Le contexte du récit, tel que décrit dans les journaux de Victor Klemperer et son ouvrage LTI, couvre principalement la montée en puissance des nazis vers la prise du pouvoir en 1933, marquée par une hausse spectaculaire du soutien électoral avec des gains importants lors des élections de 1930 et 1932. La rhétorique nazie a joué un rôle crucial dans cette ascension, caractérisée par une habile manipulation des langues et des symboles pour rallier et séduire la population.
Contexte du fascisme et du nazisme
Définition
Victor Klemperer, philologue et historien juif converti au protestantisme, offre un point de vue unique sur cette période. Interdit d'enseigner par le régime nazi, Klemperer utilise son journal pour documenter les humiliations infligées par les nazis, tout en analysant leur langage. Son mariage avec une Allemande non-juive lui permet de survivre jusqu'à un moment critique en 1945. Après la guerre, il s'installe en Allemagne de l'Est, craignant un recyclage d'anciens nazis en Allemagne de l'Ouest.
Nature et analyse du langage nazi
Dans son ouvrage, Klemperer explique que le langage nazi, ou 'LTI', se distingue par une absence de séparation entre langue orale et langue écrite. Il souligne l'importance de la forme sur le fond dans leur discours. Le langage utilisé était simplifié pour toucher une audience plus large, imprégnant les mots du quotidien d'une idéologie pernicieuse et exploitant des répétitions omniprésentes.
Klemperer met en avant le rôle des émotions et des affects dans ce langage, visant à influencer les masses par-delà de l'esprit critique. Le discours nazi, souvent teinté de mysticisme, cherchait à résonner comme une religion païenne, manipulant mécaniquement les inconscients collectifs à travers la répétition de paroles et de gestes. Goebbels, en tant que ministre de la Propagande, jouait un rôle clé dans cette orchestration visant à hypnotiser la population.
Témoignage de la violence et du fanatisme
L'analyse de Klemperer dévoile la brutalité intrinsèque à la langue nazie. Elle se caractérise par une emphase excessive, rythmée par des répétitions martelantes et un appel constant à la haine et à la peur. Les discours violents s'accompagnaient souvent d'actions directes comme les autodafés. À travers son journal, Klemperer montre comment même les opposants ou victimes des nazis finissaient par intégrer ces modèles linguistiques violents, témoignant de l'efficacité de cette propagande perverse.
Représentation du monde selon le nazisme
Le nazisme développait une vision du monde simpliste mais terriblement cohérente, centrée sur trois impératifs : la pureté raciale, le conflit perpétuel, et une conquête mondiale voire cosmique. Le discours était saturé de notions comme le Volk pour désigner le 'peuple' allemand aux racines ethniques pures, et les Juifs étaient constamment pointés comme des 'ennemis mondiaux'.
Ce discours totalitaire imprégnait la société jusqu'à les amener à participer, consciemment ou non, à la mise en place et au maintien des politiques racistes et expansionnistes du régime. Klemperer démontre également à travers son travail comment cette langue a cherché à légitimer les actions les plus inhumaines comme les persécutions et les génocides, en distordant constamment la réalité.
A retenir :
- La montée en puissance du nazisme est fortement liée à l'usage systématique d'une langue de propagande.
- Klemperer perçoit la LTI comme une arme redoutablement efficace pour manipuler les masses par le biais de l'appel à l'affect et à la répétition
- La violence verbale du discours nazi légitimait et encourageait la violence physique et psychologique.
- Les thèmes récurrents dans le discours nazi incluaient la pureté raciale et la nécessité de conflits permanents.
- Le fanatisme de masse était encouragé, annihilant l'individualité et l'esprit critique dans la population allemande.
