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Méthode expérimentale

Définition

Psychologie expérimentale
est une approche de la psychologie qui utilise la méthode expérimentale pour étudier scientifiquement les comportements et les mécanismes mentaux.
Méthode expérimentale
est une méthode de recherche qui vise à produire des connaissances en réalisant des expériences contrôlées. Elle repose sur trois principes : - Rigueur : suivre une méthode précise. - Objectivité : ne pas laisser ses opinions influencer les résultats. - Transparence : expliquer clairement la méthode utilisée pour permettre la vérification. L'expérimentation n'est pas une fin en soi : elle sert à répondre à une question, vérifier une hypothèse ou tester une théorie.

Les étapes de la méthode expérimentale

1. Recherche bibliographique ou observation : repérer un phénomène et étudier les recherches existantes.


2. Problématique et hypothèses : formuler une question précise et proposer une réponse possible.


3. Opérationnalisation : définir concrètement les variables, leurs modalités et les mesures.


4. Recueil des données : réaliser l'expérience et collecter les résultats.


5. Analyse des données : comparer les résultats et effectuer les analyses nécessaires.


6. Interprétation : déterminer ce que les résultats permettent de conclure.


7. Discussion et reformulation théorique : examiner les limites et confronter les résultats aux théories existantes.


8. Publication : communiquer les résultats.

A retenir :

On observe, on pose une question, on formule une hypothèse, on teste, puis on analyse

Les recherches bibliographiques

Définition

Recherches bibliographiques
consiste à consulter les travaux scientifiques déjà réalisés sur un sujet

Elle permet de :

  • Délimiter précisément le champ d'étude.
  • Connaître les résultats déjà obtenus.
  • Identifier les théories et les modèles existants.
  • Comparer des modèles concurrents.
  • Découvrir les méthodes expérimentales utilisées.
  • Construire une hypothèse testable.


Exemple : étudier la lecture est un sujet trop vaste. On peut le préciser en étudiant l'identification des mots, les stratégies de lecture ou la compréhension des textes.

Le raisonnement expérimental

Observation et expérimentation
ObservationExpérimentation
Le chercheur observe sans intervenir volontairement sur le phénomène étudié.Le chercheur intervient en modifiant une ou plusieurs conditions.
Exemple : observer les étudiants qui travaillent avec de la musique.Exemple : imposer une condition avec musique et une autre sans musique.

A retenir :

L'observation constitue généralement le point de départ de la démarche scientifique. L'expérimentation permet ensuite de tester des relations entre les variables.

Les trois principes fondamentaux

Définition

Déterminisme
Le déterminisme consiste à rechercher des relations de cause à effet. Exemple : si je modifie le niveau de bruit, les performances de mémoire changent-elles ? Dans une expérience bien contrôlée, le chercheur cherche à déterminer si la modification de la variable indépendante explique les changements de la variable dépendante.
Stabilité ou reproductibilité
Les observations scientifiques doivent pouvoir être répétées et vérifiées. Exemple : plusieurs chercheurs réalisent une expérience similaire et obtiennent des résultats compatibles. La reproductibilité ne signifie pas que tous les résultats seront exactement identiques, mais qu'ils doivent pouvoir être vérifiés.
Généralité
Le chercheur cherche à déterminer dans quelle mesure les résultats peuvent s'appliquer au-delà des participants et des conditions étudiés. Exemple : une expérience menée sur cinq étudiants ne suffit pas à conclure que tous les humains réagissent de la même manière.

A retenir :

Schéma à mémoriser :


  • Induction : observations particulières → idée générale.
  • Déduction : idée générale → prédiction particulière.


Le raisonnement scientifique peut combiner les deux : les observations contribuent à construire des théories, qui permettent ensuite de produire de nouvelles hypothèses.

