Une thrombophilie est une tendance anormale du sang à former des caillots (thrombus) dans les vaisseaux sanguins. Ces caillots peuvent bloquer la circulation. On distingue les thrombophilies constitutionnelles (présentes dès la naissance) et les thrombophilies acquises (qui apparaissent au cours de la vie). Il est important de les identifier pour évaluer le risque de thrombose et adapter la prise en charge.
Hémostase
Processus naturel du corps qui permet d'arrêter les saignements en formant un caillot.
Thrombose
Formation d'un caillot de sang (thrombus) à l'intérieur d'un vaisseau sanguin, qui peut bloquer la circulation.
Thrombus
Masse de sang coagulé qui se forme dans un vaisseau sanguin.
Embolie pulmonaire
Situation grave où un fragment de caillot (embole) migre jusqu'aux poumons et obstrue une artère.
Thrombophilie
Tendance du sang à coaguler plus facilement que la normale, augmentant le risque de thrombose.
Ces thrombophilies sont dues à des anomalies génétiques présentes dès la naissance. Elles augmentent le risque de former des caillots, principalement dans les veines. Elles sont souvent liées à un problème dans le système de régulation de la coagulation.
Normalement, notre corps produit des protéines qui agissent comme des freins pour empêcher le sang de coaguler trop. Si ces protéines sont en quantité insuffisante ou fonctionnent mal, le risque de thrombose augmente.
Régulation de la coagulation
- Déficit en anti-thrombine (AT) : C'est un manque d'une protéine essentielle qui bloque la coagulation. Ce déficit augmente considérablement le risque de thrombose veineuse (10 à 40 fois plus). C'est une maladie génétique rare mais grave.
- Déficit en Protéine C (PC) : La Protéine C est une autre protéine qui aide à inactiver certains facteurs de la coagulation. Un déficit en Protéine C augmente le risque de thrombose veineuse (5 à 10 fois plus).
- Déficit en Protéine S (PS) : La Protéine S travaille avec la Protéine C. Un manque de Protéine S augmente aussi le risque de thrombose.
Certaines modifications génétiques peuvent rendre les facteurs de coagulation trop actifs ou résistants aux protéines qui les freinent.
- Mutation Facteur V Leiden : Cette mutation rend le Facteur V résistant à l'action de la Protéine C. Le sang coagule donc plus facilement. Le risque de thrombose est multiplié par 5 à 7 pour les personnes ayant une copie du gène muté (hétérozygotes) et par 20 pour celles ayant deux copies (homozygotes). C'est la thrombophilie héréditaire la plus fréquente.
Effet de la mutation Facteur V Leiden
- Mutation Facteur II Leiden (Prothrombine) : Cette mutation augmente la quantité de Facteur II (aussi appelé prothrombine), ce qui rend le sang plus coagulable. Le risque de thrombose est multiplié par 2 à 7.
Le risque de thrombose veineuse varie en fonction du type de thrombophilie constitutionnelle :
- Risque élevé : Déficit en anti-thrombine, ou plusieurs mutations combinées (par exemple, Facteur V et Facteur II).
- Risque modéré : Déficit en Protéine C, déficit en Protéine S, Facteur V homozygote, Facteur II homozygote, ou Facteur II hétérozygote + Facteur V hétérozygote.
- Risque faible : Facteur V hétérozygote, Facteur II hétérozygote.
Ces thrombophilies ne sont pas génétiques. Elles se développent au cours de la vie à cause d'autres maladies ou conditions.
C'est la principale thrombophilie acquise. Dans le SAPL, le corps fabrique des anticorps anormaux (appelés anti-phospholipides) qui attaquent certaines de ses propres molécules. Cela augmente fortement le risque de thrombose, aussi bien dans les artères que dans les veines. Il peut aussi causer des problèmes pendant la grossesse, comme des fausses couches répétées.
Pour diagnostiquer le SAPL, on recherche trois types d'anticorps spécifiques par des analyses de sang : le lupus anticoagulant (LA), les anticorps anti-bêta-2-glycoprotéine 1 (anti-beta-2-gp1) et les anticorps anti-cardiolipine (aCL).
D'autres situations peuvent augmenter le risque de thrombose :
- Certains cancers et maladies du sang.
- Les maladies inflammatoires chroniques.
- L'obésité.
- L'immobilisation prolongée (par exemple, après une chirurgie ou un long voyage).
- La grossesse et le post-partum.
- Certains traitements médicamenteux (comme les œstrogènes contenus dans certaines pilules contraceptives).
Le diagnostic des thrombophilies se fait par des analyses de sang spécifiques. Il est important de réaliser ces tests à distance d'un épisode de thrombose et de prendre en compte les traitements anticoagulants éventuellement en cours, car ils peuvent fausser les résultats.
On dose les protéines anti-thrombine, Protéine C et Protéine S. On recherche également les mutations génétiques des Facteurs V et II.
On recherche les anticorps spécifiques du Syndrome des anti-phospholipides (lupus anticoagulant, anti-bêta-2-gp1, anti-cardiolipine).
A retenir :
- Les thrombophilies sont des conditions qui augmentent la tendance du sang à former des caillots.
- Elles peuvent être constitutionnelles (héréditaires), comme les déficits en anti-thrombine, Protéine C, Protéine S, ou les mutations des Facteurs V et II Leiden.
- Elles peuvent être acquises (développées au cours de la vie), la plus connue étant le Syndrome des anti-phospholipides.
- Le risque de thrombose veineuse varie selon le type de thrombophilie, allant de faible à très élevé.
- Le diagnostic repose sur des analyses de sang spécifiques pour identifier la cause et adapter la prise en charge.
