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PARTIE 1 : LE LIEN SOCIAL  

Quid de solidarité et de la cohésion dans une société ? Approches classiques comme contemporaines.  

  

PARTIE 2 : LA SOCIALISATION  

Quid des inégalités sociales en tout genre ? 

PARTIE 3 : LE GENRE 

PARTIE 1 : AUTOUR DU LIEN SOCIAL; COMMUNAUTÉ, SOCIÉTÉ & SOLIDARITÉ 

Question ancestrale de la sociologie, qui est taraudée pour comprendre comment les sociétés se font, se maintiennent, se pérennisent, malgré des évènements et processus qui pourraient les faire éclater (Guerres, changements sociaux, risques climatiques...). Pas de réponse définitive. « Comment se fait-il que tout en étant de plus en plus autonome, l’individu dépende plus étroitement de la société ? » Durkheim, 1873. 

DEFINITIONS :  

Société : désigne le fait que les individus tissent des liens avec d’autres individus les amenant à appartenir à différents groupes sociaux +/- larges à travers lesquels ils construisent leur personnalité et se dotent d’une identité individuelle et collective. Ces appartenances ne sont pas exclusives, en effet on peut appartenir à différents groupes. Ces derniers reposent sur des structures organisées le plus souvent dotées d’une conscience collective permettant à l’individu de se définir par rapport à ce groupe (« je me reconnais dans ce groupe + le groupe me reconnait »). La nature des liens qui nous relie à un groupe peut être différente, càd elle peut être objective (logiques d’appartenance ex: hasard de la naissance dans un pays) ou subjective (groupes de références ex: amis).  


CHAPITRE 1 : COMMUNAUTÉS ET SOCIÉTÉS, COMMENT ABORDER L’EVOLUTION DES  

LIENS SOCIAUX DANS LE MONDE MODERNE ? COMMENT DISTINGUER COMMUNAUTÉ ET SOCIÉTÉ ? 

Remarque préliminaire : terme de communauté considéré comme faisant partis des concepts fondamentaux de la sociologie depuis qu’elle existe en tant que discipline à part entière. Robert Nisbet dans La tradition sociologie : montre que ce concept de son pdv fait partis des 5 concepts fondamentaux de la « tradition sociologie », avec l’autorité (liens avec le pouvoir), le statut (en société) le sacré (rapports avec la religion) et l’aliénation (rapports de domination).  

 A) COMMUNAUTE ET SOCIOLOGIE : 2 CONCEPTS AU COEUR DE LA TRADITION SOCIO  

1) DEUX FORMES SOCIALES HISTORIQUEMENT SITUÉES ?  

Premier à réfléchir vraiment à cette question est Ferdinand Tönnies (1855-1936), sociologue allemand, en 1887 écrit Communautés et sociétés, catégories fondamentales de la sociologie pure : méthode différente de celle Durkheim qui refuse la prise en compte les motivations individuelles, conception du sociale plus ouverte, moins figée, approche du social qui tient compte de certaines motivations psychologies (peut pas penser le social sans cela). Pour lui donc, les liens sociaux résultent de volontés individuelles. Ces dernières peuvent être fondées sur 2 orientations différentes : 

  • volonté organique : fondée sur l’affectif, les instincts => animaux sociaux; se manifeste dans le plaisir d’être ensemble, l’habitude, la mémoire, incarne « le principe de l’unité de la vie »  
  • volonté réfléchie : fondée sur la rationalité, le calcul, la projection dans l’avenir => intérêts à nouer des liens sociaux  

Ces 2 types de volonté vont donner lier à des « états sociaux », càd des types d’organisation sociale différents. La particularité étant que chacune se situe à un moment historique différent, elles se succèdent dans le temps.  

LA VOLONTÉ ORGANIQUE La volonté organique aura pour forme sociale la « communauté » (ou Gemeinschaft), elle en est le résultat. Le type de relations sociales sont fondées sur 3 dimensions : affective, sociale et spatiale. Communauté familiale élargie, communautés villageoises et souvent dimension spirituelle assez affirmée (pratiques religieuses) qui fait également le lien, mais famille reste le pilier de cette vie communautaire. Ensemble de taille réduite spatialement et vie collective rythmée par des actions communes essentiellement agricoles ou artisanales. La nature des normes encadrant cette vie communautaire est essentiellement fondée sur la coutume. Sentiment d’appartenance à cette communauté = intérêt collectif avant intérêt individuel. Très souvent dans les communautés, le statut/ rôle des individus est prescrit (par rapport à place dans organisation sociale). Liens communautaires s’exprimeront dans la sphère sociale, mais aussi économique, politique, juridique et morale.  


LA VOLONTÉ RÉFLÉCHIE La volonté réfléchie aura pour forme sociale la « société » (ou Gesellschaft), produit de ce calcul.  

Les relations sociales sont ici plus formelles, plus impersonnelles, fondées sur l’abstraction, les intérêts des individus. Ici les individus cherchent à étendre leurs libertés individuelles, vont plutôt chercher à favoriser leurs intérêts particuliers notamment et à adopter des comportements égoïstes. Donc forme sociale bcp plus individualisée. Relations sociales concernent des individus isolés (A-->B), sont atomisés, séparés les uns des autres, et les relations dans lesquels ils sont engagés sont plus des relations de concurrence/ de commerce à l’inverse des communautés où fondé sur l’échange/don-contre don. Dans les sociétés, la division du travail est accélérée, les individus sont donc spécialisés, ce sont les activités économiques qui dominent (et non plus celles relatives à la terre). Les relations inter-personnelles prennent la forme juridique du contrat. Aura plutôt une forme éco capitaliste, forme juridique d’un droit formalisé. Idée donc d’une évolution historique pour les organisations occidentales de communautés vers des sociétés, expliquée par notamment URI : Urbanisation Rationalisation Industrialisation 

Constat de forme ancienne / forme moderne partagée par Durkheim qui lui cherchera les causes sociales de cette évolution. Y réfléchit dans De la division du travail sociale (1893) : idée centrale est que la DS produit de la solidarité. Adam Smith dans De la richesse des Nations (1776) s’y était déjà intéressé, en disant que la division du L avait pour fonction d’augmenter la production, la productivité. Durkheim lui remet en cause cette vision purement économique de la DT, intéressé pour étudier ses conséquences sociales (fait qu’elle prod un type d’orga sociale/ ordre social et moral particulier). Cherche à montrer l’hypothèse que ce passage est fondé sur l’évolution des formes de solidarité.  


Distingue dès lors :  

  • solidarité mécanique : coeur des sociétés traditionnelle => DT est faible, individus se ressemblent, peu différenciés socialement (mêmes carac socio), adhèrent à valeurs/ croyances communes = lien social fondé sur similitude entre les individus et forte conscience collective => s’accompagne ordre juridique particulier (si comportements contraires à conscience collective aura type de sanction dit « répressif », droit répressif = révélateur de ce type de solidarité => comparé différents types de droit de sociétés anciennes)  
  • solidarité organique : coeur des sociétés modernes => soc industrielles où DT ++ forte, lien social joue à la fois sur les complémentarités et les différences entre les individus, nature de la conscience collective est moins coercitive, laisse plus de place aux consciences indivi-duelles, droit est « restitutif », sanction ne sert plus à punir mais réparer ou compenser préjudice, plus dans la punition collective.  

Dans DTS ce qui explique le passage d’une solidarité à une autre est la généralisation de la DT. Est dans une société industrielle, rationnelle et urbanisée, fonctionne par analogie avec le corps humain : corps social composé d’organes nécessaires les unes aux autres pour que la société fonctionne bien (chaque élément a une fonction) => approche fonctionnaliste en plus d’holiste.  

En outre, parfois peut ne pas y avoir de solidarité entre les individus au sein de société moderne => va vers l’anomie, est alors dans un fodnctionnement pathologique de la société. EX : quand la bureaucratie empêche les individus de trouver leur place dans la DT, quand l’inégalité des chances est trop grande, ou quand les règles de fonctionnement de la société ne sont plus comprises... intégration mise à mal par ces phénomènes. Autre élément essentiel pour Durkheim : la pression démographique. Important pour explique passage. Quand il y a croissance démographique, 2 phénomènes se profilent :  

  • Augmentation de la densité physique : plus d’individus au m2, concentrés dans espaces qui eux n’augmentent pas => urbanisation se passe cela 
  • Augmentation de la densité morale : accroissement des liens que les individus entretiennent les uns avec les autres => dans orga tradi contacts essentiels avec la famille et les voisins, peu amené à nouer relations avec autres ≠ dans soc urbanisées rajoutera relations de travail, commerciales... notamment lié au développement des transports, NTIC ect permettant un élargissement de l’horizon de ces relations sociales (plus de limitation géographique = internet ?)


Augmentation de densité fera que dans le cadre de solidarité mécanique on aura des individus semblables qui se retrouvent de plus en plus en face à face et potentiellement plus en concurrence et en conflit dans action de tous les jours. 2 formes dès lors de résolution du conflit possible :  

  • élimination du plus faible par le plus fort = concurrence est éliminée  
  • négociation pour que les individus se distinguent l’un de l’autre = principe de la DT  

: DT est donc pour lui le résultat de la lutte pour la vie mais en conclut qu’elle en est un dénouement adouci. DT permet paix sociale.  

2) COMMUNAUTE ET SOCIETE PEUVENT COEXISTER DANS UN MÊME MONDE SOCIAL  

Va s’intéresser à Weber et son concept « d’activité sociale » comme générateur de lien social. Sociologue de l’action. Déjà un peu vu chez penseur pré-sociologue sur sédentarité etc. S’intéresse à ce qui touche à ces relations sociales particulières, il distingue 2 types de relations sociales : Communautaires et Sociétaires 

Pour décrire le cœur de ces relations il va utiliser 2 concepts particuliers : la « Communalisation » et la « Sociation »  

Pour lui, les 2 coexistent dans une même société. De fait, distinguera ces relations selon les activités sociales qui leurs sont associées. Weber définit les Relations sociales dans Economie et société : comportement de plusieurs individus en tant que par son contenu significatif celui des uns se règle sur celui des autres et s’oriente en conséquence => activités des individus sont forcément reliées entre elles, forme de corrélation entre ce que font les uns et les autres, avec l’idée très présente chez lui que tout ce qu’on fait a forcément un sens pour nous et pour les autres. Va ainsi distinguer 2 processus qui permettent selon lui de comprendre les liens de réciprocités (et non de solidarité). Va chercher à comprendre ces liens, avec l’idée que ces processus ont des conséquences sur l’ordre social. Dans son approche il considèrera que l’on a une transformation des liens affectuels (liens d’affectivité) vers des liens davantage fondés sur la rationalité, donc des liens rationnels. Les premiers se transforment en les seconds, donc partage le même constat, mais ils ne disparaissent pas, ils existent toujours.  

Communalisation : désigne un type de relations sociales où l’activité sociale est fondée sur un sentiment subjectif des participants, notamment sentiment d’appartenir à une même communauté.  

Sociation : activité sociale fondée sur un compromis d’intérêts motivé rationnellement, soit sur une coordination d’intérêts motivés de la même manière (soit en valeur soit en finalité).  

Derrière cette distinction entre les actions rationnelles de celles non rationnelles. Il s’appuie sur la démarche de l’idéal-type (= renvoie au termes d’« idée » et de « représentation », ce n’est donc pas un modèle à atteindre mais construction intellectuelle qui ne reflète pas exactement la réalité empirique, mais qui permet d’en analyser les composantes), permet de comprendre un phénomène en synthétisant certaines de ces caractéristiques, en montrant ce qu’il a d’original et de singulier, sans qu’on puisse le retrouver à l’état pur dans la réalité. Technique qui s’oppose à la démarche de Durkheim (2 manières de penser la réalité empirique), tandis que Weber insiste sur les caractéristiques les plus parlantes de quelque chose ; Durkheim fait ce qu’on appelle un « type moyen » par le biais de réalités statistiques. Il utilisera ainsi cette méthode pour essayer de montrer les caractéristiques fondamentales de plusieurs types d’actions. Il recense 4 idéaux-types selon qu’ils seront rationnels ou non rationnels :  

  • Actions rationnelles : met l’accent sur l’intention des agents sociaux, càd que l’individu/ les individus ont une conscience très claire de la raison de leur action  
  • En finalité (ou instrumentale) : action est rationnellement orientée en fonction d’un objectif précis qu’elle vise à réaliser, elle est déterminée en fonction du but à atteindre ex: stratégie économique, politique... 
  • En valeur : action est déterminée en fonction des valeurs de l’individu ou du groupe d’individu qui la met en place ex: PP, assoc... 
  • Actions non rationnelles : pas de conscience de la raison pour laquelle on mène l’action, dimension subjective de l’action sociale  
  • Affectuelle : suscitée par les sentiments, les émotions, les pulsions... ex: joueur compulsif  
  • Traditionnelle : reflète la force des us et coutumes... ex: manger avec une fourchette 

: Insiste sur une caractéristique pour mieux mettre en exergue la typicité de l’action.  

Pour Weber les sociétés modernes sont caractérisées par un accroissement des relations sociétaires, mais les relations communautaires continuent d’exister notamment au sein des familles, des villages... Les sociétés modernes sont ainsi marquées du sceau d’un « désenchantement du Monde ». En effet il observe que dans les sociétés occidentales, l’industrialisation s’accompagnent de progrès scientifiques et techniques. Mais ces dernières connaissent dans le même temps une rationalisation et une bureaucratisation, qui impose de nouveaux contrôles qui restreignent les libertés individuelles et menacent les liens communautaires et familiaux. Il observe ainsi que le mythique, le surnaturel, les coutumes tribales, les prescriptions religieuses, qui fondaient précédemment les sociétés humaines, disparaissent au profit d’une organisation sociale qui est-elle même fondée sur la recherche du profit. En somme les valeurs religieuses et spirituelles sont remplacées par la rationalité et les valeurs marchandes. La société est donc plus « rigide », il parle de la « cage de fer de la rationalité » qui opprime l’individu et tend à le déshumaniser. Les relations sociales sont de fait affecté directement par ces évolutions, car elles visent de plus en plus à l’efficacité et la réalisation de buts spécifiques. Vision ++ pessimiste sur ce qui fonde les sociétés modernes. Critique assez inspirée de Marx, même si partage pas complètement son pdv, notamment relativement à une potentielle Révolution prolétarienne. Dans cette approche, l’idéal-type de cette organisation sociale rationalisée est la Bureaucratie. Elle incarne véritablement le formalisme des relations interpersonnelles, le cadre qui s’impose pour les définir. Dans la réalité, ce n’est jamais aussi figé, d’où le caractère idéal-typique. Il ne « prône » pas la Bureaucratie mais la déplore. Pendant très longtemps les sociologues se sont ainsi appuyés sur ces travaux pour étudier les communautés et sociétés.  

