circulation des capitaux (Rodrik, 2018) :

  • Favorise les sorties brutales (« sudden stops ») ou les entrées massives, déstabilisant les économies émergentes.
  • Exemple : Argentine 2002, crise causée par l’ouverture des capitaux.

Tensions monétaires croissantes :

  • Guerres des monnaies, exacerbées par le rôle du dollar dans les déséquilibres mondiaux.

4. Réformes proposées pour le SMI

Contrôle des capitaux :

  • Limiter les sorties de capitaux (ex. : Chypre 2013) ou l’endettement en devises étrangères.
  • Rodrik (2018) : Propose un contrôle pragmatique, adapté aux contextes nationaux.

Renforcement des droits de tirage spéciaux (DTS) :

  • Créés en 1969 comme réserves internationales par le FMI.
  • Mistral (Guerre et paix entre les monnaies) : Faire des DTS une monnaie internationale pivot, échappant au dilemme de Triffin.

Vers un système multidevise :

  • Encourager le rôle de l’euro et du yuan pour réduire la dépendance au dollar.
  • Limites actuelles :
  • Euro : Manque d’actifs sûrs (Aglietta, 2014).
  • Yuan : Faible ouverture des marchés chinois.



Chapitre 4 : Le système monétaire international (SMI) depuis le 19e siècle

1. Définition et enjeux du SMI

Le SMI désigne les règles, institutions, et pratiques encadrant les échanges monétaires internationaux. Il s'agit d'un outil clé pour stabiliser les économies mondiales.

Trois enjeux fondamentaux (Pisani-Ferry et Benassy-Quéré, 2011) :

  1. Convertibilité des monnaies : Les monnaies doivent permettre les échanges internationaux, les flux de revenus (IDE) et les mouvements de capitaux.
  2. Régimes de change : Quels régimes (fixes, flottants, hybrides) sont à privilégier pour éviter l’instabilité ?
  3. Choix de la monnaie internationale : Une monnaie nationale (comme le dollar) ou supranationale (comme les DTS) peut-elle remplir ce rôle ?

Distinction importante :

  • Système monétaire international : Un système respectant les règles définies par les États, avec une gouvernance efficace.
  • Régime monétaire international : Simple constat de l’état des relations monétaires à un moment donné, qui peut ne pas correspondre aux règles (non-système).

2. Les systèmes monétaires historiques

A. L'étalon-or (1821-1931)

Principe : Chaque monnaie nationale a une valeur définie par un poids fixe en or (ex. : 1 livre sterling = 7,32 g d'or).

  • Période : Débute avec le Royaume-Uni (1821) puis adopté par d'autres pays (France 1875, États-Unis 1879).
  • Avantages : Stabilité des taux de change, favorisant les échanges commerciaux et les flux financiers (Berger).
  • Limites : Dépendance aux réserves d'or et rigidité face aux crises.

Fonctionnement :

  • Les monnaies étaient convertibles en or, garantissant des parités fixes.
  • Ajustements automatiques des balances commerciales par le mécanisme décrit par David Hume (1752) :
  • Un déficit commercial entraîne une sortie d’or → contraction monétaire → baisse des prix et salaires → restauration de la compétitivité.

Hégémonie britannique :

  • Le rôle central de la livre sterling comme monnaie internationale (Eichengreen, Exorbitant Privilege, 2011).
  • Londres, place financière mondiale dominante grâce aux marchés des matières premières (coton à Manchester, blé à Liverpool).

Fin de l’étalon-or :

  • Crise des années 1930 : Politiques non coopératives (dévaluations compétitives, protectionnisme). apres la guerre les stocks d'or on baissé (Fr, R-U) --> baisse des monnaies EU. L'Angleterre voulant garder sa parité --> aug chomage --> tension --> flottement de la monnaie en1931 (Royaume-Uni) et 1936 (France). En ésperant luter contre le chomage et avoir une politique expensioniste.

B. Bretton Woods (1944-1971)

Création :

  • Conférence de juillet 1944 (New Hampshire, USA).
  • Objectifs : Favoriser les échanges commerciaux, stabiliser les prix, promouvoir le plein emploi.
  • Dominance américaine : Le plan de White (USA) l'emporte sur celui de Keynes (Royaume-Uni).

Principes :

  • Le dollar devient la monnaie internationale, convertible en or (35 $/once).
  • Changes fixes entre monnaies (+/-1% autour d’une parité fixe avec le dollar).
  • Institutions créées :
  • FMI : Prêts aux États pour éviter des crises monétaires.
  • Banque mondiale : Financement des pays en reconstruction ou en développement.

Limites :

  • Dilemme de Triffin (National Central Banking and the International Economy, 1960) :
  • Si les USA émettent trop de dollars, ils ne peuvent garantir leur convertibilité en or.
  • Si les USA limitent l’émission, cela restreint les liquidités internationales.
  • En 1971, le président Nixon suspend la convertibilité or du dollar, marquant la fin de Bretton Woods.


C. Les accords de la Jamaïque (1976)

Caractéristiques :

  • Passage à un système de changes flottants ou hybrides (chaque pays choisit son régime).
  • Fin de la référence à l’or.

Dollar, toujours dominant :

  • Aglietta et Coudert (Le Dollar et le Système Monétaire International, 2014) parlent de « semi-dollar standard ».
  • En 2022 :
  • 60% des réserves des banques centrales en dollars.
  • 40% des transactions commerciales libellées en dollars.

Évolutions des régimes de change :

  • Progression des changes flottants : 34% des pays en 2022 (contre 8,7% en 1980).
  • Exemples : Zone euro et USA adoptent le flottant ; Chine maintient un contrôle strict des capitaux.


3. Limites et dysfonctionnements du SMI contemporain

Instabilité des changes (Dornbusch, Overshooting, 1976) :

  • Les marchés financiers réagissent plus vite que les marchés réels, causant des sur-ajustements (effet J inversé).
  • Bulles spéculatives liées à des comportements mimétiques (Orléan, 1989).

Crises de change fréquentes (Boonman, 2017) :

  • 465 crises entre 1973 et 2010, souvent dans des régimes de change fixe.
  • Exemple : Crises jumelles en Asie (1997) et en Turquie (2018).

Libre circulation des capitaux (Rodrik, 2018) :

  • Favorise les sorties brutales (« sudden stops ») ou les entrées massives, déstabilisant les économies émergentes.
  • Exemple : Argentine 2002, crise causée par l’ouverture des capitaux.

Tensions monétaires croissantes :

  • Guerres des monnaies, exacerbées par le rôle du dollar dans les déséquilibres mondiaux.

4. Réformes proposées pour le SMI

Contrôle des capitaux :

  • Limiter les sorties de capitaux (ex. : Chypre 2013) ou l’endettement en devises étrangères.
  • Rodrik (2018) : Propose un contrôle pragmatique, adapté aux contextes nationaux.

Renforcement des droits de tirage spéciaux (DTS) :

  • Créés en 1969 comme réserves internationales par le FMI.
  • Mistral (Guerre et paix entre les monnaies) : Faire des DTS une monnaie internationale pivot, échappant au dilemme de Triffin.

Vers un système multidevise :

  • Encourager le rôle de l’euro et du yuan pour réduire la dépendance au dollar.
  • Limites actuelles :
  • Euro : Manque d’actifs sûrs (Aglietta, 2014).
  • Yuan : Faible ouverture des marchés chinois.


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