Les Sagesses Antiques : L'Art de Vivre explore les philosophies d'Épicure et d'Épictète, deux penseurs majeurs de l'Antiquité qui ont proposé des voies pratiques vers le bonheur. Loin des idéaux inaccessibles, ces philosophies proposent un art de vivre fondé sur la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas, visant à cultiver la tranquillité de l'âme et du corps pour atteindre une vie sereine et épanouie.
Ataraxie
Du grec ancien "a" (absence de) et "taraxia" (trouble), désigne l'absence de troubles de l'âme, une paix intérieure et une sérénité essentielle au bonheur selon Épicure.
Aponie
Du grec ancien "aponia" (absence de douleur), désigne l'absence de douleurs physiques, condition nécessaire à la tranquillité du corps selon Épicure.
Représentation
Chez Épictète, il s'agit de l'image ou de l'idée que nous nous faisons des choses ou des événements. C'est notre interprétation de la réalité, et non la réalité elle-même, qui détermine notre réaction et notre souffrance.
Sagesse
Capacité à bien penser pour bien agir, à mener une vie droite et équilibrée. Dans l'Antiquité, elle est souvent liée à un art de vivre visant le bonheur et la vertu.
Art de vivre
Ensemble de principes et de pratiques qu'une philosophie propose pour orienter son existence vers une fin jugée bonne, comme le bonheur ou la vertu, en appliquant concrètement ses idées.
Épicure : L'Ataraxie et l'Aponie par la modération des désirs 
Épicure, philosophe matérialiste (IVe-IIIe siècle av. J.-C.), considère l'âme comme partie du corps. Le bonheur réside pour lui dans le plaisir, défini non comme l'excès, mais comme l'absence de douleur physique (aponie) et de troubles de l'âme (ataraxie). Il classifie les désirs : les naturels et nécessaires (ex: manger), les naturels non nécessaires (ex: mets raffinés), et les vains et non naturels (ex: richesse, gloire). La sagesse épicurienne prône la tempérance et la mesure pour satisfaire les désirs, privilégiant ceux qui sont faciles à combler et ne génèrent pas de troubles futurs. L'amitié, la réflexion philosophique et une vie simple sont des piliers pour atteindre cette sérénité durable, où le corps est apaisé et l'âme tranquille.
Épictète : La liberté stoïcienne par la maîtrise des représentations 
Épictète, philosophe stoïcien (Ier siècle ap. J.-C.), fonde son art de vivre sur la distinction fondamentale entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Dépendent de nous nos jugements, nos désirs, nos aversions, nos actions – notre volonté et notre pensée. Ne dépendent pas de nous notre corps, nos biens, la réputation, les événements extérieurs, la mort. La liberté et le bonheur découlent de notre capacité à ne nous attacher qu'à ce que nous contrôlons. Les souffrances ne proviennent pas des événements eux-mêmes, mais de nos représentations et jugements à leur égard. En modifiant ces représentations et en acceptant avec sérénité l'ordre du monde, on atteint l'apathie (absence de passions perturbatrices) et la tranquillité de l'âme. L'héroïsme de la volonté stoïcienne consiste à vouloir ce qui arrive comme cela arrive, transformant la nécessité extérieure en liberté intérieure.
A retenir :
- Épicure définit le bonheur comme l'aponie (absence de douleur physique) et l'ataraxie (absence de trouble de l'âme).
- Il enseigne la modération des désirs, distinguant les naturels/nécessaires, naturels/non nécessaires, et vains.
- Épictète fonde la liberté sur la distinction entre ce qui dépend de nous (nos jugements) et ce qui n'en dépend pas (événements extérieurs).
- Le bonheur stoïcien s'acquiert par la maîtrise de nos représentations et l'acceptation sereine du destin.
- Les deux sagesses antiques proposent un art de vivre pratique pour atteindre une sérénité durable.