 B) LES APPROCHES CONTEMPORAINES : SOLI ET COMMU DANS LES SOC POSTMODERNES 

Quand parle de soc post-moderne, date à partir 60’, certains expliquent ce changement par une explication sur les valeurs collectives qui évoluent (Inglehart : via stat internationale forte présence valeurs individualistes). Ou sociétés post industrielles, date à partir 65’, comme Tourraine, centralité nouvelle de valeurs tournées vers le bien-être, l’individu, via observation nouveaux mouvements sociaux (féministe, écologiste...), se bat plus contre un patronat, un capital mais d’autres choses comme l’Etat, qui appartiennent au monde des idées.  

Qu’est ce qui nous relie dès lors les uns aux autres dans ces sociétés plus individuelles ?  

1) COMMENT REPENSER LES SOLIDARITÉS ?  

S’appuiera particulièrement sur les travaux de Paugam dans Le lien social (2009) : propose de revisiter les notions classiques de lien social et de solidarité pour comprendre quelle forme elles prennent ajdh.En effet, pour penser les solidarités qui sont au coeur du lien social, son hypothèse est qu’on peut relier 2 approches. Se poser la question des ressorts de la protection sociale, qui est indissociable de la notion de solidarité. Essaye de voir comment dans nos sociétés est fondée cette protection sociale. Comment se décline selon les pays les différents mécanismes de protection sociale. Il dit que l’on peut observer les transformations du lien social dû à l’institutionnalisation de la solidarité via ces systèmes de protection. Quelles sont dès lors ces institutions représentant la solidarité sociale, soit les systèmes de protection sociale, pour voir sur quels principes de solidarité ils sont fondés. Dans certain cas la PS est assurée et mise en place par l’Etat, dans d’autres articulation entre mutualisation et privatisation ou encore privatisation totale. L’idée derrière est de voir sur qui ou quoi les individus peuvent compter en cas de problèmes. Il regardera ensuite comment les individus se définissent par rapport aux autres. Quel sentiment d’appartenance des individus. Ces derniers se définissent par rapport à ces appartenances, donc regarde la manière dont les individus se sentent membre d’un tout avec l’idée que ces appartenances donnent une identité aux individus, qui leur permet de se donner une certaine valeur dans le Monde social. L’identité se nourrit donc d’un principe de reconnaissance sociale donc. Proposera une nouvelle typologie des liens sociaux, qui ne sont plus dichotomie entre liens communautaire / sociétaux mais dichotomie plus complexe. Convergence entre PS et liens d’appartenances censés assurer la 6solidarité. 

Dès lors a établi une typologie de 4 types de liens sociaux : souvent bénéficient de pls d’entre eux 

  • liens de filiation : concerne relations parents/enfants => liens qui assurent une soli inter-générationnelle et repose sur une reconnaissance affective  
  • liens de participation élective : concerne relations de couple ou d’amitié => liens qui assurent une solidarité de proches, qui repose sur une logique d’entre-soi, la reconnaissance est fondée sur la similitude, choisi sur qui on va compte 
  • liens de participation organique : concerne les relations professionnelles => passera par la protection contractuelle, la reconnaissance est liée au travail ce qui peut poser problème si est en situation de chômage peut conduire à disqualification sociale voire exclusion (// Durkheim)  
  • liens de citoyenneté : protection juridique fondée sur l’égalité par la communauté nationale => membre d’une communauté politique fondée sur les mêmes valeurs, dispose d’une parcelle de la souveraineté à travers le droit de vote (// Rousseau

A partir de ces types de liens sociaux il s’intéressera aux ruptures possibles de ces derniers. Questions d’insécurité, de disqualification, d’exclusion, de pauvreté sociales...  

2) UN LIEN SOCIAL FRAGILISÉ  

Rhétorique qui anime les sociétés occidentales : « crise du lien social » ? Retrouvé dans les écrits scientifiques comme véhiculé par les médias, car sous-tend des problématiques qui touchent tout le monde comme le vivre ensemble, la famille et ses mutations, la « montée » de la délinquance... Plus récemment mais avec force, de nombreux questionnements ont émergé autour de la « fin » hypothétique du travail lié à la précarisation de ce dernier, la robotisation croissante, développement des IA... Quid du « L » aujourd’hui et demain ? Le lien politique de la même manière est questionné, au-delà de la « crise de la démocratie représentative », la montée des populismes, l’absentéisme croissant. Participe d’une ambiance générale où l’on se demande comment continuer à entretenir une vie en société ? Un certain nombre de travaux font se poser la question de la fragilité supposée des grandes institutions sociales telles que la Famille, le Travail, l’Ecole... si les objets ne sont pas identiques on peut observer tout de même une continuité entre les sociologues de la fin du XIXème siècle et ceux plus récents. Ex: Sociétés pâtissant d’anomie chez Durkheim => la société se trouve dans l’incapacité de contenir, réguler les passions individuelles (« il faut contenir les égoïsmes » comme ceux par exemple pouvant se produire en cas de Guerre, en période Révolutionnaire...), l’IG doit primer sur les IP. Il repère ainsi que l’on assiste à une plus grande emprise des valeurs individuelles qui induit une perte des repères collectifs et in fine une désorganisation sociale. 


Dans les sociétés contemporaines, aura des sociologues qui vont essayer de voir si les institutions sociales, censées participer à l’organisation sociale, sont « en crise ». Dubet notamment avec Le déclin de l’Institution (2002) où s’intéressera aux transformations que connaissent certaines institutions comme l’Ecole, par le prisme de laquelle il questionne les transformations sociétales. D’autres, comme Castel questionneront le Travail, en montrant notamment « l’effritement de la société salariale » (« passé d’une société du salariat à une société du précariat »). D’autres encore travailleront sur l’étude des syndicats, dressant le même constat d’un déclin de cette institution (40% 1949, 6% ajdh en vrai un peu moins encore), parmi eux Dominique Andolfatto.D’autres mettront en exergue un affaiblissement du lien social en observant cette fois les individus => hausse taux de suicide chez les jeunes, augmentation des faits de délinquance, hausse de prise de drogue... Question de l’intégration sociale est ses difficultés => décrocheurs à l’école, effets modifications du système social... ex: crise subprimes E-U éco, mais effets socio et poli car effondrement système fondé sur surconsommation etc... S’ajoute à ça un discours médiatique qui amplifiera la réception de certaines données scientifiques, parfois déformées d’ailleurs. Participe d’une vision pessimiste avec l’idée que nos sociétés contemporaines connaissent un certain nombre de changement qui attaqueraient les fondements de la cohésion sociale.  


Mais appelle une critique. De Singly considère que cette crise du lien social serait en fait constitutive des sociétés démo. Pars de l’idée qu’il y a forcément une « tension », non pas entre égalité et lib comme avec Tocqueville mais entre d’une part une volonté d’autonomie, d’émancipation individuelle et de l’autre une forme de nostalgie pour des formes communautaires parfois idéalisées (en oubliant que ces formes reposaient sur une très forte contrainte). Dans les sociétés contemporaines ainsi pour lui se pose la question de la construction d’un monde commun (vivre ensemble) => comment faire du public et du commun avec du privé et de l’individuel ? Remets donc en cause l’idée de « crise du lien social », terminologie inadéquate, devrait plutôt parler de « recomposition du lien social ». Car si parle de crise, l’une des solutions pour résoudre la crise serait de revenir vers l’un des types de lien social des sociétés de la 1ère modernité. Il faut donc prendre en compte le fait que le lien social repose toujours sur des instances de socialisation (famille, L,PP, école.. etc existent encore) qui assurent la transmission de normes et valeurs. Ainsi ces dernières se transforment et sont amenées à créer de nouvelles formes de solidarité sociale. Ex: solidarité des villes => Toulouse métropole => question sur la place des séniors dans la ville de demain à travers de nombreuses institutions => comment favoriser leur inclusion ? Quid de leur isolement ? Ateliers participatifs => ctn nombres de défis mis en avant : comment maintenir le lien social le plus prégnant => assurer une continuité intergénérationnelle => « générations pivots » (s’occupent de ses enfants + ses parents) mais pas possible dans toutes les familles => quelles solutions ? Comités de quartier, économie sociale et solidaire... 

3) RESTAURER LES LIENS COMMUNAUTAIRES : LE COMMUNAUTARISME D’ANITAI ETZIONI 

ANITAI ETZIONI Sociologue israëlo-américain. Développé une approche dite « pensée communautariste ». Développée en s’interrogeant sur les évolutions de la société américain dans le 2onde moitié du XXième siècle. Reprend le terme de « communauté » tel que développé par Tönnies => sorte d’actualisation. Part d’un constat : forte croissance éco aux E-U post 2Gm => conséquence sociale => certain nombre d’américains ont pu connaitre des possibilités d’ascension sociale => hausse niveau de vie. Politiquement la situation évolue également => nouveaux mouvements sociaux qui permettent progression droits civiques, libertés individuelles...Mais crise 1973 qui perturbe cette situation => quelles conséquences sociales ? Observe qu’elle entrainera un effondrement des valeurs traditionnelles, une montée de l’individualisme, et du néolibéralisme éco.  

Forgera une forme de « philosophie sociale » dont le coeur sera dont le concept sociologie de communauté. Il l’appelle le « communautarisme » => doit restaurer la cohésion sociale de la société dans son ensemble en s’appuyant sur les liens communautaires. Tönnies mettait en avant la vertu des liens communautaires, s’en inspire mais tout en considérant qu’il ne donnait pas assez d’importance aux individus au sein des communautés. Propose / préconise alors pour compléter cela une forme de communauté nouvelle qui viserait à maintenir un équilibre entre individus et société, càd entre autonomie individuelle et liens communautaires, et un équilibre de fait entre les droits individuels et les responsabilités vis à vis de la communauté. Mais société américaine souffre d’un excès d’individualisme entrainant par ricochet un déclin du capital social (= relations fondées sur des valeurs partagées de réciprocité, de confiance et de sens de ses obligations).  

Pour lui, ainsi les communautés sont des réseaux de relations sociales dont les membres vont partager des valeurs, représentations communes, conceptions communes (idées de réciprocité et d’échange); mais ces dernières ne doivent pas être imposées ni par l’extérieur ni par l’intérieur de la communauté (une personne), elles sont donc définies, construites et générées par les membres de la communauté (consensus construit en commun supposant un dialogue ouvert à tous les membres). Ainsi ce concept peut s’appliquer à toutes sortes d’organisations humaines, des plus petites aux plus grandes, aussi à une communauté comme la famille, à une Ecole, communauté religieuse, jusqu’aux Etats-Nations. Donc idée d’emboitement, d’englobement de communautés dans des plus vastes, elles se chevauchent, et chaque individu peut être défini par son appartenance à de multiples. Ce qui le différence des autres auteurs peut être le fait qu’une communauté n’est pas forcément lié à un territoire en particulier. Ce critère peut donc exister pour un Etat-Nation par exemple mais sinon il n’est pas discriminant dans l’affirmation de cette communauté (communauté virtuelle, diasporas...). Il va encore plus loin en disant qu’un groupe social peut vivre sur le même territoire mais ne pas former de communauté. Ex : mot « community » en anglais (communauté au sens large ou village sens large mais pas forcément communauté). Assez conscient que derrière ce vison un peu idyllique, toutes les communautés ne sont pas vertueuses, certaines peut partager des valeurs « condamnables », ou un mode de fonctionnement répressif, déviant décidé collectivement. Ex: « Africaners » vivent de manière repliée en Afrique du Sud, repose sur l’exclusion des autres populations.  

Définira 4 piliers sur lesquels sont censés se bâtir ces communautés :  

  • Le groupe énonce ce qu’il considère comme le Bien => définition d’un ordre moral qui lui est propre => la société communautarise au sens d’Etzioni va valoriser explicitement certains comportements (afficher, annoncé ≈ forme de contrat social/moral) 
  • La famille sera selon lui la forme la plus précieuse de communauté => mais dans le même temps son mode de fonctionnement classique est insatisfaisant => il doit être redéfinit sur un mode plus égalitaire => non plus hiérarchie, verticalité, autorité => équilibre droits individuels / responsabilités dues à la communauté mais dans le même temps communautés plus larges ont obligations de soutien de la communauté familiale, notamment pour en faire un lieu d’égalité (ex: obligation de soutien dans choix de vie) 
  • L’école, assez liée au second, elle doit assurer l’éducation « morale » des enfants en plus de l’instruction de ces derniers => mais ne doit pas les endoctriner non plus, ne doit pas imposer des valeurs => rôle ainsi d’aide dans la construction d’une personnalité stable et solide 
  • Les droits individuels importants impliquent en retour une grande responsabilité sociale importante => les individus lorsqu’ils exercent leurs droits individuels doivent envisager les collatéraux, ils doivent anticiper leurs conséquences sur la collectivité/ communauté  

Finalité de fondation d’une société plus juste, démocratique, plus égalitaire. Mais critiques dans réception de ces conceptions. Notamment certains milieux féministes ont vu dans l’expérience communautaire décrite par cet auteur une remise en cause de la libération économique des femmes, car derrière l’idée de soutien de la part des communautés plus larges des familles dans leurs projets éducatifs, y ont vu une valorisation de la figure de la femme au foyer et donc antinomique de l’émancipation de la femme. D’autre part, Richard Senett lui va mettre en avant le fait qu’il n’y a pas de réflexion, de théorisation de la question du pouvoir politique et économique dans son approche. Càd qu’il pense les communautés en dehors de tout rapport économique et politique. Hors difficile pour ne pas dire impossible de penser la sphère social en dehors des sphères éco et poli et leurs implications. Enfin, s’il décrit ce modèle communautaire, il n’explique pas comment pourrait passer d’un modèle individualiste qu’il décrit à celui-ci, soit comment pousser les individus à s’impliquer et s’investir dans des relations sociales et ce modèle responsabilisant.  

: Pour conclure, peut constater que dans nos sociétés contemporaines, les liens communautaires résistent, dans leur dimension virtuelle mais aussi territorialisée. Mais dans le même temps ils se confondent avec la modernité au sens où de nouvelles relations sociétaires / sociales se forment. Notamment à travers un concept beaucoup développé depuis les 80’ qu’est celui de « réseau » (ensemble de relations interconnectées). Le premier qui a formalisé cette idée est Castells à travers l’idée de « société en réseaux », qu’il lie à la transformation du système capitaliste via le développement des NTIC et la transformation des liens sociaux.  

CHAPITRE 2 : LA CONSTRUCTION DU LIEN SOCIAL, L’IMPORTANCE DE L’ÉDUCATION

L’éducation fait parti de ces faits sur lesquels va se bâtir une partie de la sociologie française, notamment à l’instigation de Durkheim qui le développera lors de sa première chaire.  

