Deux constats: chute de la part des emplois intermédiaires dans l’emploi total dans les pays développés depuis 30 ans
– Forte croissance des emplois très qualifiés
– Hausse des emplois très peu qualifiés
• Augmentation des inégalités de salaires ( revenu du salaire) tout le long de la distribution
• En France, inégalités de salaire stables (même en baisse) mais hausse du risque de précarisation pour les moins qualifiés
• Polarisation: recomposition de l’emploi autour de deux pôles dont les revenus et les conditions de travail s’écartent toujours plus.
– peu qualifiés souffrent de la disparition des
emplois intermédiaires
– les très qualifiés profitent d’une économie de plus
en plus gourmande en diplômes et compétences
En 1980 Polarisation des emplois et des salaires pas à la même vitesse et l'ampleur selon les pays. Pays scandinave plus lent que en Europe par exemple eux-mêmes plus lent que U.S.A.
Technologie et inégalités :
• Modèle de départ: offre et demande de travail
• Durant les 50 dernières années, à la fois hausse de l’offre d’éducation et de son rendement
• Seule hausse de la demande de travail qualifié peut expliquer la hausse des inégalités
• D’où provient cette hausse ? Progrès technologique « biaisé », favorable au plus qualifiés et défavorable au moins qualifiés
Machines augmentent la productivité. L’innovation diminue le travail pénible et répétitif et les machines se substituent à l’emploi
L’emploi n’a pas disparu car il y'a des complémentarités des machines avec le travail :
– directes: hausse de la productivité fait baisser les prix ce qui augmente la demande (ex. industrie auto)
– indirectes: baisses de prix augmentent le revenu disponible qui se réoriente sur la consommation (de services aujourd’hui)
Les gagnants et perdants des innovations :
• Les nouvelles technologies ont un coût d’apprentissage ce qui favorise les jeunes et les plus qualifiés
• Exception historique du travail à la chaîne qui bénéficia à l’emploi peu qualifié et réduit les inégalités: explique baisse inégalités ?
L’informatique a fait croitre les inégalités :
Des études ont pointé une hausse des emplois qualifiés et une baisse des emplois intermédiaires suite à l’informatisation. Avec l'arrivée de l'informatique dans les entreprises ,on aperçoit que plus de cadres qu'avant sont engagés, ces personnes étaient complémentaires aux nouveaux outils car ils étaient qualifiés pour. Cependant des emplois ont disparus car l'informatique permet de substituer le travailleur notamment dans la conservation des données.
Approche de la production par tâches :
• Destinée à comprendre comment l’informatique affecte le travail :
– David Autor, Frank Levy et Richard Murnane (2003)
• Production: effectuer un ensemble défini de tâches:
– bouger un objet, faire un calcul ou transmettre de l’information, etc…
• Une tâche peut être réalisée par un travailleur ou une machine :
– 3 principaux types de tâches: abstrait, routinier, manuel non-routinier
• Travailleurs et machines plus ou moins efficaces selon les tâches :
– Les ordinateurs suivent des procédures et règles explicites préalablement programmées, ils sont doués pour des tâches dites « routinières » faciles à décomposer et codifier par une série d’actions clairement définies. On prévoient le comportement de la machine dans l’ensemble des situations qu’il peut rencontrer.
• Les ordinateurs ont remplacé le travail routinier dans les emplois intermédiaires comme :
– établir des feuilles de paye, stocker et retrouver des données sur les employés, distribuer de l’argent, etc…
– employés de bureau
– opérateurs ou employés de production
--Automatisation de la production dans l’industrie
Les tâches dites « manuelles non-routinières » peuvent être affectées par l’informatisation :
– Les emplois qui nécessitent de répéter des actions manuelles dans des contextes qui nécessitent de la flexibilité ( les tâches que l'humain ne pourra pas faire comme le métier de serveur), des capacités de reconnaissance visuelle ou des interactions interpersonnelles
– fréquentes dans le secteur des services non-qualifiés
– Les ordinateurs ne peuvent y remplacer le travail, mais ils ne bénéficient pas non plus des gains de productivité liés aux nouvelles technologies.
Les gagnants du progrès technologique sont ceux qui effectuent les tâches abstraites car les ordinateurs ne peuvent les remplacer, en revanche ils les rendent plus productif grâce à l’Internet permet d'accéder à une quantité d’information et diminue le temps passé à la rechercher de plus cela facilite la spécialisation des connaissances et permet de se concentrer sur les tâches d’analyse.
3- Le commerce international a accéléré la polarisation
• Années 1990: hausse des inégalités expliquée principalement par la technologie et dérégulations
• Essor rapide du commerce dans années 2000 change la donne
- Part de la Chine dans le commerce mondial passe de 3,3% à 10% entre 1998 et 2008
- Entre 2002 et 2008, les importations de la Chine en France sont multiplié par 4
Plus de concurrence stimule l’innovation et baisse les prix, en innovant, les producteurs se différencient et protègent leurs marges il y'a un aspect bénéfique pour les consommateurs car ça libère des revenus (qui se réorientent notamment vers les services). Dans le commerce internationale on distingue deux aspects pour le consommateur c'est toujours bien pour eux, car plus de concurrence amène une baisse des prix et aussi plus de nouveaux produits.