Les variables expérimentales


Définition

Les variables expérimentales
sert à comprendre presque tous les exercices de méthode expérimentale. Une variable est un élément qui peut prendre plusieurs valeurs ou modalités. Exemples : - L'âge : 18 ans, 20 ans, 25 ans. - Le bruit : silence, bruit faible, bruit fort. - Le type de mots : mots familiers, mots peu familiers. - Le temps de réponse : 450 ms, 600 ms, 800 ms. Une modalité est une valeur ou une catégorie possible d'une variable. Exemple : la variable « niveau de bruit » peut avoir trois modalités : silence, bruit faible, bruit fort.
La variable indépendante (VI)

Définition

La variable indépendante (VI)
est le facteur dont on étudie l'influence sur un comportement ou une performance. Dans une expérience, elle peut être manipulée par le chercheur. Exemples : - Le niveau de bruit. - La présence ou l'absence de musique. - La fréquence des mots. - La méthode d'enseignement.

A retenir :

La VI correspond à la cause supposée dans l'hypothèse expérimentale.

Définition

La variable dépendante (VD)
est l'élément mesuré par le chercheur pour observer l'effet éventuel de la VI. Exemples : - Le nombre de mots mémorisés. - Le nombre d'erreurs. - Le temps de réponse. - Le score à un test. - La dilatation de la pupille.

A retenir :

La VD correspond à l'effet mesuré.

Exemple fondamental

Une psychologue étudie l'effet du bruit sur la mémoire.

VI : niveau de bruit

Silence ou bruit

Ce que l'on fait varier

DONC :

Influence supposée

VD : nombre de mots mémorisés

Ce que l'on mesure

A retenir :

Astuce : toujours se demander :


  • Qu'est-ce que le chercheur fait varier ? → VI.
  • Qu'est-ce que le chercheur mesure ? → VD.


Attention : une VI n'est pas automatiquement une cause démontrée. Pour conclure à un effet causal, il faut notamment que le protocole contrôle les autres explications possibles.

Exemple : le lien sémantique entre les mots

On présente des paires de mots à des participants.


  • Paires liées : docteur–infirmière.
  • Paires non liées : table–immeuble.


Le chercheur veut savoir si les mots liés sont identifiés plus rapidement.

ÉlémentRéponse
VILe lien sémantique entre les mots
Modalités de la VIMots liés / mots non liés
VDLe temps de réponse
HypothèseLes mots liés seront identifiés plus rapidement

Le temps de réponse (TR) peut être mesuré en millisecondes (ms).

Exemple : 500 ms = 0,5 seconde.

L'opérationnalisation


Définition

Opérationnalisation
consiste à transformer une idée abstraite en éléments concrets et mesurables. Exemple : - Idée abstraite : la familiarité des mots. - Mesure concrète : la fréquence d'utilisation des mots. - Idée abstraite : la rapidité d'identification. - Mesure concrète : le temps de réponse en millisecondes. Sans opérationnalisation, on ne sait pas précisément comment tester l'hypothèse.
Les variables confondues

Deux variables sont confondues lorsque leurs modalités sont systématiquement associées, de sorte qu'on ne peut pas distinguer leurs effets.


Exemple : on compare trois méthodes d'enseignement en mathématiques.

  • Enseignant A utilise toujours la méthode 1.
  • Enseignant B utilise toujours la méthode 2.
  • Enseignant C utilise toujours la méthode 3.

À la fin, la classe B obtient les meilleurs résultats.


Peut-on affirmer que la méthode 2 est la meilleure ? Non, car l'enseignant est confondu avec la méthode.


Les meilleurs résultats peuvent provenir de la méthode, de l'enseignant ou des deux.

ÉlémentRéponse
VIMéthode d'enseignement
VDScore au test de mathématiques
Variable confondueEnseignant
ProblèmeChaque enseignant utilise une seule méthode

Comment éviter ce problème ? Faire utiliser les différentes méthodes par plusieurs enseignants, ou répartir les conditions de façon à ne pas associer systématiquement une méthode à un enseignant.