 A) REMARQUES LIMINAIRES 1) LA SOCIALISATION  

Voir déf faits sociaux de Durkheim. Cela veut dire que ces manières sont transmises par la société, elles ne sont pas innées, notamment via le processus de « socialisation » (lui qui en a donné le nom?). Pas le seul à parler de ça dans les SHS, notamment l’éthologue Malson s’était intéressé au mythe des « enfants sauvages », et de leurs difficultés pour réintégrer par la suite les communautés humaines et leurs codes. Ainsi l’Homme serait le produit de son environnement selon lui.  

Socialisation (Guy Rocher dans Introduction à la sociologie générale) : processus par lequel la personne humaine apprend et intériorise tout au cours de sa vie les éléments socio-culturels de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité, sous l’influence d’expériences et d’agents sociaux significatifs, et par là s’adapte à l’environnement social où elle doit vivre.  

Ainsi perçoit 3 dimensions majeures pour pouvoir comprendre ce processus :  

  • Dimension temporelle : apprend tout au long de sa vie => individu évolue tout du long, dans le même temps que nos sociétés évoluent elles-mêmes => les contenus transmis sont évolutifs.
  • Dimension spatiale : personne humaine doit s’adapter à l’environnement dans lequel elle vit => sous-entend qu’il y a plusieurs envts, donc les différents sociétés humaines ont des normes/valeurs différentes => processus de socialisation sont divers, contenus sont différents.
  • Dimension groupale (interactionnelle) : une société est rarement homogène, elle est composée de différents groupes => disposeront de normes/ valeurs/ habitudes spécifiques qui feront elles-mêmes l’objet d’une transmission qui renforcera encore les différences entre ces groupes.

La socialisation est en réalité un double processus d’intégration sociale (l’individu assimilera des éléments communs à la société dans laquelle il vit et ce faisant en deviendra membre, il sera reconnu par eux) mais aussi d’intégration individuelle (il se construira personnellement en tant qu’individu à travers ces différents éléments, le différenciera des autres). Ainsi, ce qui est transmis est forcément pluriel. Ce processus itératif, pas uniforme, se fait en plusieurs étapes, dans plusieurs lieux et au contact de différents agents (« instances » de socialisation). D’abord, il y aura la famille : A travers les habitudes de la vie familiale, transmettra les premières valeurs / normes, visant à vivre en collectivité. Transmettra également les pratiques. Ensuite il y aura l’école : rôle d’instruction mais également transmission de valeurs/ normes. = Ces instances participeront à définir les rôles/ les comportements attendus dans la société, on parle de « rôles sociaux ». Mais certains effets pervers liés à cette théorie sont notables, ainsi Elena Jianini Belotti ont pu montrer que l’éducation au sein de l’Ecole et de la famille n’est pas neutre. Dans Du côté des petites filles, elle montre ainsi que ce qui est transmis aux petites filles n’est pas la même chose que ce qui est inculqué aux garçons, socialisation différenciée (jeux, littérature enfantine...). Ensuite ce sera le travail : transmission des valeurs différentes selon les milieux professionnels correspondant à leurs usages. De plus rôle important dans la définition de l’identité des individus, puisqu’il permet l’accès à un revenu ayant un rôle social puisqu’il permet l’accès à un certain statut dans la société. Également les religions : contingent aux sociétés selon tradition laïque ou non, poids variable selon les périodes et les lieux, et de fait influence le sera également dans la transmission de valeurs mais aussi de pratiques. Enfin les groupes de pairs : groupes électifs, que l’on reconnait et dans lequel on se reconnait (amis, associations, cercles de loisirs, PP... en somme réseaux sociaux). Peut aussi rajouter les médias : traditionnels (pubs etc) et sociaux (nouvelles valeurs ex: instantanéité...), rôle notamment dans la socialisation politique chez les jeunes (voir Annie Percheron).  : Transmission soit s’adresse à une société dans sa globalité, soit des valeurs/ normes plus spécifiques à certains groupes sociaux qui la composent. Distinction possible entre instances qui visent à transmettre explicitement (famille, religion...) et ceux qui transmettent indirectement (pairs, médias...). 

Il y aussi une temporalité dans ce phénomène, càd qu’il ne se fait pas de la même manière que l’on soit un enfant ou un adulte, même s’il reste linéaire. Ainsi on différencie la socialisation :  

  • Primaire :  
  • Enfance = portera sur des « apprentissages fondamentaux » tant au niveau individuel (permet à l’enfant de se situer dans son environnement) que social (langage, ce qui est autorisé ou non) => famille, école, groupes de pairs, et de plus en plus les médias  
  • Adolescence = portera sur l’adaptation des comportements par rapport aux statuts qu’on revêt => vésiculation normes/ valeurs sur orientation scolaire, séxualité... => en vue d’accompagner l’adolescent vers la vie adulte  
  • Secondaire : correspondra aux différents cadres correspondant aux différents engagements des individus => dans vie professionnelle, vie familiale, vie citoyenne... => passage à la retraite constitue une rupture au sens où arrêt de l’engagement professionnel, qui a pour corollaire une perte de liens sociaux et changement de statut social (actif => R) => peut être vécu sur le mode de la crise ou de la reconstruction dans tous les cas conduit à une nouvelle socialisation 

Socialisation peut se faire en outre dans d’autres conditions, notamment si un changement de situation social se fait (ex: changement de religion, changement de secteur éco, changement de pays... = chocs nécessitant l’apprentissage d’un nouveau système de normes et valeurs). Processus à la fois individuel et social important, notamment donc dans le processus identitaire, mais dans le même temps il n’est jamais uniforme, notamment parce que les individus et les groupes n’intériorisent pas les mêmes normes/valeurs et de la même manière, également parce que les sociétés évoluent. Intégration d’un système de valeur quel qu’il soit, mais il peut être nouveau, à certains moments si les sociétés sont anomique, la socialisation peut être défaillante. Durkheim portait une attention particulière à l’éducation car justement il craignait beaucoup cette situation d’anomie.  

2) QUELQUES REPÈRES POUR UNE SOCIOLOGIE DE L’ÉDUCATION  

  • Voir éthymologie éducation => idée de faire se développer, de sortir d’une condition initiale pour aller vers une autre condition, s’applique autant à la terre qu’à un être vivant (et donc humain). Déf Larousse (sens courant) : conduite de la formation de l’enfant ou de l’adulte, la formation de qqun dans tel domaine d’activité ; ensemble de connaissances intellectuelles/ culturelles/ morales acquises dans son domaine par quelqu’un ou par un groupe; mise en oeuvre de moyens propres à développer méthodiquement une faculté ou un organe.  
  • Déf socio : l’éducation au sens large va désigner un ensemble d’influences que va recevoir l’être humain.  
  • Déf Durkheim : c’est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu auquel il est particulièrement destiné. Rq : Ne parle pas de l’éducation des adultes, des enfants par les enfants, de plus la fin témoigne déterminisme social, éducation sert à façonner les individus pour qu’ils s’insèrent dans la place qui leur est réservée.  

Réfléchit l’éducation dans une approche qui ne se veut pas normative, essaye juste de comprendre les causes / conséquences du fait social qu’est l’éducation. Va ainsi appréhender l’éducation comme un E de manières d’agir, de faire, clairement définis, et ayant une réalité (pas des principes philo éducatifs). Quand parle d’éducation si sort que de la perspective seulement durkheimienne, le fait éducatif est par nature complexe, donc peut être appréhendé à plusieurs niveaux, dans plusieurs dimensions, par plusieurs approches... mais également car c’est un phénomène qui se nourrit beaucoup de la comparaison (ex: enquête PISA OCDE). Se traduit aussi dans le champ universitaire, puisque parle « des sciences de l’éducation », champs plus larges qui rassembleront l’ensemble des disciplines étudiant les conditions d’existence, de fonctionnement et d’évolution des situations et des faits d’éducation (Mialaret). Trouvera différentes directions, de recherches cherchant à faire le lien entre éducation et développement éco à des approches plus psychologiques qui s’interrogeront sur dimensions psycho des apprentissages etc.  

  • Premier pôle : travaux qui étudieront les conditions générales et locales de l’institution scolaire. Histoire de l’institution, démographie scolaire, économie de l’éducation, éducation comparée... 
  • Second pôle : psychologie de l’éducation, sciences de la communication, travaux de la didactique..; 
  • Troisième pôle : réfléxion et évolution du système éducatif, philosophie de l’éducation, planification politique et économique...  

3 types de raisonnement sur l’éducation :  

  • Dimension axiologique : s’interrogera sur les fins de l’éducation  
  • Dimension scientifique : vise à produire connaissances scientifiques sur les questions éducatives (notamment son Système)  
  • Dimension praxeologique : réfléchit pratiques des enseignants et des éducateurs au sens large, forte dimension réflexivité  

Les sociologues par l’influence de Durkheim se sont très rapidement intéressés à l’Ecole en tant qu’Institution de l’éducation. Elle participe en effet au processus de socialisation primaire, façon de trouver des réponses à l’épine dorsale de la sociologie à savoir comment une société se maintien, soit en cohésion, quel rôle de l’Ecole dans ce système ? Ouvrages classiques dans lesquels traité de cette question : Education et sociologie (1922) et L’évolution pédagogique en France (1938). Considèrera l’éducation comme un fait social comme les autres, il écrit par exemple : « chaque société considérée à un moment donnée de son développement a un système d’éducation qui s’impose aux individus avec une force générale et irrésistible ». Idée que l’éducation est un élément fondamental de la socialisation palpable ici.  

La formule a posteriori dans un regard contemporain peut heurter, ce pourquoi il faut re-contextualiser par rapport à sa conception de déterminisme du social qu’il avait. Pour lui, la division du L sociale est importante, permettant de distinguer société moderne/ traditionnel, reposant sur une spécialisation de chacun où chacun remplit une fonction. Ceci s’impose comme une nécessité pour préserver l’harmonie du social. Cette spécialisation est dû à l’accroissement de la densité physique et morale donc. Fait écho à sa conception de l’éducation, si doit être spécialisé, l’Etat assumera cette spécialisation, devoir d’assurer la formation intellectuelle et morale des jeunes et de les intégrer de fait dans la société et l’espace civique. Ceci explique que D et ses disciples se sont beaucoup intéresser au lien entre Ecole et intégration sociale. Rôle intégrateur de l’enseignement, dans ses dimensions politiques et morales (// Hussards noirs de 3ème Rép). Perspective sera modifiée avec 2onde moitié du XXème siècle : principale évolution est la démocratisation de ce système (ouverture à toutes les catégories de la population). Dans ce mouvement, assistera à une évolution des travaux sociologiques, nombre d’entre eux chercheront ainsi à comprendre la persistance des inégalités scolaires et sociales entre les élèves et ce malgré l’allongement de la durée des études.  

Dans cette approche, observera un glissement d’objet, l’objet central devenant mois l’Ecole que la famille. La questionne comme instance génératrice d’inégalités culturelles, se traduisant en inégalités scolaires. Bourdieu et Passeron notamment avec La reproduction, éléments pour une théorie du système d’enseignement (1970) : veulent démontrer qu’il existe une inégale répartition du capital culturel selon les familles. Ainsi cette inégalité de répartition entrera en jeu dans la reproduction des classes sociales et par ce biais des inégalités sociales. Ils considèreront que comprendre cela permet aussi de comprendre comment la reproduction sociale passe aussi par une meilleure connaissance des mécanismes d’orientation qui détermineront les parcours scolaires. Réformes dans 70’ système scolaire français notamment instauration collège unique : réforme Haby en 1975 => censé corriger inégalités => quelles conséquences en réalité ? Va masquer les processus de sélection et donc renforcer poids du K culturel de fait. Pas de désintéressement de la socio par rapport à l’école non plus. Cette dernière est investie de missions bien définies dans le fonctionnement de la société :  

  • Elever niveau général de connaissances de la population (« société de la connaissance ») => quel socle commun ?  
  • Favorisation de la mobilité sociale  
  • Favorisation du vivre ensemble => fournit possibilité de vivre une expérience commune à tous les jeunes français 

Années 60-70’ : autre question émerge en deça de la reproduction sociale, c’est celle de l’échec scolaire. Les travaux vont montrer qu’il va devenir un « problème social », en considérant que ce dernier relève d’une construction sociale. Causes ne sont plus (seulement individuelles) mais sociales. Ce passage peut être expliqué par le fait qu’auparavant le système scolaire reposait sur une différenciation très nette des parcours scolaires, ils reflétaient ainsi les inégalités sociales; les réformes structurelles cherchant à abolir ces fragmentations, cela n’effacera pas la sélection mais rendra ses modalités moins perceptibles. Se pose dès lors la question des causes de l’échec scolaire, fatalité ou individualité ? Jusque dans 80’ travaux s’interrogent sur le rôle de l’école dans la construction des inégalités sociales. Puis la problématique évolue, ne s’intéressera pas qu’aux origines sociales mais plus aux établissements, nouvelle population d’élève débarque et hétérogénéise les établissements qui devront dès lors s’y adapter (en termes de nombre mais aussi de programme). Travaux qui auront pour but de construire une connaissance objective des établissements, de leur environnement, avec l’idée que ceci doit servir à leurs personnels pour trouver des solutions adaptées à leur contexte. Autre conséquence ouverture système éducatif est une évolution des rapports des parents d’élèves eu égards à ce système. Notamment du fait d’une plus grande palette en termes d’orientation, leurs comportements évoluent pour se rapprocher de celui de « consommateurs » // démarche comparative de l’enseignement. (Clivé // milieu social ?). Attention plus forte des contextes locaux, inversion de tendance, où sociologie de l’éducation contemporaine s’intéressera à des contextes locaux voire des micro-contextes locaux. Etudiera ainsi la dynamique d’un établissement en particulier, comment individus se placent par rapport à une situation particulière. Influence sur méthode des sociologues, moins l’usage d’approche quantitative pour élaborer des grandes lois générales plus dans une approche qualitative (ex: monographie). De plus, observera ouverture à d’autres disciplines, comme pour la dimension pratique l’utilisation de méthodes ethnographiques, ou la « recherche action » (travail avec les acteurs pour résoudre des problèmes, ne se contente pas d’analyser des situations).  

