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L’ECONOMIE ET SON DOMAINE

 


Histoire et économie sont étroitement liés et on ne peut dissocier l’historique de l’économique ou l’économique de l’historique. La pensée économique, en fonction des moyens intellectuels disponibles, a toujours cherché à résoudre les problèmes contemporains qui se posaient, d’une part ; d’autre part elle a souvent été menée en réaction ou en opposition aux courants antérieurs, aux erreures passées.

La connaissance historique des grandes écoles de pensée est indispensable à la compréhension de l’économie contemporaine.

Par ailleurs, l’économique et le social sont qualifiés de « sciences », au même titre que les sciences de la nature ; or, l’expérimentation en laboratoire est quasiment impossible dans le cadre des sciences humaines : beaucoup de facteurs autonomes (exogènes) interviennent et peuvent modifier le comportement des agents ; par ailleurs, l’observateur est difficilement neutre car il est souvent impliqué dans l’objet de son étude, il est influencé par le groupe dans lequel il a été socialisé, il est influencé par son histoire.

L’absence d’objectivité, de détachement du théoricien à l’égard des sciences humaines va expliquer la diversité des courants de pensées économiques et leur caractère conflictuel.

 

 

I)             L’origine des grands courants contemporains

 

a) du 16° au 18° siècle : la prise en compte du gain

.pour les mercantilistes, le commerce doit permettre de gagner de l’or. Durant le 15° et le 16° siècle, on constate l’essor du commerce ; l’émergence d’une démarche scientifique lors de la Renaissance qui va favoriser les innovations techniques, la production en grande quantité (ateliers ruraux en relation avec des commerçants).

De grandes familles bourgeoises se développent et acquièrent une forte notoriété en Europe : les Médicis à Florence ; cette notoriété est aussi bien commerciale que financière.

Se développe alors le courant mercantiliste, qui envisage l’économie comme « la science des affaires du Prince ». On parle de « Raison d’Etat ». Les mercantilistes sont adeptes du développement du commerce extérieur. La puissance du Royaume repose sur sa capacité à attirer l’or par les exportations et à le retenir par le protectionnisme. Les principales thèses mercantilistes reposent sur 4 points essentiels :

-       le Prince doit maintenant s’appuyer sur la classe des marchands : on légitime totalement le commerce qui devient indispensable.

-       Il faut favoriser la production et les exportations pour attirer l’or, si l’on ne dispose pas d’une production coloniale d’or ; se développent alors les manufactures d Etat, les compagnies maritimes commerciales, la construction de canaux et de routes.

-       Le protectionnisme permet de conserver l’or : c’est le bullionisme.

-       Apparaissent les premières théories quantitativistes qui considèrent que les prix évoluent en fonction de la quantité de métal précieux présente dans le royaume.

Le courant mercantiliste apparaît comme un courant interventionniste ; la puissance du Roi qui réglemente, met en place les taxes, contrôle la circulation des produits, fait apparaître la Raison d’Etat.

On pourra ensuite retrouver certains de ces thèmes notamment dans les courants keynésien via la fiscalité et les politiques publiques.

.pour les physiocrates, la société est divisée en 3 classes :

1)    celle des propriétaires, qui prélèvent une part de la production des terres qu’ils possèdent (pour réaliser de nouveaux investissements)

2)    la classe productive, constituée des travailleurs de la terre ; ce sont ceux qui produisent les richesses, pour eux-mêmes et les autres

3)    enfin, la classe dite stérile est constituée des artisans et des commerçants.

D’après eux, la terre est mère de tous les biens ; la valeur d’un produit n’est liée qu’à la quantité de terre nécessaire à sa production. Les physiocrates sont à l’origine des premières visions d’échanges entre agents économiques. Ils définissent la notion de produit net, de capital, et de tableau économique jetant les bases de la comptabilité.

Les physiocrates prônent la liberté du commerce du grain dont les prix augmentent considérablement en cas de pénurie.

On peut considérer que ce sont les précurseurs des libéraux puisqu’ils revendiquent le « laisser-faire, laisser passer » contre le protectionnisme et les taxations mercantilistes.

Déjà s’opposent 2 courants : celui de la liberté économique et celui de la raison d’Etat.


b) des classiques au libéralisme

La Révolution Industrielle, par un nouveau mode de production et des revendications libérales des entrepreneurs, est à l’origine de la pensée classique. La doctrine officielle du capitalisme naît d’Adam SMITH (1751-1790) dont on considère qu’il est le père fondateur de l’économie politique. Cette doctrine peut se résumer en 9 points essentiels :

             1° : il existe un ordre naturel dont les lois sont universelles

2° : l’intérêt général découle des intérêts particuliers grâce au marché, chacun recherche son intérêt privé ; c’est une « main invisible » qui permet d’ajuster l’offre et la demande pour la satisfaction de tous

3° : il faut préserver la liberté du commerce et celle de l’entreprise, par analogie au « laisser-faire, laisser passer » des physiocrates ; le rôle de l’Etat doit être minimal et se limiter :

-       à la défense extérieure

-       à la sécurité intérieure

-       aux biens publics

-       à la protection de la concurrence

4° : les gains de productivité ne peuvent être obtenus que grâce à la division du travail ; la spécialisation est donc souhaitable

5° : plus généralement le concept de division internationale du travail sera adopté et la théorie des avantages comparatifs sera développée par David RICARDO (1772-1823)

6° : toute richesse provient du travail ; ainsi les prix des produits sur le marché doivent s’ajuster au prix naturel qui résulte de la quantité de travail mise en œuvre pour élaborer les biens considérés. C’est cette valeur travail qui permet d’échanger les biens entre eux

7° : la place occupée dans l’économie permet de définir le revenu, d’après RICARDO,

·      le travailleur gagne un salaire minimum de subsitance qui dépend du prix des denrées vitales

·      l’entrepreneur a pour revenu le profit, qui diminue si les salaires augmentent ; il faut donc réduire le prix du blé pour encourager l’investissement

·      le propriétaire terrien perçoit la rente foncière, versée par le fermier, cette rente est la différence entre le prix du grain et son coût de production

8° : la croissance provient de l’accumulation et donc de l’épargne

9° : les prix s’expliquent grâce à la théorie quantitative de la monnaie : une abondance de monnaie (liée à la découverte de nouveaux gisements d’or), contribue à la hausse des prix.


c) MARX, le dernier des classiques

La Révolution Industrielle met en place un système productif qui repose sur la séparation du travail salarié et des moyens de production qu’il met en œuvre. Cette division va révéler la misère ouvrière décrite par de nombreux auteurs (ZOLA, VILLERME) lors des crises. L’indignation des humanistes va faire naître un combat intellectuel et politique qui sera largement mené en faveur de la lutte ouvrière par Karl MARX (1818-1883) :

-       l’essentiel de sa doctrine est basé sur le matérialisme : ce sont les conditions matérielles qui déterminent les idées

-       l’histoire de l’humanité est celle de la lutte des classes ; chaque société est caractérisée par une opposition violente entre une minorité (qui détient les richesses) et une majorité (exploitée)

-       la valeur travail des classiques est à l’origine de l’analyse marxiste, ce qui lui permet de développer toute la théorie de l’exploitation

-       la baisse tendancielle des taux de profits.




 

II)           Des néoclassiques à l’équilibre général

 

Le 19° siècle est caractérisé par le développement des tensions entre le monde ouvrier et les capitalistes ; sous la pression se met en place une protection juridique et sociale en vue d’une société plus juste et moins aliénante pour l’ouvrier. Cette contestation fait naître un nouveau courant : celui des néoclassiques dont l’objectif est (tout en défendant la propriété privée et l’ordre établi) de rendre plus « souple » la théorie classique ; notamment en ce qui concerne la notion de valeur travail.

Plus formalisé que le courant classique, le courant néoclassique repose sur 7 concepts fondamentaux :

1° - l’utilitarisme, l’homo-économicus (acteur de base) est totalement rationnel ; il cherche à maximiser son plaisir (utilité) et à minimiser sa peine (ou désutilité) ; son comportement se résume à des transactions marchandes (acheter ou vendre un bien. Par cette analyse, dite microéconomique, on étudie le comportement d’un individu (le producteur, le consommateur, l’épargnant) en négligeant la notion de groupe social beaucoup plus globale.

L’agrégation des comportements individuels, appelée macroéconomie permet, d’après les néoclassiques d’expliquer le niveau et l’évolution de l’épargne nationale, du revenu national, de la production et de l’emploi.

2° - la valeur utilité, par opposition à la valeur travail, on considère que l’évaluation d’un bien dépend de l’usage que l’on peut faire de celui-ci ; mais l’utilité est une notion subjective qui permet difficilement de comparer et d’échanger les biens entre eux ; c’est ainsi qu’on développe le concept de rareté des biens : plus un bien est abondant, moins il a de valeur et inversement.

3° - le raisonnement à la marge, et la formalisation mathématique : un certain nombre d’équations traduisent les objectifs des agents (COURNOT, WALRAS). Particulièrement ce sont les valeurs limites qui déterminent le choix du consommateur ou du producteur.

L’analyse marginale étudie plus précisément ce que coûte ou ce que rapporte la consommation ou la production d’une unité de bien supplémentaire ; sont alors définies l’utilité marginale et la productivité marginale que l’on peut comparer aux prix.

4° - l’équilibre général, la flexibilité des prix sur les différents marchés permet d’obtenir automatiquement l’égalité de l’offre et de la demande. C’est l’équilibre général de WALRAS (1834-1910). PARETO (1848-1923) démontre qu’en concurrence pure et parfaite on atteint un optimum (situation dans laquelle on ne peut améliorer la situation d’un individu sans porter atteinte à celle d’un autre.

L’équilibre général atteint sa perfection mathématique dans les années 1960 par l’analyse d’ARROW-DEBREU ; dans cette perspective, le chômage ne peut être que volontaire ou que le résultat de l’entrave de la flexibilité des prix.

5° - les facteurs de productions sont rémunérés à leur productivité marginale, chacun étant rémunéré à sa productivité marginale (ie au jour le jour en fonction de son travail), il n’existe plus de notion d’exploitation. L’entreprise verse à chacun l’équivalent de ce qu’il rapporte :

·      la productivité du travail et l’activité de direction apportent les salaires

·      la productivité du capital apporte les dividendes pour les propriétaires et les intérêts pour les prêteurs

Le salarié est maintenant analysé comme un gestionnaire rationnel de ses ressources qui ne sont pas un « minimum de subsistance », comme dans la théorie classique.

6°- les conditions de l’équilibre des marchés, anonymat / homogénéité / atomicité / fluidité / information parfaite : sans ces conditions l’optimum ne pourra pas être atteint. Bien sûr, elles sont restrictives mais le contexte théorique apparaît dans cette perspective comme un idéal difficile à atteindre qui cependant permet de mieux comprendre les mécanismes concrets de déséquilibres.

7° - la notion de justice sociale, elle est envisagée pour le 1° fois :

-       WALRAS suggère qu’on supprime les gros héritages,

-       PARETO propose une autre optique : « A celui qui a su gagner des millions, que ce soit bien ou mal, nous donnerons 10/10 ; à celui qui gagne des milliers de francs nous donnerons 6/10 ; à l’habile escroc qui trompe les gens et sait échapper aux peines du Code Pénal nous donnerons 8, 9 ou 10 suivant le nombre de dupes qu’il aura su prendre dans ses filets et l’argent qu’il aura su leur soutirer.




III)        Définition et objet de la science économique

 

La science économique est chargée de répondre aux 3 questions : que produire (quels biens et services) ?, comment produire (avec quels moyens) ?, pour qui produire (suivant quelle répartition) ?

Elle consiste dans l’organisation des ressources d’un territoire donné afin de produire des biens et services qui permettent de satisfaire les besoins des individus qui y résident. Elle repose sur 4 concepts de base : bien, besoin, utilité et valeur.

