La peur de l'abandon est un phénomène profondément enraciné dans l'expérience humaine. Elle prend sa source principalement dans l'enfance, où les relations avec les figures parentales jouent un rôle crucial. Un enfant qui a vécu l'abandon, ou même qui a simplement perçu la menace d'un tel événement, peut développer un abandonnisme. Ce phénomène se traduit par une anxiété constante et une recherche désespérée d'attachement sécurisant dans ses relations futures.
Michel Lemay, dans "J'ai mal à ma mère", aborde l'abandonnisme sous le prisme de la relation maternelle. Il explique que l'attente déçue d'une attention maternelle constante peut semer les graines de l'abandonnisme. Selon Lemay, l'absence réelle ou perçue de la mère crée un vide affectif que l'enfant tente de combler par des comportements d'attachement anxieux et adhésifs à l'âge adulte.
Germaine Guex a été parmi les premières à théoriser la névrose d'abandon, un trouble qui se manifeste par une peur obsédante de perdre l'amour et le soutien de l'autre. Dans "La Névrose d'abandon", elle décrit comment ces angoisses peuvent mener à des patterns relationnels dysfonctionnels, où l'individu affecté recherche sans cesse la validation et la réassurance de ceux qui l'entourent, souvent au détriment de sa propre santé mentale.