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Post-Bac
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Sociologie 5

Sociologie

La sociologie des 80 dernières années est basée sur la pluralité comprenant plusieurs perspectives.

Chapitre 1 - L’action sociale

Section 1 - La notion d’action sociale

Le concept d'action sociale, bien que présent chez Max Weber, se démarque de la définition de Durkheim.

§1 - Le sociologue et l’action sociale

La sociologie observe l'action sociale au niveau microsociologique, débutant avec des interactions simples entre individus.

L'adaptation de la sociologie se poursuit dans des relations fréquentes ou cohabitations, même au-delà de la mort d'un individu.

Malgré la complexité des interactions sociales, le sociologue les ramène toujours à des actions individuelles élémentaires.

De même, le sociologue allemand Sombart explique l'absence d'un mouvement socialiste significatif aux États-Unis au début du XXe siècle :

  • par l'histoire de frontière du pays
  • une forte idéologie de mobilité individuelle.

En revanche, dans les anciens pays comme l'Allemagne et la France, les barrières sociales incitent davantage à des stratégies collectives pour améliorer la condition globale des groupes défavorisés.

§2 - Deux définitions de l’action sociale

A - L’action sociale selon Durkheim

Définition

L’action sociale (selon Durkheim)
Modes d'agir, de penser et de sentir extérieurs à l'individu, dotés d'un pouvoir coercitif (dans le but de contraindre une personne à faire quelque chose)

Durkheim repose sa théorie sur deux consciences distinctes :


  • Conscience collective : héritage commun de la société
  • Conscience individuelle : propre à chaque individu


La contrainte de la conscience collective, souvent non ressentie, s'internalise par l'éducation, devenant la conscience morale.

Durkheim, influencé par le positivisme, sépare nettement la réalité sociale de la réalité psychique, traitant les phénomènes sociaux comme des objets observables, excluant la subjectivité individuelle.

B - L’action sociale selon Max Weber

Définition

L’action sociale (selon Weber)
Elle est sociale dans la mesure où l'individu tient compte du comportement des autres, y attachant une signification subjective.

Trois critères émergent :

  • la prise en compte des autres
  • la compréhension des attentes
  • le fait de réagir en conséquence


Weber insiste sur la nécessité de comprendre les actions de l'intérieur, adoptant une approche « compréhension interprétative ».

Il estime que les phénomènes sociaux résultent de la composition d'actions individuelles, nécessitant une connaissance approfondie des idées et des sentiments des acteurs sociaux pour parvenir à une explication causale de leur sens et de leurs effets.

Section 2 - Le Problème de l'Explication de l'Action Sociale

Durkheim rejette le statut d'acteur agissant pour l'individu, le présentant plutôt comme le support des normes et valeurs collectives.

Malgré cela, Durkheim n'est pas strictement mécaniste sur la contrainte sociale.

Durkheim souligne l'autonomie de l'individu, nécessaire au perfectionnement de la société.

La contrainte sociale résulte de normes et valeurs internalisées par le biais de l'éducation morale.

L'individu interprète les exigences extérieures, créant ainsi une contrainte intériorisée par le processus de socialisation.

Durkheim explique que la contrainte sociale s'exerce à travers :

  • Normes (prescriptions avec sanctions)
  • Valeurs (idéaux collectifs).


La socialisation autonome évite l'anomie, mais l'absence de celle-ci expose la société à la désintégration ou à la violence.


L'action sociale n'est pas simplement conditionnée par les structures sociales, mais les préférences de l'acteur et les moyens à sa disposition sont influencés par ces structures.

Ainsi, le sociologue doit reconnaître la motivation individuelle basée sur les aspirations et les préférences, tout en comprenant que l'acteur social agit dans les contraintes de la socialisation et de la structure de la situation.

Section III - Les fondements sociaux de l’orientation de l’action sociale

§1 - Les normes sociales

A - La notion de normes

Les normes sociales représentent :


  • des manières d’être
  • des manières de faire
  • des manières de penser


Le tout est définies et sanctionnées socialement

B - Les sanctions concernant le non-respect des normes

Les sanctions, qu'elles soient positives ou négatives, sont des réponses au non-respect des normes. Elles incluent des aspects :


  • physiques
  • économiques
  • surnaturels
  • sociaux telles que le rejet ou le rappel à l’ordre

C - Normes sociales et liberté humaine

Définition

La socialisation
Processus d'assimilation des normes qui conduit à leur intériorisation par l'individu, contribuant à la standardisation des conduites.

Bien que cela implique un certain déterminisme de l’action sociale, le degré de liberté individuelle peut varier selon les sociétés.

Les normes peuvent être impératives, fortement recommandées, suggérant une conduite préférentielle, ou liées à des phénomènes de déviance.

La déviance, bien que souvent anti-sociale, peut parfois contribuer au changement social en défiant les normes établies.

§2 - Les Valeurs

A - La Notion de Valeurs

Définition

Les valeurs
Ce sont des idéaux, individuels ou collectifs, qui guident l'action des individus en fournissant des références de pensée et de comportement.

Les valeurs ne sont pas des entités extérieures, mais émergent des préférences collectives dans un contexte historique.

L'adhésion à une valeur résulte d'un mélange de raisonnement et d'effectivité, permettant la coexistence de valeurs contradictoires chez un individu.