 

a) la science économique d’après quelques auteurs

.Lionel ROBBINS « Essai sur la nature et la signification de la science économique » 1947 « l’économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relations entre des fins et des moyens rares à usage alternatifs »

.Jean FOURASTIE « Pourquoi travaillons-nous » 1951

« la science économique est la connaissance des activités humaines tendant à transformer la nature et à échanger les produits ainsi obtenus, en vue de satisfaire les besoins humains » .Paul SAMUELSON « Economique Tome I » 1972

« l’économie recherche comment les hommes décident, en faisant ou non usage de la monnaie, d’affecter les ressources productives rares à la production, à travers le temps, de marchandises et services variés, et de répartir ceux-ci à des fins de consommations présentes et futures entre les différents individus et les collectivités constituant la société »

.Edmond MALINVAUD « Leçons de théorie micro-économique » 1986

« l’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société ; elle s’intéresse d’une part aux opérations essentielles qui sont la production, la distribution et la consommation des biens, d’autre part aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations »


b) le champ d’étude

Il diffère selon qu’on se situe en microéconomie ou en macroéconomie

.la microéconomie est la partie de l’analyse économique qui étudie le comportement des unités économiques individuelles (le consommateur, l’entrepreneur, le travailleur…). Elle analyse donc le comportement d’entreprises ou d’individus qui prennent des décisions , s’informent, choisissent des stratégies. Les 3 domaines de la microéconomie sont :

·      la formation des prix

·      la détermination de ce qui va être produit

·      la distribution des revenus au sein de l’entreprise dans le cadre marginaliste

Cette théorie vise à déterminer un équilibre général réalisable sous un certain nombre d’hypothèses (supposées parfois trop restrictives)

.la macroéconomie est un terme introduit en 1933 par Ragner FRISH qui désigne la partie de l’économie s’intéressant :

-       aux faits économiques concernant les grands ensembles, pays, branches, agrégats de production ou d’investissement…

-       aux interdépendances reliant les variables globales synthétisant l’évolution du système économique (production, investissement, emploi…)

-       à la totalité de l’ensemble économique : chaque fait ne prend son sens que par rapport à une structure qui règle l’évolution du système

.macro et micro, les 2 inséparables :

                           + si l’Etat décide de faciliter le crédit à la construction en utilisant le déficit budgétaire ou en laissant croître la masse monétaire, il s’agit d’une mesure macroéconomique. En conséquence de nombreux décideurs individuels vont modifier leurs décisions : chacun va augmenter ses investissements, distribuer plus de revenus, produire plus, commander plus de biens intermédiaires… Ainsi la macroéconomie influence la microéconomie.

                           + à l’inverse, si une entreprise décide d’augmenter ses tarifs et qu’elle a une part de marché assez importante ; cela pourra avoir un effet d’entraînement, ce qui aura une conséquence sur tout le secteur d’activité, l’indice des prix augmentera ainsi que les salaires (afin de maintenir le pouvoir d’achat). En conséquence, une décision microéconomique peut avoir un impact sur les agrégats macroéconomiques.




IV)         Les systèmes économiques

 

Tout système peut être caractérisé par plusieurs traits structuraux (ses éléments, ses limites) et fonctionnels (flux d’informations, de matières, centre de décision). L’analyse d’un système repose sur l’étude de ses éléments, ses frontières, son réseau d’interactions, son état et sa variété.

 

a) un système économique et social

Tout système économique et social est formé de 3 structures fondamentales qui sont :

.les structures d’environnement, constituées de structures physiques et géographiques ainsi que des structures démographiques

.les structures d’encadrement, elles comprennent les structures institutionnelles, sociales et mentales du système considéré. Elles prennent en compte la législation, les objectifs sociaux, politiques ainsi que l’échelle des valeurs qui prévaut

.les structures de fonctionnement, qui regroupent les structures techniques et organiques en place. Il s’agit là des instances techniques dont l’objet est de veiller au bon fonctionnement du système économique et social considéré.


b) 2 systèmes économiques et sociaux

·      le système capitaliste : il s’agit selon MARX du mode de production fondé sur la propriété privée des moyens de production et sur le salariat. Pour Fernand BRAUDEL le capitalisme est le niveau supérieur de l’activité économique, il est international / monopolistique : source d’inégalités. L’objectif de ce système est la recherche de l’intérêt individuel et du profit, dans un esprit de concurrence.

·      Le système socialiste : c’est un système qui se caractérise par la propriété collective de la plupart des moyens de production. Il s’agit selon MARX du mode de production intermédiaire entre capitalisme et communisme (caractérisé par ce dernier par l’abondance des produits et l’Etat). Le mécanisme de planification est impératif ainsi que l’absence de liberté d’entreprendre et le rejet de la régulation par le marché.


LE CIRCUIT ECONOMIQUE

 


Il Existe différentes façons d’appréhender l’économie. La première relève de la méthode micro-économique (on analyse chaque agent individuellement), la deuxième approche est macro-économique (on étudie l’économie dans son ensemble). Une dernière approche, plus récente, concerne le regroupement d’entreprises : c’est la mésoéconomie.

 

 

1)   Qu’est-ce que le circuit ?

 

a) une représentation des interrelations de la vie économique

.le circuit économique fournit une représentation simplifiée de la vie économique, en en faisant apparaître les principales interdépendances. Dans toute société, la production est répartie, puis les biens sont consommés ou conservés pour réaliser une nouvelle production ou être consommés dans une période ultérieure. Quand ces relations sont présentées sous forme de schéma circulaire, il s’agit d’un circuit économique.


b) un exemple de circuit économique simplifié

.pour illustrer la logique du circuit économique, supposons qu’il n’y ait que 2 types d’intervenants dans la vie économique, les ménages et les entreprises. Supposons aussi que les relations soient uniquement les suivantes : les ménages travaillent, et en échange obtiennent 65.000€ de revenus, ils les dépensent entièrement en achetant aux entreprises des biens et des services pour une même valeur.


Salaires versés

 

 

Travail réalisé concrètement



MENAGES                                                                                 ENTREPRISES

 

 

             Biens et services                                            Biens et services

                  Achetés                                                                       Fournis

 

MARCHE

                                                                                                                             Produit National


Achat de marchandises                                                                                       Produit des ventes

 

                                                                                                                          Revenu National

 

DEMANDE                                                                                           OFFRE

DE MARCHANDISE                                                                                                DE MARCHANDISE



                                  Flux physiques                            Flux monétaires

 

 

.le circuit exprime les relations au niveau de l’ensemble de la société. Le circuit correspond à une approche macro-économique qui met en évidence l’interdépendance des agents (unités institutionnelles) lors des opérations qui les relient (production, échange, financement, consommation, prestations sociales…)

.au circuit monétaire correspond un circuit de biens physiques, on remarque sur le schéma qu’il existe un circuit correspondant à la circulation des biens et un circuit de sens contraire correspondant à la circulation de la monnaie. Le circuit comprend d’une part des aspects monétaires (paiement des biens et services, versement des salaires, de dividendes…), d’autre part des flux de biens et services (travail fourni par le salarié, marchandises qui circulent…)

 

2)   Le circuit économique d’ensemble de la comptabilité nationale

 

a) une approche en termes d’agents et d’opérations économiques

.le circuit économique simplifié ci-dessus ne prend en compte ni les actions de l’Etat, ni celles des banques, mais fait apparaître la logique générale du circuit économique établi par l’INSEE dans le cadre de la comptabilité nationale. Il intègre un plus grand nombre d’agents économiques et un plus grand nombre d’opérations.

                                                                                    PIB

 

 

                           REVENU

NATIONAL

 

 

 

 

 Epargne                                          Consommation

Nationale                                               Finale            

 

 

 

                                                                                    

                                                                                  DEMANDE

                                                                                      FINALE

                                         FBCF

                                      Et variation

                                       De stocks

 

             

b) une approche comptable et statistique du circuit économique

      .si le circuit économique de la comptabilité nationale est largement accepté, c’est qu’il met en évidence les équilibres comptables dans une approche a posteriori. Ainsi, en fin d’année, on peut calculer la production d’un pays et mesurer comment les revenus provenant de cette production se sont répartis entre les différents agents économiques. L’approche de la comptabilité nationale recherche les grands équilibres comptables ; si certains sont créanciers, par exemple les ménages, d’autres ont des besoins de financement (par exemple les entreprises). Les salaires versés correspondent à la vente du facteur de production travail…



3)   Le circuit et la théorie économique

 

Un circuit économique est un « modèle » de la vie économique. Cette relation avec les théories apparaît quand on examine les circuits économiques développés par Keynes et Marx.

 

a) le circuit keynésien

.le circuit de la comptabilité nationale a été influencé par l’analyse keynésienne au sens ou il adopte une approche macro-économique et fait une place à la demande et à ses relations avec la production.

Le circuit de la comptabilité nationale se distingue du schéma keynésien par deux points :

·      il est statique et non dynamique

·      il est construit a posteriori et ne met pas en évidence, comme le circuit keynésien, les déséquilibres qui peuvent se produire

.un circuit économique dynamique, le circuit keynésien se situe dans une approche dynamique : il montre la succession des opérations. Ainsi le revenu va être consommé, épargné, utilisé pour payer les impôts…Puis les revenus dépensés (achats) constituent des revenus pour des entreprises, qui à leur tour achètent des biens de production, distribuent des salaires…Ainsi, la cascade de conséquences de chaque opération est mise en évidence.

.l’équilibre n’est pas automatique, dans le circuit keynésien, l’approche est macro-économique et l’équilibre n’est pas automatique. Par exemple, en ce qui concerne les biens, il peut exister des stocks de marchandises non voulus par les entreprises, le niveau de la production n’est pas nécessairement suffisant pour assurer le plein emploi.

Le circuit met également en évidence l’existence de fuites hors du circuit. Ainsi l’épargne est considérée comme une fuite car la partie du revenu qui n’est pas dépensée ne génère aucune demande et ne stimule donc pas la hausse de la production.

 

b) le circuit selon MARX

.le circuit économique selon l’analyse marxiste fait place aux classes sociales. La façon dont se réalisent les opérations économiques est marquée par des relations de classe des participants à la vie économique.

Le circuit capital, Marx analyse « le mouvement circulaire du capital » et le décompose en 3 circuits : capital-argent, capital-productif et capital-marchandise. Dans une approche dynamique, Marx examine la façon dont se réalise la croissance de la production dans une société capitaliste et comment les crises apparaissent.



4)   La comptabilité nationale

 

La comptabilité nationale établit les indicateurs macro-économiques d’un pays. Elle cherche aussi, à travers les relations entre ces indicateurs, à fournir une représentation simplifiée de l’économie d’un pays.

Elle est inséparable de la recherche d’une plus grande maîtrise des politiques économiques, aussi elle se doit d’améliorer la connaissance des principales grandeurs économiques : qui investit, consomme, épargne, réalise des opérations de crédit, reçoit les différents revenus (profits, salaires, intérêts…). Pour remplir cette fonction, la comptabilité nationale définit des agrégats, des unités institutionnelles (traditionnellement appelées agents économiques), des fonctions économiques et des types d’opérations.

Le système de comptabilité nationale français a été modifié en 1999, en particulier pour le rendre compatible avec le système européen de comptabilité adopté en 1995. L’intégration économique européenne rend la comparaison des économies de la zone euro particulièrement importante et, de surcroît, l’impôt qui finance le budget européen a pour assiette le revenu national de chacun des pays de l’union.

 

a)    les agrégats

.un agrégat est une grandeur synthétique calculée par les comptables nationaux (en France l’INSEE). Les agrégats les plus connus sont : le PIB, le PNB, le revenu national, la Consommation Effective, l’Epargne, le Formation Brute de Capital Fixe (FBCF)…

Le calcul d’un agrégat de production pose le problème de l’estimation de la valeur des biens hétérogènes. Comment additionner des voitures, des prestations médicales, des carottes ?

