Molière, malade s’en est souvent pris aux médecins dont il critiquait l’incompétence que ce soit dans le médecin malgré-lui ou le malade imaginaire, sa dernière œuvre jouée en 1773. Dans cet ouvrage, Argan malade hypocondriaque fait appel à des médecins pour soigner ses maladies imaginaires. Il a décidé de faire épouser à sa fille un médecin pour être mieux soigné. Malheureusement celle-ci est amoureuse de Cléante. Dans l’acte II scène 5, on vient présenter le nouveau prétendant au père et à la fille.
Comment le personnage de Thomas Diafoirus est-il au service de la satire ?
Mouvements :
Mvt 1 : l. 1 à 16 : Présentation de Thomas à Argan, le compliment au père
Mvt 2 : l. 17 à la fin : Thomas se présente à Angélique, sa future épouse, le compliment à la fille
l.1 influence du père + autorité avec les impératifs : "faites, anvancez"--> ordre
l.2 et 3 la didascalie insiste sur le fiat que Thomas est sot --> pas d'expérience, aucunes connaissances théoriques : comique de caractère
l. 3 et 4 inerrogation-essaie d'être polie-masque sa soumission
l.6 à 13 tirade de Thomas :
*flagonerie envers Argan = gradation hyperbolique + vocabualaire élogieux
*organisée sur opposition de 2 pères = 1 père biologique "le premier" "ouvrage de son corps" et 1 père d'élection "un second père que trouve plus redevable" "ouvrage de votre volonté"
*essaie d'être orateur, en vain
*l. 13 renvoie à une formulation de conclusion de lettre "vous rendre par avance les très humbles et très respectueux hommages" = discours scolastique, universitaire
l.14 Toinette = réplique ironique et moqueuse
l.15 Thomas a besoin de l'approbation de son père = manque d'assurance, tel un enfant
l. 16 le père Diafoirus est prétencieux, avec cette réponse en latin "optime"
l.17 à 22 il y a un quiproquo = Thomas confond sa future belle-mère avec Angélique
l.25 me jeune homme est réelle dépendant : interrogation totale
l. 26 odre du père à l'impératif
Nouvelle tirade de Thomas de la l. 27 à 35, cette fois-ci destinée à Angélique :
*l.27 retour de l'onomastique "ne plus ne moins" forme archaïque qui prouve de le prénom Thomas, provient du père de la scolastique : Saint Thomas
banalité mise en valeur par l'utalisation des mots suivants : "la statue de Memnon" comme le faisait certains poètes comme Ronsard
*on peut comparer cette tirade à une exercice de rhétorique
*Thomas veut faire bonne impression en utilisant su vocabulaire mélioratif : l. 29 "soleil de vos beautés"
*l.30 le jeune garçon manque d'originalité avec cette comparaison avec héliotrope
*l.31 son expression est archaïque "dores-en-avant"
*l.31-32 Thomas idéalise angélique "les astres ressplendissants de vos yeux adorables" mais sans réelles convictions
*l.32 à 35 la tirade se termine par une clausule, et le point final est l'hyperbate "mari" comme si cela était un rajout
Les dernières lignes sont consacrées aux réactions des autres personnages :
l.36 Ironie et moquerie de Toinette, comme à son habitude
l.37 Argan est aveugle et semble fière de la scène qui vient de se produire
l.38 Ironie renforcée par ses hyperboles "aussi bon médecin qu'il est bon orateur"
l.38-39 Cléante et Toinette comparent l'éloquence à la médecine "il y aura plaisir à être de ses malades" "s'il fait d'aussi belles cures qu'il fait de beaux discours"
Un constraste demeure entre la réaction d'Argan et des autres personnages, Thomas ne fut pas à la hauteur
l.40 le mariage se prépare avec le mot "chaise", mais cela renforce aussi l'idée de spectacle, de mise en abyme
On est en présence de la première apparition de Thomas Diafoirus. Ce personnage permet à Molière de faire une satire des discours scolastiques, du manque de sincérité du jeune homme et permet de bien comprendre les camps en présence. Dans la suite de la scène, le père fait un portrait du jeune homme qui dévoile son peu d’intelligence, son absence de culture scientifique, son esprit borné, suivant toujours les préceptes des anciens sans rien remettre en cause. Il s’opposera à Cléante capable d’improviser un discours amoureux, voire de la chanter pour prouver son amour.
Le thème du mariage arrangé est courant dans les pièces de Molière : dans L’école des femmes par exemple : Arnolphe, qui vient de changer son nom en celui, plus aristocratique, de « M. de La Souche », est un homme d’âge mûr qui aimerait jouir du bonheur conjugal ; mais il est hanté par la crainte d’être trompé par une femme. Aussi a-t-il décidé d’épouser sa pupille Agnès, élevée dans l’ignorance, recluse dans un couvent. Agnès ne veut pas l’épouser et est amoureuse d’un jeune homme comme Angélique aime Cléante…