Définition
Science politique
La science politique est une discipline qui étudie les systèmes de gouvernance, les processus politiques, les activités, les pensées et les comportements politiques.
Sociologie politique
La sociologie politique est une branche de la sociologie qui analyse les interactions entre les phénomènes sociaux et les phénomènes politiques, y compris comment les institutions politiques influencent la société et réciproquement.
Pouvoir
Le pouvoir est la capacité d'une personne ou d'un groupe à influencer ou contrôler les actions, les croyances ou la conduite d'autres personnes ou groupes.
État
L'État est une entité politique souveraine qui possède une autorité suprême sur un territoire et sa population, et qui est reconnue sur le plan international.
A. L'État dans les grandes idéologies politiques
- Anarchistes : L'État empêche la liberté individuelle.
- Libéraux : L'État doit être minimal, n'intervenir que pour protéger les libertés fondamentales.
- Marxistes : L'État est un instrument des classes dominantes pour maintenir leur pouvoir. L’objectif est de faire disparaître l’État pour abolir la lutte des classes.
- Fascistes : L'État est un outil d'intégration totale de la société.
B. Trois penseurs de l'État
- Thomas Hobbes (Le Léviathan, 1651) : L’État est fondé sur la peur. L’individu renonce à sa violence pour obtenir protection. L'État détient la force et la justice.
- John Locke : L’État minimal protège la liberté individuelle. Les individus acceptent de limiter leur liberté totale pour assurer leur sécurité et leur propriété.
- Jean-Jacques Rousseau : L’État incarne l'amour et la solidarité entre les individus. Il garantit le bien-être collectif.
C. Naissance et évolution de l’État
- Origines : L’État moderne se forme progressivement à partir du 13e siècle, avec la fin du féodalisme et l’absolutisme monarchique.
- État absolutiste : En Europe, à partir du 12e siècle, l’État se construit en concentrant le pouvoir royal. L’armée, le fisc et l’école sont des instruments-clés de ce processus.
- Monopole de la violence : À partir du 17e siècle, l'État exerce le monopole de la violence (création de la police et de forces de l'ordre).
- Après la Révolution française : L’État devient plus intrusif et centralisé (éducation, régulation, presse nationale, etc.).
D. L'État, instituteur du social
- Unification du territoire : L'État impose la langue nationale et l’éducation, uniformisant les pratiques sociales.
- Mémoire collective : L'État construit une mémoire nationale à travers les monuments, les cartes d'identité, et d’autres symboles d’unité nationale.
- État hygiéniste et providence : À partir du 19e siècle, l'État cherche à transformer les conditions de vie des citoyens (logements, hôpitaux, éducation, etc.). Après la Seconde Guerre mondiale, l'État providence s'étend pour garantir le bien-être des citoyens (préambule de la Constitution de 1946).
E. Crises de l'État providence
- Les années 1970 : Les chocs pétroliers remettent en cause l’efficacité et le coût de l'État providence.
- Vagues libérales : Margaret Thatcher et Ronald Reagan prônent un retour à un État minimal, réduisant l’intervention de l’État sur les marchés.
- Critiques libérales : L'État providence est vu comme coûteux et inefficace, favorisant l'assistanat.
A. Approches internes (forces économiques et sociales)
- Durkheim (modèle évolutionniste) : L’État naît de la division du travail et de la spécialisation des tâches. Il est une réponse à la complexité de la société moderne.
- Marxisme : L'État est l’instrument de la classe dominante pour maintenir l’ordre capitaliste et préserver les rapports de production.
- Max Weber : L’État trouve ses propres déterminants. Il est une institution administrative qui détient le monopole de la violence légitime. L’État moderne repose sur un ordre bureaucratique structuré.
- 3 formes de domination : traditionnelle, charismatique, légale-rationnelle.
- L'ordre bureaucratique repose sur des règles, une hiérarchie administrative et une spécialisation des fonctions.
B. Approches externes (relations internationales)
- Immanuel Wallerstein (modèle externe) : La naissance de l’État européen coïncide avec l’émergence du capitalisme mondial. L’État s’impose pour réguler une économie mondiale sans règles. L’État divise le monde en centre, périphérie et semi-périphérie.
- Charles Tilly : L'État et la guerre sont liés. La guerre impose la construction d’une armée, des impôts, et donc l’État. La guerre favorise l’unification de la population et le développement de l’administration.
A. L’État fait-il la nation ?
- Théorie contractualiste (Ernest Renan) : La nation est un « plébiscite de tous les jours ». La nation se construit par le consentement des individus à appartenir à une communauté, notamment à travers l’école et les symboles nationaux.
- Théorie organique (vision allemande) : La nation est une réalité imposée par des facteurs naturels (langue, culture, histoire). Elle est vue comme un ensemble biologique, non choisi.
B. L’État fait la nation : les tenants du "nation-building"
- "Nation-building" : Le processus par lequel l’État construit une nation à travers des institutions, des symboles, et des pratiques culturelles. Le nationalisme est un produit de la modernité étatique.
- Deutsch : Le capitalisme industriel crée des usines qui rassemblent les gens et uniformisent les conceptions du monde.
- Anderson : La nation est une "communauté imaginée", notamment grâce à l’essor des médias (presse, livres) au 19e siècle. La langue commune et la mémoire partagée créent le sentiment national.
- Gellner : L’État moderne crée une « haute culture commune » et des échanges permettant l’unité nationale.
C. Approche primordialiste
- Nationalisme préexistant : La nation n’est pas toujours le produit de l’État. Elle peut se constituer à partir de liens ethniques ou culturels préexistants. Selon Geertz et Gordon, l’État s’appuie sur une conscience ethnique préexistante.
- Walter Connor : La distinction entre ethnie et nation se fait à travers un processus de conscientisation. L’ethnie devient nation lorsque le groupe prend conscience de son identité collective et de sa souffrance historique (ex : le nationalisme palestinien).