Les comptables nationaux prennent le prix du marché comme indicateur de la valeur de ce qui est produit. On peut ajouter des euros entre eux, aussi différents que soient les produits réalisés.

.PNB et PIB :

·      le produit national brut (PNB) prend pour critère d’évaluation l’appartenance nationale. On estime ce qui est produit par les entreprises françaises sur le territoire nationale, mais aussi à l’étranger. En revanche, l’activité des entreprises étrangères sur le sol national n’est, en principe, pas prise en compte.

·      Le produit intérieur brut (PIB) prend pour critère le territoire français, y compris les département d’outre mer. Que les entreprises soient françaises ou étrangères, elles contribuent à former le PIB. Mais l’activité des entreprises françaises réalisées à l’étranger ne rentre pas dans le PIB.

.FBCF : c’est la valeur des acquisitions d’actifs corporels (machines…) ou incorporels (logiciels…) pouvant être utilisés pendant au moins un an dans le processus de production, moins les cessions de ces mêmes actifs réalisées par des résidents.

Les logiciels sont inclus dans la FBCF, les équipements militaires également (FBCF des administrations publiques). En ce qui concerne les ménages, seuls les logements sont pris en compte dans la FBCF (et les investissements professionnels des entrepreneurs individuels).


b)    Les unités institutionnelles et secteurs institutionnels

.les unités institutionnelles sont les unités statistiques fondamentales encore appelées « agents économiques ».

. les secteurs institutionnels sont les ensembles d’unités institutionnelles ayant un comportement économique considéré comme proche. Le critère retenu pour appréhender cette homogénéité est la fonction économique principale et la nature des ressources de l’unité. Il y a 5 secteurs institutionnels dans le système de comptabilité nationale français :

·      les ménages, ce secteur est constitué de toutes les unités institutionnelles résidentes, dont la fonction principale est la consommation, éventuellement la production si celle-ci est organisée dans le cadre d’une entreprise individuelle. Sont considérés comme ménages aussi bien une famille demeurant sous un même toit qu’une communauté de religieuses. Les entreprises individuelles sont incluses dans les ménages et sont donc totalement séparées des sociétés. La justification de ce choix est que le comportement économique de ces entreprises est marqué par une logique de bien-être familial

·      les sociétés non financières, elles ont pour activité principale la production d’objets ou de services marchands non financiers. Elles regroupent les entreprises publiques et des sociétés privées. Sont exclues les entreprises individuelles

·      les sociétés financières, elles collectent l’épargne et distribuent les crédits. Il s’agit essentiellement des banques et des entreprises d’assurances qui garantissent contre des risques divers leurs clients, en échange des primes et cotisations volontaires qui sont versées

·      les administrations publiques, elles produisent des services non marchands (tenir l’état civil, fournir un service d’éducation…). Ce secteur comprend l’Etat, les collectivités locales et les organismes produisant des services non marchands financés par l’Etat

·      les institutions sons but lucratif au service des ménages, c’est l’ensemble des unités privées dotées de la personnalité juridique qui fournissent aux ménages des services non marchands ou des services marchands à but non lucratif

·      NB : le reste du monde, n’est plus un secteur institutionnel depuis 1999.


c)    Les comptes de la nation

. ce sont les résultats chiffrés de l’activité économique du pays au cours d’une année. Ils se présentent sous forme de séries de comptes avec d’un côté les emplois et de l’autre les ressources. Ceci est fait pour chaque secteur institutionnel.

On distingue 3 types d’opérations économiques

.les opérations en biens et services sont constituées par la production de biens et services, les consommations intermédiaires, la consommation finale effective, la FBCF, les exportations, les importations…

.les opérations de répartition, elles comprennent la rémunération des salariés, les impôts liés à la production et à l’importation, les subventions d’exploitation, les revenus de la propriété et de l’entreprise, les opérations de l’assurance dommages, les transferts…

. les opérations financières, elles portent sur la monnaie, les dépôts non-monétaires, les bons négociables, les obligations, les actions, les crédits…


LA PRODUCTION

 


Pour celui qui a la curiosité de connaître l’économie, le problème n’est pas l’absence de données, mais plutôt le trop-plein. Il y a des millions d’actes économiques quotidiens qui se font. Il faut donc trier les données, les sélectionner pour les synthétiser et les analyser. Le problème est de savoir comment définir par un seul chiffre l’activité économique nationale ?

Des repères simples sont nécessaires et indispensables pour analyser l’évolution économique d’une année sur l’autre ; pour comparer l’activité des différents pays entre eux.

A défaut d’un « bonheur national » qu’on ne mesure jamais, il faut réussir à définir un « produit national » qui synthétise les résultats de l’activité de millions d’agents économiques différents.

 

 

1)   Le principe de comptabilité nationale

La comptabilité nationale est un ensemble de tableaux qui décrivent les opérations économiques d’un pays, chaque année, aussi bien du point de vue des ménages et des entreprises que de celui des administrations. Le système élargi de comptabilité nationale (SECN) a changé de nom pour devenir le système européen de comptabilité (SEC).

Cet instrument privilégié d’aide à la décision des gouvernements est fondé sur :

·      un cadre comptable (théorie des flux)

·      la distinction de secteurs institutionnels et de différents agents

·      la traduction de différentes opérations effectuées par les secteurs institutionnels


 

2)   Qu’est-ce que la production ?

.la production, un processus : c’est l’activité humaine qui conduit à la création de biens et services. Par exemple, la production de pain peut être décomposée en différentes étapes : depuis le travail du paysan permettant d’obtenir le blé, jusqu’à celui du boulanger. En tant que processus, la production nécessite des facteurs de production (travail, capital).

.la production, un résultat : c’est aussi le résultat quantifié du processus de production. Ainsi, la production d’automobiles en France est l’ensemble des automobiles qui ont été construites au cours de la période.


 

3)   Production marchande et production non marchande, valeur ajoutée

.la production marchande est la production réalisée en vue d’être vendue sur un marché. La production des entreprises est de la production marchande.

.la production non marchande est une production qui n’est pas destinée à être vendue ou dont le prix de vente n’est pas établi à un niveau destiné à couvrir le prix de revient de la production. Par exemple une récolte de légumes destinée à l’autoconsommation est une production non marchande. Il en est de même pour les services fournis par l’administration publique.

.la valeur ajoutée sert à mesurer la production d’un pays. Elle représente la différence entre la production effective et la consommation intermédiaire : VA = PE – CI. La somme des valeurs ajoutées représente le produit intérieur brut d’un pays (PIB).

 

 

4)   Production et produit

Le terme produit désigne, au sens large, un résultat, ainsi on parlera du produit de l’impôt ou du produit d’une vente. En comptabilité privée comme en comptabilité nationale, la produit a un sens plus précis :

·      en comptabilité privée, le produit correspond aux ressources procurées par l’activité de l’entreprise. Le principal produit est constitué par les recettes provenant des ventes (chiffre d’affaires). La différence entre l’ensemble des produits et l’ensemble des charges constitue le résultat de l’entreprise (pertes ou bénéfices)

·      en comptabilité nationale, deux agrégats en termes de produits doivent être distingués : le produit intérieur brut (PIB) et le produit national brut (PNB)


D’autres notions peuvent être dénies en économie :

-       la production marginale, il s’agit de la production réalisée par le dernier travailleur embauché

-       la production de masse, c’est la production dans laquelle les biens produits sont standardisés et réalisés en ayant recours aux machines selon des procédures tayloriennes ou fordistes. Il s’agit le plus souvent de production en grande séries.

 

 

5)   Indicateurs de comptabilité nationale

a)    les principaux comptes

Pour chacun des agents, on va dérouler une succession d’opérations représentées par les 5 comptes suivants :

-       le compte de production, il recense les chiffres d’affaires, les achats, et se solde par la valeur ajoutée de l’agent

-       le compte d’exploitation, il décrit à quoi sert cette valeur ajoutée dans l’entreprise : payer les salaires, les charges, la TVA, et se solde par l’excédent brut d’exploitation

-       le compte de revenu, il décrit ce que devient cet excédent brut d’exploitation : paiement des intérêts, de dividendes, d’impôt sur le revenu… et se solde par le revenu disponible

-       le compte d’utilisation du revenu, permet de décrire les choix faits entre consommation et épargne, son solde est l’épargne brute

-       le compte de capital, il décrit ce à quoi sert l’épargne, c’est à dire éventuellement à investir ; il se solde par la capacité de financement ou le besoin de financement.

Ainsi, on décline de la ligne du haut (VA) à la ligne du bas (CF ou BF) du tableau économique d’ensemble des notions fondamentales pour la connaissance de la structure de l’économie.


b)    les principaux agrégats

Ce sont des grandeurs synthétiques qui mesurent les résultats de l’ensemble de l’économie nationale ;

·      le PIB (produit intérieur brut) : c’est la somme des valeurs ajoutées brutes

·      le PNB (produit national brut) : PIB + revenus perçus du reste du monde – revenus versés au reste du monde

·      le PNN (produit national net) : PNB - consommation de capital fixe (amortissement)

·      le Revenu national : somme des revenus primaires perçus par les secteurs institutionnels

·      la Demande finale intérieure : consommation finale + FBCF + variation de stocks

Ces agrégats présentent des limites, notamment du fait de l’inflation qui fait varier leur montant. Ils ne prennent pas en compte la pollution de l’environnement, l’économie souterraine, domestique ou illégale.


LES FACTEURS DE PRODUCTION

 

 


Les facteurs de production sont constitués par tous les éléments qui sont utilisés pour produire. La plupart des économistes distinguent : le capital constitué par l’ensemble des biens de production (biens d’équipement) et le travail. Les économistes marxistes considèrent qu’il n’y a qu’un seul facteur de production : le travail.

 

1)  Le capital

Dans l’usage courant, le terme « capital » est souvent utilisé comme équivalent du mot « patrimoine ». C’est alors l’ensemble des biens que possède un individu ou un groupe. Le mot « capital » est employé par les économistes dans des sens parfois très différents de l’usage courant.

a)    Terminologie libérale

.le capital technique est un ensemble de biens matériels permettant de créer de nouveaux biens de consommation ou de production. On distingue :

-       le capital fixe, qui est la partie de capital dont la durée de vie s’étend sur plusieurs cycles de production (machines, bâtiments)

-       et le capital circulant, qui désigne la partie du capital qui disparaît dans un seul cycle de production (matières premières…)

Les diverses branches industrielles se distinguent par la quantité de capital nécessaire pour produire un euro de produit. Le coefficient de capital est le rapport :

 (valeur du capital utilisé) / (valeur de la production)

Il permet de savoir que, pour un euro de marchandise produite, il a fallu dépenser « x » euro de capital (machines, bâtiments, matières premières…). Lorsque ce rapport est élevé, on dit que l’activité considérée est capitalistique (par exemple le nucléaire).

.la productivité du capital, si l’on considère « Y » comme étant la valeur de la production lors d’une période donnée, et « K » la valeur du capital utilisé durant cette période, (Y/K)constitue la productivité du capital. C’est l’inverse du coefficient de capital, et son interprétation est aisée : « pour un euro investi en capital, c’est le nombre d’euros en marchandises produites.

b)    Vocabulaire marxiste

.le capital comme rapport social, selon Marx ce n’est pas seulement un ensemble de choses ou de flux financiers, mais aussi un rapport social. Dans le système capitaliste, il faut que ceux qui possèdent les moyens de production trouvent des travailleurs à employer, que la loi définisse le droit de propriété, le droit de travail… Pour Marx, il y a 2 formes essentielles de capital :

·      le capital fixe : ce sont les machines, les bâtiments, les matières premières, l’énergie,…tout ce qui résulte du travail passé qui est utilisé pour forger des marchandises. Ce travail passé est détruit dans la production et se trouve incorporé sous une forme nouvelle dans les objets créés. Le capital constant transmet sa valeur au nouveau produit mais ne peut créer de nouvelle valeur.

