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Maladie chronique et rôle du psychologue

Maladie chronique

Définition

Maladie chronique
Un état pathologique de nature physique, psychologique et/ou cognitive avec une ancienneté de plusieurs mois (en général >3mois) et qui a des retentissements sur la vie de l'individu

Quels peuvent être les retentissements de la maladie sur la vie quotidienne ?

  • Limitation fonctionnelle des activités, de la participation à la vie sociale
  • Dépendance vis-à-vis d'un médicament, d'un régime, d'une technologie médicale, d'un appareillage, d'une assistance personnelle.
  • Besoin de soins médicaux ou paramédicaux, d'aide psychologique, d'éducation ou d'adaptation


Quelle est la prévalence des maladies chroniques ?

Elle est forte ! Les MC représentent 77% des maladies. En France, 20% de la population serait affectée par une maladie chronique.


Les maladies chroniques ont des évolutions et des trajectoires variables (stables, dégénératives, par poussées...)

A retenir :

La notion de maladie renvoie à plusieurs perspectives :


  • Le ressenti subjectif du malade, sa perception de symptômes comme problème de santé (illness)
  • Les anomalies objectives de l'organisme que que médecin est censé diagnostiquer (disease)
  • Le rôle social du malade. Les représentations collectives de la maladie (sickness)

Définition

Stigmatisation
Expérience personnelle de se sentir diminué et dévalué en raison de croyances sociales négatives concernant le patient et sa maladie.
Prestige de la maladie
Perception collective de la "valeur" d'une maladie; le degré auquel le patient "mérite" de recevoir une aide et un soutien. Construction sociale évolutive dans le temps et selon les communautés.

Le rôle du psychologue


I. Compréhension des réactions psychologiques et d'adaptation du malade

A retenir :

La maladie provoque une rupture de l'équilibre intérieur, à laquelle le patient doit s'adapter en mobilisant des ressources psychologiques.


Le psychologue peut d'ailleurs intervenir à tous les stades précédent ou pendant la maladie.


Identifier :

  • les manifestations psychopathologiques pouvant apparaître chez les patients
  • les aspects psychologiques favorisant l'adaptation
  • les facteurs qui sous-tendent la réaction émotionnelle


Théorie des "stades", E. Kubler-Ross

Il s'agit d'une théorie établie dans les 70s en cancérologie, où le soin était alors surtout palliatif.

L'objectif principal était alors d'accepter la mort à court terme plutôt que d'élaborer un projet de vie sur le moyen terme. Il n'est donc pas adapté à n'importe quelle maladie chronique !

Elizabet Kubler-Ross

Définition

Appropriation
Stratégie active qui va être préalable au changement de comportement pour mieux vivre avec la maladie.

Modèle intégré de l'appropriation d'une maladie chronique, Ninot et Rochet

L'ajustement à la maladie est très variable d'une personne à l'autre. il es influencé par des facteurs liés à la maladie, à l'individu et à son milieu.


I. Facteurs liés à la maladie

Nature de la maladie, gravité, symptômes, localisation, stade, évolution prévisible, possibilités et nature du traitement, incertitude du développement de la maladie, perte d'autonomie associée aux différents symptômes...


II. Facteurs liés à l'individu

Personnalité de base, stade du développement de l'individu, expérience préalable de la maladie, signification, évaluation de la maladie, valeur accordée à l'organe ou la fonction atteint.e, valeurs et croyances


III. Facteurs liés au milieu

Relations familiales et amicales, attitudes des proches vis-à-vis de la maladie, attitudes de l'équipe soignante, attitudes sociales générales, situation socio-économique



Quels sont les indicateurs d'un ajustement réussi ?

  • retour à une accalmie relative de la vie émotionnelle
  • adaptation au handicap
  • estime de soi et relations significatives (saines) maintenues
  • absence de troubles mentaux
  • état fonctionnel adéquat
  • satisfaction dans plusieurs domaines de la vie

Réactions inadaptées

  • déni excessifs, évitement, fuite
  • comportements dangereux
  • blâmer autrui, colère
  • auto-apitoiement, culpabilité excessive
  • retrait social, isolement
  • psychopathologie avérée


Le rôle du psychologue


II. Compréhension des aspects relationnels

Le rôle du psychologue


III. "Protection" du patient et des soignants contre les conséquences indésirables de la technisation de la médecine, de l'hyperspécialisation médicale et de la bureaucratisation du fonctionnement des services de santé

La prise en compte de la subjectivité du malade est cruciale pour l'intervention thérapeutique:

  • compréhension et acceptation du diagnostic et du traitement
  • attitude vers les soins
  • observance et adhésion thérapeutique
  • adoption de comportements sains
  • élaboration des stratégies de coping fonctionnelles, etc.