 

B) L’ÉVOLUTION DE LA SOCIOLOGIE DE L’ÉDUCATION 

1) LE SYSTEME EDUCATIF ET SES EVOLUTIONS : VERS LA DEMOCRATISATION  

Structures du système éducatif (SE) français ont beaucoup évolué depuis les prémices de la mise en place d’une Organisation de l’enseignement. Mais il ne s’agit pas seulement de changement organisationnel, mais ceux-ci reflètent surtout les grandes transformations de notre société (politiques, culturelles...). Historien de l‘éducation : Paul Ariès, montrera que la notion d’enfance est très récente dans l’Histoire, va évoluer notamment à partir de la chute de l’Ancien Régime, avant l’enfant est une chose. Séparation entre enseignement public et privé, se traduira par une laïcisation du personnel, des programmes... alimentera beaucoup de réflexions sur la laïcité mais aussi sur la diversité de l’O scolaire, des enseignements... Voir Antoine Prost. Bascule à partir des années 60’. Jusque-là SE repose de manière affichée sur un principe de sélection scolaire et social. Par exemple : 1/2 rentre en 6ème au début des années 60’ (presque 100% ajdh), seulement 10% obtiennent le BAC, surtout des H venant de classes aisées. Dans les Héritiers (1964) montraient qu’1 enfant de cadre avait 83% plus de chance qu’un enfant de salarié agricole ouvrière et 43% de chances qu’un enfant ouvrier d’entrer à la fac (ségrégation sociale). Volonté donc d’assouplissement frontière entre enseignement primaire et secondaire. Collège unique veut accueillir tous les élèves entre 11 et 16ans. Avant d’autres réformes ont préparé le terrain :  

  • 1959 : scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans  
  • 1963 : création des CES (collège d’enseignement secondaire) 

Collège unique essaye de rompre avec cette différenciation => 1er cycle de l’ES. Cherche à réunir totalité d’une classe d’âge. De plus en plus gens iront au delà de l’obligation légale de scolarité. 1985 : émerge volonté politique d’amener 80% d’une classe d’âge au Bac (Beaud). Pour cela mettra en place des mesures, notamment de nouvelles filières de bac : techno et pro. 29% génération à le niveau bac en 1985, 58% en 1990, en 2007 : 64% et en 2011 : 71,8%  

Centrer débat socio sur question de démocratisation du SE. Interrogera teneur réelle de cette dernière. Voulait dessiner via ces réformes un modèle scolaire visant à assurer une in hérité dans son accès. Mais dans le même temps ce modèle s’appuie sur le principe de méritocratie. Destin social plus lié à la naissance. Correspond aussi à besoin pour l’Etat tout au long du XXème de répondre aux besoins de l’économie et de fait nécessité d’élargir la base de recrutement de ces élites pour assurer développement éco plus fort. Mais aussi renouvellement des élites avec révolutions sociales. Introduit nouveau type de vocabulaire => « égalité des chances ». Les sociologues vont questionner la réalité de ce principe et les modalités de sa mise en oeuvre. Grands noms : François Dubet & Marie Duru-Bellat Le mérite contre la justice. (2009) Prost parle de « démocratisation de façade » => massification mais pas d’abolition des différences sociales, la hiérarchie sociale pas remise en cause. Pierre Merles parle lui de « démocratisation ségrégative ». 

Dans la société, on s’aperçoit qu’il y a 2 conceptions qui se confrontent l’une à l’autre, si l’on sort de la sociologie, et de fait dans la conception des politiques éducatives :  

  • Logique libérale : chacun doit poursuivre la scolarité qu’il a choisi dans cette conception l’Etat a pour rôle d’être le garant du droit égal de chacun de pouvoir participer à la compétition pour accéder au meilleur niveau ( minima être sur la ligne de départ)  
  • Logique sociale : les politiques d’éducation doivent viser à réduire les inégalités, les disparités qui sont engendrées par le fait que certaines catégories sociales sont dans une situation défavorable pour accéder au système éducatif => dans cette conception l’Etat doit mettre en place des procédures spécifiques pour ces catégories défavorisées => correspond à une volonté de démocratisation qualitative de l’enseignement, concrétisé matériellement par la mise en place de ZEP (REP ajdh)  

ZEP : initiées en 1981 sous Mitterand par Alain Savary, mise en place pour lutter contre l’échec scolaire, va connaitre différents aménagements tout au long de fin XXème début XXIème siècle. L’idée est de définir des zones dont on estime qu’elles ont des besoins spécifiques, cible des populations pour lesquelles va mettre en place des actions pour lutter contre l’échec scolaire notamment. Action d’abord territorialisée, puis progressivement glissé vers une logique d’action de déterritorialisation construite autour de la notion d’excellence (au lieu d’accompagner contre échec accompagnera vers excellence) et de fait promotion des élèves les plus méritants hors anciennes zones défavorisées pour les conduire à l’excellence (ex: 2000’ « internats d’excellence »). L’idée est de participer à la « diversification des élites » (voire Van Zanten). Dans langage commun continue à parler de « ZEP » mais elles n’existent plus, elles ont été remplacées par d’autres dispositifs dans l’idée de se focaliser plus sur les réseaux d’acteurs et d’établissement que les zones comme création des RAR, ECLAIR et => voit émerger dans années 2006 nouveau vocabulaire centré autour de la « réussite scolaire », notion plus positive, qui doit se construire dans le cadre du Socle commune de connaissances et de compétences. A la suite de la mise en place des ZEP (Éducation prioritaire en France) , plusieurs travaux sont réalisés pour évaluer l’efficacité de ces politiques publiques. Cette évaluation a donné lieu à des résultats en outre controversés :  

  • Pas d’effets significatifs sur la réussite des élèves => basé sur indice de réussite scolaire  
  • Pénalisation du fait d’étudier en ZEP pour ceux qui avaient déjà des difficultés => double stigmatisation (effet pervers)  

Circulaire accompagnant la mise en place des REP l’idée est de relancer la politique de réussite scolaire en posant un nouveau principe qui n’est plus celui de différenciation mais d’avoir « un même principe de réussite pour tous les élèves de l’éducation prioritaire et un même niveau d’exigence pour tous les élèves de l’école de la République » => cela qui amènera à la mise en place du SCCC (Socle commun de connaissances, de compétences et de culture). L’objectif affiché, l’impératif, est donc de réduire les écarts de réussite entre les deux. Veut améliorer les parcours scolaires. Créera des réseaux qui vont associer des écoles maternelles, élémentaires, le/les collèges et lycées du secteur dans l’idée de définir un territoire où balisera/ identifiera le parcours des élèves à partir de leur secteur d’habitation, va faire travailler autour d’une cohérence pédagogique et progression/ continuité dans les projets construites au fil de l’avancée scolaire. Nouveau gouvernement qui aboutira au vote de la loi du 8/07/2013 ou « Loi de refondation de l’Ecole de la République » car constat que les écarts de réussite n’arrivent pas à être réduits. Elle affiche un objectif chiffré de parvenir à réduire à moins de 10% les écarts de réussite scolaire entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres. Met en place REP et REP+ en 2014-2015 qui sont un mixte entre les choses faites avant : configurent 100aine de réseaux considérés comme très difficiles (REP +) sur lesquels va se concentrer puis une année après définition de tous les réseaux, se retrouver avec 1080 réseaux concernés par cette mesure dont 350 REP+. Refondation de l’éduc prioritaire sous 3 axes forts contenant 14 mesures clés :  

  • Accompagnement de l’élève dans apprentissage et construction parcours scolaire  
  • Equipes éducatives formées, stables et soutenues  
  • Cadre propice aux apprentissages  

Certaines mesures illustrent ces 3 orientations, comme notamment la maternelle pour les moins de 3 ans ou « toutes petites sections » avec accompagnement spécialisé (moins d’enfants, plus de personnels...). Dans le cadre de la politique de la ville des expériences sont ainsi été réalisée concernant cette mesure dans l’idée de socialiser et familiariser avec la langue française le plus tôt possible les enfants. Dispositif aussi « plus de maîtres que de classe », càd en plus de l’enseignement principal une personne en plus pourra prendre des petits groupes, développer des projets interdisciplinaires... Evaluation des dispositifs RAR, ECLAIR etc également par la DEP qui a pointé que dans les collèges faisant partis des dispositifs ECLAIR la population était très défavorisée, et leurs résultats scolaires ont démontré d’une baisse de compétence, alors que dans les écoles les compétences en terme de résultats sont restées les mêmes. Par exemple : collégiens ECLAIR passaient moins souvent que les autres en 2nd générale voire sortait du système, qu’ils réussissaient moins bien, et qu’ils étaient plus touchés par l’absentéisme. En 2013, de plus, le climat scolaire était considéré comme plus violent (voir enquête de victimation) // plus d’incidents graves signalés et opinion moins favorable sur le climat scolaire.  Recentralise un petit peu l’éducation prioritaire donc via élaboration d’un cadre national avec cette loi. A côté on a une autre tendance à la fois opposée et complémentaire qu’est la déterritorialisation des politiques éducatives càd la prise en compte d’une plus forte attention aux contextes locaux.  


Commencera en 1989 dans la Loi d’Orientation sur l’Enseignement, qui imposera/ rendra obligatoire « la politique de l’établissement », cela veut dire qu’on institutionnalisera le fait que chaque établissement doive trouver des solutions spécifiques, adaptées à son contexte local (spécificité d’un tissu socio-économique, historique, partenariats existants politico-admin... mais pas politique) tout en respectant les objectifs nationaux évidemment. C’est donc l’introduction d’une forme d’autonomie des établissements, qui seront amenés à travailler, à se confronter à une diversification accrue des acteurs du système éducatif (acteurs socio-éco, collectivités locales, parents d’élèves => définition élargie car introduit des acteurs dont la profession n’est pas dans l’éducatif). Contexte de lois de décentralisations (1982) et délègue de nouvelles compétences aux collectivités locales, on en fait un acteur supplémentaire de ces politiques éducatives. Par exemple, les communes auront en charge les Ecoles (maternelles et élémentaires), les départements les collèges et les régions les lycées et la formation professionnelle. On développera en ce sens des Contrats éducatifs locaux ou projets éducatifs de territoire. Servira souvent à allier la Politique éducative avec notamment la Politique de la Ville. Existe aussi des Schémas Régionaux de Formation (opérations/ programmes piloté par les régions qui vont chercher à articuler l’enseignement secondaire avec le supérieur) qui ont pour but de créer une cohérence locale end définissant des parcours de formation pouvant parfois conduire à la création de nouveaux établissements correspondant aux besoins de formation exprimés ou attendus dans le bassin géographique (Ex: Occitanie ou ex-MP création « Lycée Airbus). Jean-Louis Derouet analyse depuis plusieurs années ce processus de territorialisation, notamment dans L’école dans plusieurs Mondes : études de terrains dans plusieurs établissements, analyse comment les établissements doivent construire des « compromis locaux » dans des contextes sociaux souvent difficiles. Montre que pour ceux qui se trouvent dans des contextes les plus précaires, les établissements sont obligés de composer avec plusieurs logiques : démocratisation scolaire d’un côté et de l’autre désir de justice sociale (Ecole appréhendée comme un « B commun ») // SDO.  


2) INÉGALITÉS SOCIALES ET INÉGALITÉS SCOLAIRES  

La persistance des inégalités demeure importante, et le lien entre inégalités sociales et scolaires reste fort. Dubet formule ainsi une question qui occupera de nombreux chercheurs : « Pourquoi observe-t-on partout que les élèves issus des catégories sociales les moins favorisées obtiennent en moyenne de moins bons résultats que leurs camarades venant des groupes les plus favorisés ? ». Différentes façons de l’aborder selon différents prismes d’analyses et différents positionnements théoriques. Bourdieu et Passeron : Les Héritiers (1964) et La Reproduction (1970), s’intéressent à l’accès à l’Université dans les années 60’ et montraient que les étudiants issus des familles les mieux dotées en capital (social, éco, culturel) sont ceux qui sont le plus en capacité de réussir (corrélation statistique entre réussite à Univ et fait de sortir d’une famille bien dotée). Quid des étudiants de milieux défavorisés qui accèdent tout de même à l’Université ? Montrent ainsi que dans l’Univ des 60’, les enfants venants de familles de milieux modestes subissent « une violence symbolique » = violence indirecte, de l’ordre du ressenti, intériorisé par les individus, sentiment d’infériorité lié à la domination de la part de l’Institution scolaire soit l’Univ compris dans son ensemble. Cette violence permet selon les auteurs la reproduction des inégalités sociales car celle-ci va légitimer en les véhiculant les normes de la culture des classes supérieures. Cela sous-entend que les enfants issus de milieux ouvriers faisaient face à une Institution construite en écho aux normes/ valeurs/ compétences valorisées et issues des classes supérieurs (ex: langage soutenu, capacité de conceptualisation...= CULTURE LEGITIME). Ainsi dans le Monde universitaire de cette époque, la culture véhiculée était celle de la classe supérieure, et ceux qui n’avaient pas les codes pour comprendre et intérioriser cette culture n’avaient pas les clés pour réussir. Cette problématique a été également explorée par d’autres auteurs comme Baudelot et Establet L’école capitaliste en France (1971) : reprochent aux 2 auteurs précédents d’avoir généralisé (abusivement) les conclusions qu’ils avaient faites sur le fonctionnement de l’Institution Universitaire à tout l’Institution scolaire. Ils poursuivront en outre cet objet mais vont l’appréhender différemment en remettant en cause le postulat de Bourdieu : ce dernier regarde la distance +/- grande qu’il y a entre les classes sociales et la culture scolaire (culture légitime = culture dominante) avec l’hypothèse confirmée selon lui que les classes populaires sont les plus éloignés de cette culture scolaire. Cette hypothèse selon eux ne permet pas d’épuiser le sens profond de ce qu’ils appellent « l’école capitaliste », ce serait cette dernière qui a un rôle actif de division sociale (argumentaire marxisme). Cela veut dire que l’école ne reproduit pas seulement les inégalités sociales mais aussi et surtout la division en classes sociales, et en cela remplace donc l’Eglise. Description de l’Institution scolaire avant 1975, l’Ecole capitaliste désigne ainsi une réalité qui n’est pas unifiée, un « double réseau de scolarisation », mais masqué/ implicite/ latent (individus n’en n’ont pas conscience, travail sociologique qui le met en exergue) :  

  • Réseau primaire professionnel : réseau qui viserait à former les ouvriers => classe ouvrière  
  • Réseau secondaire supérieur : réseau qui viserait à former les bourgeois => bourgeoisie mais leur reprochera une vision très dichotomique, manichéenne, quid de la classe moyenne ?  

Dans leurs travaux suivants, travaux qui auront beaucoup plus de portée, moins marxiens, changent de focale, et ont pour ambition de redonner de la considération à l’Institution scolaire. Ils essayeront ainsi de démonter un certain nombre d’idées reçues, et notamment celle selon laquelle le « niveau baisserait ». D’où le titre de leur ouvrage Le niveau monte (1989) : selon eux, au niveau global le niveau général des connaissances augmente car l’accès à la formation est plus grand et les individus sont plus diplômés/ qualifiés. Mais au-delà, si l’on regarde plus précisément voit que les inégalités se creusent. Mais pourquoi ? Montreront que pour une même discipline le contenu des enseignements peut varier selon le type d’établissement (programme officiel ≠ manière dont enseignants le suivent). Reprendront même leur travail 20 ans plus tard, et publieront L’élitisme républicain (2009) : ils confirmeront leurs conclusions précédentes sur la hausse du niveau sur le LT mais sur le CT (enquête PISA = 3 ans => 2000 à 2006) vont montrer qu’il y a une dégradation du score moyen des élèves français. Ceci peut être expliqué par la baisse moyenne du niveau des élèves les plus faibles. Ainsi, considère que le changement de paradigme des années 2000’ vers la « réussite des meilleurs », l’élitisme, va expliquer cette chute. 