·      Le capital variable : sert à rémunérer la force de travail, qui a la propriété de créer une valeur supérieure à celle qui est nécessaire à sa propre reproduction, d’où la dénomination de « variable ».

c)    Les ressources naturelles

.le travail et la nature sont à l’origine de la totalité des biens et services produits. Quand on parle de ressources naturelles, on fait référence aux éléments suivants : air, eau, rayonnement solaire, biomasse naturelle, sols, minerais. L’exploitation de ces ressources conduit à la production de matières premières. Les ressources naturelles permettent aux agents d’exercer leur fonction de production.


 

II) Le travail

L’ouvrier spécialisé qui travaille sur une presse est incontestablement un travail ; s’il apprend l’anglais après les heures passées à l’usine, nombreux sont ceux qui considèreront qu’il s’agit d’un loisir culturel. Par contre, si le cadre commercial étudie les langues étrangères, cela sera généralement considéré comme le prolongement naturel de son travail et même une partie de celui-ci. Il est par ailleurs courant de parler de travail pour le repassage du linge da maison réalisé par une « femme au foyer », pour les devoirs de l’écolier, pour le bricolage de l’homme ou de la femme qui tapisse sa maison ou fabrique ses meubles…Ces différents exemples renvoient à plusieurs définitions du travail.



a)    Qu’est-ce que le travail ?

.le travail est toute activité qui produit des objets ou des services qui ont une valeur d’usage. Ainsi, pour G. Friedman et P. Naville, le travail est « l’ensemble des actions que l’homme, dans un but pratique, à l’aide de son cerveau, de ses mains, d’outils ou de machines, exerce sur la matière, actions qui à leur tour, réagissant sur l’homme, le modifient ».(Traité de sociologie du travail 1961-1962). En ce sens, le bricolage, l’activité de la ménagère sont du travail. L’individu qui prend sa douche le matin travaille aussi !

.au sens large, le travail est une activité qui produit quelque chose qui a de la valeur pour autrui (Rapport Work in America MIT). Dans cette approche, le domaine du travail exclut par exemple le temps passé à prendre soin de soi-même, mais inclut le travail ménager ayant une valeur pour le reste de la famille.

.au sens étroit, le travail est une activité créatrice de valeur, dans un cadre économique donné (salarié, artisan, profession libérale…). Dans cette approche, le travail ménager effectué au sein de la famille n’est pas un travail. C’est essentiellement ce « sens » du mot travail qui est pris en compte en économie.

Le travail est un facteur de production. Il est l’activité productrice de l’ensemble des travailleurs. Dans ce sens, travailler est une activité créatrice de biens et services qui met en action des travailleurs disposant de connaissances techniques, et des moyens de production.

b)     Vocabulaire théorique :

En économie, le travail est au cœur de l’analyse marxiste ; l’analyse libérale, elle, concentre son attention sur l’emploi, et ne s’intéresse au travail qu’au travers de questions relatives aux facteurs de production et aux fonctions de production. Les sociologues qualifient l’activité productive de lien social à l’origine d’une identité sociale.

.la force de travail est l’ensemble des capacités matérielles et intellectuelles que vend le salarié ; elle inclut les connaissances techniques théoriques et pratiques, le savoir-faire, l’énergie, la résistance, la faculté d’adaptation et d’intégration au processus productif.

.le travail crée un lien social car il donne accès à des revenus qui permettent à l’individu de s’insérer dans la société marchande. C’est un élément indispensable pour créer une identité sociale. La participation à un groupe de travail permet une socialisation tertiaire et ouvre l’individu à des réseaux relationnels. En imposant des contraintes et des rythmes , le travail donne à l’individu un cadre de référence qui fait sérieusement défaut à ceux qui en sont exclus…Il est aussi source de droits sociaux : il donne accès à la protection sociale qui permet de faire face aux aléas de la vie.

c)    Mutation du travail et tertiarisation

En ce début du XXI° siècle, le travail connaît une mutation considérable, caractérisée par la tertiarisation  et par l’intellectualisation.

.la tertiarisation désigne la transformation progressive de la population active au profit des services (commerce, transports, administrations…) alors que reculent les autres secteurs (secteur primaire : agriculture, mines ; secteur secondaire : énergie, industrie, BTP…). La tertiarisation tend à devenir majoritaire : si les tendances actuelles se prolongent, elle regroupera la quasi-totalité des actifs bien avant la fin du XXI° siècle.

.l’intellectualisation désigne l’importance grandissante de la « matière grise » dans le processus de production. Cela est particulièrement vrai au sein des services, des professions de la communication, de la recherche et du développement, de l’informatique et de l’enseignement(parfois regroupés en un secteur distinct : le secteur quaternaire).


C’est la notion de travail qui est à l’origine de la notion de population active :population qui exerce une activité professionnelle rémunérée (actifs occupés) ou qui cherche à en exercer une (actifs inoccupés ou chômeurs) ; la population active occupée ayant effectivement un emploi.

Outre la pure notion de travail, il faut également analyser les aspects quantitatif  quelle quantité de travail doit-on utiliser ?) mais aussi qualitatif (quelles doivent être les compétences des salariés ?).

 


LE SYSTEME PRODUCTIF

 

 


L’entreprise est un lieu où s’élaborent les produits que nous consommons ; c’est un lieu où sont réalisés

les investissements, répartis les revenus, exportés les produits et créés les emplois.

D’après François PERROUX, l’entreprise est le microcosme du capitalisme : les conditions de travail, les rapports sociaux prennent forme au sein de la firme. C’est le lieu où se forme le profit, qui est l’élément essentiel au capitalisme. L’entreprise agit donc sur l’environnement et fait évoluer la société.



1)  Définition de l’entreprise d’après quelques auteurs


A)            Joseph SCHUMPETER

 

             Entreprendre, au sens courant, est lié à l’idée de créer, d’innover. Souvent les libéraux associent l’entreprise à l’acte de création de l’entrepreneur, un peu à l’image du jeune créateur d’une start-up, qui réussit en s’appuyant sur une idée originale, qu’il met en œuvre pour réaliser une production sur un marché porteur.

Joseph SCHUMPETER valorise dans sa définition de l’entreprise la fonction d’innovation de l’entrepreneur :

             « les entrepreneurs sont des agents dont la fonction est d’exécuter de nouvelles combinaisons. Nous appellerons entreprise, l’exécution de nouvelles combinaisons et également ses résultats dans les exploitations ».

L’entrepreneur n’est pas celui qui découvre de nouveaux procédés techniques, ni forcément le détenteur du capital. C’est celui qui organise économiquement hommes, capitaux, innovations techniques en vue de réaliser de nouveaux profits.


B)            François PERROUX


« l’entreprise combine les facteurs de production en vue d’obtenir un produit qu’elle écoule sur un marché. Elle ne tend pas immédiatement et principalement à satisfaire les besoins de ses membres. Elle s’oppose sous ce rapport à diverses unités de l’économie agricole où des économies fermées de villa et de domaine avaient pour objet principal d’assurer la subsistance de leurs membres. Pourvu qu’elle puisse vendre son produit au coût ou au-dessus du coût l’entreprise est satisfaite. Elle répond à l’appel des besoins solvables sur le marché, elle se conforme à la hiérarchie de leur solvabilité et non à celle de leur urgence appréciée en termes de laboratoire ou par référence à la morale d’un groupe ».

L’entreprise combine techniquement et économiquement des facteurs de production qui lui sont apportés par des agents distincts de l’ entrepreneur : les travailleurs salariés et les apporteurs de capitaux. Tandis que l’exploitation artisanale sous ses formes originaires implique la combinaison de facteurs qui, pour la plupart, sont fournis par l’artisan lui même.


C)            D’après l’INSEE


De manière plus générale, la firme est une unité économique qui combine des facteurs de production pour obtenir des biens et des services destinés au marché :

« les entreprises comprennent les agents économiques dont la fonction principale est de produire des biens et des services destinés à la vente ».

L’entreprise se caractérise par tout un réseau à la fois hiérarchique et technique qui règle son fonctionnement.

C’est un système qui ne se résume pas aux fonctions qui règlent son activité. Elle est un lieu de conflits, d’oppositions dans un ensemble de rapports sociaux. C’est en son sein que se forment les grandes catégories de revenus, que s’effectue la division du travail…en même temps que se créent les marchandises. Ce système est complexe, en échange constant avec l’extérieur. Il est doté d’une multitude de processus de décision, de recherche et de transmission de l’information. L’entreprise est inséparable du système économique et social dans lequel elle est insérée.

C’est aussi un ensemble organisé de personnes qui se sont regroupées en vue d’atteindre certains buts. Elle dispose de règles, de normes, de valeurs. Elle met en place un ensemble de sanctions et de récompenses pour amener ses membres à se conformer à ce qu’attend l’organisation de ses membres.

Toute firme possède une culture d’entreprise qui, de façon implicite, assure la cohésion de ses membres. Il y a un code de comportement qui fixe les normes (partiellement inconscientes) qui s’imposent aux employés et aux dirigeants.


             



1I) Une multitude de formes d’entreprises


A)   L’entreprise individuelle


Elle a pour propriétaire une personne physique, un particulier, qui avec des moyens financiers personnels et donc limités, exerce son activité.


B)   L’entreprise sous forme de société


La société est une forme morale réunissant par contrat un ensemble de personnes (les associés) qui apportent des biens et forment ainsi une entité collective existant selon des règles communes, indépendamment des personnes physiques qui y participent. L’objectif d’une société est de réaliser des profits qui seront partagés entre associés. On distingue plusieurs formes de sociétés permettant une plus ou moins grande souplesse dans la réunion du capital.


C)   D’autres logiques productives


L’organisation de la production et de la distribution ne prend pas toujours la forme d’entreprises privées. Il existe aussi des entreprises coopératives, des mutuelles, des entreprises nationalisées, des sociétés mixtes alliant capitaux publics et privés.


             



1II) La notion de système productif


A)   Définition


C’est un ensemble structuré formé d’agents économiques qui créent des biens et services destinés à satisfaire des consommations individuelles ou collectives. Les échanges s’effectuent sur différents marchés.


B)   Le découpage du système productif


1)    notion de secteurs :

-       secteur primaire : entreprises agricoles ou travaillant dans les domaines de l’extraction ou l’exploitation forestière

-       secteur secondaire : entreprises produisant des biens économiques

-       secteur tertiaire : entreprises fournissant des services aux entreprises ou aux particuliers

-       secteur quaternaire : cette expression est parfois utilisée pour désigner la partie la plus moderne du secteur tertiaire, celle qui est en relation avec l’information : la communication, l’informatique, la recherche, l’enseignement…


.tertiarisation de l’économie :

Sur le long terme, l’emploi tertiaire a fortement augmenté, non seulement en valeur absolue, mais aussi par rapport aux autres secteurs. En France, en 1945, moins d’un emploi sur trois se situait dans le secteur tertiaire. Aujourd’hui plus de trois emplois sur quatre correspondent à des activités tertiaires.

La tertiarisation est l’accroissement de la part de l’emploi tertiaire dans l’emploi total.


                .secteur d’activité : une notion contestée :

  La division de l’activité économique en secteurs primaire, secondaire et tertiaire est aujourd’hui contestée. Il y a souvent plus de différences entre les différentes activités qui composent le secteur tertiaire qu’entre les différents secteurs. L’agriculture des pays industrialisés est très fortement mécanisée et fait appel aux mêmes techniques de commercialisation que l’industrie. Les techniques de gestion et le recours aux technologies de communication se développent aussi bien dans le secteur secondaire que dans le secteur tertiaire.