Le rôle du psychologue


IV. Identification de facteurs psychologiques impliqués dans la causalité, prédisposition, maintien ou aggravation de la maladie.

On veut :

  • dépasser la dichotomie corps/esprit obsolète en prenant un positionnement biopsychosocial.
  • étudier et comprendre les interactions somato-psychiques
  • identifier le domaine d'intervention du psychologue selon les différents niveaux d'intégration somato-psychique


La nosographie médicale fait trop souvent une distinction entre des causalités soit physiques soit psychiques maintenant la dichotomie corps/esprit.


Définition

Maladie psychosomatique
Affections somatiques clairement définies sur le plan médical, dont la dimension psychologique est prévalente dans sa survenue et dans son évolution.
Symptômes médicalement inexpliqués / fonctionnels
Symptômes qui ne s'expliquent ni par une lésion tissulaire, ni par une physiopathologie établie
Somatisation
Transcription d'un trouble psychique en un symptôme d'ordre physique
Trouble somatoforme
Caractérisé par la présence de préoccupations et/ou manifestations somatiques dépourvues de substrat organique, d'origine psychique.
Conversion
Symptômes ou déficits neurologiques produits inconsciemment, affectant une fonction sensorielle ou motrice. Sont attribués à une cause psychologique car ils ne correspondent à aucune affection neurologique ou médicale et sont précédés par des conflits ou d'autres facteurs de stress
Hypocondrie
Croyance d'être atteint d'une maladie grave
Trouble factice
Falsification de symptômes physiques ou psychologiques dans motivation externe évidente (ex. anémie par saignement provoqués)
Simulation
Falsification des symptômes intentionnellement avec un objectif.

The four-cluster mind-body model

Ezra et al., 2019

  • chaque catégorie décrit un type d'interaction corps-esprit avec des mécanismes pathologiques différents impliqués dans l'apparition des symptômes
  • chaque catégorie a des objectifs thérapeutiques distincts et demande des stratégie d'intervention différentes.

Maladie chronique et rôle du psychologue

Maladie chronique

Définition

Maladie chronique
Un état pathologique de nature physique, psychologique et/ou cognitive avec une ancienneté de plusieurs mois (en général >3mois) et qui a des retentissements sur la vie de l'individu

Quels peuvent être les retentissements de la maladie sur la vie quotidienne ?

  • Limitation fonctionnelle des activités, de la participation à la vie sociale
  • Dépendance vis-à-vis d'un médicament, d'un régime, d'une technologie médicale, d'un appareillage, d'une assistance personnelle.
  • Besoin de soins médicaux ou paramédicaux, d'aide psychologique, d'éducation ou d'adaptation


Quelle est la prévalence des maladies chroniques ?

Elle est forte ! Les MC représentent 77% des maladies. En France, 20% de la population serait affectée par une maladie chronique.


Les maladies chroniques ont des évolutions et des trajectoires variables (stables, dégénératives, par poussées...)

A retenir :

La notion de maladie renvoie à plusieurs perspectives :


  • Le ressenti subjectif du malade, sa perception de symptômes comme problème de santé (illness)
  • Les anomalies objectives de l'organisme que que médecin est censé diagnostiquer (disease)
  • Le rôle social du malade. Les représentations collectives de la maladie (sickness)

Définition

Stigmatisation
Expérience personnelle de se sentir diminué et dévalué en raison de croyances sociales négatives concernant le patient et sa maladie.
Prestige de la maladie
Perception collective de la "valeur" d'une maladie; le degré auquel le patient "mérite" de recevoir une aide et un soutien. Construction sociale évolutive dans le temps et selon les communautés.

Le rôle du psychologue


I. Compréhension des réactions psychologiques et d'adaptation du malade

A retenir :

La maladie provoque une rupture de l'équilibre intérieur, à laquelle le patient doit s'adapter en mobilisant des ressources psychologiques.


Le psychologue peut d'ailleurs intervenir à tous les stades précédent ou pendant la maladie.


Identifier :

  • les manifestations psychopathologiques pouvant apparaître chez les patients
  • les aspects psychologiques favorisant l'adaptation
  • les facteurs qui sous-tendent la réaction émotionnelle


Théorie des "stades", E. Kubler-Ross

Il s'agit d'une théorie établie dans les 70s en cancérologie, où le soin était alors surtout palliatif.

