INTRODUCTION :
Contexte de l'histoire religieuse italienne doit être compris dans le contexte plus large de l'histoire européenne, en tenant compte des divisions provoquées par le protestantisme.
Réformes religieuses au XVIe siècle :
- Le XVIe siècle a été marqué par des réformes religieuses qui ont divisé la chrétienté occidentale en catholiques et protestants.
- Cette division ne signifiait pas la sortie de la sphère religieuse, mais plutôt une crise religieuse au sein du christianisme.
Diversité religieuse en Europe :
- En plus du christianisme, d'autres religions existaient en Europe, notamment le christianisme oriental (orthodoxie) distinct du christianisme catholique romain.
- La séparation entre l'orthodoxie et le catholicisme romain a eu lieu en 1054.
- Dans l'Empire ottoman, musulmans, chrétiens orthodoxes et juifs coexistaient.
- Malgré cette diversité, le christianisme romain dominait en Europe.
La Réforme protestante au XVIe siècle :
- La Réforme protestante a été perçue comme une catastrophe au XVIe siècle car elle a rompu l'unité de la chrétienté et remis en question l'universalité de l'Église.
- Le terme "catholique" signifie "universel" en grec et conserve cette connotation.
Figures clés de la Réforme :
- Pour comprendre le contexte, il est important d'étudier les figures de Martin Luther et Jean Calvin.
- Le luthéranisme s'est rapidement répandu grâce à l'imprimerie, qui a diffusé les idées des protestants, en particulier les textes de Luther, dans toute l'Europe centrale.
- Luther a obtenu le soutien de princes allemands, renforçant ainsi sa position.
- Luther visait à réformer la hiérarchie ecclésiastique et à réduire le rôle de l'empereur, remettant en question la domination temporelle de l'Église.
Réactions au sein de l'Église catholique :
- Les réformes de Luther ont suscité des réactions et des débats au sein de l'Église catholique, conduisant à diverses actions et instruments de réforme.
La Contre Réforme
- "Contre-Réforme" : terme introduit au XIXe siècle par les protestants pour souligner qu'il s'agissait d'une réaction catholique face à la réforme protestante. Les protestants insistent sur le caractère opposé de cette réforme par rapport à la leur.
- Les catholiques préfèrent utiliser le terme "réforme catholique" pour décrire ce mouvement.
Réforme catholique enracinée et préexistante au protestantisme :
- mouvement profondément enraciné, bien plus qu'une simple réaction au protestantisme.
- donne naissance au catholicisme moderne et contemporain et a commencé à prendre forme dès la fin du Moyen Âge.
Réflexions et débats internes à l'Église catholique :
- réflexions et débats internes à l'Église catholique ont précédé la rupture avec Martin Luther.
Exemple : Le Concile de Constance au XVe siècle a joué un rôle majeur en rassemblant la communauté catholique pour discuter de questions importantes.
Exemple : Le Concile de Bâle et de Ferrare (1431-1439) a marqué une rupture en déclarant que l'autorité du concile était supérieure à celle du pape.
Le Concile de Trente et ses préparatifs :
- Le travail du Concile de Trente s'est basé sur les efforts préliminaires des évêques réunis au niveau de l'État.
Exemple de préparation : Concile national à Cologne en 1536.
- Le point central de réflexion était la réponse de l'Église à Martin Luther, qui avait été condamné en 1520 et excommunié de l'Église chrétienne sous le pontificat de Léon X (1513-1521).
Les courants au sein de l'Église catholique :
Deux courants étaient présents au sein de l'Église catholique à cette époque :
- Les Zelanti, partisans de la fermeté et de la rigueur.
- Les Spirituali, plus proches du mouvement humaniste, cherchant la réconciliation, le dialogue et le compromis.
Les Spirituali ont proposé la tenue de colloques de réconciliation, bien que ces colloques n'aient jamais abouti à des résultats positifs.
Réforme de l'institution de l'Église catholique :
La deuxième réflexion majeure était la réforme de l'institution de l'Église catholique.
- Le pape Paul III (1534-1549) a joué un rôle crucial dans ce processus en écoutant les deux factions (Zelanti et Spirituali).
- Au-delà du Concile de Trente, Paul III a pris des mesures pour réorganiser l'institution ecclésiastique.
L'Inquisition romaine et les réformes de Paul III :
- Paul III a mis en place l'Inquisition romaine, un tribunal extraordinaire chargé de traiter des questions de foi, créé initialement par le pape Grégoire IX au XIIIe siècle pour lutter contre l'hérésie.
- Le cardinal Gian Pietro Carafa a été nommé par Paul III pour diriger l'Inquisition romaine, montrant une grande sévérité en matière de réforme.
Exemple : utilisation de la torture pour obtenir des aveux ou des informations sur des pratiques hérétiques.