2)    notion de branches :

-       une branche regroupe les entreprises qui ont la même activité de production, c’est à dire qui produisent les mêmes biens ou services.

-       une filière d’activité est un ensemble articulé d’activités liées entre elles par des relations de fournisseurs à clients. Elle regroupe toutes les branches qui participent à l’élaboration d’un produit final. Exemple : la filière du bois.


3)    autres critères possibles :

·      le chiffre d’affaires : il reflète l’importance d’une entreprise et son poids dans le secteur économique auquel elle appartient

·      le nombre de salariés : il donne une idée de l’importance sociale de l’entreprise (on distingue les PME-PMI – moins de 500 salariés – des grandes entreprises)

·      la structure juridique : elle permet d’appréhender le fonctionnement de l’entreprise qui dépend en partie de sa structure juridique (société de personnes, de capitaux…)


             



1V) Les composantes du système productif


A)   Le rôle du secteur privé productif


Les entreprises privées (dont le capital est détenu par des agents de droit privé) sont essentiellement chargées du rôle de production à des fins marchandes. Elles opèrent dans un contexte de marché plus ou moins concurrentiel. Cela aussi bien à l’échelon national, qu’au niveau international ou même mondial.


B)   Le rôle du secteur public


Il s’agit principalement du secteur non marchand. Il n’a cessé de prendre de l’importance avec le développement du rôle de l’Etat : l’impôt finance les administrations publiques qui offrent des biens et services publics sans faire payer directement l’administré qui en bénéficie ; les besoins sociaux des administrés sont pris en compte.

Le secteur public français est l’un des plus importants des pays industrialisés, avec environ 3 500 entreprises et 32 % du chiffre d’affaires de l’industrie.


             



V)           Les firmes multinationales

 

L’entreprise traditionnelle du 19° siècle était axée sur le marché national. Le marché du pays était considéré comme essentiel, l’extérieur n’était perçu par l’entreprise qu’en termes d’exportations ou de source de matières premières.

Progressivement, les agents économiques sont passés d’une logique axée sur le marché national à une logique axée sur le marché mondial. Les multinationales du 21° siècle décident du lieu de production en raisonnant à l’échelon mondial.


A)   Les types de multi-nationalisation


·      les filiales relais : ce sont des filiales qui produisent et vendent sur les marchés locaux des biens appartenant à la gamme des produits déjà exploités par la maison-mère sur le marché d’origine.

·      les filiales ateliers : elles sont spécialisées dans la production d’une composante du produit final ou dans la fabrication d’un bien pour lequel la demande locale est inexistante ou faible.

·      en opposition aux deux stratégies précédentes, les filiales de commercialisation ne font que distribuer des produits.


B)   Les conséquences de la multi-nationalisation


-       le degré de contrôle et de participation étrangère : le développement des firmes multinationales se traduit par un accroissement des participations étrangères dans les entreprises des différents pays du monde, il y a augmentation des parts de capital détenues par des firmes étrangères.

-       la délocalisation de la production : c’est un processus de déplacement des centres de production de certains pays vers d’autres, plus efficaces en terme de coûts. Souvent les délocalisation sont justifiées par un coût de main d’œuvre beaucoup moins important dans le pays d’implantation.

-       les paradis fiscaux et commerce captif : il s’agit de pays qui prélèvent peu d’impôts et acceptent des implantations souvent fictives de groupes qui les utilisent comme de simples boîtes aux lettres.


LES REVENUS PRIMAIRES

 

 


Le revenu d’un agent économique est l’ensemble des droits sur les ressources disponibles qui lui sont attribués au cours d’une période donnée sans prélèvement sur son patrimoine. Les salaires, les allocations familiales, les indemnités chômage, les dividendes … constituent des revenus.

Si dans toute société, il y a des mécanismes de répartition, la forme et les modalités de cette répartition varient suivant le système économique. Dans la société actuelle (économie de marché), la répartition se fait à deux niveaux :

-       au niveau de la production est effectuée une répartition primaire

-       puis un certain nombre de transferts sont réalisés et conduisent à une nouvelle structure de la répartition correspondant aux revenus disponibles, c’est à dire effectivement à la disposition des unités économiques.

Le revenu disponible peut être inférieur ou supérieur au revenu primaire selon que les transferts positifs ou négatifs (impôts) l’emportent. L’Etat prélève une fraction de la valeur de la production par le biais de la fiscalité.

Les revenus primaires proviennent soit du travail, soit de la propriété.



1)  Les différents types de revenus


 A) Les revenus du travail

 

             Dans la plupart des pays industrialisés, plus de 80% de la population active est salariée. Le salaire ou rémunération du travail salarié constitue l’essentiel du revenu du travail, mais non le seul. Un entrepreneur qui travaille dans son entreprise a pour partie un revenu du travail.

Le coût salarial payé par l’employeur n’est pas égal au salaire reçu par le travailleur. Au salaire net perçu par le salarié (par exemple 1000 €), s’ajoutent les charges sociales, de 700 € dont 200 € à la charge du salarié en France. On aura :

             Salaire brut : 1 200 €

             Prélèvements à la charge du salarié : - 200 €

             Salaire net : 1 000 €

             Prélèvements à la charge de l’employeur : 1 700 €

Le coût salarial est le prix du travail pour l’entreprise. Il comprend le salaire versé (salaire net) mais aussi les cotisations sociales à la charge du salarié et de l’employeur.

Le salaire indirect est la somme des cotisations sociales à la charge de l’employeur et du salarié (700 € dans l’exemple).

Le salaire brut est égal au salaire net plus les cotisations sociales à la charge du salarié.


             Le salaire peut être calculé de façon forfaitaire (salaire mensuel) mais aussi à la tâche ou à la pièce. Il peut aussi comporter une partie fixe et une partie variable en fonction du rendement.


             Le niveau des salaires est pour une part encadré par la législation. Ainsi la mise en place du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) symbolisa le développement d’une protection sociale en matière de revenu. En 1968, le SMIG fut remplacé par le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Toute hausse de prix de plus de 2% de l’INSEE provoque automatiquement une hausse du même montant du SMIC.


B) Les revenus de la propriété


Les revenus de la propriété sont ceux qui découlent de la détention d’un capital. Ces revenus peuvent être liés aux droits d’ exploitation ou d’utilisation d’un bien. On distingue les taux d’intérêt, revenu qui provient d’un prêt ou d’un placement monétaire, bancaire ou non, et la rente foncière, qui provient de la terre.

Cette catégorie concerne également les revenus provenant des actifs incorporels, redevances pour brevets, licences, marques de fabrique…

La deuxième catégorie des revenus de la propriété est constituée par les profits des entreprises. On distingue les profits effectifs et les profits distribués. Dans les sociétés par action, les profits distribués prennent le nom de dividendes, ce sont les montants de bénéfices distribués.

L’écart entre bénéfice distribué et bénéfice réel vient de ce qu’une partie des profits sont versés au sein de l’entreprise pour financer les investissements, afin d’assurer son développement interne et externe.





11) Les inégalités de répartition


                    Au début du XX° siècle, les 2000 familles les plus riches en France disposaient de revenus 300 fois plus élevés que la moyenne nationale. Au début du XX1° siècle, elles ne disposent plus que de 60 fois le revenu moyen. Les inégalités sont multiples, les plus flagrantes sont celles devant la mort – un manœuvre de 35 ans disposant de neuf ans de moins à vivre qu’un cadre supérieur - .

 Toutes les inégalités ne vont pas dans le même sens : les femmes accèdent plus rarement au pouvoir que les hommes, mais elles vivent plus longtemps. Certaines inégalités se cumulent : le sans-papiers sans contrat de travail risque d’être également exclu de la santé et de transmettre la pauvreté à ses enfants…

                    A l’heure actuelle, on parle particulièrement :

-       d’inégalités de salaires. Elles s’expliquent par la hiérarchie des compétences et des responsabilités, par le secteur d’activité, par la localisation et par le sexe

-       des inégalités de patrimoine. En 2002, plus de 10% des ménages ne possédaient ni actif financier, ni logement. Cette évolution résulte de l’augmentation du chômage et de la précarité de l’emploi. On a de nouveaux précaires : ceux qui perçoivent les revenus des professions agricoles.

-       La pauvreté et l’exclusion se développent. Un salaire, lorsqu’il est faible, ne suffit pas à faire vivre un ménage. Les ménages les plus concernés par la pauvreté restent les ménages ouvriers et particulièrement les couples où les femmes inactives où la famille est nombreuse.


 A) La courbe de Lorenz

 

Cette courbe permet de visualiser la concentration (l’inégale répartition) d’une ou plusieurs séries statistiques. En abscisse, la population est répartie en pourcentages cumulés croissants. En ordonnée apparaissent les pourcentages cumulés croissants des variables étudiées (revenu ou patrimoine). La diagonale principale symbolise une distribution égalitaire : par exemple 50% des revenus sont détenus par 50% des ménages.


B)    La médiane


C’est la valeur qui partage une série statistique en deux parts égales ; elle permet de savoir que la moitié des effectifs sont au-dessous de la valeur médiane et l’autre moitié au-dessus. Mais elle ne donne aucune information sur la dispersion de la série : pour deux séries statistiques, une même médiane peut cacher des distributions très différentes.


                                         C) Inégalités et mécanismes de reproduction sociale


P. Bourdieu, dans « La Distinction » (1964), met en évidence les stratégies symboliques de domination du champ culturel. Ceux qui disposent d’un capital scolaire et culturel tentent en permanence de se distinguer et de créer les modèles dominants qui, par leur nouveauté et leur valorisation médiatique, imposent vision du monde et normes de comportement aux dominés.


LA REDISTRIBUTION

 

 


L’INSEE définit l’Etat par ses fonctions ; ainsi on en distingue trois essentielles :

-       la consommation publique : l’Etat achète aux entreprises, passe des marchés (bâtiments, routes, ordinateurs…)

-       la production étatique : l’Etat dispose d’entreprises publique (SNCF, jusqu’en 95)

-       la redistribution : l’Etat prélève des impôts, des cotisations sociales et verse des retraites, des pensions aux handicapés…Les allocations familiales sont un transfert des personnes sans enfants aux familles, les retraites : un transfert de la population active à la population âgée…



1)  Les indicateurs statistiques mesurant l’intervention de l’Etat


             La traduction financière des actions économiques et sociales de l’Etat, sous forme de prélèvement obligatoires ou de dépenses publiques rapportées au PIB, fournit des indicateurs de l’intervention de l’Etat, même s’ils sont loin d’être parfaits.

Les Trentes Glorieuses ont été celles de la mise en place de l’Etat Providence en Europe, RU compris, tandis que les dépenses sociales restaient en retrait aux EU malgré le projet de « New society » du Président Johnson. Les années de crises ont accentué les diverses formes d’intervention de l’Etat ; les pays dépensant le plus étant aussi ceux qui prélèvent le plus.

Le solde des administrations publiques montre la diversité des situations budgétaires. La mise en place des critères de convergence de Maastricht a été à l’origine d’un harmonisation européenne et d’un assainissement des budgets publics de l’ensemble des pays européens.

Les prélèvements obligatoires désignent l’ensemble des impôts et des cotisations sociales prélevés par les organismes de sécurité sociale. Les cotisations sociales sont donc d’autant plus élevées que le système public de protection sociale est développé. Alors que la moyenne des prélèvements obligatoires s’établit à moins de 40% du PIB pour l’ensemble des pays capitalistes industrialisés, le niveau français s’élève à plus de 48%.



11) Les typologies d’intervention de l’Etat


             Au delà de la mesure se pose le problème de l’interprétation des dépenses publiques. En effet il y a plusieurs types de dépenses dont les conséquences sur le fonctionnement des marchés sont différentes. Les interventions étatiques ont souvent été regroupées selon leur objectif, c’est à dire par fonctions.