Quitte l’approche des classes sociales pour entrer par les individus, notamment avec Boudon qui porte donc la conception individualiste, càd qu’il refuse l’idée que les structures sociales déterminent les comportements individuels. Il mobilisera donc les outils de l’individualisme méthodologique pour comprendre les ressorts des inégalités scolaires. Cherchera à comprendre les individus et les raisons qui les pousseront à agir comme ils agissent. Dans L’inégalité des chances, la mobilité sociale dans la société industrielle (1973) : cherchera à relier deux phénomènes que sont les inégalités devant l’enseignement et la mobilité sociale. Contexte où forte aspiration à une mobilité sociale ascendante. Cherchera à expliquer les inégalités demeurent entre les individus devant l’Institution scolaire. Montrera ainsi que ces inégalités résultent de l’agrégation de comportements individuels rationnels, en effet, en termes d’orientation, les individus opèreront leurs choix selon un modèle coûts/avantages. Cette rationalité n’est pas non plus « donnée » aux individus, elle n’est pas innée, la rationalité de l’homoeconomicus n’existe pas, elle est forcément limitée (Simon) ; de plus elle est nécessairement reliée au contexte dans lequel a lieu l’action selon Boudon, elle est dîte « contingente », et liée à la manière dont l’individu se représente ce contexte. Les individus feront ainsi des choix en poursuite d’un but d’ascension sociale, ils élaboreront des stratégies pour les atteindre, et de fait mettront en place des actions. Contexte où les individus poursuivent de plus en plus leurs études, et l’agrégation de leurs comportements individuels auront des « effets pervers » ou « effets d’agrégation/ de composition » car si de plus en plus de gens font le choix individuel de poursuivre des études, additionnés, arrive à une situation où pour obtenir la même position sociale il faut être plus diplômé, la mobilité sociale ascendante ne sera donc pas plus assurée par l’obtention de diplômes (paradoxe d’Anderson).  

Enfin reste l’approche par l’Institution, où retrouvera Dubet dans Le déclin de l’Institution (2002) : cherchera à mettre en relation les inégalités scolaires avec le déclin de l’Institution. Sa thèse est de dire que dans l’Ecole démocratique de masse, les inégalités ne sont plus à l’entrée du système (processus de sélection sociale apparent) mais à l’intérieur même des processus scolaires. C’est donc l’Ecole en elle-même qui génère les inégalités. Pour démontrer ceci, il va dans plusieurs de ces travaux, insister sur la notion « d’expérience scolaire », développée avec Danilo Martucelli, dans A l’école, sociologie de l’expérience scolaire (1987) : méthodologie particulière dite de « l’intervention sociologique », initiée au départ par le père spirituel de Dubet qu’est Alain Touraine, essaye de dé(re)construire et comprendre les logiques d’action des acteurs. Place de groupes d’élèves dans des salles et essayent de faire émerger ce qu’ils vivent. Ainsi chercheront à montrer comment les élèves construisent des relations, des stratégies, des significations, à travers lesquelles ils se construisent eux-mêmes en tant qu’élèves et de fait en tant qu’individus. Ils considèrent tous les deux que la socialisation à l’école conduit à une intériorisation des normes et dans le même temps conduit à une « subjectivation » (= càd intègre les normes mais qu’individuellement reste capable de les mettre à distance). Donc montreront à partir d’enquête sur les jeunes les plus dans la subjectivation (scolarisés ou en rupture) qu’il y a plusieurs logiques en terme d’actions et de stratégies : 

  • Ecole primaire : logique de conformité => cherche à s’intégrer dans système scolaire  
  • Collège : logique d’opposition aux règles de l’Institution et d’appartenance au groupe de pair => crise voire rupture entre culture adolescente et règles système  
  • Lycée : logique de différenciation => logique stratégique en vue d’une orientation future  

Certains auteurs travailleront sur cette idée en montrant que l’Ecole ne serait plus un « sanctuaire », càd elle ne protège plus des problèmes sociaux, notamment de la violence. Un des spécialistes de cette question est Eric Debardieux, notamment dans La violence à l’école, un régime .... : s’intéresse aux faits de violence et à leurs ressentis (parle « victimisation » // insécurité de ceux qui n’en subissent pas directement). Trouvera aussi des travaux sur la pauvreté, le décrochage scolaire etc... illustrant aussi l’idée que l’Ecole n’arrive pas à protéger et garder en son sein les personnes les plus fragile. En outre, d’autres travaux s’intéresseront moins à l’Institution qu’aux pratiques des différents acteurs qui la composent, dans une approche dite « ethno-méthodologique » - qui est donc une approche méthodo particulière qui s’intéressera à la manière dont les acteurs construisent leur propre façon de résoudre les problèmes. Le grand sociologue qui l’a initié est Harold Garfinkel, a notamment étudié comment les jurés populaires fonctionnent aux EU. Demande ainsi à des citoyens ordinaires, donc ayant une connaissance spontanée et non-experte, de rendre une décision de justice. Regardera comment en pratique ceux-ci font pour essayer de se conformer à l’Institution judiciaire et ses attentes. Autre exemple de cette approche, Agnès est une jeune transsexuelle, cherchera à apprendre un « nouveau rôle » social, apprendra à se conformer, développera des pratiques pour construire cette nouvelle identité. Chercheurs se proposeront d’analyser donc les pratiques des acteurs du SE avec une définition élargie du terme « acteur », composé des enseignants, des surveillants, élèves, administratifs, les parents, les décideurs... Cherchera à voir comment ces pratiques produisent et reproduisent les inégalités scolaires. Retrouvera les travaux de Coulon : cherche à démontrer que les normes sur lesquelles l’Instit scolaire repose sont produites au jour le jour par les partenaires de « l’acte éducatif ». A la fois un principe de sélection et d’exclusion. Ces normes ne sont pas instituées par « un ordre diabolique caché » mais sont construites au quotidien par les différents acteurs (dans des pratiques qui ne sont pas toujours conscientes).


Autre approche moins défaitiste tenue par des auteurs qui se proposent d’en finir avec une forme de « fatalisme sociologique », càd vont essayer de remettre en cause l’idéologie totalement déterministe. Chercheront à mettre ainsi en évidence les cas de « réussite paradoxale » qui est le fait que des élèves qui ont des caractéristiques socio-culturelles (naissance, lieu de résidence, CSP parents ...) auraient pu les prédisposer à l’échec scolaire mais connaitront une réussite. Quelles en sont les raisons ? Etudes montreront que très souvent cette réussite est liée au comportement de la famille et notamment de la mère dans la production de la réussite scolaire (surveillance attentive des devoirs, rapport appuyé avec enseignants, envie de réussite sociale pour les enfants...) et rapport au savoir particulier (élèves expriment soif d’apprendre pour apprendre, dimension cognitive, quelque soit l’origine sociale, ou approche assez utilitariste). Voir Charlot, Bautier, et Rochex. Nombreux travaux qui montrent comment le SE va produire et reproduire les inégalités sociales, que ce soit dans une approche individuelle ou institutionnelle, et dans le même temps s’aperçoit que dans les travaux de la sociologie de la réflexion notamment, voit émerger une redéfinition des problématiques classiques.  


3) LE RENOUVELLEMENT DES APPROCHES  

Questionnement à la lumière de nouveaux paradigmes comme notamment le genre. Enquête sur ces rapport début 90’ sur le LT de Beaudelot et Estabet : dans Allez les filles (1992) et sa suite Quoi de neuf chez les filles, entre stéréotypes et liberté (2007). Font écho aux réflexions de Marie DuruBellat qui s‘intéresse dans L’école des filles, quelle formation pour quels rôles sociaux. Ils exploitent ainsi une problématique déjà amorcée dès 1973 par une sociologue italienne Elena Gianini Belotti dans Du côté des petites filles. S’intéresse aux ressorts de l’éducation qui était dispensé aux petites filles (et donc en creux aux petits garçons) autant à l’école que dans la famille était faite de telle façon qu’elle incorpore le rôle assigné aux femmes à cette époque. Aussi bien à travers des jeux, discussions, comptines, attitudes ordinaires... Les 3 autres continueront ce travail en se recentrant plus spécifiquement sur l’Institution scolaire en s’intéressant à la manière dont les filles vivent le parcours scolaire. Aussi bien l’un et l’autre montrent des observations concordantes : à l’Ecole, les filles réussissent mieux, mais cela masque une autre réalité, en effet au début des 90’ une différenciation est forte selon le sexe dans le choix et suivi des filières du secondaire générale et techno/pro (dans filières L, majorité en ES et minorité en S). Et dans le supérieur clivages de même nature. Cette question est très corrélée à celle de l’insertion professionnelle parce que globalement les femmes sont plus diplômées mais les emplois qu’elles pourvoient sont souvent moins qualifiés, plus précaires et moins payés. Pour les sociologues ces disparités ne s’expliquent que par des facteurs sociologique càd la traduction de stéréotypes sur les rôles professionnels masculins et féminins. Contraintes en termes de rôles sociaux assignés qui induit une moins bonne insertion professionnelle.  

F. Héritier écrivait Féminin/ Masculin et montrait que souvent quand un bastion professionnel dévolu aux hommes « tombe » aux mains des femmes, au-delà d’un sentiment de « dévalorisation » un nouveau se recréera. Autre paradigme qui prend une place importante parmi les travaux contemporains est celui du lien entre les inégalités scolaires et trajectoires scolaires du fait de « l’effet établissement ». Notion qui émerge dans 80’ à partir de l’étude des effets du Collège Unique. Appréhendera les collèges comme des « organisations » ayant des modes de fonctionnement propres à chacun. Cet effet permettra ainsi de comprendre que le mode de relation en leur sein n’est pas que hiérarchique, les établissements ayant des caractéristiques qui les différencient les uns des autres indépendantes des populations qu’ils accueillent. Ont ainsi des dynamiques propres et construisent des relations indépendantes et faisant que l’effet établissement est souvent utilisé comme un indicateur de l’efficacité d’un établissement. Attention peut aussi être portée à dimension micro-socio, croisement socio/didactique : comment résultat peuvent varier d’une classe à une autre ? Questionnera dans cette approche la composition de la classe mais aussi la nature des interactions dans le groupe (souvent monographies). Montreront comment cette dynamique peut favoriser la réussite scolaire.  

PARTIE 2 : AUTOUR DES INÉGALITÉS SOCIALES  

S’intéressera à tout ce qui est stratification sociale et classes sociales. Dans de très nombreuses sociétés humaines, il existe un principe de distinction, de « hiérarchisation », que l’on peut décrire d’un pdv socio comme des processus de « stratification ». Cela correspond à l’idée que dans une société l’on peut avoir des groupes qui se différencient en fonction de différents critères qui ne sont pas forcément les mêmes (religion, genre, argent, prestige...) mais peuvent être cumulatifs. Dans certaines sociétés par exemple, on pourra distinguer des castes, reposant sur une hiérarchisation religieuse et sociale, parle de « hiérarchie sociale fermée », càd que c’est surtout la naissance qui déterminera la position sociale d’un individu et cette dernière sera quasi-inamovible. Ces groupes vivent dans une même société mais de manière différente, isolement, pas forcément de liens entre-deux. Ex: Inde (impossibilité jusqu’à récemment mariage entre castes ≠ comme intouchable avec un marchand par exemple). Dans le même sens, dans l’Ancien Régime, il y avait très peu de mobilité entre les 3 ordres, les uns et les autres étant destinés à des fonctions sociales précises. Essayera ainsi de voir comment les approches sociologiques cherchent à donner un sens à cette hiérarchisation sociale.  

CHAPITRE 1 : COMPRENDRE LES INÉGALITÉS, L’APPROCHE PAR LES CLASSES SOCIALES  

La notion de classe peut sembler parfois ambigüe, certains auteurs l’utiliseront ainsi pour désigner toutes sortes de hiérarchie sociale quel que soit la période historique (Marx), parlera alors d’approche « réaliste », groupes sociaux avec une identité propres et significativement différentes par rapport aux autres. Pour d’autres elles renverront plus à un statut social, donc une identité sociale, alors approche « nominaliste ». Enfin pour certains elle pourra faire référence à des strates et donc à un niveau de vie, approche plus économique dès lors. S’intéresse aux classes sociales depuis que la socio existe, grandes enquêtes dès XIXème pour comprendre les conditions de vie de différents groupes sociaux, notamment de la classe ouvrière (Villermé, Leplay, Halbwachs, Pinçon et Pinçon-Charlot, Beaud et Pialoux, Mauger...).  

Aux origines du raisonnement sociologique sur les classes sociales, Tocqueville quand il observait l’avènement de la démocratie (en tant que système politique mais aussi social), il notait qu’avec cette nouvelle société on pouvait noter une évolution du système de valeurs des sociétés, ces valeurs évoluant de façon à donner une plus grande place au travail, au bien-être des individus et leur volonté d’atteindre et d’accéder un statut social plus élevé. La démocratie en ce sens est un état social particulier car elle induit que les individus se considèrent comme égaux (art 1 C°), et de fait refusent les privilèges. Les conflits qui opposent les individus de ces sociétés sont ainsi des conflits qui résultent de cette quête d’égalité, et qu’ils sont entretenus par des « comparaisons envieuses ». La différenciation n’est ici plus liée à la naissance, le rang de naissance ou la profession (liberté de travail proclamée) mais l’argent qui rendra visible les différences entre les individus. D’autres travaux au cours du XXème siècle chercheront à explorer la question de la hiérarchie sociale en termes de strates. Particulièrement le cas d’une équipe de sociologue américain autour de William Lloyd Warner, qui dans les années 40’ réunit une équipe pour développer une méthodo permettant de croiser à la fois données quantité et qualité pour explorer cette question. Ont ainsi procédé par entretiens en vue de voir comment les individus percevaient leur niveau de vie et en suivant les croiser avec des données quantitatives (profession, type d’habitat, quartier...) pour définir des groupes qui rassembleront les individus dotés d’un même « indice statutaire » (indice statistique, ne parle pas d’identité ni de prestige). Typologie sera construites de strates qui définissent des agrégats d’individus qui seront classés dans 3 niveaux avec des nuances à l’intérieur

  • Inférieur : en son sein Lower-lower class - Moyen : en son sein Upper-middle class  
  • Supérieur : en son sein Upper-upper class 

A) L’APPROCHE RÉALISTE : MARX (1818-1883) 

Pour lui les classes sociales sont définies en fonction des rapports de production. Ces classes évolueront au cours de l’Histoire au fur et à mesure qu’évolueront ces rapports. Les individus selon lui appartiennent à une classe selon leur place dans le système de production, de plus les classes n’ont de sens qu’eu égard à lutte à laquelle elles donnent lieu.  

