Multiplicité des statuts de l'image :
- Forme visible : L'image en tant qu'apparence concrète.
- Représentation : L'image comme reflet ou renvoi d'un objet.
- Produit d'une opération : L'image générée par un procédé de création.
- Élément d'une relation : L'image insérée dans un réseau de significations.
Ces quatre manières forment ce que Rancière appelle le « régime d'immagéité », qui peut être opérant (actif, générateur de débats) ou non.
Rancière va plus loin que l'idée selon laquelle les images ne seraient que semblants ou mensonges.
Il souligne que le simple contenu politique d'une image ne suffit pas à la rendre "politique" : c'est son pouvoir d'interruption et de susciter le débat qui en fait un objet politique.
Image dialectique : Ce n'est pas l'image efficace au sens d'une communication claire, mais celle qui porte en elle des troubles et des ruptures.
Pouvoir d'interruption : L'image, libérée de la volonté exclusive de celui qui la produit, a le pouvoir d'interrompre un discours établi et de provoquer une dissension.
Exemple concret : Les photographies de Walker Evans dans Let us pray now the famous men montrent comment, en capturant des sujets attendus (la misère), elles inversent les rôles et révèlent autre chose que ce que l'on attend.
Fragilité vs. Confiance :
- Fragilité de l'image par opposition à toute incorporation rigide.
- Rancière défend la consistance intrinsèque de chaque image – elles ne se mesurent plus uniquement par rapport à d'autres, mais possèdent une valeur propre.
Critique des préjugés :
- Il faut cesser de penser que les images s'adressent à des imbéciles.
- Rancière rejette une approche mélancolique qui accuse les images de nuire ou d'aveugler le public ; au contraire, il valorise le rôle du spectateur, notamment le spectateur émancipé et le concept de quasi-corps.