Les hypothèses expérimentales

Définition

Hypothèses expérimentales
est une prédiction concernant la relation entre une variable indépendante et une variable dépendante.
Hypothèse théorique

Elle formule l'idée générale que le chercheur souhaite étudier.


Exemple : « La familiarité des mots influence leur identification. »


Cette hypothèse reste générale : elle ne précise pas encore exactement comment les variables seront mesurées.

Hypothèse opérationnelle

précise les modalités de la VI, la mesure de la VD et la prédiction attendue.


Exemple :

  • VI : fréquence des mots, avec deux modalités : fréquents et peu fréquents.
  • VD : temps d'identification en millisecondes.
  • Prédiction : les mots peu fréquents auront un temps de réponse plus long que les mots fréquents.


L'hypothèse devient ainsi testable.

Hypothèse statistique

permet de formuler ce que l'on va vérifier à partir des données.

  • H0 (hypothèse nulle) : absence d'effet ou de différence dans la population étudiée par le modèle statistique.
  • H1 (hypothèse alternative) : présence d'un effet ou d'une différence.


Exemple :

  • H0 : le temps moyen de réponse est identique pour les mots fréquents et peu fréquents.
  • H1 : le temps moyen de réponse diffère entre les deux catégories.


Si le résultat statistique permet de rejeter H0, on retient les éléments en faveur de H1. Si on ne rejette pas H0, on n'a pas suffisamment de preuves pour mettre en évidence une différence. Cela ne prouve pas que l'effet est absolument nul.

Type QuestionExemple
ThéoriqueQuelle idée veut-on tester ?La familiarité influence l'identification
OpérationnelleComment va-t-on la tester ?Comparer les TR des mots fréquents et peu fréquents
StatistiqueQue disent les données ?H0 : pas de différence ; H1 : différence

A retenir :

Théorie = idée ; opérationnelle = mesure ; statistique = test des résultats.

Classification des facteurs

Facteurs principaux et secondaires

Le chercheur distingue les facteurs qu'il veut étudier des autres facteurs susceptibles d'influencer les résultats.

A retenir :

Facteur principal : facteur au centre de la recherche, généralement la VI principale.


Facteurs secondaires : autres éléments qui peuvent influencer la VD et qu'il faut contrôler.

Exemple : étudier l'effet de la fréquence des mots sur le temps d'identification.


  • Facteur principal : fréquence des mots.
  • Facteurs secondaires : longueur des mots, taille des lettres, contraste visuel.


La distinction dépend de l'objectif du chercheur : un facteur secondaire dans une étude peut devenir le facteur principal d'une autre.

Facteurs fixés et aléatoires

A retenir :

Facteur fixé : le chercheur choisit précisément les modalités qui l'intéressent.


Exemple : comparer des phrases de 5 mots et des phrases de 15 mots.


Le chercheur veut tirer des conclusions sur ces modalités précises, dans les limites de son protocole.

A retenir :

Facteur aléatoire : les modalités étudiées sont considérées comme un échantillon d'un ensemble plus vaste, et le chercheur souhaite généraliser à cet ensemble.


Exemple : sélectionner au hasard des visages parmi une grande banque de visages pour étudier la perception des visages en général.

Facteur fixéFacteur aléatoire
Modalités choisies précisémentModalités considérées comme un échantillon d'une population plus large
Intérêt pour les modalités retenuesIntérêt pour une généralisation à un ensemble plus large

A retenir :

Attention : un facteur aléatoire ne signifie pas simplement que le chercheur a tiré quelque chose au sort. C'est surtout la manière dont les modalités sont considérées dans le modèle de recherche.

Validité interne et validité écologique

A retenir :

Validité interne : degré auquel on peut attribuer les résultats à la VI plutôt qu'à une autre explication.


Une bonne validité interne suppose notamment de contrôler les variables confondues.

