En France dans les années 1930, l'Etat monarchique était consensuel, héritage du passé du royaume. La conception du pouvoir est basée sur l'ordonnance de 1190 du roi Philippe II, qui consiste à pourvoir aux besoins des sujets et à faire passer l'utilité publique avant l'utilité privée. Le fonctionnement de l'Etat monarchique repose sur une pratique de l'équilibre entre le roi et les sujets.
I- La dimension contractuelle de la conception du pouvoir
1. Une conception de l’obligation
- L’Homme est une créature de Dieu et la personne d’institution divine.
- La personne est l’être humain considéré en tant que personnalité singulière, participant à la société de ses semblables, tenu pour unité morale et pour sujet de droit.
- Si toutes les personnes n’ont pas les mêmes droits, tous les êtres humains sont tenus pour des personnes et partagent à ce titre la même dignité.
- L’Homme étant créé libre (doté de libre arbitre), la liberté de la personne lui est consécutive et elle est irréductible à toute détermination extrinsèque. On la comprend comme association de la raison et de la volonté.
- La raison est propre l’homme. Elle est l’ordre du monde voulu par Dieu et la faculté naturelle qui permet aux hommes de le comprendre.
- La volonté est constitutive de l’humanité de l’être humain car seule elle fait de l’homme un être moral.
- La reconnaissance de la dignité de la personne implique la justification de toute action ayant des conséquences pour les personnes. Et la liberté de la volonté affecte d’une précarité essentielle toute obligation.
- La nature du pouvoir exercé par le roi de France ne peut être comprise si l’on ignore ces conceptions.
- La représentation de l’être humain comme personne détermine la conception de l’obligation politique.
- Le consentement mutuel est nécessaire pour l'obligation politique, qui est établie par la promesse et l'engagement public. Cette construction politique et juridique s'oppose à la violence et implique une dimension contractuelle du pouvoir
- L’obligation pour le roi (et les princes) de prêter serment de respecter les privilèges des habitants d’une ville lors de sa première entrée dans celle-ci relève de la même logique et quel que soit le contenu réel du serment prêté il est reçu comme un engagement.
2. L’allégeance
- L’appartenance à la communauté politique suppose l’allégeance au Prince.
- Dans le cas de l’allégeance comme dans celui de la relation vassalique, il y a réciprocité des obligations entre le Prince et l’individu.
- Ainsi, c’est la relation du pouvoir au peuple, et non au territoire, qui définit essentiellement la souveraineté, en constitue le fondement et en détermine les compétences.
- La souveraineté est un pouvoir dont toute l’essence réside dans la libre sujétion des volontés individuelles.
- Le contrat politique unit des personnes. Il est inégal, mais la réciprocité qu’il implique est bien réelle.