L'objectif principal était alors d'accepter la mort à court terme plutôt que d'élaborer un projet de vie sur le moyen terme. Il n'est donc pas adapté à n'importe quelle maladie chronique !

Elizabet Kubler-Ross

Définition

Appropriation
Stratégie active qui va être préalable au changement de comportement pour mieux vivre avec la maladie.

Modèle intégré de l'appropriation d'une maladie chronique, Ninot et Rochet

L'ajustement à la maladie est très variable d'une personne à l'autre. il es influencé par des facteurs liés à la maladie, à l'individu et à son milieu.


I. Facteurs liés à la maladie

Nature de la maladie, gravité, symptômes, localisation, stade, évolution prévisible, possibilités et nature du traitement, incertitude du développement de la maladie, perte d'autonomie associée aux différents symptômes...


II. Facteurs liés à l'individu

Personnalité de base, stade du développement de l'individu, expérience préalable de la maladie, signification, évaluation de la maladie, valeur accordée à l'organe ou la fonction atteint.e, valeurs et croyances


III. Facteurs liés au milieu

Relations familiales et amicales, attitudes des proches vis-à-vis de la maladie, attitudes de l'équipe soignante, attitudes sociales générales, situation socio-économique



Quels sont les indicateurs d'un ajustement réussi ?

  • retour à une accalmie relative de la vie émotionnelle
  • adaptation au handicap
  • estime de soi et relations significatives (saines) maintenues
  • absence de troubles mentaux
  • état fonctionnel adéquat
  • satisfaction dans plusieurs domaines de la vie

Réactions inadaptées

  • déni excessifs, évitement, fuite
  • comportements dangereux
  • blâmer autrui, colère
  • auto-apitoiement, culpabilité excessive
  • retrait social, isolement
  • psychopathologie avérée


Le rôle du psychologue


II. Compréhension des aspects relationnels

Le rôle du psychologue


III. "Protection" du patient et des soignants contre les conséquences indésirables de la technisation de la médecine, de l'hyperspécialisation médicale et de la bureaucratisation du fonctionnement des services de santé

La prise en compte de la subjectivité du malade est cruciale pour l'intervention thérapeutique:

  • compréhension et acceptation du diagnostic et du traitement
  • attitude vers les soins
  • observance et adhésion thérapeutique
  • adoption de comportements sains
  • élaboration des stratégies de coping fonctionnelles, etc.

Le rôle du psychologue


IV. Identification de facteurs psychologiques impliqués dans la causalité, prédisposition, maintien ou aggravation de la maladie.

On veut :

  • dépasser la dichotomie corps/esprit obsolète en prenant un positionnement biopsychosocial.
  • étudier et comprendre les interactions somato-psychiques
  • identifier le domaine d'intervention du psychologue selon les différents niveaux d'intégration somato-psychique


La nosographie médicale fait trop souvent une distinction entre des causalités soit physiques soit psychiques maintenant la dichotomie corps/esprit.


Définition

Maladie psychosomatique
Affections somatiques clairement définies sur le plan médical, dont la dimension psychologique est prévalente dans sa survenue et dans son évolution.
Symptômes médicalement inexpliqués / fonctionnels
Symptômes qui ne s'expliquent ni par une lésion tissulaire, ni par une physiopathologie établie
Somatisation
Transcription d'un trouble psychique en un symptôme d'ordre physique
Trouble somatoforme
Caractérisé par la présence de préoccupations et/ou manifestations somatiques dépourvues de substrat organique, d'origine psychique.
Conversion
Symptômes ou déficits neurologiques produits inconsciemment, affectant une fonction sensorielle ou motrice. Sont attribués à une cause psychologique car ils ne correspondent à aucune affection neurologique ou médicale et sont précédés par des conflits ou d'autres facteurs de stress
Hypocondrie
Croyance d'être atteint d'une maladie grave
Trouble factice
Falsification de symptômes physiques ou psychologiques dans motivation externe évidente (ex. anémie par saignement provoqués)
Simulation
Falsification des symptômes intentionnellement avec un objectif.

The four-cluster mind-body model

Ezra et al., 2019

  • chaque catégorie décrit un type d'interaction corps-esprit avec des mécanismes pathologiques différents impliqués dans l'apparition des symptômes
  • chaque catégorie a des objectifs thérapeutiques distincts et demande des stratégie d'intervention différentes.