La croissance économique est l'augmentation soutenue de la production de biens et services dans un pays, mesurée par le taux de variation du PIB en volume. Elle résulte principalement de l'accumulation des facteurs de production (travail et capital) et, de manière cruciale, de la hausse de la productivité globale des facteurs (PGF), souvent portée par le progrès technique. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour analyser les dynamiques économiques.
Productivité Globale des Facteurs (PGF)
Mesure l'efficacité avec laquelle les facteurs de production (travail et capital) sont combinés pour produire des biens et services. Elle correspond à la partie de la croissance qui n'est pas expliquée par l'augmentation des quantités de travail et de capital.
Résidu
Terme utilisé par Robert Solow pour désigner la PGF. C'est l'écart entre la croissance de la production observée et la croissance expliquée par l'augmentation des quantités de facteurs de production. Il est souvent interprété comme la contribution du progrès technique.
Rendements décroissants
Phénomène selon lequel, si l'on augmente un facteur de production (par exemple, le capital) en maintenant les autres facteurs fixes, la production supplémentaire obtenue par chaque unité additionnelle de ce facteur diminue progressivement.
Croissance intensive
Type de croissance économique principalement due à l'amélioration de l'efficacité des facteurs de production, c'est-à-dire à la hausse de la Productivité Globale des Facteurs (PGF). Elle permet une augmentation de la production par habitant et donc du niveau de vie.
Croissance extensive
Type de croissance économique principalement due à l'augmentation des quantités de facteurs de production (plus de travail, plus de capital) sans amélioration significative de leur efficacité. Elle peut entraîner une augmentation de la production totale mais pas nécessairement du niveau de vie par habitant à long terme.
La croissance économique repose sur deux piliers principaux: l'accumulation des facteurs de production et l'amélioration de leur efficacité. L'augmentation du volume de travail (nombre d'actifs occupés et durée du travail) et du capital (investissement en FBCF, machines, infrastructures) contribue directement à la production. Cependant, l'accumulation seule se heurte aux rendements décroissants: ajouter toujours plus d'un facteur sans améliorer la manière de l'utiliser finit par être moins productif. C'est là qu'intervient l'efficacité.
Les économistes ont constaté que l'augmentation des facteurs de production n'explique pas entièrement la croissance observée. Robert Solow a mis en évidence un 'résidu', une part inexpliquée de la croissance, qu'il a nommée la Productivité Globale des Facteurs (PGF). Ce 'résidu' mesure l'amélioration de l'efficacité avec laquelle le travail et le capital sont combinés. Il est souvent lié au progrès technique, qui permet de produire plus avec les mêmes quantités de facteurs ou de produire mieux. Initialement, Solow considérait le progrès technique comme exogène, c'est-à-dire 'tombant du ciel', sans explication interne au modèle économique.
La distinction entre croissance intensive et croissance extensive dépend de la contribution relative de la PGF et de l'accumulation des facteurs.
- La croissance intensive est caractérisée par une contribution significative de la PGF. Elle résulte d'une meilleure utilisation des ressources existantes, souvent grâce au progrès technique (innovations de produit, de procédé, organisationnelles). Ce type de croissance est particulièrement souhaitable car il permet d'augmenter la production par habitant et, par conséquent, le niveau de vie de la population.
- La croissance extensive est principalement tirée par l'augmentation des quantités de facteurs de production (plus de travailleurs, plus de machines). Si la PGF est faible, cette croissance peut s'essouffler rapidement en raison des rendements décroissants. Elle peut augmenter la production globale, mais si la population augmente en même temps, le niveau de vie par habitant peut stagner, voire diminuer, comme ce fut le cas en URSS dans les années 1950.
Le progrès technique est le moteur principal de la PGF. Il englobe l'ensemble des innovations qui transforment les produits et les activités productives, augmentant ainsi la productivité. Ces innovations peuvent être incorporées dans le capital (machines plus performantes), dans la formation des salariés (capital humain) ou dans l'organisation du travail. Elles sont cruciales pour dépasser les limites des rendements décroissants et permettre une croissance durable et une élévation des niveaux de vie.
A retenir :
- La croissance économique provient de l'accumulation des facteurs de production (travail et capital) et de la Productivité Globale des Facteurs (PGF).
- La PGF est le 'résidu' de la croissance, mesurant l'efficacité de la combinaison des facteurs et souvent liée au progrès technique.
- L'accumulation seule des facteurs se heurte aux rendements décroissants, limitant la croissance à long terme sans amélioration de l'efficacité.
- La croissance intensive est tirée par la PGF et le progrès technique, permettant une augmentation du niveau de vie par habitant.
- La croissance extensive est due à l'augmentation des quantités de facteurs, mais son impact sur le niveau de vie est limité si la PGF ne progresse pas.
- Le progrès technique, via les innovations, est essentiel pour stimuler la PGF et soutenir une croissance intensive et durable.