Il prend en compte 2 dimensions pour définir ces classes :  

  • Classe en soi (dimension objective) : fait que des individus partagent les mêmes conditions matérielles découlant de l’organisation objective de l’activité de production  
  • Classe pour soi (dimension subjective) : désigne la prise de conscience de la nécessité de défendre des intérêts partagés face à une autre classe  

Conflits de classes s’imposent à l’ensemble de relations sociales et l’organisation économique qui influe sur l’organisation sociale. A inspiré le Manifeste (avec Engels) : « l’Histoire de toutes sociétés jusqu’à nos jours et celles de lutte des classes ». S’inscrit dans une analyse plus large sur la division du travail et ses effets sur les classes sociales, dont Marx n’est pas l’auteur, et qui influeront sur la manière dont sont réparties les richesses. Les classes sociales se définissent selon une conception économique reposant sur le mode de production capitaliste fondé sur une opposition entre L et K. Les forces productives correspondent à l’ensemble des moyens de production, et les rapports de productions correspondent aux rapports sociaux découlant de la propriété et de la répartition des résultats de la production. Les individus appartiendront à une classe sociale selon leur place dans ce système. La lutte est chez Marx soit « ouverte » soit « cachée », mais jamais absente. Il distinguera ainsi 5 périodes :  

  • 1) Préhistoire : société sans classe ou « communiste primitif » => société se fonde autour de coopération et sans notion de propriété 
  • 2) Antiquité : premiers conflits => petite élite sociale détient les moyens de production, et majorité qui détient les forces de production => conflit entre H libre et esclave 
  • 3) Féodalisme : contrôle des moyens de prod aux mains élites aristocratique => forces productives aux mains pop majoritairement paysanne (cerfs, métayers...) => conflit opposera barons/ cerfs et maîtres/ compagnons (système corporatiste)  
  • 4) Capitalisme : conflit entre prolétariat/ bourgeoisie  
  • 5) Fin de l’histoire ou prise de pouvoir par prolétariat : retournerait à société sans classe, propriété collective des moyens de production (partie idéologique et politique de son travail) Dans Le Capital (1867) Marx et Engels définissent 3 classes :  
  • Ouvriers salariés = salaires => tirés de force de travail  
  • Capitalistes = profits => tirés des revenus du K 
  • Propriétaires fonciers = rentes => tirés de la propriété foncière 

Les différencie selon le type de revenus qu’ils perçoivent donc. S’appuient sur 3 éléments différents.  

Dans le monde de production capitaliste, le conflit central opposent la bourgeoisie et le prolétariat, le premier détenant les moyens de production que sont le K et la prop foncière, et exploite la force de L du prolétariat pour en retirer un profit. Elle en tire un pouvoir renforcé par ses liens avec l’Etat et par ce que Marx appelle la « superstructure » (religion notamment). On a donc un prolétariat qui vend sa force de travail à la bourgeoisie (situation de domination) mais cherchant à renverser le pouvoir bourgeois pour pouvoir changer la superstructure. Des conflits périphériques existent en outre, notamment la bourgeoisie est animée d’une certaine hétérogénéité en son sein, entre bourgeoise industrielle et petite bourgeoisie etc. Marx tend à considérer que la petite bourgeoisie à tendance à disparaître au profit de la première car ne peut pas lutter face à cette concurrence sur la détention du K et la maitrise des technologies de production. Il affinera sa typologie au fil de ses ouvrages, jusqu’à définir 7 à 8 classes. Dans Les classes sociales en France (1850) en distinguera 7 :  

  • Aristocratie fi 
  • Bourgeoisie indus  
  • Grands proprio fonciers  
  • Petite bourgeoisie - Classe ouvrière  
  • Lumpen prolétariat - Classe paysanne  

Puis remettra en cause l’identité même de classe de ses classes au fil de l’Histoire => analyse coup d’Etat 1861 et définit autre typologie où reprend la plupart des classes sauf la classe paysanne dont il parle en terme de « paysannerie parcellaire » car à ce moment là correspond à une fraction de classe seulement car :  

  • Géographiquement dispersée (pas forcément grave en soi) - Politiquement désorganisée (intérêts pas représentés) 
  • Adversaire pas bien identifié (pas d’adversaire commun)  

Dans la vision de Marx on voit des aspects à la fois économique (notion de capital, de rentes etc..) mais aussi politiques (quels sont nos intérêts et contre qui on se bat). Donc notion de classe très contingente de l’évolution des sociétés, càd qu’elle n’existe pas toujours sou la même forme et sont vouées à disparaitre.  

Oublie que souvent que le travail de Marx est adossé à un véritable travail d’observation sociologique, notamment des conditions de vie des classes dominées, et qu’il doit beaucoup au travail d’Engels !!!!!!!!! 

Engels (1820-1895), était un philosophe allemand, fils d’industriel avec qui il était en conflit, fait une première étude seule que l’on qualifie ajdh de « socio-éco » : La situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845), y fera une description très détaillée des conditions de vie des ouvriers anglais dans 4 grandes villes, y décrit les conditions sanitaires déplorables, insiste beaucoup sur les conséquences de l’habitat précaire dans lesquels les ouvriers vivent, ils ne disposent ainsi ni de conditions de vie saine ni d’un salaire décent, ni la garantie d’un emploi stable. Dénoncera par ce biais l’exploitation que subissent les ouvriers. Utilisera des termes très fort en condamnant la bourgeoisie d’« assassinat social » et de « meurtre par indifférence », veut ainsi l’alerter et l’inciter à prendre des mesures pour mettre fin à des conditions qui menacent l’existence même d’une classe sociale entière => description puis critique (projet poli et soc).  

Rencontre avec Marx et vont construire une analyse en se focalisant sur 2 classes : prolétariat ≠ capitaliste => chacune ont leurs intérêts et s’affrontent dans des conflits +/- forts. Pour Marx cette lutte structurelle doit ainsi s’achever par la dictature du prolétariat laisse la place ensuite à une société sans classe.  

Ces conflits sociaux du pdv du prolétariat surtout ne sont pas l’occasion de générer un « désert social » (veut pas l’anarchie) mais fonder un nouvel ordre social. Avait prédis qu’il y aurait une Révolution communiste, pensait qu’elle aurait lieu dans un pays industrialisé, mais c’est dans la Russie Tsariste notamment qu’elle nait.  

Approche qui rencontre forcément des critiques, notamment de la part de Durkheim, pour qui les conflits soc tels que vus par Marx sont une forme pathologique de la division du travail. Noter qu’il distingue faits sociaux « normaux » (régularité stat ex: suicide) ou « pathologiques » (plus cette régularité à la rencontre d’autres faits). Il les voit donc comme un fait résiduel, comme un dysfonctionnement de la vie sociale (anomie), alors que pour Marx le conflit est normal, il fait parti de la vie sociale

Pour Durkheim s’il y a conflit c’est que la division du travail a une forme anomique quand surgit un antagonisme entre K et L. Les règles sociales ne fonctionnent ainsi plus.  

Dans ce contexte la lutte des classes résulte du fait que les relations entre patrons/ ouvriers ne connaissent plus les mêmes formes de régulation que dans le passé (ex: Ancien régime relaitons prof régies par corpo

°).  

Dans art « Internationalisme et lutte des classes » critique ainsi : « une fois détruite notre organisation sociale, il faudra des siècles d’histoire pour en refaire une autre ».  

Chez d’autres auteurs, notamment chez les sociologues, mettra plutôt en avant le fait que Marx subordonne trop le politique à l’économie. Approche trop réductrice selon certains, comme Darhendork considérant que seul le conflit social serait générateur de changement social.  

B) APPROCHE NOMINALISTE : WEBER  

S’oppose à celle de Marx tout en reprenant certains éléments ! D’un pdv global sa réflexion est « à l’interface » de la stratification sociale en terme de classes, et de la classification en terme de statuts (à côté des dimensions éco intègre cela dans sa réflexion).  

D’une certaine façon, il reprendra certains aspects déjà éclairés par Marx. Notamment l’idée d’un lien entre la lutte des classes et des enjeux économiques, et notion de domination sociale de certains groupes sur d’autres.  

Mais dans le même temps il intègre les apports d’autres sociologues. S’intéresse au « style de vie » et à la « compétition statutaire » qu’il regardera à travers la consommation. En cela, Weber se rapproche de Veblen.  

Il développe sa théorie de « la classe de loisir » (fin XIXème) où il s’intéresse aux classes sociales pour expliquer des phénomènes de « conso ostentatoire ». Il observe les styles de vie des classes supérieures (dans une optique de dénonciation sociale) et considère que l’abondance et « l’oisiveté » qui les caractérisent participent au développement d’une consommation ostentatoire; cette dernière affirmant leur prestige. Ainsi, collectionnera les propriétés, les biens, comme des « trophées ». A travers la conso que la domination, la supériorité sociale s’exerce. Considère que les classes populaires sont aussi concernées car elles vont essayé de s’insérer dans ce modèle consumériste. Montrera aussi la catégorie sociale des « hommes d’affaires » est une classe socialement isolée et dans le même temps son mode de vie fait qu’elle est incapable de s’adapter aux mutations (sociales, éco...), représentant ainsi un obstacle au changement. De cette lecture, Weber retient dans sa propre catégorisation 3 éléments :  

  • Richesse - Prestige  
  • Pouvoir Ils sont à la base d’un espace social organisé en 3 ordres :  
  • Economique : mode selon lequel les B&S sont distribués et utilisés => parlera de « classes sociales » ici car elles reflètent l’accès des individus aux B => regarde donc le mode de consommation, l’accès à la consommation, et non pas la place dans les rapports de production.  
  • Social (« sphère de répartition de l’honneur ») : enjeux ici n’est pas la distribution des B mais du prestige au sein de la Communauté => parle ici de « groupes statutaires » => se distinguent selon leur degré de prestige (« bonne société »)  
  • Politique : compétition pour le pouvoir et sa distribution => parlera des « partis politiques » 

Correspondances entre les 3 => liens : situation éco lié à une profession qui détermine un revenu et donc un pouvoir d’achat qui conditionnera un mode de vie => souvent lié à un statut social (professions +/- prestigieuses) => parfois lié à un pouvoir politique  

Mais peut avoir beaucoup de prestige sans avoir beaucoup de pouvoir, ou de pouvoir politique sans un haut revenu... Définition de Weber dans l’ordre éco selon 2 critères :  

  • Possession des moyens d’édifier une fortune ou de constituer un K :  
  • « Classe spositivement privilégiée » : rentiers.. 
  • « Classes négativement privilégiée » : esclaves, pauvres.. 
  • La mise en oeuvre de moyens de production :  
  • « Classe de production positivement privilégiée » : marchands, indus, prof° libérales... => ont maitrise de la prod°  
  • « Classe de production négativement privilégiée » : travailleurs en général => aucune maitrise Classe est donc une catégorie strictement éco.  

Possibilités ≠ d’accès aux biens => seront à la base des différences de classes sociales => bien stratification selon 4 classes :  

  • Possédants 
  • Petit Bourgeoisie  
  • Classe ouvrière  
  • Classe des intellectuels et des spécialistes sans biens  

Catégorisation obs via mode de fonctionnement de Admin bureaucratique.  

Insiste en outre sur idée que les classes ne sont pas des communautés, en revanche les groupes statutaires eux le sont (même si pas forcément très actives). Pour lui, les classes sociales ne sont pas des classes pour soi (pas idée de transcendance), gros point de désaccord avec Marx.  

Considère que les indv en situations communes peuvent prendre conscience de leur appartenance et peuvent effectuer une action commune : communautaire : pas de prise de conscience d’une situation politique partagée => pas une action organisé, pas de structuration, seulement une action de masse (agrégation des actions individuelles) => si ces actions se formalisent, se structurent, action rationnelle en finalité dans but de défendre donc (sentiment partagé d’intérêt commun)  

C) APPROCHE STRUCTURALISTE : BOURDIEU  

Pour lui principe de base organisant toute sa pensée : la société n’est pas un tout homogène mais un espace composé de plusieurs dimensions. Ce dernier est un lieu de rapports de force, qui fondent la société donc. Ces rapports de force mettent en scène des groupes ayant pour but d’acquérir des avantages matériels, et notamment les moyens symboliques légitimant leurs détention. L’espace social est donc fondamentalement inégal et hiérarchisé. Les raisons d’agir des agents sociaux ne peuvent donc être comprises que par rapport à la position sociale qu’ils occupent au sein de cet espace.  

Dans La distinction (1979) : montre que selon leur position sociale, leurs attributs sociaux, les agents n’auront pas les mêmes comportements alimentaires, culturels, politiques ou pas les mêmes activités de loisir. Pas des différences individuelles donc mais reliées à leur condition sociale.  

Son approche vise à faire la synthèse entre celle de Marx, Weber mais aussi celle de Durkheim.  

Dans 60’ 2 ouvrages // culture :  

L’amour de l’art : s’intéresse aux Musées, qui les fréquente 

Un Art moyen, Essai sur les usages sociaux de la photographie 

Ces différents travaux sur l’espace social et sa structuration à partir de pratiques lui permet de distinguer 3 classes sociales qui seront marquées par des styles de vie différents :  

  • Dominantes (ou supérieures)  
  • Moyennes (ou petite bourgeoisie) - Populaires (inférieures) 


Dans cette approche, les classes sociales se définissent donc par leur position dans la société, mais aussi par la cohérence de leurs pratiques communes habitus « ). Mais aussi par leur histoire propre. Et enfin se distinguent // au capital (= E des ressources matérielles et immatérielles dont disposent les agents sociaux pour faire valoir leur place dans l’espace social) car elles en sont dotées inégalement, sont de différents types 

:  

  • K économique : revenus 
  • K social : relations (connait plein de monde et est connu d’eux)  
  • K symbolique : prestige (// Weber)  
  • K culturel : se constitue à travers culture générale (sous-entendu légitime), diplômes, « bonnes manières »... 

Comme ces différents K sont différemment répartis entre les classes, les individus sont fortement imprégnés par leur appartenance sociale. L’acquisition de nouveaux habitus est ainsi très compliqué (même si pas impossible).  

 Notion d’habitus est centrale car elle permet de comprendre les comportements des agents sociaux.  

incorporé individuellement via la socialisation. Ex: goûts en matière de culture +/- probables selon caractéristiques sociales des individus.  

Semble très déterministe mais Bourdieu explorera davantage les marges de manoeuvres possibles des individus avec une nouvelle notion : « sens pratique » = manière dont les individus peuvent essayer de s’adapter à des milieux sociaux dans lesquels n’ont pas été élevés. Permet ainsi d’appréhender la connaissance pratique, presque spontanée que les agents sociaux ont des mondes dans lesquels ils évoluent. Permettent de jouer avec les règles, élaborer des stratégies... pour autant ce n’est pas une stratégie en lui-même, peut conduire à des stratégies, mais s’agit d’une manière de se comporter intuitive. Mais reste très subordonné aux habitus.  