Exemple : listes d'ouvrages interdits (Index librorum prohibitorum) pour contrôler la diffusion de la littérature hérétique.
Le Concile de Trente
- Convoqué le 30 novembre 1544 à Trente
- Objectif : initier un dialogue au sein de l'Église catholique
- Ouvert le 13 décembre 1545 et a duré 18 ans, fin en 1563.
Histoire complexe
Bien que considéré comme œcuménique, le Concile de Trente rassemblant tous les évêques et les autorités ecclésiastiques, la réalité était plus nuancée :
- théologiens protestants n'ont pas participé car rupture quasi définitive entre les deux parties.
- représentation de la chrétienté limitée, car les pays fortement touchés par le protestantisme, comme la France et l'Angleterre, ont envoyé peu d'évêques, réduisant ainsi leur influence.
- concile largement dominé par les ecclésiastique de haut rang italiens
189 Italiens / 255 signataires de l'acte final, ainsi que la présence de prélats espagnols.
Interruptions et instabilité due aux décès des papes :
marqué par des interruptions en raison du décès de papes en fonction :
- 18 ans, 5 souverains pontifes se sont succédé :
Paul III
Marcel II
Pie IV
Jules III
Paul IV
- fragilisation du processus de prise de décision
- surtout que ni Marcel II ni Paul IV ne voulaient assumer cette responsabilité.
- chaque suspension du concile a été suivie de sa reprise, créant un déséquilibre dans les délibérations.
- total : 25 sessions ont eu lieu au cours de cette période tumultueuse.
Les oeuvres doctrinales :
- les décisions ont bcp marqué l'Église catholique pour les siècles à venir
- le concile a entamé une réforme et une réaffirmation des principes doctrinaux catholiques qui avaient été ébranlés par les protestants.
- volonté de conservation et de préservation de la tradition de l'Église catholique
- volonté de clarification de certains points doctrinaux
Les cinq principaux points de discussion entre les théologiens lors du concile :
-L'autorité principale de la Bible réaffirmée.
-Contrairement aux protestants, qui rejetaient les écrits qui ne faisaient pas partie de la Bible, les catholiques ont intégré toutes les traditions écrites ou non autour de la Bible.
-Les catholiques ont souligné que le salut de l'homme résulte d'une décision à la fois de Dieu et de l'homme, contrairement aux protestants pour qui l'homme n'a aucune influence sur son salut.
-7 sacrements catholique fermement établis :
le baptême
la confirmation
l'eucharistie
la réconciliation
le sacrement du mariage
l'ordination
l'extrême-onction.
-Les protestantsn'en reconnaissent que deux :
le baptême
l’eucharistie.
-Les catholiques ont réaffirmé la possibilité d'obtenir l'absolution de ses péchés, avec la médiation d'un prêtre
-Protestants ne le reconnaissent pas.
-L'existence du purgatoire, où les âmes attendent leur purification, a été rappelée. De plus, le concile a réaffirmé la vénération des reliques, le culte des images et la vénération des saints.
- En parallèle, le concile a également abordé la question des crises iconoclastes, au cours desquelles des symboles et des images catholiques étaient supprimés.
- Les églises protestantes sont appelées des temples, en contraste avec les églises catholiques.
Réformes lors du Concile de Trente :
- Révision des textes et des conceptions du dogme et du culte de l'Église catholique.
- Réorganisation disciplinée des activités de l'Église et amélioration de la qualité du clergé catholique.
Trois dimensions fondamentales des réformes :
- Moralisation : Encouragement des représentants du clergé à promouvoir des discours moralisateurs pour guider les fidèles dans leur foi et leur comportement.
- Discipline : Mise en place de mesures pour organiser l'Église de manière plus ordonnée et renforcer la discipline ecclésiastique.
- Formation : Investissement dans la formation des futurs prédicateurs pour mieux contrôler le clergé et les fidèles.
Réforme du clergé séculier :
- Formation des prêtres et des évêques pour mieux interagir avec les fidèles.
- Fin de l'idée du prêtre ignorant ou vivant en concubinage.
- Création de séminaires pour la formation des futurs prêtres avant leur ordination officielle.
Réforme de l'évêque :
- Recentrage sur son rôle ecclésiastique pour mieux relayer la parole du pape au sein de la chrétienté.
Réaffirmation de l'importance du clergé régulier :
- Insistance sur la perfection chrétienne et les trois vœux solennels pris par les membres des ordres religieux.
- Réaffirmation des principes chrétiens que ces ordres représentaient et défendaient, ainsi que de la discipline monastique.
Renforcement de la papauté :
- Réaffirmation de la hiérarchie ecclésiastique, consolidant ainsi le pouvoir du pape.