B - La Multiplicité des Valeurs

Max Weber et Florence Kluckhohn soulignent la diversité des valeurs. Kluckhohn distingue les valeurs :

  • dominantes
  • déviantes
  • variantes (offrant une marge de manœuvre aux individus)


Talcott Parsons décrit la société comme un système stable, organisé autour de quatre fonctions essentielles :

  • l’adaptation
  • la poursuite des objectifs
  • l’intégration
  • le maintien des normes

C - Les Fonctions Sociales des Valeurs

Les valeurs servent de critères de jugement et inspirent des comportements, influençant la structure psychique des individus.

Elles jouent également un rôle crucial dans l'intégration sociale en favorisant la solidarité.

Cependant, l'unité sociale ne repose pas uniquement sur des valeurs communes, et les valeurs peuvent aussi diviser la société.

§3 - Les Symboles

A - Fonction de Communication

Définition

Le symbolisme
Défini comme le remplacement ou l'évocation d'une chose par une autre

Le symbolisme comporte trois éléments clés :


  • le signifiant (le symbole)
  • le signifié (la chose représentée)
  • la signification (le rapport entre les deux)

La compréhension de la signification peut nécessiter l'intervention d'un code. Dans le langage humain, composé de symboles tels que les mots et les concepts, la communication peut être difficile en raison de l'ambiguïté des significations.

Les symboles doivent avoir une signification partagée pour assurer une compréhension parfaite.

B - Fonction d'Appartenance

Les comportements humains expriment symboliquement l'appartenance à un groupe et l'adhésion à des valeurs.

Les collectivités utilisent des symboles et des rites symboliques pour affirmer leur identité.

Exemple : Les nations avec leur drapeau et leur hymne.


L'appartenance à des groupes sociaux se manifeste aussi symboliquement à travers divers éléments :


  • l'habitation
  • la voiture
  • l'école des enfants
  • les vêtements
  • le langage
  • les loisirs


La société est largement codée, mais la codification des statuts n'est pas toujours cohérente et lisible.

Exemple : Un individu peut occuper un rang élevé en termes de richesse tout en ayant peu de prestige ou de pouvoir.

§4 - La théorie culturaliste

A - La notion de « culture » en sociologie

Définition

Culture (sens sociologique)
Manière de penser, sentir et agir d'un groupe humain.

Cette utilisation, issue des anthropologues anglo-saxons du XIXe siècle, engendre parfois une confusion intellectuelle, car le terme peut qualifier des comportements cruels, allant à l'encontre de la conception classique de la culture.

B - Le contenu de la théorie culturaliste

La théorie culturaliste repose sur plusieurs propositions interdépendantes :


  • La structure de la personnalité : dépend étroitement de la "culture" de la société, conduisant à une "personnalité de base" propre à chaque société.
  • Chaque société forme une totalité "culturelle" unique, même parmi des sociétés économiquement similaires.
  • Les sociétés ont des valeurs dominantes : caractérisant leur système de valeurs
  • La "culture" d'une société : s'organise en un système cohérent.
  • L'homme vit dans un univers symbolique : où la culture devient la mesure de toute chose.

C - Les limites du culturalisme

Bien que le culturalisme ait contribué aux sciences sociales, il présente des limites :


  • La notion de valeurs communes est simplifiée dans des sociétés complexes, ne prenant pas en compte la diversité des individus et des processus d'apprentissage.
  • Le culturalisme tend à adopter une conception mécaniste de la socialisation, négligeant l'adaptabilité des comportements aux nouvelles circonstances.
  • Le postulat de cohérence des systèmes culturels est contestable, surtout dans des sociétés complexes, car il néglige l'influence des situations concrètes et historiques, idéalisant ainsi les sociétés considérées.


§5 - Le Problème de la Socialisation

 A - Le Processus de la Socialisation

La socialisation en sociologie est définie comme l'apprentissage, par un individu, des comportements, pensées et sentiments transmis par les agents sociaux.

Cette période intensive se déroule principalement dans l'enfance et la jeunesse, mais persiste tout au long de la vie pour permettre l'adaptation à de nouvelles situations.

La vision de la socialisation comme un simple dressage est critiquée, car elle néglige la diversité d'intériorisation des valeurs et souligne l'importance de l'adaptation et des compromis entre normes, valeurs et intérêts individuels.

B - Les Mécanismes de la Socialisation

Les mécanismes principaux sont l'apprentissage et l'intériorisation.

Des sociologues comme George H. Mead mettent en avant le rôle du jeu dans le développement intellectuel et social des enfants.

Freud explore la dimension psychique, montrant l'attachement et l'identification aux parents.

Jean Piaget souligne l'influence du système d'interactions sur la formation du jugement moral.

Les agents de socialisation comprennent :

  • la famille
  • l'école
  • les groupes d'âge
  • les entreprises
  • les médias

Chacun agissant dans des milieux spécifiques.

C - Le Problème de la Conformité

A retenir :

La socialisation vise l'adaptation à l'environnement social, exprimée par la conformité.

Cependant, la conformité n'implique pas nécessairement le conformisme absolu, laissant place à l'autonomie personnelle.

Des conduites déviantes par rapport aux normes sociales existent, mais elles sont souvent liées à des milieux spécifiques qui exercent leur propre pression de conformité.

Ainsi, les individus déviants sont soumis à des attentes de conformité dans leur propre milieu d'appartenance.