Le concept de champ ; chaque champ est caractérisé par une histoire propre, de règles d'organisation et de fonctionnement particulières, dispose d'une autonomie par rapport aux autres

Dans sa déf° des classes sociales il tient compte de ces différents éléments : fera un schéma de espace social (voir diapo ENT numéro 49) :  

  • Classe dominante : cumule tous les K mais pas homogène => parle plus de « classes dominantes » => distinction des attitudes entre prof/ cadres admin  
  • Petite bourgeoisie : sont dominés par classes sup mais aspirent à avoir pratiques sociales similaires. Cette classe reconnait comme légitimes les pratiques des classes dominantes 
  • Populaires : il y a un habitus de classe particulier qui relève d’une adaptation aux autres classes. 

Essayera de dépasser les approches de Marx et Weber en considérant que ce sont des « constructions théoriques », des potentialités.  

« Ce qui existe c’est un espace de différences dans lesquelles les classes existent en quelque sorte à l’état virtuel, comme en pointillé ».  

Veut donc dire qu’il faut voir les classes sociales selon lui comme des « classes probables », et il faut plutôt considérer les positions sociales. Pour lui une classe n’est réelle que quand elle est mobilisée

La plupart des relations sociales chez lui restent empruntes de rapports de force et de relations de pouvoir, la sociologie sert ainsi à rendre explicite ces rapports de domination et dont les individus n’ont pas forcément conscience. 

Dans cet espace social, les avantages liés aux positions se transmettent et se reproduisent, notamment du fait du système scolaire, les rapports de domination également de fait.  

Pour lui donc les rapports de domination sont inscris au coeur des relations sociales et sont souvent perçus comme « allant de soi », légitimes.  

Rendre visible la dynamique des rapports sociaux et de la domination : ce qui fonde ces rapports évoluent, d’une domination issue du capital économique semble passer à une tournée vers la possession du capital culturel devient plus importante, assiste ainsi depuis plusieurs années à une transformation d’un capital économique en capital culturel et symbolique (ex: mécénat => acquiert grande valeur symbolique et prestigieuse). 

La détention de K éco se double souvent d’un K symbolique (corrélation), et la détention de ce dernier permet l’exercice de « la violence symbolique » (dans Le sens pratique) = « cette violence qui extorque des soumissions qui ne sont même pas perçues comme telles en s’appuyant sur des attentes collectives, des croyances socialement inculquées » (VOIR ILLUSTRATION DIAPO)  

De nombreux auteurs approfondiront les L sur les classes sociales de Bourdieu : notamment Pinçon et Pinçon-Charlot sur la Haute-bourgeoisie, mais aussi Mauger, Beaud et Pialoux sur les classes populaires et anciennes classes ouvrières (culture ouvrière perdue // acculturation scolaire des nouvelles générations et pu générer sentiment de « honte sociale » chez eux // flottement entre différentes appartenances).  

D) LA CLASSE MOYENNE EST-ELLE UNE CLASSE SOCIALE ? 

3 postures face à cette question, pas de consensus, coeur des débats sur les classes.  

  1. MARX 


Classe sociale qui se maintienne entre bourgeoisie/ prolétariat constitue un paradoxe.  


Déjà quand parlait de petite bourgeoisie, même si en faisait une classe à part entière, mais considère qu’elle ne peut que se prolétariser et donc vocation à disparaitre en tant que classe propre. Renforce donc idée d’une polarisation, soit dominant/ dominé.  

Baudelot et Establet : déclin de petite bourgeoisie traditionnelle (comc, artisans...) et émergence d’une nouvelle petite bourgeoisie, classe en soi que représente les enseignants, les prof intellectuelles etc. Mais pas d’unité ni sociale, ni politique. Vocation à se scinder en 2 dont une seule petite partie tend à devenir une classe pour soi. Donc polarisation.  

  1. SIMMEL et BIDOU 

2ème posture développée par Simmel, qui se distingue de Marx en disant que sa vision est réductrice, il prône une approche plus complexe de l’histoire sociale, il considère ainsi qu’il existe une « classe spécifique » produite par l’histoire sociale, une classe moyenne dotée d’intérêts communs, de valeurs propres.  

Cette classe a d’ailleurs un rôle pionnier dans la transformation des sociétés industrielles avancées. De part notamment sa volonté de modifier certaines institutions sociales (ex: rôle dans remise en cause de place des femmes dans famille). Cette classe est pour lui porteuse d’une forme de libéralisme, visible à la fois dans les moeurs mais aussi dans l’éducation.  

Rq : pour lui les conflits sociaux participent de la dynamique normale des sociétés. Notamment dans Le conflit, il explique que c’est une forme d’interaction sociale comme les autres, mais elle conserve une fonction particulière : assure la cohésion des sociétés, en effet les groupes se souderont autour de valeurs communes pour lutter ensemble.  

Approche retrouvée dans travaux de Catherine Bidou-Zachariasen : écrit autour des « nouvelles classes moyennes ». En 1984 écrit Les aventuriers du quotidien, essai sur une nouvelle classe moyenne : recourt enquête quali (entretien, obs°) auprès couches moyennes salariées dans plusieurs territoires (quartier parisien + territoires périurbains). Se positionne par rapport à des travaux de la socio américaine où montre qu’aux EU ce sont ces classes moyennes qui dans 60’-70’ vont pour la plupart passer par l’Université et leur positionnement va correspondre aux phases de développement des sociétés industrielles.  

La notion, l’étiquette de « nouveauté » s’explique car on est face à un nouveau groupe social très lié aux contestations notamment sociales et culturelles (vivier contestataire ++ fort // revendications sociales), et cette « nouvelle classe moyenne » utilisera cette « spécificité culturelle », son idéologie contestataire pour se démarquer socialement de la classe dirigeante traditionnelle. Cette dernière aspire ainsi à un certain pouvoir qu’elle estime légitime eu égard à ses capacités (revendications fortes accès au pouvoir).  

Bidou cherche à savoir s’il y a une correspondance entre E-U/ France. Elle s’intéressera ainsi à des catégories sociales bien spécifiques telles que définies par l’INSEE : cadres moyens et supérieurs du secteur public, interrogera sur expériences personnelles mais aussi leur environnement de vie (critère résidentiel).  

Son hypothèse est que ces couches sociales sont caractérisées par une forte « agitation sociale », soit des gens très investis dans les mouvements sociaux, dans les pratiques sociales du moment, et lie ça aussi au fait que ce sont des gens dont la trajectoire est souvent emprunte d’une très forte mobilité sociale (profité ascenseur social), et des gens qui vont ont connu des évolutions professionnelles. Mais en déduit que souffre d’une difficulté d’identification sociale : trajectoire sociale ascendante, identité pro pas assurée; mais ces catégories sociales vont essayer tout de même de trouver leur place dans l’espace social, de se construire une identité.  

Appelle cela un « travail social » de construction donc d’une identité propre, place à part entière, c’est un processus social qui sera lié à un processus d’accumulation de capital social. Ce processus ne se construit donc pas à partir de la sphère économique (car symboliquement espaces déjà occupés) mais de la sphère hors-travail, résidentiel, quotidien. Cet espace devient dès lors une « valeur en soi ». A cet égard, l’espace urbain et périurbain dans 80’ va être particulièrement investi par ces couches sociales, avec des modalités différentes tout de même selon les territoires. Par exemple, dans les zones périurbaines, ces nouvelles classes moyennes vont conquérir le pouvoir politique local, et revitaliseront les quartiers centraux (donnent certain valeur foncière), et participent de fait du mouvement de gentrification de certains quartiers. Malgré elles donc, elles vont participer à une forme de ségrégation urbaine en contradiction directe avec leurs engagements.  

3) MENDRAS  

3ème posture où se demande : comment nait cette classe moyenne ?  

Mendras met en évidence un autre phénomène en considérant que les sociétés d’ap-G connaissent un processus de « moyennisation ». Chez lui, la référence à la notion de classe sociale s’efface pour laisser place au concept de « constellation ». Pour incarner cette idée, il utilisera l’image de la toupie et décrire ainsi la société française dans 70’ et sa structure sociale. En son sein les groupes sociaux sont donc organisés en « constellations », et ces dernières sont plus ou moins « cristallisées », càd que certaines sont plus éclatées que d’autres.  

En bas il y a la « constellation populaire »: elle est formée des ouvriers, des employés, ont une certaine proximité en terme de revenus, de niveau d’éducation et de conditions de travail. Dans 80’ représente pour lui à peu près la 1/2 de la population française.  

Ensuite il y a la « constellation central » : cadres sup, prof intermédiaires, dans les 80’ ne représente pour lui qu’1/4 de la population, mais ne va cesser d’augmenter, puisqu’en 2005 représentait 55% de la population.  

Encore, a groupe assez éclaté en terme de revenus, de diplômes : chefs d’e-, artisans... (indépendants). Aux extrémités de la toupie aura les élites et les plus pauvres. 

Ce modèle n’est en outre pas figé, il n’est pas stable, vocation à prendre « +/- de ventre » selon.  

Mendras n’utilise pas le concept de classe sociale car considère que les classes au sens marxistes n’existent plus si reprend sa définition (ensemble ayant des intérêts communs, possédant une « civilisation », et en conflit avec les autres groupes), pour lui dans 80’-90’, les CSP ne sont plus aussi déterminantes.  

Il considère ainsi qu’il faut changer de focale car plus pertinent de s’intéresser aux « classes d’âges » plus pertinentes pour saisir évolutions de la société que classes sociales ou CSP.  

Il pointe notamment le fait qu’il n’y aurait plus vraiment d’organisation de classe qui structurerait la classe ouvrière. L’un des indicateurs de ce phénomène est la baisse drastique du taux de syndicalisation, qui révèlerait ainsi qu’il n’y a plus de conflits de classe.  La conflicutalité sociale semble en effet stagner dans 80’, période creuse, du fait de plusieurs raisons :  

  • crise du socialisme/ communisme  
  • éthérogénéisation de classe ouvrière (assimilé aux employés) 
  • disparition des collectifs de travail (précarisation et segmentation de classe ouvrière) 

Autres éléments sont aussi des indices du déclin de classe ouvrière : traditionnellement considéré comme le « pivot » de la lutte des classes, mais connait une mutation objective (hausse du chômage, précarisation..) mais aussi symbolique (renvoie dans imaginaire plutôt à une société industrielle désormais en recul +++, de plus image associé aux ouvriers change en passant image « travailleur héros » à image dégradée de résistance au changement voire au conservatisme etc...).  

Sa thèse de la disparition des classes va connaitre un succès mais des éléments posent la question de la pertinence de ces théories.  

E) LES CLASSES SOCIALES ONT-ELLES VRAIMENT DISPARU ?  

Dans 80’-90’ cette idée se répand, « fin des classes sociales » du fait notamment de la généralisation d’une classe moyenne. Cette affirmation va en outre susciter un certain nombre de questionnements.  

La thèse de Mendras de la « fin des classes sociales » avait déjà fait l’objet de réflexions fin 50’ par Robert Nisbet. Pour lui, cette fin proviendrait de 3 éléments :  

  • Dans la sphère politique : aurait un pouvoir qui se serait diffusé et concernerait désormais l’ensemble des populations, et en terme de comportement électoral note une déstructuration des comportements politiques en fonction des couches sociales (plus de corrélation forte vote/ appartenance à couche sociale)  
  • Dans la sphère économique note tertiarisation : pour lui les emplois du tertiaire ne donnent pas lieu à une couche précise, et note diffusion de la propriété dans l’ensemble des couches sociales 
  • Concernant les modes de vie/ de conso : élévation générale niveau de vie et de conso qui conduit à la disparition des « strates de consommation repérables » (modes de conso moins marqués socialement), rend ainsi peu vraisemblable l’intensification des classes 

Cette thèse sera discutée par Louis Chauvel : début 2000’ écrit autour de l’idée du « Retour des classes sociales ». Contraste historique, puisque montre que depuis Libset, arguments autour de la mort des classes sociales reposent toujours sur les mêmes éléments.  

Revendications moins liées à la lutte des classes mais conflits d’autres natures plus sociétaux et culturels (« nouveaux mouvements sociaux »).  

Chauvel propose pour trancher le débat une méthodologie permettant de faire « synthèse » : doit mesurer les inégalités économiques et sociales. Cette mesure est en effet « stratégique », càd qu’elle serait la seule démarche selon lui permettant de diagnostiquer l’état des classes aujourd’hui. Pour pouvoir mesurer ces inégalités, il s’intéressera dès lors aux écarts entre les différents revenus, et intègrera en plus les différents modèles de consommation auxquels ces revenus permettent d’accéder (// classe chez Weber).  

Se lancera dans des études longues, et en tirera un certain nombre de conclusions. Montre ainsi que si l’on observe le lien sus-cité, on peut repérer que depuis plusieurs décennies est face à un modèle qui a une grande stabilité. En effet, les revenus des classes populaires (salaires + allocations) servent à assurer des « besoins de base ». En revanche, pour les cadres, ils ont un différentiel de niveau de vie faisant que une fois ces besoins assouvis ils peuvent avoir accès à des biens et services supplémentaires et qui dépassent ces besoins primaires.  

Il montrera également que cette stabilité renvoie à quelque chose d’encore plus marqué sociologiquement et historiquement : dans nos sociétés contemporaines (comme au temps de la démo athénienne) valorise tout ce qui touche aux loisirs, puisque cela sous-tend que plus on a de moyens plus on peut se libérer du temps pour soi pour faire autre chose (« sous-traite » à d’autres). Valorise aussi l’accumulation de patrimoine, notamment immobilier. Dans les dernières décennies, il montre ainsi que ces choses n’ont pas vraiment varier, seule esquisse de convergence/ d’homogénéisation va concerner l’alimentation (et encore habitudes alimentaires étreignes), l’essentiel de la divergence se fait donc sur les loisirs, les vacances... 

Il ne remet pas en cause le dépérissement des identités, mais cela n’empêche pas qu’il y ait une montée des inégalités, qui elles sont objectives, et génèreront d’autres phénomènes (exclusion, destruction..). Ces inégalités seront à la source de nouveaux rapports de force, non plus donc des ouvriers vers le patronat, mais de nouveaux conflits. Retrouvera cette thèse dans d’autres travaux. 

Notamment dans Inégalités, dominations, conflits; Le retour des classes sociales dirigé par Paul Bouffartigues mais aussi retrouvera Sophie Beroud, Pinçon et Pinçon-Charlot, Chauvel...  

Le propos de ce livre est de montrer que contrairement à ce que la doxa socio et éco disait dans 80’-90’, ici va montrer qu’il y a un renouvellement des conflits sociaux qui ne portent plus nécessairement sur le revenu et les conditions de travail mais les conditions de vie etc, et imposera dans le débat public et académique le retour de la notion de « classe sociale ».  