A)   les dépenses liées et non liées

On parle de «  dépenses non liées à l’économie » c’est à dire la défense nationale, les affaires étrangères, la justice, la police, les prisons, l’administration générale…

«  les dépenses liées à l’économie » sont relatives aux interventions économiques et sociales, aux investissements, à l’éducation…


B)   les fonctions d’allocation, de redistribution et de régulation

·      la fonction d’allocation se traduit par des dépenses qui sont engagée afin de produire des biens et des services généralement non marchands par les administrations publiques et les entreprises publiques

·      la fonction de redistribution est occasionnée par le versement de revenus secondaires aux personnes (sécurité sociale pour l’essentiel et aide sociale aux personnes). Il peut aussi y avoir de l’aide aux entreprises sous forme de subventions

·      la fonction de régulation intervient plus sensiblement depuis les politiques économiques keynésiennes, mais de façon plus ou moins prononcée selon le pays. On parle particulièrement de dépenses d’allocation aux grands travaux ou de redistribution sous forme d’aides sociales et de soutien à la consommation.

La part des dépenses de redistribution, qu’elles soient faites part l’Etat central, les collectivités locales ou des organismes de sécurité sociale, représentent plus de 60% des dépenses totales.

On peut considérer que ces dépenses constituent une atteinte au mécanisme de marché. Cependant certains économistes considèrent eux que l’activité réglementaire de l’Etat peut être assimilée à une production de biens collectifs, ce qui conduit à réévaluer la fonction d’allocation de l’Etat.


C)   les opérations de transferts

Les trois fonctions de l’Etat moderne doivent être considérées comme produisant essentiellement des opérations de transferts entre agents privés. La fonction de redistribution, définie par MUSGRAVE comme un vaste système de prélèvements et de reversements, répond incontestablement à cette conception. Mais selon ROSA, la production de services publics produit également des transferts, des agents non consommateurs de ces services vers les agents consommateurs ; c’est par exemple le cas de l’éducation. La réglementation produite par l’Etat serait, elle aussi, productrice de transferts dans la mesure ou le respect des règles induit des comportements économiques contraints qui favorisent l’intérêt de certains agents économiques au détriment d’autres agents. On peut fournir comme exemple le port obligatoire du casque de moto qui assure un débouché certain aux fabricants de casques.


D)   Fonctions minimales, intermédiaires et interventionniste

La banque mondiale propose un autre classement incorporant une graduation des interventions du simple accompagnement du marché à sa contestation au moins partielle dans le domaine économique et social.




111)         Structure et efficacité de la redistribution


             Le système de retraite par répartition, basé sur la solidarité intergénérationnelle permet aux actifs âgés de plus de 60 ans de bénéficier de pensions retraites, pour leur fin de vie. Ce système, certes très satisfaisant d’un point de vue social est actuellement en crise du fait du vieillissement de la population et des problèmes d’équilibre financier qu’il rencontre.

La plupart des pays occidentaux ont opté pour un double système prenant également en compte la retraite par capitalisation où chaque actif cotise pour lui-même durant toute sa vie professionnelle, ce qui ne le fait pas dépendre des générations futures ni des problèmes de pyramide des âges.

Il existe par ailleurs un ensemble de prestations sociales (allocations familiales, allocations parents isolés, CMU, RMI…) dont certains critiques les effets redistributifs et les risques à ne pas favoriser la recherche active d’emploi.

De manière générale, le système redistributif a incontestablement un certains nombre de limites. Son organisation est lourde et onéreuse ; elle peut être parfois à l’origine de dérives visant à profiter du système. Il est très difficile de définir les réels besoins des agents économiques et en période de problèmes de financement, ce type de question devient crucial…


LE CONSOMMATEUR, TRANSDORMATION DES MODES DE VIE

ET DE LA CONSOMMATION

 

 


Les théories relatives à la consommation sont élaborées à partir d’hypothèses très précises sur la rationalité du consommateur. Ces hypothèses ont bien souvent été remises en cause, mais supposer que tout consommateur a un comportement cohérent, l’incitant à obtenir le plus de bien-être possible compte tenu de ses capacités financières paraît assez réaliste. Cette logique comportementale est exploitée par les producteurs, les publicitaires, les services marketing qui anticipent les réactions des ménages, sollicitent leur intérêt à l’égard de tel ou tel produit ; ils intègrent même l’idée selon laquelle le consommateur « recherche le meilleur rapport qualité prix ».



1)    La théorie néoclassique

L’individu dans son comportement de consommation est supposé être « rationnel » ; cela suppose qu’il n’agit pas de manière impulsive mais qu ‘au contraire ses décisions sont le résultat d’un raisonnement logique visant à rechercher l’utilité la plus forte compte tenu des contraintes budgétaires. C’est « l’homo economicus ».

Dans son analyse, le consommateur considère 3 types de biens :

·      les biens partiellement substituables, ce sont des biens qui ont des caractéristiques assez comparables mais non identiques ; par exemple le café et le thé.

·      Les biens complémentaires, ils ne peuvent jamais se consommer l’un sans l’autre ; par exemple le café et le sucre peuvent être complémentaires pour un individu qui consomme toujours du café sucré.

·      Les biens parfaitement substituables, ce sont des biens qui ont des caractéristiques tout à fait comparables. Par exemple 2 marques de lait entier, 2 marques d’eau minérale…

Sur ces bases théoriques, on parvient à définir plus ou moins précisément les préférences du consommateur parmi les divers biens. Ces préférences ne tient aucun compte des prix pratiqués sur le marché ou des disponibilités de l’individu considéré.



11)  L’analyse des choix du consommateur

La consommation est l’utilisation de produits aboutissant à leur destruction. Elle a de nombreux déterminants micro économiques et macro économiques.

A)            les déterminants micro économiques sont :

                                              i.    le prix, la demande est généralement décroissante du prix. L’ampleur de la variation de demande induite par la variation du prix de vente se mesure par « l’élasticité prix de la demande ». L’économie, à partir de cette théorie, a établi la loi de la demande « toute chose égale par ailleurs, quand le prix d’un bien augmente, la quantité demandée diminue ».

                                             ii.    le revenu, généralement si le revenu baisse le consommateur diminue ses dépenses et ses consommations. Pour un bien normal, la demande diminue quand le revenu augmente. Tous les biens ne sont pas normaux : il existe certains biens dont la demande diminue quand le revenu augmente, ce sont les biens de 1° nécessité.

                                           iii.    le prix des produits comparables, si le prix des biens substituables diminue, ce bien devient relativement moins cher que celui consommé initialement ; on aura tendance à réduire la consommation du premier bien au profit du 2°. L’analyse peut bien sûr être faite en sens inverse.

                                            iv.    les goûts, il s’agit bien sûr du déterminant le plus important de la demande. Le rôle de l’économie n’est pas d’expliquer le goût des gens ; par contre l’analyse de la modification de comportement relativement à la modification des goûts fait partie du domaine d’étude de l’économie. Les goûts sont représentés dans la théorie de la « fonction d’utilité ».

                                             v.    les anticipations, la façon dont on envisage l’avenir intervient largement dans notre plan de consommation. Si les perspectives futures sont optimistes, la contrainte budgétaire se relâche et les ménages ne craignent pas de consommer…Les anticipations conduisent donc à un cercle vertueux de croissance ou un cercle vicieux de crise.


B)            les déterminants macro économiques

A l’échelle globale, la consommation dépend essentiellement du revenu, à la fois d’un point de vue quantitatif que qualitatif (structure de consommation).

Ernest Engel (1821-1896) a montré que lorsque le revenu des ménages s’accroît, la structure de la consommation se transforme : la part des biens de 1° nécessité diminue au profit des biens de luxe. Keynes va élargir cette analyse en considérant que les ménages riches consomment relativement moins que les ménages pauvres ; les prélèvements fiscaux à des fins re-distributives vont permettre d’accroître la consommation nationale.



111)                 L’évolution du niveau de vie et de la consommation depuis 1945


Durant cette période, la croissance a rendu possible l’augmentation du revenu des ménages et le développement de la consommation.


A)            le revenu disponible a augmenté et s’est transformé

. Sur la période allant de 1959 à 1973, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages a augmenté d’environ 6% par an. Ce sont surtout les salaires qui progressent beaucoup jusqu’en 1975. Par la suite cette croissance a connu un net ralentissement largement atténué par les 2 chocs pétroliers et la récession des années 90. Le niveau de vie des français n’augmente que de 2,1% par an entre 1974 et 1994.

. La structure du revenu disponible s’est modifiée : la part des salaires ne progresse pratiquement plus depuis les années 80, les revenus du patrimoine (après une faible progression des années 60 aux années 80) augmentent fortement depuis les années 90. Enfin on constate un fort développement depuis 95 des revenus des transferts, expliqué par la montée du chômage mais aussi par le vieillissement de la population et l’augmentation de la part des retraités.


B)            la consommation a progressé à un rythme soutenu

. Entre 1950 et 1960, la consommation progresse d’environ 5% par an, ce qui n’avait jamais été observé antérieurement. Elle s’est ralenti ensuite tout en continuant de progresser d’environ 2,5% par an jusqu’en 95.

. Par ailleurs, la structure de la consommation se transforme puisque la part du budget consacrée aux biens normaux diminue : c’est l’alimentation qui représentait environ 50% du budget des ménages en 1950 et qui est passé à moins de 20% à l’heure actuelle. Il en est de même pour les dépenses d’habillement et d’achat de meubles.

.Par contre la part de budget consacrée à l’achat de biens supérieurs a nettement augmenté. La plus forte progression concerne les dépenses de santé ce qui traduit la réussite des politiques menées par la protection sociale. Il en résulte d’ailleurs une forte progression de l’espérance de vie.




En conclusion, l’analyse de la consommation s’est largement développée durant ces dernières décennies. Elle a permis de mettre en œuvre des politiques sociales visant à redistribuer des revenus aux plus pauvres, car ce sont eux qui sont les plus aptes à consommer. Elle a permis par ailleurs à tout le secteur productif de mieux s’adapter à la demande à l’aide de politiques marketing mieux ciblées…


LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE

 

 


Toute communauté humaine est confrontée au problème suivant : comment inciter ses membres à se rendre utiles, à travailler, à mettre leurs richesses humaines et matérielles au service des autres ?

Comment laisser à chacun une grande liberté et obtenir en même temps la comptabilité de ses actes et de ses choix ainsi que ceux de ses semblables ?

L’organisation monétaire et financière de la production, de la consommation et des activités publiques fournit une bonne part de la réponse à ces questions.

On peut présenter la monnaie comme une marchandise plus commode que les autres pour effectuer des échanges, mais elle ne se réduit pas uniquement à cela : la monnaie et le financement, en général, tissent des liens entre les acteurs de la vie économique et sociale ; on peut parler de « ciment social ».

Un réseau de créances structure notre société, lui donne sa cohérence et en fait un ensemble interdépendant et interactif.

Or, on ne comprend bien les problèmes monétaires et financiers actuels et leurs enjeux qu’en analysant l’évolution historique de long terme des diverses formes monétaires, des techniques financières et de leur utilisation pour organiser l’activité économique.

La plupart des travaux relatifs à l’analyse monétaire et financière font appel à des techniques mathématiques et économétriques poussées. Nous nous contenterons d’un cadre beaucoup plus conceptuel afin de comprendre les mécanismes financiers et monétaires actuels.





1)    L’utilisation croissante de la monnaie


Le développement des échanges et de l’activité économique a contribué au besoin croissant de la monnaie. Celle-ci va permettre d’établir une forme de lien social, en permettant à des hommes de plus en plus nombreux de vivre ensemble et de se rendre mutuellement service.


