I - Psychostimulants : types et présentations
- Cocaïne : blocs de poudre compressée ou pâte base de couleur jaune brune
- Crack (cocaïne + bicarbonate de soude) ou free-base (+ ammoniaque)
- Amphétamines (médicaments coupe-faim ou stimulateurs de l’éveil détournés de leur usage, méthylphénidate, modafinil, …)
- Ecstasy
- Cathinones
- Caféine
- Nicotine
On peut repérer une intoxication aux amphétamines, Ecstasy, cocaïne et autres psychostimulants par une accélération psychique et physique.
Signes psychologiques :
- Euphorie, bien être, sensation de toute puissance,
- Désinhibition
- Hypervigilance,
- Idées de grandeur, agressivité, labilité de l’humeur,
- Comportement stéréotypé,
- Anomalies perceptives, illusions auditives, visuelles ou tactiles (insectes sous la peau), hallucinations avec orientation le plus souvent conservée, idées délirantes (persécution par la police…).
Signes physiques :
- Tachycardie, arythmie, hypertension artérielle, douleur thoracique
- Sueurs,
- Nausées/vomissements, perte de poids,
- Dilatation pupillaire,
- Agitation psychomotrice, faiblesse musculaire,
- Convulsions.
Complications psychiques :
- Épisodes psychotiques
- Abus lors d’épisodes maniaques
- Attaque de panique, troubles anxieux
- Épisodes dépressifs à l’arrêt
- Troubles du sommeil
- Idées suicidaires, tentatives de suicide
Cocaïne :
L'usage intermittent sans dépendance est rare sur le moyen/long terme. Le schéma le plus fréquent est :
- l'usage initialement intermittent
- Escalade : augmentation de l’usage de fortes doses
- Crack : pas forcement usage quotidien, plutôt usage de fortes doses, toutes les 15 min, quelques jours par mois, jusqu’à épuisement des finances (crack-bingeing)
- Usage fréquent de produits pour moduler les effets de descente (alcool, BZD…).
Il y a des comorbidités addictives :
- Ivresses mixtes (cocaïne + alcool) / Speed-ball (cocaïne + héroïne)
- Tabac
- Benzodiazépines.
Dépendance et sevrage :
Pour les patients, il y a 2 différences majeures avec l’image de la dépendance : L’usage non quotidien et l’absence de douleur à l’arrêt. Mais s'il n'y a pas de syndrome de sevrage physique? Il y a une descente :
- 1e phase (qq heures après): agitation, dépression, anorexie, craving
- 2e phase (jour 2-5): diminution du craving, fatigue, hypersomnie, hyperphagie
- 3e phase (après J5) : symptômes d’allure dépressive, réapparition du craving.
Thérapeutique :
- Conception des soins dans la durée
- Combinaison concomitante ou séquentielle de différentes approches
- Permet la réduction des risques,
- Traitement des complications
- Accompagnement vers sevrage et abstinence
- Différentes modalités: hospitalier/ambulatoire, individuel/groupe, pharmacologique/psychothérapique
Amphétamines :
Se sont des stimulants qui ont des effets euphorisants, anorexigènes, tachycardie, hyperthermie, transpiration, mydriase, hallucinations, états dépressifs, anxiété, dépendance.
Amphétamines Pharmacocinétique : Les effets sont bien plus long qu'avec la cocaïne (6 à 8 h pour l'amphétamine, 12 h pour la méthamphétamine). 30 % sont éliminés sous forme inchangée dans les urines.
Cathinones :
« Nouvelles drogues », « Smart drugs », « legal high ». On peut en acheter sur internet, et en retrouver dans le milieu festif gay, Slam et pratiques sexuelles à risque (IST++). Elles ont un profil pharmacodynamique proche des amphétamines et sont interdites en France depuis aout 2012.
II - Opiacés : clinique
Substances opiacées :
- opiacés : codéine, morphine, héroïne, opium
- antalgiques : niveau 1 (paracétamol, aspirine), niveau 2 (Agonistes morphiniques faibles), niveau 3 (Agonistes morphiniques forts : morphine, fentanyl)
- Antitussifs.
Les effets peuvent être :
Des intoxications. Les effets arrivent en quelques minutes et le sevrage arrive quelques heures après la dernière prise :
- Myosis
- psychodysleptique
- urinaires et digestifs (constipation, rétention urinaire)
- diminution du seuil convulsif
- overdose (dépression respiratoire, coma calme)
Syndrome de sevrage :
- Sevrage physique +++ et psychique : Polymorphisme, gradation
- Demande de produits,
- Bâillements, anxiété, rhinorrhée, larmoiement, sudation, horripilation, myalgies des membres, anorexie, insomnie, frissons, agitation, hypertonie, tachycardie, nausées, tachypnée, vomissements, diarrhées, douleurs abdo, hyperthermie, polyurie, tendance au collapsus, position en chien de fusil.
- Traitement symptomatique du sevrage
- Détection urinaire : 48 à 72h. Opiacés naturels (héroine, morphine, codéine)
Complication de l'usage :
Il peut y avoir des décès par overdose. Au niveau psychiatrique, il peut y avoir des épisodes psychotiques, dépressifs, des suicides, des troubles des conduites. Au niveau médical (liés aux injections), il peut y avoir des overdoses, infections (VIH, VHB, VHC, abcès, lymphangites, septicémies, endocardites,…), pneumopathies liés au sniff, des amaigrissement, perte des dents, aménorrhée. Pour le fœtus, il peut y avoir une mort in utero, prématurité, hypotrophie, puis syndrome de sevrage après la naissance. Au niveau social, il peut y avoir une désinsertion, une précarité, de la prostitution, vols, agressions, trafic, actes médico-légaux.
Comorbidités addictives :
- Substitution et prise d’opiacés
- Alcool
- Cocaïne
- Benzodiazépines
Thérapeutique : principes généraux :
- Trouble chronique
- Conception des soins dans la durée
- Association séquentielle ou concomitante : Pharmacothérapie, Psychothérapie
- Définition des objectifs: Préventif, Curatif, Réduction des risques
- Comorbidités fréquentes: addictions, psychiatrie
Prise en charge : Sevrage et substitution
On peut mettre en place l'établissement d'une alliance thérapeutique. On va également faire une évaluation (comorbidités psychiatriques) et mettre en place des projets de soins (post-cure, prévention, réduction des risques). On a une prise en charge globale et durable (Médico-psycho-socio-éducative).
Traitements de substitution :
- Méthadone (1975)
- Buprénorphine (1996)
- buprenorphine/naltrexone (2000)