A retenir :

Validité écologique : degré auquel une expérience correspond aux situations réelles dans lesquelles le phénomène se produit.

Exemple :


  • Une tâche très simple dans un laboratoire peut être facile à contrôler : elle peut favoriser la validité interne.
  • Une tâche qui reproduit les distractions d'une vraie salle de classe peut être plus réaliste : elle peut favoriser la validité écologique.


Il s'agit de tendances, pas de règles absolues. Une expérience réaliste peut aussi avoir une bonne validité interne si elle est bien conçue.

Le facteur « sujet »

Les participants constituent eux-mêmes une source possible de variation.


Ils peuvent différer par leur âge, leur niveau d'études, leur mémoire, leur fatigue ou d'autres caractéristiques pertinentes.

Le facteur sujet est souvent traité comme un facteur aléatoire, car les participants sont considérés comme un échantillon d'une population plus large.


Deux méthodes importantes :

  • Tirage au sort ou randomisation : attribuer les participants aux conditions expérimentales de façon aléatoire.
  • Contrôle de critères : sélectionner ou équilibrer les participants selon des caractéristiques importantes pour l'étude.


Le but est d'éviter que les différences entre participants expliquent à tort les résultats.

Le contrôle des variables secondaires

Définition

Facteur expérimentateur
une même personne réalise les passations, ou les expérimentateurs sont répartis entre les conditions de manière équilibrée.
Facteur ordre de passation
l'ordre des tâches peut influencer les performances.
Facteur sujet
les différences individuelles peuvent influencer les résultats.

Une méthode consiste à maintenir certaines conditions constantes : même salle, mêmes consignes, même matériel, horaires comparables.


C'est le principe « toutes choses égales par ailleurs » : on essaie de ne faire varier que ce qui doit être étudié.

Contrebalancement et randomisation

Définition

Contrebalancement
consiste à faire varier l'ordre des conditions de manière organisée pour éviter que les résultats soient systématiquement influencés par cet ordre.

Exemple : un participant doit réaliser trois tâches A, B et C.

OrdreSéquence
1A → B → C
2A → C → B
3B → A → C
4B → C → A
5C → A → B
6C → B → A

Le contrebalancement permet notamment de limiter :


  • L'effet de primauté : tendance à mieux retenir ce qui est présenté en premier.
  • L'effet de récence : tendance à mieux retenir ce qui est présenté en dernier.
  • Les effets d'ordre : une condition peut modifier la manière dont on réalise la suivante.


A retenir :

Le calcul factoriel


Pour N modalités à ordonner, le nombre d'ordres possibles est N! qui se lit « factorielle de N ».


N! = N X (N - 1) X ... X 2 X 1


Exemples :


3! = 3 X 2 X 1 = 6

4! = 4 X 3 X 2 X 1 = 24

5! = 5 X 4 X 3 X 2 X 1 = 120

6! = 6 X 5 X 4 X 3 X 2 X1 = 720


Pour six modalités, il existe donc 720 ordres possibles. Si l'on voulait attribuer un participant ou un groupe à chaque ordre, cela demanderait 720 unités de passation, ce qui peut être très coûteux.

La randomisation ou aléatorisation


Quand le contrebalancement complet est trop lourd, le chercheur peut tirer au sort les ordres utilisés.


Exemple : au lieu de tester les 120 ordres possibles de cinq modalités, il sélectionne aléatoirement certains ordres.


Différence essentielle :

  • Contrebalancement complet : on utilise tous les ordres possibles.
  • Randomisation : on sélectionne au hasard des ordres ou des affectations.


La randomisation peut également servir à répartir les participants entre les conditions expérimentales.

Groupes appariés, indépendants et groupes contrôles

Les groupes appariés

Dans le vocabulaire de ton cours, les groupes sont dits appariés lorsque les mêmes participants passent toutes les conditions expérimentales. On parle aussi de mesures répétées ou de plan croisé.