A)   Les 3 formes traditionnelles de la monnaie

. La fonction principale est celle « d’intermédiaire dans les échanges », elle est donc un instrument de paiement. L’incommodité du troc avait déjà été analysée par Adam SMITH en 1776 dans « La richesse des nations » :

« le boucher a dans sa boutique plus de viande qu’il n’en peut consommer ; le brasseur et le boulanger en achèteraient volontiers une partie, mais il n’ont pas autre chose à offrir en échange que les différentes denrées de leur négoce, et le boucher est déjà pourvu de tout le pain et de toute la bière dont il a besoin… »

Il s’agit là du problème de la double coïncidence du besoin, d’autant plus difficile à résoudre que le nombre d’agents et de biens devient important. L’échange peut donc être facilité par l’usage d’un « équivalent général » ou d’un moyen d’échange universel » analysé par Karl MARX dans « La critique de l’économie politique » en 1859.

Ainsi, une marchandise particulière a été exclue de la consommation pour être la contrepartie de n’importe quelle autre ; les qualités que doit posséder cette marchandise afin d’assurer la fonction d ‘équivalent général sont :

·      la divisibilité

·      l’homogénéité des parties

·      l’identité de tous les exemplaires de cette marchandise

. la monnaie est aussi une fonction de réserve de valeur, elle permet d’épargner c’est à dire de renoncer à une consommation présente et d’opter pour une consommation future.

Durant certaines périodes, les individus acquièrent des ressources et consomment peu ; à d’autres moments c’est l’inverse. Il faut donc pouvoir reporter les ressources d’une période à l’autre. Détenir de la monnaie fournit le moyen de pouvoir reporter un pouvoir d’achat dans le futur.

Pour ce faire des dispositions physiques (comme le stockage de certains biens ou le développement des capacités de production) doivent être mises en œuvre au même titre que la création de relations financières (comme les créances des uns sur les autres).

Les créanciers ont des droits sur les débiteurs ce qui leur permet, par la suite, de se procurer des biens et services grâce au remboursement des dettes.

Plus généralement les besoins de report sont multiples ; la monnaie apport une réponse à certains d’entre eux : ceux qui sont de court terme. La diversité des besoins (court, moyen et long terme) trouve une diversité de moyens appelés les actifs financiers. La monnaie est l’un de ces actifs, au même titre que tous les autres produits d’épargne, sa particularité est d’être le plus liquide d’entre eux. Elle peut être utilisée très rapidement comme moyen de paiement, quasiment sans frais et sans incertitude sur la valeur (alors que la valeur d’un portefeuille d’actions varie au jour le jour, le montant inscrit sur un compte en banque est certain…).

Donc, comme beaucoup d ‘échanges ne sont pas instantanés, ils s’inscrivent dans la durée et sont qualifiés d’intertemporels. Avant de les réaliser il faut pouvoir faire des reports, il s’agit d’une fonction d’une fonction typiquement financière consistant à conserver du pouvoir d’achat.

. enfin la monnaie a aussi une fonction d’étalon appelée également « mesure de valeur » ou « unité de compte » ; elle sert d’équivalent général permettant de comparer les valeurs des différentes marchandises entre elles. On parle « d’unité de mesure » car les prix sont exprimés en unités monétaires. Comment peut-on définir un prix ?

·      il existe d’une part les prix constatés, ceux qui ont déjà été pratiqués lors des opérations d’achat et de ventes (par exemple ceux définis sur les étiquettes des supermarchés)

·      d’autres prix sont proposés soit par le vendeur, soit par l’acheteur potentiel, dans ce cas là il se réfère à une créance virtuelle qui naîtra de la transaction, si elle a lieu

Ces trois fonctions sont parfois à remettre en cause car la monnaie peut dans certains cas être un étalon instable, notamment en période d’inflation…


B)   La monnaie remplace avantageusement le troc

L’évolution historique a montré que le troc existait avant la monnaie et que l’échange marchandise contre marchandise a été avantageusement remplacé par un équivalent général : la monnaie.

Le développement de la division du travail a contribué à spécialiser chacun dans un domaine particulier, d’où un fort développement des échanges ; le troc devient donc de plus en plus difficile à pratiquer, les denrées sont souvent périssables (donc difficiles à stocker) leur division n’est pas infinie, enfin le principe de réciprocité des besoins n’est pas toujours évident.

Cela dit, la monnaie n’a pas systématiquement remplacé le troc, on a souvent observé la coexistence des deux usages. Parfois même, les marchandises les plus convoitées comme les coquillages ou le bijoux ont fait office de monnaie.

Pour Michel AGLIETTA, la notion de monnaie est très ancienne car elle est liée à la notion de pouvoir et de souveraineté : le pouvoir en place monopolise le signe monétaire, contrôle la richesse et son partage.

Enfin, le troc peut être utilisé dans un cadre d’échanges internationaux. Par exemple, la France et l’Algérie ont signé un accord en 1983 prévoyant la fourniture de biens d ‘équipement contre la livraison de gaz.


C)   L’évolution historique

- les français sont les précurseurs, mais de malheureuses expériences les ont rendu méfiants à l’égard de la monnaie. La première grande banque de crédit est créée en 1716 par un homme d’affaires Ecossais à Paris : LAW. La République ruine ensuite toute confiance dans la monnaie papier : les Assignats. Ces expériences traduisent les déboires possibles d’une monnaie active. Une banque active finance le développement économique et ne se contente pas de fabriquer des billets pour remplacer l’or. Pour cela elle doit respecter 3 règles fondamentales :

1)    la confiance, qui doit être totale puisque l’émission est définie avec une valeur précise

2)    l’émission doit être modérée, trois d’émission réduirait la valeur de la monnaie

3)    la transformation doit être prudente, le décalage entre création monétaire et création de richesse doit être assez bref

4)    en conclusion sur ce point les règles de prudence élémentaires de l’activité bancaire reposent sur 2 risques majeurs : l’insolvabilité (les affaires ne sont pas prospères) et l’illiquidité (la couverture or n’est pas assez large pour rembourser à tout moment les porteurs)

Les fonctions de la monnaie se contredisent car d’une part elle doit être abondante afin de fiancer l’ensemble des échanges mais par ailleurs elle doit être suffisamment rare pour être acceptée comme intermédiaire et étalon de valeur stable.

-       les modèle Britanique est basé sur la spécialisation, suite à cela la banque anglaise va dominer le monde par sa technicité et ses réseaux. Les banques de dépôts drainent l’épargne du public qui sert à financer les crédits de court terme aux entreprises. Les crédits de long terme sont assurés par des établissements différents qui financent les crédits internationaux et le développement des colonies. « La City » devient la plaque tournante de la finance mondiale, on peut y réaliser chaque opération avec les meilleurs spécialistes, très rapidement la Livre Sterling remplace l’or dans la plupart des transactions internationales.



2)    La création de monnaie : le crédit


La monnaie est un bien servant aux échanges à l’intérieur d’une nation. La masse monétaire est un ensemble hétérogène dont on doit dégager les principales composantes, pour une meilleure compréhension. Non seulement il est nécessaire de savoir ce qu’est la monnaie mais aussi il est fondamental de comprendre ses processus de création qui sont à la base des politiques monétaires et du crédit.


A)   Le crédit crée la monnaie

Les dépôts faits auprès des banques permettent d’accorder des crédits qui, à leur tour, génèrent de nouveaux dépôts : les agents économiques empruntent pour financer des dépenses ; ainsi l’argent prêté par la banque sous forme de crédit leur revient lorsque les producteurs perçoivent le paiement de leurs ventes


B)   Les modalités de la création monétaire

L’importance réduite de la monnaie divisionnaire (pièces émises par le Trésor Public) nous conduit plus particulièrement à analyser la création de monnaie fiduciaire (billets de banque émis par la Banque Centrale) et de monnaie scripturale (dépôts à vue par les banques commerciales).

·      la création de monnaie par la banque centrale

Le bilan simplifié de la Banque Centrale peut être présenté par le tableau suivant :

ACTIF                                            PASSIF


Créances sur l’étranger                                                                        


                           Créances sur le Trésor                   Billets en circulation

 

                           Créances sur les banques

 

Les créances sur l’étranger sont des réserves d’or et de devises détenues par la Banque Centrale et le Trésor Public.

Les créances sur les banques sont des effets acquis par l’institut d’émission en provenance des institutions bancaires.

Enfin, les billets en circulation sont les billets de banques ordinaires et constituent une dette pour la Banque Centrale.

·      la création de monnaie scripturale par les banques commerciales

Par les opérations de crédit les banques commerciales créent de la monnaie scripturale. Cette création, comme nous allons le voir, est limitée par les encaisses détenues pour faire face aux demandes de conversion de la monnaie scripturale en billets ou pour définir le montant des réserves obligatoires.



Le principe de la création de monnaie scripturale :

             ACTIF                                           PASSIF


Réserves de précaution    100                    Dépôts  500

 

Crédits                             600                    Comptes courants 500

 

Réserves excédentaires    300                     

 

TOTAL                              1000                  TOTAL 1000

 

·      la masse monétaire et ses contreparties

L’étude des mécanismes de création de la monnaie permet de déterminer 3 grands types de créances à l’origine de nouveaux moyens de paiement entre les agent non bancaires : ce sont les crédits de l’Etat, l’achat de devises, et les crédits aux entreprises et aux ménages. A chaque crédit correspond en contre-partie une créance. Toutes ces créances sont à l’origine de la création monétaire, ce sont « les contre-parties de la masse monétaire ».

La masse monétaire est divisée en 4 agrégats différents :

M1 : Monnaie divisionnaire / Billets / Dépôts à vue

M2 : M1 + placements à vue

M3 : M2 + dépôts en devises + placements à terme + titres financiers

M4 : M3 + bons du Trésor + billets de trésorerie

·      la liquidité de l’économie

Il est important d’analyser la vitesse à laquelle circule la monnaie dans l’économie afin de prévoir les éventuelles pénuries ou abondances de liquidités. Pour cela les autorités ont mis en place 2 indicateurs fondamentaux :

Le taux de liquidité : M1, M2 ou M3 / PIB

La vitesse de circulation de la monnaie : PIB / M1 ou M2 ou M3, c’est l’inverse du taux de liquidité.

La plupart des études montrent que la vitesse de circulation de la monnaie augmente en période d’expansion et diminue en période de récession.



3)    Le financement de l’économie


Les économistes distinguent 3 catégories d’agents : les ménages, les entreprises et les administrations publiques. En France de 1960 à 1970 c’étaient les sociétés et quasi sociétés qui avaient le plus fort besoin de financement. Ce besoin était comblé par la capacité de financement des ménages et des administrations. Par la suite la situation s’est inversé : le déficit des administrations s’est creusé et celui des entreprise s’est réduit. Maintenant l’épargne des ménages ne sert plus à financer les entreprises mais il comble les déficits publics.


A)   Le financement des administrations

Le Traité de Maastricht a focalisé son analyse sur la dette des administrations publiques (Etat, collectivités locales, organismes de protection sociale) : les pays candidats à l’Union monétaire ne devaient pas avoir un endettement public supérieur à 60% du PIB et un déficit supérieur à 3% du PIB.

-       le budget de l’Etat (voir cours)

-       le budget des collectivités territoriales (voir cours)

-       les organismes de protection sociale (voir cours)


B)   Le financement des entreprises

Les entreprises disposent de fonds propres (l’autofinancement, le capital-risque, le capital développement) et d’emprunts (de long et moyen terme, de crédit-bail, d’escomptes et d’avances à court terme)



C)   Le financement des ménages

Environ 50% des ménages français sont endettés. Cet endettement provient principalement de crédits immobiliers, de crédits liés à des achats spécifiques, et de découverts bancaires. Le cumul de tous ces crédits peut conduire à un risque de surendettement. Jusqu’à ces dernières années les ménages surendettés étaient essentiellement des ménages de classe moyenne. Depuis ces dernières années, avec le ralentissement économique, de plus en plus de ménages pauvres se trouvent dans une problématique de surendettement, faute de moyens pour se loger et se nourrir.


