L'Ancien Régime, avant la Révolution française, était une monarchie où le roi détenait un pouvoir absolu. Ce pouvoir était justifié par le droit divin, c'est-à-dire l'idée que le roi était choisi par Dieu. Il n'y avait pas de Constitution écrite, mais des règles appelées « lois fondamentales » encadraient la succession au trône et la gestion du royaume.
Monarchie absolue
Un régime politique où le roi détient tous les pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) sans être soumis à des lois ou des institutions qui le limitent. Il gouverne seul et librement.
Droit divin
La doctrine selon laquelle le pouvoir du roi vient directement de Dieu. Le roi est considéré comme le représentant de Dieu sur Terre et ne répond de ses actes qu'à Dieu.
Souveraineté royale
Le caractère suprême et indépendant du pouvoir du roi, qui n'est soumis à aucune autre autorité dans son royaume.
Lois fondamentales
Des règles coutumières, non écrites mais supérieures, qui s'imposaient au roi lui-même et organisaient la succession au trône et la gestion du domaine royal. Elles avaient une valeur constitutionnelle.
Domaine royal
L'ensemble des terres, droits et biens appartenant à la Couronne, que le roi administrait mais ne possédait pas personnellement et ne pouvait pas vendre.
1. La Monarchie absolue : un pouvoir sans limites ? 
Sous l'Ancien Régime, la monarchie française était dite « absolue ». Cela signifie que le roi était « délié » (du latin « absolvere »), c'est-à-dire libre de toute contrainte et de toute limite. Il gouvernait seul et en toute indépendance.
Le roi était considéré comme le « souverain » de son royaume. La souveraineté est le pouvoir suprême, qui n'est soumis à aucune autre autorité. Le roi concentrait ainsi tous les pouvoirs : il faisait les lois (législateur), rendait la justice (on disait « le roi est source de toute justice »), dirigeait l'administration et commandait l'armée.
Même s'il s'entourait de conseillers et devait prendre avis (principe du Gouvernement à grand conseil), la décision finale lui revenait toujours. Il pouvait ignorer l'avis de ses conseillers car il était souverain.
Jean Bodin, théoricien de la souveraineté au XVIe siècle.
2. Le Droit divin : le roi choisi par Dieu 
Le pouvoir absolu du roi était légitime car il était de « droit divin ». Cela signifie que le roi tenait son pouvoir directement de Dieu. Il était considéré comme le représentant de Dieu sur Terre et ne devait rendre des comptes qu'à lui.
Cette idée vient de la Bible, notamment des écrits de Saint Paul. Tous les penseurs chrétiens affirmaient que si un roi régnait, c'était avec la permission de Dieu.
La cérémonie du sacre, qui se déroulait à Reims, était très importante. Le roi recevait une onction d'huile sainte, qui le « sacralisait » et faisait de lui l'élu de Dieu. Il recevait aussi les insignes de son pouvoir : l'anneau (union avec le peuple), le sceptre (puissance), la main de Justice (équité) et la couronne (fonction).
Bossuet, évêque et théoricien du droit divin sous Louis XIV.
3. Les Lois fondamentales : des règles pour le royaume 
Malgré son pouvoir absolu, le roi devait respecter des règles non écrites mais très importantes, appelées « lois fondamentales du royaume ». Ces lois avaient une valeur supérieure et s'imposaient au roi lui-même. Elles concernaient principalement deux domaines : la dévolution de la couronne et l'inaliénabilité du domaine royal.
a) La dévolution de la couronne : comment le roi est choisi
La dévolution de la couronne, c'est la façon dont le trône se transmet. Trois principes principaux se sont imposés : l'hérédité (le trône passe aux héritiers du roi), la primogéniture (le fils aîné est prioritaire) et la masculinité (seuls les hommes peuvent hériter, excluant les femmes et leurs descendants).
Ces règles ont été précisées au fil des crises, notamment au XIVe siècle, quand plusieurs rois sont morts sans héritier mâle direct. Il a été décidé que les femmes ne pouvaient ni régner ni transmettre le droit de régner.
Au XVIe siècle, une nouvelle règle s'ajoute : le principe de catholicité. Le roi de France devait obligatoirement être catholique. Cela a été confirmé par l'arrêt Lemaistre en 1593, qui a permis à Henri de Navarre (protestant) de devenir Henri IV après s'être converti au catholicisme.
Deux autres principes importants sont apparus : l'instantanéité de la succession (dès que le roi meurt, son héritier devient roi, même avant le sacre, d'où l'expression « Le Roi est mort ! Vive le Roi ! ») et l'indisponibilité de la couronne (le roi ne peut pas choisir son successeur ni modifier l'ordre de succession, car la couronne est une fonction publique et non une propriété privée).
Philippe VI, premier roi de la dynastie des Valois, après une crise de succession.
b) L'inaliénabilité du domaine royal : les biens du royaume sont publics
Le domaine royal est l'ensemble des terres, châteaux, droits et revenus qui appartiennent à la Couronne. Le principe d'inaliénabilité signifie que le roi ne pouvait pas vendre, donner ou céder une partie du domaine royal. Il en était seulement l'administrateur temporaire, pas le propriétaire personnel.
Cette loi fondamentale garantissait que les biens du royaume restaient publics et servaient à l'exercice des fonctions royales, assurant ainsi la pérennité de l'État au-delà de la personne du roi.
A retenir :
- La monarchie absolue de droit divin était le système politique de l'Ancien Régime.
- Le roi détenait tous les pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) et était considéré comme le souverain.
- Son pouvoir était légitimé par le droit divin, signifiant qu'il était choisi par Dieu.
- Le sacre du roi à Reims était une cérémonie cruciale pour confirmer son statut d'élu de Dieu.
- Des lois fondamentales non écrites encadraient le pouvoir royal, notamment la dévolution de la couronne.
- La succession au trône était héréditaire, basée sur la primogéniture et la masculinité, et le roi devait être catholique.
- La couronne était indisponible : le roi ne pouvait pas choisir son successeur.
- Le domaine royal était inaliénable : le roi ne pouvait pas vendre les biens du royaume, il en était l'administrateur.