Exemple : dix étudiants passent un test de mémoire avec musique, puis un test sans musique.


Chaque étudiant sert de référence à lui-même.


Avantages :

  • On a besoin de moins de participants.
  • Les différences individuelles sont mieux contrôlées puisque l'on compare les mêmes personnes.


Inconvénients :

  • L'ordre des conditions peut influencer les résultats.
  • Les participants peuvent apprendre, se fatiguer ou s'habituer à la tâche.
  • Les séances peuvent être longues.


Les groupes indépendants

Dans un plan à groupes indépendants, chaque participant passe une seule condition expérimentale.


Exemple :

  • Groupe A : dix étudiants apprennent avec de la musique.
  • Groupe B : dix autres étudiants apprennent sans musique.


Avantages :

  • Pas d'effet d'ordre entre les conditions, puisqu'un participant n'en passe qu'une seule.
  • Séances généralement plus courtes pour chaque participant.


Inconvénients :

  • Il faut généralement davantage de participants.
  • Les groupes peuvent différer au départ : mémoire, fatigue, niveau scolaire, etc.


Les groupes équivalents

Des groupes sont dits équivalents lorsque leurs caractéristiques pertinentes sont suffisamment similaires pour permettre une comparaison correcte.


Exemple : pour comparer deux méthodes de mémorisation, on cherche à constituer des groupes comparables en âge et en niveau initial de mémoire.


L'équivalence peut être recherchée grâce à :

  • La randomisation.
  • La sélection de critères pertinents.
  • Des tests préliminaires.
  • L'appariement de participants ayant des caractéristiques ou des performances similaires.

Il est inutile d'apparier les participants sur une caractéristique qui n'a pas de raison d'influencer la VD. Par exemple, la taille physique des enfants ne serait pas un critère pertinent pour une tâche de mémoire ordinaire, sauf raison particulière.

Groupe contrôle et condition contrôle

A retenir :

Le groupe contrôle est un groupe de participants placé dans une condition de référence où le facteur principal étudié n'intervient pas.

A retenir :

La condition contrôle est la situation de référence utilisée pour comparer les performances. Elle peut être passée par les mêmes participants que les conditions expérimentales.

Exemple : étudier l'effet d'une méthode d'apprentissage.

  • Groupe expérimental : utilise la nouvelle méthode.
  • Groupe contrôle : utilise la méthode habituelle ou une condition de référence.


Dans un plan à mesures répétées, les mêmes participants peuvent passer la condition contrôle et la condition expérimentale. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir deux groupes distincts.

Test de Stroop

Le test de Stroop sert notamment à étudier l'interférence entre la lecture automatique d'un mot et l'identification de la couleur de son encre.


Condition congruente Condition incongruente
ROUGEROUGE
Le mot « ROUGE » est écrit en rougeLe mot « ROUGE » est écrit en bleu

La consigne est de nommer la couleur de l'encre, et non de lire le mot.

Dans cet exemple :

  • VI : congruence entre le mot et la couleur.
  • Modalités : congruent / incongruent.
  • VD : temps de réponse et éventuellement nombre d'erreurs.


Le coût d'interférence est la différence entre le temps de réponse en condition incongruente et celui en condition contrôle.


Exemple :


700 ms - 500 ms = 200 ms


Le coût d'interférence est de 200 ms.


La condition contrôle doit être bien définie : si elle présente une difficulté différente, la différence mesurée risque de ne pas refléter uniquement l'interférence.

Les plans expérimentaux

Définition

Plan expérimental
décrit comment les participants sont répartis entre les conditions expérimentales. La question principale est : est-ce que les mêmes participants passent toutes les modalités de la VI ou est-ce que l'on utilise des participants différents ?
Plan à mesures répétées

Tous les participants passent toutes les modalités de la VI.


Exemple : quatre étudiants apprennent une liste de mots avec musique et sans musique.

