Partielo | Créer ta fiche de révision en ligne rapidement
Lycée
Première

Olympe de Gouges: Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Analyse

Marie Gouze Alias Olympe de Gouges Naissance 7 mai 1748 Montauban (France) Décès 3 novembre 1793 (à 45 ans) Place de la Révolution, Paris (France) Activité principale Écrivaine, dramaturge, journaliste, philosophe, femme politique

Les femmes jouent un rôle important pendant la Révolution de 1789. Elles participent aux journées révolutionnaires (comme celle du 5 octobre 1789) et certaines d’entre elles sont des figures influentes (Madame Roland, Claire Lacombe, Théroigne de Méricourt, Madame Necker, Etta Palm d’Aelders, etc.). Cependant, les femmes sont exclues de la participation directe à la vie politique. Certaines réformes leur profitent (comme l’instauration du divorce), mais elles sont, selon la distinction établie par Emmanuel-Joseph Sieyès (1748 – 1836) des citoyennes « passives », qui ne disposent pas du droit de vote. Elles sont confinées, idéologiquement, à la sphère privée, domestique.


Olympe de Gouges (1749 – 1793), écrivaine polygraphe, réclame l’égalité politique des femmes et des hommes dans une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (DDFC) qu’elle adresse à la reine, Marie-Antoinette (de 1774 à 1792). Elle réclame pour les femmes le droit de participer à la vie politique du pays, et de devenir ainsi de véritables citoyennes. Cette déclaration « joue la symétrie » (Geneviève Fraisse) avec la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC), votée le 26 août 1789, et qui avait été présentée au roi, Louis XVI (1774 – 1792).

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est écrit en réaction à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui marquait l'entrée des hommes du peuple dans la citoyenneté et la vie politique. Malgré la participation active des femmes à la Révolution en 1789, qui avaient ramené « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » à Paris, elles étaient maintenues à l'écart de la vie publique, la majorité des révolutionnaires refusant qu'elles s'arment ou qu'elles bénéficient du droit de vote. Ainsi l'abbé Sieyès les classa dans la catégorie des citoyens passifs, au même titre que les enfants, les domestiques et tous ceux qui ne pouvaient s'acquitter du cens électoral. L'Assemblée nationale acta cette distinction par la décision du 22 décembre 1789, décision confirmée par la Constitution de 1791 puis par un vote de la Convention nationale le 24 juillet 1793.

Afin de dénoncer cet état de fait, Olympe de Gouges rédigea un pastiche, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qu'elle tenta en vain de soumettre au vote de l'Assemblée nationale. 

Dans son ensemble, la Déclaration d'Olympe de Gouges est très proche de son modèle. Néanmoins, son préambule est plus étoffé, et certains articles diffèrent sensiblement.


Un préambule étoffé


Placé implicitement sous l'influence de Jean-Jacques Rousseau par le refus de la force comme justification de l'oppression, le Préambule justifie les droits des femmes en se fondant sur deux considérations : en premier lieu, Olympe de Gouges invoque les lois de la Nature. Fidèle à l’esprit de Rousseau, elle évoque la coopération harmonieuse et naturelle des sexes, à laquelle l’oppression des femmes du genre humain constitue une exception. Elle répond ainsi à tous ses détracteurs, qui l'accusaient de ne pas rester à la place que la Nature a donnée aux femmes.

En second lieu, elle affirme que les femmes ont reçu toutes les facultés intellectuelles. C'est ainsi qu'elle reprend à son compte les fondements philosophiques des droits tels qu’ils étaient pensés à l’époque des Lumières, qui s’appuyaient sur la raison pour justifier la sortie de l’état permanent de minorité (on notera que Kant, dans Qu’est-ce que les lumières ?, avait inclus le sexe faible dans la catégorie des individus doués d’entendement et par là-même appelés à intégrer l’état de majorité). Par conséquent, puisque les femmes sont douées de raison, elles sont appelées à être sujets de droits, au même titre que les hommes.




A retenir :

En conclusion, la Déclaration reprend celle de son modèle, tout en détournant habilement son sens : « l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». 

La revendication féministe est argumentée par deux procédés : soit par ajout, c'est-à-dire que la Déclaration des droits de la femme reprend son modèle et ajoute aux articles le terme « les femmes » afin de pointer du doigt une exclusion estimée comme injustifiée ; soit les références à l'oppression politique sont détournées afin de dénoncer l'oppression masculine sur les femmes.