Les Lais : une écriture de la brièveté
Marie de France expose elle-même son projet de récits brefs, au début de Milun "‘j’exposerai en un récit bref".
Aspect thématique : brièveté = esthétique des Lais avec 3 types de grands éléments >
- Les merveilles : pas de longs développements, une écriture du flou et du brouillage. Pas de descriptions des métamorphoses dans le Bisclavret donc entretien le mystère (la base du merveilleux). De plus, Marie de France demande un lecteur actif et non passif qui désire résoudre une question.
- Le pathos : pas de développement des plaintes des personnages > le registre élégiaque est repoussé au profit d'une réflexion sur la condition humaine. Confrontation monde féodal et merveille.
- La peinture de l'amour : direct au but, les personnages sont directs sur leurs objectifs comme la fée dans Lanval. Comme une sorte de poésie.
Aspect structurel : Récit bref > une lisibilité spécifique due à la proximité relative de l'espace textuel. La structure des Lais peut être incomplète sur le plan narratif (des plans peuvent être retirés). Du coup, le récit peut être perçu comme une version narrative d'un poème lyrique. Aussi on peut découvrir une jonction entre les =/ récits (un discours dans un récit peut valoir pour les autres).
Aspect stylistique :
- quasi-absence de descriptions : sont intégrés dans la narration et ne sont pas longues. Les descriptions s'arrêtent sur des traits élogieux des personnages comme la fée dans Lanval. Seul ce qui est essentiel à l'action est décrit.
- Le recours fréquent au discours narrativisé
- Le recours au résumé ou sommaire, voir à l'ellipse : assurer le passage d'un discours à un autre. De brusques variations de vitessse narrative (Yonec, en tout 10 mouvements).
Des figures de style privilégiées ou délaissées :
- asyndète = fondée sur la suppression des liens logiques et conjonctions
- parataxe
- commentaires de l'auteur
- non -désignation de certains personnages.