ParticipantAvec musique Sans musique
JeanneOuiOui
LucasOuiOui
Emma OuiOui
Tom OuiOUi

Chaque personne teste les deux conditions.


Autres appellations : plan apparié, plan croisé.


Si S désigne le nombre de participants et A le nombre de modalités, le nombre de participations à une condition est S X A


Exemple : 4 participants × 2 modalités = 8 participations à une condition.


Il s'agit de huit passages en condition, pas de huit personnes différentes.

Plan à mesures indépendantes

Chaque participant ne passe qu'une modalité de la VI.

ParticipantCondition
Jeanne Avec musique
LucasAvec musique
Emma Sans musique
TomSans musique

Les deux groupes sont distincts.


Si S représente le nombre de participants par groupe et A le nombre de modalités, le nombre total de participants est :


Total = S X A


Exemple : 10 participants par groupe × 2 groupes = 20 participants au total.

Mesures répétéesMesures indépendantes
Mêmes participants dans toutes les conditions.Participants différents selon les conditions.
Moins de participants souvent nécessaires.Plus de participants souvent nécessaires.
Risque d'effet d'ordre et d'apprentissage.Risque de différences initiales entre groupes.
On compare les conditions chez les mêmes personnes.On compare les performances de groupes distincts.

A retenir :

Attention : se poser la question : « La même personne passe-t-elle A ET B ? »

  • Oui → mesures répétées.
  • Non → mesures indépendantes.


Comment choisir un plan expérimental ?

Le choix dépend de l'hypothèse et des contraintes de l'expérience.

Il faut se demander :


  1. Combien de conditions faut-il pour tester l'hypothèse ?
  2. Est-il nécessaire que chaque participant passe plusieurs conditions ?
  3. Les conditions risquent-elles de s'influencer entre elles ?
  4. Dispose-t-on de suffisamment de participants ?
  5. Quelle est la durée de l'expérience ?


Si les conditions risquent de produire un apprentissage ou un effet durable qui perturbe les suivantes, un plan indépendant peut être préférable.


Si l'on dispose de peu de participants et que les effets d'ordre peuvent être contrôlés, un plan à mesures répétées peut être intéressant

Les plans multifactoriels

Un plan multifactoriel comprend plusieurs variables indépendantes.


Exemple : étudier l'effet du bruit et du sommeil sur la mémoire.

  • VI 1 : niveau de bruit — silence / bruit.
  • VI 2 : durée du sommeil — sommeil suffisant / sommeil insuffisant.
  • VD : score de mémoire.


Ce plan permet d'étudier :

  1. L'effet principal du bruit : le bruit influence-t-il la mémoire en moyenne ?
  2. L'effet principal du sommeil : le sommeil influence-t-il la mémoire en moyenne ?
  3. L'interaction : l'effet du bruit dépend-il du niveau de sommeil ?


Définition

Interaction
apparaît lorsque l'effet d'une VI sur la VD varie selon la modalité d'une autre VI.

Exemple : le bruit diminue beaucoup la mémoire chez les personnes ayant peu dormi, mais très peu chez celles qui ont suffisamment dormi.


L'effet du bruit dépend donc du niveau de sommeil.

Les plans multifactoriels sont utiles parce qu'ils permettent de tester plusieurs facteurs simultanément, d'étudier les interactions et, s'ils sont bien conçus, de mieux représenter la complexité des situations réelles.


Ils peuvent être plus économiques que plusieurs expériences séparées, mais ils ne sont pas toujours plus simples à réaliser ou à analyser.

Plans mixtes

Un plan mixte combine :

  • Au moins un facteur à mesures répétées.
  • Au moins un facteur à mesures indépendantes.


Exemple :

  • VI 1 : musique / silence, que tous les participants testent.
  • VI 2 : deux groupes distincts, débutants / expérimentés.


Les participants testent les deux conditions musicales, mais appartiennent à un seul groupe de niveau.

et ensuite ?

Pour aller plus loin

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