4)    La politique monétaire


Le contrôle de la croissance de la masse monétaire et des prix est le domaine de la politique monétaire et celle des revenus. Toutes ces politiques peuvent être menées de manière directe et autoritaire (c’est ce qui a été pratiqué après 45 et durant les 30 glorieuses) ou bien elles peuvent être le résultat de méthodes indirectes (ce qui correspond à l’évolution libérale récente).


A)   Les canaux de transmission monétaire

On peut distinguer 3 types de voies par lesquelles la politique monétaire peut agir sur les agents économiques : il s’agit du taux d’intérêt, des prix, et du crédit.

·      les taux d’intérêt : KEYNES est le premier à avoir recours à une politique monétaire expansionniste dont le but est d’accroître la masse monétaire en circulation, ce qui va avoir pour conséquence de réduit la valeur de la monnaie (le taux d’intérêt)

·      les prix : une politique monétaire expansionniste a rapidement pour effet de favoriser l’inflation, la valeur de la monnaie nationale étant réduite. Vis à vis de l’extérieur cela se traduit par une dépréciation de la monnaie nationale par rapport au reste du monde. Cette perte de valeur favorise les exportations au détriment des importations. Cependant, cette compétitivité (actuellement observée aux USA) est très controversée car à long terme elle est source d’inflation et d’instabilité économique…

·      le crédit : les politiques monétaires expansionnistes (comme la baisse des taux d’intérêts) favorisent les crédits ceci afin de relancer la consommation, l’investissement et globalement l’activité économique, par le mécanisme du multiplicateur. Les autorités monétaires peuvent donner des consignes dans ce sens notamment en limitant le taux de réserves obligatoires des banques commerciales à l’égard de la Banque Centrale.


B)   La montée du monétarisme

Milton FREIDMAN a comparé dans les années 80 l’inflation à l’alcoolisme. Précisément, lorsqu’on accroît la masse monétaire en encourageant les crédits, cela est bon dans un 1° temps car l’activité économique est relancée. Par la suite, les effets pervers sont très mauvais car d’une part il faut rembourser les crédits, mais aussi d’autre part les effets inflationnistes limitent le pouvoir d’achat des ménages. Or cela risque d’être dangereux si ces derniers n’ont pas la capacité de rembourser les emprunts qu’ils ont contractés. C’est le rôle de l’Etat que d’assurer « un cadre monétaire stable ». C’est ans ce contexte que l’Union Européenne à mis en place sa politique monétaire commune à la suite du passage à l’Euro ; l’objectif de la Banque Centrale Européenne est d’avoir une monnaie stable et reconnue à l’intérieur et à l’extérieur de la zone, afin de lutter contre l’inflation.


C)   La globalisation financière

Cette expression a été donnée par AGLIETTA et ALII en 1990 : la mondialisation des échanges induit une sorte de consensus monétaire auquel chaque pays doit se plier, s’il veut rester dans la course. La suppression du contrôle des changes et la possibilité infinie qu’ont les capitaux de circuler d’une place à l’autre rend les économies nationales totalement tributaires de l’évolution mondiale. Il s’opèrent une harmonisation des taux pratiqués dans les différents pays ; une imbrication des économies les unes dans les autres via leurs financements (fonds de pensions, assurances vie, investisseurs institutionnels…)



 


LE ROLE DE L’ETAT DANS L’ECONOMIE

 

 


A l’heure actuelle, le domaine des interventions de l’Etat est très vaste. L’Etat moderne remplit essentiellement 3 grandes fonctions : l’offre de services collectifs non marchands, la redistribution, et la régulation économique.

L’Etat ne se contente pas de corriger les dysfonctionnements ponctuels des marchés (actions conjoncturelles), il cherche aussi à orienter leur évolution sur le long terme (actions structurelles).

Afin d’assurer les deux premières fonctions, l’Etat dispose des recettes du Budget, provenant essentiellement de la fiscalité publique. La protection sociale (assurée par la Sécurité Sociale, organisme paritaire) est financée par les cotisations sociales des employeurs et salariés.

Le contrôle de la monnaie est l’instrument indispensable dont dispose l’Etat afin d’assumer sa 3° fonction, la régulation économique.

L’Etat dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant d’encadrer les activités des différents acteurs de la vie économique.

5 moyens d’intervention peuvent être utilisés :

le budget : qui est élaboré tout au long d’une lourde procédure budgétaire (définissant les recettes et les dépenses) et dont l’objectif est d’être à l’équilibre

la monnaie : qui est émise en abondance via le crédit ou de manière restreinte, pour jouer sur les taux d’intérêt e t l’activité

la protection sociale : qui a été mise en place dans le cadre d’une évolution historique depuis 1945 en vue de développer le champ d’application des prestations sociales

le secteur public et la planification : qui intervient dans la gestion des entreprises publiques et qui définissent un cadre d’évolution des grands secteurs industriels

enfin, la réglementation : qui permet de définir le cadre juridique dans lequel se développe l’économie.

Outre l’Etat, les collectivités territoriales ont aussi des fonctions publiques importantes :

·      les communes, dirigées par le Maire et son conseil municipal, gèrent les écoles primaires, l’aide sociale, la voirie vicinale, les permis de construire, l’hygiène et la sécurité communale

·      les départements, dirigés par le Président du Conseil Général, gèrent les collèges, la voirie départementale, l’aide sociale à l’enfance, aux familles et aux personnes âgées

·      les régions, dirigées par le Président du Conseil Régional, gèrent les lycées, les aménagements, la formation et les équipements

Les collectivités locales sont autonomes vis à vis du budget de l’Etat puisqu’elles disposent de ressources propres provenant d’une fiscalité décentralisée.




1)    Les dépenses publiques et le budget de l’Etat


L’intervention des pouvoirs publics dans le système économique et financier est un trait majeur de toutes les sociétés contemporaines


a.     La notion de dépenses publiques

Elles sont évaluées à partir des comptes des administrations publiques, dans le cadre de la comptabilité nationale. Il faut distinguer les comptes des administrations centrales (essentiellement l’Etat), de ceux des administrations publiques locales (essentiellement départements et communes) et de la Sécurité Sociale. Les deux dernières sont autonomes.

L’ensemble des dépenses publiques représente à l’heure actuelle, plus de la moitié du PIB

b.     Le budget de l’Etat

C’est l’ensemble des comptes qui décrivent, pour une année civile, les recettes et les dépenses de l’Etat. On distingue la « loi de finance initiale » (qui est élaborée par le gouvernement au cours de l’année précédente) des lois de finance rectificatives (qui modifient la loi de fiance en cours d’année, selon les besoins).

Le budget général comprend les Recettes fiscales (environ 90% des ressources) qui se définissent essentiellement autour de 4 grands impôts : TVA, Impôt sur le Revenu, Impôt sur les Sociétés et Taxes sur les Carburants. Les principales Dépenses concernent les moyens des services de l’Etat et la rémunération des fonctionnaire, l’intervention dans le domaine économique et social, la dette publique et les dotations de fonctionnement des pouvoirs publics.





2)    Le multiplicateur d’investissement


Si les pouvoirs publics décident d’accroître le montant de leurs interventions, cela va se traduire par une mise en service d’un nouveau capital productif, par plus d’emplois, de revenus, de consommation…et par une augmentation générale de l’activité.

Donc, l’investissement initial permet une croissance des richesses plus que proportionnelle à la dépense initialement engagée par l’Etat. C’est ce que l’on appelle le multiplicateur de l’investissement.

On a pu observer l’effet vertueux des dépenses publiques particulièrement après la seconde guerre mondiale, dans le cadre des Trente Glorieuses.

Certains économistes, dont Raymond BARRE, on remis en cause l’effet de ces politiques ; particulièrement en prenant en considération les risques de « fuites » du système. Ces fuites peuvent avoir 4 origines :

-       l’épargne, qui peut n’être investie qu’ultérieurement où être mise en réserve sous forme d’encaisses liquides

-       le remboursement des dettes bancaires, qui n’a aucun effet productif

-       l’achat de titres représentatifs de capitaux existants, ne créant aucune richesse supplémentaire

-       les dépenses sur biens importés, qui profitent aux pays étrangers…





3)    L’analyse critique du multiplicateur de l’investissement


Le multiplicateur a des effets favorables sous certaines conditions qui, si elles ne sont pas respectées, rendent inefficace la politique d’accroissement des dépenses publiques.

      a. les conditions d’efficacité :

. d’une part, il faut que l’économie soit en situation de sous-emploi. Dans le cas contraire cela déboucherait sur une demande excédentaire et donc un risque d’inflation

. d’autre part, pour que l’analyse soit pertinente, il faut que la propension marginale à consommer(part de revenu consacrée à la consommation) reste stable. Cette condition n’est pas généralement observée ; En France, la part de revenu consacrée à la consommation évolue avec la conjoncture.

              b. les limites du multiplicateur d’investissement

       Il s’agit d’une démonstration théorique qui explique partiellement les phénomènes économiques réels :

. c’est un instrument d’analyse grossier qui ne prend pas en compte la diversité des secteurs composant l’économie nationale. L’effet d’un investissement supplémentaire sera différent si le secteur est très porteur ou s’il ne l’est pas. Il faut donc définir autant de multiplicateurs qu’il n’y a de secteurs

. la propension marginale à consommer des agents économiques diffère selon les catégories de ménages. Il font donc prendre en compte ces différences, ce qui n’est pas évident.

. comment définir avec précision le délai qui s’écoule entre accroissement des dépenses publiques, accroissement du revenu et accroissement de la consommation ?





4)    Les biens publics et les ressources communes


La plupart des biens sont des biens privés qui ont vocation à être vendus sur un marché. Certains autres ne vérifient pas ces caractéristiques : on peut les consommer gratuitement (ou à un prix inférieur à leur prix de production), leur financement est assuré par l’Etat. Ces biens sont appelés « Les Biens Publics »


a.     les différents types de biens

Deux notions fondamentales interviennent pour définir le caractère public ou privé d’un bien :

-       l’exclusion d’usage : si l’individu utilise le bien, aucun autre agent ne peut en profiter en même temps

-       la destruction d’usage : l’utilisation du bien le dégrade et le rend obsolète pour les autres agents

1-    Les biens privés vérifient l’exclusion et la destruction d’usage (voiture privée)

2-    Les biens publics n’ont ni exclusion, ni destruction d’usage (route publique)

3-    Les ressources communes n’ont pas d’exclusion d’usage mais leur utilisation induit une destruction d’usage (population de poissons dans les eaux internationales)

b.     les biens publics

Leur avantage est qu’on peut les utiliser à faible coût puisque la collectivité dans son ensemble finance leur fabrication. Cependant un certain nombre de problèmes se posent :

Est-ce que tout le monde peut participer de manière équivalente au financement ?

Impose-t-on une contribution plus grande aux principaux utilisateurs ?

Peut-on exclure ceux qui n’ont pas financé le bien public ?

Quel budget doit-on affecter à la réalisation d’un bien public ?

Les biens publics les plus importants sont :

·      la défense nationale

·      la justice

·      la recherche fondamentale

·      les programmes de lutte contre la pauvreté et l’exclusion


       En résumé, on peut considérer qu’un bien public est fourni par l’Etat car les marchés seraient incapables de le fabriquer de manière efficace. Mais, de manière plus générale, les biens publics dépendent de choix politiques et sociaux. Dans ce contexte, une règle fondamentale doit être respectée : le gain de bien-être occasionné par la réalisation du projet doit être supérieur à la perte de bien-être occasionnée à l’ensemble de la société par son financement.