On observe des effets plus ambigus sur les travailleurs ( si on produit des biens de manière plus efficaces dans des pays ou la main d'œuvre est moins chères…)
Les conséquences de l’essor du commerce :
- Le cycle de vie des produits est raccourci
- Entraine des réorganisations plus fréquentes de la production ce qui rend l’emploi plus instable.
- Des revenus plus volatiles
- Ex: télécoms Blackberry, Nokia, qui ont coulé.
- Effets sur la variance des salaire ou de l’offre de travail sur le cycle de vie
• Les pays développés exportent des biens dont la production nécessite du travail qualifié (avions, médicament, parfum, etc…). Ils importent des biens où produire nécessite du travail non-qualifié (vêtements, jouets, etc…)
Un commerce bénéfique aux emplois qualifiés et détruit les emplois moins-qualifiés dans les pays développés.
On observe des conséquence inverse dans les pays en développement.
•Autor, Dorn et Hanson (2013): suite au boom des exportations chinoises le marché du travail s’est fortement dégradé dans les régions les plus en concurrence avec la Chine.
• Contraction de la demande locale a diffusé le choc dans le secteur du commerce et de la construction.
• Caractère très concentré localement de la production manufacturière en concurrence avec la Chine complexifie l’ajustement. Les restructurations laissent des traces durables sur les villes et sur les individus moins flexibles
Les nouvelles technologies ont changé la nature du commerce :
• La division du travail entre firmes s’est approfondie, au lieu d’échanger des biens finalisés, la production s’est fragmentée à l’extrême et les pays s'échangent les tâches nécessaires à leur production
Les pays développés se concentrent sur la partie la plus complexe, abstraite mais aussi rentable de la production, plus une firme exporte, plus le niveau de qualification des employés augmente. Il y'a donc un fort effet sur les emplois liées à la R&D et au marketing en revanche cela détruit les emplois d’opérateurs industriels
4- Les institutions du marché du travail :
Les institutions ne sont pas neutres, elles affectent la manière dont l’économie fonctionne. Les institutions influencent le coût du travail et par ce biais la créations d’emplois et les choix technologiques. Elles affectent aussi énormément les salaires et l’emploi des moins qualifiés qu’elles protègent le plus.
Le rôle du salaire minimum, Diversité des inégalités salariales entre pays dans le bas malgré la technologie commune, par exemple le gel du salaire minimum aux Etats-Unis conduit à une baisse réelle de 20%
• David Lee: gel du salaire minimum explique la hausse des inégalités dans le bas de la distributions
• Dans ce pays, des effets faibles des revalorisations du salaire minimum sur l’emploi.
En France il y'a une revalorisation automatique et une uniformité qui singularise la France alors que dans d'autres pays c'est après un débat, un événement… La revalorisation se transmets aux autres salaires plus élevés qui doivent s'ajuster pour rétablir l'écart.
La revalorisation explique les faibles inégalités en France dans le bas de la distribution
• Le SMIC réduit les inégalités mais décourage les entreprises d’employer des travailleurs peu qualifiés, le salaire minimum a limité la croissance du secteur des services manuels non-routiniers en France et a diminué les opportunités de ceux dont les emplois ont été détruits par le commerce international ou la technologie. On aperçoit un déficit d’emploi particulièrement marqué dans les domaines peu qualifiés comme l’hôtellerie et la restauration ou le commerce de détail
Syndicats : Ils ont un rôle majeur en négociation collective dans la fixation des salaires, quand dans une entreprise ou un secteur les syndicats sont forts, les inégalités de salaires sont plus faibles.
Dans les dernières décennies, il y'a eu une du taux de syndicalisation et du pouvoir des syndicats dans la négociation collective qui s'explique par des syndicats fort dans l’industrie manufacturière dont la part dans l’emploi s’est réduite et un recomposition vers le tertiaire où les syndicats sont moins implantés. La mondialisation a fait évoluer les rapports de force :
– Facilité croissante a externaliser a crédibilisé les menaces de délocalisation
Niveau de négociation collective
• Le déclin des syndicats a eu des conséquences différentes selon l’organisation des négociations collectives. Le degrés de centralisation des négociations influence le taux de couverture. Entre pays, plus le taux de couverture est élevé et les négociation centralisées, plus les inégalités salariales sont faibles.
Le système français est fortement centralisé au niveau de la branche. De nombreux accords d’entreprises ne peuvent être moins favorables pour les salaires. Une forte centralisation est suspectée d’être défavorable à l’emploi. Il Impose notamment des accords à des firmes n’ayant pas participé à son élaboration. Il y'a aussi des pressions à la décentralisation en Europe depuis la crise. Une décentralisation de la fixation des salaires en Allemagne responsable du ‘miracle’ allemand d’après C. Dustmann mais il une hausse des inégalités est apparue.