Les conflits sociaux sont loin d’avoir disparu, pour les mesurer, on regarde les Journées Individuelles Non Travaillées. Ici regarde notamment la grève. Les données agrégés permettent d’observe mouvement de stagnation 80’-90’ avec moments forts (95) mais en moyenne était sur environ 2 millions de JILT.  

Depuis milieu 2000 aperçoit un retour de cette conflictualité par rapport à une moyenne de 3 millions de JILT. Les conflits sociaux peuvent être de nature très différente (mouvements nationaux et/ ou locaux dans secteurs ou entreprises particuliers). Rq: qu’un indicateur partiel car a des secteurs où comptage très partiel. Donc probablement plus car tout n’est pas déclaré. 1er a priori est donc déconstruit.  

De plus, quand fait travaille stat que fait Chauvel s’aperçoit qu’il y a un certain nbm d’inégalités qui se cumulent, la thèse de ce livre montre au delà qu’un nouveau « paysage » de classes et de groupes sociaux émerge (conflits engagent les deux). Ex: classes populaires pas disparu, mais perdu en visibilité et autonomie politiques et surtout sont affaiblies par très grande précarité (nuit à solidarité).  

Ce qu’il se passe c’est que dans les conflits sociaux elles sont invisibilisées et remplacées par les classes moyennes (subissent moins rapport de force à employeur, plus stables). La classe dirigeante elle n’est pas affecté par ces transformations sociales et économiques, se transforment et restent pérennes, leur identité n’est pas affectée même si elles peuvent subir des remous (intégration nouvelles population etc).  

Chauvel au vu de ces considérations considèrera que l’on peut parler d’un renouveau de la société de classe sauf que le contenu que l’on donne aux classes n’est plus le même. Sera alimenté par plusieurs phénomènes, notamment l’ émergence nouvelles inégalités en terme de revenus, en terme d’insertion, en terme d’accès à l’emploi... 

Alimenteront contestations et revendications de groupes se sentant exclus sur la base de leur identité (ethnique, religieuse, appartenance générationnelle...). Chauvel met ainsi en avant la montée des précarités qui devient un enjeu générationnel : fossé très net entre génération baby-boom (ap-G à 75) et jeune génération (connue que crise et rentre sur le M du L de manière précaire). Dans ce fossé insistera sur l’expérience du déclassement que subiront ces jeunes générations, quoi qu’il se passe leur situation sera moins bien que leurs parents.  

Dans ce travail de « mise à j » des inégalités, Louis Maurin a eu un apport empirique considérable, en ceci qu’il porte l’Observatoire des Inégalité. Chiffres 2017 :  

  • Revenu : 10% plus riches reçoivent plus de 27%  
  • Patrimoine : 10% plus riches détiennent plus de 47%  
  • 36% des personnes qui vivaient en dessous du seuil de pauvreté avaient moins de 19 ans  
  • 1/4 actifs est en situation de précarité (subit contrats cours, temps partiels imposés...)  
  • 5 M de pauvres  
  • En moyenne à poste équivalent femmes gagnent 5 à 10% de revenu en moins  
  • Taux de chômage moins de 24 ans de 22,1% (augmenté de 3,3% en 10 ans)  
  • 60% enfants d’ouvriers non qualifiés n’arrivent pas au BAC contre 9% enfants d’enseignants 

Taux de pauvreté : le calcul soit en prenant le revenu médian (846€ pour personne seule = 50%) ou (1015€ par mois pour personne seule = 60%) 

CHAPITRE 2 : COMPRENDRE LES INÉGALITÉS, L’APPROCHE PAR LE GENRE  

Dans l’histoire de la pensée socio et des SS il s’agit d’un paradigme qui s’est constitué assez récemment, surtout post 2Gm, la question du genre, de la sexualité, des « rapports sociaux de sexe », que ces sujets deviennent des sujets à part entière - même si on s’y était intéressé avant mais par d’autres entrées.  

Doit rappeler la contribution des « soeurs fondatrices » de la sociologie, des pionnières :  

Déjà cité Hariette Martineau, sociologue du milieu du XIXè et son travail sur la démocratie et la dénonciation des formes d’exploitation, prônait ainsi l’émancipation sociale pour tous. Première femme a avoir fait une vrai « enquête » socio et étude dans perspective féministe. (Re)découvert son travail récemment.  

Peut évoquer aussi Annie Marion MacLean (1870-1934) : pionnière à 2x titres => Ecole de Chicago, considérée comme fondatrice de l’ethnographie moderne (avant Goffman et Becker). Conrêtement va travailler pendant de courtes périodes comme ouvrière et employée dans différents milieux (magasins, usines, exploitations agricoles, ateliers...) qui représente le seul moyen d’accéder selon elle à la réalité vécue par les femmes et à leurs expériences de l’intérieur. Réfutait donc la pertinence de la méthode de l’entretien d’une certaine manière, posture méthodologique novatrice finalement parce que va encore plus loin que posture compréhensive de Weber.  

« Ecole de Chicago des femmes de sociologie » : vont former un réseau au centre de l’Ecole de Chicago, vont travailler de manière collaborative et vont s’appuyer sur l’House qui était un centre social important de Chicago. Elaboreront démarche plutôt interdisciplinaire et auront une 2x ambition (// 2x ambition scientif et réformiste Ecole Chicago) qu’elles prioriseront volonté de résoudre les problèmes plutôt accumuler connaissances scientifiques.  

Se différencieront des chercheurs hommes de l’Ecole de Chicago, le Centre Social est un objet de recherche, il est vu comme un « laboratoire »; alors qu’elles le voit comme un « mode de vie », donc dvperont des travaux qui étudieront les situations de ces populations et avec une recherche teintée d’activisme. Seront ségrégées de ces laboratoires.  

Sur Continent Européen a femmes sociologues qui ont été négligées : Marianne Weber, femme de Weber et sociologue également (1870-1954). Restée pendant très longtemps dans l’ombre de son mari, publié ses écrits posthumes. Depuis fin 90’ redécouvre ses travaux, très peu sont traduits en français. Eté sociologue très prolifique, presque autant que son mari, s’est beaucoup intéressé au système politique allemand (politiste) et notamment institutions parlementaires et place des femmes dans la société allemande.  

Premier gros travail publié « Travail et mariage », étudié conséquences de 2Gm sur déplacements de populations, sur les femmes... Eu carrière d’élu au Parlement allemand (1919) => Max pas élu lui lol, il avait le seum. Positionnement assez similaire en terme d’approche socio avec Maxou. A eu des correspondances avec Simmel notamment. Beaucoup influencée par théoriciennes américaines du début années 1900 notamment // idée que les soc industrialisées produisent « une nouvelle femme », amènent à repenser leur place traditionnelle. Thèse princ 1907 : étudie l’évolution historique du statut juri des épouses et des mères en Allemagne. S’intéressera au rapport à l’éthique, la culture, l’autorité, au droit... Initie l’idée que les sciences de l’esprit ont a gagné à intégrer les rapports entre les hommes et les femmes, peut participer d’une meilleure connaissance sociologique.  

Bémol : ne remet pas en cause la place des femmes dans le monde domestique et le travail domestique alors même qu’elle prône une intégration des femmes au travail scientifique et dans les Universités.  

Sa carrière de sociologue sera un peu mise en parenthèse quand Max décède mais son combat féministe continue. Au milieu des années 20’ reprend son travail, notamment de son côté en approfondissant son travail entre les femmes et les hommes.  

Ce qui est intéressant de noter est que quand regarde 1ère moitié XXè (1920-1960) la place des femmes dans l’institution académique et notamment la socio est peu reconnue. Que depuis quelques années que l’on cherche à leur redonner de la visibilité.  

La question du genre émane aussi de travaux psychanalytique, autour de questions de sexualité, auront une influence importante (Freud, Lacan...). L’anthropologie aura aussi très grande influence post 2Gm, doit par exemple citer Margaret Mead. Fait partie des « anthropologues culturalistes », éudiera populations des Iles du Pacifique Sud et Asie. Montrera qu’à travers la confrontation des différents cultures, les différenciations entre le masculin et le féminin sont beaucoup plus des déterminations culturelles que biologiques. Mettre du coup en avant la très grande variabilité des modèles selon les sociétés et les périodes entre ce qu’on entend par féminin ou masculin. Evolution synchronique et diachronique. Ces travaux sont reçu comme choquants à cette époque, particulièrement aux E-U. Dans les 60’, ses travaux seront pas mal discrédités du fait du rapport qu’elle a construit à son terrain d’étude, lui reprochera d’avoir mythifié des représentations, sur-interprétation de faits (// ethnocentrisme)... 

Sur même approche apparaitra un ouvrage qui aura un écho fondamental : Le deuxième sexe De Beauvoir (1949), thèse philosophique est que l’on doit établir distinction entre le sexe biologique et le genre en tant que dimension sociale. Dans ce travail il incite ainsi à repenser la manière dont les rôles des 2 sexes sont répartis et penser dans et par la société. Travaux qui vont initier la « 2nde période du féminisme », participant par ce biais à favoriser l’essor des mouvements féministes des décennies suivantes.  

A) PQ PARLER DE GENRE EN SOCIO ?  

Les premières utilisations de ce concept auront lieu aux EU, au départ principalement pour la psychiatrie. 

Mobilisé notamment dans des travaux qui visaient à rendre compte de situations « hors-normes », de cas où les organes sexuelles étaient en partie mâle et femelle (hermaphrodisme), mais aussi pour désigner les cas où les individus ne ressentent pas l’appartenance sexuelle que laisse supposer leur apparence physique. Commencera à parler de « gender anality » pour distinguer dimension biologique de celle « subjective ».  

En 1972 le terme de « genre » est utilisée pour la 1ère fois en socio par Ann Oakley dans Sex, gender and society : idée est de ne plus se focaliser sur le psyché d’un individu, mais de rendre compte d’un fonctionnement social global des rapports femmes/ hommes, dans l’idée que cette problématique affecte autant les uns que les autres. Différencie sexe biologique et sexe culturel (genre), classification étant le fruit d’une construction sociale permanente. Peut repérer 3 moments importants dès lors :  

  • Même lignée : cherche à différencier le « naturel » du « social »/ du construit  
  • Ensemble de travaux qui vont chercher à intégrer tout ce qui traite du pouvoir, de la hiérarchie, pour montrer que le genre est certes une construction sociale mais n’est pas que ça, il est aussi un système de domination et de rapports de force (Bourdieu, Foucault...) 
  • Interrogera plutôt lien entre sexe/ genre et introduira une nuance sémantique en parlant dès lors « des genres » et mettre par ceci en évidence le travail de construction sociale passant sexes aux genres, avec l’idée de le différencier du concept de « genre » qui renvoie aux notions de seconde période  

En terme de rapport à la connaissance, quand utilise terme de « genre » passe à un autre niveau, pas que concept socio mais interroge le regard que l’on pose sur le monde social et la manière de construire le savoir. Càd que quand on parle de genre on met en question les « évidences » biologiques et amène à voir le monde social dans lequel on évolue d’une autre manière. Ainsi double interrogation chez les sociologues du genre : questionner ce qu’on voit et la manière dont on le décrit.  

Souvent utilisation du terme « genre » amène à réfléchir de manière transversale et dépasser un seul paradigme académique, biologie, socio, histoire, anthropo, psycho...  

Une grande partie des travaux socio qui exploiteront cette notion vont donc explorer les modalités de construction sociale. Question de la socialisation genrée notamment deviendra objet socio très prolifique. B.Lahire (spécialiste questions d’identité) distinguera 3 modes de socialisation genrée (pas clivé entre 3) :  

  • « Entrainement et la pratique directe » : toutes les pratiques récurrentes que l’on aura ex: séparation toilettes de filles/ de garçons, offre machine à laver à Noël  
  • « Effets diffus » : sur une situation  
  • « Inculcation idéologique-symbolique » : explicite ou implicite ex: petit garçon se fait mal « il ne faut pas pleurer »  

Ces 3 modes ont ouvert le champs sur nombre d’enquêtes empiriques important. Selon certains ainsi, l’apprentissage de ces stéréotypes genrés serait plus un apprentissage par le corps (sport, apparence...) que véritablement un apprentissage idéologique (production intellectuelles, médiatiques, jeux-vidéos...) et différences selon milieux sociaux. Construira des modèles référentiels (agents périphériques de socialisation).  

Dans ce travail de déconstruction, distinction sexe/ genre peut être difficile à manier car elle peut impliquer une séparation entre le biologique et le social, donc binarité en soi. Ce qui est sous-tendu alors est le fait que les catégories sociales sont induites par les catégories biologiques. Or toute la sociologie est fondée sur des catégories sociales. Questionne prégnance des catégories biologiques sur celles sociales. Goffman remettait à cet égard en cause ce prisme biologique qui ne serait pas l’outil le plus sûr pour faire une classification entre les membres d’une société et de faire établir une organisation sociale. Cette idée pose alors la question de ce qu’il reste si l’on enlève le prisme biologique.  

Figures : Christine Delphy, Judith Butler, travailleront sur ces questions. Arriveront ainsi à un renversement de la problématique : càd qu’on ne va plus du sexe vers le genre mais du genre vers le sexe. Les différences biologiques existent, incontestablement, elles ne sont pas niés, mais interrogeront le processus social qui visera à réduire un certain nombre de distinctions biologiques en 2 catégories distinctes. Et notamment Butler disait en niant les personnes interséxuées.  

Autre question : pourquoi différence sexuelle prévaudrait sur toutes les autres différences entre les individus pour assigner une place sociale, définir des caractères... D’autant que dans le processus de catégorisation d’autres choses rentrent en compte tel que la couleur de la peau par exemple. Pourquoi cette distinction seraitelle plus « légitime » qu’une autre ?  

Nous amène finalement à poser la question des inégalités. Dans nos sociétés, ce qui les caractérisent est une remise en cause depuis plusieurs années des inégalités. Ce qui relève des inégalités est souvent ressentis comme relevant d’injustices et posent de fait la question des discriminations.  

Période « Après patriarcat » ? Remise en cause du patriarcat survenue après remise en cause justifications ordre social => ex: Geneviève Fraysse montre que post Rév Fr mouvement d’exclusion de la femme de l’espace public justifié par « naturalisation » du rôle de la femme (renvoie à son corps, femme au foyer etc). Existence par ce biais d’une forme de « complémentarité » des rôles séxués.  


De plus en plus travaillera sur inégalités dans Monde du travail, dans politique... 

F. Héritier : quand bastion professionnel « tombe aux mains des femmes » va s’accompagner dévalorisation sociale et symbolique.  

Question de différenciation reste propre à contexte et temporalité => glissement entre les époques ex: travail de bureau, que certain analyse en terme de « négation des compétences pour les femmes ». Ex: invention métier de dactylo => féminisation et dévalorisation sociale ≠ sténo était masculin.  

(PAS FIN DU COURS)