- Émission d'une bulle pontificale en 1564 pour confirmer l'applicabilité de toutes les décisions prises lors du Concile, connues sous le nom de décrets tridentins.
La mise en place des réformes :
Les décrets tridentins :
- Attirer les fidèles et les protéger du protestantisme en appliquant les décrets tridentins en Europe.
- L'application des décrets dirigée par Pie V, qui a promulgué des textes tels que le Catéchisme, le Bréviaire et le Missel.
- Ces textes ont permis d'établir une liturgie romaine unifiée et de remplacer des pratiques liturgiques dégradées.
- des conciles provinciaux et des synodes diocésains ont aidé à mettre en œuvre les réformes.
Conseils pour mieux comprendre :
- conciles provinciaux rassemblent plusieurs diocèses.
- synodes diocésains sont des assemblées au niveau du diocèse.
Promotion des réformes et des figures clés de la reconquête catholique :
- L'Église a promu des modèles tels que les évêques et les cardinaux pour soutenir la réforme catholique.
Exemple :Charles Borromée, évêque de Milan, a créé un grand séminaire pour former les évêques et a défendu des principes pour tous.
Obstacles à la mise en œuvre des réformes :
- Problèmes financiers : La papauté a eu du mal à obtenir suffisamment de fonds, en particulier pour les formations.
- Différences entre les États :
Exemple : la France avait peu de séminaires tandis qu'il y en avait beaucoup en Italie.
Termes ecclésiastiques :
1. Diocèse : division ecclésiastique de base.
généralement centrée autour d'une ville ou d'une région.
chaque diocèse était dirigé par un évêque,
l'unité fondamentale de l'Église catholique.
2. Paroisse : la plus petite unité géographique de l'Église au sein d'un diocèse.
communauté chrétienne locale centrée autour d'une église ou d'une église paroissiale.
chaque paroisse était dirigée par un prêtre.
3. Synode diocésain : réunion des membres du clergé et des laïcs d'un diocèse spécifique.
se réunissaient pour discuter des questions religieuses et pastorales
spécifiques à leur diocèse.
4. Concile provincial : une réunion des évêques de plusieurs diocèses
appartenaient à une province ecclésiastique donnée.
convoqués pour discuter des questions importantes (foi, discipline)
Les instruments de la réforme catholique :
Création de la Compagnie de Jésus (Jésuites) :
- Fondée en 1539 par le prêtre espagnol Ignace de Loyola.
- Objectif : Propager la foi chrétienne dans le monde entier.
Caractéristiques spéciales des Jésuites :
- Lien étroit avec le Pape : Ils prêtaient serment d'obéissance au Pape.
- Vœux de charité, de pauvreté et d'abstinence.
Rôle des Jésuites au milieu du XVIIe siècle :
- Environ 15 000 membres actifs.
- Prédicateurs et catéchistes, jouant un rôle central dans la pastorale de l'Église catholique.
- Promotion des enseignements de l'Église et dialogue avec les élites intellectuelles et dirigeants européens.
- Emphase sur la formation et création de nombreux collèges jésuites à travers le monde.
Établissement de collèges jésuites :
- Premier collège jésuite à Messine en 1548.
- Deuxième collège à Rome en 1551.
- Multiplication des collèges jésuites à travers le monde au milieu du XVIIe siècle.
Construction d'églises post-tridentines :
- Les Jésuites ont joué un rôle majeur dans la construction d'églises post-tridentines, promouvant la foi catholique.
Autres institutions de la réforme catholique :
- Nonces apostoliques : Diplomates représentant le Pape dans d'autres États.
- Congrégations chargées de l'évangélisation des régions lointaines et des pays non catholiques.
Création du Collège Urbano :
- En 1622, le pape Urbain VIII a créé le Collège Urbano, renforçant ainsi l'expansion du catholicisme.
L'Art Baroque et le Renouveau Spirituel :
Concile de Trente :
influencé diverses formes artistiques
naissance à l'art baroque
promouvait le catholicisme
visait à renouveler la spiritualité.
Caractéristiques du Baroque :
Sensibilité émotionnelle : aspect émotionnel de l'art, transmettre un message direct et glorifier Dieu.
Dorure et symbolisme : dorure symboliser la domination divine, lien entre l'art et la foi des fidèles.
Couleurs vives :caractérisait par l'utilisation de couleurs vives et riches.
Musique Baroque :
Le Concile de Trente a encouragé une simplification de la musique liturgique pour la rendre plus compréhensible aux fidèles.
Objectif : Rendre la musique plus intelligible pour la congrégation.
Figures Importantes du Baroque :
Le Bernin : Artiste polyvalent en peinture, architecture et sculpture. Connu pour sa contribution à la basilique Saint-Pierre au Vatican, où chaque élément a été conçu pour magnifier l'église et renforcer la théâtralisation de la foi catholique.