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Socio po 2

Définition

Démocratie
La démocratie est un système de gouvernance qui repose sur la souveraineté populaire. Son principe fondamental est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, tel que défini par Abraham Lincoln. Cependant, la mise en œuvre de ce principe est confrontée à diverses difficultés techniques et psychologiques

1. Définition et formes de la démocratie

a) Démocratie directe

La démocratie directe permet au peuple de participer directement aux décisions politiques, un modèle pratiqué par exemple en Suisse. Cependant, cette forme de démocratie présente des défis, notamment le risque d'incohérences et l'absentéisme des citoyens. La démocratie électronique (ou e-démocratie) tente de surmonter ces obstacles en utilisant les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), mais les risques persistent.

b) Démocratie représentative

Dans ce modèle, les citoyens élisent des représentants qui prennent les décisions en leur nom. Ce système repose sur le principe du mandat représentatif, où les élus ont la liberté d'agir pendant leur mandat, contrairement au mandat impératif, qui les lie davantage à la volonté populaire. Le philosophe Jean-Jacques Rousseau s'inquiétait de la transformation possible de la démocratie en oligarchie, mais il a reconnu que la mise en œuvre d'un mandat impératif est compliquée.

c) Démocratie participative

La démocratie participative vise à augmenter la participation citoyenne dans la prise de décision politique, notamment à travers des forums hybrides, des comités citoyens ou des conseils locaux. Elle cherche à rapprocher les citoyens de leurs élus pour améliorer la gouvernance et renforcer la cohésion sociale.

d) Démocratie délibérative

Ce modèle met l'accent sur le processus de délibération collective, où la légitimité de la décision repose sur l'argumentation et l'inclusion des différentes opinions. Bernard Manin, un théoricien de la démocratie, défend l'idée que c'est le processus de formation des volontés qui confère la légitimité à une décision, plutôt que la simple volonté de la majorité.

e) Démocratie d'opinion

Ce modèle est influencé par les médias et les sondages d'opinion. Il critique la dilution des partis politiques et l'essor d'une forme de démagogie, où les décisions politiques sont de plus en plus influencées par l'opinion publique mesurée par les médias et les sondages, souvent au détriment d'un jugement public éclairé.

2. Limites et pathologies de la démocratie

Les démocraties contemporaines rencontrent des obstacles et des dysfonctionnements. Le texte analyse plusieurs dimensions de ces crises, particulièrement en France.

a) La crise de la Vème République

  • Rationalisation du parlementarisme : : La Constitution de 1958, rédigée sous la direction de Michel Debré, a cherché à renforcer l'exécutif (le gouvernement) au détriment du législatif. Cela s'est traduit par une centralisation du pouvoir, où l'exécutif peut influencer fortement le travail législatif.
  • Empiètement du gouvernement sur le parlement : : L'exécutif utilise des moyens comme le vote par procédure accélérée (49-3) pour faire adopter des lois sans débat parlementaire approfondi, réduisant ainsi la capacité du parlement à exercer un véritable contrôle.
  • Absence de contrôle réel sur l'exécutif : : L'Assemblée nationale n'a pas le pouvoir de renverser le gouvernement, ce qui limite la responsabilité politique.

b) La crise de la responsabilité politique

Il existe une irresponsabilité politique des élites, notamment des présidents et ministres, qui peuvent rester en poste malgré des scandales ou des erreurs graves. L'exemple de la démission de Charles de Gaulle en 1969 ou des cas de ministres impliqués dans des scandales illustre cette question de la responsabilité politique.

c) L'irresponsabilité pénale du président

Le texte mentionne aussi l'irresponsabilité pénale du président de la République pendant son mandat, ce qui a été affirmé par le Conseil constitutionnel en 1999. Cette irresponsabilité crée un fossé entre les décisions politiques et la responsabilité personnelle, affectant la perception de la démocratie.

d) Judiciarisation de la politique

La politique se trouve de plus en plus sous le contrôle du pouvoir judiciaire, notamment avec des décisions du Conseil constitutionnel qui empiètent parfois sur le rôle du législatif. De plus, l'usage des autorités administratives indépendantes et des commissions d'enquête parlementaires démontre un renforcement du contrôle des acteurs extérieurs à la politique elle-même.

3. Évolutions et transformations des démocraties

Les démocraties contemporaines connaissent plusieurs évolutions :

  • Renforcement du pouvoir exécutif : Le gouvernement exerce une influence croissante sur la législation, avec une plus grande capacité à adopter des lois par décret.
  • Centralisation et fédéralisme : La distinction entre les régimes fédéraux (par exemple, les États-Unis) et unitaires (comme la France) s'estompe, et il y a une tendance à la centralisation dans des États autrefois plus décentralisés.


A retenir :

Les démocraties contemporaines, malgré leur diversité de formes et de pratiques, rencontrent de nombreux défis liés à la représentation, la responsabilité, et la gestion des conflits d'intérêts. La Vème République en France, avec ses tensions entre le pouvoir exécutif et législatif, illustre les difficultés inhérentes à un système démocratique centralisé, où le contrôle parlementaire est affaibli au profit d'un exécutif puissant. La question de la légitimité et de la responsabilité des élus reste au cœur des débats sur l'avenir des démocraties modernes.