INTRO
La construction scientifique de la médecine est aujourd’hui la proposition centrale dans le débat. Elle désigne les transformations de la médecine lors des deux derniers siècles et permet d’expliquer en quoi la conception médicale se réfère de manière croissante à la science.
La construction scientifique doit pouvoir répondre à la question : “Comment est-ce qu’on sait ce que l’on sait ?” .
Les sciences servent non seulement de moyen d’acquisition des connaissances mais aussi de moyen d’arbitrage. Cela vaut aussi bien pour les décisions médicales que pour les transformations sociales et politiques : l’argument scientifique permet de légitimer les transformations donc les science font toujours partie intégrante de notre société
➢ Parler de construction scientifique de la médecine, c’est appliquer ce modèle d’obtention des connaissances au domaine médical. Cela ne signifie pas que la médecine n’est qu’une science, ni que toute la médecine doit toujours tendre vers la science. !
Au contraire, en analysant les transformations de la médecine sur les deux derniers siècles:
- comprendre dans quelle mesure et de quelles manières la médecine et les sciences sont entremêlées
- évaluer quelles sont les finalités de cette association entre sciences et médecine et les influences qu’elle a eu sur le reste de la profession médicale.
II. La méthode anatomo-clinique (fin 18ème et début 19ème siècle)
1. “Ouvrez quelques cadavres”
- Méthode anatomo clinique : 18e siecle par médecin italien Giovanni Battista Morgagni
- importée et popularisée en France par Xavier Bichat (1771-1802) puis par René Laënnec (1781-1826)
- prospère jusqu'à motié 19e siecle
- principe : l'établissement de liens systématiques entre les symptômes cliniques et les lésions tissulaires organiques observées lors de la dissection des cadavres
- Bichat : l’importance de la localisation des lésions dans le corps : selon lui, il faut penser la maladie à l’échelle tissulaire. Le siège de la maladie est le lieu de la lésion mais pas nécessairement sa cause. Ainsi, dans le cadre du diabète par exemple, des lésions rénales n'indiquaient pas que les reins causent le diabète
donc dissection : maniere de produire savoir
collab chirurgie et necessité acces cadavre
2. Transformations institutionnelles et naissance de la clinique
medecine connait transformation pendant periode post revolutionnaire
- hopitaux: reels lieux de soins
- laicisation du personnel hospitalier donc fins congrégations religieuses
- refonte universite de medecine
- distance avec med hippocratique
- patient = objet pour constructions savoir medicaux plutot que sujet
naissance clinique: nouvelle orga de transmissions des savoir medicaux
desormais apprentissage pratique a l'hopital au chevet des patients pour completer apprentissage theorique en faculté *
--> hopital = lieu de recherche et d'enseignement
3. L’anatomo-clinique comme manière de connaître les corps
- principe de classement des signes cliniques s par rapport aux lésions découvertes lors de la dissection
- localiser e localiser précisément les lésions dans le corps, en faisant des aller-retours permanents entre les cadavres et la clinique
- Cette dernière s’accompagne aussi du regard clinique, de l'observation des signes : les cliniciens doivent pouvoir identifier des récurrences, des fréquences de signes cliniques. Ils doivent être capables de hiérarchiser et de discriminer les manifestations de la maladie
- enjeu quantitatif pr etablir connaissances donc il faut assez de corps a dissequer et la nouvelle orga hospitaliere doit permettre acces aux cadavres
- la comparaison d’une multitude de cas sert de preuve.
4. L’exemple de Laënnec et les percussions acoustiques
- fin du 18ème siècle/début du 19ème: des technologies permettent d’objectiver l’intérieur du corps vivant. (stéthoscope et le thermomètre par exemple)
- stéthoscope : créé par Laënnec début du 19e siècle :
les perceptions sonores de différents râles permettent de mettre en évidence des lésions. Lors de l’auscultation il est possible de deviner les lésions cliniques et d’en déduire la maladie. Il est alors possible de diagnostiquer la tuberculose en repérant les sons caractéristiques des nodules